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jeudi 8 novembre 2012

Au Maroc, frontière sanglante pour les migrants subsahariens

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Par LÉA-LISA WESTERHOFF Correspondante à Rabat du journal français Libération, 7/11/2012
 
On entend d’abord le plic- ploc de l’eau qui s’égoutte le long de la paroi rocheuse. Il faut cligner des yeux à plusieurs reprises avant d’apercevoir deux silhouettes allongées dans la pénombre. A l’extérieur, s’étend la forêt de Gourougou, près de Nador. Des milliers de sapins accrochés à la colline et une vue imprenable sur la mer Méditerranée et l’Espagne qui se trouve 4 kilomètres plus bas, sous la forme de la petite enclave de Melilla. Une forteresse grillagée en terre marocaine. Inaccessible. 

A l’intérieur de la grotte, une bâche en plastique et deux couvertures. Moussa, 28 ans, et Denis, 17 ans, tous deux Camerounais, sont étendus là depuis huit jours. Le premier a le tibia gauche fracturé enserré dans des bandages, le second a le genou défoncé, des points de suture à la main et au bras gauche. Tous deux sont catégoriques : ce sont les gardes-frontières marocains qui les ont frappés jusqu’à casser leurs os après qu’ils aient tenté d’escalader les barrières hautes de 7 mètres qui séparent le Maroc du résidu espagnol.
Grotte. «Ils m’ont frappé avec des barres de fer, des bâtons en bois, tout ce qui leur passait sous la main», raconte Denis. «Ils visent les pieds et les chevilles pour éviter qu’on recommence», renchérit Moussa qui a tenté trois fois déjà d’escalader ces clôtures. «Cette fois, ils m’ont jeté une pierre à la tête pour me faire tomber du grillage, puis ils ont frappé, frappé et le policier a promis de me tuer si je revenais une quatrième fois», poursuit-il. Après avoir reçu les premiers soins à l’hôpital de Nador, Moussa et Denis sont venus se cacher dans cette grotte, de peur d’être expulsés vers l’Algérie.
Avec 73 autres migrants, ils avaient tenté il y a dix jours de franchir en groupe la frontière de Melilla. Bilan : une trentaine de blessés dont 5 mineurs après avoir été remis aux gardes-frontières marocains par leurs homologues espagnols. Quatre ont eu la jambe ou la cheville fracturée, et des dizaines souffrent de traumatismes lombaires ou de plaies profondes sur le corps et le visage, selon le rapport établi par l’ONG Médecins sans frontières. «Ils nous ont bastonnés, injuriés, bastonnés à nouveau. Puis, ils nous ont chargés dans un camion et déchargés devant l’hôpital de Nador», décrit Michel, 21 ans, depuis son lit d’hôpital, Thomas D’Aquin, 19 ans, frêle silhouette allongée sur le lit d’à-côté, la jambe droite plâtrée, est arrivé il y a cinq mois du Tchad. Lui, tentait pour la première fois d’atteindre l’Espagne. Il est encore sous le choc. «Qu’ils nous arrêtent ou nous renvoient chez nous, d’accord. Mais nous traiter plus mal que des animaux ? Je ne comprends pas. Est-ce qu’on ne respire pas le même air qu’eux ?»
barbelés. Ces témoignages se répètent. Certains parlent de gardes- frontières qui leur crachent ou leur urinent dessus. D’autres évoquent des forces de l’ordre qui les dépouillent : argent, téléphone, bijoux, tout y passe. Depuis septembre, les associations de défense de migrants tirent la sonnette d’alarme. «C’est la quatrième fois ce mois-ci que des Subsahariens tentent d’escalader en groupe les grillages, et à chaque fois il y a plus de blessés», s’alarme Mohamed Amarouchi, un militant de l’Association marocaine des droits humains à Nador. «Il y a des actes de tortures perpétrés par les forces de l’ordre marocaines. Les témoignages sont trop nombreux et trop concordants pour être le fruit de l’imagination», estime Hicham Rachidi, secrétaire général du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem) qui dénonce «un niveau de répression des migrants» inégalé depuis 2005. Il cite des cas de «violations de domicile, harcèlements et violences des forces de l’ordre, refoulements collectifs du Maroc vers l’Algérie, y compris de mineurs et de femmes enceintes, ainsi que de demandeurs d’asile».
«Depuis avril, le nombre de blessés que nous traitons a plus que doublé. C’est inquiétant», estime, pour sa part, David Cantero, coordinateur de MSF au Maroc. Selon lui, la nature des traumatismes – fractures à la tête, au thorax, des mains et des dents – ne peut être confondue avec des blessures liées aux barbelés. Même le représentant de l’Union européenne au Maroc s’est inquiété, en des termes très diplomatiques, de la situation. «Il y a des témoignages extrêmement durs et préoccupants qui nous sont parvenus», a déclaré Eneko Landaburu à la presse marocaine, fin octobre, avant d’ajouter : «Nous ne demandons pas au Maroc d’être le gendarme de l’UE.»
Du côté du ministère de l’Intérieur, silence radio. Un communiqué publié par l’agence marocaine de presse a récemment rappelé que ses gardes-côtes avaient sauvé 6 500 clandestins de la noyade ces cinq dernières années. Mais dans la forêt de Gourougou, avec l’hiver qui approche, la survie est déjà un défi. Malgré ses blessures, Moussa pense, comme les autres, à sa prochaine traversée vers l’Europe. «Bien sûr, je vais y retourner, on est venu pour entrer en Espagne, assène le jeune homme. Nos familles comptent sur nous, on est des gens bien, on veut juste trouver une vie meilleure. Si je vis et si j’ai la force, j’irai.»
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Objet : Amdh-TAouriRT/ زيارة خاصة للمهاجرين الجنوب صحراويين (Ar-Ph)



