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dimanche 18 août 2013

Affaire Belliraj : Human Rights Watch réclame la libération des 17 détenus toujours en prison (Rapport juin 2013)

HRW rapport juin 2013 frontpage
par Luk Vervaet , 29/6/2013
Les rapports sur la torture, infligée aux inculpés dans les procès politiques au Maroc, se suivent et s’entassent.
En 2012 Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, a fait son rapport sur la torture au Maroc et sur le cas d’Ali Aarrass en particulier. Juan Mendez prouve que des traces physiques et psychologiques liées à la torture ont bien été constatées . En avril 2013, l’organisation Alkarama adresse le même message au Comité contre la torture de l’ONU. Première européenne en mai 2013, quand deux détenus franco-marocains, Adil Lamtalsi et Mostafa Naïm, sont transférés vers une prison en France pour y finir leur peine. Devant la justice française, les deux détenus portent plainte contre le Maroc pour avoir subi dans ce pays une arrestation sans mandat, des aveux extorqués sous la torture, suivis d’une condamnation. 

Juin 2013. Un rapport de Human Rights Watch (HRW) met à nouveau en cause les tortionnaires au Maroc. Depuis 30 ans, Enfant de Belliraj 26 juinHuman Rights Watch (HRW) est parmi les organisations mondialement reconnue pour la défense des droits de l’homme. Sous le titre « Tu signes ici, c’est tout  : Procès injustes au Maroc fondés sur des aveux à la police » (un rapport de 137 pages), HRW demande au gouvernement marocain la libération immédiate des 17 prisonniers (des 35 condamnés) toujours en prison dans l’affaire Belliraj ou leur libération en attendant un procès équitable.
Le Comité des familles des détenus européens au Maroc, dont font partie les familles d’Abdelkader Belliraj, d’Abdellatif Bekhti et d’Ali Aarrass, se réjouit de cette demande de HRW, qui n’a jamais été formulée si explicitement.
HRW logo
Le rapport dit ceci :
« En ce qui concerne l’affaire de Gdeim Izik, dans laquelle 21 des 25 accusés sont en prison, et l’affaire Belliraj, où 17 des 35 accusés sont en prison, les autorités marocaines devraient:
Libérer les accusés encore emprisonnés ou bien leur accorder un nouveau procès qui soit équitable. Pour les accusés de Gdeim Izik, tout nouveau procès devra avoir lieu devant un tribunal civil.
Calicot Belliraj Bekhti
• Si les affaires sont rejugées, la présomption devra être que tous les accusés seront libres jusqu’à leur procès. Tout accusé que le ministère public voudrait placer en détention devrait avoir droit à une audition rapide devant un juge pour que ce dernier se prononce sur la légalité de sa détention, en partant d’une présomption de liberté. Toute décision judiciaire de détenir l’accusé dans l’attente de son procès devrait être fondée sur des motifs valables, par exemple s’il est dangereux ou s’il risque de récidiver, de falsifier les preuves à charge ou de prendre la fuite.
• Quand les accusés seront rejugés, le tribunal devra étudier leurs allégations de torture et garantir, conformément au droit international et marocain, qu’aucune déclaration obtenue par la violence ou sous la contrainte ne soit admise comme preuve. Le tribunal devrait mener ces enquêtes même si les traces physiques de torture se sont déjà probablement effacées. Ces investigations devraient respecter les critères internationaux d’enquête sur les plaintes individuelles de torture, notamment ceux du Manuel pour enquêter efficacement sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (« protocole d’Istanbul »).
• Si le tribunal décide d’admettre comme preuve une déposition de police dont l’accusé affirme qu’elle a été extorquée sous la torture, il devrait expliquer dans son jugement écrit pourquoi il a décidé que ces allégations de torture ou de contrainte abusive n’étaient pas crédibles. »
(page 10 du résumé du rapport en français). 

