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mercredi 25 juillet 2012

Communiqué numéro 4 du Mouvement du 20 février pour la Suisse

par Ahmed Benani et Salah Elayoubi, Genève 24/7/2012 

 Le Mouvement du 20 février pour la Suisse, porte à la connaissance de l’opinion publique internationale que plusieurs manifestations du Mouvement du 20 février, ont eu lieu à travers le territoire marocain, le dimanche 22 Juillet 2012 . Celles-ci ont été émaillées de graves violences policières, particulièrement à Beni-mellal, El Jadida et Casablanca.

 
 A Casablanca, au Quartier Bernoussi, les représentants de la société civile, au nombre de quelques centaines, entendaient protester contre la cherté du coût de la vie, pour la gratuité des services publics et la libération des prisonniers d’opinion.  Afin d’éviter de croiser les forces de l’ordre qui les attendaient, massées en nombre, sur le parcours annoncé, ils ont modifié celui-ci et ont, ainsi pu mener à bien une partie de leur marche pacifique. 

 Mais les policiers armés de matraques et assistés de voltigeurs à motocyclette, ont fini par les rattraper, pour se livrer sur eux et sur de simples passants, à des brutalités inadmissibles, infligeant de sévères blessures aux uns, comme aux autres. 

Au cours de ces charges d’une violence inouïe, les policiers ont procédé aux arrestations de plusieurs manifestants, auxquels ils ont fait subir un passage à tabac sur les lieux de leur arrestation, avant de les soumettre à des séances de tortures dans les locaux de la police. 

Le Mouvement du 20 février pour la Suisse attire l’attention des instances internationales, des ONG et des associations des droits de l’homme, sur le climat délétère qui règne au Maroc, et qui n’a cessé de s’aggraver depuis que le régime s’est engagé, au lendemain de sa prétendue réforme constitutionnelle, dans une escalade des représailles contre tous les citoyens qui manifestent pacifiquement, pour leur droits légitimes. 

Beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer de tels agissements qui renouent avec les méthodes, de l’ère Hassan II ; des méthodes qui s’apparentent, désormais, à celles d’un «État d’urgence» décrété, en particulier contre le mouvement du 20 février et, en général, contre toutes celles et tous ceux des enfants du peuple marocain qui contestent au régime marocain ses méthodes de gouvernance anti-démocratiques. 

 Le Mouvement du 20 février pour la Suisse, exprime sa plus profonde indignation contre la barbarie policière et dénonce l’acharnement du gouvernement marocain contre ses militants pacifiques. Il réclame, en outre, la libération de tous les détenus d’opinion au Maroc, rappelle qu’il ne cédera pas aux intimidations et qu’il continuera la lutte entamée depuis le 20 février 2011, jusqu’à satisfaction pleine et entière de ses revendications légitimes d’une véritable démocratie au Maroc.

 Liste des militants interpellés lors de la manifestation du 22 juillet à Casablanca: 
Laila Nassimi Samir Bradley Nour Essalam Kartachi Tarek Rochdi Abderrahman Assal Youssef Polla 

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Mohammed Belmaïzi : Mille mercis au Mouvement du 20 février de Suisse et à ses militants vigilants qui font fonction, pendant les vacances, de véritables veilleurs contre cette barbarie de l’État marocain qui se croit à l'abri des regards, pour exploiter la période en réprimant les contestataires et pratiquer sur eux les pires sévices, et torture... qui ne resteront pas impunis!

mercredi 23 mai 2012

Campagne d'arrestations, d’enlèvements et de condamnations pour museler artistes et meneurs du mouvement

 par Salah Elayoubi, Lausanne, 21/5/2012
 Communiqué numéro 3 du mouvement du 20 février    pour la Suisse

La campagne d'arrestations, d’enlèvements et de condamnations qui s’est amplifiée au cours des semaines écoulées a été orchestrée et menée sur ordre du pouvoir, dans le seul but de museler, prioritairement, les artistes et les meneurs du mouvement, instaurer, accessoirement, la peur, parmi les militants de base et dissuader les autres de poursuivre leur campagne de dénonciation de la dictature du makhzen, de la répression des libertés et de la prédation économique du roi, de sa famille et de ses proches.  

