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mercredi 7 septembre 2011

« Sursaut de l’Afrique qu’on achève » un livre révélateur d' Assani Fassassi

Sursaut de l'Afrique Qu'on AchèvePar Fouad Fourji, mai68.org,6/9/2011
 

L’UNICEF est NOCIF pour l’Afrique et les Africains depuis des décennies. C’est démontré, preuves à l’appui, dans "Sursaut de l'Afrique qu'on achève"

Pour vraiment aider l’Afrique et ses enfants, il vous suffit de diffuser cette information et, si possible, attaquer en justice les patrons de ces ONG:
L’UNICEF, le CICR (Croix rouge), l’AICF (Action internationale contre la faim), le HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés), la FAO (Food & Agricultural Organization), Organisme de l’ONU, spécialisé en matières d’agriculture et d’alimentation, le PAM (Programme alimentaire mondial) et d’autres organismes occidentaux dits « humanitaires », sont depuis des décennies, les véritables complices des États occidentaux avec leurs industries agro alimentaires, commerciales, financières et militaires qui sont à l’origine de cette situation calamiteuse en Afrique.
Selon un expert canadien, pour sauver DÉFINITIVEMENT ces enfants de la misère (causée par l’Occident avec l’aide des dirigeants africains), il faut TROIS MILLIONS d’€UROS. Or, ces organismes (réunis) ont collecté et disposent aujourd’hui plus de 260 MILLIARDS d’€UROS. Leurs patrons touchent (en moyenne) 28.000 €UROS par mois (logés & véhiculés) !
Le Sénégalais Jacques Diouf (patron de la FAO) touche 23.000 €UROS par mois ; il est à la FAO depuis 19 ans ! La patronne de l’UNICEF, Ann Veneman touche 42.000 €UROS par mois ; le patron du PAM touche 26.000 €UROS par mois ; celui du HCR, Antonio Guterres touche 35.000 €UROS par mois !
Dans son livre (pages 249 à 303) « Sursaut de l’Afrique qu’on achève » (FNAC, l’Harmattan, Présence africaine à Paris), l’auteur explique tout ceci : « Un enfant noir avec une cage thoracique aux côtes saillantes, une tête énorme, et les bras et les jambes comme des baguettes est l’affiche favorite de vastes opérations charitables lancées périodiquement par ces Organisations humanitaires. Les responsables du CICR, du HCR, de l’UNICEF et d’autres appellent à la générosité des innocents peuples européens et occidentaux pour sauver les orphelins du Rwanda et d’autres enfants africains mal nourris. Mais ces organisations ne soumettent jamais correctement à ces généreux peuples occidentaux des problèmes de conscience en leur disant que c’est la main mise de l’Occident sur l’Afrique qui est à l’origine de la famine, des souffrances et de la misère de ces enfants». *

 Le FIGARO MAGAZINE (Paris) du 06 août 1994 souligne, à sa façon, le cynisme de ces Organisations : ‘‘ Les organisations humanitaires sont-elles au moins à l’abri de tout soupçon ? Ce n’est pas clair… La gestion de l’aide est devenue un métier : il occupe quelques milliers de fonctionnaires, de banquiers, et des organisations internationales. Pourquoi tout ceux-ci renonceraient-ils à leurs fonds de commerce ? Les associations humanitaires devront parfois renoncer à leur angélisme dévastateur ’’ » !
L’occident n’aide pas l’Afrique ; ça se saurait et se verrait. Depuis cinq siècles jusqu’aujourd’hui, l’occident pille et dévaste l’Afrique avec la complicité des dirigeants fantoches africains et l’UNICEF.

En savoir plus

Présentation

L'auteur, ASSANI FASSASSI analyse les causes du sous-développement de l'Afrique et remet la responsabilité à la fois sur l'Occident, qui a institué l'esclavage et plus tard la colonisation, et sur les hommes politiques africains, qui ont plus souvent soif de pouvoir que de vouloir améliorer la situation économique de leur pays. Il propose quatre impératifs et vingt mesures d'urgence pour sauver l'Afrique afin que les Africains recouvrent leur pouvoir. En particulier, il propose de revenir à des valeurs de l'Islam, religion majoritaire dans de nombreux pays africains, pour résoudre les problèmes de tout ordre.

Biographie de l'auteur

Professeur en sociologie-politique, Assani Fassassi est originaire du Bénin. Il est également l'auteur de Le péché du Pape contre l'Afrique, et de nombreux articles et communications sur le développement social, culturel, écologique et économique en Afrique. Il oeuvre activement pour l'émancipation de l'Afrique et pour la réhabilitation de la mémoire des Africains.
source : amazon.fr
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* Manière d'arnaquer et d'infantiliser le "donateur" naïf par l'UNICEF
Unicef & MSN Yardým Kampanyas
Accord d'aide entre Unicef & MSN
Svp avant de jeter la nourriture qui vous reste dans votre assiette penser au personne qui meurt de faim!!!!
En Afrique il y a des enfants qui meurent de faim, d'après l'accord passé entre Unicef et Msn,
pour les enfants décédés et les autres enfants une aide vient de commencer.
Autant de fois que tu enverras ce mail à des personnes, 5 euros seront attribués au compte d'Unicef.
Pour nos enfants d'Afrique et ceux victimes du tsunami, veuillez svp participer à cet appel d'amitié'
Le fait d'avoir reçu ce mail et de l'avoir envoyé fait déjà gagner 10 Euros à Unicef.
SVP faisons vivre ces enfants qui sont entrain de mourir. N'oublions pas que toutes les secondes un enfant est entrain de mourir de faim.
Envoyer ce mail à toutes les personnes que vous connaissez...mer

Cela vous coute 2 Minutes à peine de votre vie mais pour les enfants d'Afrique,cela leur prends toute une vie

mardi 6 septembre 2011

Le Mouvement du 20 février / La véritable «Exception marocaine»


par Mohammed Belmaïzi,6/9/2011

Depuis l’instauration du Mouvement du 20 février, avec son organisation exceptionnelle et sa formidable maturité, le Makhzen n’a cessé de détourner le sens de ce soulèvement populaire. Il a su ameuter les « intellos de service » en les soudoyant avec des sommes faramineuses. Et on a vu le ‘génie’ de ces « intellos de service » corrompus, s’exprimer contre les aspirations du peuple, en le réduisant à un amas d’ignorants et d’illettrés ne méritant point de citoyenneté ni de démocratie (?!). Leur omniscience a prédit l’essoufflement de ce mouvement. Or leurs analyses qui ne diffèrent point de celles du discours colonial, est une insulte à la raison et à la pensée. La « science coloniale » nous a, d’ailleurs, accoutumé à ce genre de mépris et d’offense.

