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mercredi 8 février 2012

Témoignage aprèsma visite de Taza (avant le 6 février)

Par Amine Baha

Ma journée à Taza m’a permis de mieux comprendre la situation qui y règne, de séparer le faux du vrais, voila mes conclusions(...)
Les différents témoignages affirment que les familles à lkoucha vivent dans une peur permanente. S’ils allument la lumière chez eux, leur autorités leurs brisent les fenêtres. S’ils vont sur le toit, les autorités leur défoncent la porte, leur saccagent la maison, et les insultent en utilisant un vocabulaire digne des institutions dont-ils font partie.Si les habitants sont plus de 5 en bas des escaliers, les flics les accusent de vandalisme et les emmènent au poste au meilleur des cas, les tabassent et les emmènent à l’hôpital au pire des cas (c'est selon l'humeur des flics).
Pour le moment, il y a 22 prisonniers, dont 4 n'ont participé ni aux manifs, ni aux émeutes, ils ont juste été sélectionnés au hasard par les flics à l'intérieur de dar atalib!!!
En interrogeant les commerçants, y compris ceux proches de lkoucha (je n'ai pas pu interroger ceux qui sont à l’intérieur, ils sont fermés), j’ai constaté qu’ils sont tous indignés du comportement des autorités, et sont tous solidaires avec les jeunes de lkoucha. Pour eux, c’est le mekhzen qui s’attaque aux biens privés, pour eux, les jeunes de lkoucha ne font que protéger les habitants de la barbarie des autorités.(...)

mardi 7 février 2012

La liste (provisoire) des détenus de Taza en révolte

 Ville de Taza, au Nord-Est du Maroc

La liste (provisoire) des détenus de Taza
 par Zineb El Rhazoui, Vox Maroc, 6/2/2012

Le site d'information indépendant Lakome vient de publier la liste provisoire des détenus de la vague de répression qui s'est abattue sur la ville de Taza, qui connait une révolte sans précédent de la jeunesse depuis plusieurs semaines.

Selon une enquête préliminaire des associations des Droits Humains sur place, le nombre des détenus dépasserait 30, dont voici quelques noms.

- Radouane El Kharbaoui, chômeur, membre de l'Association Nationale des Diplômés Chômeurs
- Mohamed Lemkaddem
- Mohamed Ghalat, étudiant
- Mohamed Ben Abdelali, travaille chez un traiteur,
- Fouad El Jmiki
- Abdessamad Edkiki
- Rachid El Mekki
- Saïd El Krabi
- Jaouad Ababou, mécanicien
- Abdelaziz Kartit, étudiant en 1ère année de géographie
- Mustapha El Hamdaoui
- Mohamed El Youssfi
- Akram Daanoun, activiste du 20 février
- Mounaim El Bannouni
- Omar El Fassi
- Mohamed Belatiq et Abdelmalek Bououda, de Douar Tafza, commune de Ouled Zbaïr, arrêtés pour avoir dénoncé la corruption des gendarmes.
- Youssef Chibani, réparateur de vélos
- Hicham Chahit, détaillant
- Abdelilah Rokbi, coiffeur dont le dossier est au tribunal de Première instance
- Ahmed Ayach, mineur dont le dossier a été transféré à la section des mineurs
- Saïd Qsabi

Selon de nombreux témoignages sur place, des députés auraient demandé à la population civile de lever des pancartes à la gloire de Mohammed VI s'il veulent calmer la répression, comme le précise le blog de Sami El Mellouki. 
 Selon le même blog, ces députés appartenant au PJD (Parti Justice et Développement), d'idéologie islamiste, au gouvernement depuis les élections législatives du 25 novembre 2011, seraient Abdelkhaleq El Qarouti, Fouad Laghrib, Karim El Hams, Jamal Messaoudi et Khalid El Bouraq'i.

Le site Lakome rapporte également les déclarations de Nabila Mounib, secrétaire générale du PSU (Parti Socialiste Unifié), à l'issue de sa visite à la ville de Taza :
"j'ai vu des mères, des pères, des frères et sœurs qui n'ont pas accepté la violation de leurs domiciles, l'humiliation par l'insulte, la menace de viol et la terreur pour faire taire leurs revendication légitimes d'une vie digne". Selon elles, des enfants auraient été arrachés des bras de leurs mères et des jeunes auraient été arrêtés sur leur lieu de travail.
http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/