Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

samedi 15 juin 2013

90.000 enfants dont 80 000 "petites bonnes" travaillent au Maroc

Par Bladi.net, 13 juin 2013

Plus de 90.000 enfants travaillent au MarocQuelque 92.000 enfants âgés de 7 à 15 ans travaillaient au Maroc en 2012. 92,4% d’entre eux résident en milieu rural, 21,7% travaillent en parallèle à leurs études, 59,2% ne fréquentent plus l’école et 19,1% n’y ont jamais mis les pieds.

Ces chiffres, publiés par le Haut Commissariat au Plan à l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants célébrée le 12 juin, nous apprennent également que l’écrasante majorité, soit 9 enfants sur 10 en milieu rural, travaille pour aider sa famille.
En milieu urbain, 51,5% des enfants sont des apprentis, notamment dans les secteurs des services et de l’industrie, 25,3% sont des aides familiales, 22,1% sont salariés. En milieu rural, 95,5% des enfants travaillent dans l’agriculture, la forêt et la pêche.
Le travail des enfants est majoritairement masculin avec 54,1%, dont 51,1% en milieu rural et 90,3% en ville, et concernait 517.000 enfants en 1999. En 2011 ils étaient 123.000 à travailler avant l’âge légal.
Quelque 76.533 ménages, soit 1,1% des ménages marocains, font travailler leurs enfants, conclut le HCP dans son rapport.
--------------------------------
 Omar El Kindi, président de l'Association Insaf :

“Le travail des petites bonnes résulte des programmes socio-économiques qui ont failli”

Dernière mise à jour :

/DR80.000 filles de moins de 15 ans sont exploitées comme “petites bonnes” au Maroc et 60% des familles employeuses sont au fait de l’illégalité découlant du travail des enfants. Ces données filtrent de l’étude du Collectif “Pour l’éradication de l’exploitation des filles mineures dans le travail domestique”, publiée jeudi, à l'occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants. Éclairages avec Omar El Kindi, président de l’association INSAF.


Omar El Kindi (c), président de l'Association Insaf. /DR


Omar El Kindi (c), président de l'Association Insaf. /DR Propos recueillis par Kisito Ndour Agrandir





Comment avez-vous réalisé votre étude ?
Notre étude a été réalisée par un cabinet de conseil et pilotée par un expert expérimenté. Par contre, tout comme d’autres ONG (Human Right Watch), nous divergeons avec les données communiquées par le Haut commissariat au plan (HCP), qui parle de 92.000 enfants travaillant encore au Maroc en 2012. Un chiffre élevé mais en diminution. Cependant, nous considérons que notre mission ne doit pas être “polluée” par une quelconque polémique. Il suffit qu’il y ait 100 “petites bonnes” dans notre pays pour que notre combat mérite d’être mené.

D'après vous, qui est responsable de l'emploi illégal des enfants comme “petites bonnes” ? Leurs parents ou les familles employeuses ?
Nous ne raisonnons pas en termes de responsabilités directes dans la prolifération du marché des “petites bonnes”. Nous considérons que les causes relèvent de choix et de programmes socio-économiques qui ont failli.
La responsabilité des familles employeuses est grande car près de deux tiers d'entre elles savent que le travail des enfants est illégal. Les intermédiaires qui assurent l’approvisionnement de ce marché qui relève de l’esclavage, ont également une grande responsabilité. Quant aux familles “émettrices”, plus de la moitié ignorent la législation sur la scolarisation obligatoire et l’interdiction du travail des enfants. Ce qui n'exclut pas qu'elles soient responsables de l’abandon de leurs filles et de leur privation de droits fondamentaux.
Le problème est très complexe et doit être abordé en amont, par la résolution des aspects socio-économiques, en particulier dans le milieu rural; et en aval par des actions intégrées et cohérentes de lutte contre le travail des “petites bonnes” là où elles sont exploitées.

