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samedi 17 décembre 2016

CARASO demande au président de l’Assemblée Nationale d’agir pour la justice au Sahara Occidental

#France : CARASO demande au président de l’Assemblée Nationale d’agir pour la justice au Sahara Occidental

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Plus que des mots, le Comité d’Action et de Réflexion pour l’Avenir du Sahara occidental (CARASO) demande au Président de l’Assemblée Nationale Mr. Claude Bartolone d’agir. Dans une lettre adressée à ce dernier le Vendredi 26 Novembre, le président du CARASO exhorte cet institut hexagonal d’organiser “une conférence internationale en France sur la question du Sahara Occidental”
Cette demande, la première de son genre d’une organisation qui défend le droit inaliénable des Sahraouis à l’autodétermination, intervient quelques semaines après l’entretien de Claude Bartelone accordée à l’APS, et dans lequel il souligne que face au souci de la stabilité et le développement, la France soutient une solution juste, durable et mutuellement agréée, sous l’égide des Nations Unis.
La stabilité et le développement dans cette région ne peut en aucun cas se concrétiser sans la résolution de la question du Sahara Occidental conformément aux résolutions pertinentes onusiennes.

Un rôle clé 
Dans ce sens, et vu son rôle historique dans les enjeux autour de la question sahraouie, le président du CARASO demande que la France contribue activement pour trouver une solution à cette affaire de décolonisation.
Au sein d’une telle zone stratégique, cette contribution permettra l’ouverture de nouveaux horizons de paix et de stabilité pour réaliser un développement participative en harmonie avec les véritables intérêts de la France, des pays de la région et les aspirations réelles de ses peuples.
Ainsi “l’organisation d’une conférence internationale en France sur la question du Sahara Occidental, marquée par votre empreinte, permettra non seulement de contribuer à la recherche d’une solution juste et durable mais aussi de redonner à la France l’initiative dans une zone stratégique essentielle pour son prestige, son influence et ses intérêts nationaux» a-t-il martelé

Une situation alarmante
Dans sa missive destinée au chef de l’Assemblée Nationale Française, le président du CARASO fait rappel aux derniers développements de la cause sahraouie. Il souligne que ” Le peuple Sahraoui vit depuis plus de 40 ans d’exil, d’occupation et de vie dans des conditions extrêmement difficiles. En dépit de cela, il continue de croire dans la voie pacifique pour résoudre le conflit par la voie démocratique à travers un référendum d’autodétermination conformément aux résolutions pertinentes onusiennes”

Le président du CARASO note à ce point que rien de concret n’a était achevé, rappelant la responsabilité de l’ONU dans l’organisation du référendum longuement promis pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et l’indépendance.

Pour rappel, la situation humanitaire des réfugiés sahraouis et celle des droits de l’homme aux territoires occupés du Sahara Occidental ne cessent de dégénérer. Sur le terrain, la zone de El Guarguarat peut à chaque instant virer vers des affrontements militaires entre l’armée sahraouie et les troupes envahissantes des forces d’occupation marocaine.
La lettre du CARASO, entre autres, a pour objectif de sensibiliser les responsables politiques français de la situation alarmante au Sahara Occidental et les ramifications dangereuses qu'elle risquera d’engendrer si la France ne s’investit pas dans la restauration de la justice et la légitimité internationale au Sahara Occidental.
 Khalil Asmar

Farida Aarrass n'a pas été reçue au Ministère des Affaires Étrangères


Farida Aarrass n'a pas été reçue au Ministère des Affaires Étrangères. Nous nous y représenterons mercredi prochain pour demander l'application du jugement exécutoire des deux Cours belges stipulant l'application de l'assistance consulaire pour Ali Aarrass. Celui-ci est à nouveau en isolement dans un couloir vide, dans une cellule de 2m/3 à la prison de Tiflet au Maroc.
Le groupe de travail de l'ONU demande sa libération immédiate.

Alexis Deswaef Président de la Ligue des Droits de l'Homme était également présent et demande à ce qu'une délégation soit reçue mercredi prochain.

