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samedi 1 novembre 2014

Maroc, la diplomatie de la corruption tous azimuts


Maroc, la diplomatie de la corruption tous azimuts

omar hilale 002Si Les câbles twittés par chris_coleman24 ont eu un mérite, c’est d’avoir montré le véritable visage de la diplomatie marocaine. Même si certains d’entre eux se sont révélés être des faux, il n’en demeure pas moins que les autres, montrent l’ampleur des dégâts infligés aux affaires étrangères par des décennies d’infantilisation, menée par le Palais et par un système de recrutement et d’avancement qui fait appel au népotisme, plutôt qu’au mérite et où tout le monde semble trouver son compte. Le régime se rassure en nommant des fonctionnaires dociles et médiocres à des postes sensibles, dans des villes prestigieuses, moyennant l’obligation pour ces derniers d’une stricte observance des règles édictées par le palais de ne jamais prendre d’initiatives, ni se risquer à des fréquentations non autorisées, sous peine de mise à l’écart brutale. Tout le contraire des règles de la diplomatie dont on sait qu’elle se fait à coup d’initiatives personnelles et de dynamisme.
Plusieurs des documents révèlent le modus operandi de notre représentant permanent auprès des Nations Unies, Omar Hilale qui se résume en deux mots, fayotage et corruption. Ainsi lorsque l’intéressé s’apprête, par exemple, à rencontrer le 15 mai 2013, Navanethem Pillay, la haut commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, il écrit, histoire de donner à penser que son emploi du temps est particulièrement chargé :
« Parallèlement et afin de neutraliser toute nuisance potentielle au sein du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) , j’ai même rencontré pendant une heure, le tunisien Frej Fennich ………………Voulant verrouiller totalement l’intéressé, j’ai demandé à son ami intime, de lui demander de contribuer positivement à minimiser l’impact de cette rencontre. ».
Le reste du document est à l’avenant, avec la mise « en exergue (de) l’estime que Madame Pilnay éprouve pour le Maroc en général et la vision courageuse de Sa Majesté le roi,  en particulier ».
Après cette tirade indigeste, semblant tout droit sorti des dépêches de la Maghreb Arab Press (MAP), on comprend l’indigence intellectuelle que cherche à se faire pardonner notre diplomatie, à coups de tagines, d’invitations et de corruption.
Le plus grave est à venir, lorsque l’ambassadeur évoque clairement la piste de la corruption pour « intéresser Madame Pillay financièrement,  en raison des réductions drastiques du budget du HCDH………. », avant de confirmer que celle-ci a bien eu lieu, dans le câble daté du 1° février 2014, avec « une généreuse contribution volontaire annuelle d’un million de dollars etc……… »
Une donation qui semble justifier la stupéfiante déclaration de la Haut commissaire, à  l’issue de sa visite au Maroc, en mai dernier et dans laquelle elle soulignait gênée, « que le pays avait fait de grands progrès, vers une meilleure protection des droits de l’homme…. », avant de se racheter, en reconnaissant « que beaucoup restait à faire, notamment en matière de liberté d’expression. »

D’autres documents accablent notre homme promu, depuis, représentant permanent du Maroc aux Nations unies, à New York depuis le 14 avril 2014, après avoir sévi depuis les rives du lac Léman, où il officiait comme représentant à la mission du Maroc auprès de l’ONU. Une promotion largement due au caractère de grand corrupteur du personnage que n’effraient nullement les sommes faramineuses que le pays injecte à puits perdu dans des causes tout aussi perdues, comme lorsqu’il recommande vivement d’inviter Bacre Waly Ndiaye, Directeur de la Division des Organes des Traités au Haut Commissariat des Droits de l’Homme, qualifié de « fervent Tijane » pour un pèlerinage à Fès, dans des lignes qui en disent long sur la politique africaine du Maroc.
Chaque câble confirme ce qu’on savait déjà, sur les pratiques indignes de l’État marocain, telles que l’achat des consciences, le financement des campagnes électorales de pays tiers, le népotisme, les invitations dispendieuses des thuriféraires de la dictature.
Omar Hilale qui n’a ni le pouvoir, ni le début du commencement d’une idée, pour sortir le Maroc de l’ornière du Sahara et du lourd dossier des atteintes aux droits de l’homme, n’a donc plus que la corruption comme stratégie. Il n’ignore, en effet pas, que celle-ci, en même temps qu’elle rapproche ses acteurs, en fait des complices et les détenteurs de secrets inavouables. Elle les rend, du même coup, indéboulonnables, ce qui explique pourquoi tant de corrompus continuent de graviter autour du palais, inamovibles et taiseux, face aux exactions du régime.
Hilale 1
Hilale 2

