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mardi 26 février 2013

Perpétuité pour des opinions politiques, et que fait la France ?

Par APSO, 24/2/2013




Le ridicule « procès » des 24 sahraouis de Gdaym Izik s’est enfin tenu, puis enfin terminé le 17 février 2013 après 9 jours de mascarade.

Sans surprise, ces civils militants pour l’indépendance de leur pays le Sahara Occidental ont été condamnés par le tribunal militaire marocain - la puissance colonisatrice - à des peines allant de 20 ans de prison à la perpétuité.

25 condamnations pour 24 accusés et leurs 24 chefs d’accusation. Le 25ème condamné avait été arrêté, gardé 3 jours et relâché. Il est maintenant condamné à perpétuité, alors qu’il  n’a pas été accusé, et à fortiori ni entendu ni défendu. Il est probable qu’il reste en Espagne jusqu’à la fin de ce « malentendu ».



Pour être plus exact sur le verdict, deux inculpés ont été libérés, puisque les condamnations ont été de la période effectuée, et un condamné à 20 ans de prison avec sursis. En priant les ex-prisonniers d’excuser la formulation, les « petits poissons » et les « trop mal en point » - sont à l’origine de nouvelles façons marocaines de faire des verdicts. Peine de « ce qui a été fait » !



24 moins 3, il reste donc de ce groupe de Sahraouis prisonniers, 21 personnes qui payent en fait les frais de la tentative marocaine de décapitation de la résistance sahraouie. Parce qu’en définitive, qu’importe qu’ils aient pu faire - ou non - ce dont on les a accusé, la question n’est pas là.



Et à part ça ?

Le lendemain de ce verdict, suite à la visite au quai d’Orsay français du représentant spécial de l’ONU dont l’objectif est de trouver une solution avec les pays amis du Sahara Occidental, la France s’affirme comme le meilleur ennemi.

Dans le communiqué du quai d’Orsay, la France de François Hollande écrit noir sur blanc son soutien à la proposition du Maroc d’une autonomie du Sahara Occidental, considérant les sahraouis comme les Azawad au Mali.


On peut se demander qui est l’auteur de la question qui dénote d’une grande méconnaissance de la question sahraouie et de la zone, la réponse elle, est précise, c’est celle de la période Sarkozy.

Et c’est souffrir encore d’un mépris affligeant du droit international.



Parce que le droit international est clair sur la question du Sahara Occidental.

Sont incontestables : la qualification de territoire occupé, l’interdiction de vendre des armes au Maroc, le crime de guerre que constitue le déplacement des colons marocains au Sahara Occidental, la violation du droit international pour chaque recherche, chaque prélèvement d’une ressource naturelle du territoire, poisson, phosphate, sel , pétrole …

Le droit international est clair mais rien ni personne de contraint efficacement le Maroc à le respecter.



Alors ? Que reste t il ?

Finalement pour le Sahara Occidental, rien ne bouge, rien ne change au niveau international. Les petites avancées servent d’écran pour mieux reculer, pour amuser la galerie.

Il reste les millions de dollars ou d’euros que le Roi du Maroc tire des ressources naturelles du Sahara Occidental, il reste la violence arbitraire et la peur pour les sahraouis en territoires occupés, les maladies, la malnutrition pour les Sahraouis réfugiés, l’exil et l’errance… et de nouvelles tortures pour les 21 du groupe de Gdaym Izik.



Il ne reste qu’à être pessimiste.  L’humanité n’a pas atteint son âge de raison et reste enfermée dans une vision intéressée et à court terme.

L’inéluctable explosion du peuple marocain harassé par la dictature, lassé de la mort de ses jeunes, ceux qui veulent construire un autre avenir, entrainera un changement de la situation des Sahraouis.



L’intérêt de la France à rester au Sahel pour surveiller ses intérêts et poursuivre son pillage néocolonial ne pourra se faire sans la bienveillance de l’Algérie. Alors il faudra infléchir les discours sur le Sahara Occidental, il faudra au minimum adopter une réelle neutralité pour approcher le même respect du droit  international que les algériens sur la question sahraouie. Il faudra cesser de soutenir et couvrir les exactions marocaines, de collaborer à mainmise de toute l’économie du Maroc par son dirigeant.



Après tant de douleurs infligées à ce continent, on se serait bien pris à rêver d’un meilleur sort pour la dernière colonie d’Afrique… Mais peut-on encore espérer que, comme dans les beaux discours, les valeurs des droits de l’homme et du droit international dépassent un jour les intérêts économiques de nos élites ? Ces intérêts jamais avoués, qui s’éloignent toujours plus des préoccupations du peuple, qu’il soit français, sahraoui, algérien ou même marocain ?


