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mardi 27 décembre 2016

Sahara occidental. Le procès qui dérange les amis du roi du Maroc

Sahara occidental. Le procès qui dérange les amis du roi du Maroc

Rosa Moussaoui,26/12/2016
L'Humanité
au moment de son évacuation, le 8 novembre 2010, le camp de Gdeim Izik, près de laîyoune, comptait des milliers de personnes. PHOTO AFP/MAP
au moment de son évacuation, le 8 novembre 2010, le camp de Gdeim Izik, près de laîyoune, comptait des milliers de personnes. PHOTO AFP/MAP

Condamnés en 2013 par la justice militaire à de lourdes peines, vingt-quatre militants sahraouis de la société civile sont rejugés, ce lundi, à Rabat. La torture et les mauvais traitements qu’ils ont subis valent au Maroc une condamnation onusienne.
Ce matin doit s’ouvrir à Rabat le procès en appel de vingt-quatre Sahraouis, des militants de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme arrêtés et torturés, en 2010, après l’assaut des forces de sécurité marocaines contre le « camp de la fierté et de la dignité » de Gdeim Izik. 
 Dressé à une douzaine de kilomètres de Laâyoune, au Sahara occupé, ce camp était devenu, entre octobre et novembre 2010, un haut lieu de la protestation contre la dégradation des conditions de vie et de la revendication du peuple sahraoui à faire valoir son droit à l’auto-détermination. Il comptait des milliers tentes et de personnes. Pour contenir ce mouvement populaire, les autorités marocaines avaient fait évacuer le camp par la violence.

samedi 4 mai 2013

Violation des droits de l’homme au Sahara occidental :Le Maroc tente encore la diversion

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Par Zine Cherfaoui, El Watan, 4/5/2013

L’AMDH a soutenu la nécessité de mettre en place un mécanisme onusien pour surveiller et rendre compte de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

Les organisations non gouvernementales (ONG) internationales de défense des droits humains ne sont plus les seules à dénoncer la situation de non-droit qui prévaut dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. Dans son rapport sur les manifestations réprimées dans le sang, organisées le 26 avril dernier par des citoyens sahraouis dans la ville occupée d’El Ayoun pour revendiquer leur droit à l’autodétermination, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a exprimé aussi mercredi sa préoccupation face aux atteintes massives aux droits de l’homme au Sahara occidental. Pour arrêter la répression à laquelle recourent de façon systématique les forces d’occupation marocaines pour étouffer les revendications des Sahraouis, l’AMDH a soutenu la nécessité de mettre en place «un mécanisme onusien pour surveiller et rendre compte sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental».
Ce mécanisme s’impose d’autant, insistent les animateurs de l’AMDH, que «les forces marocaines font usage d’une force excessive et d’une violence rare». Dans son rapport, l’Association marocaine des droits humains rapporte en outre que «les forces marocaines empêchent, par la force, les citoyens sahraouis d’exercer leur droit légitime à manifester pacifiquement garanti par les chartes internationales des droits de l’homme».

Ainsi qu’il fallait s’y attendre, le rapport de l’AMDH a fait sortir la monarchie marocaine de ses gonds. Dans un communiqué rendu public le 1er mai 2013, le ministère marocain de l’Intérieur a accusé les responsables de l’AMDH de chercher à «dévaloriser l’action des forces de l’ordre et de les accuser d’actes abominables, tout en leur attribuant l’entière responsabilité de ce qui s’est passé à El Ayoun». Pour se dédouaner des atteintes aux droits de l’homme enregistrées au Sahara occidental, les autorités marocaines ont, par ailleurs, accusé des «parties étrangères» d’avoir instrumentalisé les manifestants. Bien évidemment, Rabat faisait allusion à l’Algérie, pays auquel elle reproche régulièrement de soutenir les indépendantistes sahraouis. La provocation ne s’arrêtera pas là.

