Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est affaire Abdellatif Hammouchi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est affaire Abdellatif Hammouchi. Afficher tous les articles

mercredi 30 mars 2016

Ce vendredi, le 1er avril, procès du royaume du Maroc contre Zakaria Moumni.


Le 1er AVRIL 2016, à 13:30, se tiendra à la 17ème chambre du Tribunal de grande instance de Paris, l’audience du procès en diffamation intenté par le royaume du Maroc qui se constitue partie civil face à M. Zakaria Moumni pour des propos tenus sur BFMTV le 11 janvier 2015.

Me Patrick Baudoin, et Me Clémence Bectart, assurent sa défense.
Pour rappel,
Aux termes d'un procès-verbal de synthèse en mars 2015, l'office central de lutte contre les Crimes contre l'Humanité / Crimes de Guerre et Génocide, à la suite de longues investigations, expertises médicales et psychologiques, a conclu : " qu'il existe une ou plusieurs raison plausibles de présumer que la ou les infraction de torture ou actes de barbarie, ont été commises et peuvent être retenues contre Abdellatif Hammouchi, le directeur de la police et des renseignements marocain ". 

Le 27 mars 2015, le parquet de Paris a envoyé une dénonciation officielle aux autorités marocaines pour poursuivre Abdellatif Hammouchi en justice, sans que le juge français ne soit dessaisi de l'affaire, faute de réponse des autorités marocaines la justice française reprendra le relais.

jeudi 17 avril 2014

Nouvelles révélations dans l'affaire Zakaria Moumni . Le Makhzen au pied du mur

 N.B, h24info.ma 9/4/2014
Le torchon brûle entre Mohand Laenser et Zakaria Moumni
Le torchon brûle entre Mohand Laenser et Zakaria Moumni © Photomontage H24info


L'ex ministre de l'Intérieur Mohand Laenser reconnait avoir eu des contacts avec l'ancien champion qui affirme avoir été torturé. Pour la partie marocaine, Zakaria Moumni fait du chantage.
L'histoire de Zakaria Moumni avec les autorités marocaines n'en finit pas. La lettre ouverte que l'ancien champion a envoyé à Mohammed VI, et dans laquelle il affirme avoir été "torturé" dans le centre de la DGST à Temara, a fait sortir de son silence l'ancien ministre de l'Intérieur, et l'actuel ministre de l'Urbanisme,  Mohand Laenser.


Mohand Laenser révèle à Akhbar Al Yaoum qu'il a bien eu des contacts avec Zakaria Moumni. Le ministre explique qu'il lui a téléphoné "deux ou trois fois, après qu'il a interpellé à plusieurs reprises l'Etat marocain, pour savoir ce qu'il demandait. " Mais il poursuit sur un autre ton "Par contre, ses affirmations sur la compassion du roi pour son sort et la protection dont bénéficient ceux qui l'auraient torturé sont de la pure fiction".

Selon Laenser, Moumni a décliné l'offre qui lui a été faite pour travailler au ministère de la Jeunesse et des Sports et a fait une demande d'aide financière, après la dégradation de sa situation suite à son arrestation. Le ministre a demandé ensuite au boxeur d'envoyer sa demande par lettre. "Le ministère a reçu une lettre qui demandait une somme conséquente de 6 milliards de centimes, signé par Zakaria Moumni et son épouse française" a ajouté le ministre au quotidien.

Un club sportif à Paris
La réponse de Zakaria Moumni ne s'est pas faite attendre. Dans une déclaration au site Goud, Moumni affirme qu'il a reçu plus une vingtaine d'appels de la part du ministre, et qu'il garde toujours les enregistrements. Il affirme que depuis leur premier contact en mars 2012, Laenser lui aurait expliqué, lors de plusieurs conversations,  que "le roi sait qu'il est victime d'injustice et qu'il a confié le dossier à son ministre".
Le boxeur nie également avoir demandé la somme d'argent mentionnée par le ministre. Il déclare précisément: "Financièrement, je n'ai jamais manqué de rien".
Réponse du berger à la bergère, cette fois par l'entremise d'un des avocats du Maroc -qui a porté plainte contre l'ancien champion à Paris. S'exprimant en off, l'avocat a remis des documents à Goud qui "prouvent tout le contraire", selon le site arabophone. Il s'agit d'une lettre envoyée le 23 avril 2012 et dans laquelle Zakaria Moumni demande une aide financière de 4,9 millions d'euros afin de construire un club sportif à Paris.

