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jeudi 20 novembre 2014

158.400 cas d'esclavage moderne au Maroc selon une fondation américaine


CARTE ESCLAVAGE
ÉTUDE – Il y aurait 158.400 personnes victimes d’esclavage moderne au Maroc. C’est ce qu’avance une enquête de la fondation américaine "Walk Free", largement relayée par les médias internationaux, qui fait état de plus de 36 millions de personnes victimes d’esclavage dans le monde en 2014.
Selon l’ONG, qu’il s’agisse de traite humaine, de travail forcé, de servitude pour dette ou d’exploitation sexuelle, les pays d’Afrique et d’Asie sont les plus touchés.
L’Algérie et le Maroc sont classés respectivement 55ème et 56ème pays les plus touchés, sur les 167 pays concernés par l’étude, avec respectivement 188.200 et 158.400 cas.
La Tunisie, classée 100ème est moins touché par le fléau, avec 33.000 cas.
La Mauritanie connaît la plus importante proportion de victimes : en effet 4% de la population du pays est réduite à l’esclavage. Le rapport souligne que "l’esclavage est enraciné dans la société mauritanienne".
L’Inde (14,3 millions), la Chine (3,2), le Pakistan (2,1), l’Ouzbékistan (1,2) et la Russie (1,1) concentrent 61 % des personnes exploitées dans le monde.

Sans surprises, les bons élèves du classement sont l’Islande 167e, et les pays scandinaves, qui totalisent quelques centaines de cas.
Retrouvez les articles du HuffPost Maroc sur notre page Facebook.


samedi 15 juin 2013

90.000 enfants dont 80 000 "petites bonnes" travaillent au Maroc

Par Bladi.net, 13 juin 2013

Plus de 90.000 enfants travaillent au MarocQuelque 92.000 enfants âgés de 7 à 15 ans travaillaient au Maroc en 2012. 92,4% d’entre eux résident en milieu rural, 21,7% travaillent en parallèle à leurs études, 59,2% ne fréquentent plus l’école et 19,1% n’y ont jamais mis les pieds.

Ces chiffres, publiés par le Haut Commissariat au Plan à l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants célébrée le 12 juin, nous apprennent également que l’écrasante majorité, soit 9 enfants sur 10 en milieu rural, travaille pour aider sa famille.
En milieu urbain, 51,5% des enfants sont des apprentis, notamment dans les secteurs des services et de l’industrie, 25,3% sont des aides familiales, 22,1% sont salariés. En milieu rural, 95,5% des enfants travaillent dans l’agriculture, la forêt et la pêche.
Le travail des enfants est majoritairement masculin avec 54,1%, dont 51,1% en milieu rural et 90,3% en ville, et concernait 517.000 enfants en 1999. En 2011 ils étaient 123.000 à travailler avant l’âge légal.
Quelque 76.533 ménages, soit 1,1% des ménages marocains, font travailler leurs enfants, conclut le HCP dans son rapport.
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 Omar El Kindi, président de l'Association Insaf :

“Le travail des petites bonnes résulte des programmes socio-économiques qui ont failli”

Dernière mise à jour :

/DR80.000 filles de moins de 15 ans sont exploitées comme “petites bonnes” au Maroc et 60% des familles employeuses sont au fait de l’illégalité découlant du travail des enfants. Ces données filtrent de l’étude du Collectif “Pour l’éradication de l’exploitation des filles mineures dans le travail domestique”, publiée jeudi, à l'occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants. Éclairages avec Omar El Kindi, président de l’association INSAF.