الجمعية المغربية لحقوق الإنسان
ص ب 223  تاوريرت
بــــلاغ
قام أعضاء لجنة  الهجرة و اللجوء التابعة لفرع الجمعية المغربية لحقوق الانسان بتاوريرت ، يوم أمس الاثنين 05 نونبر 2012  بزيارة لموقع تواجد  المهاجرين الأفارقة من جنوب الصحراء بهوامش المدينة . وبعد  تجاذب أطراف الحديث  أثناء مقابلة إحدى المجموعات . عبروا بمرارة وتذمر عن مشاعرهم  ومواقفهم  لما آلت إليه أوضاعهم بالمغرب خصوصا إثر الهجمات  الشرسة  المتوالية التي تقودها السلطات ضدهم دون احترام  منها ولو لأبسط الحقوق التي تكفلها المواثيق الدولية للمهاجرين وأفراد أسرهم .
عبر أحـــــــــدهم قائلا :
(....لا ندري لمـاذا نـُعامل بكل هذه الطرق الوحشية  دون شفقة أو رحمة فنحن بشر نتنفس الهواء و نشرب الماء ونسير فوق الأرض ككل الناس و لسنا بجــــراد قادم لالتهام المحاصيــــل ؟ نحن عابرون ولا نريد الاستقرار في المغرب فلماذا نـُعامل بكل هذه القسوة ؟؟ ...)
 انطلاقا من تلك الحدود المشؤومة مع الجارة الجزائر و في اتجاه باقي المدن المغربية تبدأ معانات  المهاجرين الجنوب صحراويين مع السلطات  ومع العصابات التي تسلبهم كل ممتلكاتهم وتهددهم بالقتل إن هم قاوموا.
Esther
" استيــــر "امرأة  شاردة  ذات الخمس  والثلاثون  سنة  هي أم لأربعة أطفال تركتهم وراءها في "الكامرون" و دخلت إلى المغرب.  كانت مدينة تاوريرت محطتها الثانية بعد وجدة ..تحكي وتتحسر و الدموع بعينها :
(اه ا...ه   سلبونا كل شيء ...وهددوني ورفيقي حينما كنا في طريقنا لاقتناء بعض الحاجيات من " الســـويقة" القريبة من موقعنا هذا  ..ضربونا و أهانونا من دون أي جُـرم  ارتكبناه... )
وشمل  اللقاء أيضا بعض العائدين من جحيم "كروكـــو" بالناضور
الذين كــــما قـــال محمود درويش :
"يحكون في بلادنا .. يحكون في شجن عن صاحبي الذي مضى وعاد في كفـــن "
هذا إن هم  وجدوا الكفــــن طبعا ..حَكـــوْا عن تفاصيل ما عاشوه وما يعيشونه أثناء كل تدخل عنيف يلحقهم  من طرف السلطات المغربية.. جاء على لســــان أحدهم :
(...لقد سقط أحد القتلى أمام عيني وهو "مالي" الجنسية  بعدما أجهزت عليه القوات العمومية  بالضرب.. و  أن هذه القوات تستعمل الأسلحة البيضاء   (الشواقير) في بعـض المداهمات  ....و أن عددا لا يحصى من الجرحى "الماليين" مصابون بإصابات خطيرة على مستوى الرأس يمكنكم زيارتهم بأحد الغابات بمدينة وجـــدة ....لجئوا إليها بعدما تم ترحيلهم  من الناضور الى الحدود مع الجزائر.....)
 في هـــــذا الفصل وعلى ضفة نهر يُهــــدد في كل لحظة بفيضاناته ،  نصبوا خياما صغيرة من البلاستيك والقش علـَّـها تقيهم شر الحر والبرد والمطر. ورغم الغربة و القهر و العذاب....ورغم كل ما سمعنا منهم من عذابات وآلام  و كل ما رأيناه  وتتبعناه نجدهم يتشبثون بالأمل ويزرعونه بينهم
عن لجنة الهجرة

"....
أما رأيتم شـــــارداً
مســــافراً لا يحسن السفر !راح بلا زوَّادة , من يطعم الفتى
إن جاع في طريقه ؟
من يرحم الغريب ؟
قلبي عليه من غوائل الدروب  !قلبي عليك يا فتى.. يا ولداه  !
...
فالجرح فوق الدمع.. فوق الحزن والعذاب !لن تحملي.. لن تصبري كثيرا...
يحكون في بلادنا عن صاحبي الكثيرا
حرائقُ الرصاصِ في وجناته
وصدره.. ووجهه..لا تشرحوا الأمور !أنا رأيت جرحه
حدقت في أبعاده كثيرا.." قلبي على أطفالنا "
وكل أُم تحضن السريرا !يا أصدقاء الراحل البعيد
لا تسألوا: متى يعود
لا يسألوا كثيرا
بل اسألوا : متى
يستيقظ الرجال " للشاعر محمود درويش

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samedi 3 novembre 2012

Le racisme anti-noirs se banalise-t-il au Maroc?


