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samedi 11 octobre 2014

Selon Mme Mogherini : L’UE soutient les Nations Unies pour le Sahara Occidental



La future chef de la diplomatie, de l’UE, la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, a réussi son grand oral devant les parlementaires européens, lundi soir, au Parlement européen. 
Les députés de la commission des Affaires étrangères étaient chargés d’évaluer son aptitude à la fonction de Haute représentante pour la politique extérieure de l’UE et de vice-présidente de la Commission européenne. Lors de cette audition, Mme Mogherini a été interpellée par l’eurodéputé IVi Vajgl sur la question du Sahara Occidental. 
La future chef de la diplomatie, de l’UE, a déclaré que l’Union européenne soutient les efforts des Nations unies visant à trouver une solution politique juste et durable au conflit du Sahara occidental. Mme Mogherini a été interpellé sur l’occupation marocaine du Sahara Occidental, et sur le conflit israélo-palestinien, en plus des questions écrites, qui lui avaient été adressées par trois parlementaires européens et qui concernent les violations des droits de l’Homme par le Maroc. 
Il s’agissait de répondre sur les prochaines étapes à entreprendre par la haute représentante à l’égard de la mission du Maroc, auprès de l’UE, visant à mettre un terme aux violations des droits de l’Homme à l’encontre des populations civiles et des prisonniers politiques sahraouis. 
Bien entendu, la question mainte fois mise sur la table est celle qui concerne l’extension des prérogatives de la MINURSO, afin d’inclure la surveillance et la protection des droits de l’Homme, dans le territoire du Sahara Occidental, en attente de décolonisation. 
De notre bureau de Bruxelles: Habib Bensafi

OUEST TRIBUNE, 08/10/2014

mercredi 19 février 2014

Le 18 février au Majestic Passy, une soirée exceptionnelle sur le Sahjara Occidental !



Par Sahara Info n° 65 - février 2014

Nous vous annoncions dans la précédente newsletter un mois de février sahraoui à Paris ! Ce 18 février au cinéma Majestic Passy, devant une salle comble, ce mois sahraoui a très bien commencé. 
 Avec un documentaire réalisé par Álvaro Langoria d'une immense qualité, tant par l'utilisation d'archives et d'images espagnoles inédites en France que par les rencontres que Javier Bardem nous y propose en Espagne, à New York, en France et dans les campements de réfugiés.
Les réponses qu'il recueille tout au long de cette recherche de deux années sont très contrastées : négligence, indifférence pour un conflit trop peu important et où le destin d'un peuple en exil pèse si peu, cynisme affiché chez certains anciens diplomates ou Ministres, français en particulier, véhémence chez d'autres choqués par les manœuvres du Maroc qui, depuis 37 ans, impose sa loi face à la Communauté internationale et aux Nations Unies, impuissantes à appliquer leur propre légalité.
Les refus de témoigner sont tout aussi significatifs : aucune interview possible au Maroc, difficiles en Espagne et refus strict d'un des tout premiers protagonistes, notre ancien Président Valéry Giscard d'Estaing.
Les personnalités annoncées étaient là ! Javier Bardem, Álvaro Langoria, Vittoria Abril, Kerry Kennedy, Présidente de la Fondation Kennedy, Aminatou Haidar et les responsables de l'association « Espagnolas en Paris » qui ont organisé et animé la soirée avec beaucoup de punch !
Dans une salle comble et passionnée, des personnalités comme Pierre Richard, qui soutient avec fidélité et ferveur la cause des Sahraouis depuis de nombreuses années, étaient présentes. Espérons que la dynamique qui s'est créée ce 18 février porte des fruits et soit l'occasion de nouvelles initiatives.
Le film « Enfants des Nuages, la dernière colonie » va passer en circuit commercial à partir du 30 avril, il sera également possible de le faire connaître par d'autres circuits, à l'initiative de comités locaux, à l'occasion du séjour des enfants sahraouis cet été.
Pourquoi ne pas s'organiser pour largement le faire connaître en France ! Nous contacter à bur.aarasd@wanadoo.fr
Et surtout ne manquez pas, ce soir à Canal + (jeudi 20 février, encore rediffusé*) au Grand Journal, Pierre Richard en sera un des invités aux côtés de Javier Bardem et de Victoria Abril, venus tout exprès pour dire leur soutien au Peuple sahraoui et partager avec les habitués de Canal +, leur enthousiasme pour le film « Enfants des nuages, la dernière colonie ».
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com
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Sahara Info n°66 – " Si
                vous n'étiez pas devant le poste hier soir ! " –
                Février 2014*

Si vous n'étiez pas devant le poste hier soir !


L'interview hier soir au Grand Journal de Canal + de J. Bardem, V. Abril et Longoria ! Un petit événement dans les médias français...
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-grand-journal/pid5411-le-grand-journal-l-emission.html?vid=1024195

lundi 17 décembre 2012

TOTAL a demandé le renouvellement de la licence au Sahara Occidental





La compagnie pétrolière française TOTAL a demandé un renouvellement d'un an de sa licence controversée au Sahara Occidental occupé. WSRW appelle les investisseurs à se désinvestir de la société.



Le site Business & Human Rights a publié le 14 décembre une déclaration reçue de TOTAL concernant ses opérations au Sahara Occidental.

L'entreprise défend ses opérations et admet que «l'ONHYM et notre filiale locale ont fait une demande de prolongation d'un an pour traiter et interpréter les études sismiques en cours".