Omar El Kindi (c), président de l'Association Insaf. /DR


Omar El Kindi (c), président de l'Association Insaf. /DR Propos recueillis par Kisito Ndour Agrandir





Comment avez-vous réalisé votre étude ?
Notre étude a été réalisée par un cabinet de conseil et pilotée par un expert expérimenté. Par contre, tout comme d’autres ONG (Human Right Watch), nous divergeons avec les données communiquées par le Haut commissariat au plan (HCP), qui parle de 92.000 enfants travaillant encore au Maroc en 2012. Un chiffre élevé mais en diminution. Cependant, nous considérons que notre mission ne doit pas être “polluée” par une quelconque polémique. Il suffit qu’il y ait 100 “petites bonnes” dans notre pays pour que notre combat mérite d’être mené.

D'après vous, qui est responsable de l'emploi illégal des enfants comme “petites bonnes” ? Leurs parents ou les familles employeuses ?
Nous ne raisonnons pas en termes de responsabilités directes dans la prolifération du marché des “petites bonnes”. Nous considérons que les causes relèvent de choix et de programmes socio-économiques qui ont failli.
La responsabilité des familles employeuses est grande car près de deux tiers d'entre elles savent que le travail des enfants est illégal. Les intermédiaires qui assurent l’approvisionnement de ce marché qui relève de l’esclavage, ont également une grande responsabilité. Quant aux familles “émettrices”, plus de la moitié ignorent la législation sur la scolarisation obligatoire et l’interdiction du travail des enfants. Ce qui n'exclut pas qu'elles soient responsables de l’abandon de leurs filles et de leur privation de droits fondamentaux.
Le problème est très complexe et doit être abordé en amont, par la résolution des aspects socio-économiques, en particulier dans le milieu rural; et en aval par des actions intégrées et cohérentes de lutte contre le travail des “petites bonnes” là où elles sont exploitées.

Vous demandez une loi spécifique qui sanctionnerait l'emploi des filles mineures. Qu'en est-il de la législation actuelle ?
La législation actuelle contient des éléments qui permettent d’agir: la loi sur la scolarisation obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans et le Code du travail, qui interdit le travail des moins de 15 ans. Cependant, nous demandons une loi comprenant les modalités juridiques et pratiques de protection, de prise en charge et de réparation. Le processus de prise en charge d’une fillette qui travaille comprend l’identification et l’information, le retrait du lieu d’exploitation, la prise en charge et la réinsertion. C’est un processus difficile et long. Il peut durer 4 à 7 ans.

Vous demandez à l'État de “définir le rôle des acteurs associatifs et le mode de leur intervention dans le processus de prévention contre l’exploitation des petites bonnes, la protection et la réinsertion des filles retirées du travail”. En quoi votre marge de manœuvre est-elle limitée ?
Nous posons, tout d’abord, des questions de principe. Pourquoi l’État déserte-t-il le terrain de la lutte contre ce type de dérives sociales, pourtant au cœur de sa mission? Pourquoi des organes de l’État traitent-ils les associations comme des subalternes ou des concurrents? Des associations qui agissent là où ils ont failli pour répondre à des demandes sociales réelles et urgentes. Pourquoi tant d’atermoiements pour donner aux associations la place de partenaire confirmée par la Constitution, avec toutes les prérogatives qu’elle impose?
Dans la lutte contre le travail des “petites bonnes”, le principal obstacle est d’ordre juridique. Personne n’est habilité aujourd’hui à intervenir dans le domicile d’une famille qui emploie une “petite bonne”. Par ailleurs, la prise en charge de la fillette retirée du lieu de son exploitation doit être assurée suivant une procédure réglementée.
L’autre obstacle majeur est d’ordre matériel. Les moyens des associations sont limités et nous avons de plus en plus de mal à convaincre les bailleurs de fonds de financer des activités qui relèvent de la mission de l’État. Dans le même temps, les départements ministériels, à l’exception de deux ou trois, ne semblent pas disposés à mettre la main à la poche.

