Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

samedi 4 mai 2013

Répression S.O : L’aéroport d’El Aaiun occupée sous un état de siège à la veille de l'arrivée de la presse internationale au Sahara occidental


us-media_0_0






Un grand déploiement des forces marocaines, de la police et des services de renseignements marocains autour de l’aéroport d’El Aaiun occupée, a été constaté vendredi, à la veille de l’arrivée d’une délégation de la presse internationale au Sahara occidental, a-t-on appris de source médiatique sahraouie sur place.
Ce déploiement sans précédent intervient à la veille de l'arrivée d'un groupe de journalistes internationaux dans les territoires occupés afin d’élaborer un rapport détaillé sur la situation dans la région, à la lumière de la répression brutale des forces marocaines des manifestations appelant à l’autodétermination du peuple sahraoui, notamment après la dernière résolution du Conseil de sécurité.
La délégation est composé des représentants des journaux et chaines :New York Times, Washington Post, BBC, CNN, The Guardian, Sky News, Foreignpolicy, Boston Globe et Herald Tribune.
Dans ce même contexte, les villes de Smara (Sahara occidental), Assa et Sidi Ifni (sud du Maroc), ont connu également des manifestations pacifiques à travers lesquelles les manifestants ont arboré  les drapeaux sahraouis et scandé des slogans réclamant l'autodétermination et à l'indépendance du Sahara occidental. (SPS)
Posté par amaidan-salah à 16:33 -

Droits de l’homme au Sahara occidental: une ONG britannique appelle l’ONU à intervenir rapidement



LONDRES,  (SPS) 2/5/2013

 L’organisation britannique militant en faveur des droits de l’homme ADALA a appelé jeudi l’ONU à intervenir "le plus rapidement possible" pour mettre un terme à la violence et assumer sa responsabilité face à la dégradation alarmante de la situation des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés.

"La situation des droits de l’homme au Sahara occidental, loin de s'améliorer, ne fait que s'aggraver en raison de l'absence de volonté politique de la part du Maroc", a souligné cette ONG.

"Le 25 avril 2013, quelques heures après que le Maroc ait promis au Conseil de sécurité de respecter les droits de l’homme au Sahara occidental, comme stipulé dans la résolution 2099, les forces de sécurité marocaines, sont violemment intervenues, sans avertissement, contre les Sahraouis sans défense pour mettre fin à leurs manifestations pacifiques", a rapporté ADALA.

Cette ONG a mentionné dans son rapport "la répression, l'intimidation et le siège de villes, tous au moyen d'un déploiement étonnamment abusif et disproportionné de la police et de la force militaire, utilisées en permanence pour disperser des manifestations pacifiques".

Selon ADALA, cette intervention s'est poursuivie pendant cinq jours consécutifs dans différentes villes du Sahara occidental faisant un grand nombre de victimes et causant la destruction des maisons de nombreux militants sahraouis.

"Ces scènes ont été vérifiées par deux délégations, l'une d'Amnesty International et l'autre du Parlement européen qui se trouvaient au Sahara occidental durant cette période", a rapporté encore l’organisation.

"C’est la manière par laquelle l'Etat marocain et ses autorités agissent envers les Sahraouis, notamment les femmes et les enfants, sans défense dans les territoires occupés (…) pourtant c’est un pays qui a récemment révisé sa Constitution et ses lois sur les droits de l'homme, y compris le droit de protester pacifiquement...", a souligné ADALA.

Pour cette ONG, une fois de plus l'Etat marocain n'a pas tenu sa parole et les promesses faites à la communauté internationale, ce qui met ses défenseurs dans une situation "embarrassante".

ADALA a lancé, à ce propos, un appel à la communauté internationale, aux organismes locaux de défense des droits humains, aux organisations internationales et aux gouvernements, pour intervenir et arrêter les violences perpétrées par les autorités marocaines au Sahara occidental contre les citoyens sahraouis sans défense.

