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vendredi 20 septembre 2013

Ali Anouzla arrêté pour la diffusion d'une information publiée ailleurs sans problème




Maroc : Arrestation du journaliste Ali Anouzla après sa publication d’une vidéo d’Al-Qaïda 
Par Fikri El Azrak, SIWEL 17 /9/2013

Le journaliste Ali Anouzla. PH/DR
Le journaliste Ali Anouzla. PH/DR

RABAT (SIWEL) — Les autorités marocaines ont arrêté le journaliste Ali Anouzla , directeur du site web lakome.com, pour avoir diffusé une vidéo d'Al Qaïda. Ali Anouzla est connu pour être un opposant farouche au pouvoir marocain.

Ali Anouzla est arrêté aujourd’hui (mardi 17 septembre 2013) à 07 H du matin devant le siège de son site web à Rabat, par 8 policiers qui ont confisqué tous les ordinateurs qui sont à l’intérieur du siège du journal électronique lakome.com. L’arrestation vient après un appel du procureur général du roi de la cour d’appel de Rabat, qui a déclaré que l’arrestation sera accompagnée d'un suivi juridique contre le journaliste après sa publication d’une vidéo d’Al-Qaïda qui menace la monarchie marocaine.

Cette arrestation pose plusieurs questions, parce que ce n’est pas Anouzla uniquement qui a publié la vidéo. La vidéo a été publiée par plusieurs journaux et sites web nationaux et internationaux, dont le site international « youtube.com », et tous les médias internationaux publient les annonces et les appels d’Al-Qaïda sans aucun problème. Alors, pourquoi les autorités marocaines arrêtent le journaliste opposant Anouzla?

D’autre part, nous indiquons que le site opposant est plus irritant à travers ses articles contre le totalitarisme, la tyrannie, la dictature.... Il a publié plusieurs articles sur la cause du Sahara occidental, les détenus politiques du Rif, le droit à l'autodétermination des peuples, et aussi, il a été le premier site web qui a publié la nouvelle de la grâce royale au pédophile espagnol. La nouvelle qui a fait une mobilisation médiatique, indignée et politique dans le Maroc. Toute notre solidarité avec le journaliste arrêté. 


http://www.siwel.info/Maroc-Arrestation-du-journaliste-Ali-Anouzla-apres-son-publication-d-une-video-d-Al-Qaida_a5455.html
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Vidéo d'Aqmi sur le Maroc: un journaliste arrêté, Rabat va poursuivre El Pais


