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jeudi 3 novembre 2016

Mort tragique de Mouhcine Fikri: la colère de l'avocate Aicha Ansar , et du poète Abdallah Baroudi





Par Atlasinfo


Lundi 31 Octobre 2016

La mort tragique de Mouhcine Fikri, un vendeur de poissons d'Al Hoceima broyé par une benne à ordures alors qu’il tentait de s’opposer à la destruction de sa marchandise, a suscité une forte émotion et une vague d’indignation au Maroc. Maître Aicha Ansar nous a fait part de sa vive réaction et de sa colère :


"A la mémoire de Mouhcine Fikri
Ma peine est grande et profonde tout comme mon mépris pour l'auteur ou les auteurs de cet acte immonde.
La pêche de l’espadon, aussi règlementée soit-elle, ne peut valoir la vie d'un être humain, notre frère en Humanité. On ne broie pas le corps d'un homme comme on broie des détritus.
Il a été enfanté dans la douleur comme tout un chacun et sa vie vaut aussi chère à Dieu que celle de l'Humanité entière.
Il faut que les donneurs d'ordre de ce crime plus qu'atroce soient identifiés et que Justice soit faite pour la mémoire de Mouhcine Fikri et sa famille, ainsi que pour la Paix de notre conscience à tous. »

Maître Aïcha ANSAR-RACHIDI
Avocate au barreau de Paris"


Par Atlasinfo
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mercredi 25 mai 2016

Ken Loach : "Pour les sociaux-démocrates, la priorité est que le patron fasse des profits"

Mis à jour : 23-05-2016

INTERVIEW – A bientôt 80 ans, Ken Loach est un cinéaste plus engagé que jamais. "Moi, Daniel Blake", son nouveau film en compétition à Cannes, raconte l’histoire d’un sexagénaire confronté pour la première fois de sa vie aux services sociaux. Un drame sobre mais poignant qui illustre, pour le cinéaste britannique, la victoire des politiques néo-libérales dans l’Europe du XXIe siècle.


Ken Loach, pas fan de Macron, c'est une certitude.
AFP Photo:
VIDÉOS À VOIR SUR LE WEB

mardi 26 août 2014

Maroc : un juif très en colère surprend les habitants de son quartier



Un juif marocain a surpris son voisinage ce mardi à Marrakech en criant dans la rue

Un juif marocain a surpris son voisinage ce mardi  à Marrakech en criant dans la rue : « Israël terroriste. Ils tuent nos frères arabes en Palestine ».
Selon les informations obtenues par le journal Almassae.press , l’homme de 49 ans se prénomme Michel. Il habite le quartier juif du Mellah de la ville ocre.
Mardi dans la soirée, Michel est sorti de son domicile pour dénoncer le massacre perpétré par l’armée d’occupation israélienne à Gaza.
Il hurlait à pleine voix : « Israël terroriste. ils ont tué des enfants, des femmes et des vieillards » avant d’ajouter : « Ceci n’est pas cautionné par la religion ».
Entouré par des dizaines d’habitants du quartier, l’homme était très en colère contre le gouvernement israélien et son armée. Michel continuait à crier son dégout pour ces massacres d’innocents :
« Celui qui soutient l’agression contre les palestiniens n’est pas juif ! »
« Je me désavoue d’eux ! »
Michel a ensuite été conduit à la préfecture de police la plus proche pour tenter de le calmer avant de prendre contact avec le président de la communauté juive de Marrakech et d’Essaouira. Celui-ci s’est rendu rapidement sur place pour le récupérer afin de le reconduire à son domicile.
Le président de la communauté juive a expliqué aux autorités que Michel traversait une crise psychologique profonde. Évidemment, celui qui dénonce Israël est soit antisémite, soit fou …



http://journaldumusulman.fr/maroc-un-juif-tres-en-colere-surprend-les-habitants-de-son-quartier/

