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samedi 1 novembre 2014

Maroc, la diplomatie de la corruption tous azimuts


Maroc, la diplomatie de la corruption tous azimuts

omar hilale 002Si Les câbles twittés par chris_coleman24 ont eu un mérite, c’est d’avoir montré le véritable visage de la diplomatie marocaine. Même si certains d’entre eux se sont révélés être des faux, il n’en demeure pas moins que les autres, montrent l’ampleur des dégâts infligés aux affaires étrangères par des décennies d’infantilisation, menée par le Palais et par un système de recrutement et d’avancement qui fait appel au népotisme, plutôt qu’au mérite et où tout le monde semble trouver son compte. Le régime se rassure en nommant des fonctionnaires dociles et médiocres à des postes sensibles, dans des villes prestigieuses, moyennant l’obligation pour ces derniers d’une stricte observance des règles édictées par le palais de ne jamais prendre d’initiatives, ni se risquer à des fréquentations non autorisées, sous peine de mise à l’écart brutale. Tout le contraire des règles de la diplomatie dont on sait qu’elle se fait à coup d’initiatives personnelles et de dynamisme.
Plusieurs des documents révèlent le modus operandi de notre représentant permanent auprès des Nations Unies, Omar Hilale qui se résume en deux mots, fayotage et corruption. Ainsi lorsque l’intéressé s’apprête, par exemple, à rencontrer le 15 mai 2013, Navanethem Pillay, la haut commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, il écrit, histoire de donner à penser que son emploi du temps est particulièrement chargé :
« Parallèlement et afin de neutraliser toute nuisance potentielle au sein du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) , j’ai même rencontré pendant une heure, le tunisien Frej Fennich ………………Voulant verrouiller totalement l’intéressé, j’ai demandé à son ami intime, de lui demander de contribuer positivement à minimiser l’impact de cette rencontre. ».
Le reste du document est à l’avenant, avec la mise « en exergue (de) l’estime que Madame Pilnay éprouve pour le Maroc en général et la vision courageuse de Sa Majesté le roi,  en particulier ».
Après cette tirade indigeste, semblant tout droit sorti des dépêches de la Maghreb Arab Press (MAP), on comprend l’indigence intellectuelle que cherche à se faire pardonner notre diplomatie, à coups de tagines, d’invitations et de corruption.
Le plus grave est à venir, lorsque l’ambassadeur évoque clairement la piste de la corruption pour « intéresser Madame Pillay financièrement,  en raison des réductions drastiques du budget du HCDH………. », avant de confirmer que celle-ci a bien eu lieu, dans le câble daté du 1° février 2014, avec « une généreuse contribution volontaire annuelle d’un million de dollars etc……… »
Une donation qui semble justifier la stupéfiante déclaration de la Haut commissaire, à  l’issue de sa visite au Maroc, en mai dernier et dans laquelle elle soulignait gênée, « que le pays avait fait de grands progrès, vers une meilleure protection des droits de l’homme…. », avant de se racheter, en reconnaissant « que beaucoup restait à faire, notamment en matière de liberté d’expression. »

D’autres documents accablent notre homme promu, depuis, représentant permanent du Maroc aux Nations unies, à New York depuis le 14 avril 2014, après avoir sévi depuis les rives du lac Léman, où il officiait comme représentant à la mission du Maroc auprès de l’ONU. Une promotion largement due au caractère de grand corrupteur du personnage que n’effraient nullement les sommes faramineuses que le pays injecte à puits perdu dans des causes tout aussi perdues, comme lorsqu’il recommande vivement d’inviter Bacre Waly Ndiaye, Directeur de la Division des Organes des Traités au Haut Commissariat des Droits de l’Homme, qualifié de « fervent Tijane » pour un pèlerinage à Fès, dans des lignes qui en disent long sur la politique africaine du Maroc.
Chaque câble confirme ce qu’on savait déjà, sur les pratiques indignes de l’État marocain, telles que l’achat des consciences, le financement des campagnes électorales de pays tiers, le népotisme, les invitations dispendieuses des thuriféraires de la dictature.
Omar Hilale qui n’a ni le pouvoir, ni le début du commencement d’une idée, pour sortir le Maroc de l’ornière du Sahara et du lourd dossier des atteintes aux droits de l’homme, n’a donc plus que la corruption comme stratégie. Il n’ignore, en effet pas, que celle-ci, en même temps qu’elle rapproche ses acteurs, en fait des complices et les détenteurs de secrets inavouables. Elle les rend, du même coup, indéboulonnables, ce qui explique pourquoi tant de corrompus continuent de graviter autour du palais, inamovibles et taiseux, face aux exactions du régime.
Hilale 1
Hilale 2

