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jeudi 28 juillet 2011

.Maroc: « Un grand pas vers le passé"

Mehdi Lahlou
Par M.L., Politis, 14/7/2011

Chargé des relations internationales au Parti socialiste unifié marocain*, Mehdi Lahlou dénonce ici un référendum constitutionnel truqué, qui atteste d'une cour politique sourde aux aspirations populaires.

Au vu des conditions dans lesquelles le processus référendaire pour la « révision constitutionnelle » s'est déroulé au Maroc, depuis l'annonce de « réformes profondes » faite par le roi le 9 mars 2011 jusqu'à la publication des résultats du vote du 1" juillet, chacun fait le constat que le royaume chérifien, comme on dit encore en France, a fait de grands pas vers.., le passé.
Le score de 98,5 % annoncé pour le « oui », normal dans l'ex-Union Soviétique ou dans la Tunisie de Ben Ali, ou encore dans l'Égypte de Moubarak, fait tache aujourd'hui que les régimes staliniens ont périclité en Europe de l'Est et que la plupart des autocraties se sont écroulées. Les stratèges du « oui » à Rabat n'ont pas compris que le monde, et la société marocaine avec lui, a changé. Tout en usant des mots «modernité » et « démocratie », ils n'ont pas saisi que les scores fleuves sont passés de mode et donnent des arguments de réfutation à tous ceux qui estiment que tout ce cirque n'est plus qu'un attroupement de clowns bien tristes, vieillis et décolorés. [...] Un score de 55 % ou encore de 85 % de « oui » pour une réforme constitutionnelle proposée par le roi aurait été plus facilement [...] opposable aux adversaires, à supposer qu'on puisse qualifier ainsi les jeunes Marocains descendus nombreux dans les rues, depuis le 20 février 2011, parce que le « printemps arabe » ne pouvait pas ne pas concerner le Maroc. [...]
La réforme constitutionnelle a été enclenchée dans la précipitation. Le discours royal de début mars 2011 avait entrouvert un espoir ténu de réponse positive aux revendications du « Mouvement des jeunes du 20 Février» pour « une réforme constitutionnelle donnant plus de pouvoirs au gouvernement et au Parlement, l'indépendance de la justice, la fin de la corruption et de l'économie de rente, moins de religion dans la sphère politique et une répartition moins inégalitaire des richesses nationales... ». Mais le texte distribué à la suite du discours du 17 juin a fait machine 
arrière.
Le roi garde ainsi l'essentiel des pouvoirs qui lui étaient reconnus par l'ancienne constitution. Il se voit renforcé dans ses prérogatives par la présidence du Conseil de sécurité intérieure, celle du Conseil supérieur de l'autorité judiciaire, celle du Conseil des oulémas, élevé par la même occasion au rang d'instance constitutionnelle. Comme préalable à cette intrusion, exact contre-pied de « l'État civil» réclamé par la gauche démocratique marocaine, l'islam devient la religion d'État, une concession magistrale au Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste et l'un des plus réactionnaires du pays.
Quant aux conditions de la campagne référendaire, organisée de telle sorte que seuls les tenants du « oui » (de l'USFP au PPS en passant par l'Istiqlal, le PJD et autre PAM) fassent entendre leurs voix, elles ont surtout été marquées par [...] l'implication officielle des mosquées en faveur du projet de constitution et par le recours aux zaouias [confréries religieuses], dont celle des Boutchichis, pour créer une espèce de fitna [sédition] en opposant les islamistes adoubés à ceux d'El Adl Wa Al lhsane, ainsi que dans le recrutement de voyous pour « casser » les manifestations à l'image de ce qui s'est passé sur la place Tahrir, au Caire, le 11 février 2011.

