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jeudi 6 décembre 2012

Total illégal au Sahara Occidental

Par Amis du Peuple du Sahara Occidental 6/12/2012

Communiqué de presse
Total illégal au Sahara Occidental

La compagnie française Total a signé avec le royaume marocain un contrat monstre de prospection pétrolière au Sahara Occidental. La nouvelle carte publiée sur les pages Web de l’ONHYM, la compagnie nationale pétrolière marocaine, montre un bloc massif, couvrant une surface de plus de 100.000 km². Le nom du nouveau bloc est Anzarane Offshore.
Le Sahara Occidental est un territoire non-autonome selon l’appellation onusienne, c’est à dire une colonie. Le territoire est partiellement occupé militairement par le Maroc depuis 37 ans. Plus de 160 000 réfugiés survivent depuis cette date dans le désert algérien, alors que leur territoire est riche.
Lorsque Total - alors TotalFinaElf - a signé une licence pour la même superficie en 2001, le Conseil de Sécurité de l’ONU a demandé à son Bureau juridique de produire un avis sur la légalité de l'accord de l'entreprise avec le Maroc. Le bureau juridique a conclu à la violation du droit international si l’exploration ou l’exploitation étaient menées au mépris des souhaits et des intérêts du peuple du territoire.
Les Sahraouis, le peuple autochtone sur le territoire, n’ont toujours pas été consultés sur la question, ni leur représentant officiel, le Front Polisario. Les activités sont donc illégales.
Selon Western Sahara Resource Watch (WSRW), le contrat sur ce bloc massif de Total au large du Sahara Occidental a été signé le 6 décembre 2011. L'accord est très probablement un accord de reconnaissance - le même genre d'accord détenu par la compagnie dans la même région pour la période 2001-2004. Il se dit que l'accord est valable pour une période de 12 mois.
Cela signifie que l'accord expirera dans les tout prochains jours. Total doit, en d'autres termes, choisir de laisser expirer l'accord sans renouvellement (comme cela a été fait en 2004), de prolonger le contrat, ou de le faire évoluer en un contrat d'exploration à part entière.
Les organisations signataires de cet appel demandent à toute personne ou institution en capacité d’agir de mettre immédiatement ce sujet en question avec la direction de Total. Ils doivent demander à la fois une garantie qu'aucune activité d'exploration n’aura plus lieu au Sahara Occidental occupé, et une explication sur la façon dont cela a pu se produire en premier lieu.
Le retour de Total au Sahara Occidental occupé est une triste nouvelle pour le peuple sahraoui. En faisant cela, Total compromet directement les efforts de paix de l'ONU et sabote le droit international. Nous lançons un appel à la compagnie pour qu’elle reconsidère immédiatement son implication sur ce territoire.
Les signataires feront le nécessaire pour obtenir les condamnations que mérite cette complicité dans l’oppression et la souffrance du peuple sahraoui.

http://ap-so.blogspot.fr/2012/12/communique-de-presse-total-illegal-au.html

Contact :
Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO), apsolument@yahoo.fr
Tel : 01 43 71 62 12
Signataires :
CEDETIM, APSO et son réseau, CORELSO, AFASPA, Union syndicale Solidaires, Sortir du Colonialisme, WSRW, Survie, Caritas Algérie, CNT-F, Association des Sahraouis en France, AARASD, ATTAC, Afriques en lutte,
Parti de Gauche, PCF, Les Jeunes Ecologistes

mardi 4 décembre 2012

L’ONU choisit la « diplomatie silencieuse » pour reprendre les négociations

L’ONU choisit la « diplomatie silencieuse » pour reprendre les négociations

Date : 3/12/2012


Après quatre rounds de rencontres formelles et neufs autres informelles, organiser de nouvelles réunions ne ferait qu’accentuer l’impasse de la situation et entraver davantage la crédibilité du processus, indique un rapport présenté mercredi au Conseil de sécurité de l’Onu par Christopher Ross, envoyé personnel du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara Occidental. Dans son rapport, M. Ross estime que la question du Sahara Occidental, occupé depuis 1975 par le Maroc, est arrivée au stade où un nouveau tournant s’avère nécessaire. M. Ross a ainsi proposé au Conseil de sécurité une phase de “diplomatie silencieuse” pendant laquelle des rencontres se tiendront avec les pays intéressés à la question et les Etats limitrophes, des visites seront organisées au Sahara Occidental et de nouvelles négociations préparées.
L’envoyé de l’Onu a admis l’échec essuyé pour rapprocher les points de vue des deux parties : si le Maroc campe sur sa position de ne conférer à la région qu’une autonomie étendue, le Front Polisario continue de revendiquer quant à lui la tenue d’un référendum libre sur l’autodétermination du peuple sahraoui. Cependant, M. Ross a précisé que l’option de négociations moins médiatisées et moins tendues a déjà séduit tant Rabat que le Polisario, mouvement qui lutte pour l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole.
M. Ross s’est également référé à l’instabilité régionale, qui s’est détériorée avec la crise dans le Nord du Mali. Il a notamment déclaré avoir obtenu des informations sur l’enrôlement de combattants par des groupes armés opérant au Sahel, tout en précisant que, malgré la divergences des positions prises par les médias marocains, le gouvernement de Rabat n’avait constaté l’existence d’aucun lien entre le Polisario et ces derniers groupes.
M. Ross a également rapporté l’issue de sa première visite au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis où il a constaté qu’une partie de la population envisageait de reprendre la lutte armée, après 25 ans d’échecs diplomatiques de l’Onu.
A la veille de l’annonce de cette nouvelle stratégie diplomatique, le représentant des Nations Unies a enfin averti que la persistance de l’actuel statu quo constituerait une grave “erreur de calcul”, d’autant plus que la région est maintenant menacée par des groupes criminels, extrémistes et terroristes qui sévissent au Sahel.
(GB/CN)