L'ONG a exprimé sa solidarité avec les victimes de l'intervention "brutale" commise par les autorités marocaines.

Inscrit depuis 1964 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc lequel est soutenu par la France.(SPS)

REPRESSION S.O. : 2 mai 2013

De nombreux renforts dépêchés à El Aaiun depuis l'explosion des manifestations

Plan de Paix, 2/5/2013


Au Sahara occidental, selon des informations documentées avec des vidéos et publiées sur Youtube, le Maroc a dépêché de grands renforts sécuritaires à El Aaiun suite aux manifestations qui se poursuivent dans la ville. Le journal Al Massae qui rapporte cette information prévenait qu’il risque d’y avoir du grabuge à l’occasion de ce 1er Mai au Sahara occidental ! Et pour Akhbar al Yaoum al Maghribia, "les pro-séparatistes (comprendre les Sahraouis) planifient pour des affrontements de longue durée avec les forces de l'ordre". 

Pour le Maroc qui prétend que les Sahraouis indépendantistes sont une minorité, ce serait pourtant plus simple d’accorder aux Sahraouis le droit à l’autodétermination afin qu’ils se prononcent pour ou contre l’indépendance du Sahara occidental. Et qu’on tourne une fois pour toutes la page !

Dans leur quête d'une justification à ce qui arrive dans les quatre villes du Sahara Occidental, avancent diverses arguments aussi fantaisistes les uns que les autres. Pour El Othmani, le titulaire des affaires Étrangères marocain, il s'agit d'un complot dessiné de l'Extérieur. Pour le Wali d'El Aaiun, Khalil Dkhil, les manifestants ont des antécédents judiciaires et ne sont pas originaires du Sahara mais de la zone sud du Maroc (Tan-Tan, Goulimim, Assa...). Des déclarations qui ont provoqué un tollé parmi les associations originaires de cette région qui ont qualifié ces déclarations de "racistes".

Pour rappel, l'administration avait procédé en 1991 au transfert forcé d'une grande partie de la population de cette région en vue de l'intégrer dans le corps électoral sahraoui. A présent ils sont accusés de ne pas être sahraouis.

D'autre part, la répression des manifestations se poursuive dans les villes sahraouies. Les enlèvements continuent sur des personnes ciblées. Certains manifestants ont été injectés avec une substance de nature inconnue et qui provoque des graves traumatismes. 

La ville d'El Aaiun est assiégée par les forces de sécurité marocaines 

Répression Sahara occidental : 29, 30 avril et 1er mai-WSHRW: Appel urgent à Médecins Sans Frontières, à Médecins du Monde et à Croix/Croissant Rouge

WSHRW: Appel urgent à Médecins Sans Frontières, à Médecins du Monde et à Croix/Croissant Rouge



Western Sahara Human Rights Watch
Western Sahara Human Rights Watch

Le mardi 30 avril, 
L’intervention policière brutale contre les manifestants pacifiques sahraouis, le 29 avril 2013, a provoqué dizaines de blessés. Les forces d’occupation empêchent les soins sanitaires indispensables aux victimes et qu’on ne leur fournisse les médicaments nécessaires.
 
Western Sahara Human Rights Watch, au nom des victimes de la répression, fait un appel urgent à “Médecins Sans Frontière”, “Médecins du Monde” et à la Croix/Croissant Rouge, ainsi qu’à toutes les équipes médicales volontaires du monde entier pour qu’ils puissent visiter les zones occupées du Sahara Occidental et donner les soins aux victimes. 
WSHRW demande à ces organisations et personnes humanitaires qu’elles puissent accéder aux zones occupées et déterminer avec examens médicaux la portée des abus, lésions et tortures provoqués par l’intervention brutale des forces d’occupation marocaines et contribuer à hospitaliser les blessés.
------------------------------------------------------------------------------------------------------
Premier mai : Persécution ciblée des activistes sahraouis par des fonctionnaires de police de haut rang marocains au Sahara Occidental


http://youtu.be/tPoI91BELz8
-----------------------------------------------------------------------
 L'AMDH préoccupée par la poursuite des violations des droits de l'homme des Sahraouis