Ces comportements menés au mépris absolu de la constitution et des droits de l’homme, nous renvoient aux chapitres les plus sombres de l’histoire moderne du Maroc, particulièrement, aux années de plomb Outre les militants qui mènent, dirigent, inspirent, encadrent et participent activement à la mise en œuvre des marches, des protestations, des sit-in et des autres actions et que la vindicte du régime poursuit, le tribunal de Casablanca a condamné, le 18 mai 2012, Younes Belkhdim, surnommé "le poète du peuple", à deux années de prison ferme et cinq mille (5000) dirhams d'amende, pour de prétendues violences contre les forces de l'ordre, la destruction de biens publics et la constitution de bande armée. Le 11 mai 2012, soit une semaine avant ce jugement infondé, le tribunal de Ain Sebaa, condamnait Mouad Belghouat, Alias "Lhaqed", à une peine d'emprisonnement d'une année ferme, pour offense faite à un corps constitué. Le rappeur était, en effet, accusé d'avoir réalisé un montage vidéo représentant un policier marocain, la tête remplacée par celle d'un âne, sur fond d'un de ses raps, accusant la police marocaine de corruption. 

Le mouvement du 20 février pour la Suisse, s'insurge contre cette répression ciblant des militants pacifistes. Il dénonce les méthodes violentes et illégales en usage chez les forces de l'ordre et les jugements injustes qui discréditent les prétentions du régime à une ouverture démocratique. 

Le mouvement se solidarise totalement et inconditionnellement avec ceux de ses militants qui ont fait l'objet d'interpellations, d'arrestations ou de condamnations, dans l'exercice légitime de leurs droits à protester contre les injustices qui continuent de frapper le peuple marocain. Le mouvement exige la libération de tous ses militants détenus, l'amnistie de tous ceux qui ont été condamnés et l'abandon de toutes les poursuites judiciaires et de toutes les charges retenues contre les autres militants détenus dans les prisons du royaume.

 Le mouvement prend à témoin les organisations des droits de l'homme et les appelle, solennellement, à appuyer sa lutte jusqu’à l'instauration d'une véritable démocratie au Maroc. Fait à Lausanne le 21 mai 2012

mercredi 18 avril 2012

communiqué du mouvement du 20 février pour la Suisse

 par Salah Elayoubi, Lausanne,  18/4/2012 
COMMUNIQUÉ
 Le mouvement du 20 février pour la Suisse, a tenu une réunion, le 14 avril 2012, au cours de laquelle il a procédé à une évaluation globale et circonstanciée des quatorze mois de mobilisation que les citoyens mènent, à travers leurs différentes composantes et sensibilités, dans différentes villes, en vue de l’instauration d’un véritable État démocratique au Maroc, sur les base de ses revendications légitimes. 
  Il communique ce qui suit: Malgré la gigantesque campagne de marketing orchestrée par les caisses de résonance du palais, autour du discours du 9 mars, celui-ci n’a jamais été inspiré par la sagesse, le souhait d’accéder aux revendications du peuple marocain, ou encore le désir du roi d’amender ses pouvoirs au profit d’une véritable monarchie parlementaire. Les évènements de ces derniers mois ainsi que les opérations royales laissent, au contraire, clairement entrevoir qu’il ne s’agissait, en réalité que d’une nouvelle ruse dictée par l’instinct de survie du régime et son désir de donner des gages, à la communauté internationale qui, les yeux rivés sur la révolution de Jasmin et le printemps arabe, exigeait des réformes structurelles. Loin des revendications du mouvement du 20 février et de ses propositions, la monarchie a procédé, comme elle en est coutumière, depuis un demi-siècle, à une réforme constitutionnelle concoctée par des individus acquis à sa cause et ses thèses absolutistes et qui, faisant mine de reprendre, par certains articles, des pouvoirs au roi, les lui restituaient, par le truchement d’autres, un peu plus loin.