Rabat (TV5-AFP) - 17.09.2013 18:32

Les autorités marocaines ont interpellé mardi un responsable d'un site local d'informations et annoncé des poursuites en Espagne contre le quotidien El Pais, à la suite de la diffusion d'une vidéo d'Al-Qaïda appelant à commettre des attentats dans le royaume.
Le journaliste marocain Ali Anouzla lors d'un procès pour délit de presse à Rabat, le 29 septembre 2009
afp.com - Abdelhak Senna
voir le zoom : Le journaliste marocain Ali Anouzla lors d'un procès pour délit de presse à Rabat, le 29 septembre 2009
Les autorités marocaines ont interpellé mardi un responsable d'un site local d'informations et annoncé des poursuites en Espagne contre le quotidien El Pais, à la suite de la diffusion d'une vidéo d'Al-Qaïda appelant à commettre des attentats dans le royaume.
Mardi matin, Ali Anouzla, directeur de la publication de la version arabophone de Lakome --un site qui compte aussi une version française--, a été interpellé à Rabat. Les unités centrales d'ordinateurs ont par ailleurs été saisies lors d'une perquisition dans les locaux de Lakome, selon des journalistes sur place.
Le procureur général du roi a indiqué dans un communiqué que M. Anouzla avait été arrêté "après la diffusion par le journal électronique d'une vidéo attribuée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), comprenant un appel clair et une incitation directe à commettre des actes terroristes" au Maroc.
"Les procédures judiciaires adéquates seront appliquées à la lumière des résultats de l'investigation", a-t-il ajouté.
En début de soirée, le journaliste se trouvait toujours en garde-à-vue à Casablanca, selon des proches. Il pourrait être poursuivi dans le cadre d'une loi antiterroriste.
Dans un communiqué distinct, le ministère de la Justice a de son côté annoncé que le gouvernement marocain allait porter plainte, en Espagne, contre le quotidien El Pais, pour avoir diffusé cette même vidéo d'Aqmi sur son site internet.
D'après le texte, le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, a contacté son homologue espagnol, Alberto Ruiz-Gallardon, pour lui faire part de la "préoccupation" de Rabat.
Intitulée "Maroc: le royaume de la corruption et du despotisme", la vidéo, diffusée la semaine dernière par Aqmi, était accessible à partir du site arabophone de Lakome via un lien renvoyant sur celui d'El Pais. Il était en revanche directement accessible sur la version française.
D'une quarantaine de minutes, cette vidéo d'Aqmi fustige la monarchie marocaine et appelle au jihad.
Elle a depuis été supprimée par Youtube pour non-respect des règles en matière de "violence".
Sur son site internet, Lakome a exprimé son incompréhension à la suite de l'arrestation d'Ali Anouzla, notant avoir précisé "dès le départ" qu'il s'agissait "d'une vidéo de propagande". Il a également avancé que la diffusion de vidéos d'Al-Qaïda était "une pratique constatée dans les médias internationaux".
Connu pour ses prises de position critiques à l'encontre des institutions marocaines, dont la monarchie, M. Anouzla a déjà fait l'objet de poursuites judiciaires par le passé.
Il a reçu le soutien du mouvement pro-réformes du 20-Février, né durant le Printemps arabe, qui a appelé mardi dans un communiqué à sa "libération sans condition".
Un sit-in de protestation est prévu mercredi (17H00 GMT) à Casablanca.
Dans un communiqué, le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), tout en évoquant "le respect de la liberté d'expression", a pour sa part estimé que celle-ci devait "être exercée dans le cadre du respect de l'éthique".
Le Maroc a été la cible de plusieurs attentats ces dix dernières années, dont ceux de Casablanca en mai 2003. Perpétrés par 12 kamikazes, ils avaient fait 33 morts.
Les autorités annoncent régulièrement le démantèlement de "cellules terroristes", la plupart liées à Al-Qaïda.
© 2013 AFP
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Video-d-Aqmi-sur-le-Maroc-un-journaliste-arrete-Rabat-va-poursuivre-El-Pais.htm?&rub=6&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20130917.d9dc8bdb.30ab.40aa.a97d.b1eb1f21bee8.xml

mercredi 14 novembre 2012

Maroc: La fiancée d'un défenseur des droits de l'homme maltraitée, puis relâchée par les services de renseignement

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Le 1er novembre dernier, Karima El Berhihi, la fiancée d'un défenseur des droits de l'homme a été enlevée, torturée puis relâchée par les services de renseignement marocains à Larache au nord du Maroc. Une fois libérée, elle a porté plainte au poste de police le plus proche malgré les menaces des agents des services de renseignement de l'enlever de nouveau. Les agents de police ont refusé d'enregistrer sa plainte.

Karima El Berhihi sort de chez elle vers dix heures ce matin-là, le 1er novembre. A peine quelques minutes plus tard, elle est abordée par deux hommes. Des agents des services de renseignement en civil. Ils disent vouloir « discuter un peu avec elle ». Elle refuse de répondre à leurs questions. Les hommes la forcent alors à entrer dans la voiture noire aux vitres teintées qui les suivait. A l'intérieur, on lui ordonne de garder la tête posée sur les genoux durant toute le trajet pour qu'elle ne puisse pas voir où ils l'emmènent.