Aux origines de l'affaire
L'affaire de Zakaria Moumni  remonte au 27 septembre 2010. Le sportif, alors âgé de 31 ans, est arrêté à son arrivée au Maroc pour escroquerie. Il accuse les autorités de l'avoir battu et torturé dans "'un centre de détention secret". Zakaria Moumni affirme avoir signé sous la torture les aveux selon lesquels il aurait soutiré à deux Marocains 1.200 euros, contre la promesse de leur trouver du travail en Europe. Il a finalement été gracié en février 2012.
Pour le boxeur, ce sont ses demandes insistantes pour bénéficier d'un poste de conseiller sportif au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports qui lui auraient valu ces tracasseries. En 1999, le jeune Zakaria Moumni, alors âgé de 19 ans, avait arraché le titre de champion du monde de Light contact. Or, selon un dahir royal, les sportifs qui ont obtenu un titre mondial ont droit à un poste au ministère.
Zakaria Moumni fait partie des personnes qui ont porté plainte en France contre le patron du contre-espionnage marocain (DGST). Le Maroc a contre-attaqué, mandatant des avocats pour porter plainte à Paris pour "diffamation".

Mise à jour:
Zakaria Moumni a réagi aux déclarations de Mohand Laenser. Il explique, dans un communiqué publié par ses avocats, que "la seule lettre (qu'il a) envoyé à M. Laenser  c'est la lettre à la demande de M. Laenser, dans laquelle Zakaria Moumni a cité le nom de ses tortionnaires car M. Laenser lui a dit de ne pas les citer par téléphone". Concernant la somme d'argent évoquée par le ministre, Zakaria Moumni parle d'une "somme proposée (par les autorités) pour réparer les tortures subies et son emprisonnement arbitraire de dix-huit mois". " Zakaria Moumni a refusé toute forme de réparation car la réparation sans la justice ne signifie rien", poursuit le communiqué.
-----------------------------------------------------------------------

Droits de l'homme au Maroc : Le Makhzen au pied du mur


Le champion du monde marocain de kick boxing Zakaria Moumni a dénoncé depuis Paris où il s'est exilé avec son épouse une "campagne de diffamation" dont il ferait l'objet dans son pays, le présentant comme un "escroc".

"Un ex-ministre de l'intérieur marocain (Mohand Laenser, Ndlr) prétend que (j'ai) demandé que l'Etat m'achète une école à six millions d'euros. Cette somme m'a été proposée comme réparation des tortures que j'ai subies et de l'emprisonnement arbitraire de dix-huit mois dont j'ai été victime", a-t-il réagi dans un communiqué rendu public et dont l'APS a reçu lundi une copie. 

L'athlète marocain précise que c'est lorsque l'ex responsable marocain lui a déclaré que les coupables désignés par lui étaient "intouchables" et "qu'ils ne seraient jamais traduits en justice", qu'il a interrompu les échanges. "Une fois que j'ai pris conscience que le Maroc ne (me) rendrait pas justice, je me suis donc tourné vers la justice française et internationale", a-t-il ajouté. 
Le 21 février dernier, ses avocats, Me Patrick Baudouin, Président d'honneur de la FIDH et Me Clémence Bectarte, avaient déposé une plainte en son nom auprès du Procureur du Pôle spécialisé Crimes contre l'Humanité/Crimes de Guerre du Tribunal de Grande Instance de Paris visant le patron du contre-espionnage au Maroc, Abdellatif Hammouchi, pour torture.
 
L'athlète dit condamner une "contre-offensive scandaleuse du pouvoir marocain" qui, selon lui, mène une "campagne de diffamation" à son encontre depuis le dépôt de cette plainte. Pour lui, l'Etat marocain, par presse interposée, a fabriqué un "scénario" pour le faire passer pour un "escroc". "Aujourd'hui, il est aisé de constater que les vrais escrocs sont les autorités marocaines. Le roi du Maroc, en qualité de chef de l'Etat, ne peut rester silencieux sur cette affaire", a-t-il affirmé. 