Western Sahara Resource Watch a averti récemment que si TOTAL choisit de renouveler sa licence controversée, il demanderait aux propriétaires de la société de s’en désinvestir.

«La décision de TOTAL de poursuivre ses activités, sabote clairement la résolution du conflit et ses opérations violent le droit international. Les propriétaires de la société qui ne veulent pas être associés à ce vol planifié des ressources naturelles du peuple sahraoui devraient procéder immédiatement à leur désinvestissement de l' entreprise ", prévient Erik Hagen, président du Western Sahara Resource Watch.

La large zone du Sahara Occidental dans laquelle travaille TOTAL est occupée par le Maroc depuis 1975/1979. L'occupation du Maroc est condamné par l'ONU.

Voici la déclaration complète de TOTAL (Traduction non officielle WSRW.) :

1. Le 2 décembre 2011, TOTAL E & P Maroc et l'ONHYM (Office National des Hydrocarbures et des Mines) ont reçu une autorisation de reconnaissance couvrant la zone extracôtière Anzarane. Les «informations pertinentes sur zone extracôtière Anzarane » ont été publiées pendant le premier trimestre 2012 sur le site Web de l'ONHYM, ainsi que tous les accords pétroliers, les contrats de reconnaissance et de superficies ouvertes (voir http://www.onhym.com/HYDROCARBURES/PartenariatetCoop%C3%A9rationP%C3%A9trole/Listedespartenaires/tabid/153/Default.aspx)

2. Au cours de la première année de reconnaissance, notre filiale a réalisé diverses études géologiques et géophysiques et a complété un relevé marin au cours de l'été 2012. ONHYM et notre filiale locale ont fait une demande de prolongation d'un an pour traiter et interpréter les études sismiques en cours.

3. Notre filiale locale a mené des travaux d'évaluation dans la même région il y a 10 ans. L’émergence de nouvelles idées sur les potentiels en hydrocarbures de la région, et l'amélioration des technologies sismiques nous amènent à demander une nouvelle autorisation de reconnaissance sur la même zone.

4. Il est important de rappeler qu'une autorisation de reconnaissance n'est ni un contrat d'exploration, ni un contrat d'exploitation. Il permet des travaux d'évaluation et d'enquêtes de nature géologique et géophysique en vue d'évaluer la nature pétrolifère du sous-sol, et elle exclut des forages exploratoires. Ce type d'autorisation de reconnaissance est courant dans l'industrie du pétrole et du gaz, en particulier dans les pays ou régions où l'existence d'hydrocarbures n'a pas encore été démontrée.

5. Notre filiale a travaillé dans la zone offshore susmentionnée en conformité avec les dispositions de la lettre Conseiller juridique de l'ONU datée du 29 Janvier 2002, adressée au Président du Conseil de sécurité des Nations unies, qui stipule que de tels contrats de reconnaissance et d'évaluation « ne sont pas en eux-mêmes illégaux ». Si les résultats de la période de reconnaissance sont encourageants, toutes activités d’exploration et d'exploitation seront menées en conformité avec les « principes de droit international applicables aux activités touchant aux ressources minérales des territoires non autonomes » et non pas « au mépris des intérêts et de la volonté du peuple du Sahara occidental "(voir http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N02/249/87/PDF/N0224987.pdf?OpenElement). Globalement, telle qu'il est exprimé dans notre Code de conduite, « TOTAL respecte toutes les lois, règlements et décisions des Nations Unies et de l'Union européenne" et respecte les règles de UN Business and Human Rights.

jeudi 20 septembre 2012

Rapport accablant de la coordination des associations et comites des droits de l’homme a El Aaiun Sahara Occidental sur la torture

19/09/2012 | Rapports

Présentation
La coordination des associations et comités des droits de l’homme au Sahara Occidental/El-Aaiun présente ce rapport à l’occasion de la visite à El Aaiun au Sahara Occidental ce 17 septembre 2012, du Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, rapport concernant les mesures prises sur le territoire pour mettre en œuvre les dispositions de la Convention contre les tortures, peines et traitements cruels inhumains et dégradants.
Cette visite est importante parce qu’elle vise à fixer des mécanismes pour mettre fin à toutes formes de violations flagrantes commises par l’état marocain.
 
Ce rapport est une partie d’une série de rapports publiés par l’Association Sahraouie périodiquement et occasionnellement, qui mettent en lumière ce qui est pratiqué par les autorités marocaines en violations des droits de l’homme au Sahara Occidental.

Toutes ces violations graves au Sahara Occidental sont liées au conflit entre le front Polisario – seul représentant légitime du peuple Sahraoui – et le Maroc.
La question du Sahara occidental est une question relative à la décolonisation et à l’autodétermination (cf. A/RES/1514 (XV) du 14 décembre 1960, la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux). En 1963, le territoire du Sahara Occidental a été désigné comme «territoire non autonome» par les Nations Unies. Dans son avis consultatif du 16 octobre 1975, la Cour internationale de Justice (CIJ) a conclu que «les éléments et renseignements portés à sa connaissance n’établissent aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara Occidental et le Royaume du Maroc ou l’ensemble Mauritanien ».
Ainsi, la Cour n’a pas trouvé de liens juridiques de nature à modifier l’application de la résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 dans la décolonisation du Sahara occidental et, en particulier, du principe de l’autodétermination à travers l’expression libre et authentique de la volonté du peuple du Territoire.
Le Conseil de sécurité a souligné à maintes reprises sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, permanente et acceptée par toutes les parties, et qui mènera à l’autodétermination pour le peuple du Sahara Occidental, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies.
Dans son dernier rapport en avril 2012, le Conseil de sécurité a réitéré sa volonté d’aider les parties à parvenir à une solution juste et durable du peuple du Sahara Occidental à l’autodétermination conformément à la Charte des Nations Unies.
Il a également souligné dans cette même résolution l’importance d’améliorer les droits de l’homme au Sahara Occidental et dans les camps de Tindouf et a encouragé les parties à élaborer et à mettre en œuvre les mesures indépendantes, crédibles pour assurer le plein respect des droits de l’homme.