El-Aaiun, 1 mai 2013 (SPS) L'association marocaine des droits de l'homme (AMDH) a exprimé sa préoccupation devant la poursuite des "violations des droits de l'homme des citoyens sahraouis", par les forces marocaines lors des manifestations déclenchées dans la ville occupée d'El Aaiun en particulier et au Sahara Occidental en général, selon un rapport de l’AMDH.
Ces manifestations ont été organisées pour revendiquer l'autodétermination suite à la résolution 2099 du Conseil de sécurité adoptée dernièrement, a ajouté la même source.
Dans un rapport sur la situation qui prévaut à El Aaiun depuis vendredi dernier, l'AMDH a affirmé "la nécessité d'un mécanisme onusien pour surveiller et rendre compte sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental".

 
Le rapport souligne, "les violations des droits de l'homme commises contre les citoyens sahraouis dans la ville d'El Aaiun par les forces marocaines qui les empêchent, par la force, d'exercer leur droit légitime à manifester pacifiquement garanti par les chartes internationales des droits de l'homme".
L'AMDH a précisé que "les forces marocaines font usage d'une force excessive et d'une violence rare", causant, selon la même source, "des blessures graves" aux victimes. (SPS)
 020/090/TRD/700 011420 MAI 013 SPS     






Le photo-sniper d'El Aaiun (Vidéo)



La caméra de l'Equipe Media de la ville d'El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, a capté un policier caché sur le toit d'un immeuble en train de filmer une manifestation sahraouie. Ceux qui seront identifiés risquent d'être détenus ou tourturés d'une façon cruelle.



Pour le quatrième jour consécutif continuent les manifestation dans les villes du Sahara Occidental pour protester contre la résolution du Conseil de Sécurité qui empêche la MINURSO de superviser les droits de l'homme au Sahara Occidental.



A Bojador, la violente intervention des forces de l'ordre marocaines a laissé des dizaines de blessés et la maison de la famille Wadi a été saccagée.



A Smara, parmi les blessés se trouvent trois femmes et un vieillard.



A El Aaiun, les manifestation se sont poursuivies dans plusieurs quartiers de la ville



- Répression policière passée contre les manifestants du 1er Mai, Rabat, Maroc, Le 1er mai 2013 : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=4Z6aYxDDPHg

RÉPRESSION S.O..26 et 27 avril : Insupportable routine :La police marocaine agresse les femmes sahraouies

Le témoignage de Mohamed Hanin – El Aaiún, le 26 Avril 2013

“Les policiers et les agents des forces auxiliaires marocains, sous la direction du commandant régional en chef et du lieutenant appelé Elaadli, accompagné par le Gouverneur d’El Aaiún appelé Mohamed Elmachti, m’ont amené dans une rue étroite dans le voisinage de leur poste de police local au quartier de Maatallah. Sur place, ils ont commencé à me battre très fort. Ensuite, l’un d’eux a jeté une pierre qui a atteint mon épaule. Puis ils ont commencé à me donner des coups de pied. L’un d’eux m’a donné des coups de pied dans mes côtes. Toute cette brutalité ne me pousse qu’à continuer et à être encore plus déterminé à continuer. Martyre ou indépendance! ”

 --------------------------------------------------------------------------
Elle s’appelle Fatimatu Ment Abdallahi et elle participait à une manifestation pacifique, en scandant des slogans pour l’indépendance et l’autodétermination, quand des femmes et des anciens ont été sauvagement agressés par les forces de police marocaines. Elle affirme que le gouvernement marocain se moque éperdument des droits de l’homme et n’en reconnaît même pas l’existence et qu’il est hors de question que le gouvernement marocain respectera un jour les droits de l’homme ou se conformera au droit international. Elle concluait en disant “ Il n ´existe aucune alternative à la autodétermination”

http://www.wshrw.org/fr/no-existe-ninguna-alternativa-a-la-autodeterminacion-destaca-una-mujer-saharaui-brutalmente-agredida/http://www.wshrw.org/fr/no-existe-ninguna-alternativa-a-la-autodeterminacion-destaca-una-mujer-saharaui-brutalmente-agredida/
____________________________________________________________________