Zakaria Moumni qui vit avec son épouse Taline en France, a, dès le premier jour de son arrestation au Maroc en 2010, dénoncé les tortures qu'il a subies, clamant devant les juges qu'il a été enlevé le 27 septembre 2010 à l'aéroport de Rabat, séquestré et torturé au centre de Temara durant quatre jours. Les associations de Défense des Droits de l'Homme internationales, dans les rapports publiés sur son affaire, avaient décrit qu'il avait été électrocuté, suspendu, tabassé avec des barres en fer sur les tibias et sur les pieds. 

Lors de manifestations publiques à Paris, l'athlète, qui avait initialement demandé l'application d'un Dahir (Décret) lui ouvrant le droit à un poste de responsabilité après une performance mondiale, soutient qu'il a été privé de nourriture, d'eau et de sommeil durant ces terribles quatre jours. A un moment de torture et avec la rage, Zakaria Moumni raconte qu'il a réussi à enlever le bandeau sur ses yeux et a pu reconnaître le directeur de la DGST marocaine, Abdellatif Hammouchi, ajoutant qu'au terme de ces quatre jours, il a été obligé de signer des aveux les yeux bandés sous la torture. Il a toujours clamé devant le Procureur, puis le Juge, et par la suite devant le Juge en appel qu'il a subi des tortures, mais aucune enquête n'a été ordonnée par les juges, alors même que l'arrêt en appel du 13 janvier 2011 mentionne qu'il dit avoir été torturé. De nombreuses associations de Défense des droits de l'homme internationales ont condamné les pratiques de tortures qu'il a subies, le procès "inéquitable" et "l'emprisonnement arbitraire" dont il a été victime, à l'instar de la FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits de l'Homme), Human Rights Watch, Amnesty International, l'AMDH et l'ASDHOM.


vendredi 7 mars 2014

Me Joseph Breham: «Hammouchi encourt une peine de prison


  • Par : Yassine Majdi, TelQuel, 3/3/2014
Crédit photo: DR
Me Joseph Breham: «Hammouchi encourt une peine de prison »
Crédit photo: DR
Maitre Joseph Breham est, malgré lui,  au cœur de l’actualité marocaine. Cet avocat du barreau de Paris, est chargé de la défense du militant sahraoui Naama Asfari et d’Adil Lamtalsi qui portent plainte contre le Maroc pour torture. C’est suite à la plainte de Lamtalsi qu’une demi-douzaine de policiers français a effectué une descente  à la résidence de l’ambassadeur de France au Maroc, Chakib Benmoussa, afin de notifier le chef de la DGST, Abdellatif Hammouchi, d’une demande d’audition de la justice française. Entretien avec l’un des protagonistes de la crise entre le Maroc et la France.

Avez-vous déjà défendu des particuliers contre un Etat ?
J'ai déjà défendu des clients dans des affaires contre des États.  Étant avocat pénaliste, ce type d'affaire constitue l'écrasante majorité de mon activité. J’ai déjà traité des affaires au Maroc. En ce qui concerne les deux plaintes pour torture,  je représente Adil Lamtalsi et l’Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). Le droit français autorise les associations de lutte contre la torture à se constituer comme partie civile dans le cadre d’affaires comme celle-ci. Quant à  Naama Asfari, je le représente lui, sa femme et l’ACAT. 

Les deux affaires sont-elles liées ?
Dans ces deux affaires, mes clients accusent certains fonctionnaires marocains de torture.  Ces plaintes ne sont en aucun cas des attaques dirigées contre le Maroc.

Que souhaitent-ils obtenir de ces plaintes ?
Nous souhaitons que justice soit faite  et que d'éventuelles condamnations mettent un terme au système tortionnaire au Maroc que ce soit dans les commissariats ou dans le centre secret de Temara. Je tiens à rappeler que le Maroc a signé la convention contre la torture et par conséquent s’est engagé à ne pas l’exercer et à poursuivre et à condamner les tortionnaires. 