APSO, 24 février 2013



lundi 25 février 2013

"475 Quand le mariage devient un châtiment"

 
 





  • Je viens de finir le film "475" réalisé par une équipe de jeunes activistes passionnés de cinéma. J'ai envie de dire Bravo à Nadir Bouhmouch Montasser Drissi Youness Belghazi @Houda lemqadem et à tous ceux qui ont participé au projet Mamfakinch Association Marocaine ds Droits Humains @Omar Benjelloun etc.
  • A VOIR ABSOLUMENT : ce film réalisé par Nadir Bouhmouch. Un hommage à Amina Filali, Fadwa Laaroui, et toutes les femmes au Maroc. Amina Filali est cette jeune femme obligée de se marier avec son violeur. Suite à cela et au laxisme et l'hypocrise des poiticiens et des lois qu'ils refusent de changer pour que change la condition des femmes, Amina s'est suicidée.

Point hebdomadaire n°12 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques au Maroc

Groupe UNEM-Meknès : Dans un communiqué publié le 21 février, les familles des détenus à la prison Toulal 2 (environ de Meknès) dénoncent les violences, les intimidations et la mise au cachot auxquelles font face leurs fils notamment depuis l’entame d’une grève de la faim de trois jours pour réclamer l’amélioration de leurs conditions et un procès équitable. Nous rappelons que sept militants du syndicat UNEM (Hassan Koukou, Hassan Ahmouch, Mounir Aït Khafou, Soufiane Sghéri, Mohamed El Oualki, Mohamed Boueh et Aziz Daroua, les deux derniers étant poursuivis en liberté provisoire) ont été arrêtés en décembre dernier et attendent toujours leur procès. Cinq d’entre eux entament une grève de la faim de 48 heures à partir de mardi 19 février et ce, pour commémorer le deuxième anniversaire du mouvement 20-Février et dans l’attente de leur procès annoncé pour le 21 février. Nous n’avons pas encore d’information sur le verdict.
Un rapport sur leurs conditions de détention nous est parvenu et il sera publié sur le site de l’ASDHOM dès qu’il sera traduit.

Groupe 20-Février-El Hoceima-Tanger : Abdelhalim Bakkali, détenu à la prison locale de Tanger, Mohamed Ahbad et Abdelhalim Taliï, détenus à la prison locale d’El Hoceima (voir listes sur la rubrique Campagne de parrainage), ont observé une grève de la faim le mercredi 20 février pour commémorer le déclenchement du mouvement du même nom. Ils l’ont fait savoir à travers un communiqué dont l’ASDHOM a reçu une copie.
Un autre activiste et animateur du mouvement 20-Février de Béni Bouayach (environ d’El Hoceima) vient d’être arrêté, le lundi 18 février à Tétouan au Nord du Maroc, lorsqu’il s’est présenté au commissariat de la ville pour renouveler sa carte d’identité nationale. Il s’agit d’Ali Ben Abdallah, membre du 20-Février et de l’association nationale des diplômés chômeurs ANDCM. Il a été présenté au procureur près de la cour d’appel d’El Hoceima le jeudi 21 février avec les mêmes chefs d’accusation que ses compagnons de Béni Bouayach déjà lourdement condamnés (rassemblement non autorisé, violences et destruction de biens publics, outrage à agent de l’autorité publique, etc.)
S’agissant toujours de l’ANDCM, deux de ses dirigeants, originaires de Tanger, ont été arrêtés pendant trois jours et refoulés ensuite par les autorités algériennes. Ils se sont rendus en Algérie pour participer au premier forum sur le chômage et le travail précaire auquel a appelé le SNAPAP (syndicat autonome algérien) pour préparer le Forum Social Mondial de Tunis qui va avoir lieu fin mars 2013. Les autorités algériennes ont interdit la réunion et ont procédé à l’arrestation des membres des délégations étrangères mauritanienne, marocaine et tunisienne.

Tiflet : Le militant du 20-Février Amin Jilali, originaire de Khémisset, a été arrêté le dimanche 17 février pour avoir participé à un rassemblement dans le cadre du mouvement et de la préparation de son deuxième anniversaire.

