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samedi 28 septembre 2013

L'œil de la rédaction Maroc : le journaliste Ali Anouzla inculpé de lourdes charges

L'œil de la rédaction TV5Monde

Maroc : le journaliste Ali Anouzla inculpé de lourdes charges
Ali Anouzla, directeur de la version arabophone du site d'informations Lakome est inculpé depuis mercredi soir pour "aide matérielle", "apologie" et "incitation au terrorisme". Ces lourdes charges sont retenues contre lui pour avoir publié un lien vers une vidéo d'Al-Qaïda sur son site internet. Les autorités du pays accusent Ali Anouzla et le site Lakome d'avoir offert une tribune à Aqmi. Les ONG dénoncent l'arrestation de ce journaliste connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir et qui a déjà fait l'objet de poursuites. Un nouveau rassemblement est organisé ce jeudi par les soutiens du journaliste. Sur TV5MONDE, le directeur du site Lakome en français, Aboubakr Jamai témoigne.

Invité : Aboubakr Jamai, directeur du site d'information Lakome en français

26.09.2013 - Durée : 4'44Interviewé par Isabelle Mourgère

De lourdes charges sont retenues contre le journaliste Ali Anouzla

25.09.2013 - Durée : 1'48Notre correspondante à Rabat, Anna Ravix.

samedi 8 juin 2013

Maroc la face cachée du paradis

Cet après midi (6/6)  à 17h sur TV5Mondes, émission GÉO :

Durée 1h

Une immersion dans la médina de Fès, où les tanneurs-teinturiers défendent leur artisanat. Simohamed El Ouzzani est l'un des derniers tanneurs-teinturiers de Fès. Il travaille inlassablement les peaux de chèvre, à l'affût du moindre défaut. Mais, dans les souks de la médina, on trouve de plus en plus de cuirs importés illégalement de Chine, au grand désarroi des artisans locaux, qui ne redoutent pas tant une chute des prix que la mort de leur savoir-faire.

Réalisé par Thorsten Niemann
Rediffusion samedi 14h

mercredi 20 février 2013

20 février : anniversaire amer au Maroc

  TVMonde : L'œil de la rédaction

C’était il y a deux ans jour pour jour. Le 20 février 2011, des dizaines de milliers de Marocains descendaient dans les rues et réclamaient du changement : fin de la corruption, justice sociale, etc. Deux ans après, les mouvements de contestation qui ont pris dans des dizaines de villes du royaume n’ont pas abouti à une révolution comme en Tunisie et en Egypte. Les autorités vantent « l’exception marocaine » en contradiction avec une répression pour affaiblir un mouvement qui a brisé le tabou de la peur.
Une manifestation à Rabat le 20 février 2011.
20.02.2013 Par Mehdi Meddeb, Casablanca 

Ils s’en souviennent comme si c’était hier. « Avant le 20 février, j’avais la sensation que nous étions un peuple amorphe, avance Abdallah Abaakil, militant. Et puis on s’est réveillés. On entendait le slogan : vive le peuple alors qu’avant c’était vive le roi. C’était un sentiment très fort ». Comme Abdallah, ils sont des dizaines de milliers à marcher pacifiquement dans des dizaines de villes du Maroc. Effet de surprise total dans un pays meurtri par la répression féroce des années de plomb sous feu Hassan 2. « Mais le 20 février, la peur est tombée, avance un autre militant de Casablanca, Samir Bradley (voir vidéos). Ce jour-là, on était tous à revendiquer un Etat de droit, la fin du népotisme. Et depuis ce jour, j’ai été de toutes les manifestations et sit-in ». 

Face à ce mouvement de contestation inédit emboîtant le pas à l’époque à la Tunisie, l’Egypte, et la Libye, les autorités marocaines réagissent a contrario par le changement par le haut. Le roi Mohamed VI proclame trois semaines plus tard des réformes profondes, et une réforme de la constitution. Dans les premières semaines de ce vent de fronde inédit depuis trente ans, le Maroc réagit en fin tacticien : une réforme constitutionnelle qui débouche sur un référendum en juillet ; des élections législatives anticipées en novembre ; et des musulmans conservateurs, longtemps dans l’opposition, vierges de tout compromis, arrivent au gouvernement. « Ce fut un coup de maître, reconnaît Abdallah Abaakil. Le Makhzen (l’appareil étatique marocain lié à la royauté, ndlr) réalise un changement en douceur car en permettant au Parti de la Justice et du Développement, qui défendait ces valeurs de justice sociale, de remporter les élections et d’arriver au pouvoir, beaucoup de Marocains se sont dit que le changement était en marche ». 

