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samedi 2 mai 2015

Sahara Occidental : action "paralysante" de la France




  Ould Salek critique l'action "paralysante" de la France


OULD SALEK

Mohamed Salem Ould Salek, dirigeant du Front Polisario et ministre des Affaires étrangères a critiqué jeudi, lors d'une  conférence de presse organisée dans le camp de réfugiés de Dakhla, en présence de l'ambassadeur sud-africain à Alger, l'action "paralysante" de la France au Conseil de sécurité de l'Onu. 

Répondant à une question sur les entraves à la mise en œuvre du référendum d'autodétermination, M.Ould Salek a mis en cause l'action de la France qui est, selon lui, "encore plus paralysante que le refus marocain".
Le dirigeant sahraoui a critiqué la "politique du double standard" en cours au niveau du Conseil de sécurité qui est devenue "flagrante". Il a appelé, une fois de plus, le gouvernement espagnol à reconnaitre sa responsabilité politique en tant que puissance coloniale.

"Le Conseil de sécurité doit réviser le cadre et les mécanismes de négociation" a déclaré le dirigeant sahraoui. Pour rappel, le Conseil de sécurité a prolongé d'un an le mandat de la Minurso sans introduire dans ses prérogatives la mission de surveillance des droits de l'homme.
Le dirigeant sahraoui a de nouveau réclame l'introduction de nouveaux mécanismes pour surveiller les droits de l’Homme et empêcher l’exploitation massive des ressources naturelles du territoire. Les sahraouis entendent mettre en place un "groupe de contact international" à cet effet.
"L'Espagne doit assumer son passé et contribuer à libérer la dernière colonie d’Afrique" a-t-il déclaré en appelant la Grande-Bretagne et l’Union Européenne à se démarquer de la position française et les pays du Golfe à rester "neutres".
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jeudi 30 avril 2015

Le Conseil de sécurité maintient le statu quo pour la Minurso au Sahara Crédit: DR

Le Conseil de sécurité maintient le statu quo pour la Minurso au Sahara

Le Conseil de sécurité a adopté ce mardi 28 avril une résolution qui prolonge pour un an le mandat de la Mission de l’ONU au Sahara (Minurso), sans le modifier, et qui appelle à intensifier les négociations.

La résolution 2218, co-parrainée par les États-Unis, la France, le Royaume-uni et l’Espagne, a été adoptée à l’unanimité des 15 membres du Conseil. Elle reconduit jusqu’au 30 avril 2016 le mandat de la Minurso, essentiellement chargée de surveiller un cessez-le-feu conclu en 1991. Elle encourage aussi le Maroc et le Front Polisario à améliorer la situation des droits de l’Homme.

Pas de surveillance des droits de l’Homme

Mais malgré des demandes répétées du Polisario et d’organisations humanitaires, le Conseil n’a pas ajouté formellement au mandat la surveillance des droits de l’Homme. Le texte souligne néanmoins « l’importance d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de Tindouf et encourage les parties à travailler avec la communauté internationale pour développer et appliquer des mesures indépendantes et crédibles » en ce sens. Le Conseil « salue à cet égard les récentes initiatives prises par le Maroc », notamment « les mesures et initiatives entreprises par le Maroc pour renforcer les commissions régionales du CNDH (Conseil national des droits de l’Homme) à Dakhla et Laâyoune ».

Le recensement des habitants des camps de Tindouf

D’autre part, si le Conseil demande «des négociations (…) qui assurerait l’autodétermination de la population du Sahara occidental», il réitère aussi la demande, formulée dans le rapport présenté préalablement par Ban Ki-moon de «l’enregistrement» des populations dans les camps de Tindouf, en Algérie, et «invite à des efforts» à cet égard.

