Ils sont joueurs, entraineurs ou préparateurs physique. Ils sont
partis au Qatar pour gagner de l’argent en échange de leur talent ou
compétence. Ils le regrettent aujourd’hui amèrement et ne demandent qu’à
quitter au plus vite cet émirat voyou et esclavagiste. La chaine de
télévision Canal Plus est allée à leur rencontre. Témoignages accablants
de Zahir Belounis, Stéphane Morello, Jean Godeffroye et Abdeslam
Ouaddou. Plusieurs dizaines de personnes sont dans le même cas.
Ce document de Canal Plus est une alerte aux Français en général et à
ceux qui sont d’origine maghrébine en particulier. En voulant gagner de
l’argent, vous risquez de perdre votre dignité, votre liberté et même
votre humanité. Le Qatar que certains médias français vous décrivent de
manière fallacieuse comme un Eldorado, n’est pas celui que vous allez
découvrir une fois là-bas. Cette propagande que le Qatar entretient
grâce à l’argent et à son puissant réseau politique et médiatique
français, de gauche comme de droite, a brisé des rêves et détruit des
familles. Avant de vous laisser entrainer par une utopie qui risque de
tourner au cauchemar, ayez le réflexe du Premier ministre Jean-Marc
Ayrault : « Le Qatar ? Avant d’y aller, je réfléchirai ».
Zahir Belounis : « J’ai envie de partir ».
Ancien milieu de terrain de Noisy-le-Sec, de l’Île Rousse et de
Saint-Lô, passé par la Malaisie (Melaka TMFC) et la Suisse (la Tour-Le
Pâquier), Zahir Belounis est retenu au Qatar avec son épouse et ses deux
enfants. Ce joueur franco-algérien, débauché pour servir Al-Jaïsh, le
club de l’armée, dont il a été le capitaine d’équipe, est privé de ses
droits et de sa liberté de quitter le territoire qatari. Les bédouins
lui ont volé son contrat et, en échange de sa liberté de regagner la
France, le directeur sportif du club Al-Jaïsh, Youssef Dasmal lui impose
la signature d’un document dans lequel il renoncerait aux deux années
de salaire que les Qataris lui doivent. « Ils m’ont empêché de vivre mon
rêve », s’indigne aujourd’hui ce joueur que les bédouins veulent
réduire au silence avec la complicité passive des autorités françaises
et le silence assourdissant des médias français.
Stéphane Morello : « Je suis un otage qui ne connait même pas le prix de la rançon » !
Originaire de Saumur, les 52 ans dépassés, cet entraineur sportif ne
touche plus aucun salaire depuis plus de trois ans. Comme beaucoup
d’autres, cet ancien entraineur du Romorantin s’est expatrié au Qatar
pour y faire fortune grâce à son savoir-faire footballistique. Il avait
signé son contrat avec le comité olympique qatari, moyennant 6000
dollars par mois. Cela fait plus de trois ans qu’il ne touche plus aucun
centime. En procès contre son employeur escroc, il espère toujours
obtenir gain de cause dans un émirat où la justice est aux ordres de la
famille régnante. « Je ne peux pas exercer mon travail, je ne peux pas
aller travailler ailleurs, je ne peux pas quitter le territoire, je ne
peux rien faire…Cela fait cinq ans que je n’ai pas pu sortir du
Qatar…J’ai l’impression d’être un otage et je ne connais même pas le
prix de la rançon », déclare ce citoyen français dont le pays entretient
les meilleurs relations avec l’émirat bédouin.
Jean Godeffroy : « Une fois au Qatar, on ne peux plus quitter ce pays librement » !
Le cas de Jean Godeffroy est moins tragique que les précédents otages
du Qatar. Cet ancien préparateur physique du prestigieux PSG a dû
renoncer à neuf mois de salaire pour pouvoir quitter l’Eldorado qatari.
Lui aussi, espérait y faire fortune, mais, comme il le dit lui-même, un
beau jour, « un vendredi, on m’a téléphoné pour m’annoncer que ce lundi,
je dois débarrasser le plancher » ! Il a été obligé de renoncer à ses
droits pour obtenir le précieux « exit permit » que l’esclavagiste
employeur délivre selon son bon vouloir. Aujourd’hui libre et vivant à
Bastia, il témoigne de sa mésaventure afin que d’autres ne soient pas
victimes de leurs propres illusions et d’une image du Qatar savamment
entretenue par certains médias français.
