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samedi 16 octobre 2010

Sahara occidental : Plusieurs milliers de Sahraouis fuient les villes de Smara, El Ayoun, et Djedour

Par Zineb Benzita, Tout sur l'Algérie,15/10/2010 

Les Sahraouis fuient par groupes les villes occupées du Sahara occidental pour protester contre la dégradation de leurs conditions de vie et réclamer l’organisation d’un référendum d’autodétermination, a-t-on appris vendredi de source diplomatique sahraouie.
Près de 6.000 habitants de Smara, la capitale El Ayoun et Djedour ont quitté leurs domiciles pour s’installer dans un camp de plus de 700 tentes à 18 km au Nord-est de la capitale du Sahara occidental occupé par le Maroc, selon la même source. Les forces d’occupation marocaine ont renforcé leur présence sur les lieux et entouré le camp avec du fil barbelé. Une délégation de hauts responsables politiques et militaires marocains a visité vendredi le nouveau camp.
Le Front Polisario a estimé que le mouvement de protestation dans les villes occupées est un signe du mécontentement de la population vis-à-vis de l’ONU qui a échoué dans le règlement du conflit au Sahara occidental. Le Front Polisario a dénoncé « l’intervention sauvage » des forces marocaines à Djedour où une dizaine de Sahraouis ont été blessés et demandé au gouvernement marocain de protéger les civils. Il a également demandé aux Nations unies d’intervenir pour obliger le Maroc à respecter les droits de l’Homme au Sahara occidental.

samedi 9 octobre 2010

Au Sahara occupé, même s'installer sur ses propres terres est interdit !