Les modes de tortures, traitements inhumains et dégradants au Sahara Occidental
Les tortures et traitements inhumains sont exercés à l’encontre des Sahraouis pour des raisons d’opinions politique liées au conflit, les partisans du Front Polisario, ou soupçonnés de l’être ou bien pour les revendications de leurs droits politiques, civils, économiques, culturels et sociaux.
Au cours de ces 37 années le respect des droits de l’homme n’a pas existé laissant la place à de graves violations à l’encontre des civils Sahraouis, incluant les exécutions sans sommation et illégales, les enlèvements (disparitions forcées et les détentions arbitraires), les tortures physiques et psychologiques, les humiliations, les viols, touchant toutes les catégories de la communauté sahraouie, ciblant mêmes les personnes âgées, les femmes et des enfants mineurs et adultes. L’Etat Marocain ne fait pas valoir les lois existantes, et les responsables des exactions sont impunis.


1. La disparition forcée
La disparition forcée été un phénomène abusif pratiqué par les services de sécurité Marocains depuis 1975 et jusqu’à présent, même si on constate une diminution. Les services marocains continuent de suivre les mêmes approches dans les cas enregistrés.
Certaines statistiques montrent que des milliers de citoyens sahraouis ont été victimes de disparitions forcées depuis l’invasion Marocaine du Sahara occidental et jusqu’à maintenant.
Les tortures systématiques ont été pratiquées contre les Sahraouis dans des centres secrets comme Agdez , Kela’at Megouna, Pccimi à El Aaiun, et des centaines de sahraouis sont passés par la. Certains groupes ont passé là entre 4 et 16 ans et plus de 70 Sahraouis sont mort sous la torture morale et physique.

L’état marocain a violé plusieurs paragraphes du Pacte International relatif aux droits civils et politiques. Il n’a pas respecté la vie et la dignité des personnes enlevées et ne s’est pas assuré que ces arrestations soient ou non arbitraires ou qu’il s’agisse d’enlèvements forcés, des tortures ou autres mauvais traitements commis, pas plus qu’il n’a vérifié si il y avait eu un procès. L’état marocain a également violé les dispositions de la 4ème Convention de Genève relative aux civils sous l’administration d’un État non souverain sur un territoire.
Bien que les responsables Marocains déclarent qu’ils n’ont jamais pratiqué la disparition forcée, la coordination des organismes et comités des droits de l’homme Sahraouis attestent de la continuation de ces phénomènes à travers les témoignages des anciens prisonniers politiques.
Par exemple Hadi Ahmed Mahmoud et El Hussein Mahmoudi sont restés du 28 octobre 2009 jusqu’au 12 novembre 2009 dans le bagne secret de TEMARA avant d’être transférés dans la prison de Okacha à Casablanca.
Daihana Mohamed qui a passé 6 mois dans le bagne secret de TEMARA. Un groupe de 15 sahraouis a disparu depuis décembre 2005.
Soua’dou El Garhi a disparu de la ville de El Aaiun depuis 2008.
Mohamed Lamin Boutaba’a a disparu de la ville de Dakhla depuis 2011.


2. L’arrestation arbitraire et la détention illégale
La plupart des arrestations pour lesquelles les associations et comités sahraouis ont recueilli le témoignage depuis 2005 sont les faits des services de sécurité de police et de renseignements, des forces auxiliaires, de la gendarmerie, avec parfois l’aide de l’armée royale. Les arrestations ont lieu dans les rues durant les protestations et les manifestations exigeant l’autodétermination, ou suite à cela lors de raids directement dans les maisons, sans mandat ni autorisation préalable. Les Sahraouis sont vulnérables aux enlèvements et aux arrestations arbitraires. Pour ceux qui sont jugés, ils souffrent d’un manque certain de conditions élémentaires d’un procès équitable.
Dans ces périodes de garde-à-vue, les Sahraouis sont toujours sujets à des violences, tortures systématiques, parfois allant de la menace de viol au viol et à de multiples formes de pratiques honteuses et dégradantes.
Cela se passe de la même façon dans les postes de police, de gendarmerie pendant la garde-à-vue, dans les prisons, en salle d’audience, dans les voitures de police, dans des centres secrets isolés et en dehors des villes Sahraouies.
Les périodes de tortures sont plus ou moins longues, de quelques heures à plusieurs jours. Les personnes arrêtées sont alors relâchées sans comparution devant la cour, et cela de façon massive après le démantèlement de campements de Gdaim Izik.
Par exemple Mohamed Naji a passé plus de six jours en continu en « interrogatoire » , avant d’être relâché et Salka Leili 24 heures.

