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samedi 10 mai 2014

La SAMIR tue de nouveau

 Par Ali Fkir, 10/5/2014
Mohammedia: 
nouvelles victimes de la précarité qui sévit à la SAMIR

La SAMIR, groupe essentiellement saoudien, détient le monopole du raffinage du pétrole au Maroc. Ce joyau de l'industrie marocaine a été cédé à l'Arabie saoudienne par l’État marocain dans conditions politiques obscures. Depuis sa privatisation, la SAMIR tente d'éradiquer le syndicalisme militant (cas de la CDT), plus de 30 syndicalistes (CDT) ont été arbitrairement licenciés. Les conditions de sécurité sont détériorées. L'embauche et autres investissement (promis) ont été reportés aux calendes grecques. Des syndicats fantoches sont encouragés au détriment de la CDT. L"prince" wahhabite qui dirige la société est en dessus des lois marocaines.
 
Dernier accident mortel:
Le vendredi 9 mai 2014, vers 17h, une citerne de gaz a explosé, causant la mort de l'ouvrier (calciné) Bessam Laaziz, deux autres ouvriers sont dans un état grave.

La précarité touche tous les aspects de la vie au Maroc
Nos condoléances à la famille Laaziz
Prompt rétablissement aux bléssés.
Notre condamnation de la connivence SAMIR-autorité marocaine

samedi 21 décembre 2013

« A la rue »




Sur les docks
Emission Sur les docksdu lundi au jeudi de 17h à 17h55


Ecoutez l'émission 53 minutes   28
 
16/12/2013  Ajouter à ma liste de lecture

Un documentaire de Patrick Boudet et Jean-Philippe Navarre

A la rue © Patrick Boudet
Ce sont majoritairement des hommes, quelques fois des femmes. Ils sont assis, couchés, recroquevillés à même le sol. Ils nous tendent la main avec honte pour une pièce, pour un regard, pour un peu de chaleur humaine ; une chaleur qui a manqué dans leur enfance, dans leur vie.

Certains d’entre eux errent de stations de métro en centres d’accueil, d’autres ont construit un « chez soi » dans un squat ; quelques-uns sont à bout de force… ils se lèvent pourtant chaque matin en quête de nourriture, de vêtements ou d’un lieu plus confortable pour passer la nuit, tentant laborieusement d’organiser leur survie.
Ce documentaire propose d’écouter ceux que l’on nomme SDF pour éviter de rappeler qu’ils vivent à la rue.
Leur parole est étonnamment lucide sur leur état, sur les pièges que la vie leur a tendus, sur la société qui les broie, sur ces faiblesses qui les pénalisent comme l’alcool ou une estime si dégradée d’eux-mêmes qu’ils ne se considèrent plus comme des êtres humains.
En écoutant ces hommes, il devient rapidement absurde de penser qu’il y a de la complaisance à vivre ainsi. La question de leur chute est ailleurs… Et pourtant, il leur arrive de rêver !
Leur existence interpelle notre tolérance et notre amour de l’autre, mais aussi questionne notre société qui a laissé des enfants s’abîmer si gravement qu’ils auront toutes les peines du monde à rester debout une fois adulte.


© Joss Dray

Jean-Michel raconte son arrivée à la Boutique Solidarité – Fondation Abbé Pierre :
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 © Joss Dray

Eric Waroquet, psychanalyste :" La chute à la rue" :



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© Joss Dray

Yves Dervin et Nadia Thibault expliquent le fonctionnement la Boutique Solidarité – Fondation Abbé Pierre:
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© Joss Dray

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Eric Waroquet, psychanalyste : "Le manque d'amour" :

 
© Joss Dray

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Eric Waroquet, psychanalyste : "La société face aux invisibles"

 
© Joss Dray

Eric Waroquet, psychanalyste : "Le bonheur d'être" :
 
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Production : Patrick Boudet
Réalisation : Jean-Philippe Navarre

http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-%C2%AB-a-la-rue-%C2%BB-2013-12-16http://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-%C2%AB-a-la-rue-%C2%BB-2013-12-16

jeudi 12 décembre 2013

Colère des enseignants marocains

mardi 26 mars 2013

Les deux tiers des salariés sans contrat de travail !

