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dimanche 20 décembre 2015

SO : Des eurodéputés jettent de l’huile sur le feu, dit le Maroc qui n'est pas content !



Le Parlement européen (PE) vient de jeter un peu plus d’huile sur le feu au risque de provoquer la rupture du cordon ombilical qui unit de longue date, l’Union européenne au Royaume du Maroc, un pays considéré comme un partenaire stratégique à tous les plans.
pe-bouaidaAprès l’arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE) qui a annulé partiellement l’accord agricole et de la pêche conclu en mars 2012 entre Rabat et Bruxelles, ce jeudi à Strasbourg, l’autre grande institution de l’UE, le Parlement européen a adopté, à l’instigation d’eurodéputés pro-Polisario, un amendement délibérément hostile au Royaume introduit dans le rapport annuel 2014 de l’UE sur les Droits de l’Homme et la démocratie dans le monde.
Le groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne /Gauche verte nordique (GUE/NGL) a réussi en effet à faire adopter par le PE, une proposition d’amendement prônant l’élargissement du mandat de la MINURSO au monitoring des Droits de l’Homme au Sahara marocain, dont le Polisario revendique l’autodétermination.
Dans cet amendement, il également demandé que soient respectés les droits fondamentaux des Sahraouis, notamment leur liberté d’association et d’expression et leur droit de réunion. Il réclame aussi la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis et le libre accès au Sahara occidental, des parlementaires, observateurs indépendants, ONG et les médias.
Pour rappel, certaines de ces requêtes qui sont en fait de vieilles revendications du mouvement séparatiste sahraoui, le Polisario, comme celle de mandater la MINURSO pour surveiller les droits de l’homme au Sahara Marocain, a été déjà écartée par l’ONU et son Conseil de Sécurité, bien qu’elle ait été soumise par la plus grande puissance mondiale, les Etats-Unis.
Dans une première réaction officielle du Maroc, la ministre déléguée aux affaires étrangères, Mbarka Bouaida a affirmé qu’ »il est très étonnant et dommageable de constater qu’il existe encore des eurodéputés qui méconnaissent encore et à tel point, la réalité de notre pays ».
Le Maroc est non seulement « surpris et étonné » par l’adoption de cet amendement controversé, mais il condamne fermement « l’instrumentalisation de cette affaire dans l’objectif de porter atteinte à son intégrité territoriale», a martelé la diplomate marocaine.
« La thèse de ces eurodéputés est fausse, je les invite à actualiser leurs positions sur le Maroc », a souligné la ministre déléguée qui a même lancé une invitation aux députés auteurs de l’amendement, à «visiter notre pays et à constater de visu qu’on est très loin des mensonges des adversaires » de l’intégrité territoriale du Maroc qui a réalisé, a-t-elle dit, d’immenses progrès en matière de respect des droits de l’homme et de développement au nord comme au sud du pays.

samedi 23 novembre 2013

La ministre Mbarka Bouaida affirme que le Maroc est « leader en matière de droits de l’homme »

Vraiment très convaincante Lalla Mbirika !
Vraiment très convaincante Lalla Mbirika !

Une autre blague. Encore plus succulente que celle du roi Mohamed VI qui avait assuré, il y a quelques semaines, que le Maroc respectait les droits de l’homme, au nord comme au sud. Cette fois-ci c’est la ministre déléguée aux Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, qui dans une interview à l’Agence France presse (AFP) a juré, sans se démonter, que les atteintes aux droits de l’homme au Maroc sont des « cas isolés » et que le Maroc « reste un leader dans la région en matière de droits de l’homme ».

S’il n’y avait pas eu les rapports annuels, les alertes et les communiqués des grandes organisations internationales de défense des droits de l’homme, sans parler des ONGs marocaines, on aurait peut-être cru la ministre, qui doit bien, on le comprend, faire ses preuves pour mériter son salaire. Mais, il y a ce maudit rapport final du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et les traitements inhumains et dégradants, Juan Mendez, qui a pu de lui même visiter le Maroc, parler avec des victimes et se rendre compte, comme il l’a déclaré publiquement à Rabat, que l’usage de la torture dans ce royaume heureux est « systématique ».

On peut certes essayer d’occulter ces dizaines d’accusations de détenus islamistes qui ont accusé la DST de les avoir violés avec des bouteilles, l’affaire du champion du monde de boxe thaï, Zakaria Moumni, torturé par la DST pour avoir dérangé les vacances du sultan, les nombreuses arrestations et condamnations de journalistes de ces dernières années (Ali Lmrabet, Rachid Niny, Driss Chahtane, Ali Anouzla, etc.), ou ces deux-cents cinquante et quelque prisonniers politiques dûment répertoriés par des ONGs marocaines et étrangères.
Mais peut-être que ce sont des « cas isolés », selon Mme Bouaida.

Il faut dire que le parti de Lalla Mbirika, le Rassemblement national des indépendants (RNI) est cette formation politique, créée à l’époque de Driss Basri, qui à chaque fois qu’un journaliste ou dissident est arrêté, publie un communiqué condamnant le prévenu avant même qu’il ne soit entendu par la « justice ». Ce qui dénote une grande indépendance de ce « Rassemblement des indépendants » vis-à-vis des services secrets marocains passés maîtres dans l’art de faire de la propagande médiatique en amont.

Pour ce qui est du Sahara, et reprenant mot pour mot les déclarations du souverain lors de la commémoration de la Marche verte, le 6 novembre, bravo pour l’originalité!, la protégée de Salah-Eddine Mezouar, a assuré à l’AFP que « les droits de l’homme sont pratiqués exactement de la 
 même manière au nord qu’au sud du Maroc « . 

C’est-à-dire que le respect est total autant à Rabat qu’à 

Laâyoune. Cela lui a permis d’affirmer que la surveillance

 des droits de l’homme par l’ONU au Sahara, par le biais de 

la MINURSO, n’est pas à l’ordre du jour. « Nous pensons 

qu’il n’est pas question que la MINURSO soit ouverte aux 

mécanismes des droits de l’homme ».

Mais pourquoi donc ? Si les droits de l’homme sont respectés à Laâyoune, Smara, Dakhla, de la même manière qu’ils le sont à Casablanca, Rabat, Sidi Ifni, etc., il n’y a aucune raison pour interdire que l’ONU les surveille.

Au contraire, comme la MINURSO va, bien entendu, déclarer 
que le Sahara est un paradis pour les Sahraouis et qu’il n’y 

a aucun, ou très peu, acte de torture ou autres atteintes 

aux droits de l’homme, le Maroc pourra alors se déclarer, à 

la plus grande joie de ses responsables, » leader dans la 

région en matière de droits de l’homme ».