L’un de ces notables « gardiens du temple » a cru faire œuvre d’originalité en révélant que le corps politique marocain est « désamorcé » et ne peut garantir une complète démocratie dans notre pays. Sous-entendu que seul le monarque de droit divin Mohamed 6 est habilité à monopoliser tous les leviers du pouvoir. Cet intello de service omet de souligner que la monarchie, ses élites incultes et la clique des partis officiels forment le roc et l’armature du ‘Parti Unique’ (que la Constitution marocaine interdit et condamne par ailleurs !!). Il oublie ce que dit l’un des très proches de la famille royale à propos de ce lien diabolique étroit entre la monarchie et les partis politiques officiels, à propos de l’ère de Hassan II : Hassan II « s'est servi de l'argent pour rendre dépendants beaucoup de leaders qui pouvaient être achetés. Pour lui, l'argent était un élément de pouvoir. Il tenait les gens comme cela ». Et cela n’étonne plus personne de voir la fameuse koutla des partis marocains se prosterner devant le Dirham !

A ce sujet la tradition de corrompre perdure actuellement et le peuple le sait très bien. C’est pourquoi, il fait irruption dans la rue pour faire entendre sa voix et imposer sa noble « culture de la contestation ».

Depuis le 20 février, cette « culture de la contestation » s’installe d’une manière durable sur le territoire et dans l’imaginaire des gens. Même durant les vacances et durant le ramadan, l’étincelle ne s’est jamais éteinte. Des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes et lieux. Et tous les soirs du ramadan, les réjouissances (chants, slogan, danse, théâtre…) et les rencontres se sont cristallisées autour de la contestation contre la gouvernance dévoyée et la déliquescence de l’Etat qui met l’Etat de Non Droit dans la sphère de la sacralité.

S’il y a « une exception marocaine », elle ne peut se situer que dans cette « culture de la contestation » qui ne cesse de grandir et jamais ne cesse d’exiger que le Makhzen dégage! Que l’Etat de Droit s’instaure !
https://www.facebook.com/note.php?note_id=268570729828615

Le Makhzen, le réflexe et la réflexion

Par Mohammed Larbi Benotmane, Lakome, 24/8/2011
Mohammed Larbi Benotmane

Devant tant d’anachronismes, de tâtonnements et d’indécisions de la part du Pouvoir durant ces dernières années, on se demande si une logique gouverne véritablement ses actions. N’existe-il pas une légitimité à s’interroger sur ses capacités à disposer d’un bon projet pour diriger le pays et le faire avancer vers un lendemain meilleur ?

Durant le règne précédant l’affaire était entendue. Le développement humain et économique n’était pas la priorité. Ce que recherchait le pouvoir makhzanien était, comme il ne s’en cachait pas d’ailleurs, de tenir le pays. De le tenir par tous les moyens possibles. Cela n’excluait qu’en parole la violence, la peur, la répression, la démagogie, la soumission ou la ruse. Et encore, cette liste n’est pas limitative. Tous les moyens justifiaient cette fin pourvu que le régime en sort toujours renforcé. Son crédo était de tenir le pays pour se maintenir sans aucun partage du pouvoir. En somme, l’absolutisme dans toute sa splendeur.

Les résultats de cette politique sont connus : des « années de plomb » marquées par la torture, les disparitions et les emprisonnements abusifs, une corruption endémique, un classement aberrant dans tous les domaines du développement humain, des systèmes d’éducation et de santé à faire honte, une élite politique décrédibilisée et quasi irrémédiablement noyautée. En foi de quoi, il est vrai, le régime s’est maintenu envers et contre tous. Il a même trouvé des laudateurs et des inconditionnels pour l’applaudir ou le rejoindre même après avoir lourdement gouté sa répression.

D’un point de vue purement masochiste, ceux-là peuvent dire, et parfois le disent de façon effrontée, que le système de pouvoir précédant avait au moins un projet, celui de continuer de se renforcer et de perdurer. Et que, en amont, il s’était doté d’une philosophie d’action et d’une réflexion ; funeste et affligeante soit-elle, pouvaient-ils ajouter. C’est le passé, notre pitoyable passé que d’aucuns, malgré ses tares et ses abus, continuent de justifier.

L’actuel système peut-il se prévaloir lui aussi d’un projet de la même espèce et du même acabit. Foncièrement, il a surtout copié les tares et l’idiosyncrasie de son prédécesseur. Il a voulu la continuité dans la continuité, avec juste des retouches et sans rien changer au fond. Depuis son avènement, ce choix lui confère une mission claire, celle de ne pas s’imaginer autre chose qu’une une sorte d’exécuteur testamentaire.

Ce faisant, il n’a pourtant pas beaucoup amélioré le bilan hérité. Les indicateurs sont tout aussi mauvais, la gouvernance est déficiente et les résultats se font attendre. Le régime s’est même fourvoyé dans une répression inacceptable à des années lumières de l’Etat de droit démocratique. L’offensive contre les tenants du salafisme, du moins ceux réprimés du fait de leur  seule conviction, en est l’exemple emblématique. Cette offensive a donné au système actuel des titres incontestables pour se targuer d’avoir eu lui aussi sa période de «plomb». Plus, au vu du nombre de condamnés et de la proportionnalité des sanctions prononcées, le régime actuel a battu bien des records répressifs de son prédécesseur. Aujourd’hui, cette offensive apparait comme un reflexe directement inspiré du passé et dénué d’intelligence politique dont on se demande comment le régime va s’en dépêtrer.