Vous demandez une loi spécifique qui sanctionnerait l'emploi des filles mineures. Qu'en est-il de la législation actuelle ?
La législation actuelle contient des éléments qui permettent d’agir: la loi sur la scolarisation obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans et le Code du travail, qui interdit le travail des moins de 15 ans. Cependant, nous demandons une loi comprenant les modalités juridiques et pratiques de protection, de prise en charge et de réparation. Le processus de prise en charge d’une fillette qui travaille comprend l’identification et l’information, le retrait du lieu d’exploitation, la prise en charge et la réinsertion. C’est un processus difficile et long. Il peut durer 4 à 7 ans.

Vous demandez à l'État de “définir le rôle des acteurs associatifs et le mode de leur intervention dans le processus de prévention contre l’exploitation des petites bonnes, la protection et la réinsertion des filles retirées du travail”. En quoi votre marge de manœuvre est-elle limitée ?
Nous posons, tout d’abord, des questions de principe. Pourquoi l’État déserte-t-il le terrain de la lutte contre ce type de dérives sociales, pourtant au cœur de sa mission? Pourquoi des organes de l’État traitent-ils les associations comme des subalternes ou des concurrents? Des associations qui agissent là où ils ont failli pour répondre à des demandes sociales réelles et urgentes. Pourquoi tant d’atermoiements pour donner aux associations la place de partenaire confirmée par la Constitution, avec toutes les prérogatives qu’elle impose?
Dans la lutte contre le travail des “petites bonnes”, le principal obstacle est d’ordre juridique. Personne n’est habilité aujourd’hui à intervenir dans le domicile d’une famille qui emploie une “petite bonne”. Par ailleurs, la prise en charge de la fillette retirée du lieu de son exploitation doit être assurée suivant une procédure réglementée.
L’autre obstacle majeur est d’ordre matériel. Les moyens des associations sont limités et nous avons de plus en plus de mal à convaincre les bailleurs de fonds de financer des activités qui relèvent de la mission de l’État. Dans le même temps, les départements ministériels, à l’exception de deux ou trois, ne semblent pas disposés à mettre la main à la poche.

Vous avez entrepris des programmes de retrait des “petites bonnes” et leur réinsertion. Comment cela se fait-il concrètement ? Avez-vous des chiffres ?
Depuis 2007, nous avons parrainé plus de 300 filles, dont 250 dans la province de Chichaoua, 50 à El Kelaâ et trois dans la province d’El Jadida. Deux de ces filles ont obtenu le baccalauréat. Deux autres poursuivent leurs études à l’université. 33 filles sont inscrites, cette année, au collège et au lycée.
Nous sommes conscients d’être loin du compte, mais nous considérons que ce que nous avons réalisé devrait servir de cadre pour élaborer des programmes (pilotes). C’est la proposition que nous avons faite plusieurs fois au ministère de la Solidarité, de la famille, de la femme et du développement social.
Nous attendons la réponse.

COMMUNIQUE De L'AMRVT : UN GRAND PATRIOTE NOUS A QUITTE

ASSOCIATION MEDICALE DE REHABILITATION DES VICTIMES DE LA TORTURE (AMRVT)

20, Rue d’Alger, Casablanca, Maroc  -
Tel/Fax : 00 212 522 22 61 27        Email : assoamrvt@yahoo.fr