vendredi 25 juillet 2014

A Monsieur Valls : la colère d'un petit fils de militant déporté

Monsieur VALLS,

Un petit fils de militant déporté vous le dit, au nom de centaines de milliers de personnes écœurées. Vous êtes un SALAUD.
OSER vous servir de la Commémoration du crime contre l’humain que fut la rafle du VEL d’HIV pour vous croire obligé de pratiquer une ODIEUSE attaque contre ceux qui s’opposent à la politique colonialiste de l' ÉTAT sioniste , c’est une ignoble façon de vous servir des victimes du Nazisme..pour légitimer une opération qui me rappelle les pires actes de la division DAS REICH à ORADOUR !
Votre inconditionnel soutien à l’Impérialisme et son bras armé israélien après l’interdiction scandaleuse de la Manif de samedi, est un crachat sur tout ce que le courant révolutionnaire véhicule de mémoire collective.
MERCREDI, c’est avec cette approche que nous serons dans la RUE. Parce que c’est ainsi que nous empêcherons ce que vous entendez orchestrer : la haine, la division, le repli communautaire ou « religieux ». Vous avez besoin de ce que vous appelez le «désordre » vous qui savez bien que quelques vitrines en miettes.. , les réflexes de »peur », cela est nécessaire pour que la riposte de masse à votre politique dictée par GATTAZ, nous enfonce encore plus dans la marche vers la Barbarie.
Vous, Premier Ministre "socialiste", héritier d’un Président de la République " socialiste" décoré de la francisque, nous vous INTERDISONS de pratiquer cette "terreur intellectuelle", en venant vous draper de façon méprisable dans une tenue rayée de déporté juif, pour tenter de dissimuler que votre gouvernement, votre "Parti" , n’êtes qu’une minable 5° colonne de Tsahal

samedi 21 juin 2014

Les femmes marocaines en colère contre Benkirane et son "lustre qui illumine le foyer"


21/6/2014

Les femmes marocaines en colère contre Benkirane et son "lustre qui illumine le foyer"

Les propos imagés de Abdelilah Benkirane chef du gouvernement marocain, comparant la femme "à un lustre qui illumine le foyer" ont fait polémique au Maroc.
Pour les adversaires du premier ministre, issue du Parti de la Justice et du développement (PJD, Frère Musulman), ces déclarations faites devant la Chambres des Conseillers (deuxième chambre du parlement marocain) dévoilent "le fond de sa pensée" et celle de son parti.
La twittosphère marocaine s’en est saisie en critiquant une vision dévalorisante de la femme. Un Hashtag #AnaMachiTria a été lancé à la suite de ce discours pour le commenter.
 http://www.art19.ma/liste-politique/3100-les-femmes-marocaines-en-col%C3%A8re-contre-benkirane-et-son-lustre-qui-illumine-le-foyer.html#.U6V_0k
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Le Maroc est il condamné a être la risée du monde, avec un pseudo ministre clown de son état ??? Combien d'années encore devrons nous subir ses divagations ??? N'y a t il pas de psychiatre à la hauteur pour l'enfermer ?? Si nous restons inactifs, cela voudra dire que nous acquiesçons et nous nous rendons coupable de complicité. Si nous le laissons déblatérer de la sorte nous le verrons un jour se proclamer pape. Montrons lui qu'en tant que femmes nous pouvons briller et illuminer le paysage sans pour autant être une TRIA. DEGAGE benzmar rak hmaditi o bssalit.
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L'expression "être un lampadaire" prend tout son sens..

vendredi 21 mars 2014

Maroc 23 mars: l’appel des étudiants(es) marocains(es)



التعليم في خطر والطالب في المخفر !

#نزلوووووووو

Maroc : l’appel des étudiants(es) marocains(es)

 par Hayat, 20/3/2014

L’enseignement au Maroc et l’absence de politique éducative permettant que l’avenir du Maroc soit sur le chemin du développement et de la démocratie ont conduit les étudiants au Maroc à organiser un rassemblement national le 23 mars 2014 à Rabat, la capitale.
Cette date nous rappelle le soulèvement du 23 mars 1965 à Casablanca.

Un petit rappel à l’occasion du 49 ème anniversaire de ces événements :
Au début du mois de mars 1965, le ministre de l’Éducation, Youssef Belabès, publie une circulaire interdisant aux élèves âgés de plus de 16 ans de redoubler « le brevet » (l’équivalent de la troisième).
Pour avoir cru en la possibilité pour leurs enfants de sortir de l’illettrisme, une population avec une forte participation de femmes est descendue dans la rue défendre le droit à l’enseignement de ses enfants. Pour avoir défié cette circulaire, le pouvoir a répondu par une répression sauvage se soldant par plusieurs morts et des victimes dans les fosses communes.