Le samedi 27 avril,
Les blogueurs et médiatiques sahraouis n’ont pas échappé des attaques des forces d’occupation marocaines durant les interventions violentes pour disperser les manifestations pacifiques organisées  le soir du vendredi 26 avril à El Aaiun occupé où on réclamait son droit à l’autodétermination et à l’indépendance du Sahara Occidental.
La bloqueuse sahraouie, Aafaf al-Housseini, de 22 ans, qui était présente à une des manifestations a fin de documenter les évènements qui étaient en cours, a fini par être frappée par les forces d’occupation marocaines, qui, en plus, lui a injecté au bras gauche une substance inconnue avec une seringue. Par conséquence de cette injection la bloqueuse sahraouie s’est évanouie pendant un temps.
Une autre activiste sahraouie, Mariam Alborhimi, a été maltraitée par les forces d’occupation dans l’avenue Smara à El Aaiun occupé. Nous rappelons que cette activiste avait voyagé pour se faire le traitement d’une maladie au dos, et était en train de se récupérer, mais l’agression injustifiée par les forces d’occupation marocaines rend sa santé plus détériorée.

AMNESTY INTERNATIONAL : l'ONU manque une occasion



AMNESTY INTERNATIONAL

Communiqués de presse

25 avril 2013

En renonçant à un suivi des droits humains au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf, l'ONU manque une occasion

Le fait que le Conseil de sécurité des Nations unies ait décidé de ne pas inclure de mécanisme de suivi de la situation des droits humains au mandat de la force de maintien de la paix déployée au Sahara occidental – malgré les informations persistantes faisant état d'abus dans la région –, est une « occasion manquée », a déploré Amnesty International jeudi 25 avril.
Le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) – l'une des rares missions de maintien de la paix de l'ONU n'ayant pas d'obligations en matière de droits humains – a été renouvelé le 25 avril.

Une proposition des États-Unis concernant l'inclusion d'une dimension relative aux droits humains au projet de résolution examiné par le Conseil de sécurité a été mise au rebut à la suite des protestations du gouvernement marocain.

« Le Conseil de sécurité a failli à ses obligations vis-à-vis de la population du Sahara occidental et des personnes vivant dans les camps de réfugiés de Tindouf. En effet, elle a laissé passer une occasion unique d'attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation des droits humains sur place ; or un examen attentif des conditions sur le terrain fait cruellement défaut », a indiqué Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Dans son dernier rapport en date à l'adresse du Conseil de sécurité, Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, a rappelé la nécessité d'« un suivi indépendant, impartial, approfondi et continu de la situation des droits humains, à la fois au Sahara occidental et dans les camps. »

Les autorités marocaines ont rejeté avec force la proposition des États-Unis d'élargir le mandat de la MINURSO, affirmant que cela menacerait la souveraineté marocaine dans le Sahara occidental.

Washington a par la suite retiré sa proposition, et les membres du Conseil de sécurité ont approuvé une nouvelle résolution qui n'accorde pas à la MINURSO l'autorité requise pour effectuer un suivi des violations des droits humains.

Les atteintes aux droits humains commises au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf préoccupent Amnesty International depuis longtemps.

Des informations faisant état d'un recours excessif à la force contre des manifestants, ainsi que d'actes de torture en détention et de restrictions à la liberté d'expression, de réunion et d'association au Sahara occidental continuent à émerger.

La situation relative aux droits fondamentaux dans les camps de Tindouf, qui sont contrôlés par le Front Polisario, reste opaque. Il n'y a aucun observateur indépendant des droits humains sur place actuellement, ce qui expose les résidents aux abus.