Et maintenant, que faut-il faire ?
Avec une nouvelle constitution qui lui donne tous les pouvoirs, [...] il revient au roi de créer des emplois, de redresser le système scolaire et éducatif du pays, d'éradiquer la corruption et réduire l'économie de rente, dont les principaux bénéficiaires sont très proches de la cour, en plus de quelques responsables politiques en vue, un peu partout sur l’échiquier des partis au gouvernement, USFP comprise.
Et si demain la crise s'aggravait, si une série d'années de sécheresse advenait[..], si demain le gouvernement mis en place ne parvenait pas à financerr des dépenses inconsidérées engagées depuis le début de l'année 2011 pour acheter paix sociale et politique, si demain...
Que fera-t-on alors face à la révolte de la rue [...] ? 
Lui enverra-t-on les chars, comme en Syrie, mettra-t-on en place les ingrédients de la guerre civile, comme en Libye ou au Yémen ? Demandera-t-on l'aide de cette France officielle dont on a vu la réaction tout en frilosité suite aux chutes de BenAli et de Moubarak, et qui soutenait les mêmes tant qu'ils étaient au pouvoir ?
La France qui dit aujourd'hui, par la voix de son Président, que « les réformes engagées au Maroc » sont historiques, préservant par là des intérêts français de plus en plus importants. Celle-là même contre laquelle les jeunes du 20 février scandent « Veolia dégage » ou « Lydec dégage».

*Créé en 2005 mais issu de l'Organisation de l'action démocratique populaire fondée en 1983, le Parti socialiste unifié (rien à voir avec le PSU français) est un mouvement de la gauche socialiste marocaine. Il demande notamment l'établissement d'une monarchie parlementaire. Depuis2007, le PSU détient 6 sièges à l'Assemblée nationale.

Ahmed Benseddik à Mohammed VI : « j’ai décidé de rompre toute relation d’allégeance vis-à-vis de vous »


Par  lakome.com, 26/7/2011

« J'ai le regret de vous informer que, pour ma part, j’ai décidé de rompre toute relation d’allégeance vis-à-vis de vous » C’est par ses mots qu’Ahmed Benseddik commence sa missive à l’intention de Mohammed VI. Cette lettre que publie Lakome est celle d’un homme désespéré qui n’estime n’avoir plus rien à perdre. Elle contient quelques révélations qui valent le détour.

La première a trait à la nomination de Saad Kettani, fils de moulay Ali Kettani, fondateur du groupe Wafabank, en qualité de haut-commissaire à la célébration du 1200ème anniversaire de Fès. Ahmed Benseddik affirme que Brahim Frej, Chambellan de Mohammed VI au moment des faits, lui aurait affirmé que la nomination de Kettani était sous-tendue par « la docilité dont il avait fait montre lors de la vente de Wafabank » à la holding du roi. Il faut rappeler que de cette opération est né Attijari Wafabank, pilier du conglomérat du roi et véritable tour de contrôle de l’économie marocaine.

Benseddik affirme aussi que Abdeslam Aboudrar, président de l'Instance de Prévention Contre la Corruption, lui avait avoué que le Cabinet Royal lui avait demandé de ne pas « ouvrir » le dossier Moulay Yacoub. Une révélation qui met à mal la crédibilité de l'appui du palais à la lutte contre la corruption.

D'autre part, Benseddik accuse Majidi d'avoir monté une cabale judiciaire contre Khalid Oudghiri, ancien PDG d'Attijari Wafa, condamné à 15 années de prisons à l'issue d'un procès ubuesque.

Coupable d’avoir dénoncé un peu trop bruyamment la mauvaise gestion et la corruption qui gangrénait la société dont il venait d’être chargé, la société thermo-médicale de Moulay Yacoub filiale de la CDG, Ahmed Benseddik fut démis de ses fonctions. Il avait pourtant été jugé assez fiable pour que le roi lui confie la direction exécutive de l’association du 1200ème anniversaire de la ville de Fès Marginalisé, Ahmed Benseddik, a vu toutes les portes se fermer devant lui. Diplômé de l’Ecole Centrale, l’une des écoles d’ingénieurs les plus prestigieuses de France, il a pourtant des états de service qui lui permettent de prétendre aux plus hauts postes de responsabilités.