 Une analyse de six procès politiques. HRW rapport juin 2013 long
 HRW arrive à cette conclusion après son analyse de « six affaires politiquement sensibles, jugées entre 2008 et 2013, dont l’affaire Zakaria Moumni, dans lesquelles les tribunaux ont violé le droit des accusés à un procès équitable ». (pg 2 du résumé en français). Il s’agit des affaires Zakaria Moumni ; Belliraj ; Gdeim Izik ; Seddik Kebbouri ; les jeunes du Mouvement du 20 Février à Sidi el-Bernoussi, Casablanca  et l’affaire descalicot Beliraj 26 juin wife and sister of Bekhti sept activistes sarahouis.
HRW dénonce que les 84 personnes inculpées dans ces six affaires ont été condamnées sur base des aveux « extorqués sous la torture ou par d’autres méthodes illégales » ou sur base de « témoignages, sans que les témoins devaient témoigner au tribunal ». HRW constate que nombre d’inculpés dans l’affaire Belliraj ont été enlevé et ont disparu pendant une période qui a été beaucoup plus longue que la période légale de garde à vue prévue par la loi, et sans aucun contact avec un avocat ou un membre de leur famille. HRW constate que les tribunaux « n’ont pas fait d’effort significatif pour vérifier les plaintes sur la torture » et ne se basent que sur « les déclarations à la police qui les incriminent ». Et ce malgré le fait que les accusés ont affirmé que « ces déclarations leur avaient été extorquées ».

La complicité belge dans le procès Bellirajla fille d'Abdellatif Bekhti 26 juin

Ce rapport constitue un nouveau coup dur, non seulement pour la justice et la police secrète marocaine, mais aussi pour l’état belge qui a activement contribué au procès Belliraj.
La Belgique a transmis des dossiers judiciaires à la justice marocaine pour le procès Belliraj, malgré la mise en garde du sénateur CD&V Vandenberghe, qui a interpellé le ministre de la Justice, le 4 mars 2010, sur cette collaboration. Cette mise en garde n’a en rien changé l’attitude du gouvernement belge.
Trois mois plus tard, le 29 novembre 2010, le ministre Van Ackere va encore plus loin. Dans la Chambre, il se vante que la Belgique, par l’intermédiaire du ministre de la justice De Clerck, a extradé « un ressortissant algérien vers le Maroc dans le cadre du procès Belliraj début 2010 ». Il s’agit de Bin Rabeh Benjettou, qui sera sauvagement torturé une fois arrivé au Maroc et qui sera condamné par la suite à dix ans de prison.

A l’intention des « gouvernements et institutions qui fournissent une aide au Maroc », dont la Belgique et d’autres pays européens, HRW recommande en matière de justice : « Dans le cadre des programmes d’aide à la réforme de la justice et à la mise en place d’un État de droit, encourager le Maroc à mettre en œuvre les recommandations énumérées ci-dessus, surtout celles qui veulent pousser les juges à :
examiner de façon plus critique la valeur, comme preuve, des procès-verbaux préparés par la police, quand les accusés récusent leur contenu;
• concevoir et suivre des méthodes pour explorer plus en détail les allégations de torture ou de mauvais traitements, quelle que soit l’étape des procédures où elles ont été émises;
• imposer des limites légales à la durée de la détention provisoire, non seulement pendant la phase de l’enquête judiciaire mais aussi quand un procès ne parvient pas à démarrer ou à être mené à bien dans un délai raisonnable, et garantir un réexamen judiciaire régulier et approfondi des ordres de détention provisoire. »
(page 10/11 du résumé du rapport en français).
Ces recommandations s’adressent directement à Madame Turtelboom. La nouvelle ministre de la justice belge avait déclaré fièrement dans la Commission de la justice de la Chambre du 2 mai 2012 : « Après la France, la Belgique est le premier partenaire du Maroc en matière de collaboration judiciaire… J’ai abordé, avec mon homologue marocain, des matières comme le transfèrement des détenus marocains condamnés, la collaboration en matière de d’affaires pénales et civiles, l’échange d’informations liées à la problématique de l’identification et aux rapts internationaux d’enfants ». Comme vous avez remarqué : aucun des éléments mentionnés par HRW se retrouve dans le palmares de madame Turtelboom. Elle se limite à une collaboration sécuritaire, technique et administrative, sans se soucier ni d’enlèvements ni de tortures, même de ses propres citoyens belges.
Le ministère des affaires étrangères de Monsieur Reynders, lui, continue à se cacher derrière « la non-ingérence » de la Belgique dans les affaires de l’état de l’autre nationalité des Belges qui ont la double nationalité, pour justifier son inaction vis-à-vis du sort des torturés belgo-marocains au Maroc. Il doit se réaliser qu’à travers les différents rapports de cette dernière année la collaboration de la Belgique dans les pratiques d’extradition illégale, d’enlèvements, de torture et de procès iniques au Maroc constitue d’or et déjà un fait indéniable. En ce qui concerne Ali Aarrass et les autres, nous lui rappelons ce que 47 personnalités britanniques lui ont écrit il y a quelques semaines : « L’interdiction de la torture est ius cogens. Cela veut dire que c’est une norme impérative du droit international. Nous croyons qu’il doit primer. La nature extrêmement grave de ce que M. Aarrass a subi, le harcèlement continu et des traitements inhumains dont il est victime jusqu’à aujourd’hui et qui ont été notés par le Rapporteur spécial de l’ONU, rendent la non-intervention par le gouvernement belge extrèmement inquiétante ». 

