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jeudi 1 janvier 2015

Un million de dirhams d’amende contre Al Adl Wal Ihsane pour « rassemblement non autorisé »


 
 hassad abbadi
Après l’Association marocaine des droits humains (AMDH), l’autre bête noire des autorités marocaines est l’association islamiste Al Adl Wal Ihsane. Ainsi, les autorités de Tinghir (sud-est du Maroc) viennent de notifier des décisions de justice à des membres de l’association fondée par le défunt Abdessalam Yassine. Des jugements condamnant ces derniers à une amende globale d’un montant d’un million de dirhams. Motif : « rassemblement religieux non autorisé et appartenance à une association prohibée ».
Selon un communiqué rendu public lundi par la section locale de l’organisation islamiste à Tinghir et dont a eu accès Demain, les autorités ont notifié des jugements de justice à des membres locaux d’Al Adl Wal Ihssane.
Selon Mohammed Salmi, responsable des droits humains au sein d’Al Adl Wal Ihssane, « cinquante deux personnes sont concernées par ces décisions de justice et risquent la contrainte par corps et donc la prison pour impossibilité de s’acquitter de telles sommes à l’Etat. Pour la région de Tinghir, les jugements prononcés en l’absence des personnes concernées et dont le montant total des amendes s’élève à un million de dirham remontent à 2008 et les autorités locales tentent aujourd’hui de relancer cette procédure ».
L’étonnant est que le contentieux juridique de la ville de Tinghir relève de la compétence des tribunaux de la province de Ouarzazate. Ces même tribunaux dont les différents degrés de juridictions (Tribunal de première instance et Cour d’appel) s’étaient prononcés en 2004 en faveur de la légalité de l’association et de ses activités.
Rappelons que depuis le 24 mai 2006, l’Etat marocain, à travers le ministère de l’Intérieur mène une campagne agressive contre Al Adl Wal Ihssane. Depuis cette date, plus de sept milles personnes ont été interpellées et auditionnées par les services de l’Intérieur dans différentes régions du Maroc. Plusieurs procès se sont soldés par des amendes parfois faramineuses dans le but évident d’asphyxier les activités du plus grand mouvement religieux dissident du pays.

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dimanche 24 février 2013

Le Mouvement du 20 février : nouveau logiciel d'action/réflexion et ouverture du champ des possibles

