Archives 2009-2017 du blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA), créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala. Rejoignez-nous!
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Le
jour, une poignée de casques bleus de la Minurso (contingent des
Nations unies au Sahara occidental) s’interposent entre les gendarmes
marocains et les hommes en armes du Front Polisario distants de 120
mètres. La nuit, plus personne ne sépare les deux groupes armés qui se
font face depuis bientôt quatre mois à Guerguerat, à l’extrême Sud du
Sahara occidental dans un no man’s land d’à peu près cinq kilomètres
entre le mur militaire marocain et la frontière de la Mauritanie.
Depuis le cessez-le feu de 1991 entre le
Maroc et le Front Polisario, qui se disputent cette ancienne colonie
espagnole, jamais la tension n’a été aussi vive entre les deux
adversaires, ni le risque d’une reprise des hostilités aussi élevé.
Acte 1 : les Marocains franchissent le mur à Guerguerat
L’histoire commence le 14 août 2016
quand des hommes du génie civil marocain escortés par des gendarmes
franchissent le mur à Guerguerat et commencent à goudronner la piste,
par où circulent des camions, qui mène à la douane mauritanienne. Dix
jours plus tard, la wilaya de Dakhla confirme l’opération entreprise par
le Maroc visant « à garantir la sûreté et la sécurité des usagers de
cet axe routier (…) ». Dans un communiqué, elle précise aussi qu’il
s’agit de « nettoyer » la zone et de « mettre fin aux activités de
contrebande ».
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à Bir Lahlou, le 5 mars 2016. PHOTO / FAROUK BATICHE / AFP.
Rien ne
va plus entre le royaume chérifien et le secrétaire général des Nations
unies. Le statut du Sahara Occidental est au centre de cette crise et
Rabat est passé en mode offensif face aux tentatives de Ban Ki-moon de
relancer les pourparlers sur ce conflit vieux de quarante ans.
Le royaume a annoncé le 15 mars la réduction de sa contribution à la Minurso, la mission onusienne
pour le maintien de la paix au Sahara Occidental. Le lendemain, le
secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon décide d’annuler sa
visite prévue au Maroc en juillet.
Tout a commencé durant la visite de Ban Ki-moon à Alger du 5 au
7 mars. Visite durant laquelle il ne s’est pas contenté de se rendre
dans les camps de réfugiés sahraouis près de Tindouf, dans le sud-ouest
de l’Algérie, mais il a également foulé le sol de Bir Lahlou, localité
située dans une zone contestée et gérée par les indépendantistes du
Polisario. C’est aussi un lieu où sont postés des observateurs
militaires de la Minurso, à l’est du mur de défense érigé par l’armée
marocaine. Une première pour un secrétaire général de l’ONU. A cette occasion, Ban Ki-moon a parlé de “référendum sur l’autodétermination” et utilisé le terme “occupé” en parlant de la présence marocaine dans le Sahara.
Les vieilles recettes de la propagande
Le Maroc a réagi en estimant sur un ton véhément que “l’utilisation de ce terme est ‘une insulte envers le peuple marocain’ et ‘une ineptie juridique et une erreur politique grave’”, en précisant qu’“aucune résolution du Conseil de sécurité n’a utilisé une telle terminologie”, relate Tel Quel.
Après avoir exprimé son “indignation” devant “les dérapages verbaux” de Ban Ki-moon, Rabat a appelé les Marocains à une marche le 13 mars pour dénoncer ces propos. “Certes,
la langue de Ban Ki-moon a fourché lors de sa visite dans les camps des
séparatistes. Fallait-il pour autant sortir de derrière les fagots les
vieilles recettes de la propagande pour lui faire comprendre que les
Marocains sont intraitables sur la question ?”demande le site marocain Le Desk, qui critique cette “politique de la table renversée” consistant à“ameuter
des millions de personnes à qui on distribue pain, sardines en boîte,
drapeaux, portraits du roi et effigies défigurées de Ban Ki-moon afin
d’insulter le secrétaire général de l’ONU, qui, jusqu’à preuve du contraire, reste la seule organisation représentative du concert des nations”.
Et d’asséner : “Quand c’est la machine de l’Etat qui orchestre cela, cela s’appelle de la bêtise diplomatique.”
Une démarche que Ban Ki-moon n’a guère appréciée non plus. Le
14 mars, il s’est plaint auprès du ministre marocain des Affaires
étrangères, Salaheddine Mezouar, du “manque de respect” du Maroc envers sa personne et envers les Nations unies et lui a fait part de “sa colère et [de] sa profonde déception”.