Une provocation en cache une autre

Le secrétaire général du parti marocain Al Istiqlal, Hamid Chebat, y a aussi rajouté du sien en appelant le même jour à la «reconquête» de plusieurs régions frontalières algériennes. Intervenant au cours d’un meeting animé à Rabat, il a en effet «exigé» de l’Algérie qu’elle se retire notamment de Tindouf, Al Qanadsa et Hassi Beïdha, des régions qu’il considère comme étant marocaines. Tout en réitérant aussi la «marocanité des territoires sahraouis», M. Chebat n’a ainsi pas manqué de critiquer l’Algérie pour son soutien à la cause sahraouie. Selon de nombreux observateurs, le discours belliqueux et provocateur employé par cet homme politique connu pour sa grande proximité avec le roi Mohammed VI est, en partie, destiné à détourner l’attention d’une opinion marocaine frappée durement par la crise économique et excédée par la politique d’austérité du gouvernement.
Preuve du caractère délicat du contexte économique et social dans lequel se trouve actuellement le Maroc, un round du dialogue social prévu pour aujourd’hui a été annulé à la suite du refus de plusieurs centrales syndicales d’y participer. Plusieurs milliers de personnes ont par ailleurs manifesté le 1er mai dans le centre de Rabat à l’occasion de la Fête du travail pour «dénoncer vivement la politique du gouvernement». Parmi eux figuraient des diplômés au chômage et des fonctionnaires réclamant de meilleures conditions de travail. Ceux-ci ont promis de battre à nouveau le pavé en cas où leurs revendications ne seraient pas prises en charge. Face à cette donne sociale difficile, le makhzen n’a rien trouvé de mieux pour faire diversion que d’ouvrir un «front» avec l’Algérie. Non disposée à laisser passer une telle «ineptie», l’Algérie a tenu à réagir à la sortie du ministère marocain de l’Intérieur. Un haut responsable algérien a ainsi qualifié les accusations marocaines de «réflexe obsessionnel qui consiste à diriger un doigt accusateur vers l’Algérie à chaque convulsion au Sahara occidental». Un réflexe qui, ajoute-t-on, a «montré son inanité». 
Comme prévisible à chaque soubresaut que connaîtront les territoires sahraouis occupés en raison de la violation des droits élémentaires de ses occupants légitimes comme le droit de manifester pacifiquement, d’aucuns au Maroc seront prompts à crier au «complot ourdi par l’Algérie en croyant peut-être que la communauté internationale va se laisser berner», affirme-t-on encore à Alger sur un ton de lassitude.

Rabat appelle les lobbies sionistes à la rescousse

A ce propos, la même source ajoute que «même des pays réputés alliés du Maroc et qui ont contribué à l’échec de l’initiative américaine portant sur la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés ont clairement regretté les dernières violences qui ont suivi un rassemblement pacifique à El Ayoun en rappelant leur attachement au droit à manifester pacifiquement et en reconnaissant par là même qu’il y a un problème en matière de protection des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés». Non content également de la manière avec laquelle Rabat gère le dossier sahraoui, Washington a dernièrement claqué la porte au nez à certains responsables marocains. Fassi Fihri, un des conseillers du roi Mohammed VI, a ainsi dû faire le pied de grue pendant 15 jours dans la capitale fédérale américaine avant d’être reçu par John Kerry.
La rencontre qui aurait finalement eu lieu, selon la MAP, le 30 avril dernier, se serait déroulée en l’absence du ministre des Affaires étrangères, Saâdeddine El Othmani.  Taïeb Fassi Fihri aurait été accompagné par Youssef Amrani, ministre délégué aux Affaires étrangères, Mohamed Yassine Mansouri, patron de la DGED, et Rachad Bouhlal, ambassadeur de Rabat à Washington. Il est tout de même à signaler que le planning officiel de John Kerry pour les journées du 29 et du 30 mai ne fait aucune mention de la rencontre avec la délégation marocaine. Habituellement, toutes les rencontres du secrétaire d’Etat sont annoncées sur le site web du State Department avec photo de l’audience. Chagriné de ne pas avoir reçu un mot de remerciements de la part du président Obama à la suite de son message de condoléances pour les attentats de Boston, le roi Mohammed VI a ainsi dû être rassuré de voir enfin ses envoyés spéciaux reçus au département d’Etat américain. Néanmoins, cette petite réunion ne semble pas avoir complètement dissipé ses angoisses.
Le nouveau secrétaire d’Etat John Kerry a amorcé un mouvement de rééquilibrage en faveur de l’Algérie. Et la grande appréhension des Marocains provient du fait justement que le département d’Etat donne désormais la préférence à l’Algérie en termes de partenariat stratégique.
Et cela a commencé avant même l’épisode du Conseil de sécurité. Pour tenter de renverser la vapeur, Fassi Fihri a d’ailleurs, semble-t-il, mis à profit son séjour à Washington pour mobiliser les réseaux traditionnellement acquis au Maroc. Bien entendu, il n’a pas omis d’appeler les lobbies sionistes à la rescousse...

