Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

lundi 6 mai 2013

Présentation du livre "le petit berger qui devint communiste"


La présentation du livre "le petit berger qui devint communiste". L'activité organisée par l'AMDH, section de Mohammedia, a connu un grand succès. Il a dépassé les attentes des organisateurs. Aussi bien par la nombreuse assistance, que par la qualité des présentations (faites par la militante Mounia Belkadi en français et par Abdellatif Sardi en arabe), et des interventions de la salle. La modération assurée par le militant Mehdi Nassi, l'organisation de la salle ... assurée par les militants Morad Kertachi et Kerrad Abderrahim étaient sans fausse note aucune. Plusieurs intervenantEs ont contribué au succès de cet extraordinaire après-midi. Latifa Kandoussi, Mohammed Moussaoui, Hsaïn, Khadija Wahid...étaient simplement extraordinaires. Mouad El Haked, des bidonvillois, des ouvrières, des ex prisonniers politiques, des camarades, des amis et des membres de la la petite famille (Lahcen, Saïd, Khadija, Rabea, Rafik...),tous et toutes étaient là. Merci tout le monde. Ali Fkir, le samedi 4 mai 2013     Voici le texte de présentation du livre de Ali Fkir « Le petit berger qui devint communiste », pour toute personne qui aimerait le lire ou en avoir une idée.
- En français (Mounia):
 https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=2VlTC54zti8#! - En arabe (Mehdi, Sardi) http://www.youtube.com/watch?v=56DO1iBCrjE&feature=share                                                          -------------------------------


 "Si l’on sait que l’infatigable Ali Fkir, le natif de Beni Tadjit, est un descendant d’une famille de militants de nature, de « guerriers irréductibles » comme les a qualifiés le lieutenant colonel J. Barrère, dans la revue historique de l’Armée en 1952, qui par leur ardeur guerrière, ont toujours dirigé une résistance indomptable contre la colonisation et contre le Makhzen, pour rester des hommes libres, l’on ne va pas s’étonner de son parcours de révolutionnaire et de militant hors pair, pour la liberté, pour la dignité et pour les droits humains.
Passer de la vie d’un berger jusqu’à l’âge de onze ans à la vie d’un écolier puis d’un lycéen, section mathématiques, ensuite à celle d’un élève ingénieur ,à celle d’un professeur de gestion et enfin d’un encadreur de stagiaires dans les différentes sections de l’économie et de gestion, n’est pas un parcours anodin, ni habituel qu’on rencontre tous les jours.
Un berger qui lira, plus tard, Marx, Engels, Voltaire, Lénine, mais aussi Balzac, Zola et Simone de Beauvoir, ce n’est pas une figure que l’on croise, chaque jour, non plus.
Et surtout un berger qui adhérera au Parti Communiste Marocain et qui deviendra le premier responsable de la jeunesse communiste de la région de Meknès ; un berger qui contribuera à la création du Mouvement Marxiste Léniniste Marocain et de l’Organisation Ilalamam dont il sera membre de la direction provisoire et enfin un berger qui sera emprisonné et torturé pendant un peu plus de onze ans dans les prisons marocaines pour ses engagements politiques.
Un berger plein d’humanité , d’altruisme et de courage, je dirais presque insolent, pour défendre la cause des plus faibles , des plus démunis, et de la femme sans la considérer comme un être inférieur, en quoi que ce soit à l’homme . Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres, la commission de l’éducation aux droits humains de l’Amdh, section de Mohammedia, a décidé de lire, de méditer , mais aussi d’inviter à lire ce livre que je me permettrais de nommer « Mémoires d’outre Prison » , qui trace avec vivacité, un itinéraire historique mais aussi très lyrique, d’une époque ,ô combien marquante pour les marocains, celle des années de plomb ainsi que les tunnels obscurs de Derb Moulay Chrif.
Ce qui est remarquable chez l’ex petit berger, c’est son anti-sexisme naturel, du moment qu’il a toujours été, instinctivement, indigné par la dévalorisation de la femme, au sein de la société marocaine, due aux dogmes religieuses et aux croyances sociales ancestrales qui réduisaient cette dernière à un être inférieur, conçu juste pour assurer le bien être du mâle et satisfaire ses besoins et fantaisies. Ces convictions, il les avait adoptées avant même de découvrir la littérature des Lumières ou la philosophie marxiste. Sa mère, à titre d’exemple, qualifiée par lui comme « la principale force productive » était le pivot central de la famille et sa gratification pour elle n’était pas moindre.
D’autre part, ce petit berger devenu, instinctivement, marxiste au fil des années, se sentait, harmonieusement amazigh et arabe, sans complexe aucun et sans xénophobie aucune qui l’aurait poussé à rejeter les arabes, vu ses origines amazighes. Ce livre est donc un vrai hymne à la tolérance.