Par : Le collectif Mamfakinch, 21/2/2013
 
Avant d'aborder l'expérience de la coordination du 20FEV Casablanca nous voudrions tout d'abord présenter notre parti-pris en ce qui concerne les oppositions au régime makhzénien [1] : le logiciel de la majorité des organisations politiques - islamistes ou de gauche - opposées au régime est apparu comme inadapté aux perspectives offertes par les nouvelles formes de résistance et de créativité portées aussi bien par les activistes non encartées que par les jeunes de ces organisations.
 Nous pouvons dire que les responsables des « oppositions traditionnelles » rentraient, jusqu'à la veille du lancement du mouvement du 20 février, dans le jeu de « la segmentarité » [2] et de la division qui accorde à la monarchie la possibilité d'arbitrage entre fractions opposées (réformistes Vs radicaux ou encore laïcs Vs islamistes). Le mouvement du 20 février a montré que plusieurs acteurs, ne partageant pas nécessairement le même point de vue sur toutes les questions, peuvent se retrouver pour militer ensemble à partir de revendications sur lesquelles ils sont d'accord tout en entamant des débats et controverses sur les thématiques de divergence [3]. Il faudrait tout de même préciser ici que les rapprochements politiques (front populaire ou démocratique, alliance électorale ou de lutte, rassemblement de gauche, convention entre laïcs et islamistes, etc.) sont cimentés et offrent des alternatives stratégiques pertinentes lorsqu'ils sont associés à une dynamique réelle, de lutte et de confrontation avec le terrain.
De leur côté, plusieurs intellectuels et artistes qui ne travaillent pas directement à la légitimation de « la façade démocratique » du régime et qui gardent leurs convictions de « démocrate-critique » ont adopté pendant plusieurs années une stratégie de « distance » vis-à-vis du « prince ». Cette stratégie leur permet de rester, individuellement intègre, en échappant à la proximité de la cour qui gratifie la loyauté et banni tout projet réellement démocratique sans même parler des réprobations aléatoires qui dépendent de l'humeur du « prince » et de ses proches. Le renferment de l'intellectuel ou de l'artiste dans son champ de spécialisation lui donne une certaine marge de liberté mais évite toute confrontation avec le régime et reporte sine die son éventuelle participation à la construction d'une « émancipation collective ». Certains membres de cette élite culturelle n'ont commencé à sérieusement prendre position de manière publique sur les questions de démocratie, de liberté, de dignité et de justice sociale qu'à partir du déclenchement du mouvement 20 février [4]. Mais beaucoup d'autres restent indécis par peur des sanctions du régime ou d'une possible récupération du pouvoir par des forces obscurantistes. Là aussi le logiciel de ces élites risque d'être rapidement dépassé par les formes d'expression artistiques et culturelles des jeunesses (à l'image du Festival de la Résistance et des Alternatives) ou des réflexions pointues publiées sur les différents sites et blogs (lakome, mamfakinch, hespress par exemple).
La dynamique sociale, populaire et créative n'attendra personne. Elle va, d'un côté, pousser les générations précédentes de militants et d'intellectuels à changer de logiciel au risque de se retrouver à la marge de la construction d'alternatives au régime actuel. D'un autre côté, cette dynamique va engendrer de nouvelles formes de luttes et de coordination d'actions qui vont rompre avec les vieilles formes de réflexion, de mobilisation, de réunion et de prise de parole. Les nouvelles technologies ont déjà révolutionné notre mode de délibération et de communication et la nouvelle génération grandit et affute ses armes militantes et réflexives dans un contexte favorable à l'émancipation vis-à-vis des formes sclérosées des différentes traditions conservatrices. Les groupes Salafis (que ceux-ci soient islamistes ou se déclarant comme progressistes) ne passionne plus les citoyen-ne-s. Il s'agit aujourd'hui de construire collectivement un projet émancipateur pour une société de dignité, de liberté et de justice sociale.
Banderole du mouvement 20 Février
L'intérêt de l'analyse de l'évolution de la coordination du 20 février de Casablanca est de saisir les dynamiques qui ont permis à ce mouvement de rompre avec les logiques de contestation qui ont prévalu jusqu'en 2011 dans la scène  militante marocaine. Cela rend également possible l'évaluation des logiques de blocage qui ont eu des répercussions négatives sur l'évolution du 20FEV. Sans avoir la prétention de donner une explication de l'émergence et du recul du mouvement du 20 février de Casablanca l'article de Mounia Bennani-Chraïbi et Mohamed Jeghllaly [5] apporte un retour réflexif sur une expérience concrète de lutte. Cet article offre à ceux qui n'ont pas directement participé au mouvement la possibilité de comprendre le déroulement des Assemblées Générales (réunions publiques délibératives du mouvement), l'organisation logistique des manifestations ou encore le choix des slogans. Mais cette contribution peut aussi mettre en évidence certaines raisons qui conduisent à la dispersion des efforts et au recul de la dynamique contestataire. Les activistes pourront donc se saisir de cette réflexion pour essayer de dépasser ces contraintes dans leur pratique militante. La question centrale des auteurs est de voir « comment un champ d'alliance et d'opposition se configure-t-il en lien avec des événements extérieurs puis se reconfigure-t-il tout long de la dynamique protestataire ? » Ils essaient d'abord d'y répondre en faisant le récit de la genèse du 20Fev en insistant sur les discussions sur facebook, les premiers sit-in de solidarité avec les soulèvements dans la région et les premières rencontres qui ont préparé « la sortie » le jour du 20 février 2011. Les auteurs vont ensuite accorder une importance à la configuration inédite qui se dessine dans la scène politique marocaine lorsque des acteurs associatifs, des artistes ainsi que des organisations de gauche non gouvernementale (Annahj, PSU, PADS, CNI) et des islamistes (Al Adl Wal Ihssane) rejoignent, avec leurs militants et leurs jeunesses respectives, les revendications soulevées par la jeunesse active sur internet. Et d'expliquer concrètement cette jonction entre gauche et islamistes par :