Réponse du porte-parole du MAE à Hamid Chebat d’Al Istiqlal :

«Les propos attribués par les médias marocains au secrétaire général du parti Al Istiqlal sont particulièrement graves et inacceptables. Ils constituent une dérive dangereuse et irresponsable que nous condamnons avec la plus grande force. La souveraineté, l’intégrité territoriale et l’intangibilité des frontières de l’Algérie ne sauraient, en aucune manière et sous aucun prétexte, faire l’objet de manœuvres partisanes ou politiciennes irréfléchies qui minent le bon voisinage.
Ce responsable, qui a déjà tenu des propos similaires dans un passé récent, serait bien avisé de ne pas persévérer dans la provocation et l’aventurisme qui consistent à contester la convention relative au tracé de la frontière d’Etat établie entre la République algérienne démocratique et populaire et le royaume du Maroc, signée le 15 juin 1972, qui comporte des cartes annexées à la convention et qui a fait l’objet d’enregistrement auprès du secrétariat général des Nations unies.»
http://www.elwatan.com//international/le-maroc-tente-encore-la-diversion-04-05-2013-212481_112.php
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Depuis le 26 avril, au lendemain du vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution concernant la mission onusienne au Sahara occidental, des manifestations sahraouies sont réprimées violemment par les forces marocaines.
La communauté Sahraouie a réagi dès le vote par l’ONU d’une résolution renouvelant le mandat de la Minurso et a exprimé son désarroi devant le texte très loin des espoirs qu’une initiative américaine avait suscités mi-avril.
Sultana Khaya et les forces de l'ordre à Boujdour, selon une capture d'écran publiée le 3 mai par le site d'informations Lakome

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Selon plusieurs témoignages et media (notamment RFI), des manifestations ont lieu dans les villes de Laayoune et Boujdour. Celle de vendredi 26 après-midi a réuni une centaine de personnes, selon le correspondant de l’AFP cité par plusieurs media. « Sirine Rached, une responsable de cette ONG, a indiqué à l’AFP que la manifestation se déroulait « dans le calme »« , peut-on lire dans le journal L’Humanité.
Sur le site d’informations marocain Lakome, « La manifestation, sur l’une des artères principales de la ville, se déroulait « dans le calme », mais la police « a eu recours à la force de manière excessive », a déclaré de son côté Sirine Rached, une responsable de l’ONG Amnesty International, dont une équipe est actuellement à Laâyoune. Plusieurs scènes montrant des forces de l’ordre frappant des manifestant(e)s ont été filmées à l’aide de téléphone portables. »
D’après la préfecture de Laâyoune, le rassemblement n’avait pas été autorisé et la police a dispersé le cortège, qui bloquait la voie publique, après « les sommations d’usage », précise encore Lakome.
Selon les autorités marocaines, huit membres des forces de l’ordre ont été blessés et transportés à l’hôpital militaire de ville.
Une trentaine ou une quarantaine, selon les sources, de blessés sont à déplorer du côté des civils sahraouis.
D’autre part, une militante sahraouie, Sultana Khaya, affirme avoir subi des violences mardi 30 avril. L’article et des vidéos montrant l’intervention des forces de l’ordre marocaines ici.
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jeudi 14 février 2013

