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samedi 25 janvier 2014

Point hebdomadaire n°51 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc


Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point hebdomadaire n°51 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc, 22/1/2014


Quoi de mieux que de commencer ce point hebdomadaire par des extraits de lettres de quelques parrains et marraines à leurs filleuls derrière les barreaux dans les prisons marocaines. C’est d’ailleurs l’un des buts que s’est fixée l’ASDHOM en mettant en place sa campagne de parrainage. Le principal objectif reste, bien sûr, celui d’apporter le soutien nécessaire à des prisonniers politiques et d’opinion, victimes de procès inéquitables, en vue de leur libération.
Voici les extraits des dernières lettres dans l’ordre d’arrivée.
-         Lettre d’Isabelle Maurer à Mohamed Bani (groupe Gdeim Izik, prison de Salé1) : « Cher ami Mohamed Bani, Comment allez-vous ? Quelles nouvelles avez-vous de votre famille ? Votre mère, votre femme, les enfants, vos sœurs, votre neveu ? Je pense très souvent à vous et à vos compagnons de prison. Voilà déjà trois ans que vous êtes tous ensemble et séparés de vos famille. J'ai lu que vous avez observé le 11 novembre dernier une grève de la faim de 24 heures pour que votre camarade Abdeljalil Laroussi soit soigné. Il est en très mauvaise santé suite aux tortures qu'il a subies. Est-ce que votre action a attiré l'attention de l'administration de la prison et est-il soigné ? Je l'espère très fort. Pour ma part, je viens d'envoyer un message au Conseil National des droits de l’homme pour demander que le droit aux soins soit respecté dans les prisons marocaines et que Abdeljalil Laroussi soit soigné immédiatement. J'espère que votre grève et ma demande seront entendues et que votre camarade pourra retrouver un peu de sa santé après tant d'épreuves. »

-         Lettre de Marie-Josée Fressard à Hassan Dah (groupe Gdeim Izik, prison de Salé1) : « Bonjour cher Hassan, Comment vas-tu ? Ta santé ? Ton moral ? Les conditions de détention se sont-elles un peu améliorées ? Peux-tu correspondre avec ta famille ? Peux-tu lire ? Est-ce que je peux t’aider ? Nous faisons de notre mieux pour alerter la population sur votre situation. Ici, à Gap, dans notre ville nous avons organisé une soirée publique pour parler des prisonniers politiques au Maroc. Une quarantaine de personnes a écouté attentivement Ayad Ahram, le président de l’ASDHOM.(...) »

-         Engagement du Collectif des Amazighs de France pour le Changement Démocratique au Maroc (CAFCDM) pour parrainer Ammar Laâouissid/prison d’Aït Melloul, Ammar Daoudi/prison d’Aït Melloul, Moussa Sammouni/prison de Fès, Abdessamad Haidour/prison de Taza, Mohamed Dihani/prison de Salé 1, Mustapha Ouchtoubane/prison d’Ouarzazate, Mohamed Jelloul /prison d’Al-Hoceima, Abdelhalim Bakkali/prison de Tanger, Mohamed Ahbad/prison d’Al-Hoceima, Salah Eddine Chafik/prison de Fès, Brahim Bara/prison de Tiznit, Rachid Bouhafra/prison de Tiznit, Ali Aarrass/prison de Salé, Issa Bouda/prison Aït Melloul : « Notre association s’engage dans le cadre de la campagne de parrainage lancée par l’ASDHOM à parrainer des détenus politiques. Notre association entamera une correspondance avec ces détenus politiques, avec  leurs familles et interpellera les autorités marocaines pour réclamer leur libération. »

-         Lettre de Youssef Haji à Barrak Mohamed (groupe Sahraoui, prison de Salé1) : « Cher Sidi Mohamed, J’attends ta sortie avec impatience ; tu pourras venir chez moi à Mohammedia voir le bleu de la mer ; se poser de cette épreuve et reprendre le cours de ta vie d étudiant et de jeune militant sahraoui. En décembre dernier je t’ai envoyé une carte postale de Marrakech ; j’espère que tu l’as reçu ; c’est juste pour te dire que je pense à toi dans ce froid hivernal…..la persévérance ; l’étude et les réseaux de solidarité au-delà de nos frontières réelles ou mentale arrivent à faire vaincre la brutalité des états et marchands d’armes. Pour preuve cette petite victoire que je viens de fêter avec Zoubida Ait Si Rahal et sa famille. »

Vous aussi, qui recevez ce point hebdomadaire et pour qui la solidarité n’a de sens que si elle est réellement exprimée, vous pouvez franchir le pas, comme l’ont fait Isabelle, Marie-Josée, Youssef et d’autres, et décider de parrainer une victime d’injustice. Toute la procédure et les listes sont disponibles à la rubrique « Campagne de parrainage » du site de l’ASDHOM. Vous pouvez également vous inspirer de toutes ces lettres que vous pourrez lire dans leur intégralité dans la rubrique « Témoignages et lettres ». Aucun engagement financier n’est exigé. Le seul engagement en parrainant un détenu politique/d’opinion est de lui écrire votre soutien et votre solidarité pour le soulager de la pression de l’isolement et du manque de liberté et pour le conforter dans son espoir de retrouver rapidement sa place parmi les siens.
Pour vous donner une idée de ce qu’endurent ces victimes de violations de droit, voici quelques récentes informations relatives à quelques groupes que l’ASDHOM propose au parrainage.

