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samedi 7 juin 2014

Dernières nouvelles des trois Maghrébins en vacances au Maroc arrêtés, torturés et condamnés


Par Solidarité Maroc 05

Abdel-Aziz Redaouia, 33 ans, est le frère de Souad qui a lancé l’ appel à l'aide,  diffusé également sur le blog de Luk Vervaet, du Comité des familles des prisonniers européens au Maroc . Il est franco-algérien, son ami Yassine est franco tunisien et Tayeb est franco-marocain. Rappelons que ces trois amis étaient venus au Maroc pour passer des vacances ! Pour leur souhaiter la bienvenue, des membres la DST de Casablanca sont venus en vieux 4x4 les arrêter dans ce fameux billard où ils se trouvaient. Ils leur ont bandé les yeux et n’ont déclaré leur garde à vue que deux jours plus tard ... au cas où les tortures leur auraient été fatales ?

Après avoir été torturés pendant 5 jours à Casablanca, pour avouer d’abord qu’ils détenaient des armes (ils ne semblent pas avoir été fouillés), puis accusés d’être des trafiquants de drogue,  ils ont été ramenés à la prison de Tanger,  et condamnés à 2 ans de prison. Ils doivent être jugés en appel lundi 9 juin. Mais on leur a déjà fait comprendre que le procès sera remis au 16 juin…selon le rituel de reports de procès.
L'autre sœur d'Abdel-Aziz a pu se rendre à Tanger pour le rencontrer et lui apporter ses médicaments pour l'asthme.


samedi 10 mai 2014

Milouda,un cauchemar en forme de SMS...





Pour ceux et celles qui viennent juste de prendre connaissance de l'affaire de Rita, voici la lettre de Mr Aboubakr Jamai par laquelle, il nous a alerté de son cas :
Je partage avec vous une lettre, un cri. Celui que mon frère et ma belle soeur lancent vers un être qui leur est cher, qui nous est cher. Rita. Rita a élevé leurs enfants, mes neveux, pendant 4 années. Puis elle est partie chercher pitance ailleurs. Mardi dernier, le sordide l'a rattrapée. Nous a rattrapés. Je vous en conjure. Lisez.