Les négociations doivent être plus «substantielles »

Le Conseil invite aussi les deux camps à « s’engager dans une phase de négociations plus intensive et plus substantielle », quelques semaines après une tournée dans la région de Christopher Ross, l’émissaire personnel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. « Parvenir à une solution politique à ce différend de longue date et une coopération renforcée entre les États membres de l’Union du Maghreb Arabe contribuerait à la stabilité et à la sécurité dans la région », ajoute le texte
Le Maroc s’est engagé à soutenir la médiation de Christopher Ross, après lui avoir un temps retiré sa confiance, l’accusant de « partialité ». Le Polisario a aussi promis de « coopérer » avec l’ONU.
L’an dernier, le Maroc avait vivement critiqué une première version du rapport de Ban Ki-moon, refusant en particulier l’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme.  Mohammed VI avait appelé le secrétaire général onusien et avait insisté sur l’« impératif de préserver les paramètres de la négociation tels qu’ils sont définis par le Conseil de Sécurité, de sauvegarder le cadre et les modalités actuels de l’implication de l’ONU et d’éviter les approches partiales, et les options périlleuses ». Le Conseil avait finalement adopté une résolution modérée qui n’instaurait pas de mécanisme de contrôle.
Avec agences

mercredi 29 avril 2015

Sahara occidental : Le mandat onusien prolongé d’une année

Le mandat onusien  prolongé d’une année
Par Amnay idir, El Watan, 29/4/2015

La résolution, coparrainée par les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, a été adoptée à l’unanimité des 15 membres du Conseil. Ainsi, tel que voté, le texte n’intègre pas la revendication sahraouie qui consiste à élargir le mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme.

La résolution encourage le Maroc et le Front Polisario à négocier, «de manière plus intensive», une solution à ce conflit et améliorer les droits de l’homme dans le territoire. Le texte «souligne l’importance d’améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et encourage les parties à travailler avec la communauté internationale pour développer et appliquer des mesures indépendantes et crédibles» en ce sens. Le Maroc s’est engagé à soutenir la médiation de Christopher Ross, l’émissaire personnel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, après lui avoir un temps retiré sa confiance en 2012, l’accusant de «partialité». De son côté, le Polisario a promis de «coopérer» avec l’ONU.  

«Statu quo»
Par ailleurs, dans une longue note d’information intitulée «40 ans d’exil, les réfugiés sahraouis abandonnés par la communauté internationale», citée hier par l’APS, l’organisation Oxfam International a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU et la communauté internationale à œuvrer à la résolution du conflit sahraoui actuellement confiné dans une «impasse». «Le Conseil de sécurité doit redonner un nouvel élan au processus de négociation afin de surmonter l’impasse actuelle, en reconnaissant publiquement que le statu quo n’est pas une option. Cet élan devra mener à une entente sur le contenu d’une possible solution, ainsi que sur les moyens d’atteindre l’autodétermination pour le peuple du Sahara occidental», a indiqué cette organisation non gouvernementale (ONG).
Pour Oxfam International, l’ONU doit «démontrer une volonté politique de parvenir à une solution durable conforme au droit international», estimant que les «actions de ses membres doivent être guidées par les engagements pris envers le peuple sahraoui plutôt que par leurs intérêts nationaux». Il leur est recommandé de «compléter les consultations à huis clos au sein du Conseil de sécurité par des réunions d’information publiques, et ce, au moins une fois par an. Ces réunions devraient inclure les présentations de l’envoyé personnel et du représentant spécial du secrétaire général».
Concernant la Minurso, l’ONG a appelé à ce qu’elle remplisse les fonctions de maintien de la paix, incluant la «surveillance, l’évaluation et la communication» sur l’évolution de la situation dans les territoires occupés sahraouis par le Maroc.
Remontant à la genèse du processus de règlement du conflit, depuis le cessez-le feu observé en 1991, elle a fait état d’«un statu quo dans la durée». Le Conseil de sécurité «a systématiquement échoué à apporter un cadre clair dans les négociations politiques ralentissant toute avancée vers  la tenue d’un référendum au Sahara occidental». État de fait qui a «entaché la crédibilité du Conseil de sécurité sur ce dossier et a contribué à la poursuite de l’impasse».