Une répression redoutable

Rabat coupe finement l’herbe sous le pied de ses opposants de la rue pour mieux « couper » des têtes. Car si la répression n’a pas été aussi meurtrière que dans les pays de la région, elle n’en fut pas moins efficace et redoutable. « Il est vrai que la répression a été moins sauvage au Maroc, affirme Khadija Ryadi, présidente de la plus importante association des droits de l’homme, l’AMDH. Mais ce ne fut pas une répression soft : il y a eu 9 ou 10 morts dans des manifestations, et il n’y a pas eu d’enquête, personne n’a été jugée pour ces homicides. La répression qui s’exerce dans le royaume est un camouflet pour les autorités. Nous ne sommes pas une démocratie, et on est loin d’être une exception».

De cette mobilisation naîtra le "mouvement du 20 février"
Zoom:
Profitant de l’essoufflement du mouvement du 20 février, les autorités ont en effet arrêté, et jugé – souvent en toute discrétion - des dizaines de militants aux quatre coins du pays. « On dénombre aujourd’hui entre 50 et 60 militants en prison, poursuit Khadija Ryadi. Et il y a une volonté des autorités de cacher ces procès sous couvert d’accusations de droit  commun : vente de cannabis, violences contre la police, et les tribunaux ne prennent en compte que les procès-verbaux de la police ». Des PV montés de toute pièce, comme l’a confirmé à TV5 Monde, Samir Bradley, militant de Casablanca, arrêté en juillet dernier, et emprisonné pendant six mois avant d’être libéré fin janvier. « J’ai été frappé plusieurs fois, raconte-t-il chez lui dans son quartier de Derb Soltane. Et plusieurs fois, je me suis évanoui, j’ai subi une véritable torture psychologique, j’ai dormi par terre pendant deux mois, serré dans un coin près des toilettes ». Aujourd’hui, ce jeune Casablancais au bouc bien rasé se déplace avec une béquille. Blessé mais pas à terre. « Aujourd’hui encore, je suis sous la menace d’un PV préfabriqué. Demain ne soyez pas étonné si on m’accuse de trafic de stupéfiant ou de falsification de document. Mais quiconque s’élève contre la Hogra, la corruption, et milite pour la justice sociale et la liberté prend ce risque de l’arbitraire. C’est un risque à prendre. Mais depuis le premier jour où je suis sorti dans la rue avec le M20, je savais que tout pouvait arriver, y compris être arrêté, ou assassiné en pleine rue ».

La dignité humaine bafouée

Impunité, arbitraire, torture. Le Maroc n’aurait donc pas changé. « Il y a toujours eu une politique de la vengeance des autorités marocaines contre les mouvements sociaux et de protestation qui s’approchent des tabous », relève Khadija Ryadi. « On a bousculé les tabous, ajoute Abdallah Abaakil. Quand nous avons dirigé les manifestations sur les quartiers populaires, c’est là que la répression nous est tombée dessus ». « Mais une partie de la population marocaine a moins peur depuis le mouvement du 20 février, assure Khadija Ryadi. Les gens demandent le respect de leurs droits sauf que les autorités n’ont pas de réponse à donner à ces demandes légitimes sauf à les réprimer ». Qu’importe pour Samir et ses camarades. « Notre dignité humaine a été bafouée, mais le mouvement du 20 février existe toujours. Quiconque s’élèvera contre les injustices, s’exprimera pour la liberté, la dignité, et la justice sera membre du 20 février ». L’espoir d’un changement est toujours là même si les rangs se sont clairsemés. « Ce mouvement du 20 février est un point de départ, analyse Abdallah Abaakil aujourd’hui en retrait de la coordination. C’est un échec relatif car nous avons manqué de relais institutionnel auprès des partis. Il faut transformer ce mouvement pour qu’il soit plus efficace et qu’on obtienne de réels changements ». En attendant, le mouvement du 20 février ne désarme pas : sit in ce mercredi avant plusieurs manifestations dimanche 24 février.

Témoignage

20.02.2013 Propos recueillis par Mehdi Meddeb. Samir Bradley est membre du Mouvement du 20 février. Son engagement lui a valu 6 mois de détention dans une prison de Casablanca.

