Par : Ccif, Collectif Contre l'Islamophobie
en France ,14/01/2014
Novembre 2013, la préfecture des Alpes Maritimes suspend
l’habilitation et l’accréditation de Monsieur M. agent de sûreté à
l’aéroport Nice Côte d’Azur, parce qu’il aurait, selon les termes de la
décision « défavorablement attiré l'attention sur sa personne ».
Surpris
ce jeune père de famille sérieux, professionnel et consciencieux décide
de demander des explications à sa direction – d’ailleurs très
satisfaite de lui – mais cette dernière n'est pas au courant de
l’initiative du préfet.
Sans réponse de la préfecture sur le
motif invoqué et un délai d'un mois pour faire appel : voici les seuls
éléments à disposition de Monsieur M.
Il décide alors de
saisir le CCIF qui l'incite à déposer un recours par l'entremise de son
avocat devant le Tribunal administratif de Nice pour suspendre et
annuler la décision préfectorale.
Le 12 décembre
2013, Monsieur M. obtient gain de cause et le Président du tribunal
administratif suspend la décision de la préfecture.
Mais
c’est oublier l’opiniâtreté du préfet qui prend une nouvelle décision
le 17 décembre, cette fois-ci les faits reprochés sont à la fois
diffamants et racistes.
Monsieur M. saluerait ses
collègues en arabe : un comportement caractéristique de radicalisation
religieuse d’après la préfecture.
Toujours dans l’attente
d’éléments factuels pour comprendre la décision de la préfecture,
Monsieur M. se retrouve aujourd’hui à faire face à de violentes
accusations sans possibilité pour lui de se défendre.
Ainsi,
on lui reproche notamment un comportement prosélyte caractéristique de
radicalisation religieuse parce qu’il saluerait certains de ses
collègues d’origine maghrébine en arabe.
Le CCIF
invite la préfecture à être plus claire : qu’elle prenne position
publiquement et explique que s’exprimer en arabe à l’aéroport suffit à
faire de vous un islamiste en puissance.
Voilà donc avec
une nouvelle décision de suspension d’habilitation qui interdit à M. M.
de travailler malgré la première décision rendue par le tribunal
administratif de Nice, pire, la préfecture explique que M. M. aurait
exprimé une sympathie prononcée pour certains actes terroristes.
Lesquels ? Quand ? Comment ? C’est le mutisme du côté du préfet.
La
vie d'un jeune homme de famille au casier judiciaire vierge et jamais
inquiété par les services de police est ainsi sacrifiée sur l'autel de
la suspicion fantasmatique.
Aujourd’hui son contrat de travail
est suspendu, à ce titre il ne perçoit ni indemnité ni compensation
depuis près de deux mois et doit faire face seul à ses charges de
famille.
Nous invitons les responsables politiques porteurs de convictions à demander des explications au préfet des Alpes Maritimes.
Que l’autorité administrative produise des éléments s’il y en a.
Il
ne faut pas que l’ambiance islamophobe autorise la préfecture des Alpes
Maritimes à mettre au ban un père de famille en absence de tous
éléments factuels.
Dans l'attente d'éclaircissements de la part de
la préfecture des Alpes Maritimes, le Collectif Contre l'Islamophobie
en France est déterminé à apporter son plein et entier soutien à
Monsieur M. dans le rétablissement de ses droits et de son innocence.