49 ans après, la politique de l’inculture est toujours d’actualité par la privatisation de l’enseignement et la répression systématique des étudiants.
Cet appel est un cri de ces jeunes pour mobiliser sur la situation catastrophique de l’enseignement au Maroc.


En voici le texte, demandant le soutien à cette démarche de rassemblement. :
« Soutien des étudiant-e-s marocain-e-s de France à l’appel unitaire du 23 mars 2014 devant le parlement marocain.
Pour signer : unem.france@gmail.com

Le 23 mars 2014 à 15h, un rassemblement national aura lieu à Rabat devant le parlement marocain à l’appel du « Comité national de suivi des conclusions du 23 mars » et différentes factions progressistes de l’Union Nationale des Etudiant-e-s Marocain-e-s, UNEM.
L’appel, premier de son genre, survient dans un contexte où les étudiant-e-s subissent des attaques systématiques, violentes et organisées. D’abord par la privatisation progressive de l’enseignement. Ensuite par les interventions policières contre toute contestation initiée par les étudiant-e-s ou leur syndicat, l’UNEM. 
La situation de l’enseignement au Maroc est catastrophique et ne cesse de s’aggraver. Le Maroc figure parmi les pires pays en matière d’éducation dans tous les classements et rapports mondiaux (TIMSS 2003, PIRLS 2006, Unesco, etc.). Selon l’Unesco, l’enseignement marocain figure parmi les 21 pays "les plus en retard" au Monde ou seuls 35% d’élèves atteignent la 4ème année « pour acquérir la norme minimale d’apprentissage en lecture ».

Cinq étudiants de l’UNEM-Kenitra observent une grève de la faim depuis le 6 février 2014. Leur situation est plus que critique, entre la vie et la mort. Plus de quarante étudiant-e-s sont détenu-e-s dans les prisons pour leur militantisme dans le cadre de l’UNEM (Fès, Meknès, Kenitra, Marrakech, etc). Ils/elles endurent souvent la torture et des traitements inhumains au moment de l’arrestation, pendant l’interrogatoire ou au cours de la détention.
Par cet appel, nous soutenons toutes les revendications à l’ordre du jour du rassemblement du 23 mars. Notamment : la libération de tou-te-s les détenu-e-s politiques de l’UNEM, l’arrêt de toute poursuite judiciaire à leur encontre, la levée de la militarisation de l’université marocaine et le respect des libertés démocratiques de l’ensemble des étudiant-e-s et des citoyen-e-s marocains.
Nous appelons tous les syndicats étudiants, organisations et individus à soutenir cette dynamique unitaire et progressiste pour faire converger les luttes
 http://www.rezocitoyen.org/Maroc-l-appel-des-etudiants-es-marocains-es.html?var_mode=calcul--------------------------------------------------------------------------
Par Ali Fkir 
Le dimanche 23 mars 2014, des étudiant-es venu-es de toutes les régions du Maroc en sit in devant le parlement. L'enseignement est agonisant, les étudiant-es ont raison de se mettre en colère. 
Espérons que cette grogne unitaire ouvrira de nouvelles possibilités de lutte commune.
Les forces démocratiques et progressistes sont appelées à se joindre à ce mouvement de contestation.
التعليم في خطر والطالب في المخفر !

jeudi 12 décembre 2013

Colère des enseignants marocains

samedi 9 février 2013

Funérailles de Chokri Belaïd : Beaucoup de femmes au cimetière aux côtés des hommes