La voiture s'arrête enfin. Ses kidnappeurs lui bandent les yeux et la font entrer dans un bâtiment pour l'interroger. Là, elle est interrogée pendant de longues heures sur ses liens avec Anas El Haloui, porte-parole de la Coordination conjointe pour la défense des détenus islamistes, prisonnier politique et défenseur des droits de l'homme. Les agents lui posent des questions sur ses activités et sur ce qui l'a conduit à se fiancer avec lui. Devant son refus de répondre, les agents se mettent à l'insulter, l'humilier et à la battre. Ils la menacent même de viol. Les agents finissent par libérer la jeune femme de 26 ans en pleine nuit dans les faubourgs de Larache après l'avoir menacée de l'enlever de nouveau si elle osait raconter à qui que ce soit ce qui venait de lui arriver.
Le lendemain de son enlèvement, Karima se rend au poste de police pour déposer plainte pour enlèvement et torture. Les agents de police refusent toutefois d'enregistrer sa plainte, rétorquant qu'il s'agissait « encore une manœuvre de (s)on futur mari ».
Rachid Mesli, Directeur juridique d'Alkarama se déclare inquiet de ces « actes d'intimidation (qui) visent de toute évidence à terroriser Mme El Berhihi en raison de ses liens avec un défenseur des droits de l'homme ». Ceci est d'autant plus alarmant qu'il est à craindre que ces pratiques constituent également des mesures de représailles contre M. El Haloui lui-même en raison de sa rencontre avec M. Méndez, Rapporteur spécial sur la torture lors de sa visite au Maroc en septembre dernier.
Aussi, Alkarama a décidé de soumettre le cas de la jeune Marocaine à la Mme Sekaggya, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme et à M. Méndez, Rapporteur Spécial sur la torture. Alkarama appelle les autorités marocaines à mettre un terme aux actes d'intimidation à l'encontre de Karima El Berhihi et de son fiancé défenseur des droits de l'homme et d'ouvrir une enquête impartiale sur les actes d'enlèvement et de mauvais traitements auxquels Karima a été soumise.

mardi 8 mai 2012

Maria Karim ou les atavismes de la dictature marocaine



 Maria Karim lors d'une manifestation du 20 février (Photo DR) 

 Il en va de la réalité des régimes politiques comme de celles de la génétique. Le spectre du matériel emmagasiné y est inscrit à tout jamais. Indélébile. Des décennies de comportements et de réflexes finissent par imprimer leur marque aux gènes les plus intimes du pouvoir et se communiquer à tous les rouages du système politique, jusqu’aux ramifications les plus ténues de celui-ci. 
 Changements à la tête de l’État, retouches  constitutionnelles, remaniements ministériels,  renouvellement du parlement, sont autant d’opportunités en démocratie pour expérimenter d’autres politiques et s’essayer à d’autres pratiques, susceptibles d’influer sur le développement du pays et le bien-être de ses citoyens. Au Maroc, bien que nous ayons eu droit à tout cela, les atavismes de la dictature et la résurgence des anciennes pratiques sont là pour nous rappeler le fossé qui nous sépare d’un véritable État de droit et à fortiori d’une démocratie digne de ce nom. 

 Hier, en pleine audience du procès du rappeur Mouad Belghouat, Alias « Lhaqed », le juge ordonnait l’arrestation de Maria Karim, pour « Outrage à avocat de la partie civile ». Une des spécialités favorites des dictatures est de s’en prendre aux voix discordantes pour les réduire au silence. Il faut croire que Maria en est une qui porte loin, puisqu’elle avait réussi à fédérer, autour d’elle, bon nombre de personnalités et de médias, lors du premier procès intenté à Mouad, pour d’imaginaires coups et blessures portés à un membre de l’Alliance royaliste. Silence de rigueur dans les médias et les journaux marocains sur ce rebondissement. Ce sont de rares initiatives privées qui nous valent les reportages sur cette audience. 