Transmis par APSO, 7/10/2010
Le Sahara Occidental est en partie occupé par le Maroc de puis 1975. C'est la dernière colonie d'Afrique. En dépit de la quatrième convention de Genève, une forte proportion de la population sont des colons déplacés là par les autorités coloniales.
Les terres et matériaux sont données aux Marocains comme incitations à se déplacer là, dans ce « paradis » sécuritaire. Ils reçoivent aussi des aides pour déménager et s'installer. 
Une importante vague de plus de 120 000 d'entre eux étaient venus grossir en 1991 les effectifs du référendum annoncé et sont restés parqués pendant des décennies dans des campements de misère sur laroute de Smara à l'entrée de El Aaiun. Ils ont depuis peu été déplacés vers le sud, ou logés dans des maisons, pour ne pas continuer à ternir l'image affichée par la propagande marocaine.
Les Sahraouis restés dans leur propre pays ne peuvent bénéficier de leur terre, exploiter leurs ressources naturelles. Il n'ont pas accès au travail, mais peuvent bénéficier d'une petite aide de l'ordre de l'assistanat qui les rend dépendants du gouvernement colonial et de ses exigences.
Dans les villes artificiellement grossies du Sahara Occidental occupé, il est interdit à quiconque de posséder un potager ou un espace pour les animaux.
Pour se loger dans son pays, un Sahraoui doit acheter sa terre au colonisateur marocain, et il ne peut construire en dehors de plans et architectures qui lui sont imposés. Même la couleur des crépis est imposée, identique à celle de Marrakech. Le blanc traditionnel des villes sahraouies est interdit. Les constructions datant de l'époque coloniale espagnole ont presque toutes été rasées, comme effacées.
À plusieurs reprises récemment, des jeunes et des familles sahaouis sont partis des villes pour aller s'installer dans le désert, organisés selon leurs traditions en groupements de tentes. Décisions de rejet ou de protestations, temporaires ou inscrites dans le temps, ces mouvements de la population sahraouie sont de toute façon étroitement surveillés et violemment empêchés par les autorités marocaines.
Trois récents épisodes illustrent cette situation: 
  Les premières fois, en juillet 2010, dans l'enthousiasme de la décision, l'information avait circulé sans effort de confidentialité et les autorités coloniales avaient traqué et empêché toutes les tentatives suivantes en bloquant les routes. Sur le fond, un dilemme persiste néanmoins pour les résistants : en territoire colonisé, partir c'est abandonner la ville aux colonisateurs, rester c'est être constamment surveillés discriminés et infiltrés. Partir dans le désert, c'est la possibilité de se regrouper et de jouir d'une forme de liberté de pensée et d'expression, rester c'est assurer la résistance au quotidien, si mince soit elle.
Le 4 octobre 2010, 80 Sahraouis dont des femmes, enfants et jeunes sont partis s'installer à proximité de Smara nord, sur le fleuve Saguia el Hamra. Ils sont partis après minuit pour ne pas être barrés par la police, et ont planté 14 tentes. Ce sont jeunes chômeurs, techniciens et diplômés chômeurs sahraouis. Leur volonté était de manifester pendant plusieurs jours pour dénoncer la situation qu'ils subissent. Sur les slogans et pancartes, les chômeurs diplômés et les techniciens demandent le respect de leur droit au travail, les jeunes mariés demandent la possibilité d'avoir une maison.
120 agents de la police la gendarmerie, des forces axillaires, la DST (direction de la sécurité territoriale) et les RG (renseignements généraux) les ont encerclés avec 12 voitures et camions d'intervention rapide. Il n'y a eu ni pourparlers ni négociations, et les manifestants ont été dispersés par la force. Les tentes et la nourriture ont été confisqués. Les manifestants sont toujours sur place, et disent ne pas vouloir rentrer à Smara tant que leurs revendication n'auront pas été satisfaites.
Le 3 octobre, un important groupe de sahraouis était parti à 25km au Sud est de El Aaiun pour planter la tente. Une quarantaine de tente avaient été installées selon l'association des familles de détenus et disparus sahraouis.Les familles se sont exilées massivement dans le désert pour protester contre la politique de répression marocaine contre les civils sahraouis en lutte pacifique pour le droit à l'autodétermination et l'indépendance. C'est aussi une protestation contre la politique de marginalisation et de destruction de leurs moyens de subsistance, du déni de leur droit à l'emploi, mais aussi contre les violences physiques contre les militants revendiquant pacifiquement pour le respect des droits de l'homme. Les familles sahraouies revendiquent d'autre part de pouvoir profiter de la richesse de leurs terres.
Les différentes autorités sécuritaire de l'occupation marocaine, gendarmerie, police, forces auxiliaires, et groupement d'intervention rapide ont encerclé les tentes. Ils ont exigé d'inspecter toutes les voitures, et tenté d'empêcher le sit in des familles rejointes par les étudiants. Le plus important pour les forces sécuritaires semblait être de convaincre les Sahraouis de ne pas déployer les drapeau de la RASD. (République Arabe Sahraouie Démocratique). Ils ont pour ce faire promis 35 emploi dans la promotion nationale.
Cette proposition a été rejetée par les Sahraouis. Ils n'ont pas d'autres demandes envers d'état marocain que cellede respecter le droit international, de cesser le pillage des ressources naturelles, et de permettre au peuple sahraoui d'appliquer son droit à l'autodétermination et l'indépendance.
Les autorités marocaines ont obligé par la force les manifestants à retourner à El Aaiun occupé. Ceux ci ont cédé à l'inquiétude provoquée par la brutalité des autorités d'occupation et la peur des enfants et des femmes. De retour en ville le groupe a provoqué différents rassemblements dans plusieurs rues de la ville, les manifestants  criant ieur rejet de l'occupation. Les manifestations ont été violemment réprimées par la police marocaine et nombre d'entre eux ont été grièvement blessés.
Les membres du groupe ont affirmé qu'ils retourneraient dans le désert jusqu'au respect de leur revendications légitimes.
Au mois de juillet 2010 un important groupe de Sahraouis avait tenté à plusieurs reprises de quitter la ville pour aller s'installer dans le désert. Excédés par les discriminations et désabusés par l'impossibilité pour eux de trouver une place dans la ville et dans le tissu économique local, ils avaient décidé de partir vivre dans le désert, pour bénéficier au moins de la liberté de l'espace.
Ils avaient à chaque fois été empêchés ou rapatriés de force dans la ville par les autorités coloniales marocaines, qui avaient tenté de casser le mouvement en faisant des promesses d'assistances qui avaient été rejetées.
Sources : Soleil de liberté, Apso Sahara, UPES