Coup de tonnerre dans le landerneau médiatique marocain. La Une  de Maroc Hebdo datée du 2 novembre soulève une vague de protestation et d’indignation dans les médias et sur les réseaux sociaux. En cause, son titre choc : «Le péril noir» en référence à l’immigration clandestine des subsahariens considérée par l’hebdomadaire comme une «menace sécuritaire pour le pays».
Les sous-titres de Maroc Hebdo annoncent d’emblée la couleur : «des milliers de subsahariens au Maroc dans la clandestinité, vivant de mendicité et s’adonnant au trafic de drogue et à la prostitution». Certes le magazine n’omet pas de rappeler qu’ils sont victimes de racisme et de xénophobie, mais la stigmatisation ne fait pas de doute pour nombre d’observateurs qui se disent «choqués» par un tel traitement. 
 Dans l'attente d'une lecture plus approfondie, une couverture d'un hebdomadaire marocain, connu pour son apologie de la tyrannie makhzenienne, couverture dont les titres de la UNE  risquent  d'éclabousser le peuple marocain connu pour sa tolérance. Ces messieurs oublient que le Maroc est un pays africain. Qu'une partie de son peuple est constituée de marocainEs noirEs, que malheureusement ces marocainEs se retrouvent en dehors des responsabilités politiques.
        Ali Fkir
«Ce n’est pas sans rappeler le péril jaune, ce fantasme de la menace asiatique remontant au 19e siècle, sauf que l’on est en 2012 et que même les enfants ne croient plus aux croquemitaines depuis des décennies» assène le site Yabiladi  qui ose le parallèle avec la couverture du Point   de cette semaine, jugée offensante pour l’islam.
«On se plaint en France du racisme anti-arabe et anti-noir mais aussi de l’islamophobie, pour retrouver au Maroc, où l’Islam est religion d’Etat, des unes scandaleuses et essentialistes. Rappelons qu’être noir au Maroc n’a jamais été chose aisée. Les Marocains au teint plus foncé que leurs compatriotes ont depuis toujours eu à essuyer les sarcasmes et railleries les plus abjectes» insiste l’éditorialiste de Yabiladi.
Le dossier de Maroc Hebdo est-il révélateur de la banalisation du racisme anti-noirs au Maroc? Un journaliste de l’hebdomadaire marocain Actuel, le Sénégalais Bassirou Bâ en avait témoigné.
La réalité est certainement plus complexe. La ligne éditoriale de Maroc Hebdo est réputée être proche de la frange sécuritaire du pouvoir marocain.
La récente «arrestation et de la détention arbitraires» de Camara Laye, ancien président et actuel coordinateur du Conseil des migrants subsahariens au Maroc (CMSM) dénoncée par des ONG de défense des droits de l’Homme (la FIDH entre autres ) souligne ce tour de vis sécuritaire que certains médias voudraient ainsi justifier. 

Lu sur Yabiladi
A lire aussi
Dans la peau d'un noir au Maroc
L'enfer des Subsahariens au Maroc
Maroc - Le calvaire des noirs dans le royaume chérifien
Maroc - La «chasse aux Sénégalais» est ouverte
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Par Ali Fkir
Dans l'attente d'une lecture plus approfondie, une couverture d'un hebdomadaire marocain, connu pour son apologie de la tyrannie makhzenienne, couverture dont les titres de la UNE risquent d'éclabousser le peuple marocain connu pour sa tolérance. Ces messieurs oublient que le Maroc est un pays africain. Qu'une partie de son peuple est constituée de marocainEs noirEs, que malheureusement ces MarocainEs se retrouvent en dehors des responsabilités politiques.








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En France aussi, le racisme fleurit sur les couvertures de certains magazines

La couverture du Point sur l’islam : « Décomplexée »


Le Point en février 2011 
La couverture du Point du 31 octobre 2012 

Pendant que la droite française se droitise de façon « décomplexée », l’hebdomadaire Le Point cavale derrière. L’an dernier, l’hebdo faisait déjà son miel des peurs islamophobes avec sa couverture « Le spectre islamiste » après les révolutions arabes.
Cette année, il accroît sa furieuse campagne d’un cran, passant de « l’islamisme » à « cet islam ». Sans aucune « gêne ».
Comment les musulmans peuvent-ils vivre l’apparition d’une telle image, qui viendra orner les dos des kiosques ?

mercredi 27 juin 2012

Racisme de l’État marocain et racisme au quotidien envers les Subsahariens

Par Mohammed Belmaïzi,  26/6/2012
Article écrit en commun avec mon ami Sam Touzani, au sujet des subsahariens en 2005. Ce texte, nous l'avions imposé au site du MRAX en Belgique ("Mouvement contre le Racisme, antisémitisme et la Xénophobie"). Nous y parlions justement du racisme de l’État marocain envers les Subsahariens que le président de cette association pourtant antiraciste, marocain né en Belgique, ne trouvait pas juste!!! Il est à remarquer que nos deux noms ont été biffés de l'article... On sait par ailleurs que le Consul du Maroc de l'époque avait une proximité bien étroite avec le président de l'époque Radouane Bouhlal... question de monopoliser l'espace de l'expression au centre de l'Europe... Mais nous réussissons malgré tout à placer nos petits mots! 