Vous avez entrepris des programmes de retrait des “petites bonnes” et leur réinsertion. Comment cela se fait-il concrètement ? Avez-vous des chiffres ?
Depuis 2007, nous avons parrainé plus de 300 filles, dont 250 dans la province de Chichaoua, 50 à El Kelaâ et trois dans la province d’El Jadida. Deux de ces filles ont obtenu le baccalauréat. Deux autres poursuivent leurs études à l’université. 33 filles sont inscrites, cette année, au collège et au lycée.
Nous sommes conscients d’être loin du compte, mais nous considérons que ce que nous avons réalisé devrait servir de cadre pour élaborer des programmes (pilotes). C’est la proposition que nous avons faite plusieurs fois au ministère de la Solidarité, de la famille, de la femme et du développement social.
Nous attendons la réponse.

mardi 14 mai 2013

Des sportifs Français témoignent : le Qatar est un émirat esclavagiste


Par Karim Zmerli et Lilia Ben Rejeb  , 9/5/2013               

Quatre témoins Français parlent de leur calvaire au pays de cheikha Mozza et cheikh Hamad. Humiliés, désabusés et retenus contre leur volonté, ils sont en conflit avec des bédouins sans foi ni loi et dans l’indifférence des autorités françaises. Pour information, il y a 3366 expatriés Français au Qatar dont 1188 mineurs ! Voici un document choc de Canal Plus sur cet émirat voyou (vidéo).


Ils sont joueurs, entraineurs ou préparateurs physique. Ils sont partis au Qatar pour gagner de l’argent en échange de leur talent ou compétence. Ils le regrettent aujourd’hui amèrement et ne demandent qu’à quitter au plus vite cet émirat voyou et esclavagiste. La chaine de télévision Canal Plus est allée à leur rencontre. Témoignages accablants de Zahir Belounis, Stéphane Morello, Jean Godeffroye et Abdeslam Ouaddou. Plusieurs dizaines de personnes sont dans le même cas.

Ce document de Canal Plus est une alerte aux Français en général et à ceux qui sont d’origine maghrébine en particulier. En voulant gagner de l’argent, vous risquez de perdre votre dignité, votre liberté et même votre humanité. Le Qatar que certains médias français vous décrivent de manière fallacieuse comme un Eldorado, n’est pas celui que vous allez découvrir une fois là-bas. Cette propagande que le Qatar entretient grâce à l’argent et à son puissant réseau politique et médiatique français, de gauche comme de droite, a brisé des rêves et détruit des familles. Avant de vous laisser entrainer par une utopie qui risque de tourner au cauchemar, ayez le réflexe du Premier ministre Jean-Marc Ayrault : « Le Qatar ? Avant d’y aller, je réfléchirai ».

Zahir Belounis : « J’ai envie de partir ».

Ancien milieu de terrain de Noisy-le-Sec, de l’Île Rousse et de Saint-Lô, passé par la Malaisie (Melaka TMFC) et la Suisse (la Tour-Le Pâquier), Zahir Belounis est retenu au Qatar avec son épouse et ses deux enfants. Ce joueur franco-algérien, débauché pour servir Al-Jaïsh, le club de l’armée, dont il a été le capitaine d’équipe, est privé de ses droits et de sa liberté de quitter le territoire qatari. Les bédouins lui ont volé son contrat et, en échange de sa liberté de regagner la France, le directeur sportif du club Al-Jaïsh, Youssef Dasmal lui impose la signature d’un document dans lequel il renoncerait aux deux années de salaire que les Qataris lui doivent. « Ils m’ont empêché de vivre mon rêve », s’indigne aujourd’hui ce joueur que les bédouins veulent réduire au silence avec la complicité passive des autorités françaises et le silence assourdissant des médias français.

Stéphane Morello : « Je suis un otage qui ne connait même pas le prix de la rançon » !