Seuls 27.1% des employés travaillent sous le régime du CDI. Un bon quart des déclarés à la CNSS le sont moins de 5 mois dans l'année. Aucune structure de prise en charge des chômeurs n'a encore vu le jour.
Le chômage élevé (des jeunes notamment) est-il soluble dans la flexibilité ? Faut-il se résoudre à effectuer un saut (dans l’inconnu ?) en matière de relations professionnelles ? Certains le pensent et préconisent de «fluidifier» le marché du travail en agissant en particulier sur la relation contractuelle liant le salarié et l’employeur. Plus franchement, l’idée est de dégrader, il n’y a pas d’autres mots, le contrat à durée indéterminée (CDI) de sa position privilégiée en tant que forme de relation contractuelle.
Emploi maroc 2013
Si le sujet fait débat en France où les libéraux (au sens économique du terme) mettent toutes les difficultés des entreprises sur le compte du CDI, qu’en est-il au Maroc ? Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, la comparaison est inopérante. Le Maroc est encore un pays où l’écrit ne régit pas tout, y compris, dans certaines contrées, les relations matrimoniales. Par conséquent, introduire plus de flexibilité, comme le répète la confédération patronale depuis bien longtemps, par rapport à quelle situation ?

Aujourd’hui, le marché du travail au Maroc, tel que le montrent les chiffres officiels, il n’y en a pas d’autres, est très largement dominé par des relations non écrites. 63% des salariés travaillent sans contrat et 3,7% ont avec l’employeur un contrat…verbal, selon la direction de la statistique relevant du Haut commissariat au plan (HCP). En d’autres termes, plus des 2/3 des actifs occupés qui ont un statut de salarié n’ont pas de contrat de travail !
En y ajoutant ceux qui travaillent sous contrat à durée déterminée (CDD) et qui représentent 5,6% de la population des salariés, la flexibilité, d’autres diront la précarité, monte à 72,3%. Finalement, seuls 27,1% des salariés travaillent sous le régime du CDI.

Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que la précarité de l’emploi touche surtout les jeunes de moins de 25 ans : le taux de contractualisation de la relation de travail pour cette catégorie est inférieur à 12%. Les non- diplômés en sont également concernés : ils sont seulement 16% à travailler avec un contrat. En fait, seuls les salariés de niveau supérieur ont un niveau de contractualisation relativement élevé : 68%.

Seulement 43,3% des actifs occupés sont des salariés

Ces statistiques concernent, il faut le préciser, la population des salariés, laquelle représente 43,3% de l’ensemble des actifs occupés. Inutile donc de parler des aides familiales (23%) et des apprentis (1%), ceux-là sont des travailleurs non rémunérés, et comme tels, ils symbolisent la précarité même. Le reste de la population active occupée étant constitué d’indépendants (28,8%), d’employeurs (2,4%) et de membres de coopératives (2%).

Observons, en passant, que le salariat en Tunisie, par exemple, est autour de 60% de la population active occupée. En France, il est de l’ordre de 90%. Autrement dit, les travailleurs éventuellement concernés par la question du régime juridique de leurs relations professionnelles sont déjà, à la base, numériquement faibles.

Certes, la tendance au recul du salariat est manifeste dans les pays développés, et ce n’est pas seulement dû à la crise qui y sévit depuis quelques années. Cela résulte aussi de la volonté de chacun de “monter” sa propre affaire, d’exercer librement une activité plutôt qu’une autre, voire de changer d’activité aussi souvent que possible. Dans une sorte de mouvement général vers plus de liberté (dans tous les domaines d’ailleurs) et, pourquoi pas, davantage de profits, l’activité tend ainsi à remplacer l’emploi, celui-ci impliquant des liens de subordination, des relations hiérarchisées à tout le moins.

La baisse tendancielle du salariat dans les pays développés de l’Occident semble par conséquent liée à des déterminants à la fois économiques et culturels. Dans le cas du Maroc, trois remarques s’imposent à ce propos. D’une part, le niveau d’éducation et les facilitations qu’offre l’environnement pour la stimulation de projets individuels sont évidemment loin d’égaler ceux que l’on peut observer en Occident. D’autre part, les indépendants sont déjà assez nombreux (près de 29%) au sein de la population des actifs occupés. Enfin, dans un pays jeune, en voie de développement et traînant des déficits nombreux, vouloir trouver un emploi, de préférence un emploi salarié, est tout à fait légitime.

