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mercredi 27 février 2013

AN 2 M20F: les villes marocaines ont célébré le 2ème anniversaire

Manifs 2ème anniversaire du #20FEB #Maroc فبرايريون بالشارع





Manifestations symboliques et arts de rue... Les indignés marocains ont célébré ce jour du 20 février dans la rue pour rappeler leurs revendications fondamentales, alors que près de 70 de leurs camarades sont toujours dans les prisons.
Performance artistique du M20 à rabat

Malgré le reflux du mouvement du 20 février et l'essoufflement de ses activistes, d'infatigables groupes continuent de brandir leurs banderoles et crier fort leurs slogans. Ce 20 février 2013, plus d'une douzaine de villes ont vu défiler les manifestants du 20 février. En plus des revendications initiales du mouvement, liées à la démocratie, l'égalité et la dignité, s'ajoutent, et prennent plus de place, les demandes de libération des prisonniers politiques, quelque 70 à purger des peines de prison ferme partout au Maroc.
Le mouvement, né dans le sillage du printemps arabe après la fuite de Ben Ali et le retrait de Moubarak, a bousculé le régime politique marocain en 2011. Même sous le Maroc colonisé, le pays n'a jamais connu d'aussi importantes et massives protestations, synchronisées dans le temps et l'espace. Libération de prisonniers salafistes, nouveau texte constitutionnel et nouveau gouvernement s'ensuivent, certes, mais ces mesures ont été accompagnées de vagues de répression qui avaient pris plusieurs visages. Une répression susceptible de contredire et remettre en question cette nouvelle « transition démocratique », la seconde depuis l'accession de Mohammed VI au trône alaouite.


La matraque, « en attendant la réforme »


Si 2011 était l'année de tous les espoirs et des aspirations à un Maroc démocratique, portés par la génération du 20 février, beaucoup s'accordent à dire que l'année 2012 a été une année de régression en tous genres.
La répression y a repris ses vieilles couleurs. L'interdiction des protestations et l'usage de la violence par les autorités y sont devenus quasi-systématiques. Selon l'Association marocaine des droits de l'homme, « le nombre de prisonniers politiques a considérablement augmenté pour atteindre 70 ». Un chiffre que le Maroc n'a jamais connu depuis le début de l'ère Mohammed VI, à l'exception des arrestations ayant suivi les attentats du 16 mai.
"Il est incompréhensible que les autorités continuent de réprimer violemment au mépris flagrant de la nouvelle constitution adoptée en Juillet 2011, qui garantit les droits à la liberté d'expression, de manifestation et d'association pacifiques», a déclaré ce mercredi Ann Harrison, directrice adjointe du Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International, et d'ajouter « tandis qu'elles continuent à réprimer violemment, les autorités marocaines ne semblent avoir mené ces réformes que pour gagner la confiance des partenaires internationaux ».
Selon le diagnostic des indignés marocains, « le Maroc est retourné à la case départ, celle d'avant le 20 février et des promesses de réforme ». L'exclusion de l'espace public, la répression ainsi que la poursuite d'instauration de politiques « anti-populaires » sont, pour eux, la preuve d'absence de volonté de la part du pouvoir d'aller de l'avant dans la pratique comme dans ses discours.

Selon Omar Iherchane, jeune leader de l'organisation islamiste d'opposition Al Adl Wal Ihssane, « le régime politique marocain ne lâche du lest que quand le rapport de force est tendu, c'est à dire en situation de crise. Ce à quoi nous assistons actuellement prouve cela , le régime est en train de revenir sur tous ses engagements rien que parce que le mouvement de rue s'est affaibli ». Mais la répression peut-elle être seule à expliquer le reflux du M20, alors que les raisons qui ont traditionnellement fait sortir les gens dans la rue sont présentes plus que jamais ? « C'est l'effet PJD, la passivité plus que jamais pesante du citoyen lambda est peut-être due à l'attentisme dans lequel celui-ci se trouve suite à l'élection de Benkirane et ses frères et qui a empêché que le mouvement reste massif dans la rue, explique Abdellatif Zeroual, membre de la formation de gauche radicale Voie démocratique, cela dit, la contestation ne s'est pas estompée pour autant. Les émeutes et soulèvements locaux se sont multipliés durant l'année 2012 ».