Le secteur des médias qui souvent apparaissait comme porteur d’une conscience politique et porte-parole des frustrations citoyennes a dû faire face à une scandaleuse campagne pour museler et faire taire tous ceux qui se rapprochaient de la parole critique et des lignes dites rouges. Les titres et les plumes les plus prometteurs ont ainsi été éliminés par le recours à des condamnations privatives de liberté, d’interdictions d’écrire et d’exercer ou de paiement d’amendes astronomiques. Le tout pour tuer toute sérieuse liberté d’expression. Mais, là aussi le Pouvoir s’est fourvoyé. Il n’a pas vu venir le phénomène du média digital qui donne plus de liberté à l’expression, l’a rend plus accessible et pratiquement hors de sa portée. Aujourd’hui, ce nouveau média est un véritable exutoire et un champ où la liberté de parole s’épanouit comme jamais. Il y apparait en tout cas largement défait et artificiellement incrusté. Donc, sur ce terrain également, l’actuel régime ne fait pas mieux, à moins qu’il ne soit en train de faire pire que ce qu’aurait fait celui à qui il a succédé.

En somme, en ces domaines comme en d’autres, il est aujourd’hui notoire que ce régime n’a pas su donner à ses thuriféraires des raisons valables d’y croire, une réflexion à amplifier et encore moins une philosophie où s’accrocher, à l’image de son prédécesseur. Il ne les a dotés que de simples réflexes et d’aptitudes mimétiques calqués sur le passé. Ceux qui opèrent pour lui ne sont pas en effet dans des prédispositions créatives. Ils recherchent en majorité à perpétuer l’existant calqué sur le passé, à gagner de l’argent, à renforcer leurs privilèges, et en tout cas à éviter d’en être exclus. Or, faute d’une réflexion et d’une vision d’avenir, politiquement le régime réagit seulement à ce que la société lui renvoie au visage. Une manière d’être bel et bien dans la perte d’initiative. Ce qui en soi est de mauvais augure. Car dans de telles situations d’inaction et d’inanité, au lieu d’être proactif et maître de son initiative, le décideur est forcément en situation de simple réaction par rapport à ce qui lui tombe dessus. Ce qui en politique s’analyse volontiers comme les prémices de dérapages et de catastrophe annoncés.

La séquence de la réforme constitutionnelle que le pays vient de vivre est un parfait exemple de cette perte d’initiative. Normalement, elle aurait pu être un élément fondateur de l’actuel régime. Il n’en a rien été. Comme initiative, elle est le fait exclusif du Mouvement du 20 Février. Le Pouvoir s’en est saisi à son corps défendant. Il a concocté un texte, l’a revu et finalement officialisé à sa manière. Mais a-t-il pris la mesure de la revendication de ceux qui l’ont réclamé non pas dans le but de réformer pour réformer mais pour instaurer une véritable monarchie parlementaire ? Les manifestations qui continuent encore et encore, plus fortes qu’avant cette officialisation, sont une réponse étourdissante à cette question.

Plus concrètement, le Pouvoir en perte de vitesse est donc loin d’être demeuré maître de ses initiatives. A-t-il compris au moins que l’avenir lui impose dans son intérêt d’accepter la présence de contre –pouvoirs pour l’accompagner, lui résister, le stabiliser et le guider. Il est évident que jusqu’ici, il a plutôt signifié qu’il a du mal à comprendre ce qui change autour de lui. Pourtant, accepter ces contre-pouvoirs n’est rien d’autre qu’une simple et nécessaire modalité de fonctionnement de la Démocratie.

Ne pas l’accepter, c’est rendre les vents du changement plus intenses et plus fougueux. Ce qui a le mérite naturel de les rendre irrésistible.

http://fr.lakome.com/opinion/62-chroniques-dopinion/738-le-makhzen-le-reflexe-et-la-reflexion.html

lundi 5 septembre 2011

Le mouvement du 20 février : Réalités et perspectives


Par Abdelhamid AMINE*, 5/9/2011

Le 05 Aout 2011, la Coordination de soutien au mouvement du 20 février à Bruxelles a organisé une activité sur « lemouvement du 20 février : réalités et perspectives » ; j’ai été invité dans ce cadre à faire un exposé sur ce thème via internet. J’ai préparé à cette occasion un texte que je n’ai pu exposer qu’en partie à cause du temps imparti. On trouvera ci-dessous l’intégralité du texte légèrement retouché.
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I) Merci pour l’invitation à participer à ce débat très important, qui à mon avis doit être ouvert partout, non seulement au Maroc, mais également par nos citoyenNEs résidant à l’étranger et plus particulièrement en Europe.
Tout d’abord je me félicite, avec vous, de l’impact combien positif du mouvement du 20 février (M20F) sur nos concitoyenNes dans les pays occidentaux : vos activités et vos manifestations à Bruxelles, à Paris, à Madrid, à Barcelone, en Hollande, en Italie, en Allemagne, aux USA, au Canada et ailleurs nous réchauffent le Cœur.

L’une des conséquences heureuses du M20F c’est qu’il a permis de rassembler nos militantEs démocrates et plus généralement nos militantEs anti-makhzen dans un même combat pour instaurer un régime démocratique au Maroc. C’est pour nous une renaissance salutaire du mouvement démocratique marocain à l’étranger qui a joué, rappelons-le, un rôle essentiel dans le combat contre le despotisme hassanien des années de plomb.