Peut-on considérer ces deux affaires comme des procès politiques ?
Ces deux affaires sont des dossiers de droit commun « classiques ». Dans l’affaire Lamtalsi, une instruction a été ouverte suite au dépôt d’une plainte en 2013 pour torture. C’est pour cette raison que la justice française a demandé  à Monsieur Hammouchi d’être auditionné. A ce sujet, je ne comprends pas la réaction disproportionnée du Maroc. Dans l’affaire Asfari, la plainte déposée le 20 février est toujours en cours de traitement. 

Pourtant, Naama Asfari est un militant qui souhaite l’indépendance du Sahara. La part des choses a-t-elle été faite ?  Qu’en est-il des accusations portées à son encontre ?
La condamnation de Naama Asfari,  a été décidée par un tribunal militaire marocain qui s’est basé sur des aveux que mon client nie avoir signés et effectués sous la torture.

Quels sont les risques encourus par le Maroc et le chef de la DGST,  Abdellatif Hammouchi ?
Le Maroc en tant que pays ne risque absolument rien. Les tortionnaires et Hammouchi, encourent en revanche des peines pouvant aller de quelques mois à plusieurs années de prison.

Quelles preuves possède Adil Lamtalsi pour démontrer qu’il a été victime de torture ?
Je ne suis pas en droit de les mentionner mais je peux vous dire que les preuves étaient suffisamment fortes pour permettre à Adil Lamtalsi d’obtenir une liberté conditionnelle. Néanmoins, si monsieur Hammouchi vient témoigner en France, il pourra accéder au dossier.

Pensez-vous que l’état français soutient le Maroc dans ces deux affaires ?
A la lecture des récents communiqués, il est clair que le ministère des affaires étrangères se préoccupe plus des usages diplomatiques que des procédures judiciaires en cours. En tout état de cause, la justice française est indépendante et impartiale et l'issue des procédures en cours ne sera pas affectée par les relations entre les deux pays.

jeudi 27 février 2014

Relations France-Maroc : la nouvelle plainte qui va mettre de l'huile sur le feu




TelQuel, 23/2/2014
ARCHIVES.  Le 6 décembre 2013, le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkiran rencontrait François Hollande. Cette semaine, leur relation a été entachée par un incident diplomatique.

ARCHIVES. Le 6 décembre 2013, le chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkiran rencontrait François Hollande. Cette semaine, leur relation a été entachée par un incident diplomatique. | (ALAIN JOCARD / AFP)

Zoom
Habituellement si chaleureuses, les relations franco-marocaines sont toujours crispées ce dimanche, après un incident diplomatique qui continue de s'amplifier. Une nouvelle plainte a en effet été déposée en contre le patron du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi.
Jusqu'alors accusé de «complicité de torture», il est cette fois soupçonné de «torture» pure et simple. L'affaire a déjà entraîné des échanges houleux entre et Rabat, le Maroc rejetant «catégoriquement» les accusations contre son diplomate.

Après une convocation visant Abdellatif Hammouchi qui lui a été signifié lors de son passage en région parisienne, Rabat a répliqué vendredi en convoquant à son tour l'ambassadeur de au Maroc. Dans la foulée, le ministère français des Affaires étrangères a déploré un «incident regrettable» mais ne peut que constater ce dimanche qu'une nouvelle plainte vient alimenter la polémique.

Accusé par un ancien champion de boxe

Cette dernière a été déposée vendredi au nom de l'ancien champion de boxe light-contact Zakaria Moumni, a indiqué l'avocat de celui-ci, Patrick Baudoin, également président d'honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme. Formulée devant le pôle génocide et crimes contre l'humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris, la plainte vise directement des faits de torture, Zakaria Moumni affirmant avoir «aperçu Abdellatif Hammouchi lors d'une des séances» de sévices qu'il dit avoir subies au centre de détention de Temara, dépendant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).

L'ancien boxeur avait été arrêté en septembre 2010 à son arrivée au Maroc de France, où il réside. Il affirme avoir signé sous la torture les aveux selon lesquels il aurait soutiré à deux Marocains 1 200 euros, en échange de la promesse de leur trouver du travail en Europe. Condamné à 30 mois de prison en appel, il avait été libéré en février 2012 après 17 mois de détention, suite à une grâce du roi Mohammed VI.