Lettre de Ahmed Benseddik à Mohammed VI
Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux
De : Ahmed Benseddik,
Ingénieur de l’école centrale de Paris,
Ancien directeur général de la société thermo-médicale de Moulay Yacoub,
Concepteur du projet et ancien directeur exécutif de l’association du 1200ème anniversaire de la ville de Fès.
Après la lettre de la dignité, la responsabilité et la clarté datée du 05 07 2010 adressée au:
Roi du Maroc Mohamed VI
La présente lettre s’adresse au même destinataire.
Paix et salut sur vous,
Si, après le 20 février, le concept de l’allégeance au roi garde encore quelque signification, j'ai le regret de vous informer que, pour ma part, j’ai décidé de rompre toute relation d’allégeance vis-à-vis de vous. Et ce, en raison de ma profonde déception née des suites de votre injustice, mais, aussi, parce que j’ai perdu tout espoir de vous voir me rendre cette justice que je ne cesse de revendiquer, à juste titre, depuis… Un contrat ne devient-il pas caduque, donc nul et non avenu, dès lors que l’une des parties contractantes n’en remplit pas, avec entêtement, les obligations ?
Je me suis adressé à vous par divers moyens, et via divers canaux, pour vous faire part de certains actes éminemment graves commis par ceux qui ont votre confiance ou avec qui vous avez conclu des transactions. Ainsi, ceux-là, n’ont pas hésité à tisser des accusations mensongères, à bafouer le droit, à mépriser le patrimoine, l'histoire et la civilisation, à détourner l'argent public et à s’approprier, comme de vulgaires pirates, les idées et les efforts des autres. En l’occurrence, les miens. Aussi, ont-ils parjuré et détourné le nom du roi pour en faire une arme de destruction massive, sans se soucier, le moins du monde, des conséquences morales, matérielles, professionnelles, sociales et psychologiques, toutes tragiques il va sans dire, qui allaient en découler.
Je me suis adressé à votre cabinet, à toutes les institutions de l'État et à toutes les personnalités impliquées, d’une manière ou d’une autre, dans le scandale de la station thermale de Moulay Yacoub* et dans celui du 1200ème anniversaire de Fès. L’absence de réaction et l’assourdissant silence qui sanctionnèrent mes multiples requêtes m'ont conforté dans l’idée que le manque de responsabilité morale, l'impunité et le manque de courage sont des points communs que partagent certains membres de votre entourage. Le silence des lâches n’est-il pas le meilleur encouragement à la corruption et le meilleur soutien à l’injustice ?
Pourtant, votre chambellan, Mr Brahim Frej, m’a bien expliqué, sans détour aucun, que votre décision de nommer Mr Saad Kettani en qualité de haut-commissaire à la célébration du 1200ème anniversaire de Fès était sous-tendue par la docilité dont il avait fait montre lors de la vente de Wafabank à votre holding. Une manière de le récompenser en somme. Dois-je rappeler aussi, que votre conseiller, Mr Abbès Jirari, avait fait une déclaration retentissante sur les « clous de votre table » et sur ces vautours qui vous entourent et dont l’influence a fini par vous rendre pratiquement dans l’incapacité d’assumer votre obligation d'équité et d’être à même de pouvoir réparer leurs dégâts. Aussi, d’aucuns s’accordent à admettre qu’ils ont, désormais, plus de pouvoir que vous.
Pour sa part, Mr Abdesslem Aboudrar, président de l'Instance de Prévention Contre la Corruption, a fini par avouer, pour sa part, que le Cabinet Royal lui a demandé de ne pas « ouvrir » le dossier Moulay Yacoub.
Je vous rappelle également que cette « affaire » de Fès avait fait l’objet d’une question posée au Premier Ministre le 22 mai 2008 dans le cadre des débats parlementaires...Mais, celle-ci, ne suscita, encore une fois, aucune réaction. Il n’y eu, pour ainsi dire, ni enquête, ni délimitation de la responsabilité des uns et des autres dans ce scandale. Encore moins de réhabilitation à mon égard…
Par ailleurs, je suis au regret de constater qu’au terme de votre douzième année de règne votre ligne de conduite est restée désespérément la même ; une ligne de conduite qui consacre l’impunité des lobbys qui menacent grandement, faut-il le préciser ?, l’avenir de notre pays. Un constat que corrobore votre persistance à laisser délibérément la corruption ronger la société et l’Etat. Cette gangrène fait classer notre pays dans un rang peu honorable au titre de l’indice de la corruption.
C’est dire, ô combien est malheureux le fait que vous n’avez tenu aucun compte du sage conseil d’Ibn Khaldoun sur la question de l’incompatibilité entre l’exercice du pouvoir et celui des activités économiques.