Tata : Le procès intenté aux deux militants des droits de l’Homme, Ammi Fadili et Abdellatif Benkaïd, défendus par 12 avocats, qui devait avoir lieu le jeudi 21 février, a été reporté au 28 mars 2013. Un sit-in appelé devant le tribunal de 1ère instance par les organisations de soutien (partis politiques, syndicats et associations des droits de l’Homme) a dénoncé l’acharnement sur ces militants et la falsification des procès verbaux les concernant.

Groupe Marrakech-Sidi Youssef Ben Ali : Lundi 18 février, la Cour d’appel de Marrakech a décidé de reporter au 4 mars 2013 le procès intenté aux 10 citoyens ayant participé en décembre dernier aux manifestations de Sidi Youssef Ben Ali contre la cherté des factures d’eau et d’électricité. Rappelons que le 21 janvier le tribunal de 1ère instance avait condamné deux d’entre eux à an et demi et les huit autres à deux ans et demi de prison ferme.
Le même tribunal avait déjà condamné deux mineurs pour la même affaire à deux mois de prison ferme (Voir les noms dans nos précédents points hebdomadaires sur le site www.asdhom.org)

Commune de Tounfite (non loin de Midelt, Wilaya de Meknès) : Le journaliste Mohamed Attaoui, un militant des droits de l’Homme spécialisé dans l’environnement, vient d’être condamné le 14 février à 10 mois de prison ferme par le tribunal de Midelt, officiellement pour « exercice de sa fonction de fonctionnaire malgré sa suspension ». Il a été arrêté, le 21 janvier, dans la commune rurale de Tounfite, alors qu’il prenait des phots de logements insalubres dans le cadre d’une enquête qu’il comptait publier sur Internet. L’organisation Reporters sans frontières RSF a publié un communiqué où elle rappelle les vrais raisons de sa condamnation et dénonce l’acharnement des autorités marocaines contre ce citoyen qui ne fait que dénoncer les pratiques mafieuses des autorités locales.
L’ASDHOM reproduit ce communiqué sur son site et ajoute Mohamed Attaoui à la liste des prisonniers politiques qui sont candidats au parrainage. Nous attendons tous les éléments le concernant pour lui établir une fiche de parrainage, mais vous pouvez d’ores et déjà le choisir comme filleul. Nous vous remettrons sa fiche dès qu’elle sera prête.

En parlant de Midelt, on ne peut pas passer sous silence le fait grave d’un autre âge dont a été victime le jeune Hicham Hammi Moulay, le samedi 16 février. Le substitut du procureur du roi l’a obligé, à deux reprises et devant les agents de police présents au commissariat ce jour-là, de se prosterner et de s’agenouiller pour lui « baiser » les chaussures. Le jeune Hicham a subi l’humiliation de sa vie et les foudres de ce soi-disant responsable de l’Etat quand il a « osé » lui répondre que sa voiture, déposée au garage où travaille le jeune, n’était pas encore prête et qu’il devait attendre un peu puisqu’il y avait d’autres voitures avant le sienne. La nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre dans la ville et un sit-in devant le tribunal a aussitôt été organisé à l’initiative des militants de l’AMDH pour protester contre le traitement esclavagiste infligé au jeune par le substitut du procureur du roi. L’ASDHOM condamne énergiquement  ce comportement et demande des mesures contre son auteur.

Pour finir ce point hebdomadaire, nous vous informons que :
-         L’ASDHOM a participé, le samedi 23 février, à la conférence organisée par l’ATMF de Dijon sur les droits de l’Homme et la situation au Maghreb après les révolutions dans la région. Nous posterons les photos et les vidéos sur notre site dès réception
-         Le secrétaire général de l’ASDHOM interviendra lors de la tenue du CA de l’ATMF d’Argenteuil, le 1er mars, sur le parrainage des prisonniers politiques au Maroc
-         L’ASDHOM tient son assemblée générale élective, le samedi 2 mars à Nanterre (Voir convocation sur www.asdhom.org)
Les adhérentEs et sympathisantEs de l’ASDHOM qui ne peuvent pas assister à cette assemblée générale pour d’autres d’engagements peuvent nous faire parvenir leurs procurations