Et c’est l’avocate de « Lhaqed » qui a eu les mots justes pour décrire l’ignominie de ce mardi 8 mai dans cette salle de l’injustice: 
 - « Nous voilà revenus aux arrestations des années soixante-dix, quatre-vingt ! dangereuse situation, très dangereuse » Dit-elle, en se retournant, comme pour s’assurer que personne ne pouvait entendre ce qu’elle allait livrer face à la caméra. 
 - « Qu’un citoyen, venu assister à un procès public se fasse enlever en plein prétoire, est tout simplement insupportable, aux défenseurs des droits de l’homme que nous sommes ! Il s’agit là d’un recul, d’un retour aux années de plomb, avec leur cortège d’enlèvements, d’emprisonnements et peut-être même d’assassinats extrajudiciaires, après ce vote récent du fameux article 7, accordant l’immunité aux militaires, dans l’exercice de leurs fonctions ! » 
 À sa sortie du tribunal, Maître Rouissi Skalli n’a pas manqué de rappeler le contexte de cette arrestation : le procès de la liberté d’expression, en totale contradiction avec l’ article 25 de la constitution et de tous les principes des droits de l’homme. 
 -« Le rap est une nouvelle forme de l’art. Il est, en soi, une sorte de dérision, un franc-parler. Il est comme ça ! » Martèle-t-elle avant de s’interroger sur les véritables instigateurs de la vidéo incriminées et que le rappeur se défend d’avoir conçue. Naguère, le régime produisait des armes, des munitions, des caches empruntés à son propre arsenal et des tracts séditieux apocryphes appelant à la révolution, pour arrêter, emprisonner, torturer, faire condamner ses opposants, les faire disparaître ou contraindre à l’exil. Les mêmes méthodes persistent sans aucun doute, aujourd’hui. Seuls les moyens ont évolué pour s’adapter à l’ère de la technologie, comme par exemple imaginer cette vidéo, la produire et la publier. Un pur jeu d’enfant pour l’un de ces milliers d’informaticiens recrutés par les officines du régime pour combattre les démocrates sur la toile. Si cette théorie était avérée, ces spécialistes auront tout de même cogité un bon moment avant d’accoucher de leur document. Un éléphant accouchant d’une souris. A moins que, comme le suggère, si bien l’avocate, il n’était question de vengeance à froid et de règlement de comptes, le temps pour les thuriféraires du régime de « lifter » la constitution, le référendum d’avoir lieu, les élections de se dérouler et les urnes d’accoucher du résultat que l’on sait, histoire de donner à ce nouveau procès l’habillage de la légalité. 

L’animatrice du comité de soutien de notre rappeur, a dormi sa première nuit en prison. Pas loin de « Lhaqed » et du « Poète du peuple », Younès Belkhdim. Les deux artistes en concevront, sans doute, une raison supplémentaire de poursuivre leur combat pour la liberté, Mouad par son rap rancunier et Younès par ses textes enflammés. Malade et diminuée physiquement, Maria a eu le courage de lutter pied à pied, sans relâche, des semaines entières, au péril de sa propre santé, pour ébruiter l’affaire du rappeur et lui faire retrouver la liberté. Quelle que soit l’issue du traquenard que les sbires du régime lui ont tendu, un devoir s’impose à tous, lui apporter l’aide et l’assistance qu’elle a amplement méritées. « Ceux qui vous donnent tant, parce qu’ils vous aiment, vous n’aurez jamais de mérite de le leur avoir rendu ! »
  URL courte: http://www.demainonline.com/?p=17116 
http://www.demainonline.com/2012/05/08/maria-karim-ou-les-atavismes-de-la-dictature-marocaine/#comment-66333
http://www.demainonline.com/2012/05/08/maria-karim-ou-les-atavismes-de-la-dictature-marocaine/#comment-66333

samedi 31 mars 2012

Mouad Belghouat "L7a9ed" à nouveau en prison (TV5MONDE)

la police manque vraiment d'humour...
Vidéo ajoutée par tv5monde le 31/3/2012
http://youtu.be/CKNrbzP4Xt8
Le rappeur marocain à nouveau arrêté au Maroc, cette fois pour outrage à la police. Il sera fixé sur son sort la semaine prochaine. 
La correspondance de Mehdi Meddeb dans le journal de TV5MONDE.