mardi 28 octobre 2014

Maroc-ONU : Scandale au Conseil des Droits de l’homme - impact24.info

claudemangin@yahoo.fr


28.10.2014
 
Les révélations sur les combines de la diplomatie marocaine continuent à être dévoilées par le Snowden Marocain, qui utilise le pseudonyme « Chris Coleman24 » sur son compte Twitter. C’est grâce à ce compte qu’ont été dévoilés les détails sur les stratégies et les manigances des diplomates marocains à New-York et Genève. Mais les informations distillées par le mystérieux hacker sur les actions menées au sein du Bureau de Navanethem Pillay,  l’ex-Haut Commissaire aux Droits de l’homme, révèlent un scandale sans précèdent.
L'ex-Haut commissaire aux Droits de l'homme a été manipulée par les diplomates marocains.
Mis en ligne récemment, des documents de la Mission marocaine à Genève, paraphés par son Ambassadeur Omar Hilale, renseignent sur les méthodes du Maroc pour influencer les fonctionnaires et les responsables du Conseil des droits de l’homme.
Ainsi, en apprends que  l’Ambassadeur marocain avait infiltré l’entourage de l’ex-Haut Commissaire, Navi Pillay, et pouvait manipuler toutes ses actions concernant la gestion  du dossier des violations des droits de l’homme au Sahara Occidental.
Soutien financier
L’Ambassadeur marocain n’a pas hésité à soutenir  financièrement  Navanethem Pillay et les membres de son bureau, pour la dissuader de toute action qui peut aller à l’encontre des souhaits du Maroc. Et Madame Pillay semblait être très attentive aux désirs, voire aux ordres, de ses généreux amis marocains.
« Je voudrais rappeler l’impératif de transférer le reliquat de 250.000 dollars, au titre de la contribution du Maroc au Budget du HCDH, pour 2011 et dont la Haut-Commissaire a exprimé à deux reprises son souhait de le recevoir (mes fax). Ce transfert aidera  à rendre Mme Pillay plus attentive à nos préoccupations au sujet du contenu de la contribution de son Bureau au prochain rapport du SG de l’ONU sur le Sahara », écrit Omar Hilale dans un câble diplomatique adressé à son ministre en janvier 2012.
Ainsi, l’ambassadeur marocain n’hésite pas à utiliser les moyens financiers comme levier pour éviter que Navi Pillay ne prête trop attention aux demandes répétées de son représentant à New-York, Evan Simonovic, et même de Christopher Ross. Les deux diplomates ont vainement essayé de la convaincre de visiter le Sahara Occidental.
Les comparses Kompass et Ndiaye
Anders Kompass Anders Kompass
La mission marocaine n’a pas seulement eu recours à l’argent, versé sous forme de dons. L’Ambassadeur marocain révèle qu’il a réussi à enrôler de « très bons amis » membres du staff de Madame Pillay. A l’instar du suédois Anders Kompass, Directeurs des Opérations sur le terrain, ou encore le Sénégalais, Bacre Waly Ndiaye, Directeur des Procédures Spéciales. Pour Omar Hilale, les deux hommes sont plus que de simples amis. Ils ont montré un zèle sans limite pour servir les plans et manipulations marocaines aux Conseil contre toute tentative ou possibilités en faveur de l’amélioration des Droits de l’homme au Sahara Occidental
« Grâce à la stratégie de cette Mission de verrouillage de l’Entourage de Mme Pillay, l’ensemble des responsables du Haut-Commissariat à Genève adhère aux préoccupations marocaines. Cependant, la faiblesse de Mme Pilay face à M. Simonovic constitue le talon d’Achille de notre stratégie. »
Bacre Waly Ndiaye Bacre Waly Ndiaye
Mieux, dans d’autres câbles de l’ambassadeur marocain, nous découvrons comment il a réussi à obtenir  des informations cruciales de la part de ses informateurs, Kompass et Ndiaye, deux comparses qui n’hésitent pas à participer a des réunions à huis clos au siège de l’ambassade. Objectif : lui fournir des informations secrètes sur une rencontre entre Crhristopher Ross et Navanethem Pillay. L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU devait convaincre la Haut-Commissaire de visiter le Sahara occidental. Une autre fois, leur réunion était consacrée à la visite que le Président Sahraoui, Mohamed Abdelaziz, devait entreprendre en mai 2013 au Conseil pour rencontrer Navanethem Pillay. Dans les deux cas, l’Ambassadeurs et ses deux amis ont manœuvré pour limiter l’impact de ces deux visites et influencé  Pillay pour qu’elle ne réagisse pas de façon à nuire aux intérêts du Maroc.
Neutralisation et discrédit
Les documents révèlent aussi comment les amis du Maroc au sein du Conseil des Droits de l’homme ont réussi à neutraliser tous les fonctionnaires honnêtes qui essayaient de faire leur travail, tel le tunisien Frej Fennish, Chef de la section MENA. Ce dernier était considéré par Omar Hilale comme ennemi et hostile aux intérêts du Maroc. Le fonctionnaire Tunisien a apparemment subi une campagne secrète de l’Ambassade marocaine et ses amis pour le dénigrer et le neutraliser auprés de Pillay.
Kompass et Ndiaye, conseillaient et agissaient au sein du conseil faisant usage de leur poste pour discréditer le Polisario, et déjouer toute action en faveur de l’élargissement du Mandat du MINURSO concernant la protection des droits de l’Homme.
Ainsi, et sur instructions de l’Ambassade marocaine, Kompass et Ndiaye- ainsi que d’autres fonctionnaires qui n’ont pas été cités par Hilale dans ses messages- ont influencé Navanethem Pillay dans toutes ses prises de décisions.
Ils ont notamment agi pour la dissuader à entreprendre une visite au Sahara Occidental en 2014. Ils ont veillé à ce que la contribution du HCDH au rapport du SG de l’ONU sur le Sahara Occidental soit favorable au Maroc. Ils ont fait pression sur Pilay pour éviter qu’elle fasse des « concessions » au Président de la RASD, M. Mohamed Abdelaziz, lors de leur rencontre à Genève le 23 mai 2013. Kompass a insisté auprès de Pillay afin de mettre en place une mission technique au Sahara Occidental en mai 2014, conduite par lui-même au lieu du Représentant du Haut-Commissariat a New-York, jugé hostile au Maroc.
Méthodes mafieuses
Ces révélations dangereuses et compromettantes et qui portent atteinte à la réputation de l’ex-Haut Commissaire et à aux deux fonctionnaires, prouvent, encore une fois, les méthodes mafieuses appliquées  par les représentants de « sa majesté » partout dans le monde. Des méthodes basées sur la corruption de fonctionnaires d’institutions internationales.
C’est le cas du Sénégalais, Bacre Waly Ndiaye, directeur des Procédures Spéciales, qui a déclaré à son ami Hilale son allégeance au Maroc puisque se considérant fervent « croyant et adepte de la confrérie  Soufie Tijania. Il a fait part à Hilale de son « rêve » de se rendre à Fès, car « il n’a pas pu faire ce pèlerinage pendant 20 ans ». Une simple formalité pour l’Ambassadeur marocain qui a sollicité le département des Affaires étrangères afin d’adresser une invitation officielle Bacre Waly Ndiaye.
Au-delà des scandales financiers et de la corruption qui apparaissent au grand jour grâce à ces fuites de documents (dont le Maroc n’a pas nié l’authenticité), le peuple Sahraoui subit les violations de ses droits élémentaires. Combien de victimes sahraouies continuent de vivre les pires violations à cause du manque d’intégrité qui règne au sein de l’institution Onusienne sensée veiller sur le respect des Droits de l’homme dans le monde. Le pire est que les responsables de ces manigances restent impunis. Le makhzen leur a certainement réservé une retraite dorée dans une des oasis du Maroc.
 Malainin Lakhal
Hassanna Duihi  activiste de droits humains /  activista de derechos humanos

Membre de l'ASVDH      (  Association Sahraouie des Victimes des violations graves des Droits de l’Homme commises par l’État du Maroc
El-Aaiun, Sahara occidental )

Miembro de la ASVDH   (La Asociación Saharaui de Víctimas de violaciones graves de Derechos Humanos cometidas por el estado marroqui El Aaiun Sahara Occidental)