Étant donné le caractère fortement centralisé et hiérarchisé d'Al Adl, la participation de sa jeunesse au M20 est décidée en haut lieu. Et ce n'est qu'à la suite de la publicisation de cette décision, le 16 février, que les pionniers du milieu de gauche à Casablanca établissent le contact avec les responsables de la jeunesse d'Al Adl à l'échelle locale. Cependant, le profil de ceux qui assurent concrètement la connexion n'est pas anodin. En lien avec leur idéologie, leurs expériences passées et leurs dispositions personnelles, deux trotskystes d'ATTAC-CADTM Casablanca jouent un rôle prééminent dans la jonction et dans tout le travail qui suivra pour la maintenir. Après avoir milité au sein de groupuscules estudiantins, ils s'investissent dans les dynamiques protestataires que connaît Casablanca au cours des dernières années. D'après eux, révolutionner la société nécessite l'évitement du conflit avec les autres forces sociales et politiques. Adeptes du slogan « marcher séparément et frapper ensemble ».
L'une des principales caractéristiques de la coordination de Casablanca est de concilier la diversité des acteurs en établissant des règles de non mise en valeur de leurs organisations ou revendications spécifiques tout en évitant l'hégémonie d'un groupe au sein du mouvement. L'un des enjeux des participants au mouvement était de maintenir l'ouverture de la coordination aux sympathisants et aux curieux tout en encourageant la créativité dans les formes de lutte et d'expression.
Les auteurs expliquent qu'à partir du mois de mars alors que le mouvement est à son apogée, des conflits internes apparaissent lorsqu'un « collectif des indépendants du mouvement du 20 février » prend forme et accuse les organisations politiques de coordination préalable à travers la constitution d'un « noyau dur » (sorte de rencontres informelles entre membres des organisations politiques présentes dans le mouvement pour décider des initiatives à défendre ou pas en Assemblée Générale). Plusieurs membres du 20fév Casablanca n'hésitent pas à qualifier ce groupe « indépendants » de « baltagis de l'intérieur » et à rentrer en conflit avec eux tout en étant en confrontation ouverte avec le régime marocain qui, pour sa part, n'hésite plus à réprimer après le discours du 9 mars.
A partir de cette situation conflictuelle aussi bien en interne qu'en externe Bennani-Chraibi et Jeghllaly proposent une piste pour comprendre l'affaiblissement du mouvement à Casablanca :
Selon notre hypothèse, les batailles menées par le M20-Casablanca contre le Makhzen officiel et le « Makhzen intérieur », de même que les réorientations imaginées pour compenser les défections contribuent peu à peu à modifier les équilibres initiaux au sein de la coalition, à consolider la position des plus dotés en capitaux militants et, à moyen terme, à attiser les feux de la discorde.
La répression subie, la peur d'un ennemi intérieur et le souci de réussir les mobilisations (la grande marche du 20 mars ou les manifestations dans les quartiers populaires durant l'été 2011) poussent les militants « organisés » dans des structures partisanes à renforcer leur concertation. Cette situation permet aux militants d'Al Adl, plus disciplinés [6] et organisés que les autres, de gérer les aspects logistiques lors des grandes manifestations alors que les 20 févriéristes « non organisés » ou qui sont proches du camp démocrate et des forces de gauche se sentent dépossédés puisque les « adlistes » semblent contrôler le déroulement des manifs. En réalité, mis à part certains militants d'ATTAC, les organisations de gauche ont délégué ce travail de fourmis plus « par paresse » que par conviction. Nous voudrions souligner que, paradoxalement, la sortie d'Al Adl [7], en décembre 2011 du mouvement 20Fev, a permis l'émergence de jeunes démocrates ou de militants au sein de la gauche qui ont assumé l'organisation de manifestations du 20Fev et ont accumulé un expertise logistique importante. Pour finir, nous pouvons dire que le mouvement du 20 février a ouvert une brèche et permet aujourd'hui l'émergence ou le renforcement de différentes contestations non seulement démocratiques (20Fev), sociales (UESCE, diplômés chômeurs, manifs contre la vie chère) ou syndicales (différents mouvements de grèves dans plusieurs secteurs) mais également artistiques et culturelles (productions cinématographiques underground, deux éditions du Festival de la résistance et des alternatives). D'ailleurs, un responsable des forces de sécurité, interviewé par les auteurs de l'article, résume très bien l'ouverture du champ des possibles : « Plus jamais ce ne sera pareil, les citoyens n'ont plus le même rapport à l'autorité ».
Vidéos de Mounia Bennani-Chraibi expliquant l'émergence du mouvement du 20 février :
Pour lire tout l'article « La dynamique protestataire du Mouvement du 20 février à Casablanca. » de Mounia Bennani-Chraïbi et Mohamed Jeghllaly : ICI