Pour cette ONG, la communauté internationale a fait un pas «en arrière» en renvoyant, en 2007, la responsabilité du règlement du conflit aux deux parties, alors qu’il était basé sur des plans onusiens. Oxfam s’est dite «inquiète» de voir la communauté internationale «accepter» cette situation avec ce constat que les Nations unies «souffrent d’un manque de soutien» de pays comme les Etats unis, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et la  Russie.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc. Le Front Polisario réclame l’indépendance du territoire à travers un référendum d’autodétermination, alors que le Maroc offre une autonomie sous sa souveraineté.
La Minurso est la seule mission de maintien de la paix sans un mécanisme de surveillance des droits de l’homme. Sous son mandat actuel, qui arrive à échéance le 30 avril, la Minurso est essentiellement chargée de surveiller un cessez-le-feu conclu en 1991.

Résolution décevante de l'ONU, liens vers des articles

28/4/2015

ONU - UN - Resolution

S/RES/2218 (2015)
Sahara occidental: l'ONU appelle à intensifier les négociations (résolution), AFP, 28.04.15
Le Conseil de sécurité maintient le statu quo pour la Minurso au Sahara, Tel Quel, 28.04.15
"Le processus de paix au Sahara occidental ne peut rester indéfiniment l’otage de l’effronterie et des chantages de l’occupant marocain" (Boukhari) SPS. 28.04.15

La ONU prorroga sin cambios su misión en el Sáhara Occidental, EFE, 28.04.15
Declaración de Ahmed Bujari, Representante del Frente Polisario ante la ONU tras la aprobación de la resolución 2218 del Consejo de Seguridad, SPS, 29.04.15
UN Security Council extends mission in Western Sahara, AP, 28.04.15
  In W. Sahara, 15-0 But Qs of Rights, AU, Morocco PR Answers ICP   By Matthew Russell Lee, Inner City Press, 28.04.15 On Western Sahara, Questions Raised by Angola, Venezuela, China, By Matthew Russell Lee, Inner City Press, 28.04.15
UN renews Western Sahara force without changes Africans wanted, Reuters, 28.04.15
40 Years of Exile - Sahrawi Refugees Abandoned By the International Community, 28.04.15 Report, Oxfam International (Oxford), 28 April 2015
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lundi 20 avril 2015

Sahara occidental Manœuvres pour perpétuer le statu quo

Par Hania A.

Le Maroc a observé un recul inhabituel, le 10 avril, à l'annonce par le juge Pablo Ruz de la Haute Cour d'Espagne, de l'envoi au Maroc d'une quatrième commission rogatoire sur le génocide commis au Sahara occidental entre 1975 et 1992. A la différence des trois précédentes, le gouvernement marocain a ménagé cette fois l'Espagne.

  Aucune menace d'une crise diplomatique n'a plané depuis Rabat, et pas la moindre polémique autour de cette procédure judiciaire visant 11 hauts gradés et personnalités politiques marocaines.

Le poids de l´Espagne

Pour des faits beaucoup moins graves, dans le passé, de sérieuses représailles avaient perturbé les relations entre les deux pays. Les autorités marocaines n'avaient pas hésité alors à remettre sur la table des négociations périodiques entre Madrid et Rabat la question de Ceuta et Melilla, «villes occupées», et à observer un grand laxisme sur les flux migratoires et le trafic de drogue vers les côtes espagnoles.

Conformément à leurs habitudes, les autorités marocaines ont bien entendu pointé du doigt les ennemis du Maroc (en allusion à l'Algérie et au Front Polisario). Pas un mot déplacé envers le voisin espagnol, à une semaine exactement du débat au Conseil de sécurité de l'ONU sur le renouvellement du mandat de la Minurso, prévu le 28 avril. L'Espagne a son mot à dire, en effet, en sa qualité d'ancienne puissance coloniale du Sahara occidental.