Par Mohammed & Imane JAMAI

Chère Milouda,

Ce soir, je ne vais pas m’adresser à toi par le surnom par lequel ton père a choisi de t’appeler depuis ta naissance, Rita, mais par ton nom de l’État civil Milouda. Je m’adresserai ainsi à la petite fille qui a grandi dans la campagne de Fès, pauvre mais libre et digne.
Le vendredi 25 avril, tu es revenue à la maison pour garder nos enfants l’espace d’une nuit. Radieuse et heureuse, tu nous as parlé de tes projets de mariage. Nos enfants étaient alors surexcités à l’idée de retrouver leur « copine ».
Et puis le cauchemar. Un cauchemar en forme de SMS reçu le mardi 29 avril à 1h du matin: «crois moi, je n’ai rien fait, stp je n’ai que toi nhat 3lih Rassi sinon mostakbali kolo mcha. Ana flabriguade dial Dar Bouazza. 3takni Afak ». Un quart d’heure plus tard, in situ, on te découvre effrayée, incapable d’articuler, dans un état de terreur absolue. On nous explique que ta maîtresse de maison a porté plainte contre toi pour vol. On omet de nous décrire le traitement qui t’a été réservé dans la soirée à ton arrivée au poste de gendarmerie. Nous pensions alors que ta forte personnalité avait alimenté une banale guéguerre entre une employée et la maitresse de maison.
Nous t’avions toujours reproché ton pessimisme, ta certitude qu’au Maroc rien n’était possible. Nous t’avions poussé à acquérir un appartement, à organiser ta vie, à commencer à la construire et nous étions tellement fiers d’observer, à ton départ, la transformation de la petite Milouda timide en une femme sure d’elle, déterminée à réussir.
As-tu pensé à nos remontrances lorsque les coups d’un gendarme psychopathe s’abattait sur toi ? Tu nous raconteras plus tard que ce gendarme, ami de ton employeuse, t’a conduite à la brigade de gendarmerie et t’a sauvagement battue. A la cruauté physique, il ajoutait le vice des mots. Après les gifles qui te faisaient perdre connaissance, il te répétait « Je vais te défoncer avant de t’envoyer à ton futur mari ».
Faire mal physiquement ne lui suffisait pas, il lui fallait casser tes rêves, te broyer, restaurer à coup de baffes l'idée qu’au Maroc une nounou est d’abord une esclave, un être de classe inférieure dont on pouvait disposer à sa guise. Le lâche. Sache, Milouda, que s’il n’a pas réussi à te souiller, il a réussi à souiller ceux qui font honneur à leur uniforme. Tu nous expliques aussi qu’il l’a fait à l’abri des caméras, mais sache qu’il ne l’a pas fait à l’abri de Dieu.
Nous n’avons ni la puissance financière de ta maitresse la notaire, ni l’autorité du tortionnaire qui t’a passée à tabac, mais il nous reste notre voix pour porter tes souffrances devant l’opinion publique. Nous continuons de penser qu’il y a dans ce pays des responsables publics qui en prenant connaissance de ton calvaire, auront ce réflexe qui caractérise les femmes et les hommes d’honneur et de cœur. Ce réflexe d’imaginer l’espace d’une seconde que c’est leur fille ou leur sœur qui a subi cette nuit en enfer.
Milouda, ta douleur est nôtre parce que tu nous es précieuse. Parce que pour nous et nos enfants, tu n’es pas une nounou ou une servante, et certainement pas un être inférieur. Tu es des nôtres. Ce que tu as fait pour nos enfants, nous ne l’oublierons jamais. La joie que tu as apportée à notre maison, nous ne l’oublierons jamais.
Ce soir, tu te bats pour préserver ta dignité, tes tortionnaires ont déjà perdu la leur. Après le passage à tabac, tu nous as révélé que tu avais repoussé une tentative de viol. L’horreur. Ils ont voulu te salir jusqu’au bout. Pourtant, les coups et les insultes n’y ont rien fait. Tu as eu le courage de refuser de signer un procès verbal où ils te faisaient avouer un crime que tu n’avais pas commis. Nous t’avions toujours reproché d’être têtue. Ce soir nous sommes fiers de ton entêtement.
 Laisse-nous t’expliquer pourquoi ils t’ont fait vivre ce calvaire. Parce qu’ils ont l’argent et le pouvoir dans un pays où l’impunité n’est pas encore éradiquée. Parce que tu es orpheline de père et sans fortune. Parce qu’ils considèrent que tu es « mal née », et que pour une « mal née », l’ambition est assimilée à l’arrogance et, lâcheté suprême, parce que tu es inaudible. Enfin, parce qu’ils ne craignent pas une justice dont ils pensent ne fera pas grand cas d’une « mal née ». Aujourd’hui, tu es en détention provisoire, nous avons mandaté un avocat pour ta défense, présenté une lettre de bonne conduite détaillant les quatre merveilleuses années passées avec notre famille, nous avions proposé de payer une caution pour ta liberté provisoire pour te permettre de préparer sereinement ton procès. La justice a décidé que tu devais rester incarcérée.
Aujourd’hui était pour nous une journée tout aussi difficile : à nos enfants, tes « copains », qui ne comprenaient pas pourquoi on te préparait les affaires pour ta première nuit de prison, nous n’avions pas pu leur expliquer ce qu’était « l’injustice ».
Sois forte.
Mohammed & Imane JAMAI
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Voici la page créée pour soutenir Milouda. Dorénavant, les informations concernant son cas seront publiées sur cette page. 
 Il est très IMPORTANT qu'elle recueille le plus de "j'aime" possible. Par vos commentaires et en partageant en très grand nombre les posts concernant Milouda, vous avez donné à cette affaire la dimension qu'elle mérite et qu'elle n'aurait pas eu sans vous. 
Milouda est toujours en prison et a toujours besoin de votre appui. Vous pouvez continuer à exprimer votre soutien en visitant la page "Tous avec "Milouda"". Encore mille merci

samedi 5 octobre 2013

MEDIAPART : Au Maroc, manifestations contre l'incarcération d'un journaliste

 Par Ilhem Rachidi, Mediapart, 28/9/2013

Pour avoir fait un lien renvoyant à une vidéo d’Al Qaïda menaçant le Maroc, le journaliste Ali Anouzla, du site indépendant Lakome, est incarcéré pour « incitation au terrorisme ». Il risque jusqu'à 20 ans de prison.