 Le drame des subsahariens 17 octobre 2005  

Avec le drame actuel des migrants subsahariens au Nord du Maroc, l’Europe exhibe en toute clarté son dérapage et son incohérence. Absorbée qu’elle est à la construction d’une Europe élargie, augurée dès la suppression du mur de Berlin, la voilà érigeant une forteresse hermétiquement close, face à ce qu’elle appelle « clandestins », « migrants en situation irrégulière », émergeant du Sud. 

  Si, auparavant, le silence s’est étoffé autour des « barques de la mort » qui, en traversant le détroit de Gibraltar sèment les cadavres de milliers de Marocains le long des plages de l’Espagne, l’événement spectaculaire des Subsahariens « clandestins » escaladant les murs de Ceuta et Melilla, provoque, lui, tel qu’il a été présenté sur les écrans, un sentiment d’effroi et peut aller jusqu’à rendre licite leur oppression voire même leur mort. 

Déchus de leur humanité, ces jeunes, femmes et hommes, sont traités par certains médias occidentaux en tant qu’assaillants venant s’emparer de la citadelle tranquille de notre Europe. Cette façon impitoyable de tronquer l’information est une formidable aubaine pour l’extrême droite. Le Pen, fameuse figure de cette dernière, parle déjà du « tsunami migratoire ». En s’emparant des images brutes de Subsahariens hagards escaladant les frontières de Ceuta et Melilla, il enchérit dans le même sens que ces médias : « Ces deux villes sont assiégées par une mer migratoire arrivant de Guinée et du Niger... ». Et dès lors, Le Pen et ses sbires s’autorisent aisément à étaler le traditionnel discours anti-immigré dont l’obsession est d’ « endiguer efficacement l’immigration massive du Tiers-Monde avec ses conséquences : l’appauvrissement, le chômage, l’insécurité, la peur ». Mais Le Pen, en exploitant l’événement, stigmatise rapidement « l’immense majorité des immigrés en France » qui « est de mouvance islamique » et prévient que « l’Islam, en tous les cas celui de notre temps, ne nous met pas à l’abri de sa tentation totalitaire et de sa pratique de conquête ». 

Ainsi l’amalgame règne en toute impunité, nous mettant tous dans la marmite islamiste. Ce discours s’enracine bel et bien dans une solidarité objective entre certains médias, la gestion déficiente par l’UE de ce dossier (migrants ; réfugiés ; clandestins ; asile, etc.) et le discours haineux et xénophobe de l’extrême droite raciste en Europe et au Maroc. Car en effet une certaine presse marocaine a poussé, elle aussi, le zèle raciste jusqu’à traiter ces êtres humains en grand titre et photo de Subsahariens à l’appui, de « criquets venant ravager le pays » ! 

Devant l’ampleur du désastre, le Commissaire européen Frattini en charge de l’immigration et d’obédience Forza Italia (parti anti-immigrés et xénophobe), ne semble pas vouloir rectifier le tir. Bien au contraire, pour lui, les morts subsahariens importent peu : « Ce n’est pas le moment de pointer du doigt » les responsabilités. Ce qui importe c’est d’ « aider l’Espagne et le Maroc à trouver une solution ». C’est ainsi que l’UE débloque la somme de 40 millions d’euros en faveur du Maroc, comme pour le récompenser pour ses bonnes œuvres : répression, déportation au désert, torture et tires sur les Subsahariens. A juste titre, ce que certains médias ont qualifié d’ « assaut » contre Ceuta et Melilla sans autres repères informatifs, plonge ses racines dans une piteuse gestion du flux migratoire au Maroc. C’est que ces femmes, hommes et parfois enfants, sont acculés au désespoir et poussés au pied du mur par un climat délétère méconnue à ce jour dans ce pays. C’est que ces réfugiés se voient exposés aux pires traitements dégradants : privés de transport (les autorités marocaines ont donné l’ordre aux professionnels de la route, sous peine d’amende, de ne transporter que les détenteurs d’un récépissé fourni par le HCR !!!) ; privés également d’habitations décentes (interdiction aux propriétaires de louer à ces noirs africains). 

Le Maroc se noie dans un racisme virulent et honteux. Et le ridicule est que nombreux sont les Marocains de couleur, jetés dans le même panier de la suspicion et de l’ostracisme... Les Subsahariens, traqués partout, à la fois par des bandes de voyous (vol, viol, coups et blessures...) et par les autorités pour être renvoyés en Algérie, Mauritanie ou Mali, élisent domicile dans la forêt inhospitalière du Nord (les camps de Gourougou et de Belyounech) où ils continuent à être harcelés... 

Franchir les barbelés aux frontières de Ceuta et Melilla devient alors pour eux synonyme de « libération », « havre de paix » pour manger, boire et se faire soigner !

 L’utilisation du Maroc par l’UE en tant que garant sécuritaire, n’est-elle pas un facteur de semer le désordre et de condamner ce pays à peine sorti de 40 ans de tyrannie, à retrouver ses vieux démons, ses vieux réflexes ? Serait-ce une vocation irrévocable, pour l’UE et l’Occident, de soutenir les dictatures et de torpiller toute tentative aux ouvertures démocratiques ? La question est à l’ordre du jour ! Nous en avons marre de cette incompétence, de ce désordre, de ces inégalités criantes Nord/Sud, de ces amalgames répétitifs, de ces racismes. 

