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samedi 28 novembre 2015

IL N' Y A PAS DE QUOI ÊTRE FIER.


Afficher l'image d'origineIL N' Y A PAS DE QUOI ÊTRE FIER. Par Julien Salingue
« En deuil.
Solidaire des victimes des attentats du 13 novembre.
Solidaire de leurs familles, de leurs proches, de celles et ceux qui souffrent de leur tragique et soudaine disparition.
Aucune excuse à ceux qui ont fait ça, à ceux qui ont commandité ça.

Mais aucune excuse, non plus, aux fauteurs de guerres, à ceux qui sèment le chaos aux quatre coins du monde, et qui le ramènent ici.
En volant les richesses des peuples.
En imposant toujours plus de "concurrence", de "compétition".
En soutenant des dictatures sanguinaires.
En vendant des armes à n'importe qui, du moment qu'il paye.
En bombardant, en occupant, en assassinant.
Aucune excuse non.
Et donc aucune "union", aucune "unité", aucune "douleur partagée" avec eux.
Aucune "fierté" d'être français non plus.
Guerres de religion, esclavage, colonisation, participation aux boucheries impérialistes appelées "guerres mondiales", collaboration, complicité de génocide, étranglement et pillage des pays du Sud, racisme institutionnel, FN à 30%...
Non, il n'y a pas de quoi être fier.
Français de naissance, oui. C'est marqué sur un papier.
Surtout, depuis ces 20 dernières années, alternativement ou en même temps : palestinien, rwandais, irakien, tchétchène, somalien, syrien, égyptien, bolivien, vénézuélien, tunisien, libyen, algérien, iranien, irlandais, afghan, malien, libanais, philippin, ivoirien, grec, et j'en oublie. C'est marqué dans nos combats.
Si je devais être fier de quelque chose aujourd'hui, ce ne serait sûrement pas d'être français.
Alors Hollande, Valls and Co, votre "deuil national", vous pouvez vous le garder.
En deuil, oui.
Parce qu'une fois de plus ce sont les nôtres qui sont morts. »
Mais votre unité, vos "valeurs partagées", votre hymne et votre drapeau ça sera sans moi.
On peut pleurer de tout, mais pas avec tout le monde.»

mardi 17 novembre 2015

AI : Deuil et solidarité

http://lien.amnesty.fr/u/gm.php?prm=hDCMqc1ZiJ_294590175_417107_177050
Bonjour,
Je vous écris aujourd’hui avec énormément de tristesse et le cœur meurtri par la souffrance des victimes et de leurs proches touchés par les attentats qui ont eu lieu à Paris et Saint Denis ce vendredi 13 Novembre 2015.
Vous qui vous battez à nos côtés pour défendre chaque jour la dignité humaine, je sais que vous partagez notre profonde douleur et notre sentiment d’injustice face à toutes ces vies brisées.
En ce moment de deuil, nos pensées vont aux victimes, à leurs familles et à leurs proches.
Nous souhaitons leur témoigner tout notre soutien et leur dire que nos pensées les entourent dans cette épreuve.
Amnesty International condamne avec la plus grande fermeté ces attentats qui témoignent d’un mépris absolu de la vie humaine.
Nos pensées vont également à toutes les autres victimes d’attentats à travers le monde que nous n’oublions pas.
Face à cette barbarie et cette négation de l’autre, nous souhaitons rappeler qu’Amnesty International défend chaque jour le respect des droits humains ainsi que les valeurs de liberté, de tolérance et de solidarité.
C’est pourquoi Amnesty International invite chacun à résister à la peur et aux réactions de haine qui pourraient en découler.
Nous devons demander la justice et non pas la vengeance.
Les États ont le devoir de protéger leur population, et peuvent à cette fin, dans le cadre du droit international, mener des opérations contre des terroristes et leur organisation. 

 Mais les 15 dernières années ont montré que les politiques antiterroristes violant les droits humains n’avaient en rien protégé les populations de la menace terroriste : elles ont au contraire contribué à renforcer cette menace tout en rognant durablement et gravement sur les libertés de leurs populations.
Nos équipes se mobilisent en urgence afin de suivre de près les décisions qui sont prises ces jours-ci.