« Les autorités marocaines affirment qu'elles s'efforcent d'améliorer la situation des droits humains au Sahara occidental et se plaignent que les organisations de défense de ces droits se rendent rarement dans les camps de Tindouf », a précisé Philip Luther.

« Elles auraient donc dû voir d'un bon œil la création d'un mécanisme des Nations unies chargé d'effectuer un suivi relatif aux droits humains, et non pas s'y opposer. »

Malgré l'échec du 25 avril, la résolution adoptée reconnaît la nécessité d'améliorer la situation des droits humains au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf.

Elle engage les deux camps à travailler de concert avec la communauté internationale afin de mettre en œuvre des solutions indépendantes et crédibles visant à garantir le respect absolu des droits humains.

« Le Maroc et le Front Polisario ont des comptes à rendre devant le Conseil de sécurité et la communauté internationale, et ils doivent prendre en considération l'appel – si timide soit-il – en faveur de la promotion et de la protection des droits humains », a expliqué Philip Luther.

« Les progrès sur le terrain des droits humains doivent être mesurés à l'aune de mesures concrètes comme l'ouverture d'enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes sur les allégations de torture en détention. »

Depuis plusieurs décennies, le Maroc et le Front Polisario s'affrontent au sujet de la souveraineté au Sahara occidental, annexé par le Maroc en 1975.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a établi en 1991 une force de maintien de la paix chargée de superviser un cessez-le-feu entre les deux camps et d'organiser un référendum visant à déterminer le statut définitif du territoire.
Index AI : PRE01/201/2013
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
 
Susan Rice, la représentante des États-Unis à l'ONU.Susan Rice, la représentante des États-Unis à l'ONU. © Bebeto Matthews/AP/SIPA
 
L'ambassadrice américaine Susan Rice avait demandé que le mandat de la force onusienne (Minurso) soit étendu à la surveillance des droits de l'homme. Pris de court, le royaume a réagi vertement. Et a finalement obtenu un compromis dans le nouveau texte qui devrait être voté jeudi 25 avril.
À Rabat, le soutien de François Hollande au plan d'autonomie marocain au Sahara avait entretenu l'euphorie. Sa visite d'État, début avril, s'était très bien passée. D'où la sévère gueule de bois des responsables marocains lorsqu'ils ont appris, « comme tout le monde », le projet de résolution porté par Susan Rice, l'ambassadrice américaine à l'ONU, le 9 avril. Ce texte prévoyait de doter la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) d'un mandat étendu aux droits de l'homme. Dans la terminologie appropriée, il s'agissait d'un mécanisme de « surveillance » (monitoring) et de « compte rendu » (reporting) des atteintes à ces droits, tant au Sahara occidental, largement sous administration marocaine, que dans les camps de Tindouf, contrôlés par le Front Polisario.
Le Maroc, qui s’y est opposé, a dénoncé une « instrumentalisation des droits de l'homme, avec l'appui, conscient ou inconscient, de quelques ONG internationales ». Et Rabat a finalement eu gain de cause. « Les droits de l'homme seront davantage mentionnés que l'an dernier dans le texte [qui sera soumis au vote jeudi, NDLR], et celui-ci encourage des efforts et des progrès dans ce domaine », a indiqué un diplomate au courant des négociations.
« C'est une manière d'avertir les Marocains que la communauté internationale surveille davantage la situation au Sahara occidental », a souligné un autre diplomate. L'an dernier le Conseil avait prolongé le mandat de la Minurso tout en demandant au Maroc d'améliorer la situation.