C’est Washington qui tire les ficelles
Pourquoi le secrétaire général des Nations unies a-t-il adopté cette position sur le Sahara ? “Les
déclarations de Ban Ki-moon dans les camps de Tindouf et à Alger,
hostiles aux intérêts marocains, indiqueraient une grave divergence de
vues entre le Maroc et les Etats-Unis, soutenus par la Grande-Bretagne,
sur la question du Sahara”,estime Yabiladi. Les deux capitales s’orienteraient vers “une
troisième voie qui serait plus que l’autonomie [proposée par le Maroc],
moins que l’indépendance [revendiquée par les Sahraouis]”. Une
solution qui serait élaborée par l’émissaire onusien Christopher Ross,
en poste depuis 2009, et qui pourrait prendre la forme d’un fédéralisme.
“Seulement, le Maroc refuse de l’accepter.”
Pour Yabiladi, “sur la question du Sahara, c’est Washington qui tire les ficelles” et le rôle des secrétaires généraux de l’ONU“se limite à accompagner la vision des responsables américains”. Ainsi Ban Ki-moon, qui “n’a pas fait montre d’une grande autorité sur la scène internationale”, obéit au tempo politique orchestré par les Etats-Unis. Le site marocain rappelle qu’en 2013 déjà “les
services du chef de la diplomatie américaine John Kerry avaient soumis
au Conseil de sécurité un projet de résolution proposant d’élargir le
mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme au Sahara.
Une manœuvre que le Maroc avait réussi à déjouer.”
Rapprochement Rabat–Moscou
Et pour contrer les idées fédéralistes soutenues par Washington et Londres, Mohammed VI
est allé jusqu’à Moscou chercher l’appui de Vladimir Poutine. Une
visite commencée le 13 mars et qui a donné lieu le 15 mars à une
déclaration commune aux deux dirigeants stipulant : “La Russie et le
Maroc ne soutiennent aucune tentative d’accélérer ou de précipiter la
poursuite du processus politique, ainsi que toute sortie au-delà des
paramètres déjà établis dans les résolutions existantes du Conseil de
sécurité des Nations unies”,relate Le Desk.
Un rapprochement stratégique qui pourrait conduire au gel du dossier
du Sahara. Dans le même temps, les deux pays ont signé plusieurs accords
bilatéraux, notamment au plan des échanges commerciaux pour “favoriser les exportations agricoles marocaines et les importations de céréales russes”.
Dans l’immédiat, les Nations unies auront à remplacer quelque 3 millions
de dollars que le Maroc versait pour assurer le logement et la
nourriture des casques bleus de la Minurso. Sans oublier qu’il faudra
prendre des mesures si le Maroc met à exécution sa volonté de retirer
des contingents marocains engagés dans les opérations de maintien de
la paix.
SANTÉ – Début d'un bras de fer entre le ministère de la Santé
et Zouhair Lahna, médecin humanitaire auréolé par la presse pour ses
actions auprès des victimes de la guerre en Syrie, qui vient d'ouvrir un
cabinet médical gratuit à Casablanca.
Situé entre les quartiers
périphériques Oulfa et Hay Rahma, le cabinet est destiné aux migrants et
aux Marocains en situation précaire qui peuvent venir y recevoir des
soins médicaux entièrement gratuits.
Alors que la pré-ouverture
du cabinet a eu lieu le 15 janvier dernier, le ministère de la Santé a
dépêché hier une inspection auprès du centre, "sans même me prévenir",
fustige Zouhair Lahna.
"Ni le ministère de la Santé, ni le Conseil
de l’ordre des médecins n’a reçu une demande d’autorisation pour
l’ouverture de ce dispensaire. Il s’agit d’un exercice illégal de la
profession. D’autant que cela favorise aussi la concurrence déloyale
vis-à-vis des médecins et hôpitaux qui payent des impôts", explique au
HuffPost Maroc le ministre de la Santé Houcine El Ouardi.
"Sur le
principe, je n’ai rien contre l’ouverture de ce centre, à condition que
cela se fasse dans la légalité et conformément à certaines normes,
notamment techniques et logistiques", tempère toutefois le ministre.
Une initiative "qui dérange"
Pourtant,
selon Zouhair Lahna, "la demande d’autorisation a été déposée sur le
bureau du Conseil de l’ordre des médecins de Casablanca. Quant au
ministère de la Santé, dans la mesure où il s’agit d’un cabinet privé,
il n’est pas concerné par une quelconque demande d’autorisation de ma
part".