Pour le bureau exécutif
Ayad Ahram
Secrétaire général de l’ASDHOM
Paris, le 25 février 2013

dimanche 24 février 2013

Algérie : la réunion des chômeurs maghrébins réprimée

- le 24/2/ 2013

Mercredi 20 février 2013, à 9 heures du matin, à Alger, 11 chômeurs, de nationalités tunisienne, marocaine et mauritanienne, venus assister au premier Forum des chômeurs et des travailleurs précaires, initié par le SNAPAP (Syndicat national autonome de l'administration publique) dans le cadre de la préparation du Forum social mondial 2013, ont été arrêtés à leur hôtel et reconduits à la frontière après avoir passé la journée au commissariat de police de Bab-Ezzouar. Le siège du SNAPAP à Alger a été également encerclé pour empêcher toute participation à la rencontre. Deux des organisateurs algériens ont été également arrêtés et ont passé la journée au commissariat avant d'être relâchés en fin d'après-midi.
Le jour même, dans la wilaya  de Laghouat, des jeunes chômeurs voulant se rassembler pacifiquement devant le bureau de main-d'œuvre ont également été interpellés et réprimés par les forces de l'ordre.
Nous, associations regroupées dans le cadre du FALDI, exprimons notre indignation face à de telles méthodes des autorités algériennes, et manifestons notre soutien à nos camarades des collectifs diplômés chômeurs tunisiens, marocains, mauritaniens et algériens face aux humiliations et préjudices qu'ils ont subis de la part des autorités algériennes.
Nous exprimons également notre solidarité avec le SNAPAP et les organisations de chômeurs/euses maghrébines (ANDCM, UDC, AMDC), et notre soutien à leur lutte contre le chômage et la précarité.
Nous demandons :
- L'arrêt de toute forme de harcèlement et d'intimidation envers tous les militants et défenseurs de droits humains ;
- Que soient prises toutes les mesures nécessaires au bon respect des libertés fondamentales et des libertés syndicales, conformément à la Constitution algérienne et aux dispositions du Pacte international pour les droits civils et politiques (PIDCP) et des Conventions de l'OIT, ratifiés par l'Algérie ;
- Le respect du droit de réunion et de manifestations pacifiques ;
- L'ouverture d'un dialogue avec les organisations de chômeurs et syndicales.

Enfin, nous mettons en garde les autorités algériennes contre toute tentative d'entrave à la participation prévue des délégations algériennes et de la société civile au Forum social mondial 2013, qui doit se dérouler en Tunisie (26-31 mars).
Paris, le 22 février 2013.
Premiers signataires
ADTF/AMF/ ATF/ ATMF/ FTCR/ ACORT/ ASDHOM / ACDA/ FCMA/ CSP92/ IDD/ UTIT/ CRLDHT/ N’aoura Belgique / EMCEMO-Amsterdam/ Migration Santé/ FASTI/ "Coordination Régionale Rhône-Alpes de Solidarité avec les Sans Papiers /Manifeste des libertés/ Elghorba/ AFAPREDESA/ CORELSO/Femmes plurielles/ Collectif des communautés subsahariennes au Maroc/ Ici et là/ REMCC/ Collectif 3C/ AIDDA/ MCTF/ APCV/ATTS Suisse/ UNIT/ FSQP/ CSP75/ ATTAC/ ASTU-Actions citoyennes interculturelles-Strasbourg/FCSME,/ Conseil des Migrants (Maroc)/ ODT (migrants Maroc)/CCSM... 

INFORMATIONS
Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire
Les organisations conviées au premier Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire sont : le Comité national des contrats pré-emploi et filet social d’Algérie, l’Union des Diplômés Chômeurs (UDC) de Tunisie, l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs (ANDCM) du Maroc, l’Association Mauritanienne des Diplômés Chômeurs (AMDC) de Mauritanie, le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Algérie), le Comité national des diplômés chômeurs (Algérie).

Forum des associations des luttes démocratiques de l’immigration (FALDI)
Le collectif d'association FALDI est un outil pour une grande mobilisation de toutes les forces de défense des droits des migrants et leurs soutiens, pour mieux réussir une participation de l'immigration en Europe au Forum Social Mondial à Tunis en Mars 2013, et aussi depuis l’Europe et le Maghreb car le FSM2013 sera un forum étendu.
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Comité Soutien Amdh Québec, 21/2/2013


Arrestations, expulsions, interdictions en Algérie

Encore une fois la répression des autorités algérienne s’abat sur les activités du Forum Social Maghrébin. En mai 2010, les autorités algériennes ont interdit la tenue du Forum Social Syndical Maghrébin en mettant de manière abusive les scellés sur le local du SNAPAP qui devait abriter ce Forum.