 Bin Rabeh Benjettou et Ali Aarrass
Farida Elena 26 juin
 Nous publions ci-dessus la liste de HRW des 35 inculpés dans le procès Belliraj et leur peine.
Pour 18 de ces condamnés leur nom est suivi par la date de leur libération après avoir purgé leur peine, ou la date du pardon du roi.
Ni le nom de l’extradé algérien par la Belgique, Bin Rabeh Benjettou, ni celui d’Ali Aarrass se trouvent sur la liste des 35. Il est vrai que ni l’un ni l’autre figuraient dans le procès de masse contre le soi-disant réseau Belliraj (les 35 personnes arrêtées au Maroc en 2008 et jugées en 2009). Mais ils font pourtant partie du même dossier. Bin Rabeh Benjettou a seulement été extradé par la Belgique en 2010. Ali Aarrass fût bien arrêté au même moment que les 35 autres, en 2008, mais en dehors du Maroc, suite à un mandat d’arrêt international du Maroc. Il fût le dernier à être condamné dans cette affaire (à 15 ans de prison , diminué en appel à 12 ans), après son extradition illégale par l’Espagne et sa torture au Maroc.
Le cas d’Ali Aarrass est d’ailleurs une illustration de plus de ce qu’affirme le rapport de HRW. La justice espagnole a examiné l’affaire Ali Aarrass de fond en comble. Elle est arrivée à la conclusion qu’il n’ y avait rien contre Ali Aarrass. Malgré cela il n’a pas été libéré, mais a été extradé au Maroc, contrairement à la demande de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. Et là, au Maroc, après 12 jours incommunicado et de torture, l’homme qui depuis le premier jour de son arrestation jusqu’à aujourd’hui a toujours maintenu son innocence, a comparu devant le juge d’instruction avec « des aveux ». Des aveux qui n’en étaient pas, mais qui n’étaient que la copie, mot pour mot, de son inculpation par la police, dans une langue qu’il comprend ou parle à peine. Ou comment le juge d’instruction antiterroriste Chentouff et sa police arrivent à faire « des miracles » en douze jours de temps.
 Vous pouvez lire le résumé du rapport de Human Rights Watch (15 pages PDF) et/ou le rapport intégral en anglais, avec des témoignages accablants de détenus dans le procès Belliraj, via le lien de HRW
Appendix II: List of Defendants in « Belliraj » Case and the Sentences They Received (liste des accusés et leurs peines)
1. Abdelkader Belliraj, life in prison (perpétuité)
2. Abdellatif al-Bekhti, 30 years (ans)
3. Abdessamed Bennouh, 30 years
4. Jamal al-Bey, 30 years
5. Lahoussine Brigache, 30 years
6. Redouane al-Khalidi, 30 years
7. Abdallah ar-Rammache, 30 years
8. Mohamed Yousfi, 30 years
9. Mohamed Merouani, 25 years, reduced to 10 years on appeal, then pardoned April 12, 2012
10.Mustapha Mouâtassim, 25 years, reduced to 10 years on appeal, then pardoned April 12, 2012
11. Mohamed Lamine Regala, 25 years, reduced to 10 years on appeal, then pardoned April 12, 2012
12. Abadila Maelainin, 20 years, reduced to 10 years on appeal, then pardoned April 12, 2012
13. Abdelhafidh Sriti, 20 years, reduced to 10 years on appeal, then pardoned April 12, 2012
14. Abd al-Ghali Chighanou, 15 years
15. Mokhtar Lokman, 15 years
16. Abderrahim Nadhi, 10 years
17. Abderrahim Abu ar-Rakha, 10 years
18. Hassan Kalam, 8 years
19. Slah Belliraj, 8 years, reduced to 5 years on appeal, then pardoned 2012
20. Ahmed Khouchiâ, 8 years
21. Samir Lihi, 8 years
22. Mustapha at-Touhami, 8 years
23. Bouchâab Rachdi, 6 years
24. Mohamed Azzergui, 5 years (freed upon completion of sentence in February 2013)
25. Mansour Belaghdeche, 5 years (freed upon completion of sentence in February 2013)
26. Adel Benaïem, 5 years (freed upon completion of sentence in February 2013)
27. Mohamed Chaâbaoui, 5 years (freed upon completion of sentence in February 2013)
28. Jamaleddine Abdessamed, 3 years (freed, sentence completed)
29. Abdelazim at-Taqi al-Amrani, 3 years (freed, sentence completed, acquitted on re-trial after the Court of Cassation quashed his conviction)
30. Larbi Chine, 2 years (freed, sentence completed in early 2010)
31. Ibrahim Maya, 2 years (freed, sentence completed in early 2010)
32. Abdellatif Bouthrouaien, 2 years (free
d, sentence completed in early 2010)
33. Hamid Najibi, 2 years (freed, sentence completed in early 2010)
34. Mohamed Abrouq, 1 year suspended sentence
35. Ali Saïdi, 1 year suspended sentence