mardi 5 octobre 2010

Prochaine négociation Sahara Occidental- Maroc prévue pour la fin octobre 2010


La reprise des négociations entre les représentants des Sahraouis et les responsables marocains, annoncée pour ce lundi 4 octobre n'aura pas lieu.
Cette rencontre organisée par Christopher Ross, envoyé spécial du secrétaire générale de l'ONU pour la question du Sahara Occidental, est destinée à faire avancer le processus de paix dans la question en suspens de la décolonisation de ce Territoire Non Autonome, selon l'appellation Onusienne.
Cet épisode du processus fait suite à de nombreux autres restés sans résultat du fait de la position marocaine non conforme aux engagements initiaux d'une négociation sans apriori.
Christopher Ross a alerté récemment le « groupe des amis » à l'ONU de la difficulté actuelle de sa mission en l'absence de positionnement plus clair et ferme de leurs part. Il pointait clairement l'inconstance et l'absence de sérieux de la position marocaine, irrespectueuse du cadre posé.
Selon des sources bien informées, la rencontre annoncée aura lieu après le 20 octobre.
Les parties seront informées par Christopher Ross du lieu et de la date. Il se pourrait que le lieu soit fixé en Suède ou en Autriche.
Néanmoins, les Sahraouis et les individus, organisations et pays les soutenant sont raisonnablement pessimistes sur l'issue de cette prochaine rencontre.
Dans ce problème de décolonisation non résolu depuis l'invasion militaire et violente de 1975, la stratégie actuelle du colonisateur marocain et de son principal allié la paradoxale France maintient le statu quo pendant lequel le Maroc pille illégalement les ressources naturelles du Sahara Occidental et en retire d'énormes profits.

mardi 28 septembre 2010

Sahara Occidental : Pourquoi avoir fait arrêter Mustapha Salma Ould Sidi ?

par Franck Salin, Afrik.com, 27/9/2010
 Interview d’Omar Boulsan, responsable des territoires occupés au sein du gouvernement du RASD
Afrik.com : Pourquoi avez-vous fait arrêter Mustapha Salma Ould Sidi, l’ancien chef de la police du Polisario, mardi dernier ?
Omar Boulsan : Ce n’est pas le chef de la police, il appartient juste au corps de la police sahraouie. C’est un scénario monté par les Marocains pour camoufler les atrocités commises contre le peuple sahraoui. C’est un policier qui a été acheté par la DGED, l’intelligence militaire marocaine, pour faire de la propagande à l’extérieur. C’est la police même, ses propres camarades qui l’ont arrêté.
Afrik.com : Des ONG telles que Human right watch et Council for human watch ont appelé à sa libération immédiate afin qu’il ait un procès équitable. N’est-ce pas embarrassant pour vous de voir des ONG qui vous étaient habituellement favorables se retourner contre vous ?
Omar Boulsan : Elles ne connaissent pas le contenu du problème. C’est un espion qui a été recruté par l’intelligence marocaine. Tout simplement. Il a été accusé d’espionnage et donc arrêté. On applique la loi. Il aura droit à un procès, c’est normal. Il a le droit de s’exprimer. Nous-mêmes avons toujours dit qu’il y a trois options. L’autonomie, la fusion avec le Maroc et l’indépendance. Nous, on lutte pour que le peuple sahraoui puisse choisir entre ces trois options.
Afrik.com : Pourquoi ne faites-vous pas le choix de la lutte armée ?
Omar Boulsan : Nous subissons une pression de la part de tout le monde pour retourner aux armes. Le peuple sahraoui a son bras armé, il a une une armée moderne. Si le peuple de façon souveraine décide de retourner aux armes, il va le faire à travers l’armée sahraouie dans une guerre frontale avec l’armée marocaine, comme cela se passait avant 1991. Mais aujourd’hui, le rôle de tous les citoyens sahraouis encerclés par l’armée sécuritaire marocaine dans les territoires occupés est d’opposer une résistance pacifique, non violente.
Afrik.com : Comment la situation pourrait-elle être débloquée ?
Omar Boulsan : La communauté internationale doit faire pression sur le Maroc pour l’application des résolutions des Nations Unies et du Conseil de sécurité sur la liberté d’expression et la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. Dans cette affaire, le dernier mot doit revenir au peuple sahraoui.