jeudi 8 novembre 2012

Christopher Ross à l’écoute des Sahraouis

Il a passé trois jours à El Aaiun

Par : Djamel Bouatta
Poursuivant sa visite dans la région, Christopher Ross, l’émissaire de l’ONU sur le Sahara occidental, se trouve depuis mercredi à Laâyoune, capitale du Sahara occidental occupé par le Maroc.


C’est la première fois que cet ambassadeur américain se rend dans une ville occupée du Sahara occidental, depuis 2008, date à laquelle il a été nommé médiateur des Nations unies pour cette ancienne colonie espagnole. Il est resté en tout trois jours dans la capitale sahraouie. Ross a multiplié depuis une semaine les rencontres pour tenter de relancer le processus de négociation, complètement enlisé, entre le Maroc et le Front Polisario, porte-parole de la lutte indépendantiste du dernier pays colonisé dans le monde. 

Cette-fois-ci, l’émissaire de l’ONU semble vouloir également prendre la température auprès des Sahraouis sous occupation. Il a reçu jeudi au siège de la Minurso les membres du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme (Codesa), selon l'agence de presse sahraouie. L'audience s'est déroulée en présence du chef de la Minurso, l'Allemand Wolfgang Weisbrod-Weber, a ajouté l'agence, en se référant à une source judiciaire sahraouie. Les membres du Codesa, dirigé par sa présidente, la militante sahraouie des droits de l'homme, Aminatou Haidar, ont présenté durant la réunion un exposé sur les violations flagrantes des droits humains des Sahraouis commises par l'Etat marocain au Sahara occidental, a-t-on ajouté. Ils ont également passé en revue des dizaines des témoignages des victimes et des rapports qui documentent ces violations, a souligné la même source. Les militants sahraouis ont en outre rappelé les dizaines de rapports élaborés par le Codesa, soutenus par des témoignages sur les violations inhumaines contre les civils sahraouis et contre leur liberté et leur survie. 

Cette audience a eu également trait au dossier du démantèlement du camp de Gdeim Izik, ses prisonniers qui croupissent encore à Salé (Maroc) et les prisonniers des événements de Dakhla occupée, a relevé la même source. En novembre 2010, les images de tentes brûlant après que les forces de sécurité marocaines avaient démantelé des camps de Sahraouis à Laâyoune faisaient le tour du monde.

 Il reste que Ross est déterminé à relancer la médiation de l'ONU complètement paralysée depuis quatre années par la partie marocaine, qui a été jusqu’à contester l’émissaire onusien. Ban Ki-moon dit “non” au roi du Maroc Mohammed VI, lorsque celui-ci lui avait demandé de changer de médiateur sur le dossier du Sahara occidental. Pour rappel, c’est dans un entretien téléphonique que Ban Ki-moon a expliqué à Mohammed VI qu’il n’y aurait pas de changement d’équipe et que l’ONU ne cédera pas à son chantage, autrement dit, “Christopher Ross continuera à arbitrer les négociations entre le royaume chérifien et le Front Polisario”. Le Maroc, qui avait décrété Christopher Ross persona non grata sur son territoire en mai dernier, a fini par se rendre à l’évidence : la communauté internationale a rejeté ses plans, ses fuites en avant et ses atermoiements. Un camouflet diplomatique que les autorités marocaines ont eu du mal à cacher, même si la presse a essayé de tourner le revirement du roi à l’avantage du Maroc. Selon des proches de l’ambassadeur américain, l’idée est de changer de méthode dans sa médiation pour tenter de relancer un vrai processus de négociation. Christopher Ross ne manquera sûrement pas de souligner le jeu de la partie marocaine dans l’évaluation du travail de la mission de l’ONU qui, depuis 1991, supervise également le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario. Comme il devra examiner la question du respect des droits de l’homme dans la région. Au final, l’envoyé spécial présentera un rapport fin novembre au Conseil de sécurité des Nations unies. Un texte très attendu de part et d’autre.
http://www.liberte-algerie.com/international/christopher-ross-a-l-ecoute-des-sahraouis-il-a-passe-trois-jours-a-laayoune-188082
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Par (APS) 3/11/2012
SAHARA OCCIDENTAL : VISITE DE L’ENVOYE PERSONNEL DU SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU DANS LA REGION