Procès militaire pour défenseurs des droits sociaux et économiques


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24 militants sahraouis comparaissent devant un tribunal militaire au Maroc. Tous ont été arrêtés à la suite de la manifestation de Gdeim Izik camp – un immense rassemblement de civils sahraouis dans les territoires occupés, unis dans leur demande de respect de leurs droits sociaux et économiques.
Après avoir été reporté à trois reprises déjà, le procès a commencé le vendredi passé, 8 février, alors que 22 des accusés ont passé près de deux ans en détention avant le procès. La loi marocaine édit que les prévenus ne peuvent être emprisonnés pour une période de plus de 12 mois sans procès. Les accusations contre les détenus sahraouis comprennent l’appartenance à une bande armée, l’utilisation de la violence contre les représentants des forces publiques dans l’exercice de leurs fonctions, causant la mort par l’usage de la violence d’agents marocains (appliquée à 12 des accusés) et la profanation de cadavre (2 des accusés). En outre, ils sont inculpés d’atteinte à la sécurité nationale – qui pourrait conduire à emprisonnement à vie.
Mais la plupart des accusés sont connus pour leur militantisme de longue date pour la défense des droits humains et leur plaidoyer pour l’indépendance du Sahara Occidental. Le président du Comité Sahraoui pour la protection des ressources naturelles (CSPRON) est parmi les personnes présentées à la cour aujourd’hui.
La plupart des accusés ont été arrêtés sur toile de fond de ce qui est connu comme la « manifestation du campement de Gdeim Izik ». À l’automne 2010, des milliers de civils sahraouis ont pris part à un acte spontané de protestation contre la discrimination sociale et économique qu’ils subissent dans leur pays occupé. Ils ont planté leurs tentes à une dizaine de kilomètres à l’extérieur d’El Aaiun, capitale du Sahara Occidental, dans un endroit appelé Gdeim Izik. Après quelques semaines, et un afflux continu de plus en plus de manifestants, les militaires marocains ont attaqué le camp et l’ont détruit par le feu le 8 novembre 2010. Dans les jours qui ont suivi le violent démantèlement, le Maroc a interdit aux médias, aux observateurs étrangers et même à la force de paix de l’ONU pour le Sahara Occidental, la MINURSO, de venir près du camp.
Alors que les manifestants étaient forcés de revenir à El Aaiun, après la destruction du camp, des émeutes ont éclaté,contre les symboles de l’occupation marocaine et le pillage continuel du Sahara Occidental.


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Audition des derniers prévenus 

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Le tribunal militaire permanent de Rabat a poursuivi mardi l’audition des prisonniers politiques sahraouis dans le cadre du procès du "groupe Gdeim Izik" après avoir entendu depuis l’ouverture du procès, le 1er du mois courant, 18 des 24 prévenus, a-t-on appris de sources judiciaires.
Lors de l’audience de la matinée, le tribunal a entendu trois des six derniers prévenus qui, à l’instar de leurs codétenus, ont rejeté tous les chefs d’accusation les désignant comme une "bande de criminels", dénonçant un "procès politique" en rapport avec la question du Sahara occidental, précise-t-on de mêmes sources.
Les 24 Sahraouis, en détention depuis plus de 27 mois, sont notamment accusés d’"atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, formation d’une bande criminelle et atteinte aux fonctionnaires publics dans le cadre de l’exercice de leur fonction". Ils risquent la réclusion à perpétuité.
Pour rappel, environ 40.000 Sahraouis avaient, à l’automne 2010, élu domicile à Gdeim Izik, proche d’El-Aaiun occupé, au Sahara occidental où ils avaient dressé quelque 8.000 tentes pour "défendre leurs droits politiques, économiques et sociaux". Ils ont été délogés du camp, le 8 novembre 2010, après un assaut des forces marocaines.
Plusieurs ONG internationales de défense des droits de l’homme, des intellectuels et avocats ont réclamé la libération "inconditionnelle" des prisonniers, condamnant la comparution de civils devant un tribunal militaire. (SPS)
 

Posté par amaidan-salah
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- le 15 Février 2013

Justice pour les sahraouis (PCF)


Le consternant procès des 24 prisonniers politiques dits du « groupe de GDEM IZIK » qui se tient actuellement à Rabat est doublement injuste. Il concerne en effet des militants sahraouis venant du Sahara Occidental.
Il s'agit d'un territoire sous occupation marocaine. La question posée est donc celle du droit d'un peuple à disposer de lui-même conformément à la Charte des Nations Unies. La répression marocaine est donc illégale.
Ce procès, ensuite, est mené par un Tribunal militaire, à l'encontre de militants politiques civils détenus depuis 27 mois sans jugement, ce qui constitue un déni de droit choquant. Ce procès vise en fait directement la résistance à l'occupation marocaine. C'est un procès politique. Sans le respect du droit à l'autodétermination des Sahraouis, il n'y aura pas de solution durable et juste. C'est le principe de l'autodétermination qui doit prévaloir, et non la politique de force.
Le soutien des autorités françaises à l'occupation, le non-respect des résolutions de l'ONU, et le silence sur le procès en cours ne sont pas acceptables. Le Parti communiste français demande la libération des 24 prisonniers politiques, celle de tous les prisonniers politiques sahraouis, et la tenue d'un référendum d'autodétermination. Il exprime son soutien et sa solidarité à la lutte du peuple sahraoui et au Front Polisario.
Parti communiste français

mercredi 30 janvier 2013

Nadir Dendoune incarcéré en Irak (suite)

