Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est homosexualité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est homosexualité. Afficher tous les articles

samedi 16 avril 2016

Maroc : L'homosexualité encore criminalisée

l'émission du mercredi 13 avril 2016

(ré)écouter cette émission disponible jusqu'au 07/01/2019 05h20
 Regarde, regarde l’Etat qui exalte et encourage l’homosexualité

Nous sommes au Maroc et vous venez d’entendre les manifestants qui s’exprimaient lundi devant le palais de justice de Beni Mellal, une commune populaire au centre du Maroc. Ces manifestants sont venus demander la libération de 4 agresseurs, 4 jeunes qui se sont introduits, début mars, dans un appartement où ils ont surpris un couple d’homosexuels. Ils les ont tabassés, jetés en sang dans la rue, et ont posté la vidéo sur Internet. Victimes et agresseurs étaient jugés ensemble. Cet Etat qui encouragerait l’homosexualité, le punit en fait comme un crime passible de 3 ans de prison. Un procès qui a révélé la violence des opinions marocaines sur le sujet comme nous le montre Anna Ravix.


Devant le palais de justice de Beni Mellal, les manifestants se séparent en deux groupes, les femmes, à gauche, les hommes, à droite. Il y a des enfants, des personnes âgées mais surtout des jeunes, comme Amine Farissi, 19 ans.

Nous sommes ici pour demander la liberté pour Rachid et ses amis. Parce que nous sommes un Etat islamique, et l’Islam interdit ça

Les manifestants demandaient la relaxe immédiate des agresseurs, et la condamnation ferme des homosexuels.

Le juge a fait exactement le contraire : il a libéré le couple gay, qu'il a puni, quand même, de 3 mois de prison avec sursis... Et il a infligé 4 et 6 mois de prison ferme aux deux principaux agresseurs

Ce jugement a choqué les manifestants homophobes.  Qui sont restés tard devant le tribunal, criant à l’erreur judiciaire

Le débat public, au Maroc, est globalement assez défavorable aux droits des homosexuels. Écoutons par exemple les arguments de l’avocat des victimes. Il milite pour l’abrogation de l’article 489, qui criminalise les rapports homosexuels mais avec avec des arguments clairement homophobes.


Lire aussi :  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/12/homosexualite-au-maroc-on-me-disait-que-j-avais-une-maladie-contagieuse_4900410_3212.html

vendredi 13 novembre 2015

Maroc : Le ministre du Tourisme pour la dépénalisation de l'homosexualité et des relations sexuelles hors mariage


Lahcen Haddad, ministre du Tourisme / Ph. CNN

Le ministre du Tourisme appelle à la dépénalisation de l’homosexualité et des relations sexuelles consenties hors institution du mariage. Lahcen Haddad a affirmé que le Mouvement populaire, un parti traditionaliste, défend les libertés individuelles, lors d'un entretien pour la chaine CNN arabe.
Il a déclaré que le débat sur la question de l’homosexualité au Maroc « n’a pas encore été ouvert ». Se voulant résolument moderniste, Haddad a exprimé son opposition à toute réduction de peines des auteurs de crimes dit d’honneur, invitant les magistrats à appliquer la loi à lettre.
Ce membre du gouvernement Benkirane dit comprendre l’opposition des milieux conservateurs à une éventuelle abrogation des textes condamnant certaines libertés individuelles. Néanmoins, Lahcen Haddad a émis le vœu que l’avant-projet du code pénal propose des voies alternatives au lieu des peines d’emprisonnement en vigueur actuellement.

samedi 18 juillet 2015

Benkirane sur l'homosexualité: "Les gens souffrant de cette tare devraient se cacher"