 RFKennedy Center dénonce les actes de représailles du Maroc contre les Sahraouis
WASHINGTON- Le centre américain Robert F.Kennedy pour la justice et les droits de l’homme (RFK Center) a dénoncé samedi " la violence des exactions commises" par les forces policières marocaines contre les Sahraouis à l’occasion de la visite effectuée par l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental, M. Christopher Ross.
"RFK Center a reçu plusieurs rapports indiquant une présence policière marocaine considérablement accrue ainsi que la répression et les agressions contre les civils à El Ayoun, la capitale du Sahara occidental occupée, coïncidant avec l’arrivée de Christopher Ross dans la région", a souligné dans son communique RFK Center, basé à Washington.
Accompagnant sa déclaration par un enregistrement filmé montrant des scènes d’agressions des forces marocaines contre des femmes sahraouies dont la militante des droits de l’Homme, Mme Aminatou Haidar, RFK Center a vivement déploré ces actes de répression contre " les victimes de la violence systématique et de la brutalité policière sous l’instigation du gouvernement marocain contre le peuple sahraoui".
A ce propos, cette fondation américaine a fait savoir qu’après la rencontre entre M. Ross et les membres du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’Homme (CODESA), Mme Haidar a été attaquée par la police lorsqu’elle se trouvait dans sa voiture avec sa s£ur et sa fille.
Mme Haidar, a-t-elle encore détaillé,"a été, par la suite, poussée au sol, battue et menacée avec un couteau", et ce, sans compter les exactions quasi quotidiennes qu’elle subit avec ses enfants ainsi que la surveillance de ses appels téléphoniques et l’interruption de sa connexion Internet.*
Pour la présidente du RFK center, Mme Kerry Kennedy, " le fait que cette violence contre les Sahraouis ne s’est pas seulement poursuivie mais s’est, en plus, accrue lors de la visite de Christopher Ross montre combien il est vital d’instaurer un débat mondial sur le sort des Sahraouis". " Le gouvernement marocain estime que la communauté internationale ne va pas le tenir responsable de ces violations continues des droits de l’homme. Nous devons lui prouver qu’il a tort", a déclaré Mme Kennedy.
Elle a aussi rappelé que depuis près de quatre décennies, "le peuple sahraoui souffre de la torture, des détentions arbitraires, des disparitions forcées et d’autres violations des droits de l’homme aux mains du gouvernement marocain, tandis que la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) demeure démunie d’un mandat de surveillance des droits de l’homme pour rendre compte de ces violations".
Pour sa part, le Directeur des partenaires pour les droits de l’homme de RFK Center, M. Santiago Canton, a affirmé qu’ "il est inacceptable que, malgré les preuves accablantes de la violence contre le peuple sahraoui, la communauté internationale et les Nations Unies continuent de refuser d’inclure un mandat de surveillance s droits de l’homme au sein de la MINURSO".
En réponse à la violence et à l’oppression croissante au Sahara occidental par le gouvernement marocain, le Centre RFKennedy a lancé récemment une pétition demandant au président américain Barack Obama d’exiger que le mandat de la MINURSO soit élargi a la surveillance des droits de l’homme.
Il est à rappeler qu’à l’issue d’une visite qu’il avait effectuée en août dernier dans les territoires occupés du Sahara occidental, RF Kennedy Center avait dressé un rapport accablant sur le Maroc pour sa violation des droits de l’homme des Sahraouis.
Dans son rapport préliminaire, il avait dénoncé "les cas de disparitions, de torture, de détentions arbitraires, de brutalités des forces policières marocaines, de menaces, d’intimidation et d’exécutions extrajudiciaires" ainsi que "les violations à la liberté, à l’intégrité physique, à la liberté d’expression, de réunion et d’association créant une atmosphère de peur et d’intimidation qui viole les règles de droit et le respect des droits de l’homme du peuple sahraoui".
*Version MAP :  
"Les autorités marocaines ont démenti ces informations, expliquant que Mme Haidar avait incendié un pneu avant de frapper aux portes des voisins tout en haranguant les enfants et les jeunes pour les inciter à manifester.
Les forces de l’ordre ne l’ont approchée à aucun moment et ne l’ont absolument pas touchée, conscientes qu’il s’agissait d’une provocation à laquelle l’intéressée a l’habitude de recourir, avait précisé vendredi l’agence marocaine MAP citant une source autorisée de Lâayoune."....sans commentaire...
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Javier Bardem soutient le Polisario à l'ONU

L’acteur espagnol Javier Bardem, l’époux de la star hollywoodienne Penelope Cruz qui prépare un documentaire sur le Polisario, a plaidé récemment en faveur de celui-ci devant l’ONU.