"Occasion manquée"
« C'est une occasion manquée et une déception de voir les États-Unis reculer devant les Marocains, qui ont réagi avec excès », a pour sa part déclaré le directeur pour l'ONU de Human Rights Watch (HRW), Philippe Bolopion. Mais le compromis de cette année ne pourra tenir que si le Maroc autorise des visites régulières d'experts des droits de l'homme de l'ONU au Sahara occidental et que l'Algérie fait de même dans les camps contrôlés par le Polisario autour de Tindouf.
L'évolution de la position américaine, si elle s’est assouplie in extremis, ne vient pas totalement par surprise. Dans son rapport du 8 avril, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, observe d'ailleurs que « la surveillance indépendante, impartiale, complète et constante de la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et dans les camps devient plus que jamais une nécessité primordiale ».
Jusque-là, la diplomatie marocaine pouvait compter sur la bienveillance américaine, en particulier tout au long du premier mandat de Barack Obama, avec Hillary Clinton dans le rôle de marraine. Et surtout sur le soutien de la France, qui a parfois servi de dernier rempart. Notamment quand le Royaume-Uni a fait une proposition similaire il y a deux ans. « C'est totalement inédit. Le Maroc, membre non permanent du Conseil de sécurité, a été mis devant le fait accompli [de l’exigence américaine avant que le compromis ne soit trouvé, NDLR]. Le Groupe des amis du Sahara occidental [États-Unis, France, Espagne, Royaume-Uni et Russie, NDLR] aussi », indique un diplomate français. « Ce n'était ni la bonne méthode, ni le bon timing », ajoute la même source.

Passe d'armes
Face à la position américaine, la réaction marocaine ne s’était pas fait attendre. Le 15 avril, les chefs de parti avaient été convoqués à une réunion de crise au palais, et African Lion 2013, les manœuvres militaires conjointes maroco-américaines prévues à Agadir (sud du Maroc), avaient été reportées sine die, selon nos sources. Par ailleurs, les Marocains dénonçaient le rôle joué par le Robert F. Kennedy Center for Justice and Human Rights.
Kerry Kennedy, sa présidente, fille de Robert, l'ancien ministre de la Justice, et nièce de John Fitzgerald Kennedy, a mené fin 2012 une mission très médiatisée dans les « Provinces du Sud », dont elle a tiré un rapport sévère. « Elle a aujourd'hui bien plus d'influence auprès de John Kerry [le nouveau secrétaire d'État américain]. Il y a là-dedans le poids de la dynastie, la culpabilité des démocrates », note perfidement un responsable marocain.
On peut aussi voir dans cette passe d’armes entre Rabat et Washington une conséquence du bras de fer engagé par le Maroc autour du « cas » Christopher Ross. Récusé par Rabat, ce haut diplomate américain a finalement été maintenu dans ses fonctions d'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental. Une façon de rendre la monnaie de sa pièce au royaume.
http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2728p016.xml0/

La nouvelle résolution de l'ONU insiste sur l’amélioration des droits de l’homme


 L’avertissement à demi-mot de l’ONU au Maroc
 Par : Merzak Tigrine, El Watan, 27/4/2013
 
Bien qu’ayant accepté de retirer leur projet de résolution prévoyant d’inclure le contrôle des droits de l’Homme parmi les missions de la Minurso, les États-Unis ont veillé à ce que l’importance de l’amélioration de la situation soit soulignée dans le texte adopté.