Irak 29/01/2013 à 15h40

Nadir Dendoune, journaliste français détenu à Bagdad pour des photos


Par Camille Polloni | Journaliste Rue89Irak 29/01/2013 à 15h40

Nadir Dendoune en 2010, alors qu’il organisait la Journée sans immigrés 
(Audrey Cerdan / Rue89)
Vers 20h45 lundi soir, Nadir Dendoune, journaliste indépendant de 40 ans, poste un message sur sa page Facebook. Pas tout à fait lui, en réalité : le texte parle de Nadir à la troisième personne (il a été retiré depuis). Le journaliste aurait été arrêté à Bagdad et détenu depuis cinq jours dans une prison irakienne.
Au bout de plusieurs commentaires incrédules et quelques blagues, sa sœur Houria confirme que c’est sérieux. Des amis à lui y vont de leur conseil, témoignent de leur soutien, glissent le numéro de la cellule de crise au ministère des Affaires étrangères. Les derniers qui pensent encore à une plaisanterie se font rabrouer.
Les nombreux messages apparaissent au fur et à mesure, comme un tchat un peu surréaliste autour de la détention de leur ami qui devait rentrer en France dans les jours qui viennent. Mardi, un nouveau post a remplacé l’ancien :
« Pas trop d’initiatives persos pour l’instant, merci. Plein de choses sont faites. Restons vigilants. On vous donne des nouvelles dans la journée de mardi. »

Reportage sans autorisation

Entre temps, une dépêche AFP citant une source consulaire a fait état de la situation de Nadir Dendoune, « arrêté par la police irakienne pour avoir pris des photos sans autorisation à Bagdad » :
« Nadir Dendoune a été arrêté dans le quartier de Dora (sud-ouest) “en milieu de semaine dernière” et “est toujours en détention, il n’a pas été encore inculpé”, a ajouté la source consulaire. Les autorités irakiennes ont assuré qu’il “est bien traité, il n’a pas de problème médical”, selon elles.
Selon sa sœur Houria Dendoune, contactée par l’AFP, le journaliste aurait été arrêté alors qu’il prenait des photos d’une usine de traitement des eaux. »
La dépêche précise que Nadir Dendoune, qui a la triple nationalité française, algérienne et australienne, faisait un reportage pour Le Monde Diplomatique sur les dix ans de l’invasion du pays.

Un journaliste hors norme

Il est aussi collaborateur de L’Humanité et chroniqueur pour Le Courrier de l’Atlas, dans lequel il a publié plusieurs billets sur son voyage en Irak, mettant à profit son surnom revendiqué : « le tocard ».
En 2010 et 2011, Nadir Dendoune a publié trois articles sur Rue89. Diplômé sur le tard du Centre de formation des journalistes (CFJ) à Paris, le journaliste a toujours réussi ses défis un peu dingues :
  • faire 3 000 km à vélo en Australie (puis faire le tour du monde) ;
  • être bouclier humain en Irak en 2003 ;
  • gravir l’Everest (oui oui) à 37 ans ;
  • organiser une « journée sans immigrés » pour montrer leur importance dans l’économie française.
En septembre, il publie une tribune reprochant à Canal Plus d’avoir masqué son tee-shirt « Palestine » au Grand Journal.

Le précédent américain

En mai 2003, des journalistes français avaient déjà été arrêtés à Bagdad et détenus trois jours, cette fois-ci par les Américains. C’était une équipe de Canal Plus : un rédacteur, un journaliste reporter d’images, un traducteur et leur chauffeur.
Leur crime : avoir tourné sans autorisation des images d’un bâtiment, appartenant – ils l’apprennent plus tard – aux Forces spéciales américaines. Les quatre hommes, pourtant identifiés comme journalistes, sont arrêtés par des Irakiens armés, se souvient aujourd’hui Michel Despratx, le rédacteur de l’équipe. Avant d’être confiés aux Forces spéciales américaines :
« Nous avons été maltraités, encagés, avec le statut de prisonnier de guerre. Nous avons vécu deux simulacres d’exécution, une fois alignés contre un mur, l’autre au bord d’un fleuve, avant que l’armée américaine nous sorte de là. Un général américain nous a ensuite présenté des excuses officielles. »
A l’époque, un article de Télérama raconte l’épisode. Et précise :
« A une semaine du transfert de souveraineté, les conditions de travail des journalistes n’ont jamais été aussi exécrables. “ Plus dangereux que pendant la guerre ”, commente-t-on dans les rédactions. [...]
Dans ce climat pourri, entre attentats quotidiens, enlèvements et balles perdues, les reporters hésitent de plus en plus à sortir de leur hôtel bunkerisé. »
Comme les journalistes de Canal Plus il y a dix ans, Nadir Dendoune a pris le risque de sortir.
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Un journaliste français détenu en Irak 