Dans son intervention généreusement commentée par la presse algérienne, Javier Bardem a soutenu que les Sahraouis des camps de Tindouf vivent sous la répression [du colon marocain ndlr]. Ces réfugiés sont abandonnés à leur propre sort depuis plusieurs décennies, explique l’acteur espagnol.
Javier Bardem qui compte exhorter le Comité de l’Assemblée générale de l’ONU à prendre des mesures sur les violations des droits de l’homme et l’organisation d’un référendum au Sahara, réfute le plan marocain d’autonomie élargie au Sahara, et défend "le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination".
D’après l’acteur espagnol, la mission de l’ONU au Sahara occidental (MINURSO), est la seule mission de l’ONU dans le monde ne disposant pas d’un mandat l’autorisant à constater les violations droits de l’Homme dans cette région.



mardi 25 janvier 2011

Le chapitre Maroc/Sahara occidental du rapport 2011 de Human Rights Watch

Evénements de 2010
La situation des droits humains en 2010 au Maroc et au Sahara occidental était mitigée, voire médiocre à certains égards. Le gouvernement, aidé par des tribunaux complaisants, a utilisé une législation répressive pour punir et emprisonner des opposants non violents, en particulier ceux qui violent les tabous et les lois interdisant de critiquer le roi ou la monarchie, de contester la « marocanité » du Sahara occidental, ou de « dénigrer » l'Islam.
Les restrictions des droits sont particulièrement strictes dans la région troublée du Sahara occidental, sur laquelle le Maroc revendique la souveraineté et qu'il administre comme si elle faisait partie de son territoire national. Un mouvement pour l'indépendance du Sahara occidental basé à l'étranger et connu sous le nom de Front Polisario (Front populaire de libération de la Saguía el Hamra et du Río de Oro) demande la mise en place d'un référendum public incluant l'indépendance comme choix possible. Au fil des années, les autorités marocaines ont emprisonné de nombreux militants non violents qui défendaient cette option, tout en proposant comme alternative l'autonomie sous la souveraineté marocaine.

Terrorisme et lutte antiterroriste

Plusieurs centaines de personnes soupçonnées d'être des extrémistes islamistes et arrêtées à la suite des attentats de Casablanca de mai 2003 continuent de purger des peines de prison. Beaucoup d'entre elles ont été condamnées à l'issue de procès inéquitables, après avoir été maintenues en détention secrète, soumises à de mauvais traitements, et parfois torturées. Certains des inculpés ont été condamnés à mort, peine que le Maroc n'a pas abolie même s'il ne l'a pas appliquée depuis 1993. Depuis les nouveaux attentats en 2007, la police a arrêté des centaines d'autres militants islamistes présumés, dont beaucoup ont été condamnés et emprisonnés pour appartenance à un « réseau terroriste » ou parce qu'ils se préparaient à rejoindre « le djihad » en Irak ou ailleurs.
D'après les témoignages de détenus, les services de renseignement ont continué à interroger les personnes soupçonnées de terrorisme dans un centre de détention non reconnu par les autorités à Témara, près de Rabat. De nombreux suspects ont affirmé avoir été torturés par la police au cours de leur interrogatoire, tandis que leur garde à vue était prolongée au -delà des douze jours maximum prévus par la loi  antiterroriste. Plusieurs hommes soupçonnés d'avoir des liens avec Al-Qaïda ont par exemple été arrêtés à Casablanca et ses environs en mars et en avril. Ils ont déclaré à Human Rights Watch avoir été appréhendés par des agents en civil qui n'avaient présenté aucun mandat d'arrestation. Les policiers leur ont bandé les yeux et les ont emmenés dans un lieu secret qu'ils  croient être le centre de Témara, où ils ont été détenus et interrogés pendant plusieurs jours (jusqu'à 36 jours selon certains témoignages) avant d'être transférés dans  un lieu de détention officiel de la police judiciaire. La plupart de ces hommes ont affirmé avoir été torturés. Le gouvernement a nié officiellement ces allégations auprès de Human Rights Watch, et a soutenu que les arrestations et détentions dans ces affaires avaient été menées dans le respect de la loi.
Des enregistrements de l'agence de renseignement américaine CIA, rendus publics en août, indiquent qu'en 2002 les États-Unis ont   transporté par avion le terroriste présumé Ramzi Benalshibh au Maroc pour y être interrogé dans un centre de détention secret, avant de l'envoyer à Guantanamo. Les autorités marocaines nient l'existence de telles prisons secrètes.

Actions relatives aux exactions du passé

A la suite des travaux novateurs achevés en 2005 par l'Instance Equité et Réconciliation (IER) du Maroc, le gouvernement a reconnu ses responsabilités dans les « disparitions » et autres graves exactions commises par le passé, et a indemnisé environ 16 000 victimes ou leurs ayants droit. Cependant, aucun fonctionnaire marocain ni aucun membre des forces de sécurité du Maroc ne semble avoir fait l'objet de poursuites pour les violations commises durant la période allant de 1956 à 1999 sur laquelle l'IER a enquêté, et le gouvernement n'a toujours pas mis en œuvre la plupart des réformes institutionnelles recommandées par l'IER pour prévenir de futures exactions. En septembre, le gouvernement a annoncé son intention de transformer certaines des tristement célèbres anciennes prisons secrètes en lieux de commémoration, pour la « préservation et la réhabilitation de la mémoire ».