Plusieurs ONG avaient qualifié son procès d'«inéquitable» et son épouse française, Taline, a toujours affirmé qu'il avait été condamné pour avoir «dénoncé la corruption au sein de la fédération marocaine de boxe» et réclamé «un poste de conseiller sportif» dans l'administration, «auquel il avait droit en application d'un décret royal de 1967», ce que le gouvernement contestait.

Plusieurs plaintes où le nom du diplomate apparaît

L'une des plaintes auxquelles s'est associée une ONG française, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), déposée avec constitution de partie civile par Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain de 33 ans, a donné lieu à l'ouverture, fin 2013, d'une information judiciaire à Paris.

Le jeune homme affirme avoir été arrêté en octobre 2008 près de Tanger, puis torturé pendant trois jours à Temara avant qu'on ne l'oblige, selon lui, à signer des aveux. Il a eu beau nier devant le tribunal marocain les faits qui lui étaient reprochés, il a été condamné en novembre 2008 à 10 ans de prison pour détention et trafic de cannabis. Il a par la suite été transféré en France pour y purger sa peine.

Abdellatif Hammouchi est visé dans cette plainte pour complicité de torture. Tout comme dans le cas d'une autre plainte déposée jeudi au parquet par un Marocain* de 44 ans, Ennaâma Asfari.

*Ennaâma Asfari est Sahraoui (NDLR)

(Une magazine TelQuel)

Confirmation de la plainte de Zakaria Moumni contre Hammouchi

    Par Badr Soundouss, 23/2/2014

    Zakaria Moumni manifestant devant l'ambassade du Maroc à Paris (Photo DR)
    Zakaria Moumni manifestant devant l’ambassade du Maroc à Paris (Photo DR)
    Comme l’avait annoncé Demain il y a quelques jours, Zakaria Moumni, le champion du monde de boxe thaïe qui avait été séquestré et torturé par la DST au Maroc pour avoir osé demander un peu bruyamment ses droits au roi Mohamed VI, a effectivement déposé plainte contre Abdellatif Hammouchi, le patron de la DST, la police politique marocaine.
    La presse française vient de le confirmer, évoquant comme le signale le quotidien Le Parisien, « la nouvelle plainte qui va mettre de l’huile sur le feu » dans les relations France-Maroc.
    Mais voilà, contrairement à la plainte de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), qui poursuit Hammouchi pour « complicité de torture », la plainte de l’avocat de Moumni, Patrick Baudouin, avocat au Barreau de Paris et président d’honneur de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), vise le patron de la DST pour « torture ».
    En effet, selon l’entourage de Zakaria Moumni, contacté par Demain, ce dernier a pu reconnaître et identifier à plusieurs reprises Abdellatif Hammouchi à Témara, le siège-prison secrète de la DST, où il assure avoir été torturé.
    Pour le moment, les autorités marocaines ne se sont pas encore manifestées sur ce sujet.
    • Demain a appris que Me Patrick Baudouin fera un communiqué à ce sujet demain, lundi 24 février.
    URL courte: http://www.demainonline.com/?p=30158