P.S : nous espérons que cet article suscitera un débat et des réponses de la part les lecteurs de Mamfakinch et des différents participants et/ou observateurs du mouvement 20 février. Nous nous basons ici principalement sur nos expériences personnelles ainsi que sur l'article qui analyse la coordination du 20 février Casablanca. Cette dernière ne représente pas la diversité des situations des différentes coordinations des villes et villages marocains. Nous espérons donc que des auteurs pourront apporter un éclairage sur diverses d'autres expériences : Taza, Agadir, Safi, l'axe Imzouren-Aith Bouayach-Bouikidarn, Kenitra, etc.

[1] Nous pouvons plus précisément définir ce régime comme un « Etat néo-patrimonial ». Ce concept est mobilisé aussi bien par un anthropologue tel que Abdellah Hammoudi ou un économiste comme le défun Driss Benali.
[2] Ce concept est mobilisé dans les travaux d'anthropologues anglo-saxons notamment John Watterbury et Ernest Gellner.
[3] Nous pouvons toruver un exemple de ces débats dans la conférence organisée en 2011 entre les organisations politiques faisant partie du mouvement (Annahj, Al Adl, PSU, PADS, Al mounadil-a).
[4] Il existe bien sûr des exceptions d'intellectuels ou d'artistes qui se sont toujours rebellés contre le régime.
[5] Cet article a été publié dans la Revue française de science politique, 2012/5 -Vol. 62.
[6] Les auteurs de l'article soulignent que cette discipline a également permis de « canaliser le mouvement et d'une certaine manière à le « modérer » » pour qu'il n'y ait pas de débordement de la rue lors des manifestations.
[7] S'agissant de la défection de l'organisation islamistes, les auteurs précisent que « par-delà le communiqué officiel, les entretiens réalisés montrent plutôt que les responsables d'Al Adl ont le sentiment que leurs « sacrifices » ont bénéficié au PJD et que le peuple n'est pas encore « mûr » ».

 http://fr.lakome.com/index.php/politique/414-le-mouvement-du-20-fevrier-nouveau-logiciel-d-action-reflexion-et-ouverture-du-champ-des-possibles?fb_action_ids=487271541329131&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map={%22487271541329131%22%3A138560842979703}&action_type_map={%22487271541329131%22%3A%22og.likes%22}&action_ref_map=[]

dimanche 13 janvier 2013

Ça n’arrive qu’au Maroc : le Makhzen empêche Mohamed Abbadi de rentrer chez lui


Même les voisins du nouveau chef de la plus importante association islamiste marocaine ont été molestés par la police. Et ce devant tout le monde, des personnalités marocaines et étrangères.
Les autorités marocaines ont même eu l’outrecuidance de procéder à l’encerclement d’une mosquée proche de la résidence d’Abbadi et ont interdit aux fidèles de se joindre à la caravane.
Mais cela n’a pas empêché Abbadi de faire une déclaration dans laquelle il a affirmé qu’en dépit de la cosmétique la mentalité répressive du Makhzen restait la même.
La caravane de soutien à Mohamed Abbadi organise aujourd’hui une conférence de presse à partir de 10h, au siège de la Ligue marocaine de défense des droits de l’homme, près du lycée Hassan II , quartier Hassane– Rabat.

vendredi 11 janvier 2013

Mohamed El Marouani: « Les ingrédients d’une nouvelle vague de révoltes sont désormais réunis au Maroc ! »

Question : On se souvient de l’oraison funèbre particulièrement émouvante que vous avez prononcée aux funérailles du cheikh Abdessalam Yassine. Ceux qui ne vous connaissaient pas, ont pu ainsi apprécier vos talents d’orateur, alors que vous meniez une violente charge contre ceux que vous qualifiez de « normalisateurs et les collaborationnistes de la tyrannie et de la corruption». Qui êtes-vous Mohamed El Marouani ?
Réponse : Licencié en sciences économiques, option économétrie et titulaire d’un diplôme d’études supérieures (DES) en gestion, je suis chercheur sur les questions de la pensée politique islamique et prépare actuellement une thèse doctorale sur « la Théorie de la légitimité du pouvoir politique en Islam ».
Marié et père de trois enfants, Je suis administrateur principal et responsable d’études à Maroc Telecom et ex-vacataire à l’Institut national des postes et télécommunications, cycle des gestionnaires.
Président-fondateur du Mouvement pour la Oumma de 1998 à 2011, je suis le coordinateur national actuel du parti du même nom. Ex-militant et responsable syndical, j’ai également fondé nombre d’associations et de coordinations civiles, participé aux actions de défense des droits de l’homme (débats ou manifestions de protestations ou de solidarité avec les prisonniers politiques et pour délit d’opinions). Ex-détenu politique, j’ai été condamné à une peine de vingt cinq (25) ans ramenée à dix (10) ans en appel, avant d’être libéré, le 14 avril 2011, dans le sillage des manifestations du Mouvement du 20 Février. Je suis l’auteur de plusieurs publications sur différents thèmes (Constitution et démocratie, enseignement, économie… etc ) dont notamment, un ouvrage sur le pouvoir politique dans la pensée politique islamique historique et contemporaine (publié sous forme d’articles).

Quelles étaient vos relations avec cheikh Yassine et Al Adl wal Ihsane ?
Cheikh Yassine était l’un des rares leaders dans ce pays à avoir continuellement et sans répit, fait la démonstration d’un courage à nul autre pareil, contre le despotisme et la corruption. Ses adresses témoignent de la grandeur du personnage. Malgré l’incarcération, l’assignation à domicile, les persécutions et l’enfermement psychiatrique, il n’a jamais infléchi sa lutte.
Par ailleurs, l’homme était un intellectuel, porteur d’un projet de société doué de qualités incontestables, nécessaires au leadership et le charisme qui va avec. Il en fallait pour accompagner et faire évoluer Al Adl Wal Ihsane vers la place importante qu’elle occupe aujourd’hui dans le champ politique marocain.
Les relations que nous avions tissées tant avec lui qu’avec son organisation étaient et demeurent bâties sur le respect mutuel, la coopération et la solidarité.

