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mardi 11 octobre 2011

La Saga des baltajias au Maroc


Par Larbi  11/10/2011

Avec des précautions épistémologiques, nous allons nous pencher aujourd’hui sur le cas des baltajias marocains. On excusera l’abus du langage, on aurait pu les appeler Chmakriyas ou « mouvement 20 dirhams » mais le terme baltajia s’est progressivement installé pour devenir un usage courant.

Purification médiatique

Leur dernière victime ? Les journalistes d’Akhbar Al yaoume, traités de traitres, des exemplaires de leurs quotidien brûlés au bûcher et leur local échappant de peu à une invasion. Mais quel crime a donc commis le journal ? Il est soupçonné de soutenir le mouvement 20 février. C’est que les baltajias adorent la purification médiatique. Que toutes les télévisions publiques, radios privées que la majorité de la presse écrite soient anti-feb20, ça ne leur suffit pas. Le plébiscite et rien de moins, c’est leur vœu le plus cher. Aux pieds la presse ! Toute la presse !

Purification médiatique : les journaux au bûcher !

A quelque chose malheur est bon. Cette attaque a permis au moins à certains de se rendre compte de la gravité des agissements de ces bandes ou du moins prouver qu’elles existent vraiment.
Mai 2011. Pour arrêter les manifestations du mouvement 20 février, l’Etat marocain a mobilisé ses forces et diverses unités de répression dont certaines on en ignorait jusqu’à l’existence, pour matraquer violemment les manifestants. Près de Témara et à Sbata, les images de la répression sont d’une violence insoutenable. Elles font le tour du monde. Les missions diplomatiques à Rabat font comprendre au pouvoir marocain que ces méthodes sont nuisibles à son image, la seule qui compte. 
Changement de tactique, les élus locaux et les agents d’autorité sont priés de mobiliser des « civils » présentés comme de simples citoyens pour faire le boulot à la place de la police d’Etat , attendu que les démons de cette dernière la poussent à réprimer de temps en temps par intermittence. C’est ainsi qu’on a assisté à une drôle de répartition de rôles entre blatajias payés à la tâche et forces de l’ordre fermant les yeux, dans une indifférence totale alors que des actes de violences sont commises souvent devant ses yeux.

Au début c’était moul Chakor
Début de la saison de machettes

C’est Moul Chakor (le type à la hache) qui donna en premier visage médiatique au mouvement des baltajias. L’image est insoutenable, un type exhibant une hache à la main s’adresse aux manifestants 20 février et promet de les brûler vifs. La vidéo a  depuis été supprimée de youtube pour « représentation d’activités dangereuses » et bien qu’il ait été identifié, le type à la hache ne sera jamais inquiété par les autorités malgré son appel au meurtre.
A sa décharge il aurait changé d’avis après une rencontre avec des jeunes 20 février, se déclarant même pour le mouvement ! Mais le fait est là : pour peu qu’il s’agisse des manifestants 20 février, vous pouvez appeler au meurtre des manifestants sans jamais risquer une poursuite. Une jurisprudence est née !

Des bandes armées

Progressivement commence à s’installer dans le paysage des bandes armées (parfois à la hache) qui se déplacent sur des moyens de transports spécialement affrétés pour eux et exécutent la mission qui leur est donnée : intimider le manifestant 20 février, quitte à l’agresser physiquement en totale impunité.


 
Ceci n’est pas une fiction de mauvais goût

C’est ainsi donc que le port des haches et des matraques est légalisé du moment que les criminels portent le drapeau national et la photo du roi et se proclament défenseurs du trône. Ils blesseront, agresseront beaucoup de manifestants sans qu’il y ait jamais une seule poursuite judiciaire contre eux. Pas une seule.