Abdeslam Ouaddou : « C’est de l’esclavagisme pur et simple » !
Footballeur professionnel d’origine marocaine, ancien de l’équipe de
Nancy, il a été recruté par le « Qatar Sports Club », deuxième club du
propriétaire du PSG. Cette année-là, raconte un journaliste français, le
club dans lequel jouait Ouaddou, le Lekhwiya, avait remporté le
championnat national. Avant la seconde saison, on informe Abdeslam
Ouaddou qu’il va désormais jouer pour un autre club. Il conteste mais
finit par accepter. Une année plus tard, on lui demande de renoncer à
son contrat, qui est pourtant encore valide pour une année ! Son
employeur a cessé de le payer en juillet 2012, alors que son contrat
expirait, en effet, e 12 juillet 2013. Dans le journal Le Monde du 22
avril 2013, il confiait : « En 2010, je m'engage pour deux saisons avec
le club qatari de Lekhwiya qui appartient au cheikh al-Thani, également
propriétaire du PSG. A la fin de la première saison, nous remportons le
titre de champion. Je rentre en France pour les vacances et, à mon
retour, tout se complique. Les dirigeants m'informent que je dois
quitter le club, sans la moindre explication. J'ai d'abord cru à une
blague. Mais je me suis vite aperçu que celui qui me parlait ne rigolait
pas du tout. J'ai essayé de comprendre, de discuter. Mais rien à faire
: "C'est un ordre du prince. Et les ordres du prince ne sont pas sujets à discussion.".
Portant l’affaire devant la Fifa, il finit par obtenir le document
« exit permit », le fameux visa de sortie, en échange de renoncer à sa
plainte et à ses droits. « Le jour où vous êtes moins performant, on
peut tout simplement cesser de vous payer, ou de vous dire de quitter le
pays. On ne va pas se voiler la face, c’est de l’esclavagisme pur et
simple », lance Abdeslam Ouaddou. Vivant aujourd’hui à Nancy, il lance
cet appel aux futurs candidats à l’Eldorado qatari : « Ce qui me
dérange, c’est le contraste entre ce qui se passe là-bas –parce que j’y
ai vécu pendant deux ans et demi- et l’image qu’ils veulent renvoyer en
Occident et en particulier en France grâce au PSG…Je veux vraiment
ouvrir les yeux aux joueurs qui ont l’intention d’aller vers ces
destinations. Ce n’est pas l’eldorado qu’on pense » !
Philippe Bogaert et Nasser Beidoun, autres victimes de l’émirat voyou
Le sport n’est effectivement pas le seul domaine où l’on compte des
victimes. En 2008, un producteur de nationalité belge, Philippe Bogaert,
est resté près d’une année otage des milliardaires bédouins. Il a été
pris dans un engrenage financier et judiciaire interminable. Il était le
directeur d’une société qatarie qui a rapidement fait faillite en
raison d’un énorme impayé. Pour ce fiasco qui n’engage pas sa
responsabilité directe, Philippe Bogaert a été poursuivi par son
sponsor, qui est d’ailleurs l’actionnaire majoritaire de la société en
question. On lui a réclamé des millions de dollars pour faillite et
préjudices subis ! Retenu en otage durant onze mois au Qatar, ce cadre
belge a pu finalement s’évader à bord d’un voilier en direction de
Bombay en Inde. Un scénario digne d’un film hollywoodien. Pour ce
producteur cinématographique, « Ce qui se cache derrière ce sponsor,
c’est de l’esclavage pur et simple. Vous êtes complètement dépendant de
lui ». Esclavage pur et simple, la même expression employée par Abdeslam
Ouaddou !