 Rabat, Maroc, correspondance
« Anouzla est journaliste, pas terroriste ! », « Pourquoi ils t’ont arrêté, Ali ? Parce que tu dis la vérité ! », « Tous solidaires avec Ali Anouzla ! » Ils étaient plusieurs centaines à être venus ce jeudi devant le parlement marocain dénoncer l’inculpation du journaliste Ali Anouzla pour « incitation au terrorisme ». Connu pour ses éditoriaux critiques envers le pouvoir, le directeur de la version arabophone du journal électronique indépendant Lakome est poursuivi pour avoir publié un lien renvoyant à une vidéo d’Al Qaïda menaçant le Maroc.

Manifestation en faveur de journaliste Anouzla à Rabat
Manifestation en faveur de journaliste Anouzla à Rabat © IR
Avocats, journalistes, acteurs associatifs, artistes et quelques personnalités politiques se sont réunis à Rabat pour appeler à sa libération et à l’abandon des charges qui pèsent contre lui. À Tanger aussi, une manifestation a rassemblé quelques dizaines de personnes. Pour la militante du Mouvement du 20 Février et de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) Kamilia Raouyane, « le pouvoir essaie de se venger de lui en lui collant une affaire de terrorisme ».

Mardi soir, après une garde à vue d’une semaine, Anouzla était présenté devant un juge d’instruction et poursuivi pour apologie du terrorisme, incitation au terrorisme et assistance matérielle. Il a ensuite été transféré à la prison de Salé, où sont généralement détenus les prisonniers condamnés pour terrorisme. Il est poursuivi en vertu de la loi antiterroriste de 2003 et, d'après son avocat, risque jusqu’à 20 ans de prison.

Dans un article évoquant une menace terroriste contre le Maroc, Anouzla a partagé le lien d’une vidéo d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) qui appelait au Jihad – tout en précisant qu’il s’agissait de propagande – disponible sur un blog du journal espagnol El País, et retirée depuis. La version francophone du site Lakome a publié cette vidéo, mais son directeur, Aboubakr Jamaï, n’a pour l’instant pas été inquiété. Contacté par téléphone le lendemain de l’annonce des poursuites, Aboubakr Jamaï se disait « abasourdi »  par les chefs d’accusation retenus contre son confrère.
Selon l’avocat d’Anouzla, Me Abderrahim Jamaï, le fait que son client soit accusé selon la loi antiterroriste est « scandaleux » et « aberrant ». « C’est un procès d’opinion. Quand on fait un procès à un journaliste, c'est la liberté d’expression qui est menacée, affirme-t-il. Il s’agit de quelqu’un qui n’a commis aucun acte matériel. Quand on cherche coté matériel, on trouve un site électronique, des analyses. »

Depuis l’inculpation d’Anouzla, la mobilisation s’est nettement intensifiée. Ce samedi, des sites d’information électroniques (Lakome bien sûr et aussi Yabiladi, Mamfakinch, Onorient, Telquel), ainsi que des blogueurs connus (Larbi.org, docteurho.com, mounirbensalah.org, excepmag.com, mdd.ma, sniper.ma, transportmaroc.wordpress.com, carnetdebeur.com, mcherifi.org, thesanae.com) ont lancé une opération blackout Internet. Elle a été aussi suivie sur Facebook et Twitter.
Vendredi 27 septembre, 56 journalistes marocains établis à l’étranger ont entamé une grève de la faim. Sur les réseaux sociaux, des journalistes du monde entier ont publié leur photo appelant à sa libération. De nouveaux rassemblements sont aussi prévus à l’étranger, à Montréal ce samedi, et à Lille le 1er octobre.