L'esprit 20 févrierSit-in de l'Union pour le changement du système éducatif (Septembre 2012)


A défaut d'un changement radical, l'expérience du 20 février a enclenché de nouvelles dynamiques de contestation. Outre l'innovation qu'a connue l'art de la contestation et l'usage des réseaux sociaux, de nouveaux mouvements sociaux voient le jour de plus en plus.
Nourris par l'expérience du mouvement, son modus operandi et ses assemblées générales, des lycéens et étudiants se sont organisés pour lutter contre les inégalités dans le système de l'éducation nationale. L'Union pour le changement du système éducatif a eu, depuis près d'un an, le mérite d'organiser les élèves pour la première fois depuis la répression jusqu'à l'extinction du mouvement lycéen, fin des années 1960. Rassemblant des groupes d'élèves et étudiants de plus de 20 villes, l'Union emprunte la voie des réseaux sociaux pour matérialiser ses actions dans la rue. Le 24 février prochain, l'Union compte dénoncer la brutalité policière dans les enceintes universitaires dans plusieurs villes du royaume.
De son côté, la gauche marocaine prend de plus en plus conscience de la nécessité de laisser de côtés ses divergences secondaires pour se pencher sur sa contradiction principale : le Makhzen. Ainsi, trois partis de gauche annonceront en mars leur rapprochement organisationnel. Le PSU, le PADS et le CNI, parties prenantes du M20 ont élaboré une plate-forme commune en vue d'un « front de la gauche marocaine».

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Vous êtes invités à voir l'album photo de S G intitulé : An 2 M20F à Casablanca

De Souad G à  Casablanca, 21 février 2013
Le M20F à Casablanca fête 2ème anniversaire pour rappeler ses revendications : Liberté, dignité, justice sociale, non satisfaites , exiger la libérations de tous les détenus, dénoncer les hausses des prix, corruption, à bas gouvernement Benkirane. Présence importante police civile et divers corps répressifs autour de la Place Maréchal renommée Place du M20F. La lutte continue malgrè infiltations, divisions, répression , intimidation.
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Khénifra le 20 février 2013: du coeur de l'Atlas, les voix libres expriment la colère des démuniEs et des autres mécontentEs.
Bravo Khénifra! bravo militantEs de l'AMDH! Bravo camarades!

http://www.youtube.com/watch?v=0iSqj1Q72hc


D'après Aziz Akkaoui " mouvement 20 Février - le 24 fev 2013 Khénifra ce citoyen a succombé à l'émotion et n'a pas pu retenir ses larmes devant la force et la profondeur des slogans scandés par ses concitoyens appelant à la dignité et la justice sociale ! pleure O pays bien aimé ! " (Aziz Akkaoui)
D'après Aziz Akkaoui " mouvement 20 Février - le 24 fev 2013 Khénifra ce citoyen a succombé à l'émotion et n'a pas pu retenir ses larmes devant la force et la profondeur des slogans scandés par ses concitoyens appelant à la dignité et la justice sociale ! pleure O pays bien aimé ! " (Aziz Akkaoui)
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Par Zapata Zapata
Une telle soirée  ne s'improvise ni ne s'imagine. Elle se vit. En 2011, lors du premier anniversaire, je doutais fort les retrouver. Ce soir, 20 février, tous présents, ils ont été radieux, plein de vie, débordant d'envie, prêt à se mobiliser, dans l'attente de mieux. Rien. Rien n'a changé. Les mêmes têtes de militants passionnés, les mêmes éclats de rire. Les mêmes désaccords. Une soirée avec les liens. Ceux qui partagent avec moi le goût inestimable de la dignité et de la liberté. Comme on dit beaucoup d'entre eux...on souhaite se revoir en activité bien avant le 20 février 2014. Dounia Benqassem Soumia El Marbouh Abdullah Abaakil. Hamza Mahfoud Salma Abid

http://youtu.be/9qoNlfnLR7g
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Mais au fait.... aujourd'hui est le second anniversaire de l'espoir, version maghribyia, celui né le 20 février 2011! Je préfère ne penser qu'à sa naissance et à son cri et moins à ce qu'il est devenu, étouffé par un pouvoir tentaculaire et berceur d'illusions! Je souhaite donc un heureux anniversaire à tous ceux qui ne perdent pas espoir et ne transigeront jamais!

صورة من وقفة اليوم الاحتجاجي للتلاميذ بالرباط : 
إنـــــــــــــــهم يكسرون أحلامنـــــــــــــــا....