Outre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants utilisés contre les Sahraouis les autorités marocaines ne respectent pas les simples obligations juridiques formelles.
Les familles ne sont pas informées et les détenus ne peuvent rencontrer leurs avocats qu’après l’expiration de la garde-à-vue.
Ils sont forcés de signer des procès verbaux préétablis, sans rapport avec la réalité. Les autorités n’ouvrent pas d’enquêtes après les plaintes déposées par les prisonniers devant le procureur ou le juge d’instruction.
De nombreuses familles ont déposé des plaintes pour tortures sur leurs fils détenus comme les cas des prisonniers de Gdaim Izik et Dakhla qui sont restées sans suite.
Des anciens prisonniers politiques témoignent sur les circonstances de leurs arrestations, de leur incarcération dans des cellules surpeuplées, forcés à dormir alternativement, privés de leurs droits fondamentaux.


Privation de visite loin des surveillants.
Privation de traitement médicaux (aller a l’hôpital)
Privation de poursuivre leurs études
Privation d’une alimentation équilibrée.
Les détenus politiques sont d’autre part exposés à des représailles pour leurs positions politique qui ont la forme de raids d’inspections dans leurs cellules par des gardiens et des fonctionnaires, de coups et tortures et de mise à l’isolement dans des cellules individuelles (les cachots).


3. Les méthodes les plus fréquentes répertoriées par la coordination
Gifles, coups de pied, coups avec du câble électrique torsadé, des matraques, étranglements avec des chiffons mouillés souillés à l’urine aux excréments ou aux produits chimiques, brûlures avec des mégots de cigarettes, viols, suspension dans la position du « poulet grillé », suspension par les membres supérieurs pendant des heures.

Lomadi Abdessalam a témoigné avoir était victime de viol avec une bouteille à la préfecture de police judiciaire à El Aaiun le 13/10/2007
Des familles des détenus du groupe de Gdim Izik renvoyés devant la cour militaire de Rabat ont déposé des plaintes pour viol au cours de leurs gardes à vue, soit pour Mohamed Bachir Boutengiza, Abdellah Lkhfaouni, Mohamed El Aayoubi, Houssein Zaoui, Abdellah Toubali, Hassan Dah, Abdeljalil La’arousi.
Témoignage de menaces de viols dans les cas de Hayat Rguibi 19 ans, Nguia El Houassi 19 ans.


La police marocaine a utilisé la menace d’incinération pour intimider les militants politiques comme pour Salek Saaidi qui a été immolé sous les yeux du commissaire principal Hamid BAHRI et l’officier Mouloud Dairaa au siège de la police judiciaire, le 28 mai 2006.


4. Les détentions et les tortures sur des enfants, des femmes, des personnes âgées et des personnes handicapées
Les mineurs, les femmes, les personnes âgées et les personnes handicapées ne sont pas épargnés des tortures.
Un certain nombre de mineurs ont été arrêtés arbitrairement sans informer leurs familles et sans la présence de leurs avocats.
Ils ont été soumis à des mauvais traitements et la torture.


Zehra Amidan, 14 ans a été arrêté le 19 février 2007, Abou Jihad Abed 9 ans arrêté le 22 février 2009 et Fadil Boubaker arrêté le 2 avril 2012.
Un grand nombre de femmes ont été soumises à des tortures, mauvais traitements et arrestations arbitraires. Libérées sans avoir été présentées devant les tribunaux, elles ont été victimes de harcèlements sexuels et menaces de viol en raison de leur participation à des manifestations revendiquant le droit à l’autodétermination.
Par exemple le cas de cinq femmes qui ont déposé plaintes : Fatma Sabi 50 ans; Zehra El Ansari 41 ans, Ghlana Berhah 37 ans, Nguia El Haouassi 19 ans et Hayat Errguibi 19 ans.
Les personnes âgées ne sont pas exclues des crimes et des tortures, lors des raids des forces de sécurité afin de disperser les manifestants, des personnes âgées subissent des mauvais traitements, des tortures, la police va jusqu’à les poursuivre dans leurs maisons, comme dans les cas de :
El Aaiachi Dehba 56 ans qui souffre d’une insuffisance rénale, torturée jusqu’ à entraîner une fracture de la mâchoire et le bras. Elle a déposé une plainte auprès du de la Cour de première instance sous le n°15/23/12 le 12/03/2010.
Ghlaila Hallab 75 ans paralysée ( se déplace en chaise roulante) a été blessée durant un raid dans son domicile au cours duquel les policiers ont cassé porte et mobilier.
La police ne semble plus avoir le moindre respect pour les personnes handicapées, comme Haddad Said 29 ans et El Aaroussi Saaidi 22 ans non-voyant. Tous les deux ont été torturés en raison de leur participation à des manifestations pacifiques revendiquant l’autodétermination.


5. Dispersion des manifestations et des protestations pacifiques par la force
Des renforcements des restrictions sur le droit de réunion pacifique sont imposés par l’Etat marocain. Ce dernier a constitué des équipes spéciales pour intervenir et intimider les citoyens afin de les empêcher de manifester et de revendiquer le respect de leurs droits politiques reliés au droits à l’autodétermination ou aux questions sociales liées à la vie quotidienne.
La grande manifestation de Gdaim Izik a subi un violent démantèlement suivi de l’arrestation de plus de deux cents citoyens dont 23 sont toujours en détention dans la prison de Salé au nord de Rabat, en attente de comparaître devant le tribunal militaire alors même qu’ils sont civils.