Une lettre ouverte à D. Reynders pour une assistance consulaire pour Ali Aarrass !



EXCLUSIF (dans Marianne Belgique) : 34 parlementaires belges signent une lettre ouverte


Monnaie 5 août Yasser
 Paru ce samedi 10 août dans Marianne Belgique:
34 parlementaires belges ont signé une lettre ouverte à Didier Reynders pour qu’il accorde enfin l’assistance consulaire à Ali Aarrass.

Voici la lettre:

Monsieur le Ministre,
Vous n’êtes pas sans savoir qu’Ali Aarrass, un citoyen belge possédant également la nationalité marocaine, est actuellement détenu à la prison de Salé, au Maroc, suite à un procès inéquitable où il s’est vu condamné, sur la seule base de ses propres aveux, à douze ans de réclusion pour faits de terrorisme. Pourtant, le juge d’instruction espagnol Baltasar Garzon avait déjà mené une longue enquête sur ces faits, laquelle avait abouti à un non-lieu.
Il est aujourd’hui établi que les aveux d’Ali Aarrass ont été obtenus sous la torture. En effet, en septembre dernier, le rapporteur spécial de l’ONU contre la torture, Juan Mendez, l’a rencontré en prison et l’a fait examiner par le médecin légiste qui l’accompagnait. Dans son rapport datant du 4 décembre 2012, Monsieur Juan Mendez fait état de traces physiques résultant d’actes de torture constatées sur le détenu (brûlures de cigarette, électrochocs aux testicules, coups assénés à la plante des pieds, etc.).
Monsieur le Ministre, vous vous êtes, par le passé, référé à la Convention de La Haye du 12 avril 1930 pour ne pas intervenir dans le dossier « Ali Aarrass ». Cette convention stipule, en effet, qu’un État s’abstient de toute intervention en faveur d’un de ses nationaux en difficulté dans un pays dont il aurait aussi la nationalité. Or, il apparaît que le Maroc n’est pas signataire de cette convention. La Belgique n’est donc nullement tenue de la respecter dans son cas précis.
En conséquence, nous, parlementaires belges, vous demandons solennellement d’activer enfin l’assistance consulaire dont Monsieur Aarrass n’a jamais pu bénéficier et à laquelle il a pourtant droit, au même titre que n’importe quel ressortissant belge en difficulté à l’étranger.