par Younes Derraz facebook
Ces enfoirés de makhzéniens se sont mis à six pour arrêter Mouad, ou plutôt pour le kidnapper !!! Six !!!! Comme si Mouad était un gros trafiquant armé jusqu’aux orteils ! Il a fallu six de nos Rambos super entrainés et super préparés pour arrêter un artiste pacifique frêle comme un bambou ! Mais je les comprends, le gracile Mouad est GÉANT, est PUISSANT, est INDESTRUCTIBLE, non pas par sa force physique, mais par la force de ses mots, la force de son engagement, la force de sa conviction !

mardi 27 mars 2012

Sidi Ifni : Nouveaux affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants

Par Houda Belabd, Yabiladi, 26/3/2012

Voici seulement quatre années que les premiers accrochages ont eu lieu à Sidi Ifni (voir article) entre manifestants et force de l’ordre. Hier, malgré le long répit qu’a connu la ville marocaine, un regain de violences a eu lieu.
 
/DR. Le mouvement du 20 février promet de participer au développement de la ville...

Selon des témoins oculaires, des affrontements ont eu lieu, samedi soir, devant un commissariat de police à Sidi Ifni. Ces premières échauffourées ont dégénéré, hier dans la matinée, en jets de pierres, éclats de feu dans des roues en caoutchouc et blocage de plusieurs zones dans la ville par les forces de l’ordre. La raison en est essentiellement l’arrestation et la grève de la faim du militant du 20 février, Yasser Njaji. De ce fait, un sit-in a été annoncé, la semaine dernière, par le biais des réseaux sociaux, pour dénoncer « la torture policière », selon les termes des manifestants.

Cependant, le blocage des sites de la ville a joué les prolongations. En effet, d’après le site d’informations générales Agadir 24, «les routes menant à Tiznit et Guelmim ont été bloquées aux autobus et voitures et ce, pendant plus d’une journée ». Ceci serait par crainte de la propagation des affrontements, au-delà de la ville. En effet, la solidarité entre manifestants aux quatre coins du Maroc se fait remarquer de plus en plus ces derniers temps. Preuve en est la solidarité tous azimuts qui ont suivi les évènements de Beni Bouayach, il y a quelques semaines de cela.

La famille du détenu, envisage de continuer ses protestations qui durent depuis le 23 mars. Selon la même source, ces dernières manifestations seraient pacifiques. « La famille du détenu ainsi que ses sympathisants ont parcouru la ville en passant devant une école. Ensuite, ils ont scandé des slogans incitant la police à faciliter sa libération », continue la source. En effet, Yasser a été arrêté le vendredi 23 mars, suite à une manifestation et a été déféré au Procureur du roi. Celui-ci a ordonné son suivi en cas d'arrestation. Selon les dernières nouvelles, Yasser attend sa prochaine audience demain à Tiznit.

Ses amis et sympathisants ont déclaré à Agadir 24 que Yasser reste «un activiste de premier plan et est très engagé dans le mouvement du 20 février ». Celui-ci ne réclame pas plus que « le droit au travail à ses citoyens et un peu plus de dignité sociale ».

Rétrospective…

En 2008, la chaîne qatarie Al Jazeera avait réalisé un débat sur les affrontements qu’avait connues la ville suite à l’appel de ses habitants au gouvernement marocain à optimiser l’utilisation des ressources mais aussi à favoriser le développement économique et social de la région. En 2009, l’Etat marocain a réagi en lançant des projets sociaux. Initiative jugée insuffisante par les habitants. En 2011, les jeunes du 20 février ont incité les habitants à se révolter car les initiatives étatiques restaient, rapporte Lakome, « de la poudre aux yeux » et relevaient de la « politique de l’autruche » pour calmer la situation locale.