Comme de coutume, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, jeudi, une autre résolution sur le Sahara Occidental, dans laquelle il a renouvelé son appel à une “solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental”. Outre la prorogation du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso) jusqu’au 30 avril 2014, le fait nouveau dans cette résolution est que les membres de l’organe exécutif des Nations unies soulignent : “L’importance de l’amélioration de la situation des droits de l’Homme” au Sahara Occidental.
 Dans cette résolution, portant le numéro 2099/2013, le Conseil de sécurité de l’ONU a particulièrement insisté, cette fois-ci, sur la nécessité du respect par le Maroc des droits de l’Homme des Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara Occidental, en appelant à “élaborer et appliquer des mesures indépendantes et crédibles pour assurer le plein respect des droits de l’Homme” des Sahraouis.
Le Conseil de sécurité a accordé une grande importance à cette question, en réitérant dans un autre paragraphe de sa résolution la nécessité du “renforcement de la promotion et de la protection des droits de l’Homme au Sahara Occidental”. Ainsi, il enjoint au Maroc de mieux respecter les droits de l'Homme au Sahara Occidental. Pour rappel, les États-Unis avaient d'abord présenté un texte qui, pour la première fois, chargeait la Minurso de “surveiller et de faire un rapport sur le respect des droits de l'Homme”, au grand dam des Marocains.
La proposition américaine défendue par l'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, était pourtant en cohérence avec les pratiques onusiennes. La Minurso est, en effet, la seule mission de l'ONU n'incluant pas de volet sur les droits de l'Homme. 
Les Marocains avaient réagi très vivement, allant jusqu'à reporter sine die un exercice militaire conjoint avec des soldats américains et faisant intervenir leur lobby auprès du Groupe des amis du Sahara Occidental (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Espagne). Cédant à cette pression, Washington a renoncé à inclure les droits de l'Homme dans le mandat de la Minurso. Loin de constituer une victoire pour la diplomatie marocaine, la nouvelle résolution est un avertissement en termes très édulcorés. Ceci étant, le Conseil de sécurité a affirmé son “soutien résolu à l’engagement du secrétaire général et son envoyé personnel pour trouver une solution à la question du Sahara Occidental” et a appelé à “un rythme renouvelé et intensifié des réunions et au renforcement des contacts”. Cet appel du Conseil de sécurité vient en réaction aux appels de la communauté internationale dont notamment le département d’État américain et les ONG internationales des droits de l’Homme qui ont dénoncé, à travers plusieurs rapports, les violations de ces droits par les autorités marocaines par des pratiques de tortures, détentions arbitraires et autres mauvais traitements infligés aux Sahraouis. Ces dénonciations ont aussi été confirmées par le dernier rapport sur le Sahara Occidental présenté le 8 avril au Conseil de sécurité par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans lequel il a soutenu, en termes clairs, que la surveillance “indépendante, impartiale, complète et constante de la situation des droits de l’Homme au Sahara Occidental” devient plus que jamais une  “nécessité primordiale”.
-------------------------------------------------------------------------




SAHARA OCCIDENTAL : 
UNE OCCASION MANQUEE A L'ONU



En adoptant le 25  avril 2013  la résolution 2099 sur le Sahara occidental, le Conseil de sécurité de l'ONU a désavoué son secrétaire général qui, dans son rapport du 8 avril, recommandait "une surveillance indépendante,  impartiale et soutenue  des droits de l'Homme au Sahara occidental". En effet, bien que cette recommandation ait été relayée dans un premier temps par les Etats-Unis (avant d'être retirée), le Conseil de sécurité  a refusé une nouvelle fois d'inclure la surveillance des droits de l'Homme dans les compétences de la mission des Nations unies (Minurso) malgré les demandes réitérées du Parlement européen, de nombreuses associations des droits de l'Homme (Amnesty international, Human Rights Watch, Centre Robert Kennedy, AMDH...). La Minurso reste donc une des seules  missions de paix des Nations unies dans le monde dépourvue d'un mandat de surveillance des droits de l'Homme et ce, malgré la violente répression des manifestations pacifiques et les très lourdes condamnations le 17 février 2013 des 22 militants sahraouis emprisonnés à Salé (de 20 ans à la perpétuité).

Toutefois, le Conseil de sécurité a souligné "qu'il importe d'améliorer la situation des droits de l'Homme" mais en reprenant, au mot près, sa résolution de 2012 complétée  de surcroit par des félicitations au Maroc pour les mesures formelles  prises dans le domaine des droits de l'Homme!

 La résolution 2099 se contente de prolonger d'une année supplémentaire la mission des Nations Unies au Sahara occidental et d'engager le Maroc et le Front Polisario à poursuivre les négociations « en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental » mais en leur demandant de faire preuve "de réalisme et d'un esprit de compromis". Tout en reconnaissant que "la consolidation du statu quo n'est pas acceptable", la résolution ne propose aucune mesure pour amener le Maroc à mettre un terme à ses manœuvres d'obstruction et à tenir ses engagements dans le respect du droit international.