Tous les services marocains de police, forces auxiliaires, gendarmes, armées, services de renseignement, ont participé à l’attaque pour le démantèlement du camp pacifique de Gdaim izik.
Ils ont utilisé la force, les gaz lacrymogènes, des canons à eau, jeté des pierres sur les manifestants, les ont frappé avec des bâtons et des matraques. De nombreux témoins affirment avoir entendu le bruit des coups de feu. La ville de El Aaiun a été assiégée et un couvre-feu a été imposé. Des maisons sahraouies ont été saccagées et leurs habitants frappés ou arrêtés et torturés.


La coordination des associations et comités souligne que les autorités marocaines ont depuis ordonné aux forces armées, à la gendarmerie et aux auxiliaires d’interdire toutes les formes de campements, collectifs et individuels.
Cette interdiction a touché de nombreuses familles pauvres qui ne pouvaient pas bénéficier de leur environnement naturel la mer et la campagne, après l’interdiction.
Cette mesure touche au cœur même de l’identité sahraouie, la tente en étant un mode de vie, un héritage culturel et traditionnel pour le peuple sahraoui.

La militarisation du contrôle de la ville d’El Aaiun par des unités appartenant au FAR, basées avec ses armes au centre-ville et occupant un certain nombre de rues et de lieux, privent les citoyens de la liberté de circuler.

Comme indiqué, l’Etat marocain a mis en place des équipes spéciales d’intervention contre les manifestants. Ceux-ci menacent les civils. Les équipes font des patrouilles continuelles dans les quartiers connus pour être habités par une majorité de Sahraouis et menacent et insultent.
Les femmes sont harcelées et menacées de viol. Les maisons sont saccagées sans avertissement.


Le 25 mai 2012 la police marocaine est intervenue contre une manifestation pacifique sur boulevard de Tan Tan à El Aaiun. Les manifestants réclamaient la libération des prisonniers politiques sahraouis. Les photos prises par des activistes sahraouis montrent la police en uniforme et en civils qui attaquent les manifestants et prennent d’assaut la maison d’Ahel El Khalil.

Coïncidant avec la visite d’une délégation des organismes des droits de l’homme dirigée par le centre RFKenedy la police a dispersé une manifestation pacifique demandant l’autodétermination et l’élargissement des mandats de la MINURSO pour y inclure la protection des droits de l’homme.
La militante et défenseure des droits de l’homme Soukeina Jed Ahlu 56 ans a subi les insultes et coups de la part de Mohamed Nachti, Bacha de la ville et de Mohamed El Haisouni. Elle a été transportée vers l’hôpital et a déposé plainte pour l’agression devant le procureur général près la cour d’appel de El Aaiun


6. Traitement des victimes de torture par les hôpitaux marocains
Les victimes de la torture et d’autres mauvais traitements sont privées de soins médicaux et dans les rares cas où la victime est admise à l’hôpital, les médecins donnent des instructions pour les faire sortir rapidement.
Cela vise à effacer les preuves de l’implication des autorités marocaines dans la torture, puisque cela prive les victimes de la possibilité de prouver les faits médicaux.
Les médias se font aussi complices de ce déni de l’implication de l’Etat dans la torture des Sahraoui. Par exemple lorsque Soukeina Jed Ahlu a été frappée et torturée dans la rue puis transférée à l’hôpital, le médecin a déclaré à la chaîne de télévision régionale de El Aaiun, chaîne financée par les autorités marocaines, que Soukeina Jed Ahlu ne souffraient de rien. C’est un mensonge en plus d’être une violation du secret médical puisque le même médecin après examen avait signé un certificat de 17 jours d’incapacité.

Des médecins sont complices de la violence et de la torture que subissent les Sahraouis.
Des ambulances étaient sur place lors du démantèlement de Gdaim Izik, les violences et blessures étaient donc prévues. Les médecins n’ont rien dénoncé de cela, ni n’ont témoigné.
Depuis le démantèlement du Camp de Gdim Izik en 2010, sauf à de rares occasions, les ambulances ne viennent pas prendre en charge les victimes de torture et de coups après les manifestations pacifiques. Peu de Sahraouis peuvent aller à l’hôpital, et il n’y a donc pas de traces médicales attestées de toutes les blessures par torture, ni de leur gravité.
Les médecins sont aussi complices de l’Etat quand ils n’alertent pas sur les conséquences psychologiques et psychiatriques qu’entraînent violences humiliations et tortures.
De nombreux Sahraouis souffrent de troubles psychiatriques après les tortures infligées par l’Etat, et ne sont nullement pris en charge pour cela par le corps médical.


7. Impunité
Il n’y a pas de poursuite des responsables d’actes de torture et de violations flagrantes des droits de l’homme au Sahara Occidental, ni du premier responsable l’Etat marocain.
Depuis 1975, selon les sources (ASVDH ou Amnesty) de 53 à 71 Sahraouis sont morts en détention et sous la torture. Aucune enquête n’a jamais été ouverte.
Ce fait assure aux officiers et responsables une forme d’assurance qu’ils peuvent torturer à mort et qu’ils ne seront pas inquiétés.
Certains officiers sont même promus suite à leurs activités :
Hafid Benhachem impliqué dans des actes et torture contre le « groupe de 1987 » est maintenant le haut délégué aux prisons.
Mohamed El Gharabi, Wali de El Aaiun est maintenant directeur des affaires générales au ministre de l’intérieur.
Cherrki Drais, Wali de El Aaiun, puis directeur général de sécurité nationale est maintenant ministre délègue à l’intérieur.
Bouchaaib Errmil, préfet de la ville de El Aaiun de 2006 à 2009 est maintenant chef de la sûreté nationale.