16,6% des travailleurs désirent changer d’emploi

Moyennant ces considérations, le marché du travail au Maroc ne paraît pas se prêter à davantage de flexibilité. C’est un marché qui se construit et, à ce titre, il aurait plutôt besoin de protection, contrairement aux pays développés où les marchés du travail sont des marchés matures.

Quand on sait que 80% des travailleurs n’ont pas de protection sociale, que 65% n’ont aucun diplôme, que «l’agriculture, forêt et pêche» reste encore le premier pourvoyeur d’emplois (40%), que le BTP, précaire par excellence, emploie 12,5 % des actifs occupés, y a-t-il encore de la marge pour plus de flexibilité ?

Dans le secteur privé, qui emploie l’essentiel de la main-d’œuvre (90%), les salariés déclarés à la CNSS n’atteignent même pas 3 millions de personnes (2,7 millions exactement). Et parmi ces déclarés, on sait qu’un bon quart est déclaré moins de 5 mois dans l’année et qu’environ 30% sont déclarés entre 6 et 11 mois dans l’année. En tout cas, moins de 50% seulement sont déclarés 12 mois dans l’année. En intégrant la donne régionale dans ces statistiques, on observe que 45% des salariés déclarés sont concentrés dans la région du Grand Casablanca. Avec son prolongement qu’est Rabat-Kénitra, cette bande du littoral fournit 64% des déclarés à la CNSS. Au total 2/3 pour deux régions et 1/3 pour tout le reste !

Autre indicateur de la précarité de l’emploi au Maroc : le taux de sous-emploi, bon an mal an, équivaut à celui du chômage. Autrement dit, sur les 10,5 millions d’actifs occupés, il faut compter un peu plus de 1 million qui sont sous-employés. Une enquête du HCP sur la qualité de l’emploi au Maroc montre d’ailleurs que 16,6% des actifs occupés désirent changer d’emploi. Dans cette catégorie, les jeunes de moins de 35 ans sont les plus nombreux (37%).

Last but not least, aucune structure de prise en charge des chômeurs, même de façon temporaire, n’a encore vu le jour. La fameuse IPE (indemnité pour perte d’emploi), dont on parle depuis une dizaine d’années est encore dans les limbes, et rien n’indique qu’elle verra bientôt le jour. Il y a quelques mois, le projet avait de nouveau été discuté à la CNSS, et selon des responsables présents à la réunion, la CGEM n’avait pas donné son accord pour des raisons liées, selon elle (la confédération), à la pérennité du financement de l’indemnité ! Par le passé, c’était les syndicats des salariés qui bloquaient...

Maroc : Le code du travail, assez flexible...

Le code du travail de 2004 paraît assez flexible en matière de relations contractuelles de travail. Dans le chapitre réservé à la formation du contrat de travail, l’article 15 alinéa 2 stipule : «En cas de conclusion par écrit, le contrat de travail doit (…)». Autrement dit, le code n’exige pas de contrat écrit dans une relation professionnelle, cela reste une possibilité. Dans l’article suivant, le législateur a prévu trois formes de contrat de travail : un contrat à durée indéterminée (CDI), un contrat à durée déterminée (CDD) et un contrat de mission.

Bien entendu, la conclusion d’un CDD est limitée à des cas expressément énumérés, mais cela est bien normal, en tout cas économiquement justifié. Le code du travail a également aménagé des possibilités de se séparer d’un salarié ayant un CDI, pour des raisons économiques, technologiques ou structurelles.