Vos réactions

Commentaire de sam FRANCE 20.02.2013
Excellent article!
Rien n'a changé au Maroc, le règne de Mohammed VI est dans la continuité de son père Hassan II: corruption, répression, chômage, misère, analphabétisme, confiscation des richesses du Maroc,...Le Roi et son entourage s'engraissent pendant que le peuple trime.
La seule chose qui a changé c'est que des générations de jeunes militants se lèvent, et au lieu de vive le Roi, ils crient aujourd'hui:
Vive le peuple!!!!!
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dimanche 2 septembre 2012

La fête des insoumis(es) à l'allégeance et passage télé sur TV5 Monde


  • Sur TV5Monde, un passage au journal est dédié à l'action ("la Fête d’allégeance à la dignité et à la liberté en Europe"(juste une demie heure avant la fête des insoumis(es) . J'y interviendrai.(Mohamed Jaite)
  • http://youtu.be/shTuGxd_A_k

jeudi 17 mai 2012

RAPPEL : AMDH Paris : Conférence de presse sur les violations des droits civils et politiques au Maroc à l’aune du printemps démocratique au Maghreb et au Machreq Vendredi 18 mai à 18h30


Communiqué de  Mohamed Jaite 9/5/2012 : émission télé

Notre militante Sofya Lahrach (Membre du Bureau des Les Amis de l'AMDH Paris ( Association Marocaine des Droits Humains) et de la commission préparatoire de la section parisienne de l'AMDH) interviendront 
le samedi prochain 12 mai 
sur TV5 Monde dans le journal de 14h30. 
Sofya présentera la conférence de notre association prévue le 18 mai à la salle des expositions de la Mairie du 2éme arrondissement, 8 rue de la Banque – Métro Bourse. 
Elle parlera de la situation des droits humains au Maroc.
 




samedi 12 mai 2012

"Après la condamnation de L7a9ed, c'est le retour aux années de plomb"


Revoir l'émission passée ce matin sur TV5Monde, évènement trop rare sur nos médias
Said Zouini a partagé la vidéo de الحقــــــــائق الخفيَــــــة()فرع المغرب/The Hidden Truth Morocco : Au lendemain de la manifestation contre la cérémonie d'allégeance.
طقوس البيعة تصل للصحافة العالمية
Durée : ‎6:04
 "Après la condamnation de L7a9ed, c'est le retour aux années de plomb"

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L'Ex capitaine Mustapha Adib, qui avait , lui aussi, dénoncé la corruption, dans l'armée, a lui aussi connu les geôles marocaines où il a passé deux ans ... Il a quitté l'armée, et il quitte son pays et sa marocanité... Il adresse un message à Mouad :
"Un an de prison à Moud lhaked pour avoir dit la vérité brute. Je suis en colère, et j'ai honte, durant ces derniers jours de ma marocanité. Rien à regretter, vraiment rien côté roi. Baisse pas les mains Mouad. On est des millions à te soutenir."

vendredi 20 avril 2012

Le 25 avril procès pour "lèse-policier" du rappeur Al-Haqed


par TV5MONDE, 19/4/2012

Le rappeur "indigné" (Al-Haqed signifie indigné, enragé, en marocain), Mouad Belghouat, arrêté en septembre dernier puis libéré en janvier a été de nouveau mis en prison fin mars. Il doit être jugé le 25 avril

Son délit ? Critiquer la police et les dérives des institutions marocaines, en chansons. Des milliers de personnes, entre autres à travers les réseaux sociaux, se mobilisent pour la défense du jeune artiste de 24 ans, connu pour être l'un des fers de lance du mouvement marocain de contestation du 20 février.
  

Zoom : Manifestation pour demander la libération du jeune rappeur à l'automne 2011 
Par Pascal Hérard, 19/4/2012

Le rappeur Al-Haqed cumule plusieurs défauts aux yeux du pouvoir royal marocain : il est un activiste très engagé du M20 (mouvement du 20 février demandant des réformes profondes du régime, dans la foulée du printemps arabe) doublé d'un artiste très populaire mais qui dénonce les travers du pouvoir monarchique et ses forces de police, dans la plupart de ses chansons. C'est ainsi que le 9 septembre 2011, le rappeur, après avoir voulu déposer plainte à la police contre un militant "anti-M20" après un accrochage, s'est vu arrêté le lendemain suite à une plainte de ce même militant. Selon son comité de soutien et l'Office marocain des droits de l'homme (OMDH), aucune procédure n'a été respectée et le chanteur Al-Haqed, emprisonné quatre mois, officiellement pour «agression avec coups et blessures contre un manifestant pro-régime» , n'a pu sortir le 12 janvier dernier que grâce à une mobilisation de soutien très importante dénonçant son incarcération comme un délit d'opinion.

