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samedi 15 mars 2014

La torture au Maroc, "une politique d’Etat" , d'après militants des droits de l’homme en France


Exemples de torture
Paris,(SPS) 12/3/2014.-

 Des militants des droits de l’homme en France ont affirmé que "la torture au Maroc est une politique d’Etat" fustigeant le "silence" tant des intellectuels et des médias que des partis dominants en France, qui sacrifient leurs principes sur l’autel d’intérêts économiques avec Rabat.

Sériant des cas jugés "concrets" de torture dans le royaume dont le plus récent est celui du champion du monde de Kick Boxing, Zakaria Moumni, qui a eu la "mauvaise" idée de réclamer des droits (l’application d’un décret royal donnant droit à une indemnité aux champions du monde marocains) avant d’être enlevé, emprisonné, torturé et enfin gracié, les militants marocains estiment que ces faits "mènent à penser que la pratique de la torture au Maroc, par son caractère systématique, est une politique d’Etat".
"Elle est un des maillons d’un système répressif ancré au cœur des mécanismes du pouvoir. Comme le reste des régimes despotiques, malgré une façade démocratique, le pouvoir en place dispose d’un vaste arsenal d’interventions pour contrer les mouvements sociaux et démocratiques qui combattent l’arbitraire policier, la corruption et les politiques anti sociales au service d’une logique de prédation internationale et locale menée et soutenue au plus haut niveau de l’appareil d’Etat", précisent-ils dans une déclaration conjointe parvenue lundi à l’APS.
Les auteurs du document, des militants du Mouvement du 20 février 2011, regrettent qu’en France tout comme au Maroc, intellectuels, médias et partis institutionnels dominants sont "totalement muets face à une situation pourtant connue".
"Sans doute, le rôle que joue le pouvoir marocain comme tête de pont et allié stratégique dans le maintien de la Françafrique, le poids des intérêts des entreprises du CAC 40, la défense de l’Europe forteresse y sont pour beaucoup", soutiennent-ils, estimant qu’il serait judicieux d’ouvrir une "enquête détaillée" sur les coopérations sécuritaires, qui, selon eux, "loin d’être seulement techniques, aboutissent à transférer un savoir-faire dans +la gestion des débordements sociaux+et à faire face, par tous les moyens, au risque d’un soulèvement populaire".
Pour eux, cette "complicité" va jusqu’au soutien affiché des initiatives royales pour leur donner un "label démocratique" avec l’aval de la communauté internationale."Au Maroc, on réprime, on torture, on assassine dans l’impunité totale", rappellent les militants des droits de l’homme marocains, affirmant ne pas pouvoir se résigner à cette situation et qu’il est "urgent que se développe un large mouvement de solidarité contre la pratique de la torture et la répression sous toutes ses formes au Maroc".
Cela représenterait, à leur sens, une condition pour "dessiner un avenir démocratique pour (le) peuple mais aussi pour une région où l’exigence d’un changement radical soit portée par des dynamiques progressistes".

L’impunité, maitre-mot
Entre-temps, les militants signataires de la déclaration relèvent que la pratique de la torture demeure "impunie" dans le royaume."L’impunité des tortionnaires, l’absence d’enquêtes indépendantes, la répétition fréquente d’actes de +peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant+ sans poursuite des responsables, le retour à l’enfermement carcéral, dans des conditions inhumaines, pour les voix dissidentes (comme en témoigne la longue liste des prisonniers politiques) appuieraient l’interprétation que l’Etat marocain a recours systématiquement à la torture", précisent-ils.
Et de rappeler qu’en 2000-2001, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait publié une liste des noms de responsables (certains toujours en poste), pour lesquels l’association dispose de présomptions sur leur implication dans les crimes d'enlèvements, d'assassinats, d'arrestations arbitraires et de torture.
Au terme de sa mission menée du 15 au 22 septembre 2012 au Maroc, le rapporteur spécial des Nations Unies, Juan Mendes, avait évoqué, dans un rapport rendu public, un "recours accru aux actes de torture et aux mauvais traitements lors de l'arrestation et pendant la détention", se disant "vivement préoccupé par plusieurs témoignages relatifs au recours à la torture et aux mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale".
Un constat d'ailleurs corroboré par le Conseil marocain des droits de l’homme qui, dans un rapport officiel publié en octobre 2012, concédait que les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du royaume. (SPS)

jeudi 13 mars 2014

La torture au Maroc, "une politique d’Etat" , d'après militants des droits de l’homme en France


Exemples de torture au Maroc
Paris,(SPS) 12/3/2014.-

 Des militants des droits de l’homme en France ont affirmé que "la torture au Maroc est une politique d’Etat" fustigeant le "silence" tant des intellectuels et des médias que des partis dominants en France, qui sacrifient leurs principes sur l’autel d’intérêts économiques avec Rabat.