Aussi, avais-je écrit, dans ma précédente lettre, ceci :"Votre majesté n’ignore pas qu’après le refus des Institutions, de la Justice entre autres, d’assumer leur plein rôle, votre devoir est de faire triompher le Droit, d’ordonner la réparation des torts et de redonner, aussi, de la crédibilité et de la légitimité à vos royales décisions en réhabilitant notamment la dignité qui a été bafouée en votre nom, et en sanctionnant de manière juste et équitable, il va sans dire, les responsables des dérives et des abus quand bien même ceux là font partie de votre sérail ». Je privilégiais alors, l’hypothèse que « le roi ne saurait céder au chantage ou se laisser instrumentaliser par les comploteurs et ne se laisserait pas aller à encourager la lâcheté et le piratage des idées ; et que le roi, n’ayant besoin ni d’hypocrites ni d’obséquieux, ne peut, non plus, fermer les yeux face à autant de mépris de l’histoire et de la moralité. Où se situe le problème alors ? »
Votre silence face à cette interrogation est venu me conforter dans l’idée que le problème réside justement dans mes hypothèses naïves et dans ma conception idyllique des choses. Vous avez, en effet, consciemment ou inconsciemment je ne saurais le dire, encouragé la lâcheté et la déliquescence de la morale. Et vous avez, malheureusement, ô roi, protégé des escrocs et des malfrats. Tout comme vous avez abandonné, à leur triste sort, bien avant moi, le capitaine Mustapha Adib qui, comme tout un chacun le sait, a été emprisonné au seul motif qu’il avait dénoncé abus et corruption, et Mr Khalid Oudghiri, le président d’Attijariwafabank, injustement condamné par un appareil de Justice instrumentalisé par votre secrétaire particulier, Mr Mounir Majidi, qui tenait à assouvir une vengeance.
Dois-je comprendre que j’ai commis l’erreur, lors de votre visite à Moulay Yacoub, de ne pas avoir été assez obséquieux, et de vous avoir exposé un projet scientifique que vous aviez alors encouragé ? Je tiens à rappeler, avec quelque insistance, que je n’avais alors rien sollicité pour moi-même. Par contre, je vous ai offert la photo du drapeau national planté, pour la première fois, en haut de l’Everest, sur le toit du monde, le jour de votre mariage ! Je me souviens que ce geste vous a particulièrement touché. J’avais aperçu alors une flamme de joie, non feinte, dans les yeux de l’homme que vous êtes avant celles du roi. Mais une telle audace, pour innocente qu’elle fût, n’était pas du goût des tenants de la machine à broyer qui vous entoure.
Dois-je comprendre aussi, que j’ai commis l’erreur de prendre une autre initiative, celle-là plus osée encore, devait penser votre entourage, en proposant qu’une commémoration historique exceptionnelle soit intelligemment exploitée pour renforcer la fierté nationale et mettre en lumière des aspects de la civilisation du Maroc ? Un projet dont vous aviez approuvé non seulement le concept mais auquel vous aviez ordonné la budgétisation de 350 millions de DH pour sa mise en œuvre. Il est clair qu’un tel budget est de nature à attirer les rapaces et à aiguiser bien des appétits.
Ce n’est que récemment que j’ai réalisé, avec beaucoup d’amertume, que, dans mon pays, en vertu d’une constitution, celle-là non écrite, il est formellement interdit de réfléchir ou de suggérer des initiatives. Aussi sanctionne-t-elle l’acte de rêver d’un Maroc fier de sa culture, fier de son histoire et irrévocablement réconcilié avec ses talents, honnêtes et méritants.
Vous avez été terriblement injuste à mon égard et m’avez fait beaucoup de tort. Aussi, cette injustice et ce tort deviennent-ils chaque jour que Le Bon Dieu fait, un peu plus douloureux. Et aujourd’hui cette douleur est à son paroxysme.
A ma loyauté envers mon pays et à mon patriotisme vous avez répondu par le mépris, par l’humiliation et par une insoutenable indifférence. L’avenir de mes enfants s’est ainsi trouvé détruit par votre silence, que je qualifie, sans réserve, de honteux, et par celui, non moins honteux, de vos institutions et organes. Néanmoins, je m’efforce de ne pas avoir de ressentiment vis-à-vis de votre personne. Tout comme d’ailleurs, et je tiens à le souligner, je n’ai pas d’appréhension particulière par rapport à la monarchie parlementaire. Je demande à Dieu à ce que mon cœur reste pur et ne devienne pas proie à la haine et à la rancœur.
Pour toutes ces considérations, je romps donc l’allégeance envers vous. Et je me libère de tout lien et de tout engagement à votre égard. Faites ce que bon vous semblera.
Tuez-moi autant de fois que vous le voudrez ! Sans vous soucier des conséquences...Comme, malheureusement, cela est dans votre habitude.
Paix sur celui qui connait sa valeur et se soumet à son Dieu.
Ahmed Benseddik
ahmed.benseddik@gmail.com