 Malgré les manifestations qui se sont poursuivies, les protestations émanant de mouvements associatifs, de personnalités politiques ou de simples citoyens, la forfaiture est allée à son terme, avec un référendum constitutionnel organisé malgré l’abstention d’une écrasante majorité de la population et que le régime a fait passer pour un plébiscite personnel pour le roi. Puis les élections législatives ont eu lieu dans les mêmes conditions d’abstentionnisme, faussant leurs résultats. 

 En cent jours de règne, le nouveau gouvernement dominé par les islamistes du PJD, n’aura pas dérogé au devoir quasi génétique du pouvoir alaouite de réprimer ses contradicteurs. Le nombre de blessés victimes de la répression brutale des forces de l’ordre et celui des arrestations et des procès inéquitables des militants du vingt février, et d'autres, dont le chef du gouvernement, alors en campagne, disait, pourtant, qu’ils étaient en droit de manifester pacifiquement, pour leur droits, se sont accélérés. Monsieur Benkirane semble avoir tout oublié de ses promesses de réparer, combattre ou mettre fin aux injustices, à la corruption. Jusqu’au droit de grève dont il est, aujourd’hui, question. 

 La publication du livre de Ali Amar et de Jean-Pierre Turquoi, "Paris-Marrakech", puis du livre de Catherine Graciet et Eric Laurent, « Le roi prédateur », ont eu le mérite de reprendre et condenser tout ce que le peuple marocain savait déjà, sur les pratique du régime marocain et sur celles de Mohammed VI, sa famille, ses proches et ses collaborateurs. En révélant, pour le premier livre, les connections, les complicités et les accointances coupables du régime marocain avec la classe politique et les multinationales françaises, et en relatant, pour le second ouvrage, le caractère prédateur, corrompu, népotique et brutal de la monarchie marocaine, les deux ouvrages semblent avoir, définitivement, achevé de crisper et le nouveau gouvernement et celui de l'ombre, les confortant dans le rôle exclusif dont ils se revendiquaient depuis le premier jour, de défenseurs de la monarchie. La répression qui est allé crescendo, depuis cette date, témoigne de cette tendance. 

Le mouvement du 20 février pour la Suisse exprime son indignation la plus profonde pour les exactions commises par les forces de l’ordre, contre des citoyens qui manifestent, pacifiquement, sous des formes pourtant autorisées, sit - in, marches ou grèves. Le mouvement apporte son soutien inconditionnel à toutes les victimes de la répression et dénonce les conditions dans lesquelles sont détenus, sans exception, tous les militants qu’ils appartiennent au mouvement du 20 février, au mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), aux mouvements féministes, aux mouvements amazighs, aux mouvements sahraouis, aux mouvements islamistes ou aux autres mouvements citoyens opposés au despotisme. 

 Le mouvement s’indigne contre les nombreuses injustices et discriminations qui continuent de frapper la femme marocaine et l'instrumentalisation de la religion et de l'ignorance, pour maintenir celle-ci dans sa condition de citoyenne mineure ou de seconde zone. Il dénonce, tout particulièrement l'article 475 qui récompense les violeurs du mariage avec leur victime, renvoyant aux criminels un signal de totale impunité. 

 Le mouvement rappelle l’urgence qu’il y a de sauver les vingt-sept militants qui mènent, au péril de leur santé, sinon de leur vie, une grève de la faim, sans que le la justice marocaine n’ait daigné, à ce jour, examiner les conditions de leur arrestation et de leur jugement, ni entrepris d’enquêter sur les allégations et accusations persistantes d'exactions commises à leur encontre, par les policiers, lors de leurs interrogatoires ou par leur geôliers, jusque dans leurs cellules. 