Extension du domaine de baltajisme 

Captures de "guerre"

Progressivement la légalisation des délits et des crimes s’entend à la « capture » des manifestants et au vol de leurs téléphones. L’impunité est devenue dans les habitudes au point que les baltajias ne se gênent pas d’exhiber leurs « faits d’armes » sur Internet avec la conscience qu’ils ne seront jamais inquiétés.
http://youtu.be/U7cY8mEpHkI

Comme qui dirait du cannibalisme

La routine s’installe… à chaque manifestation 20 février, un bus ou un utilitaire de transport ramène des bandes de blatajias souvent des adolescents dans un état second qui, devant les forces de l’ordre, insultent caillassent et agressent les manifestants. Leur moment préféré : à la fin des manifestations quand ils peuvent prendre les activistes un par un les passant à tabac et quand ils s’adonnent à une véritable chasse au manifestant 20 février.
Autre scène terrible quand ils commencent à crier « tal9ouna 3alihoum tal9ouna 3alihoum » (lâchez nous sur eux [Pour qu’on les agresse], lâchez nous sur eux [Pour qu’on les agresse]) . Pour tous ceux qui ont vécu cette scène, régulière, la première chose qui vient à leur esprit est ce mot : cannibalisme.

Fanatisation

Les insultes ont fusé

Triste époque où des baltajias incapables d’aligner deux phrases s’en prennent dans la rue à un militant comme, Abdelhamid Amine, 67 ans, grande figure des droits humains au Maroc. A la présidente de l’AMDH, et aux membres du bureau central de l’association marocaine, essayant de les forcer à dire « Vive le roi ».


Et c’est de ces tentatives d’intimidation qu’est né le slogan « vive le peuple ». Lassés de la simplification de la donne politique et de l’intimidation des activistes marocains visant à les forcer à dire « vive le roi », les manifestants du mouvement 20 février y ont répondu par un « vive le peuple » qui sera scandé dans chaque manifestation à chaque fois que les baltajias se manifestent.
Parmi les moments les plus pénibles vécus par l’auteur de ces lignes, un sit-in organisé la veille du referendum à Rabat où la haine d’une foule fanatisée, ramenée dans des bus publics, dépassait l’inimaginable. Isabelle Mandraud, du monde, était parmi nous ce jour-là, elle racontera plus tard.

Le malaise vient aussi de ceux que les manifestants nomment, comme en Egypte, les baltaguis, des provocateurs partisans du pouvoir. La veille du vote, à Rabat, Le Monde a pu constater que les manifestants du Mouvement du 20 février, guère nombreux au demeurant, ont été encerclés et menacés par une foule haineuse venue en bus, équipée de sonos et vêtue de T-shirts rouges. Des hommes portaient un faux cercueil sur lequel figuraient, barrées, les photos des principaux animateurs du 20 février. En face, les manifestants brandissaient des billets, façon de démontrer que leurs agresseurs étaient payés. Les insultes ont fusé, les coups aussi et les militants du 20 février n'ont dû leur survie qu'aux forces de sécurité.

Dans une lettre ouverte adressée le 6 juillet au ministre de l'intérieur, Abdelhamid Amine, membre de l'Association marocaine des droits de l'homme et figure bien connue de la gauche radicale, a décrit ces incidents. "On a permis à ces baltaguis, devenus pratiquement des forces auxiliaires, non officielles (...) de traiter les militants de vendus, d'ennemis du roi, d’athées, de mangeurs du Ramadan, de prostituées, d'homosexuels..." Des débordements qui se sont produits ailleurs d'autant plus superflus que le oui était assuré de l'emporter.

Le bureau politique des baltajias

le chef du bureau politique reçoit les consignes
 L’alliance Royaliste » est le bureau politique des baltajias, c’est elle qui a fixé dès le 9 mars la doctrine de leur mouvement basé sur deux principes :

1- Au lieu de manifester pour défendre ses idées, il faut plutôt aller empêcher les autres de manifester pour défendre les leurs
2- Simplifier à l’extrême le débat institutionnel sur la démocratie, la séparation du pouvoir et la réforme de la constitution. Et le réduire à une question « êtes-vous pour ou contre le roi ? ».