mercredi 8 septembre 2010

Le Maroc et la lettre de Christopher Ross

Par Diaspora Sahraui, 6/9/2010

Un détail important dans le conflit du Sahara Occidental se trouve dans la lettre adressée par l'Envoyé Spécial du Secrétaire Général de l'ONU, Christopher Ross, au mal dénommé "club des amis du Sahara Occidental", qui n'a pas été assez discutée ni médiatisée. Pourtant, le contenu de la lettre est décisif pour en tirer les conclusions pertinentes sur la situation de ce conflit qui dire depuis 36 ans.
L'amerture y exprimée rappelle les échecs des diplomates précédents : James Baker et Van Walsum et le risque de voir, une nouvelle fois, un émissaire onusien jeter l'éponge. Mais le plus important est que M. Ross écarte toute nouvelle négociation en absence d'une volonté politique des autorités marocaines pointées du doigt comme la partie qui ne s'applique pas dans la recherche d'une solution et qui refuse d'envisager l'option de l'autodétermination stipulée par les Nations Unies comme seule solution au conflit. Au contraire, le Maroc s'accommode d'un statu quo dénoncé par le diplomate américain et qualifié de dangereux pour la région. Et pour susciter davantage de colère à Rabat, M. Ross rappelle qu'il faut respecter les droits de l'homme au Sahara Occidental constamment violés par le Maroc.
Ces accusations ont mis mal à l'aise les autorités de Rabat, qui ont riposté en s'attaquant à l'Espagne, une des parties qui ont reçu la demande d'aide de l'envoyé onusien. Une riposte violente condamnée par la société espagnole qui a décidé d'en finir avec les mascarades marocaines en annonçant une flottille dont le but sera de rompre le blocus médiatique imposée sur les territoires occupés de la RASD.
Pour le peuple sahraoui, c'est une victoire de voir comment les voyous du Makhzen tabassent les espagnols solidaires avec la cause sahraouie. Cela prouve le désespoir des gouvernants de Rabat qui sont poussés à bout à cause de l'échec qui a marqué leur politique depuis le décès de Hassan II.
Si Van Walsum avait été forcé par Bush Junior à s'aligner sur les thèses marocaines et à donner un rôle de vedette à l'autonomie marocaine, le nouvel envoyé spécial n'a jamais mentionné la proposition marocaine, ce qui veut dire qu'elle est enterrée à jamais, et il ne s'est jamais prononcé sur le conflit sans rappeler qu'il cherche une solution basée sur le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Rabat se trouve dans une situation peu enviable, surtout si l'on tient en compte qu'il vient d'enregistrer d'autres échecs sur la scène diplomatique :
- L'accord de pêche avec l'UE expire en février 2011 sans que le gouvernement marocain n'apporte une réponse aux exigences européennes sur le bénéfice de la population locale de l'argent soutiré de ces accords.
- Les violations de droits de l'homme sont constamment dénoncées par les ONG's internationales et le Parlement Européen.
- Le harcèlement constant de l'Espagne et de l'Algérie n'a pas donné les fruits escomptés. L'Espagne, malgré le chantage français avec le dossier de l'ETA, ne lâche pas la position de l'ONU et en Algérie, les autorités algériennes, agacées par l'insolence de Mohamed VI, ont sorti le dossier de l'indemnisation des algériens expulsés du Maroc.
Les sorties violentes du roi et du gouvernement marocain sont un indice que la partie du Sahara Occidental est perdue et la position marocaine dans ce conflit traverse une mauvaise passe. Si non, comment expliquer l'acharnement du Maroc contre un pays, l'Espagne, qui, depuis l'avènement de Zapatero est devenu   ambassadeur itinérant des thèses marocaines ?

dimanche 22 août 2010

«Le soutien de la France au Maroc ne nous fera pas reculer»

Par Le jeune Indépendant, 21/8/2010
«L’échec de la communauté internationale dans la décolonisation du Sahara occidental et le soutien de la France au Maroc dans sa politique d’intransigeance et sa fuite en avant ne peuvent en aucun cas faire renoncer le peuple sahraoui à la lutte qu’il mène pour recouvrer ses droits légitimes à la liberté et à l’indépendance», a déclaré avant-hier l’ambassadeur de la RASD en Algérie, Brahim Ghali.
M. Ghali qui s’exprimait au Musée militaire algérien, à l’occasion de la Journée du moujahid à Alger, a souligné que «les deux peuples frères partagent une histoire commune dans la lutte contre le colonialisme». Le diplomate sahraoui a entre autres indiqué que les deux peuples «ont été contre les colons français en Algérie et contre l’occupation marocaine du Sahara occidental qui se poursuit jusqu’à nos jours».
Depuis quelques mois, les tirs croisés des responsables sahraouis contre la France ne cessent de s’amplifier, au point que le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, avait directement interpellé le gouvernement français pour plus de neutralité et pour ne pas s’impliquer dans le conflit dans une interview accordée au Jeune Indépendant.
Les Français continuent sciemment de soutenir le royaume du Maroc dans le dossier du Sahara occidental. Ceci en allant jusqu’à rejeter à deux reprises une proposition du Conseil de sécurité de l’ONU d’élargir les prérogatives de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) afin d’englober la protection des droits de l’homme objets de violations maintes fois dénoncées par les ONG. Dès lors, le Front Polisario ne cesse de désigner le côté français comme principale source de blocages du processus de décolonisation au Sahara occidental.
Toujours à propos de la question sahraouie, le président de la commission parlementaire algéro-sahraouie d’amitié et de fraternité, Tayeb L’houari, a réitéré «la position de soutien de l’Algérie et du peuple algérien à la juste cause du peuple sahraoui et son droit à l’autodétermination et à l’indépendance». Dans le même sillage, M. Houari a tenu à dénoncer «l’intransigeance du gouvernement marocain et ses violations contre les civils sahraouis dans les zones occupées de Sahara occidental».
Il convient de citer la cérémonie qui s’est déroulée au Musée militaire algérien en présence d’une délégation des cadres de l’université Mahfoud-Ali-Beiba qui se tient du 1er au 28 août 2010, à Boumerdès, ainsi que la société civile, en compagnie des représentants du mouvement de solidarité avec le peuple sahraoui en Algérie, comme le Cnasps.

