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dimanche 29 mai 2011

Maroc : La V.D. condamne la répression sauvage contre les marches du 22 mai !

La Voie Démocratique Région Europe



Communiqué

La Voie Démocratique (Région d’Europe) condamne énergiquement la répression sauvage qui s’est abattue sur les marches pacifiques du dimanche 22 mai 2011
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La Voie Démocratique (Région d’Europe) tient d’abord à rappeler la légitimité des revendications du mouvement de 20 février pour un régime démocratique garantissant la dignité, la démocratie, la liberté et la justice sociale.
Elle rappelle également le droit inaliénable et reconnu par le standard international en matière de démocratie et des droits humains à manifester pacifiquement.
Encore une fois, le régime a démontré son incapacité à satisfaire ces revendications. Bien au contraire, c’est la répression sauvage suivie d’une vague d’arrestations que ce pouvoir autocratique a réservées aux masses populaires sorties ce dimanche 22 mai 2011 dans au moins une centaine de villes et de villages.
Toutes les manœuvres du régime ont échoué pour stopper ce mouvement grandissant: d’abord il a tenté de le contenir par le discours royal du 9 mars, ensuite par un lynchage médiatique sans précédent ; et aujourd’hui il essaie de le détourner de son caractère pacifique. Ainsi le régime sanguinaire espère ramener le mouvement du 20 février vers un terrain qu’il maitrise très bien : répression, torture, assassinats, enlèvements…
Ce changement s’est amplifié depuis la décision du mouvement d’organiser un pique-nique autour du centre de détention et de torture de Temara. Le mouvement du 20 février ne se trompe pas lorsqu’il fait de la lutte contre l’impunité un axe de lutte principale. Il ne peut y avoir de démocratie, de dignité, de liberté ni de justice sociale sans mettre fin à l’impunité.

La Voie Démocratique (Région d’Europe) :
- tient à saluer l’extrême maturité et civilité du mouvement du 20 février qui n’a pas cédé aux provocations.
- condamne énergiquement la répression sauvage qui s’est abattue sur les marches pacifiques du dimanche 22 mai 2011.
-  exige la libération de tous les détenus politiques et à leur tête les prisonniers du mouvement du 20 février
- dénonce la présence des groupuscules sionistes sur le sol marocain.
Enfin,  la Voie Démocratique (Europe Occidentale) met en garde le pouvoir contre toute tentative d’user de la démarche sécuritaire pour contenir  le mouvement du 20 février et qui peut entrainer le pays vers une situation que personne ne peut prédire, et dont il portera seul la responsabilité.


Urgent : Aujourd'hui 29/5 : sit-in à Casa et Mohammedia

- Les jeunes du mouvement du 20 février à Casablanca ont décidé d'organiser une marche populaire et ce, le dimanche 29 mai
- Les jeunes du mouvement du 20 février à Mohammedia ont décidé d'organiser un sit in populaire le dimanche 29 mai, sit in qui sera probablement transformé par la répression en marches populaires

Maroc : des militants incarcérés, Bouarfa en grève



Par Ali Fkir, 28/5/2011
Les militants Saddik Kabbouri et Mahjoub Chennou viennent d'être incarcérés à la prison de Bouarfa après 48 heures passées au commissariat de la même ville.
L'audience est fixée au 26 juin 2011.
Lançons une mobilisation nationale et internationale pour imposer la libération de KABBOURI (symbole de la résistance populaire dans l'oriental du pays) et de tous les détenus (11 à Bouarfa, 15 à Khouribga...)
Finalisons la liste de TOUS les détenus de 20 février, les détenus des luttes sociales et autres détenus politiques.
En ce moment (28/05/2011 à 18h35) le local de l'AMDH, section de Bouarfa est encerclé par les diverses forces de répression.
 Rappel
De : Ali Fkir , 27/5/2011
La REGION DE BOUARFA en grève:
TOUT le secteur public en grève illimitée (enseignement, santé, communes...) jusqu'à la libération de Saddik Kabbouri