depuis une semaine

Cela fait désormais 7 jours que le journaliste français Nadir Dendoune est détenu à Bagdad. Arrêté mercredi 23 janvier, Nadir Dendoune a pu contacter un ami le lundi suivant, pour faire savoir qu’il était en bonne santé, et correctement traité. Depuis, ses proches n’ont reçu aucune nouvelle, pas plus que le ministère français des affaires étrangères.

Journaliste indépendant âgé de 40 ans, auteur de plusieurs ouvrages, dont le remarqué Un tocard sur le toit du monde, Nadir Dendoune s’était rendu à Bagdad pour le Monde diplomatique, qui lui avait remis une lettre de mission. Contrairement à la version diffusée par les autorités irakiennes, qui affirment que le journaliste a été arrêté parce qu’il prenait en photo un «site sensible», il était bel et bien titulaire d’un visa presse, selon son comité de soutien.
Répondant à une question d’une journaliste lors d’un point presse ce mercredi 30 janvier, le ministère français des affaires étrangères a diffusé les information suivantes : « Nous suivons avec la plus grande attention la situation de M. Nadir Dendoune, aussi bien à Paris, où les services du ministère des Affaires étrangères sont mobilisés, que sur place, à travers notre ambassade à Bagdad. D'après nos informations, notre compatriote a été arrêté alors qu'il prenait des photographies d'une installation de traitement d'eau à Dora, sans accréditation ni autorisation de photographier des installations sensibles. Dès qu'elle a été informée de l'arrestation de M. Dendoune, notre ambassade a effectué des démarches officielles auprès des autorités irakiennes, afin d'obtenir des informations sur les motifs de cette arrestation et pour s'assurer de ses conditions de détention et de son état de santé, dans le cadre de la protection consulaire que nous accordons à tous nos compatriotes détenus. L'organisation d'une visite consulaire sur son lieu de détention a été demandée par notre Ambassade dès son arrestation connue. » Contacté ce mercredi après-midi, le ministère assure de la pleine mobilisation des services consulaires sur place.
Créé ce mercredi, le comité de soutien de Nadir Dendoune organisera de son côté un point presse à l’auditorium de l’Institut du monde arabe à Paris, jeudi à 17h00. « Palestine », le film de Nadir, sera diffusé par la suite à 18h30. Un rassemblement est prévu vendredi 18h30 devant le quai d’Orsay. La famille de Nadir demande notamment à être reçue par le ministère, «ne serait-ce que pour obtenir des information sur le sort de Nadir, explique Madjid Messaoudene, du comité de soutien. Jusqu’ici, le ministère nous a fait savoir qu’il suivait la situation. Mais nous n’avons aucune nouvelle, et le ministère se contente de relayer sur son site la version des autorités irakiennes. Or, Nadir était en règle, son arrestation est donc sans objet, et nous sommes très inquiets.»
Outre son comité, Nadir Dendoune a reçu le soutien de plusieurs organisations, dont le syndicat des journalistes
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Lettre de Pierre Laurent à l'Ambassadeur irakien

Pierre Laurent
Secrétaire national du PCF
Sénateur de Paris
Monsieur Fareed Yasseen
Ambassadeur
Ambassade de la République d'Irak
53, rue de la Faisanderie
75016 Paris