Un signal contre la presse libre

Le journaliste Ali Anouzla
Le journaliste Ali Anouzla
Déjà, au lendemain de l’arrestation d’Anouzla, une centaine de manifestants s’étaient réunis devant la brigade nationale de police judiciaire, où Anouzla était maintenu en garde à vue. Puis, une manifestation s'était déroulée devant le ministère de la justice à Rabat. Sur la toile, de nombreux internautes ont exprimé leur colère et leur stupéfaction. « Nous assistons à l'assassinat de la presse libre marocaine », écrivait le twitto @Vi_Ninua. D’autres ont envoyé des lettres de protestation et inondé de SMS les messageries du ministre de la justice Mustapha Ramid et du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khelfi.

La mobilisation a rapidement dépassé les frontières marocaines. « La rapidité et la détermination avec laquelle les plus grandes ONG de défense des droits de l'Homme et de liberté de la presse se sont mobilisées pour Ali est exceptionnelle. Au Maroc aussi, il y a un vrai élan en faveur d'Ali », souligne Jamaï. Amnesty International, Human Rights Watch, ainsi que le Committee to Protect Journalists et Reporters sans Frontières ont appelé les autorités marocaines à libérer Anouzla.

Au Maroc, les soutiens parmi la classe politique et les médias traditionnels ont été jusqu'ici plutôt timides. Plus inquiétant, des membres éminents de partis politiques estiment justifiée la détention d’Anouzla. Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khlefi a même publié un communiqué à l'adresse des organisations qui soutiennent Anouzla. Il n’a répondu ni aux appels ni aux messages laissés par Médiapart. Le ministre de la justice Mustapha Ramid s’est refusé à tout commentaire. « Je ne veux rien dire ni me prononcer, je ne veux pas commenter une instruction en cours », a-t-il déclaré au téléphone. Il était pourtant de ceux qui s’étaient farouchement opposés à l’adoption de la loi antiterroriste il y a 10 ans. Alors avocat, il défendait de nombreux islamistes accusés d’être impliqués dans les attentats perpétrés en mai 2003 à Casablanca.

Ce n’est pas la première fois qu’Anouzla a des démêlés avec la justice marocaine. En 2009, il était déjà poursuivi et condamné à un an avec sursis pour avoir publié de « fausses informations » sur la santé du roi Mohamed VI. Son journal, Al Jarida El Oula, disparaîtra.

En juin, il s’interrogeait sur les longues absences à l’étranger du roi. Le mois dernier, il lançait ce qui allait devenir le scandale du Danielgate – la grâce royale d’un pédophile espagnol condamné à 30 ans de détention pour le viol de 11 enfants –  et évoquait la responsabilité du conseiller et proche du roi, Fouad Ali El Himma, dans ce scandale. Son dernier éditorial était consacré à l’Arabie saoudite. Il y dénonçait les efforts du royaume pour freiner tout effort de démocratisation dans le monde arabe.

Sur la pancarte : « Vous avez libéré Daniel et vous avez emprisonné Anouzla ! »  
Sur la pancarte : « Vous avez libéré Daniel et vous avez emprisonné Anouzla ! » © IR

Pour de nombreux journalistes indépendants, le message est clair. Le pouvoir tente d’éliminer la presse électronique indépendante, à défaut de ne pouvoir la domestiquer, comme il a pu le faire avec la presse traditionnelle.

Le journaliste Rachid El Belghiti du site d’information Hespress redoute que certains de ses confrères « ne fassent marche arrière », même si lui ne changera pas « sa façon de travailler ». « Ça fait vraiment peur, c’est mauvais signe. Ça veut dire que nous sommes dans un pays qui recule », regrette-t-il. « Ali Anouzla, c’est une école, j’ai beaucoup appris avec lui. C’est aussi un ami. Je connais ses valeurs humaines. C’est inacceptable de mettre un journaliste dans une cellule et le poursuivre en se basant sur la loi antiterroriste. Ça n’arrive plus, même dans les pays de dictature militaire. »

Le journaliste Imad Stitou dénonce des accusations « fantaisistes ». « Anouzla n’a fait que son travail », dit-il. D’après lui, cette arrestation est un retour à l’ère du Maroc de Hassan II. Un recul, qui risque de changer sa façon – et celle de ses confrères, d’après lui – de pratiquer le journalisme. « On commence à penser aux lignes rouges, de plus en plus nombreuses. »