The Sahrawi Association of Victims of Grave Human Rights Violations Committed by the Moroccan State 
El-Aaiun, Western Sahara


samedi 31 mai 2014

Torture au Maroc : Zakaria Moumni écrit à Navanethem Pillay


Zak Moumni
Dans l’actualité concernant les droits de l’Homme au Maroc, le champion du monde de boxe thaïe Zakaria Moumni a adressé un courrier à Mme Navanethem Pillay, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme. L’intéressée se trouve actuellement en déplacement au Maroc et sera reçue par le roi. Elle y restera jusqu’à jeudi 29 mai.
A cette occasion, Zakaria Moumni lui demande de soulever son cas auprès du roi. Selon M. Moumni, le roi serait « parfaitement au courant » de son affaire et de tous les éléments du dossier puisque dans la lettre qu’il lui a adressée le boxeur affirme qu’il est prêt à toute confrontation avec les personnes qu’il dénonce et à présenter les enregistrements des échanges avec l’ex-ministre de l’intérieur marocain et les autres émissaires mandatés par le roi, Mohand Laenser. Dans ces échanges, on l’obligerait notamment à « composer avec le secrétaire particulier du roi », Mohamed Mounir Majidi et on lui dirait que « même le roi ne peut rien faire face à ces gens-là ».