Aujourd’hui, le militantisme gagne du terrain et les manifestations promettent de jouer les prolongations.


jeudi 15 septembre 2011

Le rappeur Moad Al-Haqed en prison depuis une semaine

Par Bassirou BA, 14/9/2011

L'affaire Moad Al-Haqed
Des zones d'ombre

Cela fera bientôt une semaine que le rappeur contestataire Moad Al-Haqed vit en état de détention. Ce militant du Mouvement du 20 Février (M20) fait en effet l'objet de poursuites judiciaires pour avoir “agressé” un contre-manifestant.

Il est détenu depuis quatre jours, a indiqué Me Mehdi Msâad, son avocat. Ce dernier, qui s'exprimait ce mardi lors d'une conférence de presse, a affirmé que le jeune rappeur est “poursuivi par un tribunal de Casablanca qui l'accuse d'avoir agressé vendredi dernier un contre-manifestant”.

Celui-ci, surnommé “Hammouda”, accuse Moad de l'avoir agressé physiquement. Mais selon Me Msâad dont les propos ont été rapportés par l'Agence France-Presse (AFP), “c'est en fait Moad Al-Haqed qui a le premier porté plainte au commissariat de Casablanca pour protester contre les provocations de ce jeune contre-manifestant, connu dans le quartier pour être proche des autorités locales”.

Le 20 Février se mobilise
En plus de ses parents, amis ou simples fans, le M20 se mobilise depuis quelques jours pour la libération de Moad dont les chansons “très critiques à l'égard des autorités, sont très écoutées notamment sur les réseaux sociaux”.

Ainsi, ses membres ont déjà organisé une marche samedi dernier devant le commissariat central de Hay Hassani-Ain Chock (Dar hamra), et une autre en début de semaine devant le tribunal.

“Nous avons également tenu un sit-in dans le quartier de Moad (Al Oulfa) pour sensibiliser les habitants”, nous a déclaré au téléphone Nabil Belala, membre de la section de Casablanca du mouvement.

Une affaire politique?
En attendant la suite que va donner la justice à cette affaire, certains dénoncent déjà une “arrestation politique”.

“C'est une arrestation politique pour mettre fin aux activités de Moad au sein du mouvement et ainsi porter un coup dur à l'élan de celui-ci.”

L’humoriste Bziz, présent lors de la conférence de presse, est également convaincu qu'il s'agit-là d'une affaire politique: “Je connais Moad Al-Haqed. C'est un artiste non violent. Il s'agit d'une affaire politique”, a-t-il indiqué, cité par l'AFP.

Selon son avocat, “Moad est actuellement en prison”, le juge d'instruction ayant “refusé” la demande de le poursuivre tout en le laissant libre vu que l'accusé “n'a pas d'antécédents judiciaires”.
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Liberté au jeune poète et artiste Mou3ad. Assez de provocation et de manipulation. Le peuple a bien grandi et puissamment conscient de ce qui se trame autour du Mouvement 20 février. On ne lâchera rien, le soulèvement est inévitable si les incultes au pouvoir refusent de dégager! 
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Lhaqed victime d’un coup monté ?

Par  Alae BENNANI, 13/9/2011
Accusé d’agression et de violence contre un anti-20 février, le rappeur casablancais Mouad El Maârouf, alias Lhaqed, a été mis en garde à vue dans la nuit du vendredi dernier. Récit et réactions.