BENKIRANE
Imprimer

SEXUALITÉ - Pour Abdelilah Benkirane, "a-t-on déjà réussi à marier hommes avec les femmes, pour envisager de marier les hommes aux hommes?”.
Présent à Salé mercredi 15 juillet dans le cadre d'une activité religieuse, le Chef du gouvernement a dit son mot sur l'homosexualité au Maroc. Il a estimé que les citoyens qui "souffrent de cette tare devraient se cacher", et que l'homosexualité, en plus d'être "haram, et c'est dans le Coran", ne saurait "être acceptée dans l'espace public".
Le Chef du gouvernement a, en revanche, appelé à "ne pas se mêler de la vie privée des gens", tant que "ce qu'ils font reste contenu dans le cadre privé", et a rappelé que "nul n'a le droit de s'imposer en juge, et d'essayer de changer les choses avec la violence".
La prise de position de Benkirane intervient quelques jours après celle du ministre de la Justice et des libertés Mustapha Ramid qui, lui, a invité les homosexuels à changer de sexe. Sur les ondes de la radio Chada FM, il a estimé que "si un citoyen a une voix d'un homme et qu'à l'intérieur c'est une femme et qu'il se comporte comme tel, je préfère qu'il change de sexe".
LIRE AUSSI: Mustapha Ramid préfèrerait que les "homosexuels changent de sexe"
Retrouvez les articles du HuffPost Maroc sur notre page Facebook.

dimanche 31 mai 2015

Trois Marocains condamnés à trois ans de prison ferme pour « homosexualité »


Trois Marocains ont été condamnés pour homosexualité, dans le nord du royaume, le 22 mai.
Trois Marocains ont été condamnés à trois ans de prison ferme, vendredi 22 mai, à Taourirt, dans le nord-est du royaume, pour « homosexualité ». Il s’agit de la peine la plus lourde prévue par le code pénal marocain pour ce « délit ».
Le 16 mai, prévenue par des voisins, la police a surpris un mécanicien d’une quarantaine d’années « en flagrant délit » d’homosexualité avec un autre homme de vingt ans son cadet dans son atelier de travail, a raconté lundi Hassan Ammari, un responsable de l’Association marocaine des droits humains (AMDH).
Lors de leur garde à vue, les deux hommes ont affirmé avoir été mis en relation par l’intermédiaire d’une troisième personne, arrêtée à son tour. Les trois prévenus, qui ont avoué leur délit, ont également été poursuivis pour « prostitution » et « entraves à l’enquête ».

« Protection de sa vie privée »

En mars, Human Rights Watch (HRW) avait appelé en vain le Maroc à dépénaliser l’homosexualité. L’ONG avait notamment fait valoir que la Constitution du royaume, adoptée en 2011 dans le contexte du « printemps arabe », souligne que « toute personne a droit à la protection de sa vie privée ». Selon HRW, cela « devrait conduire à abolir la loi qui criminalise les relations sexuelles consentantes entre personnes majeures de même sexe ».
A l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie, le 17 mai, le collectif Aswat avait déjà dénoncé l’arrestation en secret d’homosexuels au Maroc. « Il y a certainement des arrestations et des procès qui se déroulent dans le secret sans que le public ne le sache », affirmait alors Aswat.
Pourtant, la société marocaine ne semble pas prête à accepter les relations homosexuelles. D’après un sondage réalisé en novembre par l’institut TNS pour l’hebdomadaire Tel Quel, plus de huit Marocains sur dix se disent « pas du tout favorables à la tolérance envers l’homosexualité ».
S'abonner dès 1 € Réagir Classer
  • Email
  • Facebook
  • Twitter
  • Google +
  • Linkedin
  • Pinterest
Partager

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/05/25/trois-marocains-condamnes-a-trois-ans-de-prison-ferme-pour-homosexualite_4640264_3212.html#le3ix1dP7JwK5zBL.99
 

samedi 7 mars 2015

Homosexualité au Maroc : Human Rights Watch appelle à la dépénalisation


5/3/2015
L’ONG Human Rights Watch a appelé le Maroc a dépénalisé l’homosexualité, passible de trois de ans de prison ferme selon le code pénal. L’organisation ne manque pas de rappeler que la Constitution marocaine stipule que « toute personne a droit à la protection de sa vie privée ».
L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a appelé mercredi à dépénaliser l’homosexualité au Maroc suite à la condamnation pour ce motif de deux personnes à Al Hoceima.
« Si le Maroc aspire réellement à être un leader régional dans le domaine des droits humains, il devrait montrer la voie en décriminalisant les pratiques homosexuelles », a déclaré la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du nord à HRW, Sarah Leah Whitson.
⚙ Un élu local et un étudiant de la région d’Imzouren (18 Km au sud d’Al Hoceima), condamnés en première instance à trois ans de prison ferme chacun pour pratiques homosexuelles, avaient vu leur peine réduite respectivement à un an et à six mois de prison ferme en appel. Ils étaient notamment poursuivis pour « acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe » et « outrage public à la pudeur », selon HRW. ❌
La police avait arrêté ces deux personnes le 13 décembre dans le véhicule de fonction de l’élu alors qu’ils étaient « en train de s’adonner à des ébats sexuels », selon l’accusation citée dans un communiqué de l’Association Rif des droits humains (ARDH, indépendante).