Paris, le 30 janvier 2013

Monsieur l'Ambassadeur,
J'ai appris avec surprise et inquiétude l'arrestation et l'incarcération à Bagdad de monsieur Nadir Dendoune, journaliste et réalisateur français.
Nadir Dendoune est bien connu de la direction et des adhérents de notre parti. Nous l'avons accueilli, il y a quelques mois, au siège de notre parti pour la présentation de son dernier film, « Palestine ».
Nous savons son engagement sincère de solidarité avec tous les peuples qui agissent pour leur souveraineté, en particulier dans le monde arabe.
Les médias français indiquent qu'il aurait pris des photos sans autorisation, ou bien en des lieux où cela serait interdit.
Nous ne savons pas, en réalité, les raisons de son arrestation et nous souhaiterions naturellement disposer des précisions nécessaires à cet égard.
Je tiens seulement à souligner que Nadir Dendoune s'est très souvent retrouvé avec nous dans des rencontres et des initiatives positives, solidaires et démocratiques. Sa situation nous préoccupe au plus haut point et nous espérons vivement qu'il nous sera possible de le voir revenir en France au plus vite.
Je vous prie d'agréer, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de mes salutations distinguées.

Pierre Laurent



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 le 30/1/2013
Lettre de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, député au Parlement européen, à Madame Catherine Ashton, Haute Représentan -
Lettre de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, député au Parlement européen, à Madame Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.

"Madame la Haute Représentante,
Je tiens, en urgence, à attirer votre vigilante attention sur la situation faite à un journaliste français, disposant d’un passeport franco-algéro-australien, Monsieur Nadir Dendoune, arrêté par la police irakienne à Bagdad et incarcéré en cette ville depuis le 24 janvier 2013.
Monsieur Dendoune séjourne en Irak en toute légalité puisqu’il s’est vu délivrer un visa de presse par les autorités irakiennes. Ses activités, depuis le début de son séjour en Irak, sont publiques. Elles s’effectuent au grand jour, en vue de la préparation d’un reportage sur ce pays et vraisemblablement d’un livre, retraçant l’histoire de ces dix dernières années.
Son incarcération est donc totalement injustifiée et incompréhensible. Il ne lui est reproché que le fait d’avoir pris des photos dans la rue. C’est donc la liberté de travail d’un journaliste et la liberté d’informer qui est ici mise gravement en cause. De plus, je peux personnellement témoigner de l’intégrité et de l’éthique professionnelle du journaliste Nadir Dendoune.
Aussi, Madame la Haute Représentante, je vous saurais reconnaissant de bien vouloir instruire en urgence ce dossier et de réclamer la remise en liberté de M. Nadir Dendoune, auprès des autorités irakiennes.
Dans l’attente, recevez, Madame la Haute Représentante, l’expression de ma plus haute considération."
http://www.humanite.fr/fil-rouge/nadir-dendoune--lettre-de-patrick-le-hyaric-a-catherine-ashton


 Nadir Dendoune au sommet de l'Everest

- le 30/1/2013

Patrick Le Hyaric: "Libération immédiate pour notre confrère Nadir Dendoune"

Nadir Dendoune est incarcéré dans une prison irakienne, sans inculpation, depuis le milieu de la semaine dernière pour avoir pris des photos sans autorisation à Bagdad.
Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité et député européen, a écrit à l'ambassadeur d'Irak pour protester fermement contre cette arrestation. Il a de même alerté par lettre Viviane Reding, Commissaire à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté et Vice-présidente Commission européenne, ainsi que Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.

Par ailleurs, un comité de soutien à Nadir Dendoune a été créé "par sa famille et ses proches".Celui-ci reprenait, ce mercredi après-midi sur sa page Facebook, la déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères: "Nous suivons avec la plus grande attention la situation de M. Nadir Dendoune, aussi bien à Paris, où les services du ministère des Affaires étrangères sont mobilisés, que sur place, à travers notre ambassade à Bagdad."

Protection consulaire
"Dès qu'elle a été informée de l'arrestation de M. Dendoune, notre ambassade a effectué des démarches officielles auprès des autorités irakiennes, afin d'obtenir des informations sur les motifs de cette arrestation et pour s'assurer de ses conditions de détention et de son état de santé, dans le cadre de la protection consulaire que nous accordons à tous nos compatriotes détenus. L'organisation d'une visite consulaire sur son lieu de détention a été demandée par notre ambassade dès son arrestation connue", rapporte le comité de soutien de Nadir Dendoune.
  • A lire aussi:
Un journaliste collaborateur de l'Humanité.fr, emprisonné en Irak
lettre de Patrick Le Hyaric à Catherine Ashton
Lettre de Patrick Le Hyaric à Viviane Reding
Lettre de Patrick Le Hyaric à l'ambassadeur d'Irak en France