Originaire de Saumur, les 52 ans dépassés, cet entraineur sportif ne touche plus aucun salaire depuis plus de trois ans. Comme beaucoup d’autres, cet ancien entraineur du Romorantin s’est expatrié au Qatar pour y faire fortune grâce à son savoir-faire footballistique. Il avait signé son contrat avec le comité olympique qatari, moyennant 6000 dollars par mois. Cela fait plus de trois ans qu’il ne touche plus aucun centime. En procès contre son employeur escroc, il espère toujours obtenir gain de cause dans un émirat où la justice est aux ordres de la famille régnante. « Je ne peux pas exercer mon travail, je ne peux pas aller travailler ailleurs, je ne peux pas quitter le territoire, je ne peux rien faire…Cela fait cinq ans que je n’ai pas pu sortir du Qatar…J’ai l’impression d’être un otage et je ne connais même pas le prix de la rançon », déclare ce citoyen français dont le pays entretient les meilleurs relations avec l’émirat bédouin.

Jean Godeffroy : « Une fois au Qatar, on ne peux plus quitter ce pays librement » !

Le cas de Jean Godeffroy est moins tragique que les précédents otages du Qatar. Cet ancien préparateur physique du prestigieux PSG a dû renoncer à neuf mois de salaire pour pouvoir quitter l’Eldorado qatari. Lui aussi, espérait y faire fortune, mais, comme il le dit lui-même, un beau jour, « un vendredi, on m’a téléphoné pour m’annoncer que ce lundi, je dois débarrasser le plancher » ! Il a été obligé de renoncer à ses droits pour obtenir le précieux « exit permit » que l’esclavagiste employeur délivre selon son bon vouloir. Aujourd’hui libre et vivant à Bastia, il témoigne de sa mésaventure afin que d’autres ne soient pas victimes de leurs propres illusions et d’une image du Qatar savamment entretenue par certains médias français.

Abdeslam Ouaddou : « C’est de l’esclavagisme pur et simple » !

Footballeur professionnel d’origine marocaine, ancien de l’équipe de Nancy, il a été recruté par le « Qatar Sports Club », deuxième club du propriétaire du PSG. Cette année-là, raconte un journaliste français, le club dans lequel jouait Ouaddou, le Lekhwiya, avait remporté le championnat national. Avant la seconde saison, on informe Abdeslam Ouaddou qu’il va désormais jouer pour un autre club. Il conteste mais finit par accepter. Une année plus tard, on lui demande de renoncer à son contrat, qui est pourtant encore valide pour une année ! Son employeur a cessé de le payer en juillet 2012, alors que son contrat expirait, en effet, e 12 juillet 2013. Dans le journal Le Monde du 22 avril 2013, il confiait : « En 2010, je m'engage pour deux saisons avec le club qatari de Lekhwiya qui appartient au cheikh al-Thani, également propriétaire du PSG. A la fin de la première saison, nous remportons le titre de champion. Je rentre en France pour les vacances et, à mon retour, tout se complique. Les dirigeants m'informent que je dois quitter le club, sans la moindre explication. J'ai d'abord cru à une blague. Mais je me suis vite aperçu que celui qui me parlait ne rigolait pas du tout. J'ai essayé de comprendre, de discuter. Mais rien à faire : "C'est un ordre du prince. Et les ordres du prince ne sont pas sujets à discussion.".

Portant l’affaire devant la Fifa, il finit par obtenir le document « exit permit », le fameux visa de sortie, en échange de renoncer à sa plainte et à ses droits. « Le jour où vous êtes moins performant, on peut tout simplement cesser de vous payer, ou de vous dire de quitter le pays. On ne va pas se voiler la face, c’est de l’esclavagisme pur et simple », lance Abdeslam Ouaddou. Vivant aujourd’hui à Nancy, il lance cet appel aux futurs candidats à l’Eldorado qatari : « Ce qui me dérange, c’est le contraste entre ce qui se passe là-bas –parce que j’y ai vécu pendant deux ans et demi- et l’image qu’ils veulent renvoyer en Occident et en particulier en France grâce au PSG…Je veux vraiment ouvrir les yeux aux joueurs qui ont l’intention d’aller vers ces destinations. Ce n’est pas l’eldorado qu’on pense » !