 
Il retrace également le parcours du Maroc à une époque où la société adoptait encore l’esclavagisme, le sexisme, la ségrégation en fonction des origines, de la couleur, des croyances religieuses, si l’on s’aventure à prétendre qu’on ne la vit plus actuellement.
Il nous apprend, également, avec acharnement mais aussi avec optimisme, que la misère humaine n’est pas une destinée fatale que nous devrions subir, mais un sort injuste contre lequel nous devons lutter, au sein de cette société capitaliste, qui gâte les uns au dépend des autres, et que bâtir un monde meilleur est toujours possible.
L’ex petit berger découvrira, plus tard, non avec amertume, que la figure de Hassan II est liée au visage hideux du Makhzen et de son mépris du peuple. Il relate certains événements gravés dans les mémoires des marocains notamment la répression sanglante et massive de la population rifaine en 1958. La scandaleuse prison de Tazmamart, les enlèvements, les assassinats, les exécutions des militants les jours des fêtes religieuses, la torture, la répression généralisée et bien d’autres actes criminels sont des exploits barbares de ce roi tyran, que notre petit n’a jamais pu oublier et que l’histoire populaire ,d’ailleurs, n’effacera jamais.
L’ex petit berger se demande, d’ailleurs, si ces crimes sanguinaires, contre l’humanité, n’auraient pas été hérités d’un autre bourreau de la même famille chérifienne, à savoir Ismail, qui commandait des fatwas aux oulémas, selon ses besoins, pour exploiter les citoyens, et qui finit par en avoir une qui lui permettait de se servir des « haratines » comme esclaves (haratines désignait à l’époque des personnes ayant le père blanc et la mère noire ou inversement et de vendre et d’acheter librement les esclaves (classe constituée de père et de mère noire).
D’autre part, je tiens également à attirer votre attention à un point qui me paraît crucial, c’est que ma présentation ne se veut nullement une lecture académique qui répond aux exigences de l’analyse critique, mais tout humblement un partage d’une impression toute personnelle suggérée par la connaissance humaine, de cet ex petit berger et surtout par la lecture de ce livre, qui m’offrit personnellement , des moments d’émotion forte, des sourires, des rires, des frissons mais aussi des larmes en m’identifiant à lui à plusieurs reprises, par exemple, au moment où il a accroché le 1e prix de l’école, lui qui ne savait ni lire ni écrire, ni même parler arabe, jusqu’à l’âge de 11 ans ; le jour où il a accédé pour la première fois à la maison de son institutrice française ; le jour où il est allé avec ses camarades de classe ,tous des enfants, réclamer le retour de l’institutrice qui était partie allaiter son nouveau-né, geste qui leur a valu une belle raclée_falaqa_ et la corvée de cueillir les olives du jardin du caïd et celui de l’école pendant toute une semaine ; les anecdotes très drôles ,des fois même grotesques ,quant à l’apprentissage de l’alphabet arabe par des ouvrières amazighes auquel il attribuait bénévolement ; les détenus portant des uniformes de prison ne correspondant pas à leurs tailles ,ressemblant ainsi à des clowns ; mais aussi, des histoires beaucoup moins drôles, notamment le sort de son camarade et ami du collège, Moha Boutout, qui mourut le 1er mars 1978, dans des conditions inhumaines dans la cellule n 55 du bagne secret de Tazmamart, pour sa participation à la tentative du coup d’Etat du 10 juillet 1971.
Personnellement, certains chapitres m’ont beaucoup interpellée et je m’y suis attardée longuement, beaucoup plus que d’autres. Je citerai notamment les chapitres intitulés « Les arrestations de 1972 », « Le regroupement », « La grève de faim » et « 1978, l’éveil du volcan sentiment ».
En effet, après l’arrestation de Laâbi en mars 1972 et de Abdelhamid Amine, le 29 mai de la même année, l’ex petit berger, étant poursuivi et recherché par la police, fugua pendant plus de 19 jours et se réfugia chez des camarades, mais prit finalement la décision de se rendre pour passer quelques jours en prison et puis sortir pour reprendre la lutte. Une fois entre leurs mains, voilà ce qu’ils lui firent, je cite : « Les tortionnaires ne perdirent pas leur temps, ils entamèrent immédiatement la première séance de la torture : les mains ligotées autour des genoux, la barre sous les genoux, il fut suspendu, c’est le système dit perroquet. On vous étouffe avec des chiffons et eaux sales, des coups sur le pied, des coups de poing, des insultes, des propos dégradants …et puis on vous pose des questions et cela jusqu’à l’évanouissement .Vous perdez connaissance ». Un peu plus loin, il dit « La torture est insupportable. On peut décrire les moyens utilisés, ses formes, mais jamais ce que ressent la victime. Impossible. C’est trop horrible. C’est atroce. Personne ne peut décrire la souffrance, la douleur ». Ces séances lui étaient imposées ainsi qu’à d’autres militants, évidemment, pour dévoiler les noms des autres membres de l’organisation Ilamam. Cependant, elles ne trouvèrent en face qu’un mutisme profond. Imaginer l’ex petit berger , Amine, Moussaoui, Belmajdoub, El Mansouri, isolés dans des cellules individuelles de Derb Moulay Cherif, de 2m20 sur 1m20,pendant des semaines sans visite, avec une alimentation plus qu’infecte et un trou toujours ouvert et nauséabond, pour faire ses besoins, des poux, des taupes et des centaines de cafards qui réclament leur nourriture est un moment fort que t’impose la lecture de ce livre. Mais heureusement, qu’il offre aussi d’autres moments de détente et d’allégresse, le lecteur ne peut que partager les moments de bonheur avec les ex prisonniers politiques, surtout au moment du rassemblement du groupe de 1972 dans la prison de Ghbila, qui s’auto-imposèrent des règles de conduite strictes alliant respect, solidarité et démocratie . A la fin, on se trouve familiarisé avec presque tous les membres de ce groupe ,de Amine et Derkaoui, les conciliateurs et modérateurs, à Hssain ,le blagueur , le chanteur, le poète, qui détestait faire le parterre et la vaisselle ; en passant par Belmajdoub, Rahmouni et Drissi, qui répartissaient l’alimentation arrivée dans les paniers des familles des prisonniers et auquel l’ex petit berger rend hommage à plusieurs passages.
Enfin, la visite d’une belle et jeune fille ,étudiante en droit et militante de l’Unem, que l’ex petit berger, reçut un jour en prison pour lui apporter ses cours, envoyés par ses camarades sortis de la prison sera le dernier évènement que je vous raconterai en vous laissant le soin de découvrir le reste et les détails. Cette jeune fille, dite « La belle au bois dormant » pour rester fidèle à l’appellation du berger communiste, n’est autre que notre camarade et amie Zhor, qui deviendra sa compagne pour la vie. Le premier baiser qu’il lui offrit et leur mariage officialisé en prison sont à eux seuls, des moments plus que troublants.