COMMUNIQUE 



CASABLANCA   6   JUIN 2013

Tu es un exemple qui nous donne la force de continuer.
Adieu  ABOUSSAIR  « CAPPUCCI » . Nous ne t’oublierons pas
Chers ami(e)s,
Après de longues souffrances,  ce jour Jeudi 6 juin 2013  s'est éteint le corps de
MR ABOUSSAIR  AHMED  plus connu sous le nom de Cappucci
Père de 9 enfants   
  Mr ABOUSSAIR  Ahmed  militant politique et défenseur des droits de l’homme  , Ancien résistant et Ancienne Victime des années de plomb a connue les centres de détentions secrètes ( Centr de derb moulay cherif …) et la détention arbitraire    en Septembre 1970
il a été très malade depuis plus de  trois  ans et longuement suivi par notre Association . 
Il toujours été présent lors des divers manifestations de droits de l’Homme et lors d’activités de notre Association 
 Ses convictions ont toujours traduit son engagement politique contre l’ordre établi. Durant toute la vie il a soutenu  la lutte pour un  Maroc démocratique et pour un Etat de droit . Il était un fervent défenseur de la cause du peuple marocain, du peuple palestinien et de tous les peuples opprimés
Ses camarades  se souviendront longtemps de celui. Qui par sa simplicité, par son humanité, par sa droiture, a toujours su être du côté de la justice.
Mr ABOUSSAIR  « Cappucci » était de ces hommes désintéressés et modestes, pour qui seul comptait le service aux causes nobles.
 Adieu  ABOUSSAIR  AHMED  , par ton exemple d’humanité, de respect de l’autre, d’intégrité, de fidélité lucide à l’idéal de liberté ,  nous te remercions d’avoir été pour nous un  repère, cet exemple qui nous donne la force de continuer, merci pour ces moments partagés, nous n’oublierons pas.
Nos condoléances à sa petite et grande famille.
 Pour l'Association medicale de rehabilitation des Victimes de la torture
DR EL MANOUZI Abdelkrim

France : 2 enfants meurent chaque jour de maltraitance

Le calvaire de la petite Marina ou celui de la petite Tiphaine, battues jusqu’à la mort par leurs parents, le martyre du petit Lorenzo retrouvé mort de soif et de faim dans un appartement jonché d’excréments de chien où sa maman vivante était anéantie par la drogue, l’affaire des bébés congelés ou celle des nouveau-nés retrouvés dans des sacs-poubelles, la découverte de deux petits garçons battus et sous alimentés, vivant dans une cave sans eau ni lumière ni couverture, la tragédie des deux enfants noyés par leur mère dans une baignoire ou celle des deux enfants égorgés par leur père, autant d’histoires horribles rapportées depuis quelques années et ces derniers mois encore par les médias et qui relatent le sort effroyable d’enfants, victimes de la violence, généralement infligée par des adultes, souvent leurs propres parents.
Il ne faut pas se tromper sur la nature et la fréquence de ces événements : en effet, les violences faites aux enfants ne sont pas une simple juxtaposition de faits divers, insoutenables et révoltants pour tous mais souvent bien vite oubliés. Ils constituent en réalité un véritable phénomène de société qui touche toutes les couches de la population et un problème grave de santé publique. Aujourd’hui en France, selon des estimations sérieuses, près de deux enfants meurent chaque jour de violences infligées par des adultes.
Ce sont ces constats qui ont conduit le sénateur André Vallini, entouré d’un comité scientifique présidé par Anne Tursz, pédiatre, épidémiologiste, directeur de recherche à l’Inserm, à organiser un colloque qui a pour but d’aboutir à une prise de conscience collective mais aussi à des mesures concrètes, de court comme de long terme, qui seront proposées aux pouvoirs publics.
Ce colloque national se tiendra aujourd’hui au Sénat, sous la présidence et en présence de Valérie Trierweiler, et avec la participation de plusieurs membres du Gouvernement.
Les organisateurs de ce colloque souhaitent que l'enfance maltraitée soit reconnue grande cause nationale en 2014.
JCC
(Source : communiqué Sénat)

France MANIFESTATION NATIONALE contre l'axtrême droite le 23 juin 2013


[A DIFFUSER] MANIFESTATION NATIONALE !
 Face à l'extrême droite, riposte immédiate !
 PARIS/23 JUIN/15H/
LIEU A CONFIRMER

[A DIFFUSER] MANIFESTATION NATIONALE ! Face à l'extrême droite, riposte immédiate ! PARIS/23 JUIN/15H/LIEU A CONFIRMER

Fight Back against fascism ! Paris/June 23th/15PM/PLACE TBC










Secours Populaire : Le Parlement européen vote une aide alimentaire digne de ce nom

12/6/2013

L'aide alimentaire en constante augmentation durant l'année 2011. Jeunes, personnes âgées, tout le monde est touché.
O. Pasquiers/Le bar Floréal, photographie

Un succès qui en appelle d’autres : au moins 74% des députés européens se sont prononcés, ce mercredi 12 juin, pour la création d’un Fonds européen d’aide alimentaire (FEAD). Surtout, ils ont choisi des modalités et une dotation beaucoup plus favorables que celles qui leur avaient été soumises par le Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etats et de gouvernements des 27 pays membres de l’Union européenne.