Cette fois ci les autorités algériennes ont marqué une grave escalade dans la répression. Non seulement en empêchant, contre toute normes légales la tenue du Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire à Alger devant se tenir les 20-21 février 2013, mais en plus en arrêtant, sans justification aucune, la délégation maghrébine. ... Les dix jeunes membres d’associations de chômeurs du Maghreb, qui devaient participer au Forum social, dont 5 jeunes tunisiens, 3 mauritaniens et 2 marocains, ont été arrêtés, puis emmenés à l’aéroport après avoir été retenus toute la journée au Commissariat Si les jeunes mauritaniens et tunisiens ont déjà pu être rapatriés entre hier et ce matin, les membres de la délégation marocaine sont toujours retenus à l’aéroport, coupés de tout contact avec l’extérieur. Le 20 février, des agents de police ont également encerclé l’immeuble où se trouve la Maison des syndicats pour empêcher l'accès des autres participants. Au moment ou les peuples maghrébin aspirent à plus de liberté, y compris à la liberté de circulation, la liberté d’expression, d’association et de rassemblement et manifestations pacifiques, les autorités algériennes n’ont pas hésité, encore une fois, à bafouer cette aspiration de nos peuples à circuler librement dans nos pays du Maghreb ; à jouir de leurs droits fondamentaux. 
Nos organisations dénoncent les arrestations et détentions illégales et arbitraires de jeunes diplômés chômeurs venus pour participer à une réunion pacifique, comme elles dénoncent les tentatives d’intimidation et de répression des militants syndicalistes et associatifs. Elles appellent les autorités algériennes à mettre un terme aux violations des libertés de réunion, d’association, d’expression ainsi qu’aux libertés syndicales dont sont victimes les syndicats autonomes et les défenseurs des droits de l'Homme en Algérie.
AMDH

Maroc : les agences de l'État prospèrent...Appel à la grève.

Maroc : les agences de l'État prospèrent...

Maroc : les agences de l'État prospèrent...Au moment où, en ces temps de disette, la réduction du train de vie de l’État est un leitmotiv, étonnamment la problématique de l’inflation des agences de l’État continue d’être occultée du débat public. Qu’il s’agisse des agences de développement régional, de régulation et de contrôle ou encore des agences sectorielles, le bilan est très décevant au regard des budgets mobilisés. Il n’y a qu’à regarder l’aggravation du déficit commercial, la persistance du chômage des jeunes, les pratiques anti-concurrentielles, les déficits sociaux, etc. Quelles sont donc les raisons d’un tel échec ?
Trois raisons permettent de comprendre ce fiasco : d’abord, le flou juridique entourant la définition et la délimitation de leurs attributions, ce qui est à l’origine de la difficulté de leur pilotage. On est donc face à des « satellites » de l’État difficile à évaluer et à contrôler, et donc à responsabiliser.  En outre, cela crée des chevauchements avec les autres entités publiques et donc des conflits, à l’image de ce qui s’est passé entre le ministère de l’habitat et Al Omrane. La coordination devient ainsi difficile face à la multiplicité des intervenants, chacun s’estimant le plus habilité à prendre la décision, ce qui pousse chacun à entreprendre des actions désordonnées de manière non coordonnée avec l’ensemble des dispositifs. Résultat des courses : des redondances, des actions contradictoires et donc un gaspillage de l’argent du contribuable. Ce qui se passe dans les domaines du commerce extérieur, de la promotion des PME, et des investissements est très éloquent. Plus grave encore, cela génère le blocage de plusieurs dossiers et immobilise la décision publique causant des manques à gagner pour les entrepreneurs et l’État.
La création d’agences de manière ad hoc explique pour une part leur prolifération parfois irrationnelle. Le déficit de mécanismes de bonne gouvernance régissant le fonctionnement de ces agences est un facteur structurant de leur incapacité à atteindre leurs objectifs. L’absence d’appels d’offre, de tableau de bord pour un suivi réel des réalisations, de planification prévisionnelle, le lancement de certains projets en l’absence d’études de faisabilité et d’impact, et le recrutement sur la base du copinage et de calculs politiques, tout cela est en complète contradiction avec les principes de gestion privée dont l’État prétend vouloir s’inspirer à travers ces agences. Il n’est pas étonnant alors que dans chaque rapport de la Cour des comptes, une ou plusieurs de ces agences soit épinglée pour la médiocrité de sa performance.
Enfin, le problème de fond de ces agences est lié aux incitations des bureaucrates qui, comme n’importe qui, défendent en priorité leur intérêt personnel, mais ici, en mettant en avant l’intérêt général. Ils cherchent avant tout à maximiser la taille du budget de leur agence de façon à augmenter leur rémunération et leur influence au sens large. Par conséquent, soit les objectifs ne sont pas atteints, afin de légitimer davantage de crédits budgétaires « insuffisants », soit quand ils le sont, le coût est plus élevé que ce qui est nécessaire. D’où les effets pervers sur le plan budgétaire, notamment quand il arrive très souvent que des agences aient tendance à perdurer dans le temps, y compris lorsqu’elles avaient vocation à n’être que temporaires (Agence Hay Ryad à Rabat par exemple). Et même quand leurs résultats sont médiocres, elles continuent à être financées, comme l’ANAPEC, l’ADS, l’ADPN, et bien d’autres.
Si l’État a délégué certaines de ses missions à ces agences, pour moderniser le management public, cela reste insuffisant car une gestion moderne suppose d’autres ingrédients qui étaient négligés, notamment une définition rigoureuse de contrats avec des objectifs et des missions précises, claires et mesurables ;  la définition de mécanismes de coordination et de coopération avec les autres entités concernées, la responsabilisation à travers des mécanismes rigoureux et effectifs de suivi et d’évaluation assortis de sanctions comme la non reconduction ou du moins la réduction des budgets en cas de mauvaises performances ; la mise en concurrence avec d’autres acteurs pour une meilleure responsabilisation (À titre d’exemple, il sera intéressant de remettre en cause le monopole de l’ANAPEC sur le marché de l’intermédiation et ouvrir ce dernier à des entreprises privées.), et enfin un management des ressources humaines fondé sur le mérite et les résultats. Ces agences doivent se conformer à la nouvelle constitution en ce sens qu’elles doivent faire preuve de davantage de transparence, se soumettre au contrôle parlementaire et rompre avec la culture de bureaucrates rentiers. Faute de quoi elles continueront à être des alibis pour échapper aux contrôles budgétaires et à la reddition des comptes.
Bref, au lieu d’une action publique plus performante le peuple marocain a droit à des conflits et des situations de blocage avec de piètres réalisations. A la place d’économies réalisées, on a assisté à l’explosion des coûts. Et à la place de la discipline, irresponsabilité et laxisme. Tout à fait contraire aux objectifs de départ. Comme quoi, les bonnes intentions ne suffisent pas : même l’enfer est pavé de bonne intentions. Il faut donc s’assurer que les incitations des acteurs concernés aillent dans le sens de l’intérêt public.
Hicham El Moussaoui, maître de conférences à l’université Sultan Moulay Slimane de Beni Melal et analyste sur www.LibreAfrique.org, le 19 février 2013.
URL Source : http://www.libreafrique.org/HEM_Maroc_agences_190213
APPEL 
Appel à tous les fonctionnaires des ministères, des collectivités locales et des entreprises publiques pour participer à la grève et marche nationale du Jeudi 28 février 2013 à Rabat.
                                               