Par Ahmed Benani, 9/2/2013

9 février 07:38

Merci ô Femmes et citoyennes tunisiennes d'avoir tordu le cou à cette tenace tradition d'interdire aux femmes "en pays de l'islam" d'assister aux enterrements! 
 Tradition que l'imaginaire patriarcal pérennise par le mythe de "l'hystérie de la femme". La femme est réduite à un être non-pensant, objet sexuel et troublant par son émotion excessive, ses pleurs, son impureté et autres inepties du même tonneau!. Tout cela a été balayé par la posture courageuse de Basma Chokri, la femme du leader assassiné, Belaïd Chokri, en tête de cortège faisant le V de la victoire et déclarant "ce n'est pas le moments des pleurs", "«Nous vivrons avec du pain et de l’eau mais sans Ennahda», «le peuple veut une révolution de nouveau», «Ennahda est le tortionnaire du peuple». Je m'incline devant votre courage, votre détermination, chapeau bas Chère Basma, votre image de dignité a fait le tour du monde.
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Par Kapitalis, 8/2/2013
Contrairement aux traditions, les femmes, étaient, aujourd'hui, côte-à-côte avec les hommes, au cimetière El-Jallez, pour rendre hommage au martyr Chokri Belaïd en chantant l'hymne national.
Ce qui a frappé l'attention, aujourd'hui, des Tunisiens qui ont suivi les obsèques du martyr, un rite habituellement réservé aux seuls hommes dans la tradition islamique, c'est la présence d'un grand nombre de femmes, qui n'ont pas hésité à se rendre au cimetière pour rendre un dernier hommage au grand-homme: parent pour certaines d'entre elles, camarade ou collègue pour les autres. Un simpe compatriote pour la majorité d'entre elles. Et un exemple de bravoure et de courage. 
Autre constat: la présence massive des syndicalistes, intellectuels, artistes, écrivains et autres journalistes. Car le défunt était une personnalité d'envergure nationale.

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Basma Khalfaoui Belaïd fait le signe de la victoire aux dizaines de milliers de personnes accompagnant son mari à sa dernière demeure. 

Au cimetière, certaines personnes, très en colère pour cette lourde perte, n'ont pas pu s'empêcher à crier : «Le peuple veut faire tomber le pouvoir» ou «Eau et pain et non à Ennahdha», «Ya chahid ya Hached (Farhat Hached, leader syndicaliste assassiné il y a 60 ans, Ndlr), Ennahdha bâet el-blad» (Ô Hached, Ennahdha a vendu le pays), «Tounes horra wa el-irhab âla Barra» (La Tunisie est libre et le terrorisme dehors), «Ya houkouma ya ghaddara, Chokri machech khsara» (Gouvernement traitre, Chokri n'est pas parti en vain), «Ya Ghannouchi ya jaban, echâab ettounissi la youhan» (Ghannouchi le traître, le peuple tunisien n'accepte pas l'humiliation) ou encore «La lil-fitna, kolna Touensa» (Non à la discorde, nous sommes tous Tunisiens).
«C'est un jour de colère, certes, mais faisons calmement notre deuil. Nous allons continuer à appeler au dialogue et à rejeter toute forme de violence. Aujourd'hui, le peuple est maître de la situation et la Tunisie pleure son martyr et va continuer son petit bout de chemin pour continuer son combat vers la démocratie. Restons calmes pour qu'ils (les individus et les groupes appelant au meurtre, Ndlr) tirent des leçons et reviennent à la raison pour une Tunisie unie», a lancé Ahmed Brahim, leader d'Al-Massar aux opposants au parti Ennahdha à travers les médias.
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Les collègues de Chokri Belaïd, entourant le Bâtonnier Chawki Tabib, attendent l'arrivée de la dépuolle mortelle du martyr.
Au centre-ville de Tunis, une marche spontanée a été organisée par des milliers de personnes dans l'avenue Habib Bourguiba. La même chose à Bizerte, Jendouba, Nabeul, Mahdia, Gafsa, le Kef, Sfax, Sousse, Mahdia, où des dizaines de milliers de personnes ont organisé des funérailles symboliques agitant le drapeau national, le portrait du défunt mais aussi des slogans contre Ennahdha.
Selon l'Union générale tunisienne du Travail (Ugtt), la grève générale est très réussie. «100% dans le secteur public», apprend-on de source syndicale. Les bâtiments publics comme la majorité des établissements privés et commerces sont fermés.
 http://www.kapitalis.com/politique/14372-funerailles-de-chokri-belaid-beaucoup-de-femmes-au-cimetiere-aux-cotes-des-hommes.html
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 Que tous ceux qui nous ont servi la fable de l'islamisme modere se taisent

Par Martine Gozlan - Marianne, 8/2/2013



Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)
Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)
Alors que Tunis, en grève générale, porte aujourd’hui en terre Chokri Belaid, l’opposant laïc à Ennahda assassiné le 6 février, la légende de l’islamisme modéré véhiculée par tous les faux experts médiatiques vole en éclats de sang.