L'aide alimentaire en constante augmentation durant l'année 2011. Jeunes, personnes âgées, tout le monde est touché.

Il s’agit d’une étape importante pour les associations qui distribuent l’aide alimentaire en France (Secours populaire, Croix-Rouge Française, Banques alimentaires et Resto du cœur), mais le texte définitif n’est pas encore adopté. Il faut encore franchir l’étape de la négociation entre les trois institutions européennes : le Parlement, le Conseil et la Commission.
En se prononçant pour un FEAD d’un montant de 3,5 milliards d’euros, pour la période 2014/2020, alors que le Conseil européen ne proposait que 2,5 milliards, le Parlement européen maintient l’aide alimentaire à son niveau antérieur. Mais, les besoins en la matière sont évalués par les associations et la Commission européenne à 4,75 milliards. Un niveau bien supérieur, donc.
"Nous allons rencontrer nos trois partenaires pour déterminer comment nous allons continuer à sensibiliser les chefs d’Etats et de gouvernements afin de les convaincre du bien fondé de notre position", indique Jean-Louis Callens, secrétaire national du SPF en charge des questions d’alimentation.
Reconnaissant le "caractère bénévole des organisations" qui distribueront l’aide humanitaire, les députés ont établi que les contraintes administratives ne seront pas plus dures que pour le prédécesseur du FEAD, le Programme d’aide aux plus démunis, dont l’existence va s’achever en décembre prochain.

Julien Lauprêtre"Une très large majorité des eurodéputés a approuvé le maintien de l’aide humanitaire européenne, a réagi Julien Lauprêtre, le président du SPF. La mobilisation de nos bénévoles et de nos partenaires a payé. Il reste néanmoins nécessaire de continuer d’informer l’opinion publique, les élus français et européens pour que la menace de mourir de faim, qui pèse sur 18 millions de personnes vivant sur notre continent, soit définitivement écartée."
  
Les principaux éléments approuvés par les eurodéputés
- L’augmentation d’1 milliard d’euros du budget, le portant à 3,5 milliards.
- La participation obligatoire des Etats membres.
- Un co-financement de l’Union européenne à 85%.
- La simplification administrative : les règles de fonctionnement seront légères afin de simplifier au maximum la gestion des associations.
- Les denrées alimentaires en provenance des stocks d’intervention agricole seront mobilisées.
- La priorité sera donnée à l’aide alimentaire, point d’entrée du parcours d’inclusion sociale.


Barack Obama peut-il fermer Guantanamo?


par
Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca
Barack H. Obama s'est engagé de nouveau à fermer la prison de Guantanamo. Mais, à un peu plus d’un an des élections de mi-mandat, a-t-il vraiment, cette fois, les moyens de son ambition? La question mérite d’être posée.
C’était une promesse de campagne en 2008. Fermer la prison du camp de Guantanamo situé sur l’île de Cuba. Une promesse restée depuis lettre morte. Preuve s’il en est besoin de la forte opposition au pays à sa fermeture et de l’absence de stratégie présidentielle en ce sens.