 Ahmed Benseddik a depuis des années tiré la sonnette d'alarme sur l’ancien bâtiment thermal qui risque de s’effondrer, alors qu’il reçoit journellement plusieurs milliers de personnes. ndlr

mercredi 27 juillet 2011

Aminatou Haidar citoyenne d’honneur de la ville italienne de Montespertoli

 Par SaharaDoc, 27/7/2011

Rome, 27 juillet 2011 (SPS)- La citoyenneté honoraire de la ville toscane de Montespertoli a été donnée à la militante sahraouie Aminatou Haidar, une femme symbole de la lutte pacifique pour l’autodétermination du peuple sahraoui, a indiqué mardi la mairie de la ville dans un communiqué.
La cérémonie organisée à cet effet s’est déroulée en présence du représentant sahraoui en Toscane, Abdellai Salem Mohamed, et d’un groupe d’enfants sahraouis invités en Italie.

« C’est la première fois que la municipalité de Montespertoli donne une telle reconnaissance à une personnalité de l’importance d’Aminatou Haidar, qui, avec son courage et sa ténacité, incarne toutes les injustices que le peuple sahraoui subit depuis de nombreuses années », est-il souligné dans le communiqué.

En donnant la citoyenneté d’honneur à cette femme, le conseil municipal de Montespertoli a estimé qu’il a fait « un geste concret de condamnation de la violence perpétrée par les autorités marocaines », contre le peuple sahraoui.

Née en 1967, Aminatou Haidar est une militante sahraouie des droits humains qui vit à El Ayoun, capitale du Sahara occidental occupée, a rappelé la même source, indiquant qu’en 2005, elle a participé à l’intifada non violente pour l’indépendance du Sahara occidental. Elle a été arrêtée et emprisonnée dans la « prison noire » d’El Ayoun le 17 juin de la même année et torturée pendant son interrogatoire.

Après cet épisode, Amnesty International a exprimé sa grave préoccupation au sujet de la situation des prisonniers sahraouis au Maroc et dans les territoires occupés du Sahara occidental, et en particulier d’Aminatou Haidar, condamnée le 14 décembre 2005 à 7 mois de prison par un tribunal marocain à El Ayoun. De là a commencé une campagne internationale pour la libération d’Aminatou Haidar, notamment avec l’intervention du Parlement européen qui a demandé sa libération immédiate.