 La dernière arrestation du 29 mars dernier fait suite au clip vidéo monté et posté sur Youtube par un anonyme à partir de l'une de ses chansons :

Interview Maître Omar Bendjelloun, avocat d'Al-Haqed . Propos recueillis par Pascal Hérard  

Quels sont les chefs d’accusation exacts du pouvoir marocain à l’encontre du rappeur Al-Haqed, et que risque-t-il ? 
 Omar Bendjelloun : C’est la direction générale de la sûreté nationale, donc la police nationale qui se constitue en tant que partie civile et qui porte plainte à l’encontre de Mouad Belghouat, pour outrage à agent, outrage à corps constitué. Il risque donc une peine d’un an de prison au maximum, sachant qu’il y a récidive par rapport à un premier procès dans lequel un voyou à la solde des anti-révolutionnaires avait porté plainte contre lui pour coups et blessures. Al-Haqed est en prison pour un clip qu’il n’a pas personnellement créé, ni posté sur Youtube 

Comment la loi marocaine justifie-t-elle son arrestation ? 
On a l’impression que c’est une volonté de faire taire l’activisme culturel, et bien évidemment politique, de Mouad Belghouat, en fomentant des qualifications pénales qui sont plus ou moins proches de la réalité. Parce que pour qu’il y ait outrage à agent, il faut qu’il y ait un lien direct entre la personne et l’agent outragé. Là, il y a outrage indirectement, via un vidéo-clip et une chanson. La poursuite va se concentrer plutôt sur les paroles de la chanson plutôt que sur les images du vidéo clip où une tête d’âne a été placée sur le corps d’un policier.

  Le rappeur est très soutenu par la jeunesse, jeunesse qui est nombreuse au Maroc : la monarchie ne craint pas de se mettre à dos autant de ses sujets ? 
 En sciences-politiques, on a une équation qui nous dit que le pouvoir d’influence est alternatif au pouvoir d’injonction : c’est-à-dire que le pouvoir a la capacité de lever les armées et l’impôt, et les « têtes de réseaux », qui participent par leur intellect ou leur activité culturelle, ont ce que l’on appelle un pouvoir d’influence. Lorsqu’il y a un équilibre pareil, le pouvoir d’injonction peut s’inquiéter. Mais en France, les groupes NTM ou Ministère a.m.e.r ont carrément appelé à l’assassinat de policiers. La République française les a condamnés à 3000 ou 3500 francs à l’époque. Mais qu’une « maison » comme celle de la sûreté nationale soit inquiète d’une chanson de rap est un indicateur d’instabilité au Maroc. J’espère que ce n’est pas un indicateur d’instabilité de tout un régime. Par rapport à une réaction des jeunes vis-à-vis d’une condamnation de Mouad, je ne peux pas m’avancer là-dessus, mais je sais que Mouad est très populaire dans les jeunes générations, notamment celles des milieux défavorisés, qui d’un point de vue démographique constitue la majorité du pays. 

 L’expression artistique contestataire, par le rap, est-elle en progression au Maroc, Al-Haqed fait-il des émules ? 
 Oui, nous avons des exemples concrets, notamment Hoba Hoba Spirit qui avait déjà pointé du doigt différents dysfonctionnements sociaux et l’approche sécuritaire de la 
 gouvernance, et puis plusieurs groupes de rap qui se sont inscrits dans cette ligne plus ou moins contestataire. Mais bien évidemment avec le printemps arabe, le mouvement du 20 février, il y a vigilance de l’Etat, j’ai envie de dire.

 Si Al-Haqed est condamné, quelle peut –être la réaction populaire ? 
 Il y a une mobilisation internationale, le communiqué de Human Rights Watch, tombé avant-hier, condamne cette arrestation, les médias internationaux font pression sur l’opinion publique pour que Mouad soit libéré, la profession des avocats fait pression à la barre, mais il est évident que fermer une bouche en incite d’autres à s’ouvrir, empêcher un espace d’expression pousse à ce que d’autres veuillent se créer.

 Qu'allez-vous plaider le 25 ? 
 Je plaide la relaxe et l'innocence de Mouad évidemment ! Il n'y a pas de culpabilité en l'espèce, avec la nouvelle constitution, l'article 25 est très clair : la liberté d'expression est garantie par l'Etat. Ce même Etat qui essaye d'étouffer la liberté d'expression ! Il y a donc contradiction notoire entre les textes et l'application
 des textes.