Vous avez été condamné à vingt cinq ans de prison, avant d’être gracié par le roi ? Quelles ont été les circonstances de votre arrestation et votre condamnation ?
Dès 2006, le Makhzen avait mis en place un plan politico-sécuritaire visant la restructuration (ou plutôt le reformatage) de la scène politique marocaine dont les grandes lignes sont :
- Démantèlement forcé ou consenti des partis administratifs pour la refondation d’un contexte politique en adéquation avec les besoins du Makhzen,
- Répressions des médias indépendants,
- Affaiblissement de la mission électorale du PJD (sur le plan politique, le PJD ne représente plus aucune menace pour le régime politique makhzénien)
- Poursuite de l’opération de fichage sécuritaire à l’encontre d’Al Adl Wal Ihsane en vue de les contenir comme l’a si bien signalé Pierre Vermeren dans son ouvrage « la transition inachevée ».

C’est dans ce contexte politique que s’est déroulée notre arrestation et notre condamnation. Le Makhzen a pris le pli d’autoriser les partis qui se rangeaient à sa vision politique et ne pouvait décemment pas tolérer un parti politique qui revendiquait sa liberté et son autonomie et était donc aux antipodes de sa nature despotique. A défaut de soumettre le parti, et convaincre ses responsables, le Makhzen a choisi de nous museler en nous intentant un procès inéquitable au cours duquel la présomption d’innocence a été magistralement violée par le ministre de l’intérieur de l’époque, Chakib Benmoussa. A la clé un jugement d’une médiocrité inégalée.

Comment peut-on être condamné aussi lourdement, un jour, et être purement et simplement libéré un peu plus tard ? N’est-ce pas là une preuve que les mêmes méthodes de manipulation et de dissuasion sont appliquées par le Makhzen? Et n’est-ce pas là, un aveu de votre innocence et peut-être aussi, celle d’autres condamnés ?
Aucun doute à ce propos ! Le makhzen était persuadé que les conditions étaient réunies pour asseoir son hégémonie sur le champ politique. Il n’aura pas dérogé à cette approche Keynésienne qu’ont tous les régimes despotiques de la vie politique. Ils sont, dans leur essence, obnubilés par une vision à court terme. « A long terme, nous serons tous morts ». Le projet, toujours le même, tuer dans l’œuf toute tentative de lutte contre le despotisme et la corruption.
Mais c’était compter sans le Mouvement du Vingt février qui, dans le sillage de ce que l’on a appelé « Le Printemps arabe », a contrecarré les plans du Makhzen qui a été ainsi contraint de nous libérer. Nous devons, pour l’essentiel, notre libération à ce Mouvement. Un juste retour de bâton pour ceux qui nourrissaient l’ambition de porter atteinte à nos droits les plus élémentaires, et entacher notre réputation pour nous couper de notre base et nous aliéner l’opinion publique. Notre libération est un revers manifeste pour l’administration du Makhzen qui a toujours privilégié les choix sécuritaires au détriment d’une stratégie de développement.
Toutefois, je dois déplorer un bémol à cette victoire. D’autres détenus islamistes continuent de croupir dans les prisons. Une sorte de monnaie d’échange pour nous contraindre à un changement dans nos choix politiques. En pure perte, tant notre détermination de lutter pacifiquement pour l’instauration d’un véritable État de droit où les marocains, pourront jouir d’une vie décente et où les richesses seront réparties de façon équitable, reste entière.

La cour d’appel a refusé la constitution du parti politique «AL Oumma» dont vous projetiez la création. C’est sans doute un signe qu’on vous tient encore à l’œil, malgré la grâce dont vous avez bénéficié. A-t-on justifié ce refus ?
Pour notre malheur, le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant et souffre de problèmes structurels profonds. Un exemple : le tribunal administratif s’est prononcé en appel contre la constitution du parti Al Oumma, alors même que le délégué royal pour la défense du droit et de la loi, partie neutre, avait émis un avis favorable. Un verdict scandaleux, quand on sait que le jugement a été fondé sur des questions de délai de prescription des attestations d’inscription dans les listes électorales, sur une décision ministérielle et ce en dépassement flagrant de la loi et de son décret d’application. Un argument qui équivaut à rejeter toutes les attestations fournies par les députés à l’occasion des élections du 25 novembre 2011.
En réalité, le refus d’autoriser la constitution du parti Al Oumma est une décision purement politique qui ne peut être dissociée du contexte général fait de répression des libertés, de procès fabriqués contre les militants du 20 février et d’emprisonnement politique dans des conditions contraires à la dignité humaine.