Conduite de la police et système judiciaire pénal

Dans les affaires caractérisées par des implications politiques, les tribunaux tiennent rarement des procès équitables. Les juges ignorent régulièrement les demandes d'examens médicaux déposées par des accusés qui affirment avoir été torturés, refusent de citer à comparaître des témoins à décharge, et condamnent les accusés sur la base d'aveux apparemment extorqués. Le 16 juillet, la Cour d'appel de Rabat a confirmé le verdict de culpabilité prononcé en 2009 à l'encontre de 35 accusés - dans un procès connu sous le nom de l'affaire « Belliraj »-pour différents chefs d'accusations incluant la constitution d'un réseau terroriste. La Cour a confirmé la condamnation à la prison à perpétuité pour Abdelkader Belliraj, le chef présumé du groupe, mais a cependant réduit à 10 ans de prison les peines de cinq de ses co-accusés, tous des personnalités politiques. Comme lors du premier procès, la Cour d'appel a basé les verdicts de culpabilité presque entièrement sur les « aveux » faits par les accusés à la police, bien que la plupart d'entre eux aient désavoué ces déclarations lors du procès. La Cour a refusé d'enquêter sur les allégations de torture, de détention dans des prisons secrètes, et de falsification d'aveux portées par les accusés.
Les autorités ont emprisonné les activistes sahraouis Ali Salem Tamek, Brahim Dahane et Ahmed Naciri -connus pour leurs activités non violentes en faveur de l'indépendance du Sahara occidental - après les avoir arrêtés le 8 octobre 2009. Quatre autres militants sahraouis arrêtés le même jour ont été remis en liberté provisoire par la suite, dans l'attente de leur procès. La police a appréhendé les sept activistes à leur retour d'une visite publique sans précédents qu'ils avaient menée avec des dirigeants du Polisario dans les camps de réfugiés sahraouis près de Tindouf, en Algérie. Un juge de Casablanca a dans un premier temps renvoyé l'affaire devant un tribunal militaire au motif que les infractions présumées comportaient une menace pour « la sécurité extérieure de l'État », en « portant atteinte à l'intégrité territoriale du Maroc ». Un an plus tard, le juge militaire a cependant renvoyé l'affaire devant un tribunal civil en requalifiant le chef d'inculpation d'« atteinte à la sécurité intérieure [du Maroc] », une infraction moins grave. Le procès s'est ouvert le 15 octobre et a immédiatement été ajourné, alors que trois des accusés entamaient leur deuxième année en détention provisoire.
Les étudiants sahraouis Abdellah Daihani et Ali Toumi sont sortis de prison en avril, après avoir purgé une peine de six mois pour « injures envers les institutions de l'État ». Leur crime était d'avoir déclaré publiquement qu'ils ne reconnaissaient ni la police ni l'État du Maroc, au cours d'une discussion politique qu'ils avaient eu à bord d'un train avec d'autres passagers.

Liberté d'association, de réunion et de circulation

Si le Maroc peut se targuer de l'existence de plusieurs milliers d'associations indépendantes, les représentants du gouvernement empêchent arbitrairement la légalisation de certaines organisations, nuisant à leur liberté d'action. Parmi les groupes concernés figurent des associations qui défendent les droits des Sahraouis, des Amazighs (Berbères), des immigrants sub-sahariens et des diplômés chômeurs, ainsi que des associations de bienfaisance et des organisations culturelles et d'éducation dont la direction comprend des membres de Justice et Spiritualité, un mouvement d'envergure nationale qui prône la mise en place d'un État Islamique et remet en cause l'autorité spirituelle du roi.
Le gouvernement ne reconnaît pas Justice et  Spiritualité comme une association légale, et s'il a toléré bon nombre des activités du mouvement, il en a également bloqué certaines. Le 28 juin, la police a arrêté sept membres du mouvement à Fès, après qu'un ancien sympathisant ait affirmé avoir été enlevé et torturé par ces hommes. Selon les suspects, la police les a torturés et les a forcés à signer des aveux sans les avoir lus au préalable. Un examen médical réalisé sur l'un des accusés a constaté un certain nombre de blessures qui semblait correspondre au moment où il avait été détenu par la police. Le procès des sept hommes pour enlèvement et torture est en cours au moment où nous rédigeons ce rapport.
Le gouvernement tolère en général les activités des nombreuses organisations de défense des droits humains actives à Rabat et à Casablanca, mais les militants individuels paient parfois le prix fort pour avoir dénoncé les abus. Chekib el-Khayari, Président de l'Association  des Droits de l'Homme dans le Rif, purge une peine de trois ans d'emprisonnement depuis février 2009, pour « outrage aux institutions de l'État » et violations mineures de la réglementation des devises. Les autorités l'avait arrêté après qu'il ait accusé certains fonctionnaires marocains de complicité dans le trafic de stupéfiants. Le 24 novembre 2009, une cour d'appel de Casablanca a confirmé le verdict.
Le Colonel Major à la retraite Kaddour Terhzaz, né en 1937, est toujours incarcéré après sa condamnation par un tribunal militaire en novembre 2008, à l'issue d'un procès conclu en une seule journée. Il lui était reproché d'avoir révélé des « secrets de défense nationale », uniquement à cause d'une lettre qu'il avait adressée au roi en 2005 et dans laquelle il critiquait le traitement honteux selon lui réservé par le Maroc aux pilotes qui avaient été faits prisonniers de guerre par le Polisario.
Les autorités n'entravent généralement pas l'action des organisations étrangères de défense des droits humains qui visitent le Maroc. La surveillance est plus stricte au Sahara occidental, même si les autorités à El-Ayoun ont assoupli la règle imposée en 2009 qui obligeait les étrangers à signaler au préalable toute visite au domicile d'activistes sahraouis.
Les activistes sahraouis ont bénéficié d'une plus grande liberté de voyager à l'étranger qu'en 2009. Il y a eu moins de cas où les autorités ont confisqué ou refusé de renouveler leurs passeports, ou les ont empêché d'embarquer sur leurs vols.
La plupart des rassemblements publics en extérieur nécessitent l'autorisation du Ministère de l'Intérieur, qui peut refuser sa permission s'il les juge susceptibles de « troubler l'ordre public ». Si de nombreuses manifestations ont pu se  dérouler sans heurts, d'autres ont été brutalement dispersées par des policiers armés de matraques. Cela a été notamment le cas de manifestations organisées dans tout le pays par les sections locales de l'Association Nationale des Diplômés Chômeurs. Le 31 mars par exemple, les forces de sécurité ont violemment dispersé un sit-in organisé par la section de cette association à Nador, blessant de nombreuses personnes. Quatre des organisateurs ont été brièvement détenus.
Début octobre, plusieurs milliers de résidents sahraouis de El-Ayoun, au Sahara occidental, ont installé un campement à l'extérieur de la ville pour attirer l'attention sur un certain nombre de revendications d'ordre économique. Les autorités ont entamé des négociations avec les responsables du camp, mais à l'aube du 8 novembre, elles ont donné l'ordre aux manifestants de partir avant de démanteler le village de tentes par la force, utilisant notamment des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Cette opération a suscité de violentes résistances et fait des victimes parmi les forces de sécurité et les civils. Des émeutes ont éclaté le jour même dans la ville de El-Ayoun, causant de nouvelles victimes des deux côtés, parmi lesquels de nombreux hommes et femmes sahraouis brutalement passés à tabac par la police alors qu'ils étaient placés en garde à vue. A l'heure où nous rédigeons ce rapport, Human Rights Watch mène une enquête sur ces évènements.