Signataires :
Aziz Albishari, député bruxellois (Ecolo) Sfia Bouarfa, députée bruxelloise (PS) Hassan Bousetta, sénateur (PS) Dominique Braeckman, députée bruxelloise (Ecolo) Michel Colson, député bruxellois (FDF) Jean-Claude Defossé, député bruxellois (Ecolo) Céline Delforge, députée bruxelloise (Ecolo) Serge de Patoul, député bruxellois (FDF) Anne Dirix, députée bruxelloise (Ecolo) Bea Diallo, député bruxellois (PS) Patrick Dupriez, député wallon (Ecolo) Ahmed El Khannouss, député bruxellois (CDH) Béatrice Fraiteur, députée bruxelloise (FDF) Zoé Genot, députée fédérale (Ecolo) Muriel Gerkens, députée fédérale (Ecolo) Didier Gosuin, député bruxellois (FDF) Benoît Hellings, sénateur (Ecolo) Anne Herscovici, députée bruxelloise (Ecolo) Eric Jadot, député fédéral (Ecolo) Zakia Khattabi, sénateur (Ecolo) Philippe Lamberts, député européen (Ecolo) Bénédicte Linard, députée wallonne (Ecolo) Vincent Lurquin, député bruxellois (Ecolo) Olivier Maingain, député fédéral (FDF) Vanessa Matz, sénateur (CDH) Jacky Morael, sénateur (Ecolo) Marie Nagy, députée bruxelloise (Ecolo) Mohamed Ouriaghli, député bruxellois (PS) Martine Payfa, députée bruxelloise (FDF) Fatiha Saidi, sénateur (PS) Fatoumata Sidibé, députée bruxelloise (FDF) Marc Tarabella, député européen (PS) Barbara Trachte, députée bruxelloise (Ecolo) Sarah Turine, députée bruxelloise (Ecolo)

Attention, du sang dans les mobiles, pensez-y avant de téléphoner







Blood in the mobile

Blood in the mobile


samedi 17 août à 9h45ARTE+7(52 min)

Qu'y a-t-il de commun entre un téléphone portable et la guerre civile au Congo ? Le sang. Celui qui vient de la lutte pour le contrôle du coltan, un minerai extrait dans la région du Kivu, indispensable à la fabrication de nos chers mobiles.






Comme des dizaines de millions d'utilisateurs dans le monde, le cinéaste Frank Poulsen possède un mobile Nokia. Or, il a entendu dire que le commerce du coltan, un métal rare qui entre dans la composition des téléphones portables et que les fabricants achètent à prix d'or, est au cœur de la guerre en RDC, l'un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale avec plus de 5 millions de morts. Il veut en avoir le cœur net. 
Et l'enquête de Poulsen sur le terrain est édifiante : il découvre entre autres dans la plus grande mine du Kivu des enfants qui, sous le contrôle de groupes armés, passent des journées entières dans des galeries étroites et extraient le minerai radioactif à mains nues.
 Mais de retour en Europe, il n'obtient pas de réponse à ces questions lancinantes : est-ce que, en tant qu'acheteur d'un mobile Nokia, je contribue à alimenter la guerre et ses ravages ? Quelle est la responsabilité du plus grand constructeur de mobiles au monde dans ce conflit ?








Editorial misogyne du journal de l’USFP contre Nabila Mounib : premières réactions

Après les attaques contre les jeunes du 20 février, le journal Al Ittihad boucle sa boucle de hassanisation. l'attaque ignoble contre Mme. Mounib, confirme que le pire ennemi de la démocratie est celui qui en parle sans n'y croire et sans ne s’y conformer. L'USFP est un cadavre en état de décomposition, un cadavre qui empeste la scène politique marocaine.
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Editorial misogyne du journal de l’USFP contre Nabila Mounib : premières réactions


Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP

L'éditorial du quotidien de l'USFP Al Ittihad Al Ichtiraki de ce 13 août 2013 tire à boulets rouges sur Nabila Mounib, la patronne du PSU, suscitant l'indignation de certaines figures de la gauche à l'intérieur comme à l'extérieur du parti de la rose.
Rarement attaque aussi crûment misogyne a été publiée sur les colonnes d'un journal, encore moins dans un périodique contrôlé par un parti de gauche qui se dit progressiste, l'USFP. L'auteur de l'éditorial d'Al Ittihad Al Ichtiraki de ce mardi 13 aout 2013, a laissé libre court à ses penchants misogynes en s'attaquant à la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib.
On peut notamment y lire : "nous savons qu'elle (Nabila Mounib) est influencée par un brin de culture de salons de coiffure et qu'elle propose aux partis des séances de brushing dans des salons d'esthétique". Dans une autre expression non moins provocatrice, il est dit que "la camarade Mounib se comporte à l'égard des questions politiques et sociales et avec les mouvements de l'histoire comme si elle se trouvait dans une parfumerie ou dans un salon d'esthétique". Des expressions qui ont fait réagir des figures réputées de la gauche marocaine.
Réaction de Mohammed Boubekri, cadre de l'USFP
Mohammed Boubekri, l'un des cadres dirigeants de l'USFP, a exprimé sa forte opposition au contenu de l'éditorial en question. Pour lui, l'édito "défend une position fondamentaliste et réactionnaire vis-à-vis de la femme et n'a rien à voir avec les valeurs démocratiques par son agressivité à l'égard des femmes de salons de coiffure" .
Dans un entretien téléphonique avec Lakome, le responsable Uspéiste soutient que ce texte "a dévié des objectifs tracés par les congrès du parti qui insistent sur le respect et la défense de l'égalité homme femme". Boubekri pense que "les termes utilisés constituent une atteinte humiliante à l'égard des femmes de salons de coiffure", avant de se demander "ces femmes ne sont-elles pas des citoyennes marocaines?"
De plus, Boubekri s'est dit "surpris" du ton de l'édito à l'égard de la patronne du PSU qui selon lui, "a montré son respect à l'USFP lors de l'entretien vidéo avec Lakome tout en émettant des réserves quant à une éventuelle coalition avec la direction actuelle du parti". "Ce qui est tout à fait son droit" a-t-il ajouté.
Boubekri a par ailleurs précisé que l'actuelle direction de l'USFP "doit être attentive aux critiques qui lui sont adressées par l'ensemble de la gauche marocaine afin que le  parti puisse améliorer son rendement politique".
Réaction de Khadija Riyadi
Pour sa part, la présidente du collectif national des associations de défense de droits de l'homme et la vice-présidente de l'AMDH, Khadija Riyadi considère que "le ton de l'édito d'Al Itihad Al ichtiraki témoigne de la bassesse du discours politique et du machisme qui domine la scène politique au Maroc".
Dans un entretien téléphonique avec Lakome, Riyadi a souligné le caractère "dangereux" de cet édito qui sort, selon elle, "de l'opinion personnelle puisqu'il parle au nom de l'USFP et donc au nom de l'ensemble des encartés du parti".
Khadija Riyadi a par ailleurs ajouté que l'édito en question "n'exprime pas une position politique mais une attaque contre la femme en tant que telle, ce qui révèle un degré de machisme inquiétant".
Rappelons que lors d'un entretien vidéo avec Lakome, la secrétaire générale du PSU, Nabila Mounib avait écarté toute possibilité de coalition avec l'USFP sous sa direction actuelle malgré le respect qu'elle dit témoigner au reste des militants du parti de la rose.

IMIDER : Prière unie au sit-in à l’ occasion de Äid Al Fittr.



Les habitants de la commune rurale d’Imider ont assisté aujourd’hui (09-08-2013)  a  la prière  de « Aïd Al fittr » au haut du mont ‘’ALBBAN ’’ ; le sit-in,  pour la troisième fois (2011, 2012, 2013) malgré les provocations des autorités locales et de leurs tentatives pour empêcher l'unification et d'établir la prière sur le sit-in.
C’est que des milliers (6000 environ) des villageois de la commune venant de tous les ‘Douar’ (Ait Brahim, Ait Mhnd, Aît Ali, Anounizem, Izomguen, Ikis et Tabolkhirt) ont assisté, malgré des mauvaises conditions … en réponse a  l'appel du Mouvement ’sur la piste 96’ ; encadrant des protestations et du sit-in depuis le 01 Août 2011.
Comme les deux années précédentes, les habitants ont fait la prière et célébré la fête de « iswi » au sommet du mont ALBBAN en sit-in, ce qui a rendu toutes les tentatives désespérées menées par le Makhzen en complot avec la société minière SMI visant la ségrégation et la sédition entre les membres de la population de la commune en commençant par la signature d'un ‘accord’ « placebo-protocole » fabriqué avec des personnes ayant des intérêts personnels de la population rurale et lancé une campagne d'arrestations et de harcèlements contre les militants pour  briser le pouvoir de la résistance pacifique
Pour rappel, la population de la commune rurale d’Imider a conclu le 01-08-2013 la troisième année de manifestations et  le sit-in ouvert  mené depuis 2011 à la défense des droits socio-économiques sous forme d’un dossier revendicatif destiné principalement à la SMI exploitant la mine d'argent ; la plus grande mine  produisant de l'argent dans le monde ,et aux autorités . Aux mêmes jours (01-08-2013) les militants ont  commémoré le deuxième anniversaire  du début des protestations  et  du sit-in par une marche qui a été suivie par plus de 4500 habitants de la commune et des militants des régions avoisinante.