Rappelons que:
Le militant Saddik Kabbouri a été arrêté à Bouarfa où il réside (sa ville natale) et cela, depuis jeudi 26 mai 2011
- Cadre de l'AMDH
- Coordinateur de Tansikia de Bouarfa
- Secrétaire général de l'union locale de la CDT
- L'un des symboles de la résistance populaire dans la province de Figuig
Rappelons que le mercredi 18 mai 2011, la ville de Bouarfa a connu des affrontements sanglants entre les forces de répression et la population locale et cela suite aux provocations policières. Les personnes arrêtées (des dizaines) ont été relâchées le jour-même, mais la vague d'arrestations arbitraires a repris le mardi 24 mai. 9 citoyens sont toujours en détention.
  Les militants associatifs, syndicalistes, politiques de toute la province de Figuig se mobilisent pour imposer la libération de Kabbouri: Beni -Tadjit, Talsint, Bouanane, Tandrara, Figuig...
Mobilisons nous pour imposer la libération de
- Kabbouri Saddik
-  Mahjoub Chennou
- Des militants de 20 février
- De tous les prisonniers politiques


Maroc: Le complot du silence !

Par Mohamed Hifad, 21/5/2011
La fameuse formule du complot du silence de Hassan II (« mouamarat skat ») est bien d’actualité. Il avait toujours soupçonné les autres de se taire et de comploter quelque chose contre lui et son régime. Et il y avait de quoi après les deux coups d’Etat manqués lors de son règne. Il n’a cessé de développer ses institutions sécuritaires et son arsenal juridique pour devancer tout danger car il ne savait, vis-à-vis du peuple, sur quel sable mouvant il mettrait les pieds à tout moment. C’est comme marcher dans le noir. Avec des citoyens ayant une éducation qui leur dit que « la main que je ne peux couper, je dois la baiser ». A force de vivre dans la psychose d’un complot ou danger vrai ou fictif, le régime est tombé lui-même dans un paradoxe : le dispositif sécuritaire mis en place qui fait taire tout suspect qui fomente quelque chose contre le pouvoir en place , rend encore plus opaque la situation et impossible toute visibilité politique