    dimanche 23 février 2014

    Point hebdomadaire n°55 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc




    Point hebdomadaire n°55 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc

    Nous commençons ce point hebdomadaire en France et nous nous rendons ensuite dans les prisons et les tribunaux marocains pour s’enquérir de la situation des prisonniers politiques et d’opinion que nous parrainons.
    Mardi 18 février, s’est tenu à Lille le procès scandaleux intenté à Me Maurice Buttin, l’avocat de la famille Ben Barka, accusé d’avoir divulgué des secrets professionnels en relation avec l’instruction de l’affaire Ben Barka. Il s’agit en fait des mandats d’arrêt lancés en octobre 2007 par le juge d’instruction Patrick Ramaël, en charge du dossier, à l’encontre de quatre sécuritaires marocains, soupçonnés d’être impliqués dans l’enlèvement, le 29 octobre 1965 à Paris, de Mehdi Ben Barka. Miloud Tounsi, l’un des concernés par ces mandats d’arrêt, ne serait selon Me Buttin (voir son livre BEN BARKA, Hassan II, De Gaulle, ce que je sais d'eux) que Larbi Chtouki, un membre présumé du commando marocain auteur de l’enlèvement. Miloud Tounsi s’est d’abord attaqué par l’intermédiaire de ses avocats, dont celui de l’État marocain, au journaliste Joseph Tual, spécialiste de l’affaire Ben Barka, sans succès. Ont commencé ensuite des pressions sur le juge Ramaël pour le dessaisir du dossier avant de s’en prendre à l’avocat de la famille Ben Barka qui n’a cessé depuis maintenant presque 50 ans de remuer ciel et terre pour que toute la vérité sur ces crapuleux enlèvement et assassinat soit connue un jour avant que tous les témoins et les preuves matérielles ne viennent à disparaitre.
    Lors de son procès, Me Buttin, 86 ans et seul survivant des avocats de la famille Ben Barka qui se sont succédés sur l’affaire, n’a rien perdu de son énergie dans sa recherche de la vérité et de la justice. Il l’a rappelé avec détermination mardi dernier face au président du tribunal, soutenu par son excellent avocat Me Alexis Gublin. Le Procureur de la république a lui aussi plaidé sa relaxe. Les deux avocats de la partie civile ont tout fait pour ne pas aborder le fond de l’affaire et n’ont pas apprécié, c’est normal, le rassemblement de soutien qui a eu lieu devant le TGI de Lille au tout début du procès. Rappelons qu’à l’initiative de l’ASDHOM, appuyée par nos amis tunisiens du CRLDHT, un appel au soutien de Me Buttin avait été lancé et a recueilli 72 signatures d’organisations et plus de 450 signatures individuelles dont des démocrates, des défenseurs des droits de l’Homme ou encore des écrivains tels Gilles Perrault, Abdellatif Laâbi, Me Patrick Baudouin, Ignace Dalle, Mohamed Harbi, Alain Gresh, etc.
    Les signataires, au-delà de la relaxe espérée pour Me Buttin lors du verdict prévu le 15 avril prochain, soutiennent la famille Ben Barka dans sa quête de la vérité et de la justice dans cette affaire qui n’a que trop duré. Les mensonges et les blocages officiels, tant marocain que français, doivent cesser et céder la place à la vérité tant attendue.
    Toujours en France, des plaintes ont été déposées contre Abdellatif Hammouchi, le directeur général de la DST marocaine, qui accompagnait le ministre de l’Intérieur marocain lors d’une visite officielle en France. La première déposée le vendredi 21 février par Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, au nom du jeune champion marocain de boxe Thaïe, Zakaria Moumni, auprès du Procureur du Pôle spécialisé dans les Crimes contre l’Humanité/Crimes de Guerre du Tribunal de Grande Instance de Paris. Cette plainte est basée sur le fondement de la compétence universelle des juridictions françaises pour crimes de torture. Rappelons que Zakaria Moumni a été enlevé le 27 septembre 2010 et torturé pendant 4 jours au centre clandestin de détention de Temara, non loin de Rabat, avant d’être jugé dans un procès inéquitable, monté de toutes pièces, à une peine de trois ans et dont il va passer 18 mois en prison avant de rejoindre sa femme en France. L’ASDHOM avait initié un comité de soutien qui avait appelé à des rassemblements devant l’ambassade marocaine à Paris, lancé une pétition en sa faveur et participé aux côtés de la FIDH et de HRW à des conférences de presse à Paris pour réclamer sa libération.  Lors des quatre jours de torture passés à Temara, Zakaria Moumni a pu reconnaitre Abdellatif Hammouchi, présent sur les lieux. C’est ce qui justifie le dépôt de plainte en question.