La Constitution et la « protection de la vie privée »

Ils avaient été « jugés coupables sur la base d’aveux faits, selon la police, en détention, mais qu’ils ont ensuite rétractés devant le juge », affirme HRW dans son communiqué.
La Constitution marocaine adoptée en 2011 stipule que « toute personne a droit à la protection de sa vie privée », rappelle HRW selon qui cela « devrait conduire à abolir la loi qui criminalise les relations sexuelles consentantes entre personnes majeurs de même sexe ».
De même, l’article 489 du code pénal punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.
D’après un sondage réalisé en novembre par l’institut TNS pour l’hebdomadaire TelQuel, plus de 8 Marocains sur 10 se disent « pas du tout favorables à la tolérance envers l’homosexualité », contre 11% « favorables ».
aufait avec AFP

jeudi 5 mars 2015

Maroc : Deux hommes condamnés pour homosexualité

Ils ont été poursuivis bien que la Constitution garantisse le droit à la protection de la vie privée
4 mars 2015
La combinaison de ces trois éléments – un État qui applique des lois sur la sodomie, un système judiciaire qui prive le prévenu d'un procès équitable et les préjugés sociaux liés à l'homosexualité – constitue une formule infaillible pour nuire à des vies humaines
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord

(Rabat) – Deux hommes accusés d'activités homosexuelles consensuelles purgent actuellement des peines de prison au Maroc à l'issue d'un procès qui semble avoir été inéquitable, ont déclaré aujourd'hui Human Rights Watch et Aswat, une groupe marocain de défense des minorités sexuelles.
Le Tribunal d'instance de la ville méditerranéenne d'Al-Hoceima a déclaré les deux accusés coupables de sodomie, à l'issue d'un procès très court qui s'est tenu cinq jours seulement après leur arrestation le 13 décembre 2014. Ils ont été jugés coupables sur la base d'« aveux » faits, selon la police, lors de leur détention mais qu'ils ont ensuite rétractés devant le juge. Le tribunal n'a appelé aucun témoin à la barre. Une Cour d'appel a confirmé le verdict le 30 décembre.

vendredi 10 octobre 2014

Marrakech : Liberté provisoire pour l’ami marocain du britannique Ray Cole, tous deux accusés d'homosexualité

Par Mohammed Jaabouk, 9/10/2014
Avec un retard d’une journée, le jeune marocain, J.W.N, l’ami de Ray Cole, a pu bénéficier de la liberté provisoire. Néanmoins, le Marrakchi qui a connu le Britannique sur les réseaux sociaux, risque encore la condamnation en appel.
Ray Cole a pu retrouver sa famille / DR
Vingt-quatre heure après la libération du ressortissant britannique Ray Cole, âgé de 69 ans, la justice a accordé la même mesure à son ami marocain, condamné également à quatre mois de prison dans une affaire de pratiques homosexuelles.
Une source dans la ville ocre attribue ce léger décalage au retard de la défense de J.W.N dans le dépôt d’une demande de liberté provisoire auprès de la cour d’appel de Marrakech. Et d’expliquer qu’une fois accomplie les formalités, le jeune marocain a pu sortir de prison. Toutefois, cette issue heureuse n’occulte pas que J.W.N devra tout de même affronter la justice.