Dans le but de:
1. Dénoncer le dialogue social qui a été altéré par différents facteurs au lieu de répondre aux demandes légitimes.. Dénonçant le dialogue social a altérés destiné à la consommation externe au lieu de répondre aux demandes légitimes.
2. Accélérer la mise en œuvre intégrale de l’accord du 26 Avril 2011, en particulier pour ce qui concerne la création d’une nouvelle échelle et l’indemnisation des zones difficiles et enclavées, en rendant l’accès facile à tout fonctionnaire. 
3. Demander l’augmentation des salaires et des pensions pour mettre en œuvre l’indexation des salaires et des prix, et la réduction des disparités entre les salaires élevés et les salaires minima. 
4. Exiger le respect des libertés syndicales et en particulier le droit de grève en mettant un terme à toutes les formes de harcèlement, dont notamment les relevés illégaux sur les salaires des fonctionnaires en grève. 
5. Mettre l'accent sur le rejet de la réforme du gouvernement du projet des systèmes de retraite.
6. Exprimer notre rejet de toutes les lois et décrets régressifs et injustes (le droit de grève, de promotion et d'évaluation ...)
7. Rejeter des tentatives du gouvernement d'en finir avec le fonds d'indemnisation qui sont destinés à porter atteinte au pouvoir d’achat des fonctionnaires.
8. Condamner tous les détournements de fonds dont nos entreprises publiques souffrent. 
9. Exiger à ce que l’on réponde aux revendications des différents secteurs(collectivités locales, éducation, justice, santé, agriculture ...) et catégorielles (administrateurs, assistants administratifs et techniciens, moniteurs, techniciens ...).
Rendez-vous le jeudi 28 février 2013.
Journée nationale de grève à Rabat.
De Bab El Had à partir de 11 heures.