Liberté des médias

La presse écrite et les médias en ligne indépendants du Maroc enquêtent et critiquent les représentants du gouvernement et les politiques, mais font l'objet de poursuites et de harcèlement quand ils franchissent certaines limites. Les lois sur la presse prévoient des peines de prison pour diffusion «de mauvaise foi » de « fausses informations » susceptibles de troubler l'ordre public, ou pour des propos diffamatoires mettant en cause les membres de la famille royale ou portant atteinte à « l'Islam, l'institution de la monarchie, ou l'intégrité territoriale  » - c'est-à-dire aux revendications du Maroc sur le Sahara occidental.
Le quotidien indépendant en langue arabe Akhbar al-Youm, connu pour sa liberté de ton, a reparu sous le titre Akhbar al-Youm al-Maghrebiya. Un tribunal avait en effet fait fermer le journal le 30 octobre 2009, pour avoir publié une caricature représentant un cousin du roi Mohammed VI d'une manière prétendument irrespectueuse. Cependant, le cercle restreint des médias d'information indépendants et de qualité a perdu des publications clés en 2010, avec la fermeture pour des raisons financières des hebdomadaires Nichan et Le Journal et du quotidien al-Jarida al-Oula. Ces deux derniers journaux avaient fait l'objet ces dernières années de nombreuses poursuites pour diffamation et autres infractions, dont un certain nombre obéissaient à des motivations politiques.
Le 12 juin, le roi a gracié le seul journaliste qui se trouvait en prison au premier semestre 2010, Driss Chahtane, directeur de publication de l'hebdomadaire Al-Michâal. Chahtane avait purgé huit mois d'une peine d'un an de prison pour avoir publié «de mauvaise foi » de « fausses informations » au sujet de l'état de santé du roi.
La télévision publique marocaine offre un certain espace pour le journalisme d'investigation, mais ne laisse que peu de place aux critiques directes contre le gouvernement ou aux opinions dissidentes sur certains enjeux majeurs. Le Ministère de la Communication a annoncé en mai que les chaînes étrangères, qui bénéficient d'une large audience au Maroc, devraient à présent obtenir une autorisation pour filmer en dehors de la capitale. Le ministère a refusé pour la deuxième année consécutive d'accréditer deux correspondants locaux d'Al-Jazeera sans expliquer cette décision. Il a ensuite annoncé le 29 octobre la suspension des activités de la chaîne au Maroc, au motif que cette dernière avait «sérieusement altéré l'image du Maroc et porté manifestement préjudice à ses intérêts supérieurs, à leur tête la question de l'intégrité territoriale », faisant évidemment allusion au Sahara occidental.