    Deux autres plaintes ont été déposées le jeudi 20 février par l’ACAT (Action Chrétienne pour l’Abolition de la Tortue) et l’avocat Me Joseph Breham au nom du défenseur des droits de l’Homme sahraoui Naâma Asfari et sa femme Claude Mangin. Une auprès du Comité contre la torture de l’ONU contre l’État marocain pour les sévices subis par Naâma Asfari, la prise en compte des aveux forcés par le juge militaire et l’absence d’enquête malgré la réitération de ses allégations de torture. L’autre déposée par Naâma Asfari et sa femme auprès du doyen des juges d’instruction de Paris et dont l’ACAT s’est constituée partie civile à leurs côtés. Naâma Asfari qui fait partie de nos parrainés, a été condamnés le 17 février 2013 à 30 ans de prison ferme par le tribunal militaire permanent de Rabat sur la base d’aveux signés sous la torture. Il a été arrêté le 7 novembre 2011, la veille du démantèlement violent du campement de Gdeim Izik en jugé en compagnie de 23 autres défenseurs des droits de l’Homme sahraouis après plus de 27 mois de détention préventive. A Travers cette plainte, l’ACAT appelle « le CAT et les Nations Unies à condamner le phénomène tortionnaire et l’impunité au Maroc » (voir lien suivant  http://www.acatfrance.fr/communiques_presse.php?id=289 ).
    Ces plaintes ont fait réagir l’ambassade marocaine et le ministère marocain des Affaires étrangères en convoquant l’ambassadeur français à Rabat pour lui signifier que « la violation des règles et usages diplomatiques universels et le non-respect des conventions entre les deux pays suscitent de nombreuses interrogations sur les motivations réelles de cette affaire et ses véritables commanditaires. » Une façon de faire jouer les relations diplomatiques pour sacrifier la nécessité de lutter contre la tortue sur son autel.

    Voici brièvement les autres informations relatives à nos groupes de parrainés.

    Groupe Liberté d’expression-Journalistes : Le journaliste Ali Anouzla a vu encore une fois son audition reporter. Sa demande de levée du blocage du site d’information Lakome, en vigueur depuis le 17 octobre 2013, a été rejetée. RSF estime que le Maroc mérite bien sa 136ème place peu glorieuse dans son classement 2014.

    Groupe UNEM-Meknès : Les cinq prisonniers politiques Hassan Koukou, Mounir Ait Khafou, Soufiane Sghéri, Hassan Ahamouch et Mohamed Eloualki, détenus sans jugement depuis le 17 décembre 2012 à la prison locale Toulal 2 de Meknès, observent le 19 février, à l’occasion du 3ème anniversaire du mouvement 20-Février, une grève de la faim de 48 heures. Ils se solidarisent ainsi avec leurs camarades détenus à la prison Aouad de Kénitra et qui sont en grève ouverte de la faim pour réclamer sinon leur libération, du moins l’amélioration des conditions de détention.

    Groupe UNEM-Fès : Plusieurs arrestations nous ont été signalées (nous n’avons pas encore de noms) parmi les militants de l’UNEM-Fès qui sensibilisaient et mobilisaient les habitants des quartiers populaires de Fès pour célébrer le 3ème anniversaire du 20-Février.
    Nos apprenons par ailleurs que Mohamed Ghalout, un ancien prisonnier politique, libéré à peine 5 jours auparavant après avoir passé 7 mois de prison à la prison locale Ain Kadous de Fès , a été arrêté de nouveau à Sefrou le 17 février 2014 par la gendarmerie royale. Après plusieurs heures d’interrogatoires musclés et de pressions psychologiques, il a été traduit, le 18 février, devant le tribunal de première instance de Sefrou.
    Un autre militant de l’UNEM-Fès, libéré lui aussi 5 jours avant après 7 mois de détention à Ain Kadous, a été appréhendé à Harmamou par la gendarmerie royale. Il s’agit de Mohamed Boujnah qui a été traduit devant le tribunal de Sefrou le 20 février 2014. Il a été remis en liberté en attendant son procès fixé au 9 avril 2014.

    Groupe Sahraouis-Smara-Laâyoune : Les quatre défenseurs des droits de l’Homme sahraouis, Sidi Sbai, Hafed Toubali, Mohamed Jemour et Bachir Bouâmoud, arrêtés la semaine dernière à Sidi Ifni (voir point 54) ont été traduits, le 20 février, devant le tribunal de première instance de Tiznit. Hafed Toubali a écopé de 6 mois de prison ferme et de 500 dirhams d’amende. Sidi Sbai et Mohamed Jemour ont été, eux, condamnés à 5 mois et 500 dirhams d’amende. Bachir Bouâmoud a, quant à lui, écopé de 4 mois de prison ferme et 500 dirhams d’amende aussi.

    D’autres arrestations ainsi que quelques libérations nous ont été signalées parmi les Sahraouis. Nous les traiterons au prochain point hebdomadaire.

    Le bureau exécutif de l’ASDHOM
    Paris, le 23 février 2014