"Ce n’est pas tenable"
Le 30 avril dernier, Barack H. Obama a tenu une conférence de presse à la Maison-Blanche. À cette occasion, il est revenu à la charge. Il a d’abord annoncé la couleur: «Il faut fermer Guantanamo»! Et d’expliquer: «C'est important pour nous de comprendre que Guantanamo n'est pas nécessaire pour la sécurité de l'Amérique. Cela coûte cher (entre 90 et 118 millions de dollars par année, NDLR). C'est inefficace». Sans oublier le fait que cette prison non seulement «entrave la coopération antiterroriste», mais représente également un outil de choix de «recrutement pour les extrémistes».
L’autorisation d’ouverture de ce ''trou noir" juridico-légal par le gouvernement Bush en 2002 répondait principalement à deux objectifs. D’abord, regrouper les "combattants ennemis illégaux" (une catégorie contraire à toutes les conventions internationales existantes en matière du droit de la guerre) sur un même site et les soumettre à des traitements dégradants, dont la torture, pour, entre autres, leur extorquer des renseignements susceptibles de prévenir de nouvelles attaques terroristes contre les États-Unis. Mais, cette approche souffre d’au moins deux biais. D’un côté, le recours à la torture est en soi immoral et ne peut en aucun cas être légitimé. De l’autre, obtenir des renseignements sous la torture pose la question de leur fiabilité. D’ailleurs, cela tombe sous le coup du sens qu’un homme torturé serait prêt à confesser tout ce que son bourreau lui demanderait… 
Le deuxième objectif de l’administration Bush était de faire peur à quiconque qui voudrait rejoindre les combattants du réseau terroriste international et l’en dissuader. Mais, cette stratégie d’humiliation s’est révélée contreproductive pour les États-Unis au point de leur faire perdre la sympathie mondiale acquise au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Rappelons-nous le fameux édito du Monde «Nous Sommes tous Américains!» Cette stratégie a donc non seulement terni gravement leur image dans le monde, mais également nui à leur politique étrangère et radicalisé une partie de l’opinion publique dans le monde musulman. Une aubaine pour les terroristes d’Al-Qaïda.
À ces raisons financière et stratégique s’ajoute, du point de vue de Barack H. Obama, un argument à teneur juridique et qui touche à l’identité américaine: «L'idée de maintenir pour toujours un groupe de personnes qui n'ont pas été jugées, c'est contraire à ce que nous sommes, contraire à nos intérêts et cela doit cesser».
Tout en disant comprendre la charge émotive entourant cette affaire, le président Obama a appelé la population à faire preuve de sagesse car autrement la situation ne pourrait que s’aggraver.
Cette mise en garde est en fait adressée aux membres du Congrès dans le contexte de la grève de la faim déclenchée, en désespoir de cause, par une centaine de détenus à Guantanamo et qui dure depuis un peu plus de douze semaines. Avec le risque de mourir. Ce à quoi se refuse un président visiblement inquiet: «Je ne veux pas que ces personnes meurent». D’où son engagement à s’atteler à la tâche de convaincre le Congrès de lever les restrictions qui empêchent le transfert des prisonniers sur le sol américain et donc la fermeture de cette prison: «Je vais à nouveau discuter avec le Congrès et plaider que ce n'est pas quelque chose qui est dans le meilleur intérêt du peuple américain. Ce n'est pas tenable».
Pour éviter le pire, le Pentagone a pris des moyens drastiques. Le personnel médical sur la base a alimenté, de force et de manière dégradante, une vingtaine de grévistes qui dépérissaient à vue d’œil. Une pratique dénoncée par le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU.