Libertés religieuses et culturelles

Au cours de l'année 2010, le Maroc a expulsé de façon expéditive plus de 100 Protestants de nationalité étrangère, parmi les quelques centaines qui résident légalement dans le pays. Les autorités ont informé oralement certains d'entre eux qu'ils avaient violé des lois contre le prosélytisme, puis les ont forcés à partir sans les avoir inculpés. Dans d'autres cas, les autorités ont déclaré aux personnes concernées que leur départ était "une nécessité impérieuse pour la sûreté de l'État ou la sécurité publique", une formule juridique qui autorise l'expulsion immédiate sans chef d'accusation ni procès en bonne et due forme.
Le Ministère de l'Intérieur a émis en avril 2010 une circulaire qui facilite l'inscription à l'état civil de prénoms amazighs (berbères) déclarés par les parents pour leurs nouveaux-nés. Des officiers d'état civil ont pourtant persisté à refuser les noms amazighs dans quelques cas isolés, suscitant la réaction de militants amazighs qui ont appelé le ministère à s'assurer que tous les officiers d'état civil tiennent compte de la nouvelle circulaire.

Violations des droits humains commises par le Polisario

Le Polisario a arrêté le 21 septembre Mostapha Selma Sidi Mouloud, un réfugié sahraoui résidant dans les camps de Tindouf en Algérie. Il a été appréhendé alors qu'il rentrait d'une visite au Sahara occidental sous contrôle marocain, au cours de laquelle il avait exprimé publiquement son soutien à la proposition du Maroc de maintenir sa souveraineté sur le territoire tout en lui accordant une mesure d'autonomie. Le Polisario a déclaré avoir arrêté Selma pour « espionnage » et « trahison », avant d'annoncer finalement sa libération le 6 octobre. A l'heure où nous rédigeons ce chapitre, Selma reste sous le contrôle du Polisario, tandis que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés s'emploie à organiser sa réinstallation dans un lieu de son choix.

Acteurs internationaux clés

En 2008, l'Union européenne a conféré au Maroc un « statut avancé », ce qui signifie que ce pays est légèrement privilégié par rapport aux autres membres de la « politique de voisinage » européenne. Le Maroc est le second plus gros bénéficiaire de l'aide européenne au Moyen-Orient après la Palestine, avec 580 millions d'euros (environ 808 millions de dollars US) alloués pour 2011-2013.
La France est le principal partenaire commercial du Maroc et la principale source d'aide publique au développement et d'investissement privé. La France a augmenté le montant de l'enveloppe allouée au Maroc dans le cadre de l'Aide Publique au Développement à 600 millions d'euros pour 2010-2012. La France a rarement critiqué publiquement les pratiques du Maroc en matière de droits humains, et soutient ouvertement son plan d'autonomie pour le Sahara occidental.
Les États-Unis fournissent au Maroc, qui est un allié proche, une aide financière qui inclut depuis 2008 une subvention sur cinq ans d'un montant de 697 millions de dollars US versée par la Millennium Challenge Corporation pour lutter contre la pauvreté et favoriser la croissance économique. En ce qui concerne les droits humains, les États-Unis continuent à féliciter publiquement le Maroc pour ses efforts de réforme et les progrès de la condition des femmes. Le Rapport 2009 sur la lutte contre le terrorisme du Département d'État a adressé un mauvais signal au Maroc, en considérant d'un œil favorable les condamnations prononcées à l'encontre de présumés terroristes, sans mentionner les violations systématiques des principes d'équité des procès dans ce type d'affaires. Des représentants de l'ambassade des États-Unis à Rabat ont affirmé à Human Rights Watch qu'ils avaient pressé le Maroc de réformer son code de la presse, de garantir l'équité des procédures pour les Chrétiens expatriés menacés d'expulsion, et d'appliquer sa loi sur les associations de façon plus cohérente, notamment en reconnaissant les ONG sahraouies des droits humains qui n'ont actuellement pas de statut légal.
En avril 2010, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a renouvelé pour un an le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (MINURSO), mais a une fois de plus refusé d'étendre ce mandat à l'observation et à la protection des droits humains. Le Maroc s'y oppose en effet, tandis que le Polisario s'est prononcé en faveur d'une telle extension du mandat de la MINURSO.
Le roi Mohammed VI a annoncé en 2008 que le Maroc lèverait ses réserves à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, mais mesure n'a toujours pas été prise à l'heure où nous écrivons. Le Maroc n'a pas encore ratifié le Statut de Rome pour la Cour pénale internationale, ni la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, bien que ce pays ait contribué à l'élaboration de cette Convention.
Source : http://www.hrw.org/fr/world-report-2011/maroc-et-sahara-occidental 

dimanche 23 janvier 2011

5e round des négociations Maroc-Polisario : Seul un référendum...

