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lundi 4 mars 2013

A Toulouse, 8 mars 2013, grève des femmes !



A Toulouse,
8 mars 2013, grève des femmes !
Contre l’exploitation salariale/domestique/sexuelle

Parce que le 8 mars n’est pas « la journée de la femme » mais une journée internationale de LUTTE des femmes et de mobilisation citoyenne, et parce que la crise est passée par là, à Toulouse le 8 mars c'est la grève des femmes.
Grève au travail, grève à la maison !

Parce qu’il s’agit de lutter contre le mythe de l’égalité-déjà-là.

Parce qu’il s’agit de lutter pour réduire l’écart entre l’égalité des droits et l’égalité des faits : à travail égal les femmes gagnent 27% de moins que les hommes, 70% des travailleurs à temps partiel et bas salaires sont des femmes, en moyenne la retraite des femmes est de 780€ quand celle des hommes est de 1500€, les femmes effectuent encore 80% des tâches domestiques, etc.

Parce qu’en période de crise, les femmes sont toujours les premières à faire les frais des politiques d’austérité notamment via la casse des services publics : en 10 ans à peine 180 centres IVG et 144 maternités ont fermés, etc.

Parce que 40 ans après la soit disant libération sexuelle, la sexualité des femmes est encore opprimée et exploitée : l’accès à la contraception et à l’IVG est menacé, les femmes homosexuelles subissent à la fois sexisme et lesbophobie, les femmes sont culpabilisées de ne pas avoir d’enfant, les femmes sont sanctionnées d'en avoir, etc.

Parce que les violences sexuelles des hommes contre les femmes sont encore monnaie courante : les femmes sont harcelées dans la rue comme au travail, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, une femme est violée toutes les 7 minutes.


Le collectif Grève des femmes rassemble des associations féministes, des syndicats et des partis politiques. De nombreux préavis de grève ont été déposés par des syndicats (santé, éducation, collectivités...). A Toulouse, le 8 mars 2012, plus de 600 femmes ont manifesté dans la rue leur ras-le-bol et leur volonté de changement.



è Vendredi 8 mars à 14h place Jeanne d’Arc : manifestation citoyenne de lutte des femmes


Contact presse
Julie Claret : 06 70 51 23 86
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Colloque d’El Khabar

Les femmes «premières victimes» du Printemps arabe

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le 04.03.13 | 10h00 Réagissez
 © Photo : B. Souhil
 

Le Printemps arabe a-t-il trahi les femmes ? En première ligne, tout au long des manifestations qui ont abouti à un changement de régime en Tunisie et en Egypte, elles subissent aujourd’hui le «retour de bâton».

Le quotidien El Khabar a organisé, hier, à la faculté des sciences politiques d’Alger un colloque ayant pour thème «Les femmes et le Printemps arabe». Des femmes et militantes ont ainsi été invitées à exposer la situation de leurs pays respectifs : Raja Ben Slama, psychanalyste tunisienne, professeur à l’université de Tunis, l’Egyptienne Marry Danial, activiste politique, la Syrienne Lama Tayara, femme de média et de critique cinématographique, ainsi que Samia Belkadi, journaliste algérienne au quotidien El Khabar. La modératrice du débat était la linguiste et professeur Khaoula Taleb Ibrahimi. Les intervenantes tiennent, tout d’abord, à réfuter le concept de «printemps». Elles préfèrent ainsi parler de «révolutions et de contre-révolutions» qui sont toujours en cours.
Ces «mouvements», en dépit de leurs différences, se rejoignent en une grande ligne : la femme. Elles ont ainsi été les premières «victimes» de ces bouleversements. Au Caire, la répression contre la gent féminine, (agression sexuelle, tests de virginité et autres sévices), s’est ainsi manifestée au début même de la révolution de la place Tahrir. En Syrie, le violent conflit, qui perdure, touche durement les femmes dans leur citoyenneté et dans leur féminité. «Elles se retrouvent sans hommes, puisqu’ils sont tous partis, mobilisés ou morts, et sont exposées à tous les dangers», relate Mme Tayara. En Tunisie la «condition féminine» s’est retrouvée prise en otage par des islamistes arrivés au sommet de l’Etat. «Une fois au pouvoir, ils se sont rendus compte qu’ils n’avaient aucun programme sérieux.
Alors ils se sont tournés vers la gent féminine», ironise Raja Ben Slama. Puis, plus sérieuse, elle avoue ne pas comprendre cette politique, et ce raisonnement qui, au final, ne s’inquiète que d’une chose. «Contrôler et régenter la vie de la femme, ses libertés, ses droits et sa sexualité», déplore la psychanalyste tunisienne. «Nous savons aujourd’hui que ce ne sont pas ces révolutions contre un pouvoir qui garantiront pleinement aux femmes le respect de leurs droits, qu’elles soient Syriennes ou issues d’un autre pays du Monde arabe. Dans de nombreux pays, les citoyens ne respectent aucun des préceptes de l’islam. Sauf, évidemment, lorsqu’il s’agit des ‘traditions’ rétrogrades qui maintiennent la soumission de la femme», insiste Lama Tayara.