 Au Maroc, manifestations contre l'incarcération d'un journaliste

De plus en plus de « lignes rouges »

Ces dernières années, le pouvoir marocain a progressivement étouffé la presse indépendante. Les sujets à aborder avec des pincettes demeurent les mêmes : la situation au Sahara, l’Islam, la monarchie ou l’entourage royal. Plusieurs publications indépendantes ont mis la clef sous la porte après des condamnations judiciaires, mais surtout à cause des boycotts publicitaires. C’est le cas du Journal hebdomadaire et de Nichane, disparus des kiosques en 2010.
« Ali est aussi, et probablement surtout, le cofondateur d'un média réellement indépendant qui expose et qui perpétue le genre de journalisme libre d'Al Jarida Al Oula et du Journal hebdomadaire », explique Jamaï. « Il y a un effet mirage lorsque vous vous mettez devant un kiosque marocain, poursuit-il. La diversité quantitative est réelle, mais si vous vous intéressez à ce sujet essentiel : qui sont ceux qui exercent le pouvoir et comment ils l'exercent, alors le désert éditorial apparaît. L'uniformité est alors déprimante. »
Manifestation à Rabat en faveur de journaliste Anouzla  
Manifestation à Rabat en faveur de journaliste Anouzla © IR
Cette affaire ne suscite pas d’inquiétude uniquement chez les journalistes. Le rappeur Mouad Belghouate, alias L7a9d, était présent lors des manifestations. Il a passé quatre mois puis un an en détention pour une supposée bagarre et une chanson qui avait déplu à la police. Mais d’après ses soutiens, il a été incarcéré pour ses raps irrévérencieux envers le pouvoir dans lesquels il va jusqu’à critiquer le roi. « Je suis en colère. Anouzla est l’un des rares journalistes qui ne tient pas compte des lignes rouges. Le peu de liberté d’expression que nous avons, ils veulent nous la réduire. »

jeudi 12 juillet 2012

Procès pour Lhaqed, verdict pour Youness, incarcération pour Mamoun Karbi


Maroc : Le rappeur Mouad Belghouat en grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention

Par AFP  11/07/2012
Condamné à un an de prison, le rappeur marocain Mouad Belghouat a entamé, lundi 9 juillet, une grève de la faim de 48 heures afin de protester contre ses conditions de détention à Casablanca.
Une décision faisant suite à un nouveau report de l’examen de son appel par les autorités. Le rappeur marocain Mouad Belghouat alias Lhaqued (« l’enragé » en arabe), a décidé, lundi 9 juillet, d’entamer une grève de la faim de 48 heures pour protester contre ces conditions de détention à la prison de Oukacha, à Casablanca.
« Cette grève de la faim est une protestation contre les conditions de détention de Mouad (…), qui sont pour le moins scandaleuses » a affirmé Maria Karim, une amie du chanteur. L’artiste a pris cette décision après que l’examen de son appel a, pour la troisième fois consécutive, été reporté, lundi 9 juillet.
Une nouvelle date a été fixée au 23 juillet. Le jeune rappeur de 24 ans avait été arrêté le 28 mars puis condamné le 11 mai à un an de prison ferme et à 1 000 dirhams d’amende pour « outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué ».
La Direction générale de la sureté nationale (DGSN) avait porté plainte contre lui à cause d’une vidéo illustrant la chanson « Klab addawla » (« les chiens de l’État »), dans laquelle il dénonçait avec virulence la corruption au sein de la police marocaine.

