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samedi 15 juin 2013

Secours Populaire : Le Parlement européen vote une aide alimentaire digne de ce nom

12/6/2013

L'aide alimentaire en constante augmentation durant l'année 2011. Jeunes, personnes âgées, tout le monde est touché.
O. Pasquiers/Le bar Floréal, photographie

Un succès qui en appelle d’autres : au moins 74% des députés européens se sont prononcés, ce mercredi 12 juin, pour la création d’un Fonds européen d’aide alimentaire (FEAD). Surtout, ils ont choisi des modalités et une dotation beaucoup plus favorables que celles qui leur avaient été soumises par le Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etats et de gouvernements des 27 pays membres de l’Union européenne.


L'aide alimentaire en constante augmentation durant l'année 2011. Jeunes, personnes âgées, tout le monde est touché.

Il s’agit d’une étape importante pour les associations qui distribuent l’aide alimentaire en France (Secours populaire, Croix-Rouge Française, Banques alimentaires et Resto du cœur), mais le texte définitif n’est pas encore adopté. Il faut encore franchir l’étape de la négociation entre les trois institutions européennes : le Parlement, le Conseil et la Commission.
En se prononçant pour un FEAD d’un montant de 3,5 milliards d’euros, pour la période 2014/2020, alors que le Conseil européen ne proposait que 2,5 milliards, le Parlement européen maintient l’aide alimentaire à son niveau antérieur. Mais, les besoins en la matière sont évalués par les associations et la Commission européenne à 4,75 milliards. Un niveau bien supérieur, donc.
"Nous allons rencontrer nos trois partenaires pour déterminer comment nous allons continuer à sensibiliser les chefs d’Etats et de gouvernements afin de les convaincre du bien fondé de notre position", indique Jean-Louis Callens, secrétaire national du SPF en charge des questions d’alimentation.
Reconnaissant le "caractère bénévole des organisations" qui distribueront l’aide humanitaire, les députés ont établi que les contraintes administratives ne seront pas plus dures que pour le prédécesseur du FEAD, le Programme d’aide aux plus démunis, dont l’existence va s’achever en décembre prochain.

Julien Lauprêtre"Une très large majorité des eurodéputés a approuvé le maintien de l’aide humanitaire européenne, a réagi Julien Lauprêtre, le président du SPF. La mobilisation de nos bénévoles et de nos partenaires a payé. Il reste néanmoins nécessaire de continuer d’informer l’opinion publique, les élus français et européens pour que la menace de mourir de faim, qui pèse sur 18 millions de personnes vivant sur notre continent, soit définitivement écartée."
  
Les principaux éléments approuvés par les eurodéputés
- L’augmentation d’1 milliard d’euros du budget, le portant à 3,5 milliards.
- La participation obligatoire des Etats membres.
- Un co-financement de l’Union européenne à 85%.
- La simplification administrative : les règles de fonctionnement seront légères afin de simplifier au maximum la gestion des associations.
- Les denrées alimentaires en provenance des stocks d’intervention agricole seront mobilisées.
- La priorité sera donnée à l’aide alimentaire, point d’entrée du parcours d’inclusion sociale.


samedi 16 octobre 2010

Quand l’aide alimentaire vire à la malbouffe...pour les jeunes enfants

Par CHLOÉ DEMOULIN, Bakchich, 16/10/2010
La politique d’aide alimentaire des pays du Nord à destination des pays du Sud repose encore sur l’écoulement de surplus agricoles qui sont inadaptés aux jeunes enfants. MSF tire la sonnette d’alarme.
Depuis les années 1960, la politique d’aide alimentaire développée par les pays du Nord à destination des pays du Sud repose sur l’écoulement des surplus agricoles. Mais aujourd’hui, ces excédents ne sont plus assez diversifiés pour lutter contre la malnutrition infantile. Au contraire, la majorité des programmes alimentaires internationaux distribuent des farines enrichies à base de soja et de maïs qui mettent en danger le développement des jeunes enfants. En clair, ces produits ne seraient jamais donnés aux enfants occidentaux.
A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation le samedi 16 octobre, Médecins sans frontières (MSF) lance donc une campagne qui appelle à la réforme de l’aide alimentaire internationale et une pétition qui sera présentée aux dirigeants du sommet du G8 en France en 2011.
L’ONG demande expressément aux bailleurs de fonds, y compris à la France et à l’Union européenne, de changer leurs habitudes et de donner aux pays du Sud une nourriture adaptée aux enfants de 6 mois à 2 ans, les premières victimes de la malnutrition.
Dessin de Ray Clid - JPG - 45.4 ko
Dessin de Ray Clid
Paradoxalement, il existe un consensus autour de l’idée que les farines enrichies en protéines végétales distribuées aux jeunes enfants du Sud ne sont pas adaptées à leur croissance.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les syndicats de pédiatres nord-américains et européens, cette nourriture est loin de correspondre aux standards internationaux préconisés pour les enfants âgés de moins de 2 ans. En 2009, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lui même reconnu qu’il existait des failles dans cette stratégie d’aide.
DOUBLE STANDARD
France Info - Pire, les pays donateurs eux-mêmes, comme les États-Unis ou l’Espagne, sont parvenus à réduire considérablement le taux de malnutrition infantile sur leur propre sol en misant sur des programmes de distribution d’aliments adaptés. « Arrêtons le double standard, arrêtons de distribuer aux enfants des pays du Sud de la nourriture que nous ne donnerions pas à nos propres enfants », s’insurge le Dr Marie-Pierre Allié, présidente de MSF. D’autant qu’il existe déjà des pâtes nutritives plus adaptées dont l’utilisation pourrait être généralisée.
Pour autant, le manque de volontarisme politique se fait encore sentir sur le terrain. Cet été, le PAM a de nouveau distribué des farines enrichies aux enfants lors de la crise nutritionnelle qui a touché le Niger.« C’est bien d’écrire une politique mais si on n’a pas les fonds pour les implémenter, ça ne sert à rien », explique Stéphane Doyon, responsable nutrition de la Campagne d’accès aux médicaments essentiels de MSF. Il faudrait doubler le prix des farines pour faire le saut qualitatif nécessaire. Ce que les bailleurs de fonds ne sont apparemment pas encore prêts à faire.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les syndicats de pédiatres nord-américains et européens, cette nourriture est loin de correspondre aux standards internationaux préconisés pour les enfants âgés de moins de 2 ans. En 2009, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lui même reconnu qu’il existait des failles dans cette stratégie d’aide.