Votre action à l’étranger, et notamment à Bruxelles capitale de l’Union Européenne, nous réconforte, surtout quand elle est conjuguée avec celle des démocrates des pays d’accueil ; nous sommes alors assurés que notre voix sera entendue en Europe ; ceci est d’autant plus important que les gouvernements des pays occidentaux continuent – pour des raisons d’intérêt économique doublées d’analyses de courte vue – à avoir une attitude partiale et à appuyer le pouvoir despotique marocain au dépens des démocrates, de la démocratie et de la liberté au Maroc. Alors les amis, en avant, continuez votre travail, je pense qu’avec le M20F nous sommes cette fois sur la bonne voie, celle menant à la liberté, l’égalité, la solidarité, la démocratie et la justice sociale, celle menant au développement économique, social et culturel et à la dignité – bafouée durant des siècles – pour notre peuple.

II) Quelle explication pour l’émergence du M20F.

Je pense que ce mouvement trouve son explication :
 - D’abord dans les contradictions internes de la société marocaine ; depuis des siècles, le peuple marocain n’a cessé de mener un combat historique contre le Makhzen, véritable obstacle à tout progrès politique, économique, social et culturel ; cette lutte est devenue plus aigue depuis la fin du protectorat.
Le Souvenir des années de plomb, et des violations graves qui les ont caractérisées et qui restent gravées à jamais dans la mémoire populaire, est là pour nous rappeler cette lutte acharnée entre Makhzen et démocrates d’où malheureusement il est sorti vainqueur, momentanément bien sûr, puisque nous le savons, nous militants, que les peuples finissent par vaincre et avoir le dernier mot.

- Ensuite dans l’impact sur notre pays, et sur nos jeunes en particulier, du « Printemps arabe » et surtout des révolutions tunisiennes et égyptiennes qui ont eu un grand écho, puis un énorme impact d’autant plus que nous les avons suivies au jour le jour à travers notre solidarité et notre soutien militant organisé : ce fut d’abord le Réseau Marocain de soutien aux démocrates tunisiens (créé en octobre 2005 et réactivé en décembre 2010 suite à l’immolation du jeune Bouazizi) qui a été développé en Réseau Démocratique marocain de solidarité avec les peuples dont le 1er objectif était la solidarité avec le peuple, égyptien mais dont le rôle permanent est la solidarité avec les peuples, tous les peuples dans leur combat contre l’impérialisme, le sionisme et les réactionnaires ennemis de la démocratie et des droits humains.
C’est la conjonction de ces deux facteurs, interne et externe, qui ont permis l’émergence du mouvement du 20 février (M20F), d’abord sur la toile internet avec les discussions lancées par les jeunes de projets de revendications, de programmes et de moyens d’action ; la date de la première grande manifestation nationale a été fixée d’abord au 27 février puis avancée au 20 février, pour contrecarrer les critiques malveillantes du pouvoir traitant les jeunes qui ont lancé l’initiative d’agents du Polisario du fait que la 1ère date choisie, le 27 février, coïncidait par hasard avec l’anniversaire de la proclamation en 1976 de la RASD.

III) Le mouvement du 20 février en marche
Deux dates importantes à retenir avant le 20 février :

- Le 12 février, une grande manifestation a été organisée à Rabat devant le parlement par le Réseau démocratique Marocain de solidarité avec les peuples pour fêter cette première victoire du peuple égyptien, qu’est la chute le 11 février du Dictateur H.Moubarak, auquel d’ailleurs nous souhaitons un procès juste, qui devrait si justice il y a, être incarcéré pour le restant de sa vie.

Le plus important dans cet évènement c’est la transformation, d’ailleurs organisée, du sit-in en forum de débat auquel ont participé trois à quatre cents personnes avec pour thème : que faire au Maroc ? Après quelques 3 heures de débat la décision était unanime : descendre dans la rue et marcher ensemble et partout au Maroc, le 20 février.

- Le 17 février, une conférence de presse a été organisée par le mouvement marocain des droits humains au siège de l’AMDH, pour appuyer le M20F avec la participation de représentants des jeunes du 20 février et également du coordinateur du réseau démocratique marocain de solidarité avec les peuples qui jouait provisoirement le rôle de coordination nationale d’appui au M20F.

Durant cette conférence, les jeunes du 20 février sont descendus pour la 1ère fois du virtuel pour mettre pied sur terre ; on découvrait alors certains de leurs visages et surtout leur plateforme d’action datant du 14 février qu’ils ont présentée avec fougue et rigueur aux journalistes très nombreux eu cette journée du 17 février ; cette plateforme a été reprise par la presse ; elle a été également publiée en Arabe et en Français par le mensuel de l’AMDH, Attadamoune, paru fin février.

Le Mouvement du 20 février, avant son passage à l’action, a été farouchement combattu par le pouvoir Makhzenien et les forces réactionnaires qui le soutiennent et qui n’ont pas hésité à qualifier les jeunes du M20F d’agents du Polisario et de l’Algérie, de mécréants, d’athés, de mangeurs de Ramadan, d’homosexuels etc.… On a eu recours à la désinformation pour déstabiliser le mouvement, puisqu’ils sont arrivés jusqu’à annoncer le 19 février à la télévision gouvernementale que les manifestations du 20 février ont été annulées par le M20F lui-même.

Malgré cela les manifestations du 20 février ont connu un énorme succès :
- Quelques 60 villes ont connu des marches ou d’autres types de manifestations ; quelques 300.000 personnes sont descendues dans la rue.
Beaucoup d’hésitants y compris des membres influents de partis gouvernementaux étaient là, à défiler avec les jeunes !!

- Les manifestations se sont déroulées généralement de manière pacifique même si le pouvoir n’a pas manqué de gâcher la fête : quelques fins de manifestation (notamment à AL Hoceima, Sefrou, Larache) se sont terminées par l’usage de la violence, des violences d’origine douteuse qui se sont soldées par la mort de cinq jeunes incendiés dans une banque d’Al Hoceima et par le tabassage à mort du jeune Kamal Chaib à Sefrou.