mardi 17 août 2010

Espagne-Sahara : Rabat passe à la vitesse supérieure

Par diaspora sahraouie,17/8/2010
Même si c'est un scénario périodique auquel les autorités marocaines nous ont habitués, les évènements des derniers jours sont un signe clair d'escalade. Les espagnols sont unanimes : Derrière les agissements marocains il y a un objectif précis qui n'a rien à voir avec les plaintes officielles du gouvernement marocain et cet objectif est lié à la question du Sahara Occidental. Pour l'opinion publique espagnole, le voyage du ministre de l'intérieur espagnol à Rabat vise à calmer les responsables marocains qui n'occultent pas leur malaise quant à l'évolution du conflit du Sahara.
L'Espagne, en tant que dernière puissance colonisatrice a toujours défendu que la solution du conflit passe par le référendum, une position qui a changé avec l'arrivée de Zapatero au pouvoir, même si la diplomatie espagnole n'a pas encore donné le pas définitif voulu par le Maroc.
Mohamed VI, à l'instar de son père, manipule les conflits pour mettre de l'ordre à l'intérieur de son pays. Même s'il sait que Ceuta et Melilla n'ont jamais été espagnoles, dans le cas du Sahara, il l'occupe par la force et considère que le temps joue en sa faveur et n'a pas l'intention de céder tant qu'il croit au chantage et à la provocation.
Avec l'expulsion d'Aminatou Haidar, les relations hispano-marocaines ont changé. Malgré le communiqué franco-espagnol dans lequel Madrid et Paris reconnaissent que la loi marocaine gère le territoire sahraoui, une déclaration de la Secrétaire d'Organisation du PSOE affirmant que le parti socialiste espagnol n'a pas changé d'opinion sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui ne pouvait pas passer inaperçu à Rabat qui fait du dossier sahraoui la cause de son existence. "Le communiqué approuvé avec d'autres pays, ne signifie pas la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental", avait précisé Pajin. Le Maroc a dû encaisser ces déclarations en plus du retour d'Aminatou à sa ville natale.
Une fois passée la tempête Haidar, Mohamed VI n'a pas attendu pour sa vengeance. Déjà, au mois de mai dernier, Abbas El Fassi avait demandé devant le parlement un dialogue sur les enclaves espagnoles. Madrid n'a pas réagi. Rabat passe alors à la vitesse supérieure en faisant recours à des méthodes qui relèvent quasiment du terrorisme : blocage de la frontière avec Melilla, provocation verbale et physique, insultes aux femmes policières, etc. Des provocations que le Maroc n'aurait jamais osé faire avec la France, le pays qui défend depuis le début l'annexion sauvage du Sahara Occidental par le Maroc et le génocide du peuple sahraoui.
L'opinion publique espagnole est unanime : Les agissements du gouvernement marocain visent à serrer l'étau sur l'Espagne pour voir ce qu'il peut obtenir. Une vieille stratégie qui a permis à Hassan II d'avancer dans la direction qui lui convenait le plus. Des fois, c'est la question des eaux territoriales et les accords de pêche, des fois l'immigration ou les relations avec l'Europe, mais à chaque fois il y avait un objectif fondamental pour la monarchie : la stabilité interne pour inculquer du patriotisme dans la population marocaine. Il n'y a rien de plus que rincer un ennemi extérieur et soulever des revendications inatteignables pour faire que les marocaines oublient la corruption du régime, les violations des droits de l'homme, le manque de liberté publiques, la liberté de presse… et ainsi ignorer les tentations des intégristes. Personne n'ignore que tout ce qui touche aux poins sensibles dans les relations hispano-marocaines vient du palais. Chaque geste marocain est un message envoyé.