Des fonctionnaires peu gradés ont donc été promus à des postes très importants au Maroc pour avoir torturé des Sahraouis. Cette attitude de l’Etat marocain encourage les fonctionnaires locaux de tous rangs à la pratique de la torture et de toutes les formes de traitements cruels et dégradants.
En revanche l’Etat marocain ne porte aucun intérêt aux plaintes de torture déposées par les victimes et leurs familles. Il exerce même au contraire des pressions psychologiques sur les familles, en particulier les familles dont les fils ont été assassinés.
Deux cas présentés devant la justice donne une image claire de l’attitude du système judiciaire marocain dans ces dossiers.
Hamdi Lembark a été assassiné le 31 octobre 2005 par deux policiers marocains. La Cour a condamné les deux policiers à dix ans de prison. La cour d’appel a réduit le verdict a deux ans. Puis les deux policiers ont été libérés le jour du procès et ont réintégré leur travail.
Said Dembar a été assassiné le 24 décembre 2010 par un policier marocain. Le tribunal d’El Aaiun a condamné le policier à 15 ans de prison. Il n’y a pas d’information sur son éventuelle détention. La justice marocaine a refusé l’autopsie du corps de Said Dembar pour définir précisément les causes de la mort, et les autorités ont procédé à son enterrement sans la permission de la famille.

La Coordination attire l’attention du Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et autres sévices afin de prendre les mesures nécessaires pour stopper cette criminalité et l’impunité des responsables par les autorités marocaines, considérant comme un encouragement pour d’autres abus contre les civils sahraouis:

- Espère rester en contact permanent avec le Bureau de M .le Rapporteur pour l’informer de tous les développements concernant les cas de torture commis et supervisés par les autorités marocaines.
- Espère l’activation et le suivi des centaines de plaintes déposées par des citoyennes victimes de torture devant la justice marocaine.
- la coordination sollicite l’élargissement des compétences de la MINURSO aux droits de l’homme en incluant la surveillance et les rapports.
NB : le rapport présente en globe 180 cas des victimes de la torture et de mauvais traitement dont
9% des enfants
33% des femmes
58% des hommes
Les annexes :
- tableaux des cas des victimes de la torture et de mauvais traitement
- liste des tortionnaires au Sahara Occidental
- DVD sur le mauvais traitement lors des manifestations


mercredi 4 juillet 2012

Dakhla, Sahara occidental ou Maroc saharien ? Visite guidée ...

 

De notre envoyée spéciale à Dakhla, Lilia Blaise, realites.com, 28/6/2012 (Tunisie)

Le conflit du Sahara occidental semble plus que jamais d’actualité lorsque l’on arrive à Dakhla, une des villes des provinces du Sud annexées par le Maroc en 1975. Dynamique et en plein développement, la ville n’a rien des camps de réfugiés de Tindouf. «Ici on veut tous être Marocains. Ceux qui ne veulent pas l’être partent pour les camps ». Cette phrase, jetée par Meimouna, accompagnatrice attitrée de la visite de Dakhla habillée du voile sahraoui et chargée de communication, révèle une première vision de la ville de Dakhla, à l’extrême sud du Sahara occidental près de la frontière avec la Mauritanie. 

Et la question identitaire n’est pas la seule ambiguïté de l’endroit. En approchant de l’aéroport, on peut déjà voir de l’avion les constructions encore naissantes, financées par l’Etat marocain. Dès l’atterrissage, l’accompagnatrice, native de Dakhla, prend en charge l’unique journée prévue pour la visite. Un programme de choc attend : visite du nouveau port de Dakhla, visite du musée sahraoui et de la médiathèque, visite des serres de tomates cerise, du site de l’océan vagabond, entretien avec le Wali, gouverneur de la ville et même une rencontre avec le tissu associatif local. 

Difficile de caser ne serait-ce qu’une heure de libre dans un programme aussi chargé afin de contacter ceux dont on ne parle pas «les militants revendiquant la libération de ce territoire» ou les membres du POLISARIO.

 Une voiture mise à disposition attend, l’accompagnatrice est là pour faciliter les visites et les trajets au cours de cette journée. Passée la vue aérienne, Dakhla est une petite ville où alternent les couleurs des bâtiments peints et le gris de ceux encore en construction. Très symétriques, les rues sont le cœur de l’activité nocturne ainsi que la corniche qui borde l’océan Atlantique. Installée dans la péninsule du Rio de Oro, la ville est peuplée d’environ 60 000 habitants. Elle a un climat désertique équilibré par le vent et la proximité de l’océan. Les restes de la colonisation espagnole datant du 19ème siècle sont encore visibles dans l’énorme fort militaire à l’entrée de la ville. La ville elle, est neuve, portant les traces du développement récent amorcé par le Royaume du Maroc. 

Et pourtant Dakhla fait partie des territoires du Sahara Occidental et non du Maroc au regard du droit international. Entre aide au développement et exploitation directe, le Maroc joue sur une frontière fragile . Dakhla est devenue ainsi une région économiquement «marocaine», mais pas juridiquement.