Il n’y a pas de liberté d’expression. La stabilité apparente n’est basée que sur la répression, l’exclusion, la marginalisation, la déprédation des richesses, la corruption, les faux rapports de l’administration devenue une véritable mafia qui tient en otage et le palais et le pays.
Puis est arrivé ce qui devrait arriver un jour ou l’autre : tout le monde arabe , y compris le Maroc , se soulève contre ses dirigeants despotes qui le gouvernent , sans partage , depuis des décennies avec la bénédiction et la complicité des grandes puissances . Du temps de Hassan II , les responsables marocains du Ministère de l’intérieur disaient à qui voulait l’entendre, que le Roi avait besoin de citoyens (ennes) qui lui restent fidèles et non de citoyens(ennes) qualifiés et intègres . C’est ce qui a donné la médiocrité dans tous les domaines depuis l’indépendance et la marginalisation des vraies compétences du pays.
Aujourd’hui que nous avons enfin le droit à la parole, et non pas encore à la liberté d’expression , puisque les institutions démocratiques qui la garantissent font encore défaut au Maroc , force est de constater que ce gâchis ne profite ni au régime ni au peuple . Le complot du silence était imposé par la force des armes et la répression et ce serait absurde de parler de liberté d’expression et de participation pour un peuple aux mains liées et à la bouche cousue depuis des décennies. Le pouvoir se trouve aujourd’hui devant un cumul de problèmes depuis le début de l’indépendance à ce jour et même du temps du protectorat car l’indépendance n’est pas encore achevée pour toutes les régions ce à quoi nous reviendrons une autre fois. Qu’on fasse une révolution pacifique ou armée, il faut y aller jusqu’au bout.
La Tunisie et l’Égypte ont fait, pour le moment, leur révolution politique mais elle reste éphémère et passagère si l’Etat ne limite pas les richesses et en fixe un plafond à ne pas dépasser. Un régime, c’est tout un système : confisquer l’argent et les biens du chef déchu de l’Etat, de ses proches et de ses collaborateurs, ne suffit pas. Il faut aussi, dans un nouveau projet de société, obliger les riches à rendre au moins la moitié de leurs biens aux caisses de l’Etat en fonction des besoins réels de chaque pays. Ils ont profité, d’une manière ou d’une autre, de la politique du régime déchu et de ses largesses pour certaines catégories sociales et par des liens complexes de mariages, de corruption et de solidarité d’intérêts. Si la nouvelle révolution se met de nouveau à s’endetter sur le dos du peule pour relancer l’économie, comme Obama devance un peu ces vrais problèmes et propose des crédits dans ce sens, cela ne fera que différer la vraie révolution que les acquis, civiques, juridiques et politiques de l’actuelle vont faciliter et rendre possible à court terme. Si le Roi accepte de bonne foi de répondre, même en totalité aux revendications de la rue sur le plan civique et politique, cela ne changera pas la réalité économique vécue au quotidien des Marocains(nes), ce qui ne peut attendre des solutions même à court terme. Sera-t-il capable de rendre au moins la moitié de sa fortune personnelle aux caisses de l’Etat ? L’exemple donné d’en haut en toute humilité et solidarité sera imposé automatiquement à tous les riches du pays après avoir défini les tranches ou fourchettes de revenus qui distinguent un riche d’un pauvre au Maroc , ce qui est très flou jusqu’à présent. Les fonctionnaires, dans le secteur public et privé, sont les seuls à payer régulièrement leurs impôts sur revenus puisqu’on les leur retire de la source et pour les autres, depuis le protectorat, chacun déclare ce qu’il veut et vole en silence. Au complot du silence politique, qui constituait le cauchemar de Hassan II, il y avait aussi le complot du silence économique, pire que le premier.
(…) Le Roi, pour protéger son pouvoir et ses biens, a fait son fameux discours du 9 mars 2011 , a nommé sa commission dite constitutionnelle pour laquelle il a défini en sept points sa mission consultative . L’opposition de la rue, n’est pas dupe : c’est le peuple souverain qui a donné sa « bayâa » à ses ancêtres et peut la retirer lorsque ses conditions ne sont plus respectées. C’est un contrat qui suppose deux entités différentes aux intérêts depuis longtemps opposés : nommer d’une manière unilatérale cette commission, c’est porter atteinte à ce contrat qui perd ainsi sa légitimité. L’opposition de la rue doit nommer ses représentants pour participer en toute immunité et sur un pied d’égalité, à cette commission, sinon organiser dans tout le pays des élections anticipées pour désigner les membres de cette commission et ses conclusions doivent être soumises au référendum et non au Roi. Il faut aller jusqu’au bout de notre pensée dans l’esprit d’une vraie révolution pour le bien de tous. Nous souhaitons régler ce problème une fois pour toute aussi bien pour le peuple que pour la monarchie. Lorsque je dis ceci, j’ai en tête pas seulement Mohamed VI , le Roi du Maroc , mais avant tout un citoyen marocain qui a les mêmes droits que moi et qui doit faire aussi des sacrifices pour le bien de notre pays. Les slogans des jeunes dans les manifestations des rues sont plus sincères, crédibles et positifs que tous les rapports réunis du gouvernement, de sa DST, de son administration, de ses partis, syndicats, ONG et associations. Aucun (e)Marocain (ne) n’est dupe et personne ne fait confiance à ces organismes étatiques crées par les caïds, les pachas et les gouverneurs au fil du temps depuis le protectorat. Défendre la monarchie et vouloir éviter le pire à son pays ne consiste pas à applaudir , à faire des rapports de type « lâam zine , koulchi zine »( l'année est bonne, tout est bien), mais il faut dire la vérité , toute la vérité , rien que la vérité quelles que soient les conséquences pour soi , car c’est déjà un sacrifice symbolique pour son propre pays .Locuteur et interlocuteur doivent garder le sang froid, avoir la patience et la volonté de s’écouter, de faire leur propre autocritique, d’établir des priorités sociales, économiques , juridiques et politiques et s’y plier avec rigueur et détermination car nous n’avons plus le droit à l’erreur et il y va de notre présent immédiat , de notre avenir et de celui du Maroc.
Source : mogador7.forumactif.commogador7.forumactif.com