Groupe UNEM-Kénitra (nouveau) : Les étudiants de l’université Ibn Toufayl de Kénitra, à leur tête les militants de leur syndicat UNEM, avaient mené plusieurs actions pour réclamer l’amélioration de leurs conditions d’études et dénoncer la sourde oreille pratiquée par l’administration. Lundi 20 janvier et pour prévenir tout débordement lors des examens prévus cette semaine, les forces de l’ordre ont investi en nombre tout le campus universitaire, ce qu’ont refusé les étudiants et les a poussé à décider de boycotter ces examens. Les forces de l’ordre ont ensuite procédé à des interventions violentes qui se sont soldées par 27 arrestations dont 23 seront aussitôt libérés. Les quatre autres militants (Zakaria Rakkas, Abderrazak Jakko, Abderrahim Taouil, Ismail El-Ahmar) ont été présentés au tribunal le mardi 21 janvier. Nous les intégrerons aux listes de parrainage dès qu’on ait toutes les données les concernant.

Groupe Liberté d’expression-Avocats : L’avocat, Me Mohamed El-Messaoudi, poursuivi pour « outrage à magistrat » a informé l’ASDHOM que l’audience prévue le 7 février 2014 au tribunal de Casablanca sera consacrée aux plaidoiries. Son équipe de défense est composée d’une quarantaine d’avocats marocains. Maître El-Messaoudi se sent aussi fort du soutien de ses collègues espagnols et de ceux du barreau de Paris qui vont probablement dépêché des observateurs. Rappelons que, lui-même étant membre de l’AMDH, il a toujours défendu des prisonniers politiques et d’opinion. Dans cette affaire, il estime être victime d’intimidations pour lui faire payer son audace d’avoir accepté de défendre le groupe sahraoui de Tamek auquel la justice marocaine reproche un voyage en 2009 dans les camps sahraouis de Tindouf.

Groupe Belliraj-Islamistes : Les avocats belges d’Ali Aarrass ont publié un communiqué de presse en ce mois de janvier où ils relèvent que le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire, qui a visité le Maroc du 9 au 18 décembre dernier, confirme que leur client, Ali Aarrass, a été condamné en novembre 2011 à 15 ans de prison ferme sur la base d’aveux obtenus sous la torture et fait l’objet d’une détention arbitraire. Rappelons que le citoyen Belgo-Marocain, Ali Aarrass, a été extradé par l’Espagne vers le Maroc, le 14 décembre 2010, alors que le juge Baltasar l’avait innocenté de tous les faits incriminés. Un comité de soutien, coordonné par sa sœur Farida, ne cesse d’organiser des rassemblements en Belgique pour clamer son innocence et demander au ministère belge des Affaires étrangères d’intervenir en sa faveur.
Un autre membre de ce même groupe, Abdelkader Belliraj, également Belgo-Marocain et principal condamné du groupe (condamné à la perpétuité), observe une grève de la faim dans sa cellule de la prison Toulal 2 de Meknès depuis le 5 janvier 2014 pour réclamer la révision de son procès qu’il juge expéditif et inéquitable puisque basé sur des aveux extorqués sous la torture.

Groupe Sahraouis-Laâyoune (nouveau) : Après avoir été condamné à deux reprises en 2006 et 2007 à 18 mois et à 10 mois de prison ferme, l’ancien prisonnier politique Abdeslam Alloumadi, vient à nouveau d’être arrêté le mardi 21 janvier chez lui devant sa mère. Des membres de la police marocaine ont investi sa maison et l’ont conduit dans des voitures de police sans présenter de mandat, ni dire à sa mère les raisons de cette arrestation. Affolée, sa mère est allée ensuite s’enquérir de sa situation au commissariat de Laâyoune, mais en vain. Aucune trace de lui. Elle a donc décidé de déposer plainte pour enlèvement, mais le procureur-adjoint a refusé de prendre sa plainte. Ce qui l’a poussée à l’envoyer en courrier recommandé. Elle réclame la levée du voile sur cette arrestation qui s’apparente à un enlèvement.

Pour clore ce point, nous vous informons que l’ASDHOM interviendra ce vendredi 31 janvier sur la question spécifique des prisonniers politiques lors d’une rencontre organisée par la FASTI, intitulée « Regards croisés », et consacrée au Maroc (voir pièce jointe).

Le bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, le 22 janvier 2014

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