Beaucoup parmi les vingt février semblent convaincus qu’un accord à tout le moins informel, sinon tacite aurait été passé entre le PJD et Al Adl Wal Ihsane, ainsi que d’autres mouvances islamistes, afin de donner à Benkirane et son gouvernement une chance d’expérimenter leur programme politique. Certains n’hésitent pas à suspecter un accord sous les auspices ou à l’instigation du Makhzen. Ils évoquent une trahison. Qu’en pensez-vous ?
Je ne me permettrais pas de répondre à leur place. Vous pourrez toujours leur poser la question. En ce qui concerne le parti Al Oumma, nos positions resteront inchangées tant que le contexte actuel demeurera le même. Nous serons toujours aux côtés des opprimés, opposés au despotisme, à la tyrannie et la corruption. Le retrait d’Al Adl Wal Ihsane, avec qui nous partageons bon nombre de points de vue, est une décision politique interne. Nous devons la respecter. Au demeurant, s’ils ont quitté les manifestations, ils n’ont pas quitté la scène, mais affirment leur propre ligne politique. Enfin, faut-il le souligner, nul ne peut soupçonner Al Adl Wal Ihsane d’avoir jamais eu d’affinités avec le pouvoir.

En Tunisie et en Egypte le premier réflexe des islamistes, au lendemain de la révolution,  semble vouloir être celui d’en découdre avec les mouvements laïcs, de chercher à s’incruster constitutionnellement, tout en agitant la Charia, comme une menace, sans jamais apporter de solution démocratique. Quelle est la place du concept de la démocratie dans votre esprit?
Tout d’abord, il nous faudrait nuancer le propos. Ce qui se passe en Tunisie et en Egypte n’a rien à voir avec l’adoption ou non de la Démocratie. L’Egypte et la Tunisie vivent une période de transition démocratique que l’on peut assimiler à une « zone de turbulence ». Dans un tel contexte, on relève deux types d’évènements :
• Des évènements que l’on peut qualifier de normaux ou naturels, liés au débat politique qui agite la société civile et met aux prises des projets politiques diverses: nationalistes, libéraux, gauchistes et islamistes. Cette diversité est à mettre au bénéfice d’une bonne santé de la démocratie et d’une richesse dans les échanges, tant que le dernier mot revient au peuple, via des élections transparentes et dans un contexte de liberté. C’est, somme toute, la voie empruntée par toute démocratie.
• Des évènements liés aux soubresauts du régime renversé visant à déstabiliser le processus démocratique.
Toute transition démocratique connaît des moments de tensions dépassées aussitôt qu’est mis en place un cadre politique et constitutionnel. La démocratie demeure, à ce jour, le meilleur système expérimenté par l’humanité pour s’organiser en société civile et gérer ses choix stratégiques. Il y a lieu de signaler que l’Etat dans la pensée islamique est un Etat civil qui peut prendre toute forme possible suite un consentement des composantes de la société. Il n’est nullement figé. 
Notre projet politique s’articule autour de deux axes: le peuple source du pouvoir, et la souveraineté de la loi. Cependant il faut distinguer entre source du pouvoir et source du droit. La charia peut être l’une des sources du droit et peut être la source principale du droit. En Egypte, par exemple, peu ou prou sont, y compris parmi les coptes, opposés au principe de la Charia, comme source du droit. On peut en tirer la conclusion que tout est fonction de la volonté populaire et c’est là la principale règle de la démocratie : le respect de la majorité sans compromettre les droits des minorités et de l’opposition politique.

Vous n’avez pas manqué d’adresser des messages politiques au pouvoir Marocain, au PJD… quel bilan faites- vous d’une année après l’arrivée de ce gouvernement?
Je considère que le gouvernement est le produit du contexte politique et ne peut agir au-delà de ses compétences et possibilités politiques et constitutionnelles. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas perçu de changements fondamentaux dans la vie politique, sociale et économique des marocains nous incitant à changer de position politique. Un simple exemple : le régime continue à s’opposer à notre droit à l’expression et à l’organisation.
Trois conditions doivent être réunies pour que l’on puisse juger ou non de l’efficacité et de  l’efficience de la formation gouvernementale : un large soutien populaire, un contexte  politique sain et ouvert, et enfin un cadre  constitutionnel démocratique.
Côté soutien populaire, les sondages ne dépassent pas le chiffre de 27%.
Le climat politique est marqué par les emprisonnements politiques, la répression du droit d’expression et d’organisation (le cas du Parti Al Oumma, répression de la presse et des manifestations pacifiques…).
Le cadre constitutionnel est marqué par l’hégémonie de l’institution royale jusque sur l’application du programme  gouvernemental.
Cet état des lieux a contribué à la chute d’un certain nombre d’indicateurs :
  • Indice de la démocratie: le Maroc est passé de 116 en 2010 et 119 en 2011 ancrant le Maroc dans la sphère des pays totalitaires, alors que la Tunisie est passée du rang 144 à 94 pour la même période, lui permettent de quitter cette sphère et regagner les pays à régime hybride en cours d’instauration de la Démocratie.
  • Indice de la corruption: le Maroc passe de la position 80 en 2011 à 88 en 2012 selon le rapport de transparence internationale.
  • En matière des libertés, le Maroc enregistre une chute des libertés de la presse et ce en passant de 135  en 2010 à  138 en   2011  selon le fameux rapport des libertés de la  presse au titre de 2012 édité par Reporters sans frontières.
La constitution ne laisse de liberté à aucune formation politique, d’exercer le pouvoir et d’appliquer ses programmes, assimilant tout gouvernement travaillant avec cette monarchie exécutive, à un serviteur du pouvoir, en dépit de tout bon sens démocratique.
Il n’est pas exagéré de dire que le gouvernement actuel a réussi à jouer le rôle qui lui a été dévolu de faire-valoir pour redorer le blason au makhzen et nous renvoyer  à une ère de plomb relookée. Alors que la vie politique est à l’agonie, le camp du despotisme reprend l’initiative et le dessus.