Autre victime du mirage qatari, le cas de
Nasser Beidoun, la cinquantaine, qui s’est retrouvé lui aussi otage de
l’émirat bédouin, pour des raisons semblables à celle de Philippe
Bogaert. Cet Américain de parents libanais et originaire de Detroit, a
vécu un cauchemar qu’il raconte sur son blog depuis qu’il a recouvert sa
liberté. Grâce à une médiatisation de son histoire et à sa citoyenneté
américaine, Nasser Beidoun a pu faire valoir son droit auprès de la
« justice » qatarie après deux ans de bataille judiciaire. Comme
Abdeslam Ouaddou et Philippe Bogaert, il dénonce aussi un « esclavage
moderne ».
Ahmed, un tunisien qui a la trentaine, a
peut-être eu plus de chance ! Ingénieur en informatique et vivant en
France, il a démissionné de la société qui l’employait pour travailler
dans une entreprise qatarie qui lui proposait un contrat juteux, des
« conditions de rêve » comme il l’a dit. Ahmed a démissionné, son épouse
journaliste a refusé un poste « dans une grande chaîne », tous les deux
ont vendu leurs meubles...pour aller s’installer au paradis qatari.
Mais peu de temps avant le grand voyage, ce jeune couple reçoit un
courrier électronique leur annonçant qu’ils n’ont finalement pas obtenu
de visa. Motif invoqué : Ahmed est de nationalité tunisienne et le quota
pour ce pays serait dépassé.
Au Qatar, les victimes se comptent par milliers
Si cet émirat aux pratiques esclavagistes et mafieuses traite ainsi
des hommes d’affaire américains et des joueurs ou des entraineurs,
Français de surcroit, que dire alors des milliers de travailleurs
asiatiques ou arabes ? Sur une population de deux millions d’habitants,
80% sont des travailleurs, c’est-à-dire des esclaves modernes dont la
majorité (asiatique) est payée entre 400 et 600 euros par mois. Selon
Human Rights Watch, 191 travailleurs Népalais au Qatar sont morts en
2010, et 98 autres de nationalité indienne sont morts en 2012. Des
accidents de travail « ordinaires » dans un émirat où le droit du
travail n’existe point. Près d’un millier de travailleurs se trouvent en
prison, lourdement condamnés pour avoir demandé des augmentations ou
une amélioration de leur condition de travailleurs.
Ils ne
sont pas travailleurs et purgent actuellement des peines de prison au
Qatar. L’un est qatari, l’autre est tunisien. Le premier, Mohammed
Al-Ajami, a été condamné en novembre 2011 à 15 ans pour un poème
interprété par la « justice » comme un appel au renversement de la
dictature qatarie ; le second, Mahmoud Bounab, ex-directeur d’Al-Jazeera
Chidren, est depuis septembre 2011 en prison dans l’attente de la
révision de son procès.
Nabil Ennasri, le gentil "doctorant" au service du vilain petit Qatar
C'est à cet émirat aux pratiques mafieuses et esclavagistes qu'a été
confié l'organisation de la coupe du Monde de 2022. La fameuse affaire
du Qatargate, qui a été révélée par le magazine France Football le 29
janvier 2013. "Comment ils ont acheté le Mondial 2022 ?", s'interrogeait
alors ce magazine. Le 11 janvier 2013, Europe1, révélait déjà que
Zinédine Zidane aurait touché près de 11 millions d'euros pour avoir
soutenu la candidature du Qatar. Il n'était pas le seul !
Tel est l’envers du décor qatari que certains mercenaires ou
propagandistes en France présentent comme un Etat respectable et comme
une démocratie en construction. Parmi les figures montantes de cette
propagande islamo-wahhabite, le Frère musulman Nabil Ennasri, jeune
doctorant français d'origine marocaine, qui a consacré son travail
"universitaire" au vernissage du tableau qatari en France. Après cette
prouesse picturale, il est implicitement candidat en Europe au poste de
« prédicateur médiatique », jusqu’alors occupé par Tariq Ramadan qui a
été appelé à d’autres « fonctions stratégiques » auprès de son altesse
royale, cheikha Mozza ! Cet enver du décor qatari a été magistralement
décrit par Nicolas Beau dans son dernier livre, "Le vilain petit Qatar.
Cet ami qui nous veut du bien", publié aux éditions Fayard. Tunisie-Secret.com
Karim Zmerli et Lilia Ben Rejeb