Dès la nuit du vendredi, des manifestations ont été organisées devant le commissariat où le rappeur a été placé, demandant sa libération immédiate. Photos AICPRESS

Vendredi vers 16h00, le rappeur et militant du Mouvement du 20 février, Mouad El Maârouf, entend depuis la fenêtre de sa chambre des cris et du brouhaha dans son quartier d’El Oulfa à Casablanca. Quelqu’un profère des insultes à son égard. Il s’agit de Hamouda, alias Taliani, l’un des anti-20 février les plus notoires du pays. «Ce dernier est venu à plusieurs reprises au quartier de Lhaqed insulter publiquement le mouvent contestataire et, en particulier, le jeune rappeur. Ça devenait insupportable», nous confirme un ami de Mouad. Lhaqed descend donc de chez lui pour voir ce qui se passe. «Il y a eu un petit accrochage entre les deux, mais les témoins les ont rapidement séparés, avant même qu’ils en arrivent à se donner des coups», témoigne ce même ami. Une fois séparés, Taliani serait reparti. «Mais, comme par enchantement, une estafette de police s’est rapidement manifesté et s’est arrêtée devant la maison de Lhaqed. Ils ont demandé au rappeur ce qui n’allait pas et ce dernier leur a raconté que Taliani l’avait provoqué», nous raconte notre témoin.
Recherché pour agression et violence


Les forces de l’ordre ont donc invité Lhaqed à se rendre au commissariat pour déposer une plainte contre la personne concernée. Une fois au commissariat, Lhaqed est pris à l’appât : la police l’informe qu’il est recherché pour agression et violence contre Taliani qui est dans le coma, certificat médical à l’appui. Aussitôt, Lhaqed est envoyé en garde à vue au commissariat Dar El Hamra de Hay El Hassani. « Je trouve que c’est un coup spectaculairement monté contre les partisans du 20 févier. La rapidité et la grande efficacité qui ont marqué l’arrestation de Lhaqed sont pour le moins inhabituelle », avoue l’ami du rappeur.


Des jeunes du Mouvement du 20 février ont aussitôt réagi. Ils ont observé, dès la nuit du vendredi, des manifestations devant le commissariat où le rappeur a été placé, demandant sa libération immédiate. Des manifestations qui se sont poursuivies le lendemain samedi. S’il est accusé d’agression et de violence contre Taliani, Lhaqed semble plus payer le prix de ses morceaux de rap, dont les propos anti-gouvernement, d’une rare audace, font le tour de la Toile. De son clip « Khitab » qui parodie ironiquement les discours royaux, à son clip « Klab Dawla » où il traite la police de «lèche-bottes» en passant par « Mgharba 3i9o » invitant les Marocains à se secouer et à faire gaffe aux Fassis «assoiffés d’argent et de pouvoir », Lhaqed a la langue haineuse et gêne beaucoup de personnes anti-20 février.


Pour l’ami de Lhaqed, «tout cela sent le complot . C’est une manière de perturber le programmes des marches du Mouvement du 20 février et de le discréditer».


Mis à part le groupe Facebook : « Pour la libération de Lhaqed » qui compte plus de 1000 membres, les associations des droits de l’Homme et les artistes déplorent une insulte à «la liberté artistique», pourtant garantie dans l’article 25 de la nouvelle Constitution.
«L’audace et les paroles de Lhaqed ne doivent pas le mener en prison, nous affirme Khadija Riadi, présidente de l’AMDH. Au contraire, cette personne a influencé positivement plusieurs militants dans le domaine de l’art et la liberté de la création artistique. C’est une atteinte à l’art et à la culture que d’avoir encore, aujourd’hui, recours à ce genre de méthodes au Maroc ». Plusieurs artistes ont également dénoncé cette «injustice» et ont exprimé sur les réseaux sociaux leur solidarité avec Mouad El Maarouf. « Que peut on attendre d’un pays qui met ses artistes en prison ? », s’inquiète Réda Allali, chanteur et guitariste du groupe Hoba Hoba Spirit sur son mur. L’indignation ne fait que commencer.◆