Mouvement 20 février Rabat: sit-in 20/2/2013
http://youtu.be/Ncg3abBKghA
‏بمناسبة الذكرى الثانية لانطلاقها، نظمت حركة 20 فبراير بالرباط وقفة أمام البرلمان أعقبتها مسيرة رمزية بنفس الشارع، علما أنها حددت 24 فبراير كيوم 
نضالي وطني لل...‏
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Deux ans de manifestations
. Les autorités marocaines répriment les manifestations, selon Amnesty
Par Yabiladi 
  Amnesty International a choisi la date anniversaire du 20 février pour affirmer que « deux ans après que des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Rabat, de Casablanca et d’autres villes marocaines pour réclamer une réforme, les manifestations sont toujours systématiquement réprimées dans le pays ».
 Anna Harrisson , la directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à AI a souligné qu’« il est incompréhensible que les pouvoirs publics continuent de réprimer violemment les voix critiques, en violation flagrante de la nouvelle constitution adoptée en juillet 2011, qui garantit les droits à la liberté d’expression, de manifestation pacifique et d’association ». Et d’ajouter que « les réformes officielles mises en œuvre par les autorités marocaines semblent avoir pour but de se débarrasser des critiques de la part des partenaires internationaux tandis que la répression des manifestations continue ». Pour étayer sa lecture, Amnesty cite notamment les témoignages d’un détenu appartenant au Mouvement du 20 février, Youssef Oubell, 24 ans. Condamné en septembre 2011, en compagnie de cinq autres activistes, à dix mois de prison, il raconte que des « policiers l’avaient frappé, insulté et torturé lors de son arrestation et en garde à vue. » On l’a contraint, a-t-il expliqué, à signer une déclaration où il affirmait avoir frappé un policier. 
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M20F 2013 : Marche et analyse de Karim Tazi 
be/o2y-2d7s2uE
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 Le mouvement du 20 février fête ses 2 ans dans les avenues de Rabat

http://youtu.be/aqyUU8aPE2w -------------------------------------------------------- 

samedi 23 février 2013
Samir Bradley, militant marocain
Dans les rues de Rabat, le 20 février 2011.
Dans les rues de Rabat, le 20 février 2011.
Reuters/Youssef Boudlal


Par Léa-Lisa Westerhoff

C’était il y a deux ans presque jour pour jour. Le 20 février 2011, des dizaines de milliers de Marocains descendaient dans les rues et réclamaient du changement : fin de la corruption, justice sociale... Deux ans après, le mouvement de contestation continue de réclamer de profondes réformes politiques au Maroc mais après une série de réformes et de répression il a du mal à se faire entendre. 
Samir Bradley est l’un des militants de la première heure. Ce jeune graphiste de 35 ans est de toutes les manifestations et ce même après un séjour en prison.

mercredi 20 février 2013

20 février : anniversaire amer au Maroc

  TVMonde : L'œil de la rédaction

C’était il y a deux ans jour pour jour. Le 20 février 2011, des dizaines de milliers de Marocains descendaient dans les rues et réclamaient du changement : fin de la corruption, justice sociale, etc. Deux ans après, les mouvements de contestation qui ont pris dans des dizaines de villes du royaume n’ont pas abouti à une révolution comme en Tunisie et en Egypte. Les autorités vantent « l’exception marocaine » en contradiction avec une répression pour affaiblir un mouvement qui a brisé le tabou de la peur.
Une manifestation à Rabat le 20 février 2011.
20.02.2013 Par Mehdi Meddeb, Casablanca 

Ils s’en souviennent comme si c’était hier. « Avant le 20 février, j’avais la sensation que nous étions un peuple amorphe, avance Abdallah Abaakil, militant. Et puis on s’est réveillés. On entendait le slogan : vive le peuple alors qu’avant c’était vive le roi. C’était un sentiment très fort ». Comme Abdallah, ils sont des dizaines de milliers à marcher pacifiquement dans des dizaines de villes du Maroc. Effet de surprise total dans un pays meurtri par la répression féroce des années de plomb sous feu Hassan 2. « Mais le 20 février, la peur est tombée, avance un autre militant de Casablanca, Samir Bradley (voir vidéos). Ce jour-là, on était tous à revendiquer un Etat de droit, la fin du népotisme. Et depuis ce jour, j’ai été de toutes les manifestations et sit-in ». 

Face à ce mouvement de contestation inédit emboîtant le pas à l’époque à la Tunisie, l’Egypte, et la Libye, les autorités marocaines réagissent a contrario par le changement par le haut. Le roi Mohamed VI proclame trois semaines plus tard des réformes profondes, et une réforme de la constitution. Dans les premières semaines de ce vent de fronde inédit depuis trente ans, le Maroc réagit en fin tacticien : une réforme constitutionnelle qui débouche sur un référendum en juillet ; des élections législatives anticipées en novembre ; et des musulmans conservateurs, longtemps dans l’opposition, vierges de tout compromis, arrivent au gouvernement. « Ce fut un coup de maître, reconnaît Abdallah Abaakil. Le Makhzen (l’appareil étatique marocain lié à la royauté, ndlr) réalise un changement en douceur car en permettant au Parti de la Justice et du Développement, qui défendait ces valeurs de justice sociale, de remporter les élections et d’arriver au pouvoir, beaucoup de Marocains se sont dit que le changement était en marche ». 