Un récit engagé, autobiographique ,historique et politique ,voilà ce que c’est ,du moins pour moi, ce livre de 228 pages ,écrit spontanément , sans relecture, sans correction, sans censure, avec conscience et émotion, exactement à l’image de son auteur ,que nous connaissons tous ,comme un camarade, un ami, un grand frère et un homme de cœur. Je crois que j’ai épuisé mes mots. ! A vous mes chers amis et merci pour votre écoute solennelle. "
Mounia Belkadi , de la commission de l'éducation aux droits humains ,l'Amdh,Mohammedia.


Remerciements d'Ali Fkir
La présentation du livre "le petit berger qui devint communiste". L'activité organisée par l'AMDH, section de Mohammedia, a connu un grand succès. Il a dépassé les attentes des organisateurs. Aussi bien par la nombreuse assistance, que par la qualité des présentations (faites par la militante Mounia Belkadi en français et par Abdellatif Sardi en arabe), et des interventions de la salle. La modération assurée par le militant Mehdi Nassi, l'organisation de la salle ... assurée par les militants Morad Kertachi et Kerrad Abderrahim étaient sans fausse note aucune. Plusieurs intervenantEs ont contribué au succès de cet extraordinaire après-midi. Latifa Kandoussi, Mohammed Moussaoui, Hsaïn, Khadija Wahid...étaient simplement extraordinaires. Mouad El Haked, des bidonvillois, des ouvrières, des ex prisonniers politiques, des camarades, des amis et des membres de la la petite famille (Lahcen, Saïd, Khadija, Rabea, Rafik...),tous et toutes étaient là. Merci tout le monde. 


















<
    

DES MILLIERS DE MAROCAINS MARCHENT CONTRE LA PEDOPHILIE


936731_10151586664702431_59798399_n-1 
Le 5 mai plusieurs milliers de personnes ont participé dimanche à Casablanca à une « marche blanche » pour dénoncer la pédophilie et les violences faites aux enfants après l’agression d’une fillette qui a marqué l’opinion, a constaté un photographe de l’AFP.