"Là-bas si j'y suis", l'autre musique sur les médias



Devinez qui a dit ça : « Les médias ont échoué dans leur fonction la plus fondamentale (…) Les médias ont raté ce qu’il se passait autour d’eux. » C’est le New York Times au lendemain de l’élection de Donald Trump.
 Là-bas si j'y suis
En France, le même scénario est à l’œuvre, la même corruption médiatique, la même défense des mêmes intérêts, qui poussent vers la même dérive. Et quelle est la cause de tout ça ? Le New York Times continue, c’est « l’échec de la compréhension de la colère bouillante d’une grande partie de l’électorat qui se sent laissé de côté ».
Un éclair de lucidité dans le journal le plus influent au monde. Mais Wall Street et le CAC 40 ne se font pas trop de soucis. Ces autocritiques sont des promesses d’ivrogne. Tout comme en France, en 2002, quand l’extrême droite est arrivée au second tour de la présidentielle, tout comme en mai 2005 lors du référendum pour le projet européen, chaque fois que les électeurs ont totalement déjoué médias et sondages, le monde intello-médiatique, la main sur le cœur, se dit stupéfait, consterné, atterré, déconnecté de la réalité. Mais, toute honte bue, quelque jours plus tard, la fabrique du consentement repart comme d’habitude.

Rien là de bien étonnant, en France, on le sait, quelques milliardaires contrôlent la quasi totalité des médias. Dans quel intérêt ? Dans leur intérêt. Qui paie l’orchestre choisit la chanson, musique et paroles ; austérité, précarité, insécurité, impossibilité. Pas besoin de donner des ordres, le personnel est bien dressé pour dire ce à quoi il faut penser et ce qu’il faut en penser. Bientôt il sera automatisé, les journalistes disparaîtront comme les caissières de supérette.

AI - 5 choses que vous pouvez faire dès maintenant pour les habitants d'Alep


Action Amnesty, 15/12/2016.

Agissez avec nous pour permettre une évacuation sécurisée des personnes de l’est d’Alep.
Les évacuations des dizaines de milliers de personnes coincées à l’est d’Alep ont commencé ce matin. Tout peut basculer à n'importe quel moment. Déjà à deux reprises, les civils ont été pris pour cible alors qu’ils essayaient de partir, et les forces gouvernementales et milices proches de l’Iran les ont empêchés de partir.
Nous pouvons tous agir pour Alep.
5 choses que vous pouvez faire dès maintenant pour aider les habitants d’Alep :

1. Adresser un message au ministre des Affaires étrangères russe sur Twitter

Des observateurs des Nations unies doivent être déployés de toute urgence à Alep !

2. Envoyer un message par mail ou par fax à l'ambassadeur de Russie

Envoyez ce message par email ou par fax aux adresses suivantes :
ambrusfrance@mid.ru, consulat.russe@gmail.com, consulat.russe.sos@gmail.com
Fax: +331.45.04.17.65 (ambassade)
Fax: +331.45.04.44.09 (consulat)
Fax: +333.88.35.34.81 (Strasbourg)
Fax: +334.91.77.34.54 (Marseille)
Monsieur l’ambassadeur,
La situation des personnes encore présentes à l’est d’Alep est plus que dramatique. L’évacuation des dizaines de milliers de personnes ne doit pas être empêchée. Votre gouvernement a le pouvoir et le devoir de veiller à leur sécurité. Je vous appelle de toute urgence à :
- Garantir l'évacuation immédiate des civils et l'ouverture d'une voie d'accès humanitaire sans entraves vers Alep-Est pour permettre qu'un secours vital soit apporté aux personnes qui en ont besoin
- Autoriser les observateurs de l'ONU à être déployés de toute urgence dans Alep afin de garantir que les civils et les combattants qui se rendent soient protégés des exécutions extrajudiciaires, de la détention arbitraire, de la disparition forcée et de la torture.
Je vous prie d'agréer, Monsieur l’ambassadeur, l'expression de ma haute considération.

3. Adresser un message sur Twitter à la présidence syrienne

Il faut protéger les personnes de l’est d’Alep contre les exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires, disparitions et tortures.

4. Adresser un message sur Twitter au guide suprême Iranien

Il faut garantir l’évacuation sécurisée des dizaines de milliers des personnes de l’est d’Alep.