 La pêche, principale richesse 

 Dimanche matin, le marathon commence, direction : le nouveau port de Dakhla. Fierté locale, le port de pêche de Dakhla a commencé à être construit en 1998. Depuis, deux extensions sont en cours de construction, l’une notamment pour les bateaux pétroliers. Gagné sur la mer, le terre-plein s’étend sur près de 13 ha. Les principales activités du port concernent la pêche pélagique et côtière ainsi que le trafic d’hydrocarbures. Le port est un point d’échange central avec l’Amérique du Sud, mais aussi avec les pays africains. La pêche représente près de 40% de la production nationale marocaine. L’activité bat son plein le dimanche 17 juin, alors que les pêcheurs réparent leurs filets, des centaines de bateaux de pêche créent un effet de congestion. 

A qui profitent les bénéfices générés par cette activité portuaire ? Au Royaume du Maroc et à l’Europe selon un accord de partenariat de pêche (APP) signé en 1987 entre l’Union européenne et le Maroc et fréquemment renouvelé. Le problème posé par cet accord concerne l’espace où les navires européens peuvent pêcher. L’appréciation de cet espace est laissée à la libre interprétation du Maroc, or, Dakhla n’appartient pas juridiquement au Maroc, il est seulement sous «contrôle» marocain. 

Selon un rapport du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies datant du 22 février 2010 (Le pillage des ressources halieutiques au Sahara occidental), le Maroc n’a jamais été reconnu par les Nations Unies comme une puissance administrante du territoire. C’est pourquoi le rapport stipule bien que d’un point de vue légal, le Maroc n’a pas le droit d’exploiter, vendre ou marchander par le biais de l’octroi de licences les ressources de ce territoire.» L’accord de pêche se baserait sur une violation du droit international, car le Maroc a ouvert la possibilité à ces navires européens de pêcher dans les eaux bordant la zone du Sahara occidental sans déclarer sa juridiction sur les eaux. 119 navires européens de 11 pays membres naviguent ainsi sur ces eaux, reste à savoir s’ils vont jusqu’à utiliser le port de Dakhla comme point d’ancrage. Sur place, pas de drapeau européen à l’horizon. Ces accords de pêche sont sans cesse l’objet de négociations lors de leur reconduction et une manière pour le Maroc d’affirmer à chaque fois la légitimité de sa «souveraineté» sur le territoire. 

La manière dont le peuple sahraoui profite de ces richesses est plus ambigüe. Un des ingénieurs du port de Dakhla déclare que 10 000 habitants travaillent au port sans donner d’autres détails. 

 La culture des tomates cerise, monopole français 

Vient ensuite la visite des fameuses serres de tomates cerises qui s’étendent sur 60 hectares, dans la ferme de Tawarta et dont le principal client est aussi le marché européen. Le secteur de l’agriculture est la deuxième richesse de la ville de Dakhla. Les tomates arrivent en France où elles sont redistribuées dans divers pays européens, avec le label «en provenance du Maroc» ou «sud du Maroc». La société française Azura cultive aussi des tomates cerises sur près de 76 ha du territoire. Selon un rapport de l’ONG Western Sahara Ressource Watch, en 2012 un nouvel accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Maroc libéralise encore plus les échanges entre les deux pays, alors qu’un autre accord commercial entre les Etats-Unis et le Maroc exclut clairement la zone du Sahara occidental. Plus encore, le ministère de l’Agriculture et de la pêche marocain a estimé que près d’un million d’hectares étaient exploitables pour l’agriculture. En 2009, près de deux mille hectares étaient exploités ou équipés dans diverses fermes et des projets d’extension sont prévus d’ici 2013. La majorité des récoltes seront destinées à l’exportation. La plupart de ces extensions seront faites sur des zones habitées auparavant par des Sahraouis qui sont partis pour les camps de Tindiouf lors de la guerre, selon le rapport de l’ONG Western Sahara Ressource Watch. 

Parmi les 11 domaines exploités pour l’agriculture autour de Dakhla, tous appartiennent au roi Mohamed VI, à des hommes d’affaires marocains ou à des multinationales françaises. Aucun n’appartient à un Sahraoui. 

 Dans Dakhla, l’impasse du conflit est ainsi visible dans chaque parcelle du développement de la ville : le Maroc considère bien que le territoire lui appartient et agit donc en toute légalité selon ses officiels. Excepté qu’aux yeux des Sahraouis, les choses ne sont pas si simples.

 L’identité sahraouie en question

 A la radio régionale de Dakhla, le directeur nous accueille en costume traditionnel Sahraoui. Même le dimanche, l’équipe travaille. Créée en 2005, la radio couvre des sujets culturels, politiques et religieux, organise des débats entre les notables et les citoyens. Mais quand il s’agit de la question du Sahara occidental, les sujets sont traités d’une certaine manière. Le directeur dit avoir parlé sur l’antenne des récents évènements comme le retrait de confiance à l’envoyé spécial de l’ONU, Christopher Ross mais quand on lui demande s’il est allé demander le point de vue de ceux qui revendiquant l’indépendance, ce dernier déclare, qu’il n’y a pas à sa connaissance de «Sahraouis indépendantistes ou séparatistes» à Dakhla. La journée se terminera par une rencontre avec le «tissu associatif de la ville» composé de nombreuses femmes sahraouies très impliquées. Association pour les femmes et le développement, association pour l’enfance, etc. Les problèmes dont parlent ces femmes portent sur le manque d’«espaces verts», ou d’infrastructures pour les écoles. Tous revendiquent le fait «d’être des Marocains à part entière », aucun acteur des associations militantes pour l’indépendance n’est présent. Une vieille dame témoigne du calvaire qu’elle a du endurer dans les camps de Tindouf ayant déjà subi la torture dans les prisons espagnoles. Elle déclare être venue se «rallier» à Dakhla n’en pouvant plus des conditions de vie du camp de Tindouf.