Une répression redoutable

Rabat coupe finement l’herbe sous le pied de ses opposants de la rue pour mieux « couper » des têtes. Car si la répression n’a pas été aussi meurtrière que dans les pays de la région, elle n’en fut pas moins efficace et redoutable. « Il est vrai que la répression a été moins sauvage au Maroc, affirme Khadija Ryadi, présidente de la plus importante association des droits de l’homme, l’AMDH. Mais ce ne fut pas une répression soft : il y a eu 9 ou 10 morts dans des manifestations, et il n’y a pas eu d’enquête, personne n’a été jugée pour ces homicides. La répression qui s’exerce dans le royaume est un camouflet pour les autorités. Nous ne sommes pas une démocratie, et on est loin d’être une exception».

De cette mobilisation naîtra le "mouvement du 20 février"
Zoom:
Profitant de l’essoufflement du mouvement du 20 février, les autorités ont en effet arrêté, et jugé – souvent en toute discrétion - des dizaines de militants aux quatre coins du pays. « On dénombre aujourd’hui entre 50 et 60 militants en prison, poursuit Khadija Ryadi. Et il y a une volonté des autorités de cacher ces procès sous couvert d’accusations de droit  commun : vente de cannabis, violences contre la police, et les tribunaux ne prennent en compte que les procès-verbaux de la police ». Des PV montés de toute pièce, comme l’a confirmé à TV5 Monde, Samir Bradley, militant de Casablanca, arrêté en juillet dernier, et emprisonné pendant six mois avant d’être libéré fin janvier. « J’ai été frappé plusieurs fois, raconte-t-il chez lui dans son quartier de Derb Soltane. Et plusieurs fois, je me suis évanoui, j’ai subi une véritable torture psychologique, j’ai dormi par terre pendant deux mois, serré dans un coin près des toilettes ». Aujourd’hui, ce jeune Casablancais au bouc bien rasé se déplace avec une béquille. Blessé mais pas à terre. « Aujourd’hui encore, je suis sous la menace d’un PV préfabriqué. Demain ne soyez pas étonné si on m’accuse de trafic de stupéfiant ou de falsification de document. Mais quiconque s’élève contre la Hogra, la corruption, et milite pour la justice sociale et la liberté prend ce risque de l’arbitraire. C’est un risque à prendre. Mais depuis le premier jour où je suis sorti dans la rue avec le M20, je savais que tout pouvait arriver, y compris être arrêté, ou assassiné en pleine rue ».

La dignité humaine bafouée

Impunité, arbitraire, torture. Le Maroc n’aurait donc pas changé. « Il y a toujours eu une politique de la vengeance des autorités marocaines contre les mouvements sociaux et de protestation qui s’approchent des tabous », relève Khadija Ryadi. « On a bousculé les tabous, ajoute Abdallah Abaakil. Quand nous avons dirigé les manifestations sur les quartiers populaires, c’est là que la répression nous est tombée dessus ». « Mais une partie de la population marocaine a moins peur depuis le mouvement du 20 février, assure Khadija Ryadi. Les gens demandent le respect de leurs droits sauf que les autorités n’ont pas de réponse à donner à ces demandes légitimes sauf à les réprimer ». Qu’importe pour Samir et ses camarades. « Notre dignité humaine a été bafouée, mais le mouvement du 20 février existe toujours. Quiconque s’élèvera contre les injustices, s’exprimera pour la liberté, la dignité, et la justice sera membre du 20 février ». L’espoir d’un changement est toujours là même si les rangs se sont clairsemés. « Ce mouvement du 20 février est un point de départ, analyse Abdallah Abaakil aujourd’hui en retrait de la coordination. C’est un échec relatif car nous avons manqué de relais institutionnel auprès des partis. Il faut transformer ce mouvement pour qu’il soit plus efficace et qu’on obtienne de réels changements ». En attendant, le mouvement du 20 février ne désarme pas : sit in ce mercredi avant plusieurs manifestations dimanche 24 février.

Témoignage

20.02.2013 Propos recueillis par Mehdi Meddeb. Samir Bradley est membre du Mouvement du 20 février. Son engagement lui a valu 6 mois de détention dans une prison de Casablanca.

Vos réactions

Commentaire de sam FRANCE 20.02.2013
Excellent article!
Rien n'a changé au Maroc, le règne de Mohammed VI est dans la continuité de son père Hassan II: corruption, répression, chômage, misère, analphabétisme, confiscation des richesses du Maroc,...Le Roi et son entourage s'engraissent pendant que le peuple trime.
La seule chose qui a changé c'est que des générations de jeunes militants se lèvent, et au lieu de vive le Roi, ils crient aujourd'hui:
Vive le peuple!!!!!
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mardi 1 janvier 2013

Au Maroc, des grèves de la faim contre les conditions de détention


Saïda Menebhi
Saïda Menebhi © dr
 Le 11 décembre 1977, Saïda Menebhi, une militante de la gauche marxiste qui réclamait le statut de prisonnier politique, mourait à 25 ans des suites d’une grève de la faim de 34 jours à l’hôpital Averroès de Casablanca. 