Deux réunions successives du Réseau Démocratique Marocain de Solidarité avec les peuples, le 20 et 23 février au siège de l’AMDH, ont permis de constituer le Conseil National d’Appui au Mouvement du 20 février (CNAM20) regroupant des dizaines d’organisations politiques, syndicales, des droits humains, des femmes, des jeunes, culturelles et associatives diverses ainsi d’ailleurs que des personnalités ; le CNAM20 a appelé immédiatement à la constitution dans toutes les villes des CLAM20 : Conseils locaux d’appui au mouvement du 20 février.

Ainsi donc le M20F avait dès sa naissance deux ailes pour voler vers la démocratie :

- Le mouvement des jeunes du 20 février qui existe dans la plupart des localités ; c’est un mouvement constitué essentiellement de jeunes, mais souvent ouvert aux militants non jeunes dans plusieurs villes.

- Les Conseils National et locaux d’appui aux mouvements des jeunes du 20 février, mais ayant également pour objectif déclaré de participer aux manifestations décidées par le mouvement des jeunes du 20 février.

Depuis le début, un débat a été et reste ouvert pour trouver la voie vers la coopération organisée puis la fusion des deux ailes dans le cadre du M20F.

- Le 5 mars s’est tenue la 2ème AG du CNAM20 avec la participation de 99 organisations à caractère national. Une grande décision était prise : la 2ème journée nationale militante du M20F aura lieu le 20 Mars.

Le Pouvoir ne pouvait rester inactif devant le succès inattendu pour lui des marches du 20 février, de leur impact médiatique et populaire, devant l’organisation réussie du CNAM20 et surtout devant la détermination du M20F à continuer le combat et redescendre le 20 mars dans la rue ; il fallait faire quelque chose, et ce furent la 1ère réunion, très médiatisée du CES (Conseil Economique et Social), l’embauche de quelques milliers de diplômés enchômagés, la création du Conseil National des Droits de l’Homme (en remplacement du CCDH) la création du médiateur en remplacement de Diwane Al Madalim ; mais ce fut surtout le discours royal du 09 mars annonçant l’amendement de la constitution avec l’annonce des 5 constantes intangibles (que sont la monarchie, la commanderie des croyants, le caractère islamique de l’Etat, l’unité nationale et l’intégrité territoriale et le choix démocratique) et des sept fondements à respecter par le comité de rédaction des amendements présidé par Manouni et constitué de 18 autres personnes toutes désignées, sans consultations préalables, par le Roi.

L’offre royale concernant la constitution était considérée comme inattendue et très avancée par ceux qui ont toujours soutenu le pouvoir, d’où leur enthousiasme affiché, et comme insuffisante, décevante tant sur la forme, que sur le contenu par le M20F qui n’a pas manqué de le faire savoir.

Le 13 mars, et avant même la journée nationale militante programmée pour le 20 mars, des marches ont été organisées dans quelques villes, notamment à Casablanca. Et ce fut la répression farouche et surtout gratuite, qui d’ailleurs a été dénoncée par la presse nationale et également par l’opinion internationale, ce qui a créé les conditions d’un recul du pouvoir et du grand succès des deux journées militantes nationales du 20 mars (avec 100 marches nationales) et du 24 avril (avec 110 marches au niveau national et également des marocains à l’étranger) auxquelles ont participé plus d’un demi-million de manifestantEs chacune.
La lutte sur le terrain est devenue quasiment irréversible. Et ce furent après le 20 février, le 20 mars, et le 24 avril :

- Les grandes manifestations à l’occasion du 1er mai et auxquelles ont participé les militantEs du M20F.

- Les manifestations du 08 mai qui ont eu pour thème la dénonciation de l’acte terroriste du 28 avril à Marrakech au Café Argana, tout en continuant à dénoncer le despotisme et la prévarication (« Al Fassad »).

- Les manifestations quasi hebdomadaires avant le référendum du 1er juillet et après le référendum, et qui continuent jusqu’à maintenant, et qui vont continuer encore malgré les vacances d’été et malgré le Ramadan.

- Parmi les marches à caractère national, six journées militantes nationales ont été organisées par le CNAM20 en se basant sur les décisions des coordinations locales du mouvement des jeunes du 20 février.

Ce furent, outre les 3 journées militantes nationales citées ci-dessus, les journées du 22 mai, du 26 juin et du 17 juillet ; une autre journée nationale militante a été organisée le 05 juin à l’initiative autonome du CNAM20 pour protester contre la répression des marches du 15, 22 et 29 mai.

Notons que le M20F a connu plusieurs moments difficiles et des goulots d’étranglement qui auraient pu freiner ou briser sa marche, mais qu’il a dépassés avec succès. On pourra notamment évoquer :

- La répression directe (le 13 mars, le 15,22 et 29 mai).

-L’instrumentalisation des « baltagias », ces forces auxiliaires non régulières commanditées par les services de police.

- L’attentat terroriste du 28 avril à Marrakech.

- Les mesures à caractère social déjà évoquées et auxquelles on pourra ajouter l’accord du 26 avril suite au dialogue social.

- les deux discours royaux du 9 mars et du 17 juin présentant le projet de constitution amendée et appelant les marocainEs à voter oui pour ce projet.

- le Référendum du 1er juillet, avec les moyens de tout bord et souvent illicites utilisés pour arriver au résultat déclaré de 73.5% de participants et 98.5% de Oui pour le Référendum ; ce résultat analysée objectivement montre en fait que près de 60% de citoyenNEs marocains en âge de voter au Maroc et à l’étranger n’ont pas participé au vote.

