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mardi 4 octobre 2011

Tous contre l’impunité en Algérie -Marche pour les disparus

Par Ayad Ahram, Secrétaire général de l’ASDHOM, 4/10/2011

L’ASDHOM soutient la Coalition d’associations de victimes des années 1990 en Algérie dans sa quête de la vérité et dans son combat contre l’impunité.

L’ASDHOM appelle à marcher avec la Coalition pour les disparus en Algérie  
 Samedi 8 octobre 2011 à 15h
Paris  Métro Belleville

Tous contre l’impunité en Algérie
Marche pour les disparus 

A l’appel de la Coalition d’associations de victimes des années 1990

La Coalition d’associations de victimes des années 1990 - le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), Sos Disparus, Djazairouna, Somoud - appelle à une manifestation pour la Vérité et la Justice, le samedi 8 octobre 2011, à Paris. Dans le contexte des révolutions du monde arabe, la Coalition réaffirme que la lutte contre l’impunité est partie intégrante de celle pour le changement et la démocratie. 

Dans les années 1990, notre pays a connu une guerre sanglante menée par les groupes armés islamistes contre la société, qui a causé des centaines de milliers de victimes. Les citoyens non armés et sans protection de la part de l’Etat ont été la cible principale d’assassinats, tortures, disparitions, viols collectifs et massacres.

Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Etat a mené une répression massive et aveugle contre la population, avec son lot d’arrestations arbitraires, exécutions extrajudiciaires, tortures et disparitions forcées. 8000 personnes ont « disparu » après avoir été arrêtées par les forces armées de l’Etat. Aucune enquête n’a jamais été menée pour retrouver ces disparus, ni les personnes enlevées par les groupes armés islamistes. 

Depuis le milieu des années 1990, les victimes de violations des droits de l'Homme et leurs familles  s’insurgent, et revendiquent Vérité et Justice pour pouvoir se reconstruire. Inévitablement, elles assortissent leur lutte au combat pour l’émergence d’un Etat de droit, démocratique et respectueux des droits de l’Homme, ayant la volonté de faire la lumière sur les crimes qui pèsent encore lourdement sur la société algérienne et hypothèquent toute véritable réconciliation. 

Depuis la fin des années 1990, différentes amnisties, promues par le président Bouteflika avec la bénédiction du Haut Commandement militaire, ont été adoptées : d’abord, la Concorde civile en faveur des membres des groupes armés  islamistes ; ensuite, la Charte dite « Pour la paix et la réconciliation nationale » qui, tout en rééditant l’amnistie de ces groupes, assure, depuis son entrée en vigueur en 2006, l’immunité juridictionnelle des agents de l’Etat et menace d'une peine d'emprisonnement ceux qui critiquent cette « solution ». 

Avec cette Charte, qui prône l'oubli et consacre l'impunité tant des groupes armés islamistes que des agents de l’Etat, le régime espère solder le passif humain du conflit des années 1990 par des indemnisations financières et ignore la revendication de Vérité et de Justice des familles de disparus et de victimes du terrorisme.

En faisant table rase du conflit des années 1990, le régime interdit l'établissement des responsabilités individuelles dans les violations des droits de l'Homme, ainsi que tout débat public sur la responsabilité politique des uns et des autres dans le déclenchement du conflit et son déroulement. Il espère ainsi se perpétuer en toute quiétude, fort du ralliement de nombre de ses anciens ennemis armés, pendant que la société algérienne tente d’écrire son histoire dans le noir et se débat pour établir la Vérité. 

Aujourd'hui, des associations de victimes de terrorisme (Djazaïrouna, Somoud) et des associations de familles de disparus (Sos Disparus, CFDA), prenant conscience que leur cible commune n’est autre que l’impunité, sont parvenues à transcender les clivages des années 1990, caricaturaux et révolus, pour faire front commun contre le système imposé par la dictature pour annihiler tout espoir de changement. 