Albban le 09-08-2013

Vandalisation de panneaux dénonçant la pédophilie

  1. COMMUNIQUE DE PRESSE 

    Hier dans la nuit, les panneaux d'affichage de la campagne "la force de la justice contre l'injustice la force" contre le viol, ont été vandalisés à Rabat. Ils ont été déchirés. Les affiches sont protégées par des cadenas et accessibles seulement avec une échelle qui puisse atteindre dix mètres de haut, les affiches étant d'une dimension de 3 mètres par 4: il s'agit donc d'une opération qui a été très soigneusement préparée et préméditée, avec une logistique et une technique bien maîtrisées.  

    Qui peut vouloir porter préjudice à une campagne contre le viol , TOTALEMENT FINANCEE en FONDS PROPRES par une défenseure de la cause des femmes, à laquelle appartient ces panneaux d'affichage ?

    Nous nous indignons contre ces pratiques de voyous. Nous sommes d'autant plus indignés que ce vandalisme a été perpétré peu de temps après la diffusion du communiqué du Palais Royal du 03 août où il était dit en substance que "Sa Majesté le Roi, en tant que premier protecteur des droits des victimes, de surcroît enfants, et de leurs familles, ne ménagera aucun effort pour continuer à les entourer de sa sollicitude. L'ensemble de l'action royale démontre à l'évidence, l'attachement du Souverain aux immuables valeurs morales, à la centralité de la promotion des Droits de l'Homme et de la protection de l'enfance ainsi qu'à la défense de la société marocaine contre toute atteinte et actions condamnables par la conscience humaine."

    C'est à l'évidence ce que le comité de soutien " la force de la justice contre l'injustice de la force" promeut à travers cette campagne, qui va dans l'esprit même du communiqué cité ci dessus.

    Nous souhaitons que les coupables de ces forfaitures soient rapidement identifiés, afin de pouvoir déterminer quelles sont les personnes qui ont visiblement tant à perdre en raison de slogans qui appellent à plus de justice pour les victimes de viols et violence sexuelle.

Un commentaire de François Houtart sur La Vallée de larmes

Un commentaire de François Houtart sur La Vallée de larmes
L'ouvrage d'Antonio Beltrán, La Vallée de larmes, n'est pas un roman ordinaire. Certes, il se lit avec passion, chaque section laissant ouverte de nouvelles perspectives, mais son originalité tient dans un extraordinaire mélange des genres. Le roman historique qui aborde l'ère post-Pinochet au Chili, retrace avec une rigueur effrayante ce qu'a été un tel régime dictatorial. Il s'entremêlé avec ce que fut l'intervention des États-Unis dans le processus économique, politique et répressif de l'Amérique latine, replaçant ces faits dans le contexte général de la politique de ce pays à travers le monde et notamment au Vietnam. 
Les faits sont rapportés avec la précision d'un témoin de justice et jamais l'auteur ne peut être pris en défaut d'authenticité. Je l'ai vérifié moi-même dans les parties du livre où j'avais pu vivre les faits de plus près. Mais à tout cela s'ajoute une érudition linguistique qui surgit à tout moment et entraîne le lecteur dans un parcours sémantique stupéfiant: du norvégien ancien au parsi, en passant par le japonais, le pali, l'arabe, le tout assorti de signes repris à ces diverses langues, qui ont dû faire le cauchemar des typographes. C'est tellement dense que parfois on en sort un peu étourdi. Bref, un livre qui vous apprend beaucoup de choses, vous divertit et vous fascine.