Maroc : Interdiction de dénoncer la tyrannie

Par Ali Fkir, 28/5/2011

A mon tour et en mon absence (le vendredi soir 27 mai), un mokaddem est passé à la maison remettre un écrit qui m'interdit toute participation aux "rassemblements non autorisés". 
On a refusé de prendre les papiers (je ne suis pas le seul indésirable de la maison). La démocratie makhzanienne c'est ça: vous pouvez faire ce que vous voulez dans "l'espace public" lorsqu'il s'agit de dire vive la tyrannie, mais pour dénoncer la tyrannie il vous faut au préalable une autorisation que vous n'obtiendrez jamais.
Attendre l'autorisation pour dénoncer publiquement l'arbitraire c'est accepter pratiquement le règne de la tyrannie. 
TOUTES ET TOUS DANS LA RUE LE 5 JUIN!
TOUS ET TOUTE CONTRE LA TYRANNIE!
VIVE LE MOUVEMENT DU 20 FÉVRIER
JEUNES, FEMMES, TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES, L'HISTOIRE VOUS INTERPELLE!
L'HISTOIRE NOUS INTERPELLE!
Ali Fkir (28 mai 2011)

Des milliers de médecins attaqués sauvagement par les forces de répression

Des milliers de médecins attaqués sauvagement par les forces de répression le mercredi 25 mai 2011, alors qu'ils organisent une marche pacifiques à Rabat pour des légitimes revendications
Ali Fkir
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Au Maroc, la contestation continue, la répression aussi !
par Maryam khouchouaâ, journaliste, tolerance.ca, 26/5/2011

La Chronique de Maryam,
La relation s’exacerbe entre le pouvoir au Maroc et le mouvement du 20 février. Le Mercredi 25 Mai, Rabat (la capitale marocaine), connait encore une fois une grande manifestation, il s’agit cette fois d’une marche des médecins qui ont exprimé leur mécontentement face à une situation sociale, jugée défavorable.

Dès son démarrage, la marche a connu l’intervention des forces de l’ordre. Une répression qui survient dans un contexte de plus en plus tendu entre le pouvoir et le mouvement du 20 Février qui ne cesse de revendiquer son droit à manifester. Ce n’est pas la première intervention, et visiblement, elle ne sera pas la dernière. Le dimanche 22 Mai, les manifestants dans plusieurs villes marocaines ont du faire face à une intervention musclée des agents d’autorités.

Même Casablanca qui a été relativement épargnée depuis le 13 Mars a eu son lot. Motif : les marches n’ont pas été autorisées. Cette procédure typiquement administrative, a servi de prétexte pour justifier ce recours à la force. L’approche sécuritaire est de retour bien qu’elle ne soit jamais disparue. Une stratégie non seulement inefficace mais qui constitue un parfait recul quant à la dynamique que connait le Maroc actuellement. Si l’Etat cherche à passer un message clair aux manifestants à savoir que dorénavant les protestations seront de moins en moins tolérées. L’histoire n’a cessé de démontrer que la répression a souvent des effets inverses à ceux escomptés par le pouvoir en place. Quand l’effervescence gagne plusieurs couches sociales et plusieurs catégories professionnelles, la contestation n’est plus une simple réaction, mais carrément une culture difficile à effacer.