Philippe Bogaert et Nasser Beidoun, autres victimes de l’émirat voyou

Le sport n’est effectivement pas le seul domaine où l’on compte des victimes. En 2008, un producteur de nationalité belge, Philippe Bogaert, est resté près d’une année otage des milliardaires bédouins. Il a été pris dans un engrenage financier et judiciaire interminable. Il était le directeur d’une société qatarie qui a rapidement fait faillite en raison d’un énorme impayé. Pour ce fiasco qui n’engage pas sa responsabilité directe, Philippe Bogaert a été poursuivi par son sponsor, qui est  d’ailleurs l’actionnaire majoritaire de la société en question. On lui a réclamé des millions de dollars pour faillite et préjudices subis ! Retenu en otage durant onze mois au Qatar, ce cadre belge a pu finalement s’évader à bord d’un  voilier en direction de Bombay en Inde. Un scénario digne d’un film  hollywoodien. Pour ce producteur cinématographique, « Ce qui se cache derrière ce sponsor, c’est de l’esclavage pur et simple. Vous êtes complètement dépendant de lui ». Esclavage pur et simple, la même expression employée par Abdeslam Ouaddou !
 
Autre victime du mirage qatari, le cas de Nasser Beidoun, la cinquantaine, qui  s’est retrouvé lui aussi  otage de l’émirat bédouin, pour des raisons semblables à celle de Philippe Bogaert. Cet Américain de parents libanais et originaire de Detroit, a vécu un cauchemar qu’il raconte sur son blog depuis qu’il a recouvert sa liberté. Grâce à une médiatisation de son histoire et à sa citoyenneté américaine, Nasser Beidoun a pu faire valoir son droit auprès de la « justice » qatarie après deux ans de bataille judiciaire. Comme Abdeslam Ouaddou et Philippe Bogaert, il dénonce aussi un « esclavage moderne ».

Ahmed, un tunisien qui a la trentaine, a peut-être eu plus de chance ! Ingénieur en informatique et vivant en France, il a démissionné de la société qui l’employait pour travailler dans une entreprise qatarie qui lui proposait un contrat juteux, des « conditions de rêve » comme il l’a dit. Ahmed a démissionné, son épouse journaliste a refusé un poste « dans une grande chaîne », tous les deux ont vendu leurs meubles...pour aller s’installer au paradis qatari. Mais peu de temps avant le grand voyage, ce jeune couple reçoit un courrier électronique leur annonçant qu’ils n’ont finalement pas obtenu de visa. Motif invoqué : Ahmed est de nationalité tunisienne et le quota pour ce pays serait dépassé.
 
Au Qatar, les victimes se comptent par milliers
 
Si cet émirat aux pratiques esclavagistes et mafieuses traite ainsi des hommes d’affaire américains et des joueurs ou des entraineurs, Français de surcroit, que dire alors des milliers de travailleurs asiatiques ou arabes ? Sur une population de deux millions d’habitants, 80% sont des travailleurs, c’est-à-dire des esclaves modernes dont la majorité (asiatique) est payée entre 400 et 600 euros par mois. Selon Human Rights Watch, 191 travailleurs Népalais au Qatar sont morts en 2010, et 98 autres de nationalité indienne sont morts en 2012. Des accidents de travail « ordinaires » dans un émirat où le droit du travail n’existe point. Près d’un millier de travailleurs se trouvent en prison, lourdement condamnés pour avoir demandé des augmentations ou une amélioration de leur condition de travailleurs.

Ils ne sont pas travailleurs et purgent actuellement des peines de prison au Qatar. L’un est qatari, l’autre est tunisien. Le premier, Mohammed Al-Ajami, a été condamné en novembre 2011 à 15 ans pour un poème interprété par la « justice » comme un appel au renversement de la dictature qatarie ; le second, Mahmoud Bounab, ex-directeur d’Al-Jazeera Chidren, est depuis septembre 2011 en prison dans l’attente de la révision de son procès.