Nombreux soutiens
Lors de son procès, le jeune rappeur avait cependant démenti avoir diffusé ladite vidéo. Lhaqued a reçu le soutien de nombreuses organisations des droits de l’homme dont Human Rights Watch (HRW) qui a appelé les autorités marocaines à « annuler les accusations » et a réclamé la libération du rappeur.
De nombreuses autres voix se sont élevées et, pour certains observateurs, le sort de Mouad Belghouat s’explique aussi par le fait qu’il s’est attaqué dans certains de ses titres à la royauté elle-même.
Mouad Belghouati avait déjà été arrêté puis condamné le 12 janvier dernier à 4 mois de prison ferme à la suite d’une plainte d’un jeune royaliste qui l’accusait de coups et blessures. Il n’était cependant pas retourné en prison car il avait déjà effectué sa peine du fait de sa détention préventive.
Ce premier procès avait indigné l’opinion publique du fait des nombreuses incohérences qui émaillaient le dossier. Lhaqed était devenu une icône de la jeunesse protestataire et un symbole de la liberté d’expression dans son pays.
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Lhaqed entame une grève de la faim

Suite à des reports répétées de son procès, le rappeur Mouad Belghouate, alias Lhaqed, a décidé d’entamer une grève de la faim de 48 heures.
Lhaqed
Lhaqed est accusé d’avoir porté atteinte à l’image d’un corps de la DGSN.
Il devait normalement être écouté hier par les juges du tribunal d’Aïn Sebaâ, mais le procès de Mouad Belghouate, Alias Lhaqed, a été encore une fois reporté. C’est ce que nous rapporte une source proche de la famille du jeune rappeur, arrêté une seconde fois le 29 mars. Il est accusé d’avoir porté atteinte à l’image d’un corps de la DGSN. « Mouad a décidé d’entamer une grève de la faim de deux jours car son procès a été reporté plusieurs fois, sans que nous sachions la cause », nous annonce Youssef, frère de Mouad. Ce dernier nous apprend que son procès sera reporté pour le 23 juillet.
Plus d’intimidations
Dès son retour à Oukacha début avril, les responsables de la prison ont bien fait comprendre à Belghouate qu’il allait regretter sa récidive. Le rappeur qui « a été interdit pour un bon moment d’utiliser le téléphone pour appeler sa famille et ses proches a pu se procurer un téléphone pour nous appeler… », nous apprend une source de sa famille. Pour être corrigé, le rappeur aurait était transféré notamment pour quelques jours dans une cellule « où sont emprisonnés de grands criminels, avant de le remettre rapidement avec ses compagnons. Car même les grands criminels se sont mis à chanter sa musique et ont soutenu le rappeur», nous apprend une autre source proche du dossier. L’intimidation avait atteint son apogée lors des visites :« Ils nous avaient empêchés d’avoir un contact direct avec lui et donc on ne pouvait le voir qu’à travers un grillage », conclut Youssef.
La version d’Oukacha
Contacté par Le soir échos, un responsable à Oukacha a tenu à préciser et démentir certains faits. « Nous n’avons jamais interdit à quiconque d’utiliser le téléphone public de la prison. C’est fait pour ça d’ailleurs ! », explique-t-il. Pour ce qui est du transfert de Belghouate dans une cellule de criminels, le responsable nie : « Et qui donc trouve-t-on dans les prisons à part des criminels ? Mouad est dans une cellule assez grande et il est bien accompagné, rassurez-vous ! ». Enfin, pour ce qui est de l’empêchement de sa famille d’entrer en contact direct avec lui, le responsable affirme en concluant : « En effet, nous avons trouvé chez Mouad un téléphone portable, chose qui est interdite dans la prison. Nous avons dû le corriger ».
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Par Lucile Dau, 12/7/2012 

 Ce matin s'est tenu l'audience en appel du procès de Youness Belkhadim, le poète du peuple comme on le surnomme. 

 La défense et les avocats de la police ont fait leurs plaidoiries. Le verdict sera donné le 17 juillet, à la cour d'appel boulevard des FAR, Casablanca. L'avocat de Youness a marqué une grande distance avec les engagements politiques de son client, traduisant ainsi la fracture entre le mouvement et la famille de Younès. Ce dernier a précisé en conclusion qu'il est bien un militant que si son engagement était un crime, il est prêt à payer pour cela. Ce qui a suscité la colère de sa famille qui voulait minimiser les dégâts. 