Sériant des cas jugés "concrets" de torture dans le royaume dont le plus récent est celui du champion du monde de Kick Boxing, Zakaria Moumni, qui a eu la "mauvaise" idée de réclamer des droits (l’application d’un décret royal donnant droit à une indemnité aux champions du monde marocains) avant d’être enlevé, emprisonné, torturé et enfin gracié, les militants marocains estiment que ces faits "mènent à penser que la pratique de la torture au Maroc, par son caractère systématique, est une politique d’Etat".
"Elle est un des maillons d’un système répressif ancré au cœur des mécanismes du pouvoir. Comme le reste des régimes despotiques, malgré une façade démocratique, le pouvoir en place dispose d’un vaste arsenal d’interventions pour contrer les mouvements sociaux et démocratiques qui combattent l’arbitraire policier, la corruption et les politiques anti sociales au service d’une logique de prédation internationale et locale menée et soutenue au plus haut niveau de l’appareil d’Etat", précisent-ils dans une déclaration conjointe parvenue lundi à l’APS.
Les auteurs du document, des militants du Mouvement du 20 février 2011, regrettent qu’en France tout comme au Maroc, intellectuels, médias et partis institutionnels dominants sont "totalement muets face à une situation pourtant connue".
"Sans doute, le rôle que joue le pouvoir marocain comme tête de pont et allié stratégique dans le maintien de la Françafrique, le poids des intérêts des entreprises du CAC 40, la défense de l’Europe forteresse y sont pour beaucoup", soutiennent-ils, estimant qu’il serait judicieux d’ouvrir une "enquête détaillée" sur les coopérations sécuritaires, qui, selon eux, "loin d’être seulement techniques, aboutissent à transférer un savoir-faire dans +la gestion des débordements sociaux+et à faire face, par tous les moyens, au risque d’un soulèvement populaire".
Pour eux, cette "complicité" va jusqu’au soutien affiché des initiatives royales pour leur donner un "label démocratique" avec l’aval de la communauté internationale."Au Maroc, on réprime, on torture, on assassine dans l’impunité totale", rappellent les militants des droits de l’homme marocains, affirmant ne pas pouvoir se résigner à cette situation et qu’il est "urgent que se développe un large mouvement de solidarité contre la pratique de la torture et la répression sous toutes ses formes au Maroc".
Cela représenterait, à leur sens, une condition pour "dessiner un avenir démocratique pour (le) peuple mais aussi pour une région où l’exigence d’un changement radical soit portée par des dynamiques progressistes".

L’impunité, maitre-mot
Entre-temps, les militants signataires de la déclaration relèvent que la pratique de la torture demeure "impunie" dans le royaume."L’impunité des tortionnaires, l’absence d’enquêtes indépendantes, la répétition fréquente d’actes de +peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant+ sans poursuite des responsables, le retour à l’enfermement carcéral, dans des conditions inhumaines, pour les voix dissidentes (comme en témoigne la longue liste des prisonniers politiques) appuieraient l’interprétation que l’Etat marocain a recours systématiquement à la torture", précisent-ils.
Et de rappeler qu’en 2000-2001, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait publié une liste des noms de responsables (certains toujours en poste), pour lesquels l’association dispose de présomptions sur leur implication dans les crimes d'enlèvements, d'assassinats, d'arrestations arbitraires et de torture.
Au terme de sa mission menée du 15 au 22 septembre 2012 au Maroc, le rapporteur spécial des Nations Unies, Juan Mendes, avait évoqué, dans un rapport rendu public, un "recours accru aux actes de torture et aux mauvais traitements lors de l'arrestation et pendant la détention", se disant "vivement préoccupé par plusieurs témoignages relatifs au recours à la torture et aux mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale".
Un constat d'ailleurs corroboré par le Conseil marocain des droits de l’homme qui, dans un rapport officiel publié en octobre 2012, concédait que les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du royaume. (SPS)

samedi 23 novembre 2013

La ministre Mbarka Bouaida affirme que le Maroc est « leader en matière de droits de l’homme »

Vraiment très convaincante Lalla Mbirika !
Vraiment très convaincante Lalla Mbirika !