Par Djamel B. 23/1/ 2011
«Le peuple sahraoui a les mêmes droits à s’autodéterminer que ceux de la Namibie en 1989, du peuple du Timor-Est en 2000 et du Sud-Soudan en 2011», affirme Boukhari Ahmed, le représentant du Front Polisario à l’ONU.
«La délégation sahraouie prend part à cette 5e réunion informelle avec le même esprit de coopération sincère avec les efforts de l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, tout en étant profondément attachée aux droits sacrés de notre peuple à l’autodétermination et à l’indépendance », déclare M. Boukhari Ahmed juste avant le début de la réunion qui se tient en présence des représentants de l’Algérie et de la Mauritanie.
Comme la quasi-totalité des « intéressés » par la question sahraouie, il estime que ce 5e rendez-vous informel ne peut être comme les précédents : il se tient à la lumière de la « répression » menée à partir du 8 novembre dernier par les forces marocaines contre les 20.000 Sahraouis du camp de Gdeim Izik, du référendum d’autodétermination du Sud-Soudan qui s’est déroulé avec succès du 9 au 15 janvier. Selon le diplomate sahraoui, ces « deux messages » démontrent le bien-fondé de l’attachement du Front Polisario à la voie référendaire, « la voie la plus démocratique pour répondre aux aspirations légitimes d’un peuple de décider de son avenir », explique-t-il et plaident pour une « implication majeure du Conseil de sécurité pour la protection des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés et la réactivation du processus d’application du plan de règlement de 1991 et des accords de Houston de 1997, les seuls accords acceptés par le Front Polisario et le Maroc et endossés par le Conseil de sécurité ».
M. Boukhari y voit même en « les événements actuels en Tunisie un troisième message. « Ils offrent, dit-il, une occasion au Maroc pour répondre aux aspirations socio-économiques et démocratiques » de son peuple qui « tôt ou tard, le peuple marocain prendra conscience de la vérité historique » et se débarrasser d’un projet expansionniste sans lendemain qui a hypothéqué l’avenir du pays, entaché profondément sa crédibilité internationale et semé la méfiance et la tension dans la région.
Une région où la France et l’Espagne manœuvrent pour « imposer » la proposition d’autonomie marocaine aux Sahraouis. En manque d’arguments, la ministre des Affaires étrangères espagnole, Mme Trinidad Jiménez, est allée jusqu’à « inventer » un « oui, mais » du Front Polisario à ce plan marocain. Selon elle, le mouvement sahraoui reconnaît que l’organisation du référendum est « complexe ». « Contrairement à ce qu’affirme Mme Jimenez, la position claire et explicite du Front Polisario est basée sur un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui qui constitue la voie idoine conforme au droit, à la démocratique et à la transparence pour résoudre le conflit du Sahara occidental », lui réplique M. Mohamed Salem Ould Salek, le ministre des Affaires étrangères sahraoui, appelant l’Espagne à assumer les responsabilités qui lui incombent dans sa colonie, celle qu’elle a cédée à l’occupation militaire marocaine le 31 octobre 1975.
« La question du Sahara occidental est inscrite depuis 1966, comme une question de décolonisation », devant être résolue conformément à de la Charte des Nations unies et la Résolution historique 1514, qui stipule « l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, à travers l’exercice de leur droit inaliénable à l’autodétermination », rappelle-t-il.
Dans les territoires sahraouis occupés, six femmes ont été blessées vendredi lors d’une manifestation pacifique organisée au quartier populaire «Lehcheicha» à El Aaiun occupée pour réclamer la lumière sur la mort violente d’un jeune Sahraoui, Saïd Dambar (26 ans), abattu à bout portant d’une balle à la tête par un policier marocain le 23 décembre dernier.

vendredi 7 janvier 2011

Maroc-Polisario : Les vols ont repris pour des visites familiales entre les camps de réfugiés à Tindouf, en Algérie et le Sahara occidental

Par UNHCR, 7/1/2011
Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 7 janvier 2011 au Palais des Nations à Genève.
Nous sommes ravis d'annoncer que notre programme de mesures de restauration de la confiance pour faciliter les visites familiales entre des réfugiés vivant dans des camps près de Tindouf en Algérie et leurs familles dans le Sahara occidental ont repris aujourd'hui. Ce programme de mesures de restauration de la confiance est strictement humanitaire et apolitique en soutien des familles sahraouies séparées depuis plus de 34 ans.
Nous remercions le Gouvernement du Maroc et le Front Polisario pour leur appui à la reprise de cet important programme humanitaire.
Le premier vol transportera 30 personnes (5 familles) depuis Laayoune, dans le Sahara occidental vers le camp de réfugiés de Smara, près de Tindouf en Algérie alors 33 personnes (6 familles) voyageront depuis le camp de réfugiés de Smara vers Laayoune plus tard dans la journée. Ils passeront cinq jours avec leurs familles avant de rentrer chez eux.
Depuis le début du programme en 2004, un total de 12 635 Sahraouis ont bénéficié de ces visites familiales. Un autre groupe de 31 058 personnes a été enregistré et continue d'attendre une possibilité d'être réunis avec leurs familles après plus de trois décennies de séparation.
Le programme est mené en coopération avec le Maroc, le Front Polisario ainsi que l'Algérie en tant que pays hôte. Le HCR travaille également étroitement avec la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) qui fournit un soutien logistique y compris le transport par avion des familles.
Le HCR prévoit d'organiser une réunion à Genève en février 2011 avec toutes les parties pour discuter de la mise en œuvre d'autres volets du programme de mesures de restauration de la confiance qui, lorsqu'il sera implémenté, bénéficiera à un plus grand nombre de familles sahraouies.