La Coalition qu’elles ont créée appelle à se mobiliser pour faire tomber les lois scélérates sous la pression de la société, comme ce fut le cas en Argentine, où les familles de disparus et les victimes de la dictature ont été soutenues par la société civile et les forces vives du pays qui, faisant abstraction de tout autre clivage, ont refusé l’injustice ; grâce à cette mobilisation, les lois d’amnisties dans ce pays, dites « Point final », ont fini par être abrogées. 

Les révolutions tunisienne et égyptienne montrent qu’une dictature ne résiste pas à la volonté d’un peuple uni et conscient de ses droits. Les procès des dictateurs de ces pays et de leurs soutiens témoignent de l’aspiration à la Vérité et à la Justice. Le refus d’impunité, exprimé implacablement par la société, est le pas inévitable de toute marche vers la démocratie.

LE CHANGEMENT ET LA DEMOCRATIE PASSERONT PAR LA VÉRITÉ ET LA JUSTICE

Pour soutenir et signer la déclaration, merci d’envoyer vos nom, prénom, qualité en tant que signataire, à l’adresse mail suivante : cfda@disparus-algerie.org

Premiers soutiens de :
Associations Amusnaw, Collectif femmes du "printemps noir", Congrès mondial Amazigh, Groupe BEZZZEF, Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), Manifeste des libertés, Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), Tharwa N'Fadhma N'Soumeur
Lahouari Addi (sociologue), Louisa Aït Hamou (universitaire et militante droits des femmes) Sanhadja Akrouf (militante associative), Zineb Ali Benali (professeur des universités),  Tewfik Allal (militant associatif), Youcef Ben Brahim (militant droits de l'homme, membre de la CNCD), Madjid Benchikh (ancien Doyen de la Faculté de droit d'Alger, ancien Président de la Section algérienne d'Amnesty international), Mustpaha Benfodil (écrivain journaliste) Ali Bensaad (enseignant chercheur CNRS), Mostefa Bouchachi (président de la LADDH), Adnane Bouchaib (secrétaire général Somoud), Aimen Boudellaa (médecin, bénévole Sos Disparus), Radia Boudissa (militante associatif) Hassiba Boumerdassi (avocate), Omar Bouraba (gérant),  Mouloud Boumghar (professeur droit public), Ali Brahimi (député de Bouira non incrit), Houria Chafaï Salhi (professeur d'université à la retraite), Ourida Chouaki (militante droits de l'Homme), Kaddour Chouicha (enseignant universitaire, Oran), Ahmed Dahmani (enseignant chercheur), Habiba Djahnine (réalisatrice), Daho Djerbal (université Alger II), Lalia Ducos (militante algérienne), Nassera Dutour (porte-parole CFDA), Samir El Hakim (comédien) Nabil Farès (écrivain, psychanaliste), Kader Fares Affak (comédien militant), Abdelwahab Fersaoui (président RAJ), Fouad Hassam (membre du Bureau de la LADDH, Oran), Marieme Helie Lucas (sociologue), Ghazi Hidouci (ancien ministre) Dalila Iamarene (militante droits des femmes), Cherifa Kheddar (présidente de Djazaïrouna), Feriel Fatès Lalami (militante féministe), Nasr Eddine Lezzar (avocat), Abdelhamid Mehri (ancien ministre du GPRA et ancien secrétaire général du FLN), Ali Merabet (président Somoud), Tarik Mira (député de Bejaïa non inscrit), Faroudja Moussaoui (militante droits de l'homme, vice présidente du CMA), Karim Natouri (enseignant université de Bejaïa, faculté de droit, président de bureau de Bejaia de la LADDH), Djaffar Ouali (LADDH section de Saida), Fatma Oussedik (sociologue), Nourredine Saadi (écrivain, juriste), Mohamed Salem Sadali (Secrétaire général du Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Education et de la Formation (SATEF), Leïla Sebbar (écrivaine), Sid Ahmed Semiane (auteur, photographe), Yacine Zaid (syndicaliste autonome, membre du conseil national de la LADDH, président de bureau de wilaya de Laghouat)
 

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