 Dakhla, la ville où tout le monde se dit «marocain» servirait-elle donc à légitimer l’annexion de ces territoires par le Maroc ? C’est ainsi qu’est présentée l’histoire au petit musée sahraoui de Dakhla. Accompagné d’une médiathèque, le musée commence par les photos des différentes visites du roi Mohamed VI dans les provinces du Sud, puis vient l’histoire en cartes de la colonisation hispano-française. Le saut historique vers le 6 novembre 1975 et le serment de la marche verte organisée par le roi Hassan II semblent être le pivot de l’histoire sahraouie dans ce musée. Les Marocains considèrent cet évènement «pacifique» comme une récupération de leurs territoires historiques contrairement à la Cour internationale de justice. Celle-ci a déclaré, dans un traité du 6 octobre 1975, qu’il existait bien des liens juridiques d’allégeance entre le sultan du Maroc et certaines tribus du Sahara, mais que cela n’était pas suffisant pour établir un lien de souveraineté territoriale entre le Sahara occidental et le Royaume du Maroc. Très peu d’allusions au Polisario ou à une autre date historique, celle de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) le 27 février 1976. L’identité culturelle sahraouie, elle, semble être préservée à travers ce musée qui présente le costume traditionnel et son évolution à travers les âges, les techniques de coiffures, la tente bédouine. Mais peu d’éléments sur l’histoire réelle des Sahraouis avec par exemple une étude des tribus qui composent le peuple : d’un côté les Ouled Dhims, de l’autre, les Rguibats. Pour Meimouna, c’est la permanence d’une société tribale qui rend impossible l’indépendance «vous savez, même si on avait l’indépendance, ces tribus se battraient chacune de leur côté pour régner. Et je ne suis pas sûre que cela serait souhaitable». 

Dakhla, eldorado marocain ? 

Pour le wali de la région d’Oued Eddahab Lagouira, Hamid Chabar, le conflit au Sahara occidental est désormais un problème diplomatique, «un conflit idéologique qui l’emporte sur le reste». A Dakhla, son ambition est claire : «faire de la région un pôle de prospérité à la porte de l’Afrique subsaharienne avec un flux d’échanges important». Il base le dynamisme sur l’énergie éolienne afin de préserver l’écosystème particulier de la région et parle de nombreux projets pour le développement du tourisme. Son avis sur le Sahara Occidental semble partagé par le délégué du ministre des Affaires étrangères à Rabat, Youssef Amrani : «le Maroc attend aujourd’hui les évaluations du secrétariat des Nations Unies et un nouveau médiateur qui puisse nous aider à aller de l’avant.» Pour lui comme pour le gouverneur de Dakhla, c’est le «manque d’implication de l’Algérie» qui empêche le compromis.

 Quant au plan d’autonomie du Maroc, jugé illégal par un barreau d’avocats à New York (voir encadré) le ministre délégué préfère privilégier l’avis des Nations Unies qui ont jugé le plan «sérieux et crédible». Dakhla semble donc bien être une ville «marocaine» aux yeux de tous. Youssef Amrani prend bien soin de préciser que les Marocains n’emploient pas la terminologie Sahara occidental, mais «Maroc Saharien» ou «sud du Maroc» ou encore Sahara».

 Aujourd’hui, en quittant Dakhla, certes bien différente de Tindouf, une question demeure et génère un malaise : qu’en est-il du peuple sahraoui dans ces consultations internationales ou même dans la manière dont le Maroc gère entièrement la ville ? En arrivant à joindre par mail, quelques Sahraouis d’un autre avis que celui présenté lors de la visite à Dakhla, le constat est bien différent. Mohamed El Beikom, un Sahraoui, déclare qu’en plus de ne pas pouvoir s’exprimer librement, les revendications d’autodétermination du peuple Sahraoui sont sans cesse étouffées. Les cas de violations des Droits de l’homme envers les activistes sahraouis reste encore difficiles à aborder au Maroc. Mais le plus révoltant selon ce Sahraoui reste la question du «pillage» des ressources. «Ce n’est pas le peuple sahraoui qui profite de ces richesses, aussi bien au niveau de la pêche, où peu de pêcheurs locaux sont bénéficiaires des ressources engendrées tout comme dans le secteur de l’agriculture.» Lui et d’autres Sahraouis dénoncent le manque d’emploi pour les locaux. Pour le Wali de la ville, ce manque est plutôt dû à un problème de formation pour certains travaux apparus avec l’urbanisation de Dakhla, il déclare «mettre en œuvre un travail de sensibilisation afin de changer les mentalités. Pour certains locaux, les travaux de ferme sont considérés comme dégradants, il faut que nous changions cela.» 

En attendant, le développement de la ville et l’exploitation des ressources continuent…