En fait le M20F continue, et tous les goulots d’étranglement ont été dépassés, y compris celui du Référendum. Puisque d’une part deux jours après, le dimanche 3 juillet les marches ont continué de plus bel en avançant toujours – à côté de revendications politiques et sociales générales, de la libération des prisonniers politiques, de la vérité et de la justice pour ce qui concerne les martyrs du M20F, des libertés publiques, de la lutte contre l’impunité – celle d’une constitution démocratique de par la méthodologie de son élaboration, son contenu et son adoption ; tout s’est passé pour le M20F comme si les mesures du pouvoir dans le domaine constitutionnel étaient un simple coup d’épée dans l’eau.

IV) Comment caractériser brièvement le M20F ?

C’est d’abord un mouvement démocratique populaire, en ce sens qu’il vise la chute de la domination séculaire du makhzen et l’édification d’un régime démocratique, avec les fondements de l’état de droit, d’une société de dignité et de citoyenneté respectueuse des droits humains pour touTEs.
C’est un mouvement complexe qui a deux composantes, ou comme dit plus haut deux ailes :
- Le mouvement des jeunes du 20 février ; ce sont eux qui ont pris l’initiative d’abord sur le réseau internet puis sur le terrain à partir du 20 février.

- Le mouvement d’appui au mouvement des jeunes du 20 février le CNAM20 (Conseil National) et les CLAM20 (Conseils locaux).

Le CLAM20 a été constitué formellement le 23 février lors d’une 1ère AG ; il a tenu deux autres AG le 05 mars et le 11 juin ; lors de cette dernière AG le CNAM20 a adopté deux documents importants : d’une part une déclaration finale où figuraient notamment les revendications du Conseil national et d’autre part une plateforme appelée « fondements de l’action du CNAM20) ; ces deux documents ont permis de voir plus clair dans l’action du CNAM20.

Rappelons par ailleurs qu’une réunion importante a eu lieu le 17 avril à Rabat entre le comité de suivi du CNAM20 et les représentants des CLAM20 et qui ont permis d’améliorer la communication entre le centre et les régions.

Notons également que dans l’avenir et à partir de la 4ème AG du CNAM20 y seront représentés outres les représentants des organisations nationales membres du CNAM20, ceux des divers CLAM20.

V) Quelles perspectives pour le M20F

Notons tout d’abord qu’il est heureux que le M20F se soit débarrassé d’une certaine tendance au mimétisme des expériences tunisiennes et égyptiennes ; l’expérience de Maydane Attahrir subjuguait nos jeunes qui voulaient la reproduire dès le 1er jour ; ils n’ont pas cessé au départ de vouloir organiser une grande manifestation nationale qui devait se terminer par un grand sit-in continu jusqu’à la satisfaction des revendications du M20F.

Or si nous avons en commun avec toutes les expériences arabes l’objectif de nous débarrasser du despotisme et du « Fassad » (prévarication), chaque pays a sa spécifité quand il s’agit des modes de lutte. Je pense que pour le Maroc nous nous acheminons vers un combat qui – après avoir duré près de 6 mois –pourrait durer encore plusieurs mois avant de donner des résultats qualitatifs.

Il est donc clair qu’on ne peut reproduire l’expérience tunisienne ou égyptienne au Maroc, non seulement parce que chaque pays à son histoire et ses spécifités de lutte, mais également parce que, après l’Egypte il y a eu les expériences sanglantes de Libye, du Yemen, du Bahreïn et de Syrie, et il y a eu les actions impérialistes visant à briser l’élan populaire pour contrôler la marche des mouvements pour le changement et sauvegarder leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région. Surpris au départ, les dirigeants des pays occidentaux, ont appris à prévoir et à prévenir pour sauvegarder leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région : Israël et les régimes réactionnaires arabes ; ce qui peut passer par la promotion de changements superficiels sans répercussions négatives sur les intérêts vitaux de l’occident et ses alliés de la région, Israël en tête.

Le mouvement du 20 février est devenu en quelques mois une grande force politique et un véritable levier pour le changement démocratique ; c’est déjà le plus grand mouvement politique qu’à connu notre pays depuis le combat contre le protectorat et pour l’indépendance tant par le nombre de ses partisans, des villes participantes, que par sa durée. C’est aussi un mouvement qui a permis de briser le tabou de la peur et de se réapproprier la rue comme cadre principal du combat politique et social ; de nombreux acquis ont déjà été arrachés par ce jeune mouvement ; mais l’essentiel reste à faire.
L’atteinte des objectifs du M20F est tributaire du respect et du développement de ses fondements et des conditions de succès en tant que mouvement démocratique, de masse et populaire, indépendant, combatif et pacifique, pluriel et unifié :

- Le Caractère démocratique du M20F est reflété par deux aspects :

Premièrement, dans le fonctionnement interne du mouvement où tout le monde doit veiller à l’égale participation de tous, sans hégémonie, ni exclusion. Les décisions doivent continuer à être prises par consensus en respectant la tendance générale ; et si parfois on est obligé de recourir au vote il faut qu’il soit nettement majoritaire ; c’est en tout cas ce qui est décidé par le CNAM20 où le résultat du vote n’est acceptable que s’il y a une majorité dépassant les 80%

Deuxièmement, le caractère démocratique du mouvement signifie que le mouvement a pour objectif d’en finir avec le Makhzen comme régime anti-démocratique et de le remplacer par un régime démocratique qui doit se baser sur une constitution démocratique, revendication de base du M20F et qui reste d’actualité malgré le Référendum du 1er Juillet.

- Le caractère de masse et populaire du M20F devra être renforcé et développé pour aboutir à des résultats qualitatifs, jusqu’à présent, le mouvement a pu être présent dans sa sortie de fin de semaine dans 40 à 110 villes, en mobilisant quelques centaines de milliers de citoyenNEs ; je pense que le M20F devra arriver à mobiliser quelques millions de citoyenNes avec quelques 200 manifestations pour arriver au seuil critique permettant d’arracher les revendications du mouvement.