Demain
A Mme Navanethem PILLAY
Haut Commissaire des Nations Unies Bureau du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme Palais des Nations CH-1211 Genève 10, SUISSE
Paris, le lundi 26 Mai 2014
A l’Attention de Madame Navanethem PILLAY, Haut-Commissaire des Nations Unies
Madame la Haut-Commissaire,
Je me permets de vous envoyer ce courrier dans le cadre de votre visite au Maroc et votre prochaine entrevue avec le roi Mohammed VI. Je souhaite en effet évoquer l’injustice extrêmement grave dont j’ai été la victime au Maroc de la part du pouvoir marocain.
Je m’appelle Zakaria Moumni, j’ai 34 ans, je suis citoyen Français et sportif professionnel : champion du monde de Boxe Thaïlandaise lors des Championnats WKA (World Kick Boxing Association) sous les couleurs du Maroc, mon pays natal.
Le 27 septembre 2010, ma vie a basculé. Ce jour-là, en arrivant à l’aéroport de Rabat venant de Paris, j’ai été emmené par des policiers pour « atteinte à la personne sacrée du roi ». J’ai été ensuite enlevé par quatre policiers en civil (la police secrète de la DGST Direction Générale de la Surveillance du Territoire) dans une voiture banalisée qui m’attendait sur le tarmac de l’aéroport de Rabat. Ils m’ont bandé les yeux, ligoté les mains, m’ont couché à l’arrière de la voiture et m’ont recouvert d’une veste. J’ai été conduit dans un endroit secret, qui s’est avéré être le centre de détention secret de Temara, où j’ai été séquestré et où j’ai subi 4 jours de tortures. La CIA a d’ailleurs confirmé l’existence des centres de torture au Maroc, dont ce centre de Temara dans la banlieue de Rabat.
A mon arrivée, ils m’ont mis nu, m’ont ligoté les pieds et les mains. Toujours les yeux bandés, j’ai subi des tortures de toutes sortes : j’ai été électrocuté partout sur le corps, suspendu par les pieds et tabassé avec des barres de fer sur les jambes et les tibias.
Pendant ces quatre jours, j’ai été privé de nourriture, d’eau et de sommeil. Je devais leur raconter durant des heures ma vie. En fait, ils voulaient me contraindre par la torture à oublier ma rencontre avec le roi et son secrétaire particulier, M. Mounir Majidi. A chaque fois que je parlais du roi ou de M. Majidi, ils cognaient plus fort en me disant « Ce chapitre-là, il faut que tu le rayes de ta mémoire« . A un moment de torture et avec la rage, j’ai réussi à enlever le bandeau sur mes yeux et c’est à ce moment-là que j’ai vu le directeur de la DGST, M. Abdellatif Hammouchi. A. Hammouchi a alors quitté la pièce en courant.
Tout au long de ces quatre jours de tortures, ils n’ont cessé de me répéter : « Ici, c’est l’abattoir de Sa Majesté et, nous, on ne dépend ni du ministère de l’Intérieur, ni du ministère de la Justice. Nous, on travaille directement avec le roi. Et ça, c’est les ordres du roi. Ici, on va te découper, faire de toi de la viande hachée et tu sortiras dans des boîtes de conserve, Tu as beau remuer ciel et terre, tu ne sortiras pas d’ici vivant et comme ça, ça t’apprendra à aller manifester devant chez le roi ou parler de Majidi dans les médias » .
Au terme de ces terribles quatre journées, on m’a fait subir un procès expéditif, seul, sans avocat pour me défendre et sans me dire ce qui m’était reproché.
Je me suis donc retrouvé le jeudi 30 septembre dans la nuit en prison. Ni ma famille au Maroc, ni mon épouse à Paris, n’ont su où j’étais durant 4 jours.
Le lundi 4 octobre, j’ai appris que j’étais condamné à une peine de trois ans de prison ferme pour « escroquerie » après un simulacre de procès sans victimes et des « aveux » que j’ai dû signer sous la torture et les yeux bandés.
Au total, j’ai passé 18 mois en prison suite à une procédure judiciaire arbitraire et un procès inique dans des conditions de détention inhumaines et dégradantes dans les prisons de Salé-Zaki et Rommani au Maroc.
Ces pratiques de torture dont j’ai été la victime et le procès inique que j’ai subi ont été condamnées unanimement par Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) et des associations marocaines de défense des Droits de l’Homme ainsi que par le Parlement Européen. J’ai eu également le soutien de plusieurs hommes et femmes politiques français et députés de plusieurs pays. La FIDH a envoyé le 8 décembre 2011 une Lettre ouverte au roi du Maroc pour ma libération immédiate. Toutes ces associations ont appelé à ma libération en s’adressant aux autorités marocaines à plusieurs reprises.