 Vous pourrez consulter ici en détail les positions d’Amnesty International.
Face à la barbarie, nous avons besoin de vous afin de lui opposer nos valeurs d’humanité, de liberté et de respect de la dignité humaine.
Vous qui agissez en faveur d’un monde plus juste, nous vous invitons à porter ces messages autour de vous et à continuer d’agir à nos côtés afin d’assurer cette vigilance nécessaire au bon respect des droits humains en France et partout dans le monde.
Restons tous unis.
Geneviève Garrigos, Présidente d'Amnesty International France



samedi 9 février 2013

Funérailles de Chokri Belaïd : Beaucoup de femmes au cimetière aux côtés des hommes

Par Ahmed Benani, 9/2/2013

9 février 07:38

Merci ô Femmes et citoyennes tunisiennes d'avoir tordu le cou à cette tenace tradition d'interdire aux femmes "en pays de l'islam" d'assister aux enterrements! 
 Tradition que l'imaginaire patriarcal pérennise par le mythe de "l'hystérie de la femme". La femme est réduite à un être non-pensant, objet sexuel et troublant par son émotion excessive, ses pleurs, son impureté et autres inepties du même tonneau!. Tout cela a été balayé par la posture courageuse de Basma Chokri, la femme du leader assassiné, Belaïd Chokri, en tête de cortège faisant le V de la victoire et déclarant "ce n'est pas le moments des pleurs", "«Nous vivrons avec du pain et de l’eau mais sans Ennahda», «le peuple veut une révolution de nouveau», «Ennahda est le tortionnaire du peuple». Je m'incline devant votre courage, votre détermination, chapeau bas Chère Basma, votre image de dignité a fait le tour du monde.
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Par Kapitalis, 8/2/2013
Contrairement aux traditions, les femmes, étaient, aujourd'hui, côte-à-côte avec les hommes, au cimetière El-Jallez, pour rendre hommage au martyr Chokri Belaïd en chantant l'hymne national.
Ce qui a frappé l'attention, aujourd'hui, des Tunisiens qui ont suivi les obsèques du martyr, un rite habituellement réservé aux seuls hommes dans la tradition islamique, c'est la présence d'un grand nombre de femmes, qui n'ont pas hésité à se rendre au cimetière pour rendre un dernier hommage au grand-homme: parent pour certaines d'entre elles, camarade ou collègue pour les autres. Un simpe compatriote pour la majorité d'entre elles. Et un exemple de bravoure et de courage. 
Autre constat: la présence massive des syndicalistes, intellectuels, artistes, écrivains et autres journalistes. Car le défunt était une personnalité d'envergure nationale.

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Basma Khalfaoui Belaïd fait le signe de la victoire aux dizaines de milliers de personnes accompagnant son mari à sa dernière demeure. 

Au cimetière, certaines personnes, très en colère pour cette lourde perte, n'ont pas pu s'empêcher à crier : «Le peuple veut faire tomber le pouvoir» ou «Eau et pain et non à Ennahdha», «Ya chahid ya Hached (Farhat Hached, leader syndicaliste assassiné il y a 60 ans, Ndlr), Ennahdha bâet el-blad» (Ô Hached, Ennahdha a vendu le pays), «Tounes horra wa el-irhab âla Barra» (La Tunisie est libre et le terrorisme dehors), «Ya houkouma ya ghaddara, Chokri machech khsara» (Gouvernement traitre, Chokri n'est pas parti en vain), «Ya Ghannouchi ya jaban, echâab ettounissi la youhan» (Ghannouchi le traître, le peuple tunisien n'accepte pas l'humiliation) ou encore «La lil-fitna, kolna Touensa» (Non à la discorde, nous sommes tous Tunisiens).
«C'est un jour de colère, certes, mais faisons calmement notre deuil. Nous allons continuer à appeler au dialogue et à rejeter toute forme de violence. Aujourd'hui, le peuple est maître de la situation et la Tunisie pleure son martyr et va continuer son petit bout de chemin pour continuer son combat vers la démocratie. Restons calmes pour qu'ils (les individus et les groupes appelant au meurtre, Ndlr) tirent des leçons et reviennent à la raison pour une Tunisie unie», a lancé Ahmed Brahim, leader d'Al-Massar aux opposants au parti Ennahdha à travers les médias.
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Les collègues de Chokri Belaïd, entourant le Bâtonnier Chawki Tabib, attendent l'arrivée de la dépuolle mortelle du martyr.
Au centre-ville de Tunis, une marche spontanée a été organisée par des milliers de personnes dans l'avenue Habib Bourguiba. La même chose à Bizerte, Jendouba, Nabeul, Mahdia, Gafsa, le Kef, Sfax, Sousse, Mahdia, où des dizaines de milliers de personnes ont organisé des funérailles symboliques agitant le drapeau national, le portrait du défunt mais aussi des slogans contre Ennahdha.
Selon l'Union générale tunisienne du Travail (Ugtt), la grève générale est très réussie. «100% dans le secteur public», apprend-on de source syndicale. Les bâtiments publics comme la majorité des établissements privés et commerces sont fermés.
 http://www.kapitalis.com/politique/14372-funerailles-de-chokri-belaid-beaucoup-de-femmes-au-cimetiere-aux-cotes-des-hommes.html
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 Que tous ceux qui nous ont servi la fable de l'islamisme modere se taisent

Par Martine Gozlan - Marianne, 8/2/2013



Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)
Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)
Alors que Tunis, en grève générale, porte aujourd’hui en terre Chokri Belaid, l’opposant laïc à Ennahda assassiné le 6 février, la légende de l’islamisme modéré véhiculée par tous les faux experts médiatiques vole en éclats de sang.