Obama a-t-il les moyens de son ambition?
Tout le monde se rappelle cette journée historique du 22 janvier 2009 où le premier président noir des États-Unis avait signé un décret ordonnant la fermeture de la prison de Guantanamo dans un délai d’un an et gelé pour une durée de 120 jours le fonctionnement des tribunaux militaires d'exception. (1) Une annonce saluée alors par la gauche démocrate et le reste du monde. Mais, la satisfaction était de courte durée. M. Obama n’avait pas bien mesuré le rapport de force au Congrès et encore moins bien apprécié la dimension émotionnelle de cette question. D’ailleurs, la coalition d’opposition à son projet comprenait également des élus démocrates. Aussi, il ne pouvait se permettre de s’aliéner l’appui d’élus conservateurs modérés, lui qui en avait besoin pour faire passer son projet-phare de réforme de la santé et ses autres projets de réforme dans les domaines de l’économie, de la finance et de la fiscalité, et donc arriver à faire sortir son pays de sa pire crise économique depuis la dépression des années 1930. Dans ce contexte, il a estimé ne pas avoir le choix et a dû reculer sur sa promesse de campagne de fermer Guantanamo.
Mais, rester sur une défaite dans ce dossier ou laisser mourir nombre de prisonniers grévistes ne sont de bon conseil pour un président qui aimerait laisser un héritage derrière lui et qui n’a plus beaucoup de temps pour le faire. Il lui fallait donc retourner à la charge et montrer à la gauche de son parti qu’il ne manque pas de courage politique face à la droite. Tout en récoltant les louanges du reste du monde.
Mais a-t-il cette fois les moyens de son ambition? Pourra-t-il réussir cette fois alors que son option ne bénéficie nullement d’un fort appui populaire? Pourrait-il se permettre de dépenser un capital politique dans ce dossier alors qu’un enjeu majeur, celui de la réforme des lois sur l’immigration, est encore plus important pour l’avenir de son parti et pour son propre héritage présidentiel?
Mais avant d’examiner la marge de manœuvre du président américain, faisons un bref survol des effectifs de la population carcérale.
Dans le sillage de la lutte contre Al-Qaïda, le président George W. Bush avait autorisé en 2002 l’ouverture de la prison de Guantanamo. Durant ses onze années d'existence, les effectifs des détenus ont baissé de 779 à 166 personnes. 604 prisonniers sont déportés dans leurs pays d’origine ou envoyés dans un des 36 pays tiers qui ont accepté de les accueillir. Si 120 tentatives de pendaison ont été déjouées, neuf détenus ont en revanche réussi leur coup...
Les prisonniers encore sur place se répartissent entre trois groupes. D’abord, 89 personnes sont jugées «libérables» et donc «transférables» dans leurs pays d’origine. Ensuite, 60 personnes ne pourront jamais être jugées soit parce que leurs aveux ont été extorqués sous la torture ou il n’y a pas de preuve de leur implication dans une attaque quelconque contre les États-Unis. Enfin, le reste des prisonniers devront demeurer en «détention illimitée», conformément à un décret signé en décembre 2011 par le président Obama. Même si la plupart des détenus n’ont été ni inculpés ni jugés, ils demeurent tous captifs du camp tropical à cause de l'opposition du Congrès.
Devant ces blocages, le désespoir a gagné la population carcérale. D’où sa grève de la faim et qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Si le Congrès est jusqu’à maintenant resté sourd aux appels à amender la législation et à permettre la fermeture de ce "trou noir", qu’en est-il du président? Peut-il fermer ce lieu de non-droit et rétablir la règle du droit?
Son casse-tête est à la fois juridique, politique et diplomatique.
Mais, d’abord et avant tout, il devrait lever les zones d’ombre sur ce qu’il aimerait faire de chacun des prisonniers, une fois Guantanamo fermée. Voudrait-il se contenter de déplacer le problème du réduit cubain à une localité située sur le territoire américain? Ou régler cette question épineuse conformément à la tradition juridique américaine?
Il devrait ensuite convaincre le Congrès d’annuler les restrictions qui empêchent en fait la fermeture de Guantanamo et donc le retour de nombre de prisonniers dans leurs pays d’origine ou dans des pays d’accueil et le transfert sur le sol américain de ceux considérés comme «non libérables» pour les juger par des courts fédérales.
En parallèle, il devrait charger son Département d’État d’engager des négociations avec nombre de pays pour qu’ils accueillent tous ceux jugés «libérables» et qui pourtant ne peuvent pas, pour toute sorte de raisons, être de retour chez eux. Sans oublier le nécessaire accompagnement financier et social des démarches de dé-radicalisation et de réinsertion dans le circuit professionnel de ceux qui seraient de retour chez eux. Mais pour donner le signal clair dans ce sens, il faudrait commencer par nommer de nouveau, cette fois au sein du Conseil de sécurité nationale, un fonctionnaire de haut rang ou un expert pour se charger de cette tâche complexe.
Il devrait enfin faire preuve de leadership en cas de ferme opposition du Congrès et se servir cette fois de son pouvoir exécutif pour mener à bien cette entreprise de fermeture de ce "trou noir" juridico-légal.
**