Titres complétés pour retrouver facilement les articles de la semaine du 27 avril au 5 mai 2013



  • Pour retrouver facilement les articles de la semaine du 27 avril  au 5 mai 2013 sur http://solidmar.blogspot.com
  • La population sahraouie manifeste  pacifiquement contre la trahison de l’ONU. Le Maroc réagit par un déchainement de violence qui ne semble pas avoir de limites . Même la France exprime sa désapprobation !
    Le Maroc de plus en plus isolé continue à avoir l’audace de sensibiliser et informer sur les droits de l’Homme !
    L’affaire Ali Aarrass résume ce qu’est la mascarade de justice marocaine et prouve que la “nouvelle” constitution n’est qu’une ignoble supercherie
    ------------------------------------------
  • Point hebdomadaire n°22 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc




    Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
    ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre


    Point hebdomadaire n°22 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc

    Cela fait six mois que l’ASDHOM a lancé la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc. Au lancement de cette opération de solidarité, parrainée par Gilles Perrault, nous avons comptabilisé 172 victimes de violations de droits que nous avons proposées au parrainage.
    Si 31 parmi ces détenu-e-s ont, depuis, été libéré-e-s à la fin de leurs peines, 78 autres ont été arrêté-e-s et condamné-e-s ou dont le procès est encours. Plusieurs militants de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc font partie de ces derniers.
    Ce point hebdomadaire leur est largement consacré et notamment à ceux, parmi eux, qui mènent une grève de la faim.     
    Les informations que nous recevons sur leur état de santé sont inquiétantes et nous préoccupent au premier degré. L’ASDHOM déplore que les autorités marocaines n’aient pas répondu favorablement aux différents appels que des organisations des droits de l’Homme et des parlementaires européens leur ont adressés pour satisfaire les revendications des grévistes de la faim.
    Voici ci-dessous un aperçu rapide sur la situation :

    Groupe UNEM-Taza : Tarek Hammani et Abdessamad Haidour sont à leur 63ème jour de la grève de la faim. Un rapport publié récemment fait état de conditions de détention inhumaines à la prison locale de Taza où ils sont entassés à 17 dans une cellule de 16 m2 avec des prisonniers de droit commun. Affaiblis par la grève de la faim (perte significative de poids), ils ont été admis à l’hôpital Bnou Bajja où ils sont enchainés à leurs lits. La section de l’AMDH a pu leur rendre visite pour s’enquérir de leur santé après que leurs familles aient été informées de la dégradation soudaine de leur santé. Il devient urgent que les autorités pénitentiaires accèdent à leurs revendications. Un drame peut survenir à tout moment et les autorités marocaines en porteront la responsabilité.

    Groupe UNEM-Fès :   Tarek Jaïbi, Younes Erroufi, Hicham Boughlad et Mohamed Saleh, prisonniers politiques de l’UNEM, incarcérés à la prison locale Ain Kadous, sont à leur 40ème jour de la grève de la faim. Le 28 avril, Ils signent un communiqué avec 19 autres nouveaux militants de l’UNEM, dont deux femmes, pour dénoncer leurs conditions de détention et réclamer leur libération. Ces derniers ont été arrêtés suite aux interventions violentes des forces de l’ordre après que les étudiants du campus Dhar El-Mahraz aient décidé de boycotter les examens universitaires du 15 avril et entamer une série de manifestations pacifiques. Le 1er mai, les forces de l’ordre ont arrêté deux autres militants qui ont participé aux marches des travailleurs ce jour-là. Voici donc la liste des noms après ces arrestations : Al-Bouche Aïcha, Sabah Asmae, Chafik Salah Eddine, Moussa Sammouni, Mimoun Benziza, Abdelhaq Bouti, Youssef Bouarfa, Mohamed Boughanem, Abdelkrim Rabhi, Mourad Boubker, Jaber Rouijel, Abdelouahed Mourabit, Mohamed Hammouch, Hamid El-Moumen, Anas Bachiri, Yassine Tirid, Achraf Sekkouri, Rachid Aghzar, Omar Taybi, Oussama Zantar et Abdennabi Chaoul.             