Besma Khalfaoui a le visage creusé par la douleur, mais ses mots jaillissent comme une source vive. La veuve de Chokri Belaid, sa petite fille serrée contre elle, ses amis et sa famille chantant l’hymne national, dit qu’elle pleurera plus tard, que ses larmes n’ont aucune importance. Elle continue, comme l’homme aimé qu’on lui a tué de quatre balles, à se battre pour une Tunisie démocratique. Vous connaissez le visage de Besma : elle a accepté de le montrer aux caméras et aux journalistes dans les ravages de la tristesse et le courage de la détermination. Le visage de Besma, penché sur le drapeau qui recouvre le corps de Chokri, puis levé, dévasté et énergique, vers ses interlocuteurs, est le « J’accuse » qui fait trembler aujourd’hui Ennahda, alors que le crime jette un pays dans la rue. 
Plus tard, on se souviendra de ces traits féminins à la douceur gommée par la brutalité de l’arrachement. Ce visage, accolé au portrait de l’homme assassiné, résumera la Tunisie qui marche sombrement en ce 8 février : il racontera l’insurrection des endeuillés.
Ce visage de survivante, il faudrait que certains de nos beaux esprits, en France, osent le regarder, eux aussi. Vous savez, ces esprits forts qui se piquent d’expertise magistrale. Ces bons maîtres qui tournent en boucle, depuis des années, sur les plateaux et sur les ondes, pour nous expliquer par A+ B que les islamistes étaient devenus démocrates. Qu’il fallait être un niais ou un islamophobe pour ne pas croire à leur intelligence politique. Qu’il fallait mettre en veilleuse nos idées archaïques de laïcité pour ne surtout pas froisser un destin arabe forcément soumis aux ordres de l’éternel ciel identitaire. 
Qu’en conséquence, on ferait mieux de la boucler avec nos bavardages suspects.
Aujourd’hui, c’est à ces clercs, à ces gourous divers, chercheurs, commentateurs, maîtres assistants de toutes les confusions, bien calés sur leur chaire de certitudes, que l’on conseille de regarder un instant, à la dérobée pour ne pas le salir, le visage de Besma, épouse d’un Tunisien patriote, démocrate et laïc. Le visage de la veuve de Chokri Belaid, assassiné parce qu’il jetait leur vérité et leur mensonge au visage des islamistes. Parce qu’il scandait son espoir d’une société juste, sociale, égalitaire : c’était un leader de gauche. Son besoin d’une société débarrassée du poison religieux politique. En un mot, un seul, raillé par ces experts nauséeux confits en dévotion devant l’objet islamiste de leurs recherches : une société laïque. Voilà ce que voulait Chokri Belaid et ce que refusent ses assassins.
On leur conseille donc, à ces bavards qui ont absous par bêtise tant de crimes antérieurs, de regarder Besma : mais ils n’y arriveront pas. Regardaient-ils, du temps que l’Algérie saignait, le visage des femmes qui survivaient à leur mari, fils, frère, sœur égorgés par les islamistes ? Ont-ils compté, pendant les nuits d’infinie souffrance algérienne et musulmane, les cadavres des citoyens, citoyennes, paysans, profs, médecins, politiques, journalistes, instituteurs, écolières abattus par les islamistes, premiers tueurs de musulmans ?
Ils ont la mémoire courte et la vision rétrécie, nos experts. Ils avalent et digèrent toutes les sinistres fariboles d’un parti politique qui a mis sa cravate des dimanches pour faire oublier les sabres et le khamis afghan des prêcheurs de djihad, ceux que Rached Ghannouchi, le leader d’Ennahda, appelle avec bonté « nos enfants salafistes ».
Devant le visage de Besma, face au peuple tunisien dressé contre l’islamisme menteur et assassin, devant cette insurrection arabe qui refuse la soumission au ciel des manipulateurs identitaires, que ces gens-là se taisent enfin !
Besma Khalfaoui réagit à la mort de son mari. (Amine Landoulsi/AP/SIPA)