5. Envoyer un message par mail à l'ambassadeur d'Iran

Envoyez ce message par mail ou par fax à l'adresse suivante : ambassadeur@amb-iran.fr
Monsieur l’ambassadeur,
La situation des personnes encore présentes à l’est d’Alep est plus que dramatique. Les évacuations des dizaines de milliers de personnes ne doivent pas être empêchées. Votre gouvernement a le pouvoir et le devoir de veiller sur leur sécurité. Je vous appelle de toute urgence à :
- Veiller à l'évacuation immédiate des civils et à l'ouverture d'une voie d'accès humanitaire sans entraves vers Alep-Est pour permettre qu'un secours vital soit apporté aux personnes qui en ont besoin.
- Autoriser les observateurs de l'ONU à être déployés de toute urgence dans Alep afin de garantir que les civils et les combattants qui se rendent soient protégés des exécutions extrajudiciaires, de la détention arbitraire, de la disparition forcée et de la torture.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de ma haute considération.

AI - France : 5 idées fausses sur l'état d'urgence









L’Assemblée nationale et le Sénat s’apprêtent à prolonger une 5ème fois l’état d’urgence jusqu’à juillet 2017. Alors que les dérives de l’Etat d’urgence sont de plus en plus évidentes, et son utilité contestée, retour sur certains des arguments utilisés pour prolonger ce régime d’exception.

« Les spécialistes disent que l’état d’urgence est nécessaire: laissons les travailler »

Des dizaines de responsables de l’anti-terrorisme et de la sécurité en France ont été auditionnés par une commission d’enquête parlementaire dédiée à la lutte antiterroriste depuis janvier 2015. : celle-ci s’accorde pour dire que les mesures de l’état d’urgence ont eu un effet réellement déstabilisateur … dans les jours qui ont suivi les attentats de novembre 2015. 

Le poisson du Sahara Occidental envahit le marché israélien



La commercialisation des produits originaires du Sahara Occidental vers l’état sioniste n’est pas une secret de polichinelle. Depuis les années 90, les hommes d’affaires israéliens multiplient les visites aux territoires occupés du Sahara Occidental pour importer certains types de poissons et ses dérivés et aussi pour voir les opportunités d’investissements dans le secteur touristique. 
Ils sont en majorité des israéliens avec double nationalité et les produits qu’ils importent sont destinés pour les marchés israéliens. 

L'arrogance marocaine et ses ridicules "violons patriotiques"


TelQuel édito

Edito – “Chouha internationale”

Edito – “Chouha internationale”
 Crédit : TelQuel

par Aïcha Akalay 16/12/2016

Il ne suffit pas de quitter le Maroc pour laisser derrière soi les stigmates d’un mal chronique : notre incapacité à reconnaître ce qui ne va pas et à admettre la critique qui en découle.

A 12 000 kilomètres de Casablanca, s’est tenue, en ce mois de décembre, à Tokyo, une rencontre internationale sur la promotion du rôle socio-économique des femmes dans la région MENA. L’auteure de ces lignes, ainsi que la Tunisienne Radhia Jerbi, présidente de l’Union nationale pour la femme tunisienne, l’Egyptien Amr Abdelhamid Soliman, membre du Conseil national des femmes, et la journaliste jordanienne Nadine Nimri, étaient invités par l’État du Japon. Chacun disposait de 12 minutes chrono pour présenter la situation des femmes dans son pays, les changements survenus après les “Printemps arabes” et proposer des pistes de réflexion pour améliorer l’engagement des ONG internationales.

Nouveau procès pour les prisonniers de Gdeim Izik


ACAT - L'ONG CHRÉTIENNE CONTRE LA TORTURE ET LA PEINE DE MORT

Sahara OccidentalMaroc
Actualité


Alors que leur nouveau procès débutera devant la Cour d’appel de Rabat le 26 décembre, les accusés demandent à être transférés et jugés au Sahara occidental occupé, comme l’exige le droit international humanitaire.
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Crédits : Daniel Bobadilla / Flickr Creative Commons
 
Le 16 / 12 / 2016 Alors que leur nouveau procès débutera devant la Cour d’appel de Rabat le 26 décembre, les accusés demandent à être transférés et jugés au Sahara occidental occupé, comme l’exige le droit international humanitaire.
Les 24 accusés ont été arrêtés, torturés et condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en 2010. Les condamnations ont été prononcées le 16 février 2013 par le tribunal militaire à l’issue d’un procès inique marqué notamment par le refus d’entendre les témoins cités par la défense et d’ordonner une expertise médico-légale concernant les allégations de torture. Les noms des victimes que les accusés sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du procès. 
 Le Comité contre la torture des Nations unies vient d'ailleurs de condamner le Maroc à la suite d'une plainte déposée par Naâma Asfari, l'un des détenus de Gdeim Izik. 

vendredi 16 décembre 2016

Mohammed VI, chahuté en Afrique

Mohammed VI, chahuté en Afrique


                                         Au Maroc, la version officielle sur la tournée africaine du roi Mohammed VI est édulcorée dans le but de maintenir le délire créé autour de la question du Sahara Occidental.