Aussi bien Wikileaks que le livre « Le roi prédateur » évoquent l’implication du roi et de son entourage dans des agissements d’abus de pouvoir, de haute corruption et de multiples scandales et actes de prédation économiques. Le palais n’a jamais démenti ces deux sources. Pourquoi à votre avis ?
L’institution royale a son porte-parole dont la responsabilité est de répliquer à ces accusations. Son silence assourdissant a valeur d’assentiment.

Comment appréhendez-vous la situation politique du Maroc et son avenir ?
Le Makhzen persiste dans son ignorance coupable du mécontentement populaire exprimé dans la rue. Il refuse d’honorer ses propres engagements pour une transition démocratique. Aucune des promesses économiques et sociales n’a été tenue. Droits et libertés continuent à être bafoués dans un champ politique éteint. Autant de constatations qui me font penser que les ingrédients d’une nouvelle vague de révolte sont désormais réunis.

 Interview réalisée par Salah Elayoubi et Ahmed Benseddik

vendredi 23 décembre 2011

Retrait d’Al Adl Wal Ihsane / Echec et ruine pour la Jamaâ

par Mohammed Belmaïzi, 23/12/2011

L’Al Adl Wal Ihsane (Justice et Bienfaisance) vient de se retirer du Mouvement du 20 février, en donnant un communiqué, ce 18/12. A la lecture de ce communiqué, rien n’indique les raisons de ce retrait. Seul le titre du texte mentionne le retrait. Il n’y a donc aucune adéquation objective entre le titre et le déroulement textuel qui le suit. En 9 points, la sémantique de la contestation est bien ‘arrêtée’, immuable et sans faille. Mais curieusement le titre, monumental, majestueux et décisif, vient vider tout le sens de la contestation et de l’insoumission décrite dans le texte qui le suit.

Au-delà du fait que le communiqué est construit dans une rhétorique autoritaire, pour ne pas dire féodale et makhzanienne (le Zaim qui représente le Titre, décide sur les Sujets qui représentent une syntaxe en ébullitions), nous sommes en présence d’une stratégie de camouflage caméléonesque. Car les raisons concrètes du retrait du Mouvement du 20 février, relève du ressort de la magie ! La transparence n’étant pas de ce monde, il faut recourir aux devins pour dénicher les secrets des Dieux.

Dès lors toutes les cogitations à ce sujet sont valables. Je retiens, pour ma part, qu’Al Adl Wal Ihsane reste un mouvement obscurantiste qui rame à contre courant de l'Histoire. Du projet du Califat, la Jamaâ va se recycler dans le vocable d’un « État Civil », pour s’adapter au monde qui change et se faire une nouvelle image positive. Car il y a des antécédents, parmi lesquels on trouve la prophétie du soulèvement annoncé en 2006. Cette étrange « vision » qui prédisait la fin du régime et l'avènement du messie « le califat » en la personne du cheikh Abdeslam Yassine, n’était qu’un pitoyable flop. Par ailleurs, une vidéo sur Youtube, où l'on fait l'éloge de Abdeslam Yassine en tant que personne désignée par le Prophète de l’islam à sa succession, viendra appuyer l’aspect magico-religieux de cette mouvance.

Je retiens également qu’au sein de la Jamaâ se trouvent des dignitaires obnubilés par le pouvoir. En voyant qu'en Égypte, en Tunisie et au Maroc, il est possible d'atteindre ce pouvoir à travers les urnes, les notables d’Al Adl Wal Ihsane commencent à lécher leurs babines et à se préparer à cet avenir radieux du ralliement – au prix désastreux brisant leurs fondements et leurs principes – avec la monarchie et Benkirane. Il n’est donc pas impossible que des tractations ont donné lieu à ce retrait spectaculaire, du Mouvement du 20 février !