Le 17 janvier 2006, après sept mois d’emprisonnement, Aminatou Haidar a été libérée. Sa libération a impulsé l’organisation de nombreuses autres manifestations par le peuple sahraoui dans les territoires occupés, relève encore le conseil municipal de Montespertoli.

« Les campagnes médiatiques et le soutien apporté par des associations et des politiques de pays occidentaux ont permis à Haidar d’être autorisée à voyager à l’étranger, où elle a joué le rôle d’ambassadrice itinérante de la RASD, nouant des contacts officiels avec les gouvernements et les associations internationales de soutien au peuple sahraoui », est-il rappelé dans le communiqué.

Le 15 novembre 2006, elle regagne le Sahara occidental pour engager le premier acte de désobéissance civile. Deux ans plus tard, elle est empêchée de renter chez elle par les autorités marocaines, qui céderont sous la pression internationale et après une grève de la faim d’Aminatou Haidar de plusieurs semaines dans un aéroport des îles Canaries. En hommage au courage de cette femme, plusieurs municipalités en Italie lui ont décernée la citoyenneté d’honneur.

Sur la situation de ces enfants migrants que la France, terre d'asile, a le devoir de protéger.

France Terre d'Asile, 26/7/2011
Alors que le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis vient d’interpeller publiquement l’Etat sur la question de l’accueil des mineurs isolés étrangers, nous tenons à rappeler quelques fondamentaux sur la situation de ces enfants migrants que la France a le devoir de protéger.
Il n’y a pas d’« afflux massif » de mineurs isolés étrangers (MIE). A défaut de statistiques nationales précises, les différents acteurs s’accordent à parler de 6 000 mineurs isolés étrangers présents sur le territoire, et ce de manière constante depuis plusieurs années. Si l’on rapporte ce chiffre aux quelques 250 000 enfants bénéficiant d’une prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance, ou aux 3,7 millions d’étrangers résidant régulièrement en France, la présence de mineurs isolés étrangers sur le territoire apparaît comme un phénomène à l’ampleur limitée.

En revanche, la prise en charge de ces enfants se concentre sur un nombre restreint de départements, dont font partie la Seine-Saint-Denis, Paris ou le Pas-de-Calais. L’accueil des mineurs isolés étrangers représente pour ces collectivités une part significative des admissions à l’Aide sociale à l’enfance et pèse effectivement sur le budget des Conseils généraux.
Si la question est épineuse pour les départements face à l’absence de financement de l’Etat, il faut cependant rappeler qu’elle l’est avant tout pour ces mineurs en quête de protection. Beaucoup peinent à accéder à une prise en charge adaptée, à laquelle la loi leur donne pourtant droit. Ils se heurtent en particulier à la contestation de leur âge fondée sur des expertises osseuses dont le manque de fiabilité est notoire. Les difficultés de financement les affectent en tout premier lieu, lorsqu’ils sont soumis à des délais et conditions de prise en charge peu adaptés à leur vulnérabilité.

Les réponses apportées doivent être à la mesure de la gravité de la situation, pour les mineurs isolés étrangers comme pour les territoires qui les accueillent. France terre d’asile appelle une nouvelle fois l’ensemble des acteurs à initier un travail en concertation, à l’échelle nationale et régionale. Sur le plan national, le dialogue doit réunir l’Etat, l’Assemblée des départements de France et les organisations engagées dans l’accueil des mineurs isolés étrangers. Au niveau régional, Ile-de-France, État, départements et organisations doivent également s’asseoir à une même table. C’est ce que nous réclamons avec force depuis cinq ans, sans succès ! C’est d’une plus grande solidarité, entre départements mais aussi entre État et départements dont il faut parler. L’enjeu est de respecter l’engagement de la France au titre de la Convention internationale des droits de l’enfant, pour que tout enfant privé du soutien de sa famille, qu’il soit ou non étranger, puisse être réellement protégé.
http://www.france-terre-asile.org/component/flexicontent/item/5877-cpmineurs-isoles-etrangers-le-devoir-imperieux-de-proteger

mardi 26 juillet 2011

Le SNPM réitère sont appel à la libération de Rachid Nini


Par MAP, 26/7/2011
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a exprimé son inquiétude concernant le maintien en détention du directeur de publication du quotidien "Al Massae", Rachid Nini, réitérant sont appel à sa libération.