La réalité n'a rien à voir avec la propagande du régime qui vise á embellir l'image du roi et à dissimuler l'échec de son périple dans le continent noir. Périple qui fait partie d'un plan minutieusement conçu pour saboter le Sommet Afro-arabe de Malabo, dans le cadre de la tentative marocaine de faire imploser l'Union Africaine.

Dans cette tentative, les dirigents de Rabat étaient certains de pouvoir compter sur leurs alliés traditionels de la Françafrique. A Malabo, leur déception était on ne peut plus grande. Aucun pays africain ne s'est solidarisé avec la délégation marocaine. Même le Sénégal, le pays qui constitue l'avant-garde de l'offensive marocaine en Afrique, a refusé d'emboîter les pas des représentants marocains.

Manifestation du Comité Free Ali devant les Affaires étrangères

  • La Capitale
  • Vendredi 16 Décembre 2016

Rédaction en ligne
A l’appel du Comité Free Ali, quelque dizaines de personnes ont déposé au ministère des Affaires étrangères à Bruxelles, mercredi en début d’après-midi, une pétition de 3.178 signatures pour exiger l’application du droit consulaire. Cela fait six ans jour pour jour qu’Ali Aarrass a été extradé au Maroc.
La délégation n’a pas été reçue. Les manifestants reviendront mercredi prochain pour demander à nouveau un entretien.
«J’avais interpellé le ministre en signalant qu’Ali vit des moments difficiles parce qu’il est en isolement depuis déjà deux mois», explique sa soeur Farida Aarrass. «Je crois que les conditions dans lesquelles il se trouve risquent de le détruire psychologiquement. Je le ressens de plus en plus lors de ses coups de fil

ACAT - Le Maroc condamné par le Comité de l’ONU contre la torture dans l’affaire Naama Asfari

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)
Cabinet Ancile-avocats
Communiqué de presse
Pour publication immédiate

Le Maroc condamné par le

ACAT - Le Maroc condamné par le Comité de l’ONU contre la torture dans l’affaire Naama Asfari


Le Maroc a été condamné [1] lundi 12 décembre par le Comité de l’ONU contre la torture dans le cadre de la plainte déposée par l’ACAT et le cabinet Ancile-avocats au nom du militant sahraoui Naama Asfari. Les auteurs de la plainte appellent le Maroc à respecter cette décision, qui constitue la première condamnation du Maroc par le Comité contre la torture concernant des violations commises au Sahara occidental.

Le Maroc est condamné pour de multiples violations de la Convention contre la torture : torture pendant l’arrestation, l’interrogatoire et la détention (art.1) de Naama Asfari, absence d’enquête sur les allégations de torture répétées (art.12), violation de l’obligation de garantir le droit de porter plainte à travers des représailles contre la victime et l’un de ses avocats (art.13), violation de l’obligation d’indemnisation et réparation (art.14), prise en compte d’aveux signés sous la torture (art.15) et mauvais traitements en détention (art.16).

samedi 10 décembre 2016

Vidéo : ALI AARRASS Journée Internationale des Droits de l'Homme.

Il y a deux ans, et plus que jamais d'actualité ! Rejoignez-nous devant le mercredi 14 décembre devant la ministère des affaires étrangères de 12.30h à 14.30h

Vidéo : ALI AARRASS Journée Internationale des Droits de l'Homme.
 https://www.youtube.com/watch?v=JJCq6wsbbkw
ALI AARRASS, ON N'OUBLIE PAS ! ALI AARRASS, NIET VERGETEN ! ACTION 10 DECEMBRE 2014…
youtube.com

Francis Schwan, mon ami va bien

Francis Schwan, mon ami va bien.
L’image contient peut-être : barbe, une personne ou plus et intérieur Je l'ai vu hier. A 86 ans, un peu fatigué, respire mal... mais il est toujours lucide et très curieux sur ce qui se passe au Maroc, pays où il avait parrainé des prisonniers d'opinion quand il était responsable à Amnesty International...
On a piraté son compte et il est navré de ne pas suivre l'actualité sur le Facebook

Nadia Zouine Ton ami devenu le notre, nous a toujours régalés sur ta page ,par ses réflexions et analyses pertinentes.
Qu' il se repose et récupère pour nous revenir au meilleur de sa forme .
Bon rétablissement .