Nabil Ennasri, le gentil "doctorant" au service du vilain petit Qatar

C'est à cet émirat aux pratiques mafieuses et esclavagistes qu'a été confié l'organisation de la coupe du Monde de 2022. La fameuse affaire du Qatargate, qui a été révélée par le magazine France Football le 29 janvier 2013. "Comment ils ont acheté le Mondial 2022 ?", s'interrogeait alors ce magazine. Le 11 janvier 2013, Europe1, révélait déjà que Zinédine Zidane aurait touché près de 11 millions d'euros pour avoir soutenu la candidature du Qatar. Il n'était pas le seul !

Tel est l’envers du décor qatari que certains mercenaires ou propagandistes en France présentent comme un Etat respectable et comme une démocratie en construction. Parmi les figures montantes de cette propagande islamo-wahhabite, le Frère musulman Nabil Ennasri, jeune doctorant français d'origine marocaine, qui a consacré son travail "universitaire" au vernissage du tableau qatari en France. Après cette prouesse picturale, il est implicitement candidat en Europe au poste de « prédicateur médiatique », jusqu’alors occupé par Tariq Ramadan qui a été appelé à d’autres « fonctions stratégiques » auprès de son altesse royale, cheikha Mozza ! Cet enver du décor qatari a été magistralement décrit par Nicolas Beau dans son dernier livre, "Le vilain petit Qatar. Cet ami qui nous veut du bien", publié aux éditions Fayard. Tunisie-Secret.com
 
Karim Zmerli et Lilia Ben Rejeb                 


lundi 7 janvier 2013

Le travail des enfants domestiques au Maroc :

Quelles que soient nos appartenances et nos convictions il faut parfois exprimer les mêmes revendications. Les enfants ne sont pas pour être esclaves mais pour être notre avenir ...
Le travail des enfants domestiques au Maroc :  Certains enfants travailleurs domestiques – qui sont majoritairement des filles – travaillent dur pendant 12 heures par jour, 7 jours par semaine, pour des sommes aussi minimes que 100 DH par mois. Certaines filles ont affirment que leurs employeurs les battaient et les insultaient fréquemment, les privaient d’éducation et leur refusaient parfois des repas suffisants.
Le gouvernement marocain a réduit les taux de travail des enfants et augmenté le taux de scolarisation au cours de la dernière décennie. Mais il devrait  veiller rigoureusement au respect des lois interdisant le travail domestique des enfants de moins de 15 ans par l'application de sanctions contre les employeurs et les recruteurs, la création de mécanismes efficaces pour identifier les enfants mineurs et les retirer des domiciles des employeurs, et la surveillance des conditions de travail des travailleurs domestiques âgés de 15 à 17 ans
Le travail des enfants domestiques au Maroc : Certains enfants travailleurs domestiques – qui sont majoritairement des filles – travaillent dur pendant 12 heures par jour, 7 jours par semaine, pour des sommes aussi minimes que 100 DH par mois. Certaines filles  affirment que leurs employeurs les battaient et les insultaient fréquemment, les privaient d’éducation et leur refusaient parfois des repas suffisants.
Le gouvernement marocain a réduit les taux de travail des enfants et augmenté le taux de scolarisation au cours de la dernière décennie. Mais il devrait veiller rigoureusement au respect des lois interdisant le travail domestique des enfants de moins de 15 ans par l'application de sanctions contre les employeurs et les recruteurs, la création de mécanismes efficaces pour identifier les enfants mineurs et les retirer des domiciles des employeurs, et la surveillance des conditions de travail des travailleurs domestiques âgés de 15 à 17 ans

mercredi 9 septembre 2009

Des travailleurs marocains exploités et logés dans une étable


Par Stéphanie Lacaze, Libération, Bordeaux, 8/9/2009


Leurs employeurs devant la justice. «C’est l’exploitation d’une misère plus grande que la leur». Cette observation de Christelle Jouteau, l’avocate des parties civiles résume bien le comportement des douze exploitants agricoles qui comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour «prêt illicite de main d’œuvre, travail dissimulé et emploi d’étrangers» notamment. Ces agriculteurs, des viticulteurs pour la plupart sont accusés d’avoir employé au début de l’année 2003, via une société écran basée en Espagne, des travailleurs marocains en situation illégale, et sous-payés.