Ce retrait, s’il est un échec cuisant pour les dirigeants de la Jamaâ, il est une trahison pour la cause du peuple marocain et pour les jeunes membres de l’Al Adl Wal Ihsane. La jeunesse de l'Adl Wal Ihssan qui a trouvé en cette Jamaâ l’espoir et la force de militer en son sein pour un changement efficient, ne lui pardonnera jamais ce revirement soudain et alambiqué.

C’est pourquoi, tout indique que cette jeunesse qui vient de retrouver son espace naturel de la contestation au sein du Mouvement du 20 février, ne quittera point la rue du jour au lendemain. Et tout indique que cette jeunesse frétillante d’espoir et de rêve, abandonnera l'Adl Wal Ihssan, pour élaborer d’autres stratégies, une autre forme de penser, et un combat plus conséquent, à l’instar et dans le sillage de « la Théologie de Libération » de l’Amérique Latine.

(Le prochain retrait sera celui du PSU… : tellement de tapage autour de la « Monarchie Parlementaire » qu’il est permis de penser que ce slogan devient une menace et une condition sine qua none pour sa participation au Mouvement du 20 février. Ni Al Adl Wal Ihsane, ni le PSU n’ont intégré dans leur cosmogonie que le Mouvement du 20 février est un mouvement de masse qui n’obéit en rien à des calculs stratégiques fugaces ! – sujet à venir – donc A suivre).

Demain le soleil se lèvera sur notre beau pays et sur le monde !

Par Mohamed Hifad, 23/12/2011

Le PJD et le palais font trainer les négociations avec les autres partis tout en ordonnant à Al adl wa al ihsan interdit mais toléré , de se retirer du mouvement du 20 février comme s’il y était vraiment.

Ses militants étaient dans le mouvement pour permettre à Reuters et bien d’autres médias occidentaux de montrer des barbus pleins de sang pour faire peur aux européens du M20fEV et justifier le soutien de l’Occident au régime marocain.

Le palais profite de l’absence du gouvernement, comme dans un état d’exception pour porter des coups de ciseaux à sa propre constitution octroyée. Ce statut quo prolongé exprès, n’est en réalité que le silence qui précède l’orage.

Ceux et celles qui ont voté pour le PJD l’ont fait pour aller au paradis .Ses candidats disent aux gens que ceux qui votent pour eux seront doublement récompensés -par Dieu , le leur et leur propriété privée avec le palais - par rapport à ceux qui voteront pour d’autres partis. Ils savent très bien que leur électorat dépasse en moyenne soixante et dix ans , donc déjà mort en réalité.

Ils l’ont fait pour gagner quelque chose en haut comme ils l’ont fait ici-bas.

Les religieux sont d’excellents commerçants et savent que seul le profit , par instinct de conservation ou de gain , peut motiver les haj et hajja Marlboro comme les qualifie un jeune chômeur.

Ceux et celles qui ont peur du nouveau plafond défini par le rue , n’ont pas de place en réalité dans le mouvement depuis le début. Ils sont là juste pour manipuler les jeunes croyant qu’ils sont des mineurs ou analphabètes alors qu’il y a parmi eux des diplômés capables de diriger tout un pays.

Les vieux cadavres qui dirigent les partis du makhzen sont habitués comme des caïds à des adhérents incultes qui ne savent qu’applaudir sans savoir pourquoi .

Je me souviens du représentant de notre village ,un istiqlilien qui ne sait ni lire ni écrire et qui ne parle même pas l’arabe dialectal. Il attend jusqu’à la fin de la réunion avec le caïd pour demander au représentant d’un autre village , qui comprend un peu l’arabe dialectal , ce qui a été dit lors de la séance.
Une fois , il est arrivé au village sans avoir le temps de voir son interprète et il a promis aux habitants de leur parler de ce qui a été décidé une semaine après , le jour du souk où il va voir son ami.
Quelqu’un comme Abbas El Fassi n’est habitué qu’à ce genre de Marocains.

Le mouvement et son noyau dur depuis le début vient de se débarrasser de ses parasites et du plafond de la manipulation.

Les erreurs et l’impuissance du nouveau gouvernement qui tarde à se jeter à l’eau par peur de ce qui l’attend , vont donner une nouvelle dynamique au mouvement et rendre au peuple sa souveraineté volée depuis trois siècles .

La monarchie va assurer sa longévité et la disparition de la contestation si elle annule sa constitution octroyée , laisse le peuple retrouver sa souveraineté et établir sa propre constitution , rend au moins les quatre cinquième de ses biens pour les caisses de l'Etat et oblige les riches marocains à faire de même..

Bien des gens oublient que la crise de 1929 a débouché sur une guerre mondiale.

Si aujourd’hui on arrive à éviter des conflits généralisés , on ne peut sauver les têtes des dictatures face à leurs peuples ni empêcher