Une autre blague. Encore plus succulente que celle du roi Mohamed VI qui avait assuré, il y a quelques semaines, que le Maroc respectait les droits de l’homme, au nord comme au sud. Cette fois-ci c’est la ministre déléguée aux Affaires étrangères, Mbarka Bouaida, qui dans une interview à l’Agence France presse (AFP) a juré, sans se démonter, que les atteintes aux droits de l’homme au Maroc sont des « cas isolés » et que le Maroc « reste un leader dans la région en matière de droits de l’homme ».

S’il n’y avait pas eu les rapports annuels, les alertes et les communiqués des grandes organisations internationales de défense des droits de l’homme, sans parler des ONGs marocaines, on aurait peut-être cru la ministre, qui doit bien, on le comprend, faire ses preuves pour mériter son salaire. Mais, il y a ce maudit rapport final du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et les traitements inhumains et dégradants, Juan Mendez, qui a pu de lui même visiter le Maroc, parler avec des victimes et se rendre compte, comme il l’a déclaré publiquement à Rabat, que l’usage de la torture dans ce royaume heureux est « systématique ».

On peut certes essayer d’occulter ces dizaines d’accusations de détenus islamistes qui ont accusé la DST de les avoir violés avec des bouteilles, l’affaire du champion du monde de boxe thaï, Zakaria Moumni, torturé par la DST pour avoir dérangé les vacances du sultan, les nombreuses arrestations et condamnations de journalistes de ces dernières années (Ali Lmrabet, Rachid Niny, Driss Chahtane, Ali Anouzla, etc.), ou ces deux-cents cinquante et quelque prisonniers politiques dûment répertoriés par des ONGs marocaines et étrangères.
Mais peut-être que ce sont des « cas isolés », selon Mme Bouaida.

Il faut dire que le parti de Lalla Mbirika, le Rassemblement national des indépendants (RNI) est cette formation politique, créée à l’époque de Driss Basri, qui à chaque fois qu’un journaliste ou dissident est arrêté, publie un communiqué condamnant le prévenu avant même qu’il ne soit entendu par la « justice ». Ce qui dénote une grande indépendance de ce « Rassemblement des indépendants » vis-à-vis des services secrets marocains passés maîtres dans l’art de faire de la propagande médiatique en amont.

Pour ce qui est du Sahara, et reprenant mot pour mot les déclarations du souverain lors de la commémoration de la Marche verte, le 6 novembre, bravo pour l’originalité!, la protégée de Salah-Eddine Mezouar, a assuré à l’AFP que « les droits de l’homme sont pratiqués exactement de la 
 même manière au nord qu’au sud du Maroc « 

C’est-à-dire que le respect est total autant à Rabat qu’à 

Laâyoune. Cela lui a permis d’affirmer que la surveillance

 des droits de l’homme par l’ONU au Sahara, par le biais de 

la MINURSO, n’est pas à l’ordre du jour. « Nous pensons 

qu’il n’est pas question que la MINURSO soit ouverte aux 

mécanismes des droits de l’homme ».

Mais pourquoi donc ? Si les droits de l’homme sont respectés à Laâyoune, Smara, Dakhla, de la même manière qu’ils le sont à Casablanca, Rabat, Sidi Ifni, etc., il n’y a aucune raison pour interdire que l’ONU les surveille.

Au contraire, comme la MINURSO va, bien entendu, déclarer 
que le Sahara est un paradis pour les Sahraouis et qu’il n’y 

a aucun, ou très peu, acte de torture ou autres atteintes 

aux droits de l’homme, le Maroc pourra alors se déclarer, à 

la plus grande joie de ses responsables, » leader dans la 

région en matière de droits de l’homme ».