Les petites manigances « makhzeniennes » de la gendarmerie française de Betz
Le capitaine Mustapha Adib, l’un des initiateurs des manifes devant le château de Betz (Photo DR)
Le 15 mai des représentants du Collectif pour la dénonciation de la dictature au Maroc (CPDDM) se sont rendus à Betz
pour s’enquérir des suites données à l’arrestation arbitraire dont ont
fait l’objet ses membres, le 20 janvier dernier, devant le « bien mal acquis » du roi Mohamed VI dans ce village de Picardie, en France.
Ayant su que la gendarmerie de Betz avait décidé de ne pas engager de
poursuites contre eux, les représentants du CPDDM se sont rendus à la
Gendarmerie de Crépy-en-Valois, qui chapeaute celle de Betz, pour avoir plus d’information.
Quand il les a vus, l’Adjudant chef de la gendarmerie de
Crépy-en-Valois, responsable de ce « dossier », leur a d’emblée lancé : « Qu’est ce qui vous amène? »
Le représentant du CPDDM lui a alors demandé qu’il voulait avoir des nouvelles de leur arrestation, ses « références » pour s’en informer auprès du tribunal, et récupérer les pancartes et tracts saisis arbitrairement lors de leur arrestation.
Ce à quoi, ce gendarme lui a demandé pourquoi il voulait ces « références ».
« Mais pour écrire au tribunal et lui demander officiellement ce qu’il
en est de cette procédure, et pour récupérer nos affaires », lui a répondu le représentant du CPDDM.
Etonnement du militaire qui lui remet un numéro de PV avant de
l’informer que les pancartes et les tracts, qui sont des scellés,
allaient être détruits. Etonnement, mais cette fois-ci du représentant
du CPDDM qui informe le gendarme que la loi ne permet pas aux forces de
l’ordre de détruire des scellés qui doivent être transmis au tribunal le
plus proche au cas où la justice serait saisie.
Or, selon les informations en possession du CPDDM, quatre mois après les faits, aucun tribunal n’a encore été saisi pour l’horrible crime de ces dissidents marocains qui ont eu envie de manifester devant le château royal de Betz.
A la gendarmerie de Betz, les militaires peinards ont avoué au
représentant du CPDDM que le dossier n’avait pas encore été traité,
qu’il allait l’être et que selon toute probabilité cette affaire allait
être classée. Ce qui révèle une violation de la loi puisque
officiellement les gendarmes qui ont arrêté les manifestants devaient
obligatoirement en informer le parquet. Ce qui n’a pas été fait depuis
quatre mois…
Les dissidents marocains ne savent plus si ces gendarmes ont reçu des instructions du ministre de l’intérieur Manuel Valls
pour temporiser puis classer l’affaire, ou s’ils ont oublié de
transmettre le dossier au parquet après la degustation d’un bon tajine makhzenien venu des cuisines du château « royal » de Betz.
http://www.demainonline.com/?p=26705
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Communiqué de l’AMDH-Paris/IDF : Un ex-commandant de l’armée marocaine
est en grève de la faim illimitée pour protester contre la cessation du
versement de sa retraite par l’Etat marocain !
Le samedi 18 mai, l’Association
Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF a rendu visite au citoyen Mahjoub Tobji
en grève de la faim depuis le mardi 14 mai, sur le Parvis des Droits de l’Homme
au Trocadéro à Paris.
Mahjoub Tobji, âgé de 69 ans,
est en grève de la faim illimitée parce que l’Etat marocain a cessé de lui
verser sa retraite depuis novembre 2012.
Mahjoub Tobji est connu pour
avoir publié un livre en 2006 divulguant la corruption dans l’armée. Cet
ex-commandant de l’armée marocaine vit en France, à Pau, depuis sa cessation
d’activité.
Il a exprimé son « indignation et
incompréhension devant un tel geste » et sa « détermination à aller jusqu’au
bout » pour arracher son droit, bafoué, à la retraite.
En octobre 2012, il a participé à
un sit-in devant le palais du roi du Maroc à Betz (Val d’Oise) qui dénonçait ce
bien « mal acquis ». Un mois après, sa retraite était coupée.
D’après lui, seule sa
participation à la mobilisation de Betz, par ailleurs interdite par les
autorités françaises sous prétexte de « troubles à l’ordre public », pourrait
expliquer cette situation.
Rien ne saurait justifier le non
versement d’une pension qui est un droit après toute une vie de travail.
Ainsi, face à la détermination de
l’Etat marocain à faire taire toute position discordante, la grève de la faim
est apparue, à cet ancien soldat, comme l’unique moyen de faire entendre sa
voix.
Par ce communiqué :
·
Nous tenons à exprimer toute notre solidarité avec
Mahjoub Tobji face à l’arbitraire de l’Etat marocain.
·
L’Etat marocain porte l’entière responsabilité de
cette situation et de ses éventuelles conséquences sur la santé de Mahjoub
Tobji. C’est son droit à la vie qui est aujourd’hui gravement remis en
cause.
·
Nous exigeons le rétablissement immédiat et sans
condition des droits à la retraite de Mahjoub Tobji, fruit d’années de
travail.
·
Nous appelons tou(te)s les progressistes et les
démocrates à soutenir la lutte que mène Mahjoub Tobji jusqu'à ce qu’il obtienne
satisfaction.
Le bureau
de l’AMDH-Paris/IDF
Le
20/05/2013
Pour tout contact :
·
Tél : 06.12.84.33.64
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Annie Delay a été identifiée dans la
photo de
Mustapha Adib.
Visite
de soutien à l'ex Commandant TOBJI en grève de la faim à Paris pour
protester contre la suspension de sa pension de retraite par le régime
de Rabat. On y voit ses amis, des militants dont ceux d'Amnesty
International