L’Europe doit renouer avec ses valeurs et développer une autre politique visionnaire. Notre modernité ne peut être régie par l’égoïsme et les seuls paramètres économiques. Elle exige une vision réellement humaine marquée par la responsabilité morale, par l’éthique du partage et du vivre ensemble sur notre belle et riche planète. 

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Dans la peau d'un noir au Maroc

Il n’est pas toujours simple d’être noir au royaume chérifien. Mépris, insultes, agressivité et humiliations quotidiennes sont bien souvent le lot des Subsahariens. Un journaliste de l’hebdomadaire marocain Actuel, le Sénégalais Bassirou Bâ, témoigne. 
 A Actuel, nous avons souvent travaillé avec des journalistes subsahariens. Et en parlant avec eux, nous avons été frappés de découvrir l’ostracisme dont ils sont l’objet. Le mépris du peuple, comme des élites, pour les Noirs est une constante de la société marocaine. Une réalité trop souvent tue ou minorée. Alors, nous avons demandé à Bassirou de raconter son quotidien, des situations vues, parfois vécues, des humiliations subies, des violences sans fin. C’est un témoignage brut, sans fioritures qui nous renvoie une image guère flatteuse mais qu’il faut néanmoins regarder en face. 

Oui, de nombreux Marocains sont racistes. Le sujet est tabou. Mais le débat doit s’ouvrir. «On m’a souvent posé la question de savoir si les Marocains étaient racistes ou si, en tant que Noir, j’avais été victime ou témoin d’actes ou de comportements assimilables à du racisme. A chaque fois, cette question m’a mis dans l’embarras, et à chaque fois, j’ai répondu par une pirouette. Les rarissimes occasions où j’ai ouvert mon cœur sur la question, c’était entre amis ou collègues. Et j’ai été surpris de découvrir à quel point des amis marocains étaient abasourdis d’apprendre jusqu’où certains de leurs compatriotes pouvaient aller dans le déni de l’Autre.  Scandalisés, ces derniers m’ont convaincu de surmonter cette gêne qui m’empêchait d’en parler publiquement. 

Voilà pourquoi j’ai décidé de briser la glace, en espérant contribuer à susciter le débat et aider à lutter contre ce mal qui, malheureusement, n’épargne aucun pays, aucun corps social.

 Drôle d’accueil 

 Je suis arrivé au Maroc le 17 septembre 2000 pour entamer mes études supérieures, en compagnie d’une centaine d’autres camarades boursiers comme moi. Je n’avais aucune appréhension en atterrissant à l’aéroport Mohammed V, le Royaume étant dans l’imaginaire collectif des Sénégalais une sorte de prolongement naturel de leur pays et vice versa. 

Mais j’ai commencé à déchanter... deux jours seulement après mon arrivée. Durant ces douze années, comme la plupart de mes "congénères", j’ai souvent été confronté à des situations tragi-comiques. Comme ce matin du 19 septembre lorsque, avec un groupe d’étudiants, nous nous rendions au marché de J5, dans un quartier situé à quelques encablures de la résidence universitaire, à Rabat. En chemin, nous avons essuyé des jets de pierre de la part de gamins qui devaient avoir entre douze et quatorze ans, et qui criaient à tue-tête : "Cannibales! Cannibales!" 

Pour notre troisième jour au Maroc, c’était un drôle d’accueil, une rebuffade que j’ai toujours du mal à oublier. J’apprendrai, quelques années plus tard, qu’un journal arabophone avait rapporté que des "migrants clandestins" subsahariens auraient mangé un nourrisson dans le quartier populaire de Takkadoum à Rabat. La publication en question aurait démenti plus tard cette information, mais le mal était fait: aux yeux de certains Marocains, nous n’étions que des cannibales, des mangeurs d’hommes. 

«Elle n’est qu’une esclave!»

 Deux ans après cette mésaventure, un nouveau "choc." Cela s’est passé dans un bus. Une vieille dame, qui tenait à peine sur ses pieds, venait de monter à bord. Toutes les places assises étant déjà occupées, une jeune étudiante subsaharienne s’est donc empressée de céder son siège à la "mamie" eu égard à son âge. Et alors qu’elle s’attendait à un mot aimable, voire à une bénédiction, la jeune fille a eu droit à un terrible: "De toute façon, elle n’est qu’une esclave et donc elle devait céder sa place à n’importe quel Marocain dans ce bus!" Incrédules pendant un moment car ne parlant pas la darija [ndlr: arabe dialectal marocain], nous avons été abasourdis après qu’une Mauritanienne, noire elle aussi, nous eut traduit la phrase. C’était d’autant plus choquant qu’il ne s’agissait pas là de gamins comme à J5, mais bien d’une personne du troisième âge qui, à travers ce comportement, venait par ailleurs de porter un sacré coup à l’un des piliers de l’éducation africaine: le respect des personnes âgées. En effet, suite à cet incident, certains étudiants ont décidé de se passer le mot : désormais, on ne cède plus sa place à qui que ce soit, fût-t-il mourant! 