vendredi 18 avril 2014

Sahara :L'Union africaine s'en mêle


Aufait, 

C'est ce jeudi que les discussions générales de l'ONU sur le dossier du Sahara débuteront à New York. Fin avril, le Conseil de sécurité votera pour une reconduction du mandat de la Minurso, mission onusienne chargée de surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Polisario. Après un rapport partiel signé Ban Ki-moon sur cette question, l'Union africaine s'en est mêlée. La bataille annuelle du Maroc à l'ONU contre les adversaires de son intégrité territoriale ne fait que commencer.


Mardi soir, l'UA s'est félicitée, par le biais de sa présidente Nkosazana Dlamini-Zuma ,du rapport de Ban Ki-moon sur le Sahara. /DR
Mardi soir, l'UA s'est félicitée, par le biais de sa présidente Nkosazana Dlamini-Zuma ,du rapport de Ban Ki-moon sur le Sahara. /DR Agrandir

Son implication dans la question du Sahara est l'un des points qui dérangent le Maroc. Et, l'Union africaine (UA) a réagi quant au rapport contesté du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon sur le Sahara.
Mardi soir, l'UA s'est félicitée, par le biais de sa présidente Nkosazana Dlamini-Zuma, du rapport de Ban Ki-moon. Un document qui couvre “un large éventail de questions”, selon le communiqué de l'UA, qui cite les consultations menées par l'envoyé personnel du secrétaire général avec les parties au conflit, les activités de la mission des Nations Unies dans le Sahara (Minurso), ainsi que les activités humanitaires et celles liées aux droits humains.
L'UA a également noté “l'appel lancé à tous les acteurs concernés, à la lumière de l'intérêt croissant pour les ressources naturelles du Sahara, à reconnaître le principe selon lequel les intérêts des habitants sont primordiales, ainsi que la reconnaissance du fait que l'objectif final reste la surveillance soutenue, indépendante et impartiale des droits de l'Homme.
Tout en rappelant que le Sahara est une “zone inscrite sur la liste des non-autonomes territoires depuis 1963”, l'UA enfonce encore une fois le Maroc après avoir reconnu la “République arabe sahraouie démocratique” comme un Etat. Elle lui a même accordé un siège de membre en son sein. Une position qui ne déplaît pas au Polisario et à l'Algérie.
L'UA va plus loin en soulignant, dans son communiqué qu'“il est important pour le Conseil de sécurité d'élargir le mandat de la Minurso à la surveillance droits de l'Homme, comme c'est le cas pour d'autres opérations de maintien de la paix des Nations Unies”.
Et d'ajouter qu'il est nécessaire également d'“aborder la question de l'exploitation des ressources naturelles du territoire (le Sahara)”.

Le Maroc maintient sa position
Du côté du Maroc, c'est l'alerte rouge à tous les niveaux de l'État, à commencer par le Souverain qui a téléphoné samedi dernier au secrétaire général de l'ONU, au lendemain de la publication d'un rapport onusien devant servir de feuille de route pour les discussions générales sur le Sahara qui débute ce jeudi.
Le Roi a mis en garde Ban Ki-moon contre des “options périlleuses” sur le dossier du Sahara. Il convient “de sauvegarder le cadre et les modalités actuels de l'implication de l'ONU et éviter les approches partiales” ainsi que “les options périlleuses”, lui a dit Mohammed VI, lors d'une conversation téléphonique.
Après un premier signal de fermeté exprimé lors du coup de fil entre le Roi et Ban Ki-moon, l'autre message du Maroc est sans doute la visite du Roi à Dakhla annoncée par plusieurs médias, ce mercredi.
L'année dernière, le Maroc a combattu avec succès un projet de résolution américain visant à élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'Homme.
Au Conseil de sécurité, le Royaume est sûr de compter cette fois sur le soutien des Etats Unis qui avaient exprimé, dans un communiqué conjoint au lendemain de la visite royale à Washington, leur soutien au plan marocain d'autonomie, qualifié de “sérieux” et “crédible”.
aufait