Je rappelle que Youness a été condamné à 2 ans de prison ferme et 5000 DH d'amende. Les avocats de la police ont fait une plaidoirie digne des années de plomb. Un des avocats est un vrai salaud. Il a demandé que tout le M20 soit incarcéré. Liant cette affaire à celle de Mouad L7a9ed qu'il accuse d'avoir insulté toute la DGSN. Bref, des propos ridicules... 
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 Autre mauvaise nouvelle: Mamoune Karbi, militant du M20F Casa, a été incarcéré suite à une altercation avec le fameux avocat qui a eu un échange avec Maria Karim.

  Il est actuellement au 5ème arrondissement de police. Demain, il comparaitra devant le procureur à Ain Sbaâ. Dommage que des militants cèdent à la provocation de cet énergumène. C'est même ridicule de se faire arrêter de la sorte et surtout vu la situation du M20F-Casa.
A noter qu'on était 7 militant-e-s à avoir fait le déplacement pour soutenir Younes dans ce procès.
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(triste) agenda des procès à venir:
16 juillet: Hamza Haddi, en appel
17 juillet: verdict dans le procès en appel de Youness
23 jullet; Mouad L7a9ed, en appel

il reste Hassan Hainoussi que je n'ai pas les dates exactes de son procès.




Procès pour Lhaqed, verdict pour Youness, incarcération pour Mamoun Karbi


Maroc : Le rappeur Mouad Belghouat en grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention

Par AFP  11/07/2012
Condamné à un an de prison, le rappeur marocain Mouad Belghouat a entamé, lundi 9 juillet, une grève de la faim de 48 heures afin de protester contre ses conditions de détention à Casablanca.
Une décision faisant suite à un nouveau report de l’examen de son appel par les autorités. Le rappeur marocain Mouad Belghouat alias Lhaqued (« l’enragé » en arabe), a décidé, lundi 9 juillet, d’entamer une grève de la faim de 48 heures pour protester contre ces conditions de détention à la prison de Oukacha, à Casablanca.
« Cette grève de la faim est une protestation contre les conditions de détention de Mouad (…), qui sont pour le moins scandaleuses » a affirmé Maria Karim, une amie du chanteur. L’artiste a pris cette décision après que l’examen de son appel a, pour la troisième fois consécutive, été reporté, lundi 9 juillet.
Une nouvelle date a été fixée au 23 juillet. Le jeune rappeur de 24 ans avait été arrêté le 28 mars puis condamné le 11 mai à un an de prison ferme et à 1 000 dirhams d’amende pour « outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué ».
La Direction générale de la sureté nationale (DGSN) avait porté plainte contre lui à cause d’une vidéo illustrant la chanson « Klab addawla » (« les chiens de l’État »), dans laquelle il dénonçait avec virulence la corruption au sein de la police marocaine.

Nombreux soutiens
Lors de son procès, le jeune rappeur avait cependant démenti avoir diffusé ladite vidéo. Lhaqued a reçu le soutien de nombreuses organisations des droits de l’homme dont Human Rights Watch (HRW) qui a appelé les autorités marocaines à « annuler les accusations » et a réclamé la libération du rappeur.
De nombreuses autres voix se sont élevées et, pour certains observateurs, le sort de Mouad Belghouat s’explique aussi par le fait qu’il s’est attaqué dans certains de ses titres à la royauté elle-même.
Mouad Belghouati avait déjà été arrêté puis condamné le 12 janvier dernier à 4 mois de prison ferme à la suite d’une plainte d’un jeune royaliste qui l’accusait de coups et blessures. Il n’était cependant pas retourné en prison car il avait déjà effectué sa peine du fait de sa détention préventive.
Ce premier procès avait indigné l’opinion publique du fait des nombreuses incohérences qui émaillaient le dossier. Lhaqed était devenu une icône de la jeunesse protestataire et un symbole de la liberté d’expression dans son pays.
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Lhaqed entame une grève de la faim