"Est-ce qu’ils viennent vérifier ce qui se passe dans les
hôpitaux publics? Je ne le crois pas. La véritable raison, c’est que
l’idée de l’ouverture de ce cabinet, tout comme ma notoriété auprès des
Marocains, dérange le ministère. Si j’étais un médecin méconnu qui fait
peu de bruit et que je m’installais sans autorisation, il n’en aurait
que faire", ajoute le médecin.
Zouhair Lahna déplore également le
manque de collaboration du ministère de la Santé, qui devrait plutôt le
considérer "comme un allié et me tendre la main au lieu de me mettre des
bâtons dans les roues. Je suis là pour aider le système, non pas pour
lui tirer dessus", estime-t-il.
Un secteur malmené par la privatisation? En
2014, la publication du projet de loi 10-94 sur l’ouverture du capital
des cliniques aux investisseurs privés non professionnels avait suscité
une levée de boucliers auprès des professionnels de la santé. Présentée
par le ministre de la Santé Houcine El Ouardi, cette mesure, fondée sur
la base d’un partenariat public-privé, se voulait une alternative au
manque de ressources et d’infrastructures de base, un fléau qui sévit
notamment dans les zones rurales du royaume. Des territoires où les
cliniques privées se font rares, a contrario des pôles urbains du
royaume. "La privatisation à outrance du secteur de la santé ne va
pas tirer notre pays vers le haut", prévient par ailleurs Zouhair
Lahna.
Les participants à la
«Caravane de solidarité avec les Subsahariens» ont dû rebrousser chemin
samedi dernier.
Il leur a été interdit de mettre le pied à Tanger et
ils ont été bloqués à l'entrée de la ville par les agents de la sûreté
nationale qui ont dit avoir reçu l'ordre d’empêcher leur accès à la
ville.
«Nous avons été arrêtés à plusieurs
reprises par les éléments de la Gendarmerie Royale. Une première fois à
la sortie de Larache et une deuxième fois à Asilah et, chaque fois, nous
avons été obligés de subir un contrôle d’identité souvent long et
intimidant», a révélé Saïd Tbel de l’Espace associatif. Une version
confirmée par Kamara Lay, coordinateur du Conseil des migrants
subsahariens au Maroc (CMSM) qui a affirmé que le cortège de voitures
participantes a été suivi dès sa sortie de Rabat par les services
sécuritaires et qu’il a fait l’objet de surveillance tout au long de la
route menant vers la capitale du Détroit. «Pour les gendarmes, ces
contrôles n’ont rien d’anormal, il s’agit bel et bien de contrôles
ordinaires destinés à assurer la sécurité sur les routes nationales», a
indiqué Said Tbel.
Pourtant, les choses vont s'envenimer
à l’entrée ouest de la ville, précisément à la zone industrielle de
Gueznaya, où les policiers ont interdit au cortège composé de plusieurs
associations nationales et internationales d’entrer dans la ville sans
donner, pour autant, une raison valable justifiant cette interdiction.
«Personne n’a été capable de nous expliquer pourquoi nous avons été
retenus à l’entrée de la ville. Les sécuritaires sur place se sont
contentés d’évoquer des consignes qu’ils ont reçues et qu’ils sont
censés appliquer à la lettre», a raconté notre source.
Des explications qui ont sorti les participants de leur gond. «On ne
peut pas interdire une caravane pour la simple raison que des consignes
dont on ne sait même pas l’origine en ont décidé ainsi», a lancé le
militant de l’Espace associatif en estimant que les vraies motivations
de la décision d’interdiction sont ailleurs. «Les pouvoirs publics
tentent de tourner la page sur ce qui s’est passé au quartier Boukhalef à
Tanger et essaient d’éviter tout ce qui peut attiser la tension entre
les Marocains résidant dans ce quartier et les migrants subsahariens»,
a-t-il expliqué avant d’ajouter qu’il doit y avoir aussi des arguments
autres que sécuritaires. D’après lui, l’interdiction de cette caravane
s’inscrit dans le cadre du bras de fer entre le ministère de l’Intérieur
et les ONG de défense des droits de l’Homme. « Nous avons constaté que
les autorités locales sont de plus en plus enclines à entraver les
activités et les actions des ONG», a-t-il précisé. Une donne que
confirment plusieurs interdictions constatées dernièrement comme celles
dont la Ligue marocaine de défense des droits de l’Homme a fait les
frais puisqu’elle s’est vu interdire d’utiliser le centre Bouhlal et
comme celle qui a touché l’AMDH qui a vu les portes de la Bibliothèque
nationale de Rabat fermées au nez des personnalités qu’elle a invitées à
sa conférence sur les médias et la démocratie.
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