Drôle d’alliance royaliste qui non seulement veut être plus royaliste le roi mais qui a essayé d’engager le pays dans un débat dangereux sur la personne du roi au lieu de ses prérogatives et ses pratiques comme le veut feb20. Alliance qui de surcroît a de drôles d’encadreurs démasqués par la chaine de télévision TV5
http://youtu.be/lBEFR6NNICs

Un baltaji nommé Taliyani

Ceci est une « victime »
Le mec en photos s’appelle Mohamed dit Hamouada. Il est connu sous le surnom « Taliyani » (l’Italien). Il se revendique « Représentant de la communauté marocaine en Italie » et en son nom il dit oui à la constitution. Il est connu des manifestants 20 février à Casablanca, par ses gestes obscènes, ses provocations et ses tentatives d’agression à l’encontre des militants du mouvement.
Et c’est ce baltaji , au profil peu glorieux, qui est à l’origine de la plainte contre Moad Lhaqed l’accusant de coups et blessures. Depuis plus de trente jours, le rappeur du mouvement 20 février est en prison dans l’attente du procès. Taliyani quant à lui on l’a vu il y a neuf jours en pleine action à Hay Mohamedi, fidèle au poste, en train de provoquer les manifestants lors de la marche du mouvement 20 février. Le lendemain il s’est présenté enfin auprès du juge pour faire sa déposition. Pendant plus de trois semaines le tribunal était incapable de le convoquer, laissant croupir Moad Lhaqed en prison. En racontant ça, on résume tout.

Et pour finir
A nos amis anti-« 20 février ». Je ne fais pas d’amalgame entre baltajias et ceux qui sont contre le mouvement. La plus grande insulte faite aux anti -« 20 février », et croyez bien que j’en ai dans ma petite famille et parmi mes amis proches, ce sont ces pratiques venant d’un autre temps condamnables sur le fond et sur la forme. Vous valez, nous valons tous, mieux que ça.

Ce billet a été écrit avec une pensée particulière pour Moad Lhaqed, pour toutes les victimes 20 février des agressions de baltajias et pour les journalistes d’Akhabr Al yaoume .

lundi 10 octobre 2011

Lettre ouverte à Monsieur Robert Badinter


Par Solidarité Maroc 05 et APSO (Amis du peuple du Sahara Occidental), 1/10/2011

 

Monsieur le Sénateur,

Mercredi à midi, nous avons suivi avec intérêt l’émission sur la peine de mort, discussion passionnée et passionnante entre Jean-Pierre Elkabbach, Maître Paul Lombard et vous-même. Hier nous avons regardé et écouté votre intervention à l’Assemblée Nationale. Et il nous revient en mémoire ce jour de 1981 où nous étions vraiment fiers d’être Français. Cette décision historique d’abolir la peine de mort donne toujours à notre pays une respectabilité par ailleurs bien malmenée.

Vous citez la Chine, les États-Unis et d’autres pays peu démocratiques qui n’ont pas aboli la peine de mort. Mais vous ne citez pas le Maroc qui refuse encore de faire ce pas vers la démocratie, tout en s’autoproclamant champion des droits de l’Homme…

Les autorités marocaines ne respectent même pas leur engagement quant à l’adoption d’un moratoire sur la peine de mort alors que c’était l’une des recommandations principales de l’ancienne Instance Équité et Réconciliation qui a rendu son rapport au chef de l’État fin 2005. Le roi en a pourtant approuvé les recommandations. Un collectif d’ONG appelait en mai 2011 le gouvernement à enfin inscrire cette mesure dans la constitution. Une des revendications du mouvement du 20 février est également que ce moratoire soit enfin appliqué. Tous les militants de défense des droits de l’homme demandent que le Conseil National des Droits de l’Homme agisse dans ce sens. Pourtant l’abolition de la peine de mort était à l’ordre du jour d’un Conseil du gouvernement du mois dernier, suscitant l’espoir parmi les abolitionnistes marocains … Déception : Le sujet a été déprogrammé…

Il est vrai que depuis 1993 aucune exécution n’a eu lieu au Maroc. Pourtant en 2011, encore 140 condamnés attendent dans les couloirs de la mort. Ils seront probablement graciés, mais pourquoi le supplice de cette attente…

Aucune exécution officielle n’a eu lieu depuis 18 ans, c’est vrai, ni par injection, pendaison ou décapitation. Mais au Maroc, au nom de la monarchie, on tabasse et on torture de manière ignoble parfois jusqu’à la mort. Dans les centres secrets de torture tel Temara, dans les commissariats… Dans la rue, à coup de pieds, de bâtons et de barres de fer. Le pouvoir s’acharne contre les militants des droits de l’Homme, en particulier contre les militants du mouvement du 20 février dont le crime est d’organiser des marches pacifiques pour demander la dignité, la liberté, la démocratie. Contre les militants sahraouis qui demandent pacifiquement le droit de choisir leur avenir. Toutes ces nobles convictions se paient très cher…

Le pouvoir marocain ne supporte pas les défenseurs des droits de l’homme.