François Houtart
Professeur émérite de l'Université catholique de Louvain, Secrétaire exécutif du Forum Mundial des Alternatives (FMA), fondateur du Centre Tricontinental (CETRI), membre du Conseil International du Forum Social Mondial de Porto Alegre et président de la Ligue Internationale pour le Droit et la Liberté des Peuples, François Houtart est prêtre catholique. Mais il est, avant tout, un lutteur social infatigable. « Nous ne pouvons être autre chose que révolutionnaires », a-t-il dit une fois. Né en Belgique en 1925 et ordonné prêtre en 1949, il possède une grande culture, ayant étudié la philosophie, la théologie, les sciences politiques et la sociologie. Il parle plusieurs langues à la perfection. Il travaille actuellement (2013) à la Fundación Pueblo Indio del Ecuador, à Quito.

http://www.workshop19.info/index.php/fr/component/content/article/57-frontpage/294-la-vallee-de-larmes-.html

Affaire Snowden : Obama, roi des hypocrites

Par Michel Collon, 10/8/2013

Obama vient d’annuler son prochain sommet avec Poutine qui refusait d’extrader Edward Snowden. En réalité, ce jeune homme mérite non pas la prison, mais une statue. Non pas la torture, mais notre solidarité.

Pour avoir défendu nos libertés en démontrant au monde entier que les Etats-Unis violent la vie privée de l’humanité entière. Cet Etat qui donne sans cesse des leçons de démocratie et de morale se comporte en réalité comme le Big Brother le plus totalitaire. Ces délinquants au-dessus de toute justice espionnent leurs propres citoyens, les Etats indépendants, leurs concurrents commerciaux et même leurs « alliés ». Téléphones, mails, ordinateurs, rien n’est respecté.

Pour quoi ? Pour augmenter les profits de ces multinationales qui volent le monde entier. Aujourd’hui, les 300 personnes les plus riches de la Terre possèdent plus que les trois milliards les plus pauvres, et cela est possible seulement grâce au pillage des ressources naturelles, à la surexploitation du travail, à la criminalité économique et à des guerres jamais humanitaires. C’est pour briser nos résistances à ces multinationales voleuses que les voyous de la NSA nous espionnent, et qu’Obama les protège.

En plus, c’est le roi des hypocrites ! Il se fâche parce que la Russie (qui n’a pas de traité d’extradition avec les USA) a refusé de livrer Snowden. Lui épargnant ainsi la torture et la prison à vie, infligées à cet autre héros Bradley Manning qui révéla des milliers de mensonges des dirigeants US.

Or, les Etats-Unis ont toujours refusé d’extrader les criminels qui leur avaient été utiles ! Même quand il y avait un traité. En 2003 et en 2007, ils ont refusé d’extrader les agents de la CIA coupables de kidnappings politiques en Italie. En 2010, ils ont refusé d’extrader leur protégé Luis Posada Carriles qui avait placé une bombe dans un avion cubain, tuant 73 personnes. En 2010, ils ont refusé de livrer l’ancien président bolivien Gonzalo Sanchez de Lozada, qui avait massacré les Indiens Aymara, mais était protégé par la CIA et avait engagé des lobbyistes du parti démocrate. Et on peut multiplier les exemples. Jamais, les Etats-Unis ne livrent à la Justice leurs complices, même pour les crimes les plus horribles.

Joliment hypocrites aussi, tous nos gouvernements européens. Faisant semblant de découvrir un espionnage auquel ils ont collaboré et qu’eux-même pratiquent depuis longtemps. Protestant deux minutes du bout des lèvres pour ne pas offusquer le parrain US dont ils sont le paillasson. Accordant l’asile politique à une Femen anti-Poutine et le refusant aux défenseurs de nos libertés Snowden et Assange. Contradiction passée sous silence par les grands médias.

Et qui donc a sauvé l’honneur de la démocratie en offrant l’asile définitif à Snowden ? Le Nicaragua, la Bolivie, le Venezuela. Tandis que l’Equateur protège Assange. A méditer.
Article 12 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (ONU, 1948)
« Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »
Sources :On Obama's cancellation of summit with Putin and extradition, Glenn Greenwald – the guardian.com

Source : Investig’Action – michelcollon.info

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[EDWY PLENEL] http://goo.gl/eT4tlY
Contre l'État d'exception
Poker menteur diplomatique, la fâcherie américano-russe dans l’affaire Edward Snowden masque l’essentiel qui nous concerne tous : l’extension et la banalisation sous les apparences démocratiques d’un État d’exception dont le Patriot Act américain est le symbole. La bataille pour le faire reculer se joue ici même, sur Internet.