«Révolutionner les mentalités archaïques»

«Dès lors, ce qu’il faut, c’est une révolution contre cette société rétrograde et discriminatoire envers le sexe féminin», conclut-elle. Même son de cloche pour l’Algérienne. «Il y a de nombreuses discriminations envers les femmes. Pourtant des lois existent, mais qui doivent évidemment être améliorées. Mais ces discriminations viennent et sont perpétuées par la société, les citoyens, hommes et femmes. Ce qui doit être changé, ce sont donc les mentalités archaïques», affirme la journaliste Samia Belkadi. Pourtant, les révolutions et contre-révolutions, qui ont ébranlé les sociétés, et en dépit des nombreuses menaces qu’elles font peser sur les femmes, sont aussi à leur profit. Car dans ces situations où aucun relâchement n’est permis, aucune trêve ne devant être concédée, et ce, au risque de voir les acquis confisqués, les femmes se doivent d’être omniprésentes. «Cela se fait à notre profit, car les femmes sont dans la rue», se réjouit la Tunisienne.
Elles manifestent, elles occupent les espaces publics, elles osent dire tout haut, ce que l’on voudrait qu’elles cachent. Et cette mobilisation a porté ses fruits, en Tunisie par exemple. «La Constitution ne sera pas basée sur la charia, contrairement à ce qui était réclamé par les conservateurs. De même, les acquis du statut personnel ne seront pas remis en question, en perpétuant l’égalité entre femmes et hommes, et non la complémentarité», explique Mme Ben Slama. De même, en Syrie, «aujourd’hui les Syriens ont pris conscience de la valeur de la femme et que rien ne se fera sans elles».

dimanche 9 août 2009

Sa Majesté et notre pain quotidien

Par Ali Lmrabet, El Khabar, Traduit par Courrier international, 28/7/2009
Le journaliste marocain Ali Lmrabet a été condamné en 2005 à dix ans d’interdiction d’exercice de la profession de journaliste par un tribunal de Rabat. C’est dans la presse algérienne qu’il "juge" les dix ans de règne de "son" roi.


Quand le père, Hassan II [décédé le 23 juillet 1999], pouvait dans de mémorables discours gratter dans le sens du poil son "cher peuple", le faire rire ou le menacer, puis, sans aucune hésitation, détruire au canon des quartiers entiers et passer à la mitrailleuse depuis son royal hélicoptère les émeutiers d’une énième révolte populaire, le fils, Mohammed VI [intronisé le 29 juillet 1999], s’il n’excelle pas dans le massacre et ne paraît pas trop apprécier les proclamations au toujours soumis "cher peuple", partage néanmoins avec le fantôme de son défunt géniteur le sentiment que, sans la dynastie alaouite, sans ce régime en fait, nous sommes condamnés au déluge.

Voilà peut-être, au-delà des bilans sur les dix années de règne de Mohamed VI qui commencent à nous assommer, notre dilemme de Marocains du XXIe siècle. Peut-on vivre au Maroc d’aujourd’hui en faisant omission de cette réalité qui veut que tout doit tourner autour du roi ? Peut-on se défaire de ce sentiment diffus qui veut que nous devons être, de par la loi, les fils respectueux d’un père bienveillant qui a réponse à tout, est présent partout, dans le politique, le religieux, l’économique, les affaires, le social et même dans l’action caritative et spectaculaire ? N’a-t-on pas vu dernièrement le roi ordonner le rapatriement par avion militaire des restes (comme s’il s’agissait de ceux d’un maréchal d’Empire mort en exil) d’un nouveau-né décédé dans un hôpital madrilène à cause d’une erreur médicale ? Au-delà du douloureux drame qui a frappé la famille du bébé, a-t-on seulement conscience du ridicule de ce geste dont le but est seulement d’émouvoir bassement le peuple et d’exalter les sentiments patriotiques ?