    Groupe UNEM-Meknès : Hassan Koukou, Soufiane Sghéri, Mounir Ait Khafou, Mohamed Eloualki et Hassan Ahmouch, militants de l’UNEM, arrêtés depuis décembre 2012, sont à leur 55ème jour de la grève de la faim. Leur état de santé se détériore de jour en jour. Voyant que les autorités pénitentiaires refusent d’accéder à leurs revendications, ils ont décidé de mener en plus de la grève de la faim, une grève de la soif pour 72 heures à partir du lundi 6 mai.
    Sur ce sujet de la grève de la faim, l’ASDHOM salue l’initiative prise par l’association Maroc Solidarités Citoyennes, basée à Grenoble, en invitant les personnes éprises de justice à signer la pétition qu’elle a lancée en faveur des prisonniers politiques, grévistes de la faim. Vous trouverez cette pétition sur le site de l’ASDHOM, rubrique Témoignages et lettres.

    Groupe UNEM-Marrakech : Après plusieurs reports, les dix militants de l’UNEM (Voir points hebdomadaires précédents), arrêtés à Marrakech en janvier dernier, viennent en ce début mai d’être fixés sur leur sort. Aziz El-Bour, Mohamed Mouaden, Hicham Meskini et Abdelhaq Talhaoui ont écopé de 3 ans de prison ferme. Hamid Zaddou, Mohamed Ahrik et Boujamaâ Jamou ont écopé de 2 ans et demi de prison ferme. Baghdadi, Ouakkassi et Najimi ont, quant à eux, écopé de 2 ans de prison ferme.

    Groupe Ouarzazate-Syndicalistes : Le secrétaire local de la CDT-Ouarzazate (Confédération Démocratique du Travail), Hamid Majdi, également membre du Parti Socialiste Unifié et de l’AMDH, a été présenté devant le juge du tribunal de première instance de Marrakech le 24 avril 2013 après avoir été arrêté en décembre 2012. L’ASDHOM avait informé de son arrestation. Hamid Majdi est connu pour son implication dans la défense des mineurs de la région d’Ouarzazate dont certains se sont retrouvés en prison pour leur mouvement de protestation contre les responsables de SMI, la société qui exploitent les mines de la région. Son procès est fabriqué de toutes pièces. On l’a accusé d’être en possession de la drogue qu’il cachait dans sa voiture ! Son procès a été reporté au 8 mai 2013. Un comité régional de défense des prisonniers politiques et syndicaux s’est constitué de toutes les organisations démocratiques de la ville et a publié un communiqué pour lui apporter son soutien et condamner les méthodes utilisées par les services de l’Etat marocain en totale contradiction avec le discours relatif au respect des droits de l’Homme.

    Groupe 20-Février-Al-Hoceima : Le prisonnier politique Abdallah Afallah, condamné à 3 ans de prison ferme, n’a pas été autorisé par les autorités pénitentiaires de la prison d’Al-Hoceima à assister aux funérailles de son père, décédé le mercredi 1er mai 2013. Cette possibilité a d’ailleurs été accordée à d’autres prisonniers qui ont en fait la demande. Ce « deux poids, deux mesures » est condamnable. Il montre l’attitude de vengeance que pratique l’administration pénitentiaire envers les prisonniers politiques.   

    Groupe Belliraj-Salé : Ali Aarrass, Belgo-Marocain condamné à 15 ans de prison ferme après avoir été extradé par l’Espagne le 14 décembre 2010, clame toujours son innocence. Dans une lettre que sa sœur Farida a traduite pour son comité de soutien en Belgique, et où il dénonce ces 4 ans de détention arbitraire, il dit « côtoyer des horreurs et des injustices qu’aucun homme ne pourrait jamais imaginer !  Le nombre de personnes torturées dans des centres comme celui de Temara, avant d’être amenés en prison, est impressionnant ! Nombre de prisonniers n’ont ni avocats, ni famille pour s’inquiéter de leur sort ! Certains d’entre eux ont été torturés des mois durant. »
    Rappelons que le célèbre juge espagnol, Garzon Baltasar, l’avait innocenté de tout fait de terrorisme qui lui avait été reproché.

    Groupe Kalaât Sraghna (Nouveau) : Trois militants, membres du Parti de l’Avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS), de l’AMDH, du mouvement 20-Février et de l’ANDCM, seront présentés devant un tribunal d’appel de Kalaât Sraghna, le 9 mai 2013, après avoir été jugés en première instance à une amende de 2000 Dirhams chacun. On leur reproche leur campagne en faveur du boycott des élections législatives du 25 novembre 2011. Il s’agit de Safi Eddine El-Boudali, Abdennaji Koumri et Azzedine Louzi. L’ASDHOM considère que ce procès est une atteinte flagrante à la liberté d’expression et d’opinion. Elle demande purement et simplement l’abandon des charges aberrantes retenues contre eux.  