Historiquement parlant, le recours à la force marque toujours un tournant, qui vire parfois vers des scenarios dramatiques. Le sang des victimes ne s’oublie jamais et revient toujours pour alimenter le sentiment de révolte chez une population.

Rappelons nous bien les prémices de la révolution bolchévique n’ont pas eu lieu jusqu’en1917, mais remontent plus loin, en 1905 lors du dimanche rouge. Le 20 février 1917, l’agitation regagne la Russie tzariste suite à la mise en porte de millions d’ouvrier de l’usine d’armement. Ce qui était une simple contestation contre une situation sociale alarmante s’est transformé en l’une des plus grande révolution du 20ème siècle, avec pour fond le massacre de 1905 que personne n’avait encore oublié.

La révolution hongroise a également éclaté suite à des tirs contre la foule. Le 23 octobre une manifestation pacifiste d’étudiants réclamant plus de liberté et exigeant le départ des Russes, s’est soldée avec des dizaines de morts et des centaines de blessés lorsqu’une partie des manifestants s’est dirigée vers la Radio hongroise et a exigé la transmission sur antenne de leurs revendications. La révolution hongroise a été nommée « contre révolution » puisqu’elle n’était pas dirigée contre une monarchie, mais contre un système communiste/totalitaire qui prétendait représenter le peuple et les couches sociales dévalorisées.

L’histoire ne manque pas d’exemples, les derniers en date sont les soulèvements arabes qui prennent de l’ampleur eu fur et à mesure que l’oppression augmente. A cela s’ajoutent les moyens technologiques dont disposent les populations pour médiatiser leur lutte, mettant l’opinion internationale de leur côté.

Au Maroc, le mouvement 20 février tient toujours à manifester et à faire valoir ses revendications, créant ainsi une dynamique qui ne pourrait être que positive vu le caractère pacifique des manifestations, et l’instauration de débats et d’actions politiques que la Maroc n’a jamais eu l’occasion de connaître. Ainsi, Le passage à la stratégie de la force ne fera que bloquer tout processus de réforme emmenant le Maroc vers un avenir inconnu.



Maroc : Non à la répression !

Par Viviane LAFONT, Lutte Ouvrière n°2234 du 27 mai 2011

Alors que se rapproche la date où le roi du Maroc est censé se prononcer sur les propositions de réforme de la Constitution, émanant d'une commission fabriquée sur mesure, les dernières manifestations organisées dans le pays le 22 mai à l'appel des jeunes du Mouvement du 20 février, non autorisées par le pouvoir, ont été durement réprimées par les forces de police, déployées en nombre.

La semaine précédente déjà, un pique-nique de protestation organisé le 15 mai à Témara, dans le sud de Rabat, pour dénoncer l'existence, dans les locaux de la Direction générale de la surveillance du territoire, d'un centre de détention secret où des opposants seraient détenus, maltraités et torturés, avait été violemment dispersé. Dans d'autres villes, des manifestants tentant de se rassembler avaient eux aussi été frappés et pour certains arrêtés. Entre-temps, moyen de pression supplémentaire, des opposants et blogueurs ont été les destinataires de lettres les dissuadant d'appeler à des manifestations.

Cette fois, à nouveau les jeunes et moins jeunes manifestants ont dû faire face à des uniformes déchaînés et lâchés en nombre contre ceux qui réclamaient la liberté d'expression et une limitation des pouvoirs de Mohammed VI. C'est un crime de lèse-majesté, apparemment, dans ce pays où le souverain se prétend à la tête d'un royaume « moderniste et démocratique » et accueille dans les réceptions aussi bien les grands de ce monde que les hommes qui sont le bras armé de la dictature.

Interpellé sur le sort de nombreux jeunes du pays deux jours plus tôt à Casablanca, à la sortie de la mosquée, par un groupe de « chômeurs diplômés », le roi s'est entendu lancer «Non à la répression !» « On veut du travail ! »

De nombreuses voix s'élèvent dans la population contre la pauvreté de la majorité, face à un pouvoir de privilégiés richissimes, amis des dirigeants européens et de l'aristocratie de la finance. La caricature d'assouplissement que promet le dictateur appuyé sur son makhzen - l'État et les institutions - est déjà bien mise à mal par la répression organisée le 22 mai dans les villes du royaume.