Pour cela, il va falloir mobiliser plus et mieux les habitants des quartiers populaires, les salariés, qu’ils soient syndiqués (comment impliquer de manière active les centrales syndicales notamment l’UMT et la CDT ?) ou pas, la paysannerie laborieuse, le mouvement estudiantin (n’est-il pas temps que l’UNEM puisse rejouer son rôle actif dans le mouvement populaire ?) les lycéens, les femmes, les enchômagés – toutes catégories comprises – les intellectuels démocrates, le mouvement des droits humains.

- L’indépendance du M20F devra être préservée et consolidée tant vis-à-vis du Makhzen que des composantes du mouvement ; l’indépendance ne veut pas dire neutralité politique ; elle signifie simplement que les décisions, les programmes, les moyens de lutte sont adoptés démocratiquement en prenant en considération la volonté collective de ses membres et non les dictats d’une partie de ses composantes ;

L’indépendance est une question sensible, parce que les ennemis du M20F mettent souvent en exergue tel ou tel aspect de notre action, de nos slogans, de nos comportements pour dénigrer notre mouvement ; nous devons être vigilants sur cette question.

- Le Caractère combatif et pacifique du M20F ; il est évident qu’on ne pourra pas vaincre le Makhzen – avec ses énormes moyens politiques, économiques, et culturels, avec le soutien apporté par l’impérialisme et avec son expérience séculaire dans l’oppression et la répression de tout mouvement populaire aspirant à la démocratie – sans mener un combat acharné multiforme et une combativité croissante.

Toutefois le M20F a opté pour le caractère pacifique de son combat (« Haraka silmya, la hajra, la janwiya » = « mouvement pacifique, ni pierre, ni couteau ») ; d’abord pour éviter toute effusion de sang et d’autre part pour ne donner aucun alibi aux tenants de la manière forte au sein du pouvoir qui veulent en découdre avec le M20F qui menace leurs énormes intérêts acquis à l’ombre du despotisme et du «Fassad ».

- Le caractère pluriel et unitaire du M20F ; notre mouvement est pluriel : il regroupe en pratique des organisations et groupes politiques de la gauche radicale (Voie Démocratique, PADS, PSU, CNI, groupes trotskystes ou marxistes léninistes, étudiants basistes radicaux de tendances diverses, islamistes de Al Adl Wal Ihsane, du parti de la Nation, d’Al Badil Alhadari, des tendances à l’intérieur du PPS et de l’USFP,…) des organisations syndicales ; la grande majorité des organisations des droits humains, des organisations de jeunes, de femmes, des associations diverses et des personnalités démocratiques. Ce caractère pluriel est une richesse pour le M20F car il permet de drainer un large soutien populaire au combat anti-makhzen et pour la démocratie.

Nous avons pu jusqu’à présent sauvegarder l’unité sur le terrain et dans la pratique du M20F. or le pouvoir makhzénien qui n’a lésiné sur aucun moyen pour abattre notre mouvement (par la désinformation médiatique, le dénigrement, la répression directe par les forces de sécurité et indirecte par les baltagis, la récupération des opportunistes, les manœuvres politiques, les concessions à caractère social) axe actuellement ses efforts contre l’unité de notre mouvement ; il cherche directement ou par média ou groupes interposés à diviser notre mouvement et nous affaiblir pour nous écraser par la suite. Oui bien sûr il y a de grandes divergences, idéologiques et politiques entre composantes de notre mouvement ; mais nous sommes tous d’accord sur la plateforme du 14 février et nous pouvons l’améliorer collectivement pour y intégrer d’un commun accord d’autres composantes comme l’égalité homme femme (c’est déjà un acquis pour le CNAM20), la revendication de la liberté de croyance, la liaison entre combat pour la démocratie et lutte contre la domination impérialiste.

Nous avons l’obligation par notre sagesse et notre perspicacité de sauvegarder l’unité de notre mouvement contre les diviseurs de tout bord, même s’ils sont bien intentionnés ; nous n’avons pas peur de nos divergences ; nous pouvons en discuter en long et en large mais toujours dans la perspective de renforcer notre unité et en écartant toute velléité de division ; car si l’union fait notre force, notre division fait la force de nos ennemis. Alors attention à tout ce qui peut nous diviser, restons ultra vigilants sur cette question.

Notons que la division ne vient pas seulement des divergences politiques et idéologiques entre composantes du M20F (revendication de la monarchie parlementaire ou autre, participation ou pas aux élections législatives, manifester dans les quartiers populaires ou pas, slogans à choisir, etc…). Mais peut provenir également de la faiblesse ou de l’absence d’organisation ; nous devons dans l’avenir nous préoccuper beaucoup plus de cette question pour aboutir au renforcement du mouvement dont le caractère national doit être renforcé par une meilleure coordination inter-régionale.

VI) Pour terminer, Permettez-moi chers amiEs de revenir sur votre rôle, en tant que citoyenNEs marocains militants à l’étranger, tant à l’égard de la communauté marocaine migrante qui doit être soustraite à l’influence du makhzen et acquise à la perspective du combat pour la démocratie au Maroc, qu’à l’égard de l’opinion démocratique en Europe que vous aurez par votre travail de proximité à conquérir pour la cause du peuple marocain et mobiliser dans le combat contre ceux des dirigeants européens qui ont choisi, contre toute logique démocratique, de défendre le despotisme au Maroc.

Merci pour votre attention

*Abdelhamid AMINE est Vice-Président de l’AMDH et Coordinateur adjoint du CNAM20
http://fr.lakome.com/opinion/62-chroniques-dopinion/795-le-mouvement-du-20-fevrier-realites-et-perspectives.html

Ecrire au roi du Maroc pour demander le respect des droits de l'Homme au Sahara Occidental

Appel du mois : agir avec l’ACAT France

Sahara Occidental : une zone de non-droit
septembre 2011
Dans un discours prononcé le 6 novembre 2009, pour célébrer l’annexion du Sahara occidental par le Maroc en 1975, le roi Mohammed VI avait promis que ceux qui porteraient atteinte à l’intégrité territoriale du maroc ne seraient pas tolérés.Promesse tenue
Les négociations entre le front Polisario et les autorités marocaines sur la définition du statut du Sahara occidental sont dans l’impasse. Le référendum d’autodétermination du territoire, programmé depuis vingt ans, n’a toujours pas été organisé. en attendant, le Maroc poursuit sa politique répressive à l’encontre des militants sahraouis.