    Après ce tour de prisons et tribunaux marocains, vous constaterez que nos listes sont passées de 172 à 219 candidat-e-s au parrainage. Ce nombre risque malheureusement d’augmenter quand on voit les rapports d’ONG et les informations accompagnées de vidéos qui nous proviennent d’Assa, de Boujdour et surtout de Laâyoune au Sahara. Depuis la décision du Conseil de Sécurité qui a prorogé la mission de la MINURSO sans l’étendre à l’observation des droits de l’Homme dans la région, les derniers événements concernant le conflit du Sahara Occidental sont accompagnés d’interventions violentes de la part des forces de l’ordre marocaines faisant plusieurs blessé-e-s. Des responsables sahraouis d’associations de défense de droits de l’Homme ont été intimidés et inquiétés jusque dans leurs domiciles.

    Pour le bureau exécutif
    Ayad Ahram
    Président de l’ASDHOM
    Paris, le 5 mai 2013


    Ahmed Assid : « Je suis un militant des droits humains qui veut changer les choses ».




    Assid :La seule ambition qui anime mes démarches.. Briser les Propos recueillis par Abdelkader El-Ainetabous






    Lareleve.ma,4/5/2013

    C’est sans doute le Marocain le plus en vue actuellement. Dans les médias, les réseaux sociaux, Ahmed Assid occupe une place de choix. Ses détracteurs sont même allés jusqu’à appeler à son assassinat.

    Ahmed Assid porte plusieurs casquettes. Il est professeur de philosophie, écrivain, militant amazigh,  poète… Pour l’autoportrait voilà comment il se définit : « Je suis un militant des droits humains qui veut changer les choses ».

     À la question de savoir si ses multiples occupations lui laissent le temps d’avoir une vie privée, M. Assid répond : «Ma vie personnelle est malheureusement très perturbée par mes programmes trop chargés et mon rythme de travail effréné. J’ai peu de temps à me consacrer à moi-même et à mes proches».

    Infatigable comme un chameau, Ahmed Assid est toujours au four et au moulin. Il écrit beaucoup, participe à des débats partout au Maroc, anime une émission radiophonique et effectue des recherches sur la culture amazighe.

    Sa forte présence dans les médias ces deux dernières années, il la doit à ses positions jugées «peu orthodoxes».

    «Si je suis très présent un peu partout, sachez que je n’en avais pas l’intention ni la prétention. Le fait est que, depuis maintenant deux ans, une certaine tension a pris place un peu partout et a tendance à augmenter, surtout quand j’ai commencé à toucher des points sensibles, à secouer des tabous politiques, culturels et sociaux.  Normal que des esprits rétrogrades s’élèvent contre mes pensées», nous déclare-t-il.

    Sans le cacher, Ahmed Assid assume le sobriquet qui lui colle à la peau : «Briseur de tabous». Il le dit d’ailleurs sans contour ni ambages : «Il n’existe pas un tabou au Maroc que je n’ai pas traité, auquel je ne me suis pas attaqué. C’est la seule ambition qui anime mes démarches». Ce qui l’anime surtout, c’est de soulever le débat sur des sujets peu abordés par les différentes composantes de la société.

    Bien que dressant souvent, dans ses articles et ses interventions, un tableau noir de la situation socioéconomique du pays, M. Assid reconnaît néanmoins que des acquis ont été obtenus. «Mais, insiste-t-il, il faut d’abord préserver ces acquis si minimes soient-ils et lutter pour en arracher d’autres.»

    De l’espoir

    Quant à ses sentiments par rapport à la fatwa le visant et appelant à sa mort, il dit : «De la déception évidemment. Beaucoup d’amertume aussi. On veut combattre la pensée par l’épée. C’est une pratique d’une autre ère». Et quand on lui demande quels sont ses ennemis, il répond doctement qu’il n’en a pas. Il préfère plutôt parler d’adversaires. Ceux qui confrontent les idées, les pensées, acceptent le droit à la différence. «Quant à ceux qui se sont positionnés dans un cadre autre que celui de la confrontation des idées, je crois qu’ils sont largement dépassés», assène-t-il.

    Ahmed Assid, s’il est dépité à cause des menaces et commentaires acerbes le dénigrant, ne cache pas pour autant  son bonheur quant à l’élan de solidarité manifesté à son égard. «C’est réconfortant de savoir que les idées que je défends sont partagées par de nombreux intellectuels, des hommes d’affaires, etc.», avoue-t-il sans fausse modestie.

    Quant au grand malentendu, cause de tous ses heurts et malheurs, à savoir la déformation de ses propos et leur mauvaise interprétation, M. Assid dit qu’il a toujours été clair. Et d’ajouter : «Je ne cherche pas la provocation».