Le Marocain sera-t-il poursuivi en appel ?
Quelques heures avant que Ray Cole n’ait été relaxé, une pétition lancée sur le net exigeait la libération immédiate de J.W.N et d’appeler à mettre un terme aux « arrestations de personnes majeures et consentantes à cause de leurs pratiques privées », à l’abrogation de l’article 489 du code pénal qui sanctionne l’homosexualité de « peines de l'emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 200 à 1.000 dirhams, à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave ». Un texte que les initiateurs de la pétition qualifient de dépassé et d’ « anticonstitutionnel », arguant qu’il remonte à l’époque du Résident Lyautey.
De son côté, Adrian, le fils de Ray Cole a promis, dans des déclarations à la presse britannique, que sa famille examine les moyens de porter assistance à l’ami de son père. Et pour cause, si le Britannique a pu quitter tranquillement le royaume alors même que l’affaire est toujours en appel, il est difficile d’avancer que J.W.N bénéficierait de la même mesure et serait épargné de passer, de nouveau, devant une juridiction marocaine. Car en effet, la liberté provisoire ne met pas fin aux poursuites judiciaires.
Cette affaire Ray Cole-J.W.N devrait relancer le débat sur les droits des homosexuels au royaume, plus pour les touristes étrangers que les Marocains qui seraient pris en flagrant délit d’infraction de l’article 489 du code pénal.

mercredi 10 octobre 2012

Concilier islam et homosexualité, le combat de Ludovic-Mohamed Zahed


Concilier islam et homosexualité, le combat de Ludovic-Mohamed Zahed

Ludovic-Mohamed Zahed (à droite), premier musulman français à s’être marié religieusement à un homme, vient de sortir un livre, "Le Coran et la chair". Il y raconte son difficile parcours et y dévoile une interprétation audacieuse du Coran.

Par Gaëlle LE ROUX (texte) 
"Aujourd’hui, je suis persuadé que si le prophète Mahomet était encore vivant, il marierait […] des couples d’homosexuels." L’auteur de ces lignes, Ludovic-Mohamed Zahed, est un fervent musulman, fin connaisseur du Coran, homosexuel et marié depuis fin février - avec la bénédiction d’un imam français - à Qiyaammudeen, un Sud-Africain lui aussi musulman.

Dans "Le Coran et la chair", Ludovic-Mohamed Zahed livre un témoignage poignant sur le parcours d'un jeune homosexuel musulman.
Dans son ouvrage "Le Coran et la chair" (Editions Max Milo), sorti jeudi 29 mars en librairie, le jeune homme livre un témoignage poignant sur le parcours difficile d’un homosexuel musulman, parsemé de doutes et d’humiliations. "L’homosexualité […] n’est pas un choix ; et il faudrait être fou pour choisir d’être homosexuel lorsque l’on vient du milieu socioculturel d’où je viens", écrit-il.
Intellectuel brillant, écrivain doué et militant intrépide, Ludovic-Mohamed a fait de l’islam et de l’homosexualité la cause de sa vie. À travers notamment son association d’aide et de défense des homosexuels musulmans HM2F (Homosexuels musulmans de France), mais aussi à travers ses recherches universitaires. Le jeune homme, qui suit un double cursus en anthropologie et en psychologie dans la prestigieuse École des hautes études en sciences sociales (EHESS), se consacre depuis plusieurs années à préparer un doctorat sur le sujet.

Des coups pour "apprendre à être un homme"
Né en Algérie en 1977, Ludovic-Mohamed est le deuxième garçon d’une famille de trois enfants. Alors qu’il est âgé de trois ans, ses parents quittent Alger pour s’installer en région parisienne. La famille ne reviendra au pays que pour les vacances, puis le temps d’une année dans le chaos algérien des années 1990. Ludovic-Mohamed est un enfant timide, efféminé. "Je suis entre les deux : un peu fille, un peu garçon", réalise-t-il à l’âge de 8 ans.

Le 18 février à Sevran, un imam a uni Ludivic-Mohamed Zahed (à gauche) et Qiyaammudeen  Jantjies-Zahed (à droite),  selon le même rituel que pour un mariage hétérosexuel.
Mais ni son père, "un voyou macho", ni son grand frère ne l’entendent de cette oreille. "J’ai passé mon enfance avec un  père qui me disait que je n’étais qu’une 'femmelette, une  gonzesse, un pleurnichard'", témoigne le jeune homme. Pour  lui apprendre "à être un homme", son frère aîné le passe  régulièrement à tabac, allant jusqu’à lui casser le nez. "Il  avait honte de son frère ‘malade’", affirme Ludovic-Mohamed  dans son livre.
En quête d’identité, l’adolescent se plonge dans la religion. Pris en charge par un groupe de salafistes en Algérie, il apprend par cœur - en arabe - une partie du Coran, prie cinq fois par jour, observe strictement les enseignements de ses maîtres. Là aussi, ses manières considérées comme trop  efféminées finissent par déranger ses "frères", qui l’écartent  de leur communauté. Nous sommes alors en 1995, l’Algérie  s’embourbe dans la guerre civile. Le 30 janvier, un camion  bourré d’explosifs dévaste le centre d’Alger. Quarante-deux  personnes perdent la vie. L’attentat est revendiqué par le Groupe islamiste armé, le GIA.