Mon cas est symbolique de pratiques scandaleuses dans mon pays alors que le roi a affirmé à plusieurs reprises son engagement pour le respect des droits de l’homme en signant plusieurs conventions internationales.
Le 04 février 2012, sous la pression des associations de défense des droits de l’Homme et des médias, le roi Mohammed VI m’a envoyé un émissaire Adil Belgaid pour m’informer que le roi allait me gracier le jour de mon anniversaire le 04 Février 2012 car il croyait en mon innocence.
Après ma libération et mon retour à Paris, au cours de la conférence de presse organisée par la FIDH pour ma réhabilitation, j’ai demandé audience publiquement au roi pour lui dire ce qu’il se passe dans son pays et en son nom. J’ai alors été contacté par le Directeur du Protocole Royal et ensuite par le ministre de l’Intérieur de l’époque M. Mohand Laenser qui m’a expliqué qu’il était « mandaté par le roi » pour réparer l’injustice dont j’ai été victime et juger les personnes responsables de ce que j’ai subi comme tortures.
Le 3 mars 2013, nous nous sommes rendus au Maroc, moi et mon épouse, pour une durée de 48h, sur invitation de M. Mohand Laenser en vue d’une audience avec le Roi qui n’a pas eu lieu car le Roi était occupé selon leurs dires. D’ailleurs, le Quai d’Orsay avait été mis au courant de cette invitation et de notre déplacement au Maroc, nous l’avions informé si jamais nous avions des « mauvaises surprises » sur place.
Après notre retour, et après quelques mois d’échanges avec M. Laenser et M. Hamid Chnouri, Directeur central des renseignements généraux, on m’a clairement expliqué que le Maroc ne pouvait pas me rendre justice parce que les personnes responsables de ce que j’ai subi sont «intouchables», en parlant des commanditaires et de mes tortionnaires.
Aujourd’hui, mes avocats Maître Patrick Baudouin, avocat au Barreau de Paris et Président d’honneur de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme) et Maître Clémence Bectarte, ont déposé le 21 Février 2014 en mon nom auprès du Procureur du Pôle spécialisé Crimes conte l’Humanité / Crimes de Guerre du Tribunal de Grande Instance de Paris, une plainte pour Torture visant M. Abdellatif Hammouchi, directeur général de la DGST marocaine.
Contrairement aux allégations de l’ex-ministre de l’Intérieur marocain, M. Mohand Laenser, qui a toujours nié me connaître et m’avoir contacté (cité dans un quotidien marocain arabophone, Akhbar Elyaoum, le 25 mars 2014), les propos relayés par le même journal le 08 Avril 2014, confirment à l’évidence que M. Laenser m’a bien contacté comme je le soutiens depuis 2012.
Les aveux du Ministre Laenser ne laisse plus de doute quant à la personne à l’origine des instructions données à M. Laenser et l’objectif de réparer l’injustice dont j’ai été victime, à savoir le roi du Maroc.
Monsieur le Président Barack Obama est au courant de mon affaire car je lui ai adressé une lettre à l’occasion de la visite officielle du roi Mohammed VI à Washington le 22 Novembre 2013, et j’ai également adressé un courrier à Monsieur John Kerry, le Secrétaire d’État, le 04 Avril 2014. J’ai également adressé un courrier à Monsieur François Hollande, Président de la République Française, le 07 Mars 2014. J’ai enfin adressé un courrier à Monsieur Ban Ki-Moon le 14 Avril 2014.
De surcroît, j’ai adressé une lettre ouverte au roi du Maroc le 24 Mars 2014 pour lui expliquer ce que l’on m’a fait subir dans son pays. Dans cette lettre, j’affirme que je suis prêt à toute confrontation avec les personnes que je dénonce et présenter les enregistrements des échanges avec l’ex-ministre de l’Intérieur marocain et les autres émissaires mandatés par le roi. Dans ces échanges, fait très grave, on m’oblige à « composer avec le secrétaire particulier du roi » - Mounir Majidi – et on me déclare que « même le roi ne peut rien faire face à ces gens-là » .
J’ai toute confiance en vous, Madame la Haut-Commissaire, et dans l’engagement très fort de votre administration en faveur du respect des droits de l’Homme. J’espère que mon cas sera soulevé lors des échanges avec le roi du Maroc puisque, en me graciant, le roi a reconnu mon innocence et par la suite, a conforté cela en m’adressant ses émissaires.
Vous remerciant par avance de prêter une bienveillante attention à la présente requête, je vous prie de croire, Madame la Haut-Commissaire, à l’assurance de ma très haute considération.
Zakaria Moumni