    Sa conception de la liberté? «Je considère que la liberté est limitée uniquement par celle de l’Autre et non pas par les traditions de J’maâ ou quelque groupe traditionnel religieux que ce soit. Certes la majorité des Marocains sont religieux ; mais même au sein de cette majorité, il y a des différences qu’il faut respecter. La liberté est celle qui permet à ces différences de s’exprimer.»

    Si Ahmed Assid ne ménage pas le gouvernement actuel, c’est qu’il considère que les promesses électorales n’ont pas été tenues.

    Et pour terminer sur une note positive, Ahmed Assid dit ne pas désespérer «en dépit de la lenteur des réformes entreprises».

    «L’important, selon lui, c’est qu’on a l’espoir.» Mais n’est-ce pas Malraux qui écrivit dans un livre éponyme : «Il faut vivre avec l’Espoir» ?

     http://www.lareleve.ma/news5580.html

    dimanche 5 mai 2013

    5 mai -Jean-Luc Mélenchon :Beau dimance "NOUS SOMMES 180 000!"

    Ceux qui prétendront qu'il n'y avait pas 100.000 personnes le 5 mai en sont pour leurs frais. Images en direct de la Bastille.



    "La période d'essai est terminée, le compte n'y est pas", a lancé dimanche 5 mai  Jean-Luc Mélenchon, le président du Parti de gauche, dans un discours d'une demi-heure prononcé sur un podium dressé place de la Bastille à Paris à l'occasion du premier anniversaire de l'accession de François Hollande à l'Elysée. "Si vous ne savez comment faire, nous, nous savons", a ajouté l'ex-candidat à la présidentielle de 2012 à l'adresse de la majorité socialiste au pouvoir.
    Deux oeillets rouges à la boutonnière, un foulard rouge autour du cou, Jean-Luc Mélenchon a accusé François Hollande et les siens de ne pas respecter leurs engagements de la campagne présidentielle. "Nous n'avons pas changé d'avis, nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité", a-t-il dit.

    Sans citer le nom du président de la République, le fondateur du Parti de gauche a brocardé le "petit monarque hors de tout contrôle" mis en place par les institutions de la Ve République, symbole d'une "monarchie verticale qui permet à la finance d'étendre ses tentacules". "C'est pour en finir avec ce système que nous appelons à une assemblée constituante" pour instaurer une VIe République, a-t-il dit.




    Jean-Luc Mélenchon place de la Bastille, à Paris, le 5 mai 2013.
    Jean-Luc Mélenchon en appelé à une "insurrection" pour "mettre un terme à ces politiques" d'austérité "qui nous conduisent au désastre (...)", et a mis en avant le principe de "la souveraineté du peuple français" qui doit prévaloir face aux institutions européennes et au Fonds monétaire international. "Vive la République, vie la sociale, vive la France", a lancé en conclusion le coprésident du Parti de gauche, avant que la foule n'entonne l'Internationale.
    "NOUS SOMMES 180 000!"
    Le parti de gauche, dont Jean-Mélenchon est le coprésident, a revendiqué la participation de "180 000" personnes à la manifestation parisienne du Front de gauche "contre l'austérité et pour la VIe République". "Nous sommes 180.000! #5mai #Bastille #6eRépublique", a écrit le parti de gauche sur son compte twitter, en joignant au message une photo de la place de la Bastille, noire de monde. M. Mélenchon avait dit à plusieurs reprises que si le défilé rassemblait 100 000 personnes, ce serait "un triomphe".

    "ANNÉE GÂCHÉE POUR LE CHANGEMENT"
    "Nous le disons avec force, une année gâchée pour le changement, c'est déjà trop (...) trop dur à supporter pour les millions de nos concitoyens qui souffrent et trop dangereux pour notre pays", a pour sa part lancé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et co-leader du Front de gauche.

    "Il y a un an, la majorité de la France (...) a clairement choisi la voie du changement, de la rupture avec dix années de reculs sociaux, d'autoritarisme, de racisme. Un an plus tard, c'est le gâchis et la colère", a-t-il insisté, exprimant le refus du Front de gauche "d'en rester là, de nous rallier à l'idéologie de la défaite face aux forces de l'argent".
    Pour le numéro un communiste, qui parlait avant Jean-Luc Mélenchon, cette "marche citoyenne" est "un appel à la remobilisation, un appel à reprendre le combat là où le gouvernement a trop vite renoncé".
    Selon lui, les faits ont donné raison aux avertissements lancés par le Front de gauche: "le pacte budgétaire d'austérité ratifié sans le renégocier, le pacte de compétitivité et ses cadeaux fiscaux dans aucune contrepartie, l'ANI négocié sous la dictée du Medef sans avoir le droit d'en changer une virgule", a-t-il énuméré. "Eh bien, on en voit aujourd'hui les résultats!".