«Un fils d’esclave, qui me fait l’aumône» 

 Comment peut-on être mendiante et avoir ce sentiment de supériorité propre à tous les racistes du monde? La scène s’est déroulée à Rabat quand j’y étais encore étudiant. Un ami comorien au teint de jais, qui venait de percevoir sa bourse, s’est arrêté devant une femme d’un âge avancé qui lui tendait la sébile et lui a remis une pièce de dix dirhams. Alors qu’il continuait son chemin, il entendit la mendiante dire en arabe: "Oh mon Dieu, qu’ai-je fait pour mériter un tel sort : un Noir, un fils d’esclave, qui me fait l’aumône?!" Le bienfaiteur n’en croyait pas ses oreilles. Revenant sur ses pas, il dit à la femme, en lui tendant un billet de vingt dirhams: "Excusez-moi, c’est vingt dirhams que je voulais vous donner et non dix." Quand elle lui a rendu la pièce de dix, le jeune étudiant l’a remise dans sa poche... avec son billet de vingt dirhams! Il a alors assené à la mendiante, en arabe classique (les Comoriens sont aussi arabophones): "Puisque votre dieu entend bien vos complaintes, demandez-lui donc de l’argent!" 

 «La prochaine fois, on te tue!» 

 Flâner aux alentours de la résidence universitaire à Rabat, quand j’y vivais encore, relevait d’une aventure dangereuse. De nombreux étudiants subsahariens y ont été victimes d’agressions atroces, certaines ayant même abouti à des hospitalisations. Je me souviens de Sacko, un étudiant malien, et de Kromah, un Libérien, pour ne citer qu’eux. Le premier avait été sauvagement roué de coups juste à l’entrée du campus, ses bourreaux lui crachaient dessus et le traitaient de "qird" (singe), de "k’hal" (Noir) de "`abd" (esclave)… Et n’eût été l’intervention des gardiens alertés par ses cris stridents, il serait mort. Finalement, il s’en est sorti avec plusieurs mois d’indisponibilité médicale, et a dû manquer la période des examens. 
 Kromah, lui, s’était pris un violent coup de couteau au niveau de l’abdomen. A la vue d’un groupe d’étudiants qui passait par là et qui était plus important en nombre, ses agresseurs ont pris la fuite, mais pas sans lui lancer cette menace: "La prochaine fois, on te tue! Et c’est valable pour tous tes camarades, transmets-leur le message. Compris, sale nègre?" L’étudiant libérien, qui saignait abondamment et qui se tordait de douleur, n’a pu répondre que par un acquiescement de la tête. Sacko et Kromah ne sont ni les premières ni les dernières victimes d’agressions anti-Noirs dans les environs de la cité, mais leur mésaventure a été la goutte d’eau de trop: les étudiants subsahariens étaient alors descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol et appeler les autorités à prendre les mesures qui s’imposaient. 

Depuis, le phénomène a certes perdu de l’ampleur mais il persiste. Même les professeurs s’y mettent Et pendant que de jeunes Marocains à la "chasse" au Noir semaient la terreur dans les environs immédiats du campus, dans les salles de classe, certains professeurs, pourtant censés véhiculer des valeurs telles que le respect de la dignité humaine, se sont montrés tout simplement indignes de l’une de leur mission. C’est le cas de cette professeure qui, en plein cours, ne s’est pas gênée pour traiter une Gabonaise de "négresse". Je me souviens que nous nous étions tous regardés avant de baisser la tête un certain moment. Alice –c’est son prénom–, qui était assise juste à côté de moi, m’a lancé un regard qui me hante encore aujourd’hui et m’a dit: "J’ai suffisamment entendu ce genre de propos désobligeants dans la rue et dans les transports en commun pour m’en accommoder, car je les ai jusque-là mis sur le compte de l’ignorance; mais venant d’une prof’…" L’enseignante dont il est question est aujourd’hui à la retraite, je l’ai croisée une ou deux fois dans des conférences.

 «Quelle heure est-il?» 

  Il s’agit là d’un classique! Au début, je ne comprenais pas pourquoi le "quelle heure est-il?" était accompagné d’un sourire narquois dès que je regardais ma montre pour y répondre. Les aînés m’ont expliqué par la suite que c’était pour me signifier: "Regarde ton poignet et rappelle-toi que tu es noir!" Désormais, dès qu’on me demande "ch’hal essa`a" (quelle heure est-il ?), je préfère prendre mon téléphone portable pour répondre… 

L’autre Maroc 

  Faut-il mettre pour autant tous les Marocains dans le même sac? Assurément non! Car si j’ai pu rester plus de douze ans dans le Royaume, c’est parce qu’à côté de cette frange ignorante –le racisme est une des métastases de l’ignorance– et intolérante, il y a l’autre Maroc, celui qui ne chosifie pas les Noirs, le Maroc ouvert. C’est celui-là qui m’a permis de minimiser l’impact de ceux qui me traitent de "`azzi", de "hayawan" ou encore de "khanzir". Ce Maroc, je l’aime, je le fais mien. Par ailleurs, autant j’ai pu mesurer tous les efforts consentis par les autorités marocaines pour raffermir davantage les relations politiques, économiques et culturelles avec le continent, autant je remarque que malgré tout l’Afrique subsaharienne reste inconnue de nombre de Marocains. Car ces derniers tendent à surestimer la vocation européenne du Royaume ou ses solidarités culturelles avec d’autres aires (monde arabe). Il est sans doute temps de recadrer cette vision.