Foyer de collégiennes dans la Vallée d'Imlil


Soyez acteur du développement au Maroc, soutenez la scolarisation des jeunes filles rurales !

Présentation du projet


A 50 km de Marrakech, la Vallée d’Imlil est située au pied du Mont Toubkal, l’un des plus hauts sommets d’Afrique (4167 m). La région est l’une des plus pauvres du Maroc, l’habitat est dispersé et les conditions de scolarisation sont particulièrement difficiles.
La majorité des jeunes filles arrêtent l’école à la fin du primaire en raison de l’éloignement de leur domicile, situé parfois à plus de 20 kilomètres. Un premier foyer a permis d'accueillir 20 collégiennes, dont la brillante Zahira Badi, héroïne du film "Sur le chemin de l'école", qui plaide pour que d'autres jeunes filles aient sa chance et poursuivent leurs études au delà du primaire.
 

vendredi 9 décembre 2016

Il y a un an : Noël Mamère : « La dérive sécuritaire a toujours été mortelle pour la gauche »





LE MONDE |




Noël Mamère, le député écologiste, le 12 novembre 2015, lors d'un meeting à Montpellier | PASCAL GUYOT / AFP

Par Noël Mamère

Ils ont gagné ! La réponse ultra-sécuritaire que le président de la République, François Hollande, et le gouvernement socialiste sont en train de donner aux attentats du 13 novembre en région parisienne n’est, en effet, rien d’autre qu’une capitulation devant l’infâme et un renoncement aux valeurs de notre pacte démocratique. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », ils construisent, jour après jour, les fondements d’un régime policier, sous les applaudissements d’une grande majorité de Français, qui se réveilleront demain avec la gueule de bois, quand ils prendront enfin la mesure des atteintes à leurs libertés collectives et individuelles.
Contaminée par les trois maladies du siècle – la tyrannie de l’émotion, la dictature de l’instant et la simplification –, la gauche de gouvernement perd son âme. A force de reprendre, mot pour mot, les formules de la droite la plus sécuritaire, elle a fini par banaliser ses idées. Alain de Benoist et ses amis du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne peuvent se frotter les mains, leur pari gramscien de l’hégémonie culturelle est en passe de réussir. L’impensé politique de la gauche n’aura pas été pour rien dans cette effarante victoire.
La famille Le Pen était sans doute à cent lieues d’imaginer que ce cadeau viendrait de la gauche devenue une machine à recycler quelques-unes de ces idées les plus folles, comme la déchéance de nationalité pour des doubles nationaux nés Français, première brèche ouverte dans le sacro-saint droit du sol. Pour ceux qui, minoritaires sans doute en ces temps de présentisme perpétuel dont la principale fonction est d’effacer la mémoire, se référeront à l’histoire, ils découvriront que cette abominable disposition remonte à Vichy, quand ce régime, sous-traitant des nazis, pourchassait les juifs et les résistants de la main-d’œuvre immigrée… Que le président de la République veuille inscrire cette infamie dans notre Constitution, pour des raisons bassement politiciennes, est une insulte à leur mémoire.
Il y a juste soixante ans, la IVe République avait entamé son agonie par le vote de la loi de 1955 sur l’état d’urgence, suivie, un an plus tard, des pouvoirs spéciaux au gouvernement de Guy Mollet. On sait ce qu’il est advenu : la guerre d’Algérie, avec ses morts pour rien et la banalisation de la torture, qui s’est terminée, en mai 1958, par la prise de pouvoir du général de Gaulle à la faveur d’un putsch qui ne dit pas son nom, puis par le massacre des Algériens, le 17 octobre 1961, et la tuerie de Charonne en février 1962, sous les ordres du sinistre préfet Papon. Certes, comparaison n’est pas raison et certains crieront à la caricature. Pourtant, en installant l’état d’urgence permanent, François Hollande retrouve les accents de Guy Mollet qui, lui aussi, avait cru engranger une popularité fugace en enfourchant les positions de la droite et de l’extrême droite, déjà représentée par un député poujadiste du nom de Jean-Marie Le Pen.