Désert spirituel
"Ce jour là, […] je sens remuer jusqu’à mes tripes de savoir que j’ai, ne serait-ce que de très loin, quelque chose à voir avec ces gens-là", décrit Ludovic-Mohamed. L’attentat et son exclusion de la confrérie des salafistes algérois signent "le début d’un très long désert spirituel, […] quinze ans durant lesquels [il] rejettera violemment l’islam". À 21 ans, il avoue son homosexualité à sa famille. Sa mère en reste inconsolable plusieurs mois, mais son père, celui-là même qui, pendant de longues années, n’avait pas adressé la parole à un fils qu’il n’estimait pas assez viril, lui répond : "C’est comme ça, je comprends, il faut accepter". Une main tendue, enfin bienveillante. À cette époque, Ludovic-Mohamed est séropositif depuis deux ans.

 Au cours de la cérémonie de mariage, des prières traditionnelles chrétiennes  et hébraïques ont également été prononcées en l'honneur    des amis juifs et catholiques des mariés.
Malgré sa rupture avec les salafistes, la soif de spiritualité couve au fond de son âme. Le jeune homme se tourne un temps vers le bouddhisme. "Mais je me suis rendu compte que la misogynie et l’homophobie sont partout les mêmes", commente le jeune homme, le regard droit derrière ses lunettes cerclées. Petit à petit, l’islam s’impose de nouveau à lui. "J’ai recommencé peu à peu à prier,  puis je suis allée une première fois faire un pèlerinage à La Mecque, aux sources  de l’islam, pour me réapproprier ma religion, raconte-t-il. J’ai redécouvert  une paix intérieure qui m’avait quittée depuis l’enfance".
À son retour en France, il fonde une première association, Les enfants du Sida, pour laquelle il voyage autour du monde pendant toute une année. "Ça m’a permis de me rendre compte que j’étais quelqu’un de bien, assure-t-il aujourd’hui. J’ai réalisé aussi que je pouvais être homosexuel, et avoir une pratique religieuse". Il fonde alors une deuxième association : HM2F, homosexuels musulmans de France. "L’éthique islamique actuelle condamne cette orientation sexuelle, mais en fait rien dans l’islam ou le Coran ne l’interdit, assure-t-il. D’ailleurs, pendant des siècles, les musulmans ne prenaient pas l’homosexualité comme l’abomination suprême, comme la débauche ultime, comme c’est le cas aujourd’hui".

L’apaisement
Sur le sujet, Ludovic-Mohamed est intarissable. "L’homosexualité n’a rien de "contre-nature" selon une certaine représentation de l’islam, bien au contraire […]", écrit-il ainsi dans "Le Coran et la chair". Il érige cette conception de l’islam en un combat de tous les jours. HM2F l’amène à voyager. Notamment jusqu’en Afrique du Sud, où il participe à une conférence organisée par une association similaire à la sienne – fondée par un ancien imam qui, se découvrant homosexuel, a divorcé et s’est consacré à son organisation. Ludovic-Mohamed y rencontre Qiyaammudeen. Ils se marient civilement en juin 2011 - le mariage gay, légal en Afrique du Sud, n’est pas reconnu dans l’Hexagone - puis s’installent en France, en banlieue parisienne, en octobre de la même année. C’est là que, le 18 février, ils célèbrent religieusement leur union. Une première en France.
Malgré des détours administratifs kafkaïens pour l’obtention de papiers pour Qiyaammudeen, malgré les mails et les appels téléphoniques de menace, courants depuis qu’il a décidé de vivre au grand jour sa foi et son homosexualité, Ludovic-Mohamed a enfin trouvé la quiétude. "Je suis apaisé, affirme-t-il, un fin sourire se dessinant sur ses lèvres. Je pourrais partir demain, je suis enfin serein."