C’est cela notre dilemme, notre détresse. Nous sommes une nation qui se prosterne par peur, se soumet au baise-main par tradition, et baisse instinctivement la voix quand elle dit du mal du régime. Même dans l’intimité de ce qu’il y a de plus sacré pour un homme, sa maison. L’expression "les murs ont des oreilles" nous sied encore à merveille. C’est ainsi. Nous avons un cerveau normalement constitué, nous ne sommes pas plus arriérés ni plus avancés que d’autres, mais nous sommes incapables de faire la nécessaire distinction entre nos intérêts légitimes et ceux de nos gouvernants. Ce fait est tellement installé dans notre subconscient que c’est devenu un affront permanent à notre intelligence.

Les Marocains croient avoir besoin d’un homme providentiel qui prend des décisions providentielles, alors qu’ils devraient exiger des institutions qui n’ont rien à voir avec la Providence et beaucoup avec un Etat de droit où chacun, même le roi, doit jouer un rôle clairement défini par une Constitution démocratique. Comment, enfin, peut-on croire qu’un seul homme qui, pour gouverner, fait appel à ses ancêtres, à la religion, aux traditions ou à l’Histoire, est la meilleure réponse à nos attentes ? La logique ne veut-elle pas que nous ayons plutôt besoin d’hommes démocratiquement élus qui gouvernent en utilisant leurs connaissances et expériences, et qui ont conscience que leur pouvoir peut être court ou pérenne selon le verdict des urnes ?

Et il est paradoxal de constater que ceux qui font leur cette analyse, en particulier les Français, les voisins espagnols et les lointains Américains (avant et avec Obama), ceux-là mêmes qui tiennent bec et ongles à leurs institutions et à leurs chères libertés, veulent nous garder en cage et nous pressent, indirectement bien entendu, de rester sages et d’accepter d’être gentiment conduits par le prince. Constamment et indéfiniment, puisque, croient-ils, ce type de régime autoritaire, théocratique, peu démocratique, etc., est le meilleur remède à nos maux. Nous ne serions pas prêts pour la démocratie, se lamentent ces hypocrites. Mais enfin, de quoi ont-ils peur ? Que nous commencions à penser par nous-mêmes ? A nous émanciper ? Que nous trouvions des solutions à nos besoins, matériels et autres ? Que veulent-ils, enfin, ces lointains Occidentaux ? On a du mal à croire qu’ils veulent que notre région continue à être la grande fabrique d’extrémistes – qui se nourrissent, justement, des dictatures, des injustices faites aux gens et du manque de liberté criant qui sont notre pain quotidien.

Après son article dans El-Khabar : Ali Lmrabet, journaliste marocain, harcelé

Par Le Matin, Alger, 06/08/2009

Le journaliste marocain Ali Lmrabet, déjà condamné en 2005 à dix ans d’interdiction d’exercice de la profession de journaliste par un tribunal de Rabat, ne semble pas en avoir fini avec le Makhzen et le renseignement du royaume du Maroc.

En effet, à la suite de la publication, par El Khabar, d’un de ses articles, "Sa Majesté et notre pain quotidien" repris le jour même par Courrier International, et dans lequel il "juge" les dix ans de règne de "son" roi, le harcèlement policier a repris de plus belle. Le papier a été la goutte qui a fait déborder le vase puisqu’il intervient après que le journaliste eut gagné son procès contre la MAP, agence de presse officielle marocaine, en Espagne. Pour la première fois de l'histoire de la MAP, un citoyen marocain gagne un procès de ce genre, avec, en sus, une amende de plus à 10 000 euros.
Hier matin, le journaliste a appris que deux ouvriers qui ont travaillé dans la réhabilitation de sa maison, dans la vieille ville de Tétouan, ont été convoqués par les Renseignements généraux, dans la soirée du lundi 3 août, et que des pressions ont été exercées sur eux pour des objectifs inavoués. L'un d'eux lui a révélé qu'il maintient depuis longtemps des rapports avec un contact qui était chargé de signaler ses déplacements et de récupérer ses poubelles. L'autre après l'avoir prévenu qu'il a été "cuisiné" par les RG est, jusqu’à hier, introuvable.
L'Association Marocaine des Droits de l’Homme a envoyé une lettre au ministère de l'intérieur pour que cesse ce harcèlement.