Ali Anouzla condamné sans être au courant

 Ali Anouzla (Photo Anadolu Agency)
Ali Anouzla (Photo Anadolu Agency)

Selon des sites d’information marocains (Goud, Alyaoum24 entre autres), le tribunal aux ordres de grande instance de Rabat aurait condamné le journaliste Ali Anouzla à un mois de prison avec sursis et à une amende de 5000 DH dans l’affaire des déclarations qu’il avait faites à un certain nombre de sites locaux et dans lesquelles il accusait les services secrets marocains, en l’occurrence la DST, la police politique d’Abdellatif Hammouchi, et les Renseignements généraux (RG), de mener une campagne médiatique contre lui via des web aux ordres
Le scandale, mais en est-il un dans un Etat policier ?, c’est qu’Ali Anouzla n’était pas au courant de la date de son procès ni de sa condamnation en catimini.
Et cela se produit au moment de la visite au Maroc de Mme Navanethem Pillay, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme…
Badr Soundouss


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samedi 8 juin 2013

Le Sahara Occidental à Washington. La diplomatie sahraouie est à l'oeuvre

Par Philippe Leclercq, militant de la paix et Président de l'Association de Solidarité avec le Peuple Sahraoui, 4/6/2013

Le Sahara Occidental à Washington


Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz, Secrétaire général du Front POLISARIO, commence demain, mercredi, à Washington, une visite de plusieurs jours avant de se rendre au siège des Nations Unies à New York, selon un communiqué de presse de la Présidence de la République.

Pendant son séjour dans la capitale américaine, le président Mohamed Abdelaziz et des personnalités se réuniront avec les institutions américaines.

Le Président est accompagné de M. Khadad, chef du Comité national sur la consultation populaire, Ahmed Boukhari, représentant du Polisario à l'ONU, Mohamed Yeslem Beisat, représentant du Front Polisario à Washington et Abdati Breika, Ministre de la Présidence de la République . (SPS)

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 La diplomatie sahraouie est à l'oeuvre

5/6/2013
 

Ce communiqué aura probablement échappé à certains participants ; la diplomatie sahraouie s'active auprès de différentes instances afin d'établir les droits du peuple sahraoui. Une nouvelle preuve de la volonté de paix qui anime les responsables !