Au total, la possibilité pour l’employeur de rompre un contrat de travail, fût-il un CDI, est offerte par le code du travail. A condition bien sûr que cela soit justifié. C’est un minimum de respect pour les salariés.

 http://www.lavieeco.com/news/economie/les-deux-tiers-des-salaries-sans-contrat-de-travail--24974.html#.UVASUYrx_XB.facebookhttp://www.lavieeco.com/news/economie/les-deux-tiers-des-salaries-sans-contrat-de-travail--24974.html#.UVASUYrx_XB.facebook

lundi 18 mars 2013

Le changement par la consommation



  • Nous sommes ici en Andalousie, en Espagne, au dessus des serres d'Almeria, dans une région les plus ensoleillée du monde. Ces serres sont un résultat direct de la mondialisation de l'agriculture. On produit ici une quantité faramineuse de fruits et légumes exportés partout, mais non sans conséquences écologiques et sociales. En effet, près de 35000 ha de terre arides, aplanies au bulldozer, sont couvertes par des serres, l’assèchement de la nappe phréatique (nécessité de dessaler l’eau de mer pour l’eau d’arrosage) demande la déviation de cours d’eau, l’usage intensif de pesticides et d’engrais pollue les sols. Cette culture industrielle est évacuée par plus de 1000 camions transportant quotidiennement des milliers de tonnes de légumes et fruits vers le nord de l’Europe (30% en Allemagne, 20% en France, 1 à 2% en Suisse...).
En plus de cela, l’exploitation des quelques 80 000 ouvriers et ouvrières travaillant dans des conditions précaires : le travail sur appel, 9h à 10h de travail avec une pause de 20 minutes pour un salaire souvent payé partiellement, avec des contrats de travail fictifs ou falsifiés. Les conditions de logement et d’hygiène semblent misérables, les travailleurs habitent dans des cabanes de plastique en périphérie des serres, leur santé est fortement affectée par ces mauvaises conditions de vie et de travail (intoxications dues aux pesticides et chaleur ambiante dans les serres, notamment), l’accès aux soins médicaux est difficile.
Réfléchissons alors quand nous avons devant nous à l'étalage une tomate provenant d’Espagne.
Pour s'en rendre compte sur Google Maps: http://maps.google.fr/maps?q=El+Ejido,+Espagne&hl=fr&ie=UTF8&ll=36.91696,-2.941589&spn=1.471243,2.992401&sll=36.868875,-2.453599&sspn=0.046006,0.093513&vpsrc=6&hnear=El+Ejido,+Alm%C3%A9ria,+Andalousie,+Espagne&t=h&z=10
    Nous sommes ici en Andalousie, en Espagne, au dessus des serres d'Almeria, dans une région les plus ensoleillée du monde. Ces serres sont un résultat direct de la mondialisation de l'agriculture. On produit ici une quantité faramineuse de fruits et légumes exportés partout, mais non sans conséquences écologiques et sociales. 
     En effet, près de 35000 ha de terre arides, aplanies au bulldozer, sont couvertes par des serres, l’assèchement de la nappe phréatique (nécessité de dessaler l’eau de mer pour l’eau d’arrosage) demande la déviation de cours d’eau, l’usage intensif de pesticides et d’engrais pollue les sols. Cette culture industrielle est évacuée par plus de 1000 camions transportant quotidiennement des milliers de tonnes de légumes et fruits vers le nord de l’Europe (30% en Allemagne, 20% en France, 1 à 2% en Suisse...).
     
    En plus de cela, l’exploitation des quelques 80 000 ouvriers et ouvrières travaillant dans des conditions précaires : le travail sur appel, 9h à 10h de travail avec une pause de 20 minutes pour un salaire souvent payé partiellement, avec des contrats de travail fictifs ou falsifiés. Les conditions de logement et d’hygiène sont misérables, les travailleurs habitent dans des cabanes de plastique en périphérie des serres, leur santé est fortement affectée par ces mauvaises conditions de vie
    et de travail (intoxications dues aux pesticides et chaleur ambiante dans les serres, notamment), l’accès aux soins médicaux est difficile.
     
    Réfléchissons alors quand nous avons devant nous à l'étalage une tomate provenant d’Espagne... (et en toute saison...)
    Pour s'en rendre compte sur Google Maps: http://maps.google.fr/maps?q=El+Ejido%2C+Espagne&hl=fr&ie=UTF8&ll=36.91696%2C-2.941589&spn=1.471243%2C2.992401&sll=36.868875%2C-2.453599&sspn=0.046006%2C0.093513&vpsrc=6&hnear=El+Ejido%2C+Alméria%2C+Andalousie%2C+Espagne&t=h&z=10