Emile Van Lierde. Son nom revient sans cesse au cours de l’audience. Mais le principal accusé dans cette affaire n’a pas daigné faire le déplacement jusqu’au tribunal. Il faudra se contenter de ses déclarations devant le juge d’instruction lues par le Président. Ce Belge est accusé d’avoir monté une société de droit espagnol, Agriganda, pour faire travailler des salariés en France à moindre coût. Installé à cheval entre l’Espagne et la France, Emile Van Lierde recrutait par le biais de petites annonces des travailleurs marocains dans la région de Huelva en leur faisant miroiter un bon travail en France, bien payé, avec un logement sur place. Arrivés en Gironde, les malheureux qui avaient répondu à l’annonce ont découvert une réalité bien différente. «Dès le premier jour, j’ai été frappé par le logement» raconte Abdelatif Azirar à la barre, «mais je n’avais pas assez d’argent pour retourner en Espagne, alors je suis resté travailler.» Abdelatif est en effet logé avec d’autres employés dans une dépendance de la maison d’Emile Van Lierde. Il s’agit en réalité d’une ancienne étable, pas isolée, sans chauffage (au mois de janvier), et équipée d’une installation électrique plus que précaire.
En l’absence de son fondateur, le président interroge Jean-Paul Bougès, un des «clients» d’Agriganda, sur la société. Ce viticulteur a fait travailler 11 personnes par le biais de l’entreprise d’Emile Van Lierde. Il raconte qu’il a fait la connaissance du Belge en 2000. Il l’employait alors pour des travaux saisonniers dans son exploitation. Pour faire face à la pénurie de main d’œuvre, celui-ci lui aurait ensuite proposé de faire venir des travailleurs d’Espagne, par le biais d’une société de droit espagnol. Van Lierde a prétendu pour sa part, lors de ses interrogatoires que l’idée lui avait été suggérée par Jean-Paul Bougès. «Même si vous n’êtes pas à l’origine de cette société, questionne le Président, ce montage proposé par Mr Van Lierd ne vous a pas paru bizarre ? Si Monsieur van Lierd était un grand juriste, il n’aurait pas besoin de venir faire les saisons chez vous. »
Le viticulteur plaide la bonne foi et explique avoir signé les contrats sans trop regarder. Ses co-accusés choisissent le même mode de défense et affirment tous qu’ils pensaient que la société Agriganda était parfaitement légale. Emile Van Lierde leur avait affirmé que les salariés coûtaient moins cher car il payait ses charges sociales en Espagne. Tous ont semble-t-il adhéré à ce discours qui les arrangeait bien. Comme le précise Denis Chassériaud, ancien maraîcher, «si j’avais su ce qui allait se passer par la suite, j’aurais pas pris le risque de faire travailler cette entreprise pour économiser 100 euros.» Son exploitation a été liquidée fin 2003, il est aujourd’hui chauffeur agricole pour 1100 euros par mois. Les autres accusés n’ont pas des revenus supérieurs. Ce sont tous des petits exploitants acculés à faire des économies sur tous les postes. Dans ses réquisitions, le procureur a demandé 3 ans de prison dont 2 avec sursis à l’encontre d’Emile Van Lierde, de 3 à 6 mois de prison avec sursis pour les autres accusés et une amende de 1000 euros par salarié exploité. Le jugement a été mis en délibéré au 12 octobre.