C’est pour lui rendre hommage, mais aussi pour dénoncer leurs propres conditions de détention, que huit militants emprisonnés à Fès et Taza ont commencé une grève de la faim de 4 jours le 10 décembre dernier 2011, journée internationale des droits de l’homme.
Deux semaines plus tard, le 25 décembre, six d’entre eux, des membres de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM) et du mouvement contestataire du 20 février, en détention préventive depuis plusieurs mois à la prison de Aïn Kadous à Fès, ont entamé une grève de la faim [illimitée-ndlr] (...) Ils appellent à leur libération ainsi qu’à celle de tous les détenus politiques du pays. Ils dénoncent également les « conditions dramatiques » de leur détention.
À la prison Toulal à Meknès, cinq détenus viennent d’achever une grève de 3 jours. Un détenu salafiste, Taoufiq Yatreb, emprisonné à la prison de Bourkaiz à Fès, observe une grève illimitée depuis le 20 décembre dernier.
Ces derniers mois, aux quatre coins du pays, des dizaines de détenus (à Salé, Sidi Ifni, Taza, Fès, Beni Bouayach, Meknès, Tiznit, El Hoceima, Oukacha, etc.) ont ainsi protesté contre leurs conditions d’incarcération, les mauvais traitements, ainsi que les verdicts issus de procès qu’ils jugent inéquitables.
D’après Abdellah Mesdad de l’Observatoire marocain des prisons (OMP), une ONG fondée en 1999 qui œuvre à la promotion des droits des prisonniers, les deux dernières années ont été marquées par un nombre important de grèves de la faim. « C’est le seul moyen de réaliser des acquis à tous les niveaux, surtout chez les détenus politiques, et ce depuis les années 70 », regrette Mesdad.
Ces mouvements touchent toutes les catégories de détenus, qu’ils soient prisonniers politiques ou de droit commun. Ils concernent aussi les détenus étrangers, qui subissent des conditions de détention tout aussi déplorables. En octobre dernier, plusieurs dizaines d’Européens – dont certains ont la double nationalité – lançaient un « Appel des vivants »  pour attirer l’attention sur leur « calvaire » et annonçaient une grève de trois jours.
Il y a près d’un an, Azzeddine Erroussi, un militant d’extrême gauche condamné à cinq mois de prison après une manifestation à Taza, choquait l’opinion publique en refusant de s’alimenter, puis de boire, pendant 135 jours. Aujourd’hui, il porte les lourdes séquelles de ce qu’il décrit comme un ultime moyen de protestation contre la torture et la détention. Pour le maintenir en vie, on lui injectera “de force” du sérum. Ses pieds et ses mains resteront menottés.
Azeddine Erroussi pendant sa grève de la faim 
Azzeddine Erroussi pendant sa grève de la faim© dr (lavé par un codétenu le jour de sa libération- ndlr)

Les détenus politiques ne sont pas reconnus
Pour Mesdad, un ancien prisonnier politique incarcéré sans procès en 1977 pendant trois ans, puis en 1984 pendant deux ans, « les mêmes problèmes sont encore là dans les prisons ». Ce qui a changé, c’est le traitement des détenus d’opinion. Leurs conditions de détention se sont sensiblement dégradées, affirme-t-il.
« Le personnel carcéral nous respectait, c’est le mot. On nous appelait “Oustad” », se souvient un ancien militant, emprisonné plusieurs semaines dans les  années 60.  « Nous recevions tous les jours à manger de l’extérieur. Des tajines, de la viande, du couscous. Nous étions un groupe de 14, mais au final, les 40 prisonniers avec nous avaient de quoi bien manger. Nous pouvions nous regrouper. On se promenait, ils étaient laxistes sur les promenades. On faisait même une fête le samedi. On allait à l’hôpital au moindre mal de tête. Les livres qui étaient interdits au Maroc arrivaient en prison. J’ai lu L’accumulation du capital de Rosa Luxembourg là-bas », dit-il en souriant. « Par contre, ce qui était dur à supporter, c’était l’humidité. »
Parce qu’ils ne sont plus reconnus comme tels et qu’ils sont condamnés pour des faits prévus par la loi comme l’outrage à agent, le boycott des élections ou la vente de cigarettes au détail, les détenus politiques doivent aujourd’hui partager leurs cellules avec les prisonniers de droit commun.
D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH) plusieurs centaines de détenus politiques sont actuellement incarcérés. Parmi eux, plus de 70 militants du Mouvement 20 Février, des salafistes, des syndicalistes, des membres de l’UNEM, des militants sahraouis.
À la prison de Oukacha, à Casablanca, 29 salafistes sont actuellement incarcérés. Sept activistes du Mouvement 20 Février purgent des peines allant de huit mois à un an de prison. Parmi eux, Samir Bradley, arrêté lors d’une manifestation en juillet dernier, Younes Belkhdim, surnommé le poète du peuple, et Mouad Belghouate alias L7a9d, un rappeur condamné à un an de prison pour une chanson qui a déplu à la police.
Mouad Belghouate, alias L7a9d 
Au milieu : Mouad Belghouate, alias L7a9d© dr