Rabat : Silence on tabasse !


Par Demain avec l’AFP, 28/5/2011

Une image qui se répète. La police qui tabasse des médecins lors d'une autre manif en début de semaine

Rabat.- Une fois n’est pas coutume, la police marocaine a dispersé aujourd’hui à Rabat à coups de matraque, d’injures et de coups de pied des dizaines de jeunes du Mouvement du 20 février pour les empêcher de dénoncer l’utilisation de la force dimanche dernier contre des manifestants dans plusieurs villes du royaume.

« Les forces de l’ordre sont venues en nombre impressionnant pour nous empêcher à coups de matraques de nous rassembler devant le parlement », s’est lamenté à l’AFP Najib Chaouki, l’un des membres de la section de Rabat du Mouvement.
C’est devenu maintenant une habitude, les autorités marocaines se considèrent autorisées à réprimer ces manifestations parce qu’elles ne sont pas autorisées.
Un important dispositif des forces de l’ordre avait été déployé une heure avant le début du rassemblement prévu à 18h00 (GMT). Il n’y a eu aucun blessé parmi les manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP. Ces jeunes entendaient protester contre l’utilisation de la force dimanche dernier pour empêcher des manifestants de revendiquer des réformes constitutionnelles.

Selon Sabra Talbi, une militante du Mouvement, « les autorités sont déterminées à nous réprimer par la forces pour nous empêcher d’exprimer nos revendications démocratiques ».
Une manifestation pacifique est prévue dimanche à Casablanca, a déclaré la section locale du Mouvement, pour protester contre la violence de la semaine dernière contre les jeunes.

Dans une déclaration au lendemain de ces manifestations dispersées par les forces de l’ordre, Comical Naciri, le ministre de la Communication, a indiqué que le Mouvement du 20 février est « manipulé » par les islamistes et les gauchistes. Exactement comme avait fait un certain Ben Ali, il y a quelques mois, avant de prendre le large vers l’Arabie saoudite.

Une ONG a pour sa part demandé samedi une enquête pour déterminer les responsabilités dans ces violences contre le Mouvement. 

 «Nous appelons à l’ouverture d’une enquête impartiale pour déterminer les responsabilités concernant l’utilisation de la force contre une large partie des jeunes du 20 février », selon un communiqué de l’Organisation marocaine des droits de l’homme (OMDH).

Ce qui est vraiment surprenant parce que l’OMDH n’avait pas été très critique lors de la répression sauvage des manifestants lors du soulèvement de Sidi Ifni, et sa présidente, Amina Bouayach, fait partie de l’équipe qui est en train de plancher sur la « nouvelle » constitution octroyée. De même, l’OMDH est considérée comme un satellite de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), un parti au gouvernement.

Le 9 mars, le roi Mohammed VI a annoncé des réformes constitutionnelles prévoyant notamment le principe de séparation des pouvoirs et un renforcement des pouvoirs du Premier ministre. Ces annonces ont été jugées insuffisantes par le Mouvement.

Dans l’histoire du Maroc, lors des réformes constitutionnelles la monarchie a réussi toujours à avoir le dessus sur la volonté populaire.

Le roi Mohamed VI, protégé par la France (dont l’ambassade à Rabat est dirigée par un ancien responsable des services secrets français) qui le conseille sur la manière manière de réprimer sans utiliser les armes à feu, et adoubé personnellement par Hillary Clinton du Département d’Etat américain, qui est une élue du lobby juif américain (grand défenseur du trône alaouite), peut continuer à réprimer les jeunes.

Silence ! Rabat peut à tabasser ses jeunes. L’Occident a le regard tourné ailleurs pour le moment.