Monsieur Badinter, vous allez beaucoup parler, ces prochains jours, de l’abolition de la peine de mort. Lorsque vous citerez les pays non abolitionnistes parce que pas encore démocratiques, merci de citer le Maroc. Votre voix est écoutée à travers le monde. Les défenseurs marocains des droits de l’homme vous en seront reconnaissants. Et si ce pas indispensable pour avancer vers la vraie démocratie interpelle le pouvoir marocain, on peut souhaiter que la torture sera, elle aussi, abolie dans les faits. Dans les textes elle l’est déjà, mais il suffit de lire les rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch pour comprendre qu’elle ne l’est pas.

Depuis des années les associations Solidarité Maroc 05 et Amis du Peuple du Sahara Occidental dénoncent les violations des droits de l’homme au Maroc et au Sahara Occidental, et, malheureusement nous constatons qu’il n’y a pas de progrès dans ce sens. Et que la propagande et le mensonge ne suffisent pas à construire un Etat démocratique.

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l’expression de notre profond respect

Marie-José Fressard
Présidente de Solidarité Maroc 05
solidmar05[at]gmail[dot]com http://solidmar.blogspot.com
E’changeons le Monde, 17, Rue J. Eymar, 05000 GAP France

Marie Frison
Présidente de Amis du Peuple du Sahara Occidental
APSOlument[at]yahoo[dot]fr http://ap-so.blogspot.com

Marche du mouvement du 20 février à Casablanca, le 9 octobre

Par AMDH Casa, 10/10/2011
En essayant de bien lire ce qui est écrit sur les pancartes, les banderoles...on s'approche plus du "contenu" du MVT20FEVRIER ô combien riche!
Nous sommes au moins (je dis bien au moins) en pleine révolution culturelle pour ne pas dire plus.
VIVE LE MVT20FEVRIER! Gare aux traînards et autres dénigreurs !
المسيرة الشعبية

المسيرة الشعبية بسيدي معروف حركة 20 فبراير تنسيقية الدارالبيضاء
 Voir les photos :

L'acteur Javier Bardem s'adresse à l'ONU pour dénoncer la situation au Sahara Occidental

AFP Publié le 4/10/2011

L'acteur espagnol Javier Bardem a plaidé la cause du Sahara occidental aujourd'hui à l'ONU, se déclarant partisan d'un vote sur l'autodétermination de ce territoire annexé par le Maroc. Les habitants "du Sahara occidental souffrent sous la répression dans ce territoire occupé; ils souffrent dans des camps de réfugiés dans le désert du Sahara où ils ont été oubliés depuis des décennies", a-t-il dit dans une déclaration distribuée aux journalistes.

L'acteur, qui prépare un documentaire sur le Sahara occidental, a ajouté qu'il comptait exhorter le Comité de l'Assemblée générale de l'ONU sur la décolonisation dans la journée de mardi de prendre des mesures sur les droits de l'homme bafoués de même que sur l'organisation d'un référendum. Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc. Rabat propose une large autonomie du Sahara occidental avec un gouvernement et un parlement locaux, sous sa souveraineté. Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, rejette le plan marocain et réaffirme "le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination" via un référendum.

Javier Bardem a souligné que la mission de l'ONU au Sahara occidental était la seule mission de l'ONU dans le monde à ne pas avoir de mandat pour surveiller le respect des droits de l'homme. "Ce mandat a été bloqué de façon récurrente par certains membres permanents du Conseil de sécurité", a-t-il dit dans sa déclaration.
L'acteur a expliqué aux journalistes que la France, l'Espagne et les États-Unis aidaient le Maroc à bloquer les efforts visant à l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination de ce territoire.