C'est à ce titre qu'elle fait partie du «Groupe des pays amis du Sahara occidental» composé des Etats-Unis, de la Russie, du Royaume-Uni et de la France. Le poids de l'Espagne dans le débat sur la question du renouvellement du mandat de la  Minurso chargé du contrôle du cessez-le-feu dans ce territoire non autonome qu'elle a cédé illégalement, en 1975, au Maroc, s'est vu renforcer en janvier 2015 avec son entrée au Conseil de sécurité, sous le statut de non permanent, jusqu'à la fin de l'année 2016.

La France, alliée traditionnelle du Maroc dans cette affaire, mais aussi les autres puissances occidentales qui jouissent du droit de veto, laisseront à l'Espagne le soin non de parrainer tout projet sur le Sahara occidental mais d'en amender les dispositions de fond pour le bloc occidental. Ce qu'elle avait fait en 2014 en vidant le projet de résolution déposé par l'ambassadeur américain sur la surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental par la Minurso.

La primauté des intérêts sur les principes

C'est dans ce cadre que l´Espagne se livre discrètement à un double jeu, a rapporté récemment le célèbre journaliste espagnol Ignacio Cembrero. Madrid développe en apparence une position qui colle au principe du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, tout en agissant pour préserver le statu quo qui se prolonge indéfiniment à l'avantage du Maroc depuis les Accords de Houston en 1991 sur le cessez-le-feu sur le Sahara occidental.

Les associations civiles espagnoles unanimement acquises à la cause sahraouie dénoncent, elles aussi, le double jeu de leur pays dont le souci majeur est de préserver ses intérêts avec le Maroc plutôt que d'honorer sa dette historique envers le peuple de son ancienne colonie. Cette remarque vaut aussi bien pour les socialistes que pour les populaires qui gouvernent par alternance depuis l'avènement de la démocratie à la mort du général Franco en 1995. C'est le gouvernement socialiste espagnol qui a torpillé le «Plan Baker» que le Conseil de sécurité de l'ONU avait, pourtant, adopté à l'unanimité de ses membres le 16 juillet 2003.

Ce plan prévoyait une période d'autonomie de 5 ans au terme de laquelle sera organisé un référendum. Moratinos, le ministre des Affaires étrangères de José Luis Zapatero, avait contré cette initiative en suggérant au Roi Mohammed VI un nouveau plan inspiré du modèle des autonomies en Espagne. Le bloc occidental a suivi. C'est à l'initiative de José Manuel García-Margallo, l'actuel ministre des Affaires étrangères de Mariano Rajoy, que l'Espagne a bloqué l'initiative américaine en 2014 sur l'élargissement de la mission de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme au Sahara Occidental.

Le groupe des «Amis du Sahara occidental»

En coulisses et au sein du «groupe des Amis du Sahara occidental», l'Espagne manœuvre, aujourd'hui, en profondeur pour que le projet de résolution qui sera adopté le 28 avril ne fasse pas de référence à cette question. Le gouvernement espagnol s'est refusé de commenter la proposition faite, cette semaine, par le Haute Représentante de l'ONU pour les droits de l'Homme qui vient relancer cette question.  

Conscient que le Maroc refusera cette proposition, avec le soutien direct de la France et plus discret de l'Espagne, le Secrétaire général de l'ONU a dû proposer une nouvelle formule qui permet à la Haute Représentante de l'ONU de surveiller le droits de l'homme depuis l'extérieur. Et non directement dans les territoires occupés.  Interpellé la semaine dernière par le sénateur Urko Aiartza, de la  formation politique basque, sur le double jeu de son gouvernement sur le Sahara occidental, le chef de la diplomatie espagnole a répondu qu'en 2014, l'Espagne avait appuyé le contenu de la résolution américaine 2152. Or que dit cette résolution dont la version initiale avait été vidée de sa substance à l'initiative de l´Espagne ?

«Les  parties (le Front Polisario et le Maroc) sont invitées  à poursuivre leurs efforts pour améliorer la protection des droits de l´Homme au Sahara Occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf». Une manœuvre qui conduit droit vers  l'impasse sur la question des violations des droits de l'homme dans le dernier territoire encore colonisé en Afrique.

Hania A.

samedi 3 mai 2014

Sahara Occidental, le squelette est nu