samedi 31 juillet 2010

Le Maroc ne doit pas attirer les pêcheurs victimes de BP au Sahara Occidental

« N’essayez pas d’attirer les pêcheurs victimes de BP dans un pays occupé »
Communiqué de presse de Western Sahara Resource Watch, 30/7/2010
Dans le territoire occupé du Sahara Occidental, un pays situé au nord-ouest de l'Afrique, des manifestants pacifiques sont soumis à de graves violations des droits humains lorsqu’ils se prononcent en faveur de leur droit légitime à l'indépendance. Le Maroc a illégalement envahi le territoire en 1975, et le gouvernement marocain utilise aujourd'hui tous les moyens pour consolider l'occupation, en attirant des entreprises étrangères sur le territoire.
Un groupe de lobbyists de Washington essaiet maintenant d’en faire le nouveau refuge des pêcheurs de Louisiane touchés par la marée noire.
«La marée noire de BP est un désastre inimaginable pour tout l'environnement du golfe du Mexique. Mais quelle que soit notre sympathie pour les pêcheurs de Louisiane qui ont perdu leurs moyens de subsistance, nous espérons qu'ils rejetteront toutes les offres concluant des affaires louches qui prolongeront les souffrances d'un peuple de l'autre côté de l'Atlantique », a déclaré Sara Eyckmans, coordonnateur de l'organisation internationale Western Sahara Resource Watch.
L'activité étrangère au Sahara Occidental est utilisée par le Maroc pour gagner des points politiques dans son occupation du territoire, et pour financer la coûteuse présence militaire dans la zone riche en ressources.
"Tant que le Maroc pourra attirer des entreprises au Sahara Occidental et gagner de l'argent sur l'occupation illégale, les difficultés et les souffrances du peuple sahraoui ne pourront que continuer. Nous lançons un appel aux pêcheurs de la Louisiane et aux législateurs américains pour trouver une autre solution au problème qu’en profitant des ressources qui appartiennent au peuple sahraoui opprimé ", a déclaré Eyckmans.
Selon les sources bien informées de l’agence de presse Africa Intelligence, deux lobbyistes pro-marocains à Washington ont reçu 140.000 dollars US pour "courtiser les entreprises de pêche déplacées du golfe du Mexique et les technologies de production pour aider le Maroc à moderniser son industrie de la pêche". Le groupe de lobbyistes payé par le Maroc est dirigé par un natif de Louisiane et un ancien membre de la Chambre des représentants du Mississippi.
Le peuple sahraoui a appelé à plusieurs reprises la communauté internationale à s’abstenir de s'engager dans les transactions commerciales avec le Maroc et portant sur leurs ressources naturelles. La plupart des personnes employées dans le secteur de la pêche au Sahara Occidental sont aujourd'hui des colons marocains, que le Maroc a déplacés dans le territoire en violation de la Quatrième Convention de Genève. Le Maroc refuse d’accorder l'autodétermination aux Sahraouis, un droit que plus de 100 résolutions de l'ONU demandent d’être respecté. La Cour internationale de Justice a jugé sans fondement les revendications du Maroc sur le territoire. Le gouvernement américain a précédemment déclaré explicitement que le Sahara Occidental est exclu de la coopération de libre-échange américano-marocaine.
Ce n'est pas la première fois que le Maroc a tenté de faire usage de marée noire pour attirer les pêcheurs dans le pays occupé. En 2002 de même, lorsque le pétrolier «Prestige» a provoqué une catastrophe écologique le long des côtes de l'Espagne, le Maroc a réussi à convaincre le gouvernement espagnol d'envoyer ses pêcheurs au Sahara Occidental.
En lire davantage sur le lobby, et l’histoire du « Prestige » ici.
Pour les commentaires et clarifications :
-  Sara Eyckmans
Coordinatrice, Western Sahara Resource Watch
(+32) 475 458695, coordinator@ wsrw.org
-  Carlos Wilson, Los Angeles
US-Western Sahara Foundation
(+1) 858-755-9440 csahrawi@sbcglobal. net
_  Christina Kiel, New Orleans
Western Sahara Resource Watch – section Louisiana
(+1) 718-790-9426 (seulement après le 3 août), christina.kiel@ gmail.com