 Enfin, il ne faut pas ignorer le fait que le racisme existe… au Maroc aussi. Il faut même oser en débattre ouvertement. Mais il faudrait au préalable que l’éducation de base, celle inculquée par les parents et celle apprise à l’école, joue pleinement son rôle. Le racisme expliqué à ma fille (Seuil, 1998) de Tahar Benjelloun est vivement conseillé dans ce sens. Pour qu’on ne me rappelle pas sans cesse mon apparence mais qu’on se souvienne d’abord de ce que je suis, c’est-à-dire un humain.» 


mardi 19 juin 2012

Le racisme des autres et le nôtre

 par Sanaa el Aji,  panoramaroc, 24/6/ 2012

 Quelle a été ma surprise, ces derniers jours, d’entendre un responsable gouvernemental évoquer devant les députés le phénomène de la violence, avant qu’il ne l’impute presque directement aux Africains subsahariens… Un lapsus, une indélicatesse, une faute ? Là n’est pas le plus important. Ce qui attire l’attention, en effet, c’est qu’un ministre puisse prononcer, en passant, une phrase qui confirme ce qui est déjà profondément ancré dans notre imaginaire collectif, en en faisant une vérité établie : Les immigrés noirs, de l’Afrique subsaharienne, sont les responsables de la (plupart) des violences et des destructions enregistrées dans les régions limitrophes des frontières. 

 « Nègre », « négro », « noir », « bamboula », « draoui »… autant de mots et de qualificatifs injurieux lancés par de nombreuses personnes, de manière parfois spontanée, lorsqu’elles voient un étudiant, un mendiant, un vendeur ambulant ou autres personnes venant du sud du Sahel. Un racisme qui outrepasse sans doute celui de nos frères de l’ouest du bassin méditerranéen. 

Je me souviens d’un ami qui me parlait du jour où il s’entretenait avec une Africaine ; il lui avait dit qu’il avait déjà visité l’Afrique. La réponse de la fille lui avait fait honte, lui qui connaissait les préjugés qui étaient les siens. « Le Maroc, il appartient à quel continent ? » ... une véritable gifle… En effet, nous parlons tous de l’Afrique comme s’il s’agissait d’un autre continent que celui auquel nous appartenons. Et croyez-moi si je vous dis que nous sommes tous aussi racistes que mon ami. Qui de nous n’a jamais parlé, un jour, de « ces Africains qui vivent au Maroc », ou « cette maison est habitée par des Africains » …? Qui parmi nous n’a jamais dit, ou entendu un proche à lui dire, à la vue d’un mendiant subsaharien : « Je donne d’abord aux Marocains, et je verrai ensuite ce que je pourrai faire pour vous » ? (peut-être même avec cet ajout, en fin de phrase, « vous, les nègres ») 

 L’article de mon confrère et ami Bassirou Ba, publié dans un hebdomadaire francophone voici une semaine, m’a ébranlée, gênée, irritée ; cet article m’a fait honte en me jetant à la figure cette cruelle vérité de notre racisme. Cela m’a mis en colère contre moi, contre nous et contre nos slogans aussi grandiloquents que faciles et creux. Nul d’entre nous n’osera reconnaître clairement que nous sommes un peuple raciste, en dehors de quelques remarquables exceptions… un peuple qui affectionne les déclarations tonitruantes sur la fraternité, l’islam, les grandes valeurs, la morale, mais un peuple imprégné à l’extrême d’un caractère méprisant, hautain, arrogant, s’inscrivant dans la négation de l’Autre, sur des bases aussi inhumaines qu’amorales. 
 
Et même nos relations économiques et diplomatiques sont marquées par le sceau de la condescendance. Et le plus grave est de voir ce comportement à l’égard de l’Autre devenir la norme, la réalité quotidienne. Le plus grave est de voir que notre voisin refuse de louer son appartement vide à un groupe d’étudiants, non pas en raison de ses craintes de ne pas recevoir ses loyers en temps et en heure, mais parce qu’il croit dur comme fer que les « Africains » vont vivre par dizaines dans cet appartement. Le plus grave est de considérer que les Noirs sont d’une valeur moindre que la nôtre uniquement parce qu’ils sont plus foncés que nous (à l’inverse, tout individu blond, émanant d’un pays occidental, a droit à tout notre respect et notre considération, nonobstant sa valeur intrinsèque). De même qu’il semblerait tout à fait naturel qu’un ministre vienne au parlement déclarer qu’il est de notre responsabilité, gouvernants et gouvernés, de contribuer à la lutte contre la violence qui s’installe aux frontières du pays, une violence dont la responsabilité revient dans la plupart des cas aux « Africains » immigrés qui veulent passer clandestinement en Europe. 

Nous admettons aussi allégrement cette interrogation : « Qu’est-ce qu’elle lui trouve ? », lorsque nous apprenons qu’une femme a décidé de convoler avec un homme venant d’Afrique noire. Nous trouvons normal de mépriser ces immigrés quand nous les voyons, sur la Corniche de Casablanca, installer leurs nattes, y poser des bibelots et autres colifichets ou babioles, des objets qui ne valent ni plus ni moins cher que ceux que nous trouverions exposés chez un marchand ambulant bien de chez nous ; pire encore, nous avons désormais admis que leurs mendiants ont une valeur moindre que nos mendiants, qui leur ressemblent pourtant à tous points de vue, hormis la couleur de peau. Imaginez donc… imaginez cette facilité avec laquelle nous classons en toute simplicité et spontanéité des mendiants en catégories. Ainsi, un mendiant marocain a plus de valeur que son « collègue » africain et, pour aller plus loin, nous pourrions même attribuer une valeur encore plus élevée à un mendiant blond… 

J’ai de la peine à nous entendre indéfiniment parler de mal du pays et de la façon dont nous sommes traités en Europe et en Amérique, du seul fait de la différence de notre pigmentation. Je ressens également une certaine douleur face à notre colère en entendant des gens employer des expressions telles que « sale arabe », « travail de bougnoule » ou encore « téléphone arabe ». 