"Le Président de la République, Mohamed Abdelaziz s'est entretenu ce jeudi au Palais Wilson, siège du Haut Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme à Genève, avec la Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Mme Navanethem Pillay", a-t-on appris de source diplomatique sahraouie.
Les entretiens ont porté sur la situation au Sahara occidental et particulièrement celle des droits de l'homme. Le Président Mohamed Abdelaziz a rappelé a son interlocutrice que le Sahara occidental demeure un territoire non-autonome au regard du chapitre XI de la Charte de l'ONU et son peuple doit exercer son droit a l'autodétermination.
Concernant la responsabilité du Haut commissariat des droits de l'homme, le Président sahraoui a rappelé les conclusions de la mission de visite de cet organisme au Sahara occidental, en 2006, qui a conclu que toutes les violations des droits de l'homme au Sahara occidental sont la conséquence de la non application du droit inaliénable du peuple sahraoui a l'autodétermination.
Il a aussi rappelé les récents rapports du Secrétaire général et de gouvernements ainsi que les témoignages d'organisations de la société civile insistant tous sur la nécessité d'un mécanisme de supervision indépendant, impartial et permanent des droits de l'homme au Sahara occidental.
"L'opposition zélée du Maroc a l'initiative américaine, au cours du dernier débat au Conseil de sécurité, en est la preuve que le Maroc se dérobe à ses responsabilités internationales et qu'il a quelque chose à cacher", a estimé le président de la République.
Enfin, le Président a lancé un appel "pressant" au Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme à "assumer pleinement ses responsabilités dans la protection des civils sahraouis victimes des exactions des forces d'occupations marocaines".
Pour sa part, Mme Pillay a indiqué qu'elle suit avec intérêt la situation des droits de l'homme au Sahara occidental y compris les dernières manifestations du mois de mai dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Elle a également exprimé sa préoccupation face au procès militaire des 25 militants sahraouis (groupe de Gdeim Izik), réaffirmant son engagement de suivre les développements de la situation sur le terrain.
Ont pris part à cette rencontre, du coté sahraoui, le membre du Secrétariat national du Front Polisario, Mhamed Khadad, le Conseiller à la Présidence de la République, Abdati Breika et Mme Omeima Mahmoud, représentante du Front Polisario en Suisse et de l'autre coté, le chef du département moyen orient et d'Afrique du nord."
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Le Maroc entrave la libre circulation de  la MINURSO


  4/6/2013
Hé bien il ne manquait plus que ça !!!
Alors que l'organisation internationale qui se nomme ONU a, il y a quelques semaines, renouvelé la lettre de mission de sa "MINURSO", les autorités marocaines entravent la libre circulation des militaires mandatés !

Créée pour surveiller le cessez-le-feu et organiser un référendum destiné à déterminer le statut de cette ancienne colonie espagnole, annexée par le Maroc en 1975 et revendiquée par les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, la Minurso et ses 230 casques bleus poursuivront donc leurs activités à l'identique jusqu'en avril 2014.
C'est du moins ce qui a été voté à l'ONU
Il faut croire qu'il y a une "super-puissance" supérieure ... qui veut dicter une autre loi !
Selon le site WSRW, se référant au site marocain d’information goud.ma, "les autorités marocaines de la ville de Dakhla ont interdit aux officiers de la MINURSO d'accéder aux locaux du port de la ville, affirmant qu'ils ne possédaient pas les autorisations nécessaires.

L'article indique que l'interdiction intervient après plusieurs visites sortant de l’ordinaire du personnel de la MINURSO au port de Dakhla, pendant lesquelles ils ont pris des photos des navires et des opérations portuaires en cours."
Mais pourquoi donc la MINURSO voudrait prendre des photos des bateaux rentrant plein de poissons au port de Dakla ?
Tout simplement parce que, comme Israël dans les territoires occupés palestiniens, le Maroc n'a pas la souveraineté sur le territoire Sahraoui. Ce qui veut clairement dire que le royaume n'a pas le droit d'exploiter les côtes comme il continue de le faire ...
Et les Marocains sûrs de pouvoir continuer à tricher et agissant au dessus des lois, commentent ainsi : "Je me demande pourquoi les responsables de la MINURSO mettent leur nez dans les affaires du Maroc?" ou encore menacent "Que lun d'eux essaie de s'approcher de nos vaillants soldats!" (أرسلت من قبل le marocain في 18/05/2013 20:21 )
Les mêmes s'étonneront sans doute que les Sahraouis se révoltent devant de telles pratiques et de tels propos guerriers et haineux ! Avec ceux-là, on ne risque pas d'avoir la paix ! Heureusement qu'on en connait d'autres ...