Dans un communiqué parvenu mardi à la MAP, le SNPM déclare suivre avec "une profonde inquiétude" la poursuite de la détention de Rachid Nini qui purge une peine d'emprisonnement prononcée à son encontre en vertu des dispositions du Code pénal et non du Code de la presse pour publication d'articles dans son journal.

Le SNPM réitère son appel à la libération de Rachid Nini surtout en cette période où le Maroc s'apprête à entamer une nouvelle étape après l'adoption de la nouvelle Constitution qui insiste sur le respect des libertés et des droits de l'Homme.

Le syndicat a, dans ce cadre, salué toutes les demandes et démarches initiées par plusieurs organisations et instances en vue d'obtenir la libération de Rachid Nini, soulignant qu'une telle décision constituera "un pas positif" pour favoriser "le climat de détente".

Le communiqué rappelle que le SNPM avait dénoncé la poursuite et le jugement prononcé à l'encontre de Rachid Nini, estimant que ''les conditions d'un procès équitable ont fait défaut dans cette affaire".

Le SNPM avait, en outre, exprimé sa solidarité avec le directeur de publication d'Al Massae dans "l'épreuve qu'il endure", réclamant sa libération.
MAP 

Commentaire : salma · il y a 5 heures
''les conditions d'un procès équitable ont fait défaut dans cette affaire". Aviez-vs jamais assisté à un procès équitable au Maroc? Messieurs, Mr Niny est en prison non en base aux dispositions du code pénal. Il a osé parler d'une action arbitraire de l'autoritè judiciaire. Voilà son crime. Au Maroc il y'a seulement la liberté de faire propagande pour le Makhzen. Point Stop. Il restera en prison comme exemple pour tous les journalistes qui pensent exprimer leur opinion ou critiquer l'injustice

http://www.aufaitmaroc.com/maroc/societe/2011/7/26/le-snpm-reitere-sont-appel-a-la-liberation-de-rachid-nini

La Fédération Syndicale Étudiante lutte pour la liberté pour Ilham Hasnouni et ses camarades !

News Express, 26/7/2011

La FSE : Liberté pour Ilham Hasnouni et ses camarades !

Mardi 26 Juillet, Ilham Hasnouni est convoquée pour la troisième fois devant le tribunal marocain

Plus jeune prisonnière politique du Maroc, Ilham Hasnouni est une étudiante de l’Université de Marrakech, âgée de 21 ans, militante communiste et syndicaliste étudiante de l’Union Nationale des Étudiants Marocains (l’UNEM). Et c’est justement son engagement politique et syndical qui lui est reproché, et pour lequel elle se retrouve aujourd’hui sans droit politique, traitée comme une criminelle dans les prisons marocaines. Cela fait dix mois qu’elle est détenue sans jugement à la prison de Boulemharez à Marrakech. 

 Elle fut arrêtée en octobre 2010 sans mandat ni convocation préalable par des policiers en civil, à son domicile. Une vingtaine de chefs d’inculpation lui sont reprochés. En réalité, il ne s’agit que de réprimer ceux et celles qui ont eu le courage de lutter lors de la protestation étudiante du 14 Mai 2008 suite à l’intoxication alimentaire dans un restaurant universitaire d’une dizaine d’étudiant-e-s, et plus généralement qui dénoncent les conditions de vie et d’études à l’Université. Une première vague de répression avait alors suivi cette révolte, ce que la Fédération Syndicale Étudiante avait alors déjà dénoncé, mais aujourd’hui elle se poursuit et s’accentue. Ilham Hasnouni n’est pas la seule militante dans ce cas et nombre de militant-e-s marocains sont aujourd’hui traqué-e-s et menacé-e-s par le régime réactionnaire du Maroc, avec le soutien de l’impérialisme français.