 Le mouvement pointe, enfin, avec force, l’ensemble de ses revendications qui n’a, à ce jour, contrairement à ce qu'il avance, jamais été satisfait: 

- Dissolution du parlement, démission du gouvernement et élection au suffrage universel, d’une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution démocratique, soumise à référendum populaire et garantissant la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la justice, la fin de toute sacralité, la reconnaissance de tamazight comme langue officielle du pays, comme il en est de l'arabe, la plus large autonomie des régions dans la gestion de leur économie, leur sécurité, leur budget et leur politique, la reconnaissance du droit de manifester, la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’association, la liberté d’entreprise, la liberté de création artistique, la liberté d’opinion, la liberté du culte, la liberté de conscience et l’égalité entre les deux sexes. 

 - La recherche, l’arrestation et le jugement des responsables de crimes de sang, des disparitions et des actes de tortures contre les citoyens marocains, lors des cinq dernières décennies. 

- La recherche, l’arrestation et le déferrement devant la justice de tous ceux qui sont impliqués dans les crimes économiques, qu’il s’agisse du pillage des richesses et du patrimoine national, du détournement des deniers publics, de la fuite des capitaux ou du blanchiment des fonds provenant de ces dernières activités et la restitution des biens spoliés et des fonds dérobés au trésor public. 

 - La libération de tous les prisonniers politiques, d’opinion ou de croyance, l’abandon de toutes les poursuites et les charges dirigées contre eux et la réhabilitation de tous ceux qui ont fait l’objet de poursuites illégales ou d’injustices, leur indemnisation et l’indemnisation de leurs proches pour les souffrances qu’ils ont eu à endurer. 

 - La fin de la répression et de l’usage de la force publique contre les citoyens qui manifestent pacifiquement et son retour à la tâche première d’assurer ordre et sécurité et d’apporter aide et assistance, indistinctement au citoyen, quelque soit son origine et sa place dans la société marocaine. 

 - L'abolition des lois adoptées pour légitimer les excès de sécurité et les abus des autorités, comme la loi sur le terrorisme. 

 - La fin des privilèges, de l’impunité et de l’absence de reddition des comptes pour le chef de l’Etat, les gouvernants et les élites politiques. 

 - L'abolition de la Charte nationale d'éducation, de la formation et du programme d'urgence. 

 Face au mépris affiché par le pouvoir marocain, le mouvement décide la poursuite de la lutte, jusqu’à satisfaction de l’ensemble de ses revendications et adopte les décisions suivantes : 

 - Communication, par toutes les moyens et le plus largement possible, au niveau international, afin de dénoncer le caractère du régime marocain fondé sur la répression, les injustices, l’enrichissement illégal du roi, de ses proches et des commis de l’Etat, aux dépens de la prospérité et du développement du pays et de ses citoyens. 

 - Constitution d’une cellule de veille chargée de collecter et divulguer, dans les médias écrits, audiovisuels et électroniques et auprès des instances internationales de défense des droits de l’homme, des ONG, des hommes politiques, des gouvernements et groupes de pression étrangers, toutes informations susceptibles d’éclairer la communauté internationale sur la réalité du régime marocain et sur les exactions qu’il conduit contre nos compatriotes avec ses forces de police et sa justice. 

 - Création, à brève échéance, d’une organisation non gouvernementale qui sera dévolue à l’observation de la situation des droits humains au Maroc et à la défense des intérêts de ses citoyens, victimes de la machine judiciaire du régime marocain, de la dénonciation des responsables des exactions, de corruption et de pillage économique auprès des instances internationales compétentes. 

 - La Désignation de Monsieur Ahmed Benani comme porte-parole du mouvement pour la Suisse romande et de Kacem El Ghazali pour la Suisse alémanique. 

 Fait à Lausanne le 18 avril 2012
https://www.facebook.com/notes/salah-elayoubi/communiqu%C3%A9-du-mouvement-du-20-f%C3%A9vrier-pour-la-suisse/361439747236044