Le gouvernement français s'est rangé une fois de plus auprès des autorités marocaines en agissant pour le retrait de la proposition des Etats-Unis d'étendre le mandat de la Minurso et en soutenant le projet marocain d'autonomie qui bafoue le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Il empêche ainsi la résolution pacifique d'un conflit de 38 ans sur la décolonisation du Sahara occidental.

Le Maroc s'est ouvertement félicité du refus de l'extension du mandat de la Minurso qu'il a reçu comme un encouragement à sa politique de répression dans les territoires occupés. C'est ainsi que, le 27 avril, deux jours à peine  après le vote de la résolution de l'ONU, il a déclenché une violente répression d'une manifestation pacifique à El Aaiun qui a fait des dizaines de blessés.

Réaffirmant sa solidarité avec la lutte du peuple sahraoui, la plateforme est décidée à poursuivre son action contre les violations des droits de l'homme au Sahara occidental, pour la libération des prisonniers politiques, pour un mécanisme international permanent de surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental et pour la mise en œuvre rapide du référendum d'autodétermination qui permettrait enfin au peuple sahraoui de décider librement et démocratiquement de son avenir.

Paris le 30 avril 2013







Répression S.O. : Selon le Maroc « la protection des droits de l'homme menace la paix et la sécurité dans la région»

ASVDH, Sahara Occidental, le 2/5/2013


  Délaration du 2 mai 2013


L'ASVDH déplore l'incapacité du Conseil de sécurité et l'organisation des Nations Unies à s'acquitter de ses engagements  à l'égard du peuple du Sahara Occidental et à élargir les compétences de sa Mission pour le Référendum au Sahara Occidental, la Minurso, pour inclure la surveillance des droits de l'homme. 


Au contraire,  le conseil a adopté le point de vue marocain qui se base sur la menace suivante :  « la protection des droits de l'homme menace la paix et la sécurité dans la région et ouvre à l'inconnu ». Il est très malheureux que cette allégation ait été soutenue  par des puissances internationales comme la France et l'Espagne.
Directement après la décision 2099, les populations sahraouies dans les territoires occupés du Sahara Occidental sont sorties dans la rue pour des manifestations pacifiques et spontanées, pour confirmer leurs revendications légitimes de bénéficier des droits que leur confèrent le droit international et le droit international des droits de l'homme.
Comme d'habitude les autorités les ont réprimés.
L'ASVDH déclare ce qui suit :
Nous saluons toutes les organisations des droits de l'homme, les gouvernements et tous les instances qui ont défendu la protection des droits de l'homme au Sahara Occidental et ont demandé l'élargissement des mandats de la Minurso.
Nous demandons aux Nations unies et au conseil de sécurité d'appliquer ses engagements à l'égard du peuple sahraoui et de travailler pour élargir les compétences de sa mission au Sahara Occidental pour inclure la surveillance des droits de l'homme. 
Nous sommes solidaires des victimes de la répression continuelle des autorités marocaines. 
Nous dénonçons les nouvelles façons tordues des autorités marocaines et la propagande qu’ils utilisent contre les activistes des droits de l'homme.
Nous dénonçons les mensonges des autorités marocaines quand ils affirment que les activistes sahraouis envoient les mineurs manifester. Chacun manifeste librement, et les mineurs savent ce qu’ils font.
Nous dénonçons les affirmations des autorités marocaines qui présentent une photo des agents marocains mettant le feu à des poubelles, et les font passer pour des sahraouis. Les autorités coloniales ne cherchent qu’à justifier les violences exagérées de leurs interventions contre les manifestations sahraouies pacifiques.
http://apsoinfo.blogspot.fr/2013/05/asvdh-delaration-du-2-mai-2013.html