La gauche le paiera cher

L’état d’urgence a été instauré et prolongé, nous dit-on, pour donner à la police une efficacité qu’elle n’aurait pas en temps normal. Mais en quoi les interdictions de manifestations, en raison « de troubles à l’ordre public », comme celles des écologistes, ou en faveur des migrants, servent-elles à la lutte contre le terrorisme ? Comment peut-on affirmer respecter l’État de droit quand tout individu peut être suspecté en fonction de son « comportement », être assigné à résidence ou empêché de se déplacer librement en fonction de « menaces fondées sur des présomptions sérieuses » ? Comment ne pas s’inquiéter de perquisitions administratives, qui relèvent de la décision des préfets, en dehors de tout cadre judiciaire ? Sans oublier la mise sous contrôle d’Internet, la conservation de données informatiques ou des fadettes de téléphone… Trop, c’est trop.
La dérive sécuritaire a toujours été mortelle pour la gauche et celle-ci le paiera cher. Les démiurges cyniques qui gèrent la communication de l’Elysée et de Matignon s’imaginent sans doute qu’ils peuvent à eux seuls remplacer la société et décréter quelles sont les bonnes et les mauvaises manières de se mobiliser contre le terrorisme. Ils pensent que la démagogie sécuritaire, inefficace mais spectaculaire, va leur permettre de déstabiliser leurs adversaires politiques de droite et de gauche, tout en rassurant les citoyens. Ils ont peut-être raison à très court terme, mais dans quelque temps, au prochain attentat, à la prochaine catastrophe, ceux qui les applaudissent aujourd’hui se retourneront contre eux.

Démagogie sécuritaire, inefficace, mais spectaculaire
En ayant fait le choix de gouverner par la peur, François Hollande et Manuel Valls – l’homme qui n’a pas hésité à parler de « menace chimique » quelques jours après les attentats – sont en train de donner les derniers coups de marteau sur le cercueil de la gauche.
Cette tentation libérale autoritaire n’est pas née en janvier ou le 13 novembre. Elle est, en fait, le révélateur d’une faillite politique, qui a conduit la gauche de gouvernement dans cette tragique impasse. Les premiers signes forts sont apparus avec la mort de Rémi Fraisse, que le pouvoir a d’abord présenté comme un dangereux zadiste, alors que ce jeune militant écologiste et pacifiste était bel et bien la victime des décisions d’une chaîne de commandement.

Décisions irresponsables

La commission parlementaire sur « le maintien de l’ordre dans le respect de la liberté d’expression et du droit de manifester », que j’ai présidée à la suite de cette tragédie, a été détournée. Au lieu de se demander comment adapter le maintien de l’ordre au respect du droit de manifester, elle a prôné une série de mesures visant à criminaliser les manifestants, à restreindre le droit de manifestation et à mettre en cause les libertés fondamentales. La belle unanimité des commissaires de droite et de gauche (moins la députée PC Marie-George Buffet et moi-même) laissait présager le pire. Il est arrivé.
C’est sur ce terreau que Mme Le Pen et ses amis du Front national pourront accéder demain à la présidence d’une ou de plusieurs régions et peuvent penser sérieusement aux plus hautes fonctions de l’Etat… Imaginez, alors, ce qu’un état d’urgence constitutionnalisé pourrait devenir entre les mains d’un gouvernement dirigé par le Front national ! Nous n’aurions alors que nos yeux pour pleurer.
Ceux qui prennent des décisions irresponsables aujourd’hui auront des comptes à rendre demain. Non seulement ils vont perdre le pouvoir, mais ils font disparaître pour longtemps les principes fondateurs et l’imaginaire de la gauche : Clemenceau remplacera Jaurès ; l’état de guerre deviendra l’ordinaire ; l’ordre policier se substituera à l’égalité et à la liberté. L’État socialiste n’aura pas terrorisé les terroristes, mais la société, au prétexte de la sauver. Qu’il ne compte pas sur moi et quelques autres pour l’accompagner dans cette descente aux enfers !
La Ve République est née de l’excès de l’état d’urgence. Elle peut aussi en mourir. Jamais le combat pour une VIe République, fondée sur la citoyenneté sociale et la démocratie, n’a été aussi impérieux. Décrétons l’état d’urgence démocratique !
Par Noël Mamère (Député écologiste)
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