Suite à des reports répétées de son procès, le rappeur Mouad Belghouate, alias Lhaqed, a décidé d’entamer une grève de la faim de 48 heures.
Lhaqed
Lhaqed est accusé d’avoir porté atteinte à l’image d’un corps de la DGSN.
Il devait normalement être écouté hier par les juges du tribunal d’Aïn Sebaâ, mais le procès de Mouad Belghouate, Alias Lhaqed, a été encore une fois reporté. C’est ce que nous rapporte une source proche de la famille du jeune rappeur, arrêté une seconde fois le 29 mars. Il est accusé d’avoir porté atteinte à l’image d’un corps de la DGSN. « Mouad a décidé d’entamer une grève de la faim de deux jours car son procès a été reporté plusieurs fois, sans que nous sachions la cause », nous annonce Youssef, frère de Mouad. Ce dernier nous apprend que son procès sera reporté pour le 23 juillet.
Plus d’intimidations
Dès son retour à Oukacha début avril, les responsables de la prison ont bien fait comprendre à Belghouate qu’il allait regretter sa récidive. Le rappeur qui « a été interdit pour un bon moment d’utiliser le téléphone pour appeler sa famille et ses proches a pu se procurer un téléphone pour nous appeler… », nous apprend une source de sa famille. Pour être corrigé, le rappeur aurait était transféré notamment pour quelques jours dans une cellule « où sont emprisonnés de grands criminels, avant de le remettre rapidement avec ses compagnons. Car même les grands criminels se sont mis à chanter sa musique et ont soutenu le rappeur», nous apprend une autre source proche du dossier. L’intimidation avait atteint son apogée lors des visites :« Ils nous avaient empêchés d’avoir un contact direct avec lui et donc on ne pouvait le voir qu’à travers un grillage », conclut Youssef.
La version d’Oukacha
Contacté par Le soir échos, un responsable à Oukacha a tenu à préciser et démentir certains faits. « Nous n’avons jamais interdit à quiconque d’utiliser le téléphone public de la prison. C’est fait pour ça d’ailleurs ! », explique-t-il. Pour ce qui est du transfert de Belghouate dans une cellule de criminels, le responsable nie : « Et qui donc trouve-t-on dans les prisons à part des criminels ? Mouad est dans une cellule assez grande et il est bien accompagné, rassurez-vous ! ». Enfin, pour ce qui est de l’empêchement de sa famille d’entrer en contact direct avec lui, le responsable affirme en concluant : « En effet, nous avons trouvé chez Mouad un téléphone portable, chose qui est interdite dans la prison. Nous avons dû le corriger ».
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Par Lucile Dau, 12/7/2012 

 Ce matin s'est tenu l'audience en appel du procès de Youness Belkhadim, le poète du peuple comme on le surnomme. 

 La défense et les avocats de la police ont fait leurs plaidoiries. Le verdict sera donné le 17 juillet, à la cour d'appel boulevard des FAR, Casablanca. L'avocat de Youness a marqué une grande distance avec les engagements politiques de son client, traduisant ainsi la fracture entre le mouvement et la famille de Younès. Ce dernier a précisé en conclusion qu'il est bien un militant que si son engagement était un crime, il est prêt à payer pour cela. Ce qui a suscité la colère de sa famille qui voulait minimiser les dégâts. 

Je rappelle que Youness a été condamné à 2 ans de prison ferme et 5000 DH d'amende. Les avocats de la police ont fait une plaidoirie digne des années de plomb. Un des avocats est un vrai salaud. Il a demandé que tout le M20 soit incarcéré. Liant cette affaire à celle de Mouad L7a9ed qu'il accuse d'avoir insulté toute la DGSN. Bref, des propos ridicules... 
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 Autre mauvaise nouvelle: Mamoune Karbi, militant du M20F Casa, a été incarcéré suite à une altercation avec le fameux avocat qui a eu un échange avec Maria Karim.

  Il est actuellement au 5ème arrondissement de police. Demain, il comparaitra devant le procureur à Ain Sbaâ. Dommage que des militants cèdent à la provocation de cet énergumène. C'est même ridicule de se faire arrêter de la sorte et surtout vu la situation du M20F-Casa.
A noter qu'on était 7 militant-e-s à avoir fait le déplacement pour soutenir Younes dans ce procès.
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(triste) agenda des procès à venir:
16 juillet: Hamza Haddi, en appel
17 juillet: verdict dans le procès en appel de Youness
23 jullet; Mouad L7a9ed, en appel

il reste Hassan Hainoussi que je n'ai pas les dates exactes de son procès.