Mohammedia succès de la marche du 9 octobre 2011

Par Ali Fkir, 9/10/2011
Le 9 octobre 2011 , la jeunesse du MVT20FEVRIER (Mohammedia) a organisé avec succès une marche populaire qui a eu comme point de départ le bidonville Al Bradaâ et a traversé (pour la 1ère fois) des quartiers où sont entassés des dizaines de milliers de personnes dans des conditions lamentables.
Les composantes du mouvement étaient au rendez-vous et ont globalement respecté la plateforme du mouvement du 20 février.
Bravo jeunesse du MVT20FEVRIER
Bravo les forces solidaires!
VIVE LE MVT20FEVRIER!






Vidéos de la marche du 9 octobre 2011 organisée par le MVT20FEVRIER (Mohammedia)

http://www.youtube.com/watch?v=1g89AeZ4YBg

Les autres marches du 8 et 9 octobre sur Mamfakinch.com

Sahara Occidental : Il y a un an, Gdem Izik

Par APSO,  8 /10/2011



Il y a un an, les Sahraouis plantaient la tente dans le désert à proximité de El Aaiun. Et ensuite ? Ce qu’on a appelé le Printemps arabe. Début de l’époque formidable de la chute en effet domino de dictatures arabes…

Dans tout le Sahara Occidental occupé, en juillet puis début octobre 2010, les premières tentatives de campements de Sahraouis ont été violemment empêchées. À partir du 7 octobre néanmoins, les Sahraouis sont sortis massivement de leurs villes occupées et malgré les interdictions, intimidations, supplications, destructions par les autorités coloniales marocaines, ils ont planté la tente dans leur désert.

Le campement proche de El Aaiun à Gdem Izik grossit rapidement à quelques milliers de Sahraouis. Ce mouvement sahraoui de protestation, de résistance devient rapidement un immense événement populaire et démocratique.

Malgré les dangers latents, les blocus, l’oppression des autorités marocaines, un nouvel élan est pris par la résistance sahraouie face à la discrimination généralisée qu'ils subissent dans leur pays occupé, où ils sont privés de leur droit fondamental à l’autodétermination.

Najem, 14 ans, première victime...
Les jeunes Sahraouis organisent le campement de Gdem Izik qui atteint rapidement 7000 tentes, soit 20 à 30 000 personnes. Ils créent des quartiers pour faciliter l’organisation logistique : circulation, approvisionnement, soins. Ils élisent les comités politiques de négociation avec les autorités, organisent les séances de prises de décision collectives…

Le 24 octobre, un enfant est tué par les militaires marocains alors qu’il était dans une voiture qui ravitaillait le campement. C’est la première victime innocente de la manifestation.

Le 8 novembre 2010, après 4 jours de négociations, de promesse de rapport de force, de tentatives démagogiques pour résoudre ce problème épineux pour eux, les autorités marocaines lancent avant l’aube l’assaut sur le campement de Gdem Izik, sur les femmes, les vieux et les enfants. Ce même jour, les forces sécuritaires imposent un blocus à la ville de El Aaiun, empêchant les familles sahraouies de venir au secours des leurs. La violence explose, réponse sahraouie à la violence qu’on oppose à leur pacifisme, déchaînement gratuit des colons. Les autorités raflent les jeunes sahraouis. Plusieurs centaines d’entre eux sont torturés et emprisonnés abusivement. Le même sort est réservé aux militants des droits de l’homme et journalistes sahraouis.
L’ONU sous la pression de la France s’abstient d’envoyer une commission d’enquête indépendante.

Pour Noam Chomsky, cette invention, 20 à 30 000 Sahraouis sortis des villes occupées pour vivre comme leurs ancêtres malgré l’interdiction, cette protestation contre la colonisation est l’origine du Printemps arabe.
Depuis les peuples de Tunisie, Egypte, Libye se sont débarrassés de leurs dirigeants. Dans le silence de nos médias français, au Maroc, les jeunes ont constitué le Mouvement du 20 février qui grossit en importance et audace, et malgré les répressions meurtrières, fait fleurir des « M6 dégage ! ». Cela renforce les courageux opposants à la monarchie dictatoriale.

Il y a un an naissait le campement de Gdem Izik. Nouveau symbole de la résistance sahraouie, nouvelle étape de la violence illégale et impunie du Maroc. Parmi les Sahraouis arrêtés pour leurs activités militantes, une vingtaine sont toujours maltraités dans la prison de Salé au Maroc, grossissant les rangs des prisonniers politiques sahraouis, pour certain incarcérés depuis 8 ans pour leurs opinions.