Un rapport officiel reconnaît l’usage de la torture
Coups de bâtons, de tuyaux, coups sur la plante des pieds, gifles, suspension sur les portes à l’aide de menottes, pincements à l’aide d’aiguilles, brûlures, déshabillage forcé. La torture persiste bel et bien dans les prisons marocaines. Dans un rapport récemment rendu public, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un organisme officiel, dresse un constat sans appel. Dans la plupart des prisons marocaines, les détenus subissent « des traitements cruels, inhumains ou dégradants ».
Selon Jamila Sayouri, membre du CNDH et présidente de l’association Adala (Justice), des « lieux de torture » ont été identifiés dans plusieurs prisons.
« On les emmène dans une pièce où il n’y a qu’une chaise et un tuyau par exemple », affirme-t-elle. « Il y a des prisonniers qui prétendent être torturés chaque jour. »
À Nador, dans le nord du pays, un prisonnier qui n’osera parler qu’in extremis, au moment du départ de l’équipe du CNDH, déclarait être régulièrement violé par le chef de quartier, raconte-t-elle. Une expertise médicale conduite par le CNDH confirmera ses dires.
« Les détenus ont peur de témoigner », poursuit-t-elle. « Si vous témoignez, on vous colle du hachisch ou on envoie quelqu’un pour vous frapper. »
Le CNDH, dont tous les membres ont été nommés par le roi Mohammed VI, a visité une quinzaine d’établissements de janvier à juin dernier. Il a été créé en mars 2011 à la suite des premières manifestations initiées par le Mouvement 20 Février, qui revendique des changements politiques et sociaux profonds.
Ses conclusions, plutôt surprenantes de la part d’un organisme officiel, ont été rendues publiques quelques semaines après la visite du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture Juan Mendez. À l’issue d’une visite d’une semaine au Maroc en septembre dernier, il déclarait que la torture est une pratique fréquente lorsque les autorités marocaines estiment que la « sécurité nationale » est menacée.
Pourtant, quelques jours avant la publication du rapport du CNDH, Hafid Benhachem, délégué général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, déclarait lors d’un entretien :
« Chaque fois que nous recevons une réclamation, une plainte, ou même quand c’est dans la presse, nous ouvrons une enquête pour vérification. Pour ne pas être juge et partie, nous demandons au parquet d’enquêter sur tous les cas soulevés… Je dis non, il n’y a pas de torture. »
Nommé en 2008 par le roi Mohammed VI suite à une évasion spectaculaire de la prison de Kénitra, l’ancien de l’intérieur, directeur général de la sûreté nationale de 1997 à 2003, suscite la controverse au sein de la société civile marocaine. Depuis son arrivée, l’administration pénitentiaire jouit d’une relative indépendance. Elle a été détachée du ministère de la Justice et dépend aujourd’hui du chef de gouvernement. Depuis, plusieurs ONG appellent à une gestion des prisons qui dépendrait à nouveau du  ministère de la Justice et des Libertés.
« Il y a des gens connus, les barons, qui ne passaient pas les nuits dans les prisons. Il y a des gens qui se sont évadés avec la corruption. Il y avait des gens qui avaient mis main basse sur les prisons. Pourquoi je suis critiqué, pourquoi je ne suis pas aimé ?! Parce que j’ai remis de l’ordre ! » rétorque Benhachem. « Je réponds [aux critiques] que je sers mon pays, mon roi, tous les citoyens marocains, que je suis légaliste et que je veille à l’application de la loi. » 
Au Maroc, rares sont les associations qui ont la possibilité de visiter les prisons. L’une des plus influentes, l’Association marocaine des Droits humains (AMDH), n’y a pas accès.
À la prison de Oukacha, à Casablanca, le nouveau directeur nie en bloc tout mauvais traitement des prisonniers. « Nous n’avons rien à voir avec ces histoires de torture », affirme Mohamed Bendriss. L’administration pénitentiaire pointe du doigt les dépassements dans les postes de police lors des gardes à vue. De nombreux détenus ont témoigné d’actes de torture précédant leur incarcération.
« Souviens-toi bien, mon ami le bourreau, quand vous m’avez torturé à l’intérieur du fourgon – toi et les six autres – vous vous délectiez des coups que vous me donniez jusqu’à me faire perdre connaissance. Souviens-toi, mon ami le bourreau, que tu m’as fait entrer dans ton poste les yeux bandés et tu savais très bien que je n’étais pas un criminel mais un citoyen libre », écrivait Bradley depuis sa cellule.