Besma Khalfaoui a le visage creusé par la douleur, mais ses mots jaillissent comme une source vive. La veuve de Chokri Belaid, sa petite fille serrée contre elle, ses amis et sa famille chantant l’hymne national, dit qu’elle pleurera plus tard, que ses larmes n’ont aucune importance. Elle continue, comme l’homme aimé qu’on lui a tué de quatre balles, à se battre pour une Tunisie démocratique. Vous connaissez le visage de Besma : elle a accepté de le montrer aux caméras et aux journalistes dans les ravages de la tristesse et le courage de la détermination. Le visage de Besma, penché sur le drapeau qui recouvre le corps de Chokri, puis levé, dévasté et énergique, vers ses interlocuteurs, est le « J’accuse » qui fait trembler aujourd’hui Ennahda, alors que le crime jette un pays dans la rue. 
Plus tard, on se souviendra de ces traits féminins à la douceur gommée par la brutalité de l’arrachement. Ce visage, accolé au portrait de l’homme assassiné, résumera la Tunisie qui marche sombrement en ce 8 février : il racontera l’insurrection des endeuillés.
Ce visage de survivante, il faudrait que certains de nos beaux esprits, en France, osent le regarder, eux aussi. Vous savez, ces esprits forts qui se piquent d’expertise magistrale. Ces bons maîtres qui tournent en boucle, depuis des années, sur les plateaux et sur les ondes, pour nous expliquer par A+ B que les islamistes étaient devenus démocrates. Qu’il fallait être un niais ou un islamophobe pour ne pas croire à leur intelligence politique. Qu’il fallait mettre en veilleuse nos idées archaïques de laïcité pour ne surtout pas froisser un destin arabe forcément soumis aux ordres de l’éternel ciel identitaire. 
Qu’en conséquence, on ferait mieux de la boucler avec nos bavardages suspects.
Aujourd’hui, c’est à ces clercs, à ces gourous divers, chercheurs, commentateurs, maîtres assistants de toutes les confusions, bien calés sur leur chaire de certitudes, que l’on conseille de regarder un instant, à la dérobée pour ne pas le salir, le visage de Besma, épouse d’un Tunisien patriote, démocrate et laïc. Le visage de la veuve de Chokri Belaid, assassiné parce qu’il jetait leur vérité et leur mensonge au visage des islamistes. Parce qu’il scandait son espoir d’une société juste, sociale, égalitaire : c’était un leader de gauche. Son besoin d’une société débarrassée du poison religieux politique. En un mot, un seul, raillé par ces experts nauséeux confits en dévotion devant l’objet islamiste de leurs recherches : une société laïque. Voilà ce que voulait Chokri Belaid et ce que refusent ses assassins.
On leur conseille donc, à ces bavards qui ont absous par bêtise tant de crimes antérieurs, de regarder Besma : mais ils n’y arriveront pas. Regardaient-ils, du temps que l’Algérie saignait, le visage des femmes qui survivaient à leur mari, fils, frère, sœur égorgés par les islamistes ? Ont-ils compté, pendant les nuits d’infinie souffrance algérienne et musulmane, les cadavres des citoyens, citoyennes, paysans, profs, médecins, politiques, journalistes, instituteurs, écolières abattus par les islamistes, premiers tueurs de musulmans ?
Ils ont la mémoire courte et la vision rétrécie, nos experts. Ils avalent et digèrent toutes les sinistres fariboles d’un parti politique qui a mis sa cravate des dimanches pour faire oublier les sabres et le khamis afghan des prêcheurs de djihad, ceux que Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahda, appelle avec bonté « nos enfants salafistes ».
Devant le visage de Besma, face au peuple tunisien dressé contre l’islamisme menteur et assassin, devant cette insurrection arabe qui refuse la soumission au ciel des manipulateurs identitaires, que ces gens-là se taisent enfin !
Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)