Il y a un an naissait Gdem Izik. Le système colonial n’aura plus jamais le même poids sur l’aspiration du peuple Sahraoui au respect de son droit international, à l’autodétermination sur son avenir, sa terre et ses ressources. Certains anciens se souvenaient du goût de la liberté, les plus jeunes y ont maintenant goûté.
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10 octobre : journée nationale de la tente sahraouie



Le peuple sahraoui fête ce 10 octobre, journée de la tente sahraouie, en commémoration du premier anniversaire de l’installation du camp de protestation de Gdeim Izik, le 10 octobre 2010 à 12 km à l’est d’El Aaiun occupée, a indiqué un communiqué du ministère de l’information.
 
"L'événement revêt une importance particulière de la tente dans l'histoire, l'identité et la résistance du peuple sahraoui à travers les générations", selon la même source.
A cette occasion plusieurs tentes ont été dressées ce lundi au niveau des institutions de la RASD cette journée du premier anniversaire du camp de Gdeim Izik, nouveau tournant dans la résistance pacifique du peuple sahraoui contre l'occupation marocaine, et qui a donné le coup d’envoi des soulèvements dans les pays arabes, a-t-on ajouté.
Des meetings populaires seront organisés dans les wilayas afin de permettre aux citoyens d’exprimer leur soutien à la résistance pacifique menée par leurs confrères dans les territoires occupés du Sahara occidental et leur solidarité avec les victimes de la répression marocaine, notamment à Dakhla, ville soumise à un état de siège depuis le 25 septembre dernier.(SPS)
 


dimanche 9 octobre 2011

Ecoutez ..ALLA...le magicien oudiste...et lisez son histoire


On raconte à Béchar (ville du désert, au Sud Est de l'Algérie) qu'une nuit, un homme qui avait fumé beaucoup de haschich a commis l'erreur d'écouter une cassette d'Alla. On l'a retrouvé au matin sur la place du marché scandant la musique alors que son magnéto tournait à vide depuis plusieurs heures. On raconte aussi que, dans un bus qui se rendait de Béchar à Timimoun (au Sud, en plein cœur du Sahara), le chauffeur a enclenché une cassette d'Alla en partant. Lorsque le bus est arrivé à destination il s'est immobilisé, mais aucun signe de vie n'en sortait. Des badauds se sont approchés avec précaution, ont ouvert les portes et ont découvert tous les passagers en transe, refusant de descendre et implorant qu'on leur remette la musique.

On raconte encore qu'à Béchar, il arrivait qu'un homme frappe à la porte des maisons au milieu de la nuit. Il entrait, s'installait sans dire un mot, restait là, parfois trois jours, avant de repartir, toujours aussi silencieux et mystérieux. Et c'était un honneur pour qui l'avait reçu car il s'agissait d'Alla, un des plus grands joueurs de oud de tous les temps. Benjamin d'une famille de 12 enfants, Alla est né le 15 juin 1946. Sa mère était originaire de Tafilalet (ville du sud du Maroc) et son père venait de Taghit, une oasis perdue à 95 kilomètres de Béchar. A 15 ans, le jeune Alla est obligé de quitter l'école et de gagner sa vie. Il bourlinguera de petits boulots en petits boulots (apprenti électricien, boulanger, barman... il a même ouvert un magasin d'ameublement en 1986 !). Mais, parallèlement, Alla est habité par la musique. A 16 ans, il fabrique son propre oud à l'aide d'un bidon, de câble et de bouts de bois. En dépit de ses moyens de fortune, il se crée un style s'inspirant aussi bien de l'Orient que de l'Afrique.