Un mètre carré et demi pour chaque détenu
D’après l’administration pénitentiaire, les conditions difficiles dans lesquelles vivent les détenus sont une conséquence directe du surpeuplement des prisons. Plus de 70 000 prisonniers, dont près de la moitié (46 %) en détention provisoire, parfois pendant des années, sont actuellement détenus dans les 73 établissements  pénitentiaires du royaume. Elles ne peuvent en accueillir que 50 000. Au Maroc, chaque détenu dispose en  moyenne d’un mètre carré et demi, alors que la moyenne internationale est de six mètres carré.
Les prisonniers doivent souvent dormir à même le sol, le nombre de lits n’étant pas suffisant dans de nombreuses cellules. Certaines prisons comme celles d’El Hoceima ou celle de Laayoune, reçoivent quatre à cinq fois  le nombre de prisonniers prévus.
Dessin de Samir Bradley qui montre ses conditions de détention  
Dessin de Samir Bradley qui montre ses conditions de détention © dr

Parfois, cette promiscuité avec les autres devient insupportable. Erroussi partageait une cellule de 40 m2 avec près d’une centaine de prisonniers. « Nous disposions chacun d’un carreau. Il était impossible de s’allonger, il fallait dormir recroquevillé sur le côté », raconte-t-il. « Les autres détenus m’empêchaient de dormir exprès », ajoute-t-il. « Ils me maltraitaient en échange de certains privilèges au sein de la prison… Par la suite, j’ai même été placé en cellule d’isolement, dans des anciennes toilettes. » 
Bradley, quant à lui, raconte avoir dormi pendant deux mois à même le sol devant les toilettes de sa cellule. « On partageait les lits et je dormais les pieds du côté de la tête d’un autre détenu », raconte Brahim*, un ancien détenu du centre pour les mineurs de Islahia à Casablanca, qui partageait sa cellule avec dix-sept autres mineurs. « Nous étions dix-huit, il n’y avait que douze lits. Au bout d’un mois, j’ai eu mon lit. » Parce que la cour de la prison était en travaux, lui et ses codétenus passeront plus de deux mois à l’intérieur de leur cellule sans sortir pour la promenade quotidienne, ajoute-t-il.
Ce sont les juges qui, en recourant trop souvent à la détention provisoire, sont responsables de cette surpopulation, avait déclaré il y a quelques mois Benhachem, s’attirant la colère des magistrats. Il s’est par la suite excusé publiquement.
L’OMP et la délégation pénitentiaire s’accordent pourtant sur ce point : il faut développer les peines alternatives. « Il y a des délits qui ne nécessitent pas l’arrestation, comme un chèque en bois, de simples conflits, la consommation de drogues des mineurs », explique Mesdad.

Vers une amélioration des conditions d’incarcération ?
Construite il y a plus de 20 ans, la prison de Oukacha ne peut accueillir que 5 800 détenus. Ils sont pourtant plus de 7 500, dont 70 % en détention provisoire. Pour lutter contre la surpopulation carcérale, onze appels d’offres pour la construction de nouvelles prisons ont été lancés. En 2012, cinq établissements ont été ouverts. D’importants travaux de rénovation ont été effectués, à Oukacha notamment. « Dans deux ans, on aura les meilleures prisons », affirme Benhachem sans ciller.
Le manque de moyens est pourtant criant. Le long des interminables couloirs gris, des dizaines de visages agglutinés aux barreaux défilent. Les cellules sont pleines à craquer. Elles sont vétustes et l’humidité est importante. Les télévisions sont presque toutes allumées. Quasiment chaque cellule est équipée d’un petit téléviseur qui reçoit les chaînes nationales.
Les prisonniers ne disposent pas d’un endroit où ranger leurs affaires. Pour avoir des draps et une couverture propres, il faut attendre les visites des familles. Ils n’ont droit qu’à une douche par semaine. C’est suffisant, d’après le personnel carcéral : « Combien de fois par semaine vont-ils au hammam lorsqu’ils sont dehors ? Une fois par semaine, pas plus. » Les femmes, elles, peuvent se laver deux fois par semaine. « C’est différent, les femmes. » Dans une grande partie des cellules, les toilettes n’ont même pas de porte, ce qui force les détenus à faire leurs besoins devant les autres.
Les conditions de détentions varient néanmoins énormément d’une aile à l’autre. « Il n’y a pas de prison modèle. Toutes les prisons ont toutes les couleurs », explique Sayouri. « Si vous avez de l’argent, vous serez bien. »
D’après le personnel de Oukacha, les détenus mangent quotidiennement de la viande ou du poulet et ont droit à trois pains par jour. Le budget alimentaire a récemment été réduit, après avoir triplé. Il est passé de 5 à 15 dirhams par détenu et par jour, puis à 12 Dirhams (un peu plus d’un Euro).
Les enfants auraient droit à un menu spécial, les hypertendus à un régime sans sel. C’est parce qu’il n’a pas respecté son régime sans sel, non parce qu’il n’a pas bénéficié d’un suivi médical, qu’un détenu hypertendu a trouvé la mort dans la prison de Safi en octobre dernier (à cette époque, deux détenus y sont morts), affirme, catégorique, un médecin.