Le maintien de la prison de Guantanamo est contraire à l'image et à l'intérêt national américain. Si nombre de Républicains restent campés sur leur position idéologique là-dessus, c'est  notamment pour consolider leur position au sein de la frange ultraconservatrice de leur base. La même frange qui a contribué à la défaite du candidat du GOP lors de la récente élection présidentielle. Dans ce contexte, le président Obama n'aura pas autre choix que de faire preuve de leadership pour mener à terme cette entreprise de fermeture de Guantanamo. Sinon à quoi servirait un pouvoir exécutif dont l'étendue réelle était jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001 inexplorée? Pourrait-il reculer deux fois sur la même question?

lundi 10 juin 2013

Titres complétés des articles publiés sur http://solidmar.blogspot.com du 2 au 9 juin 2013

Le Maroc : un roi irresponsable qui prend gout aux voyages, une population marginalisée qui tente de survivre dans une précarité inquiétante, une jeunesse qui ne baisse pas les bras malgré la banalisation de la répression, les droits de l’Homme toujours piétinés, un discours monarchique hautement auto satisfait...
Au Sahara Occidental : le Maroc continue à se comporter en despote colonisateur,  l’UE parle enfin du droit à l’autodétermination !
 
 
Consternation en France, réprobation générale après l’assassinat raciste du très jeune  Clément Méric

dimanche 9 juin 2013

Triste humour, fausse culture...


Il est assez spécial de voir le Journal de TV5 parler du Maroc, après des nouvelles catastrophiques qui proviennent de partout au monde. Les nouvelles provenant du Maroc sont consacrées au festival de l’humour de Marrakech, spécifiquement le frère de Jamal Debbouz parrainé par ce dernier qui croit au premier et les deux viennent faire rire les touristes au Maroc, voilà.
 Rire de qui, rire de quoi, rire où? Des questions qui importent peu dans le monde du show-biz, l’essentiel c’est l’industrie du spectacle et tout court, l’argent.
Il n’est pas seul Jamal, des poètes et des intellectuels pratiquent ce métier chaque jour, des uns à la télé et d’autres dans théâtres. Ils envahissent les activités culturelles qualifiées de "soirées des cornes de gazelle", par mon ami Mohamed Benmiloud. De l’humour ridicule où l’audition est à son zénith et où les applaudissements assourdissants pleuvent sans occasion. Un groupe de gens se croyant ultra-cultivé pour se permettre l’absurde.
  Des magistrats avec une balance en arrière-plan, pratiquent l’humour noir dans nos tribunaux. Des comédiens qui jouent un rôle exigeant, faire le sérieux. Ils lisent des livres de droit pour ne pas s’ennuyer, question aussi de garder la forme devant les avocats perturbateurs. Ils attendent les instructions du réalisateur et ils font la répétition du texte, ils se l’approprient pour paraître crédibles. Des humoristes ratés qui ne peuvent écrire leurs textes.

Les comédiens ne manquent pas dans cet étalage  d’humour M. Jamal. Les humoristes sont partout, l’humour est partout et de toutes les couleurs. Humour noir, humour rouge sang, humour drastique, humour machiavélique, humour kafkaïen, humour stupide et humour bassel (fade). Des journalistes qui se réveillent tous les matins, prennent leur café noir avec une cigarette, portent des costumes et se dirigent vers la MAP, l’agence officielle de la presse makhzanienne. Ils publient des textes pré-écrits, leurs rôles relèvent plus de la distribution de l’information et l’implantation de cette information dans les cerveaux tout en sachant qu’il s’agit du faux.
Il est dur ce métier, mais le Maroc compte beaucoup de talents. Le roi, les ministres, les hauts cadres, les généraux, les députés, les chercheurs, les professeurs, les islamistes, la fausse gauche, les oulémas, les petits fkihs, les faux humanistes, les poètes lèche-botte, les bottes poètes. Tout un monde de fausseté qui aime l’humour, aime rire et s’inspirent du rire dans la vie professionnelle. 
Toutefois, il y a le peuple. Ces marginalisés qui ne peuvent pas assister au grand festival de l’humour de Marrakech. Comme toute cette injustice, ce détournement de fonds, cette imbécilité intellectuelle, cet intégrisme religieux, les histoires de Jamal ne font pas rire. Comme eux : تيبيع القرد و تيضحك على من شراه.