Les Sahraouis contraints au silence
Les libertés d’association, d’expression et de rassemblement pacifique sont constamment mises à mal au sahara occidental. Jusqu’à présent, aucune des associations sahraouies de défense des droits de l’homme n’a pu être officiellement reconnue. Les militants sahraouis sont harcelés par la police, aussi bien pendant leurs déplacements qu’à leur domicile. plusieurs d’entre eux se sont fait confisquer
leur passeport et interdire de quitter le Maroc.

Régulièrement, des manifestants et des militants sont tabassés par les forces de sécurité, parfois avec la complicité de Marocains résidant au Sahara occidental, au cours de rassemblements pacifiques considérés comme illégaux.
Certains sont même arrêtés, maltraités, voire torturés. ils sont poursuivis pour atteinte à l’intégrité territoriale du pays ou atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’état et encourent ainsi de lourdes peines d’emprisonnement.
Les violations des droits de l’homme perpétrées par les forces marocaines se déroulent en outre en toute impunité, les agents de l’état n’étant jamais condamnés pour les atteintes commises.

Les évènements de Gdeim Izik
Pour protester contre les discriminations économiques et sociales dont ils s’estiment victimes, des milliers de Sahraouis ont lancé, en octobre 2010, une mobilisation de grande ampleur consistant à quitter leur résidence pour s’installer dans un campement temporaire à gdeim izik, près de la ville d’El-Ayoun, au Sahara occidental.
Le 8 novembre 2010, les militaires marocains ont évacué le camp sans recourir aux armes à feu, mais en faisant preuve d’une grande violence. Plusieurs des manifestants sahraouis ont réagi très  violemment et ont affronté les forces marocaines, tuant neuf soldats. en rétorsion, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des civils à El-Ayoun, saccagé des maisons et passé à tabac leurs habitants. Ils ont arrêté des centaines de militants sahraouis. Beaucoup d’entre eux déclarent avoir été torturés. Des dizaines sont toujours détenus à la prison d’El-Ayoun, poursuivis pour destruction de biens publics, violence contre les forces de l’ordre ou encore pour participation à une organisation
criminelle, en raison de leur soutien à la mobilisation.

Torture et détention de militants sahraouis
Parmi les personnes arrêtées dans le cadre du démantèlement du camp de Gdeim Izik, 22 militants ont été transférés à la prison de Salé, près de Rabat. Ils sont aujourd’hui poursuivis devant le tribunal militaire notamment pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’état, formation d’une bande
criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction, crimes passibles de la réclusion à perpétuité. D’après les témoignages des détenus recueillis par leurs avocats, au moins treize d’entre eux ont été torturés à la Brigade de la gendarmerie d’El-Ayoun, avant leur transfert.
La plupart ont été maintenus pendant plusieurs jours menottés, les yeux bandés, privés de sommeil et de nourriture. certains ont notamment été maintenus dans la position du poulet rôti (suspendus à une barre de fer) et d’autres ont été brûlés avec des cigarettes ou électrocutés. Tous ont été insultés et humiliés.Six détenus ont été violés avec une matraque et se sont fait uriner dessus.

Passez à l’action : vous voulez agir ?
• Ecrivez à sa Majesté le roi Mohammed VI avant le 7 octobre 2011.

mode d’emploi
• découper ou recopier la lettre d’intervention ci-dessous
• préciser vos nom et adresse
• signer la lettre
• l’affranchir à 0,89 euro et l’envoyer à l’adresse mentionnée sur la lettre
NB : La lettre d’intervention est aussi disponible et téléchargeable au format A4 sur notre site Internet : www.acatfrance.fr – Rubrique « Agir avec l’ACAT »


Sa majesté le roi Mohammed VI
Palais royal
Rabat
Maroc
à...le...

Majesté,
Sur la base d’informations communiquées par l’ACAT-France, je vous exprime ma plus
grande inquiétude concernant la situation des militants sahraouis pour l’autodétermination du Sahara occidental et pour les droits de l’homme qui font l’objet d’une politique de répression systématique de la part des services de sécurité marocains.
Parmi les derniers exemples en date, en novembre et décembre derniers, les forces de
sécurité ont ouvert le feu sur des civils à El-Ayoun, saccagé des maisons, passé à tabac
leurs habitants et arrêté des centaines de Sahraouis. Beaucoup d’entre eux déclarent
avoir été torturés, et ce, en toute impunité. Des dizaines de Sahraouis sont toujours
détenus à la prison d’El-Ayoun, tandis que 22 autres, détenus à la prison de salé, sont
poursuivis devant le tribunal militaire de Rabat, malgré leur qualité de civils.
Il semble que tous soient poursuivis en raison de leur participation ou de leur soutien
apporté à la mise en place des camps de protestation, en octobre 2010.
Conformément à la convention contre la torture et au pacte relatif aux droits civils et
politiques ratifiés par le Maroc, je vous demande de :
• ordonner la libération immédiate de tous les militants sahraouis détenus, si leur
arrestation n’est motivée que par l’expression de leur engagement politique ;
• diligenter une enquête sur les allégations de torture et de mauvais traitements ;
• garantir le respect des libertés d’association, d’expression et de manifestation pacifique des Sahraouis.
Je vous prie d’agréer, Majesté, l’expression de ma plus haute considération.


ACAT, 7, rue Georges-Lardennois 75019 Paris
Tél. 33 (0)1 40 40 42 43 • Fax 33 (0)1 40 40 42 44 • Mail acat@acatfrance.fr • Site web www.acatfrance.fr
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