« Voici Abu Dhabi sans piscine ! »
Les récits des détenus sont accablants. « La nourriture était immangeable », se souvient Brahim*. « Nous mangions des lentilles avec des cailloux. Le poulet était périmé. On en avait le mardi. La viande, le vendredi. » « La nourriture n’est pas terrible, même si c’est un petit peu mieux qu’avant », dit un détenu de Oukacha. « Je compte sur les visites de ma famille pour manger », ajoute Ahmed*, un autre détenu.
Du côté de l’aile des femmes, les cellules paraissent plus spacieuses. À Oukacha, elles sont 284, dont 5 femmes enceintes. Elles ne représentent que 2,4 % des détenus (1 720 femmes) à travers le pays.  La plupart ont été condamnées pour prostitution ou trafic de drogue. Quelques-unes croupissent en prison pour adultère ou même pour avoir eues des relations sexuelles en dehors des liens du mariage.
En ce début d’après-midi, une grande partie des cellules sont étonnamment vides. Les ateliers de formations professionnelles dispensent des cours de coiffure, d’esthétique, de broderie ou de tapisserie. Dans un coin, deux détenues originaires du Sénégal et de Guinée Équatoriale apprennent à faire des French manucures. Elles garderont les yeux baissés.
Plus loin, la « crèche », où sont disposés quelques jouets et une balançoire, accueille les enfants – ils sont 6 – des femmes incarcérées. Plusieurs femmes nettoient la cuisine, nettement plus propre que celle, à peine plus spacieuse, où sont préparés les repas des détenus.
L’aile 5 de la prison, qui accueille des prisonniers VIP (trafiquants de drogue, hommes politiques, hommes d’affaires) et que les prisonniers appellent Abu Dhabi, est légèrement plus accueillante. Les cellules, plus petites, regroupent peu de détenus (parfois deux ou trois), qui ont droit à un petit réfrigérateur et à des toilettes séparées par une cloison. Un homme qui passe le balai s’excuse car la cellule n’est pas assez propre. Deux détenus salafistes sourient timidement. De jeunes prisonniers se précipitent pour montrer leurs derniers dessins au nouveau directeur de la prison : un homme qui brise ses chaînes.
« Voici Abu Dhabi sans piscine ! » plaisante le personnel, qui jure n’avoir découvert ce surnom  que l’été dernier, lors d’un rapport parlementaire très critique sur Oukacha.
Aussi bien les détenus que les anciens assurent néanmoins que dans cette aile, le confort est souvent nettement supérieur. Cellules individuelles, chaînes de télévision numériques, douches quotidiennes, promenades à volonté, traiteur. « Ceux qui visitent ne voient ni le meilleur ni le pire », affirme un ancien détenu de Oukacha.
Depuis un peu plus d’un an, la prison de Oukacha est la seule à disposer d’un « hôpital ». Un cabinet médical permet des consultations générales, ophtalmologiques, des analyses de sang, des radios. D’après le médecin de la prison, le centre est suffisamment équipé pour effectuer des dialyses à trois personnes. Pourtant, les lieux sont vides. « Les consultations ont lieu le matin », explique un médecin.
Le cabinet dentaire, équipé de trois fauteuils, est en pleine activité. « Il y a un délai d’attente d’environ deux semaines. C’est plutôt raisonnable », dit la dentiste qui montre un carnet de rendez-vous.
Bradley a pourtant dû attendre un mois et demi avant d’être traité pour des douleurs intenses. Il a finalement été transporté à l’hôpital et soigné pour une sciatique, probablement due aux deux mois de sommeil sans matelas. Aujourd’hui, il n’a toujours pas obtenu la permission d’y retourner pour se réapprovisionner en médicaments, d’après ses proches. Sa santé ne cesse de se dégrader.
D’après les détenus, qui souffrent fréquemment de pathologies causées par l’humidité, le manque de soleil, la saleté, la vétusté des cellules, le problème reste l’accès à ces soins. L’attente est beaucoup trop longue. Le médecin de garde n’est pas toujours présent et les médicaments manquent. Certains ignorent même l’existence du centre.
« Ici, tout se monnaie, il faut payer pour avoir accès à tout. Un peu comme à l’extérieur », dit Ahmed*.

La boîte noire : * Certains prénoms ont été changés.
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