La Fédération Syndicale Étudiante reste aux côtés des militant-e-s progressistes marocain-e-s qui luttent pour leurs droits démocratiques et pour des conditions de vie et d’études dignes. Nous saluons la légitime révolte de tous ceux et celles qui aujourd’hui luttent au Maroc, et continuons à soutenir les revendications de son peuple.

De plus, la Fédération Syndicale Étudiante appelle à soutenir toutes les initiatives pour la libération des prisonniers politiques au Maroc comme en France (et ailleurs). Nous signons en solidarité la pétition mise en place par l’Association de Lutte pour les Droits Humains pour la libération de Ilham Hasnouni disponible en suivant ce lien :

lundi 25 juillet 2011

Maroc : Grâce royale pour des détenus salafistes ?

Par Oumar Baldé, 25/7/2011
 Dans les jours à venir, le roi Mohammed VI pourrait accorder sa grâce à des centaines de détenus « salafistes ». L’information, rapportée par les médias arabophones, n’est pas encore officielle. Les proches des prisonniers restent pour leur part sceptiques et ont prévu d'organiser dès aujourd'hui une série de sit-in tout au long de la semaine, pour la « liberté et la dignité » de leurs proches, arrêtés dans la vague d’arrestations qui a suivi les attentats meurtriers de Casablanca en 2003.
Des détenus salafistes à la prison Zaki de Salé  
Les détenus « salafistes » pourraient bénéficier d’une grâce royale dans les jours à venir. La décision n’est pas encore officielle, mais devrait ne pas tarder à tomber, à en croire des sources médiatiques. Ils seraient au nombre de 300 détenus à être concernés par la mesure, attendue à l’occasion des prochaines fêtes nationales et religieuses. Les détenus auraient adressé une lettre au Palais royal pour solliciter la grâce du souverain.

La priorité serait accordée aux prisonniers « salafistes » qui ne « sont impliqués dans aucune action terroriste », rapporte Hespress, ainsi qu’à ceux d’entre eux qui auraient revu leurs positions. Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) serait également impliqué dans ce dossier, ajoute le site arabophone.

Scepticisme
Du côté des familles des détenus, on précise juste avoir « entendu parler de ces rumeurs » sans plus de détails. « Nous attendons que cela se concrétise pour le confirmer », répond en substance Oum Adam El Majjati, épouse d’un détenu, contactée par Yabiladi ce lundi matin alors qu’elle prenait part à un sit-in organisé devant la prison Toulal de Meknès par les familles des détenus « salafistes ». Même son de cloche du côté du CADI, la Coordination des anciens détenus islamistes : « On a tendance à nous bourrer de fausses informations, répond Reda Ben Othmane, membre du CADI. On n'a aucune information dans ce sens » ajoute-t-il.

Sit-in
Les détenus « salafistes » vivent dans des conditions « inhumaines », à en croire leurs proches. Lors des affrontements du 16 mai dernier dans la prison Zaki de Salé, entre forces de l’ordre et détenus, ces derniers avaient haussé le ton pour protester contre leurs conditions de détention et des privations imposées par l’administration de la prison. Depuis, les détenus « salafistes » ont été divisés en deux groupes. Une partie est toujours maintenue en détention à Salé, alors que l’autre moitié a été transférée à la prison Toulal de Meknès.

« Nous avons trouvé nos maris, frères et enfants dans une situation lamentable. Ils ont été torturés et privés de douche pendant 45 jours »
déplore Oum Adam El Majjati qui ajoute que des prisonniers malades se voient refusés d’aller se soigner. Raison pour laquelle, les familles des prisonniers organisent une série de sit-in durant cette semaine pour exiger « la dignité et la liberté pour les détenus islamistes ». Ces familles, ainsi que le CADI, réclament en outre l’abolition de la loi antiterroriste et la réhabilitation des anciens détenus.
http://www.yabiladi.com/articles/details/6295/maroc-grace-royale-pour-detenus.html