Je suis enfin extrêmement attristée de voir ces a priori ou autres préjugés de nombreux occidentaux à l’égard de l’islam, des arabes et des maghrébins, qui font de nous des terroristes, sauvages, voleurs ou, au moins, porteurs des valeurs de violence sous toutes ses formes. Nous essayons alors de leur faire entendre raison, de les amener à résipiscence, en leur demandant de nous respecter dans leurs médias, dans leurs bureaux et dans la rue… nous leur demandons de se défaire de leurs stéréotypes et de nous accorder nos chances pour le travail, l’école et une existence digne. Nous tentons de leur faire abandonner ces raccourcis réducteurs et leur faire respecter notre dignité et notre double culture. 

 Et en contrepartie ? Combien de telles images toutes faites peuplent nos propres médias ? Comment avons-nous pu développer notre sous-développement du fait de notre ignorance ? Quelle est ce racisme que nous avons laissé prospérer dans notre société, alimenté de condescendance et nourri par le mépris, alors même que nous ne savons absolument pas de quoi nous parlons ? Une situation que nous avons consacrée avec une facilité aussi déconcertante que provocante. Mais aujourd’hui, il faut le dire, clairement et courageusement : Nous autres, marocains, sommes racistes. Très racistes. 

lundi 30 avril 2012

Témoignage subsahariens Ecoutez SVP la vidéo !

Par  Ali Fkir ou Ahmad ou Mouh, 30/4/2012

Les Subsahariens ou la descente aux enfers au Maroc. Les régimes africains (à leur tête l'Etat marocain) sont responsables des malheurs des millions d'Africains (parmi eux des millions de MarocainEs) qui errent désemparés à travers le monde à la recherche d'un peu de chaleur humaine, d'un minimum de droit de vivre dignement.  
 
J'ai honte de vivre sous l'autorité d'un État qui traite mes frères, mes amis, mes camarades des autres pays africains de "nègres", de vauriens, et les tabasse sans remord aucun. Je suis avant tout un Africain, un Amazigh, un Arabe et surtout un communiste internationaliste. Ali Fkir ou Ahmad ou Mouh Ecoutez SVP:
  
Les Subsaharien ou la descente aux enfers au Maroc J'ai honte de vivre sous l'autorité ...

CONSULTER le LIEN: c'est grave, dégoûtant...LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE 

mercredi 18 avril 2012

HALTE A LA CHASSE AU FACIES AU MAROC

 Pour l'ATMF Driss Elkherchi, président , Paris, le 16 avril 2012

 L'Etat marocain par son obéissance aveugle aux exigences de l'Europe en matière de ce qu'elle appelle "la lutte contre l'immigration clandestine" continue de commettre l'irréparable envers les migrants subsahariens bloqués sur son territoire. 
Ces derniers jours, la police marocaine a encore reçu l'ordre de s'attaquer aux migrants subsahariens : arrestations, violences, insultes racistes, emprisonnements, refoulements aux frontières avec l'Algérie, sans eau ni nourriture, cela revient à les condamner à mourir de fatigue, de faim et de soif dans le désert. 

 Le Maroc se plie aux exigences de l'Europe, et les exécute avec excès de zèle, en contrepartie de subventions et autres récompenses. Ces récompenses ne profitent ni au peuple marocain, dont une partie de la population est instrumentalisée dans cette escalade raciste, ni aux migrants subsahariens obligés pour se nourrir, de se livrer à la prostitution et à la mendicité, avec interdiction de mener une vie "normale", dans un Maroc qui se définit comme pays d'accueil et d'hospitalité. La banalisation du discours raciste et xénophobe de la part des dirigeants français contre les immigrés, notamment d'origine maghrébine ou d'Afrique subsaharienne traverse violemment la méditerranée.La semaine dernière, en France, des citoyens français ont déposé plainte contre l'Etat français pour délit de contrôle au faciès. L' ATMF exige que les autorités marocaines, en attendant de répondre devant les tribunaux internationaux de leurs actes racistes envers ces migrants présentent tout d'abord des excuses à la communauté subsaharienne, et leur accordent des titres pour circuler librement. C'est cette même liberté de circulation que l'ATMF revendique, en France et en Europe, pour les sans papiers dont un grand nombre sont des ressortissants marocains, qui comme leurs frères subsahariens ont fui la dictature et la misère.

 Par : Hamid Elkhayate, fb
  Maroc, le pays d'accueil par excellence!  

J'ai honte de la manière dont le Maroc traite les immigrés africains et notamment à Oujda ou il y avait mort d'homme et incarcération inhumaine d'enfants en bas âge. Depuis des années que je lute en Europe contre les discriminations de toute sorte, jamais je n'aurais imaginé que le Maroc pays de cinq millions d'immigrés qui subissent quotidiennement le racisme et la xénophobie traite des gens qui se sont retrouvés sur son sol d'une manière si abjecte.