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lundi 4 avril 2011

Maroc : A quoi sert donc le CNDH ?

 La difficile insertion
d’un ex prisonnier politique islamiste
Par Badr Soundouss, demainonline, 4/4/2011

Après sa libération de prison après quatre années passées derrière les barreaux, Rida Benotmane un jeune détenu s’est présenté naturellement chez son employeur pour reprendre son travail d’administrateur adjoint à l’Office du développement de la coopération (ODCO).
Mais sur place, son employeur l’informe qu’il ne fait plus partie de ses effectifs parce qu’il avait été radié des cadres de l’administration, non pas parce qu’il avait été condamné par un tribunal mais pour « abandon de poste ».
Officiellement, son employeur ne sait pas que M. Benotmane a été arrêté et condamné par la justice pour un délit d’opinion, alors que son histoire a été couverte par les médias et que ses collègues et supérieurs de l’ODCO étaient au courant de sa détention puis de sa condamnation.
Pourtant, comme le signale Benotmane, le code de procédure pénale signale que le ministère public devait tenir informé toute administration des poursuites engagées contre des fonctionnaires de l’Etat, avant même leur mise sous écrou. Cela n’aurait pas été fait par la justice, mais ce qui n’empêche pas le fait que l’ODCO était manifestement au courant des déboires de son employé.
L’ODCO est un office « placé sous la tutelle administrative du premier ministre » comme le stipulent ses statuts, et il est dirigé par le militant istiqlalien Abdelkader Alami, un chaouni féru de poésie et de nouvelles technologies. Les vidéos « poétiques » d’Alami parsèment le net par leur nombre et leur cachet et leur lyrisme.
De plus, Abdelkader Alami, qui a ordonné la radiation de M. Benotmane, n’est autre que le président de la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme (LMDDH), une officine qui dépend du Parti de l’Istiqlal, qui a été dirigé dans le passé par l’actuel premier ministre Abbas El Fassi, et dont l’esprit, vraisemblablement, est étranger aux droits de l’homme.
Rida Benotmane a été kidnappé chez lui le soir du 19 janvier 2007. Une dizaine d’agents de la DST, la police politique dirigée par Abdellatif Hammouchi, fait irruption chez lui, sans aucun mandat judiciaire. Son épouse, enceinte, tombe dans les pommes, mais cela n’empêche pas les barbouzes de l’emmener à la prison secrète de Témara, de sinistre mémoire, où se trouve également le siège de la DST.
Menotté et avec les yeux bandés, il reste trois jours à Témara, soumis à de dures séances d’interrogatoire avant d’être finalement transféré au fameux commissariat de Maârif, à Casablanca, où il reste encore 9 jours, dans les mêmes conditions. A la fin, il est présenté à la justice.
Rida Benotmane était-il un dangereux terroriste qui était prêt à commettre des attentats et tuer des innocents ? Etait-il en contact avec des jihadistes internationaux qui préparaient des attaques terroristes contre le Maroc ? 
Rien du tout. Le crime de Rida, selon la police secrète, était de « diffuser des informations sur internet de nature à ternir l’image du régime marocain », en l’occurrence d’avoir diffusé à ses contacts l’image par satellite du centre de détention secret de Témara. Un cliché qui avait pourtant été publié quelques semaines plus tôt par le magazine marocain Tel Quel…
Durant les deux semaines qu’a duré sa détention secrète il a pu savoir que son malheur était en fait d’avoir critiqué la politique antiterroriste du Maroc sur des sites militants et d’avoir participé, au grand jour, à des manifestations contre le gouvernement américain.
« Je croyais que c’était une blague ou un malentendu et je m’attendais à être libéré quand le tribunal se serait rendu compte de cette farce. Mais quand j’ai été condamné à 2 ans de prison ferme, j’ai arrêté d’espérer. Puis quand la cour d’appel a élevé cette peine à 4 ans, j’ai su que j’étais vraiment dans de beaux draps, surtout quand la cour suprême a refusé de casser le jugement », explique Rida.
Rida Benotmane est resté 4 ans derrière les barreaux, et n’a bénéficié d’aucune remise de peine. Il a été libéré en janvier dernier après avoir purgé toute sa condamnation.
Il y a quelques semaines, quand il a su de la création du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), il a été l’une des premières victimes à présenter son dossier. Il a ensuite appelé le vice-président du CNDH, l’avocat et défenseur des droits de l’homme Mohammed Sebbar.
« Alors que je lui expliquais que mon cas relevait du pur abus de justice, quatre ans emprisonné suivi de la perte de mon emploi, il m’a répondu, lui qui connaît bien mon dossier, qu’il ne pouvait rien faire parce que je n’avais pas été gracié par le roi. Mais que vient faire une grâce royale alors qu’il s’agit de deux injustices que l’homme de droit ne peut ignorer ? », s’offusque Rida Benotmane qui lâche en guise de conclusion : « je ne lâche rien et je vais me battre jusqu’au bout ».

1 commentaire:

  1. Si ce cas est avéré exact, alors nous sommes tous dans de beaux draps...

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