    Des militants et sympathisants EELV à la manifestation "contre l'austérité" à Paris, dimanche 5 mai.
    Auparavant, première à s'exprimer sur le podium, Eva Joly, dont le parti, Europe Ecologie - Les Verts (EELV), ne s'est pas associé à ce rassemblement, s'était déclarée heureuse d' être ici avec "les dizaines de milliers de militants de la gauche et de l'écologie qui veulent que ça change maintenant, qui veulent que ça change vraiment".

    "Nous avons la tête dure. Nous ne céderons ni aux menaces, ni aux flatteries, aux intimidations, aux rappels à l'ordre. Nous avons chacun nos histoires, nos traditions politiques, nos réflexes. Nous avons chacun notre vocabulaire et il est parfois très différent. Mais nous ne nous laisserons pas diviser", a affirmé la candidate des écologistes d'EELV à la présidentielle de 2012.
    Elle répliquait ainsi à ceux, membres du gouvernement et dirigeants du PS, qui accusent les organisateurs de cette manifestation de "diviser la gauche" et s'en prennent notamment à Jean-Luc Mélenchon, qui avait donné pour mission à cette initiative de donner "un coup de balai" après le scandale Cahuzac. "Pour nous écologistes, la manifestation du 5 mai n'est pas une mobilisation antigouvernementale, elle doit être un point d'appui pour mener une autre politique", a aussi affirmé Mme Joly.
    -------------------------------------------------------------------------
      le 6 Mai 2013

    L’amorce d’une espérance, l'éditorial de Patrick Apel-Muller


    Une foule immense, une vraie colère, une espérance qui se lève. La manifestation appelée hier par le Front de gauche amorce une nouvelle période. Un an après l’élection de François Hollande, le désenchantement a envahi ses électeurs et gagne au cœur du Parti socialiste.
    La rengaine de l’austérité obligatoire est répétée par les gouvernants comme un puissant anesthésiant. « Cette fatalité promulguée, écrivait Jaurès, éveille, avec toutes les inquiétudes, tous les appétits et toutes les insolences. » Celles des hiérarques sarkozystes, qui tentent de se refaire une virginité sur le dos des échecs du ministère Ayrault. Pire, le Front national avoue ses ambitions, tirer profit des renoncements du pouvoir et du désespoir de ceux qui rêvaient de changement, pour mettre en place une politique bleu-blanc-brun… 
    Les dirigeants du PS qui agitaient hier le spectre des années 1930 devraient se souvenir sur quels fonds de démissions politiques et de troubles relations avec l’argent se sont construites les ascensions fascistes.
     Et puis voilà qu’une nouvelle fois les foules de la Bastille rejoignent la Nation, qu’ainsi la République sociale se dresse comme une incarnation de l’intérêt général, de l’intérêt national. 
    Ne nous y trompons pas : on parle ici de départ et non point d’arrivée. Le rassemblement des forces vives de la gauche, visible hier avec Eva Joly et des responsables écologistes, appréciable avec des militants ou sympathisants du PS, doit prendre une ampleur bien supérieure pour faire pièce à la coalition des bénéficiaires de dividendes, des propriétaires du CAC 40, des oligarques européens, et des grands prêtres 
de l’austérité. Mais c’est désormais à l’ordre du jour.
     

    « Une vague rouge qui déferle », notait en direct I-Télé hier. Autre chose que les troupes maigrelettes des homophobes regroupés place Vauban et même que les rangs clairsemés du FN, le 1er Mai. C’est une démonstration que le peuple français n’est pas fourbu, harassé et éteint. La force qui s’est exprimée en 2012 
pour renvoyer Nicolas Sarkozy ne s’est pas évanouie ; 
elle peut à nouveau se retrouver. C’est à quoi rêvait 
à haute voix Eva Joly, hier. C’est ce que prédisait 
Jean-Luc Mélenchon. C’est à quoi Pierre Laurent veut destiner des assises pour le changement, le 16 juin. Lorsque la foule criait hier « résistance », ce n’était pas dos au mur, réduite à se défendre, mais en dessinant les chemins qui briseraient la domination de la finance internationale, les cercles vicieux de l’austérité, l’autoritarisme des cercles dirigeants de l’Union européenne. La VIe République pour laquelle il faut désormais rassembler une majorité en tracera les cartes.
    Patrick Apel-Muller