En 1972, il achète son premier vrai oud et commence très vite à se produire en public. Aucun de ses concerts ne ressemble à un autre. Tout est basé sur l'inspiration, la douleur ou la joie du moment. La musique d'Alla est faite avant tout de liberté et d'espace. Sous ses doigts, le luth prend des sonorités de kora, de guitare flamenca ou de gumbri. Au fil du temps, Alla a crée le "Foundou", un genre au nom curieux venu du tréfonds de ses souvenirs d'enfance. Son père travaillait dans une mine de fer appelée "Fond 2" et, par distorsion, un soir d'inspiration forcenée, il a ainsi nommé cette musique sans nom qui semblait sortir comme par magie de son oud et de son âme. Aujourd'hui, Alla vit à Paris et ne veut recevoir personne (pas même ses compatriotes de Béchar récemment arrivés en France ni même le directeur de sa maison de disque). Enfermé dans son monde, il paraît qu'il compose. Et demeure fidèle à lui-même : libre et imprévisible.

De la chute du régime

Point de vue de  Mahdi Zahraoui, eplume.wordpress.com, 8/10/2011

La protestation populaire est toujours d’actualité au Maroc. Le mouvement du 20 février continue de mobiliser la population dans de nombreuses villes. La nouveauté provient de certains slogans qui commencent à faire irruption, notamment avec le fameux « le peuple veut la chute du régime ». Ce slogan a été scandé pour quelques secondes durant une marche à Tanger et dans une assemblée générale à Casablanca plus récemment.

Huit mois se sont écoulés depuis la date du 20 février, huit mois durant lesquels le régime a tenté de calmer l’agitation avec de molles manœuvres dont le lifting constitutionnel, la libération de quelques prisonniers politiques et l’anticipation des élections législatives. Ces remaniements superficiels n’ont guère touché à l’essence des revendications : à la séparation des pouvoirs, à l’équité et à la garantie de la dignité du citoyen marocain.

Revenons à notre fameux slogan. Dans l’alliage qui constitue le mouvement, certaines composantes visent plus que la monarchie parlementaire, c’est une vérité. Le premier manifeste du mouvement a d’ailleurs été modifié, et sa première requête a été façonnée pour exiger une ‘constitution démocratique émanant du peuple’ au lieu de ‘rééquilibrer les pouvoirs de la monarchie’. La première est vague et porte à plusieurs interprétations, tandis que la deuxième met en exergue la présence de la monarchie dans l’arène du pouvoir.

Cette ambigüité issue de piètres calculs politiques est d’ailleurs l’un des facteurs qui ont alimenté une certaine méfiance d’une partie des marocains à l’égard du mouvement. Le régime et sa propagande n’ont guère lésiné sur les moyens pour user de ce point d’Achille. C’est ainsi qu’après huit mois, les calculs politiques commencent à s’essouffler et l’effervescence et l’excitation gagnent les rangs de certains.

Les individus qui se sont remarqués d’ailleurs par ce slogan ont commencé à clarifier ‘leurs intentions’ de mille et une façon. On a aussi lu les déclarations de certains militants du mouvement jouant habilement sur les mots afin d’écarter toute ‘mauvaise interprétation’ dise-t-on.

À ce stade de la lutte, la clarté s’impose. Une clarté à l’envers de nous-mêmes et à l’égard des citoyens marocains qui nous ont fait confiance. Si je fais partie du mouvement du 20 février, c’est pour instaurer une monarchie parlementaire, non pas pour déraciner les Alaouites du Maroc. La monarchie parlementaire constitue pour moi le compromis entre démocratie et régime monarchique. Au-delà de défendre la forme actuelle de la monarchie, j’y vois un garant de la stabilité et un frein au développement du pays. Elle doit garder la première fonction et délaisser la deuxième. Cette transition doit s’établir pacifiquement et sans engendrer d’instabilité sécuritaire au Maroc. Le mouvement du 20 février en est le meilleur outil jusqu’à présent.

Au sein du mouvement, on mène une lutte pacifique, on mobilise plusieurs villes simultanément et on s’attache à nos requêtes. Cependant, on n’a pas réussi à mobiliser le nombre souhaité des citoyens. Certains ont commencé à s’essouffler, et ce n’est pas en scandant ‘le peuple veut la chute du régime’ qu’on encouragera les autres franges à nous rejoindre.

L’heure de la clarté a sonné, la rédaction d’un nouveau manifeste fondateur et une perception plus réaliste de nos moyens et outils sont la clé du succès. L’effervescence révolutionnaire et les combines politiques ne nous mèneront pas loin face à un rude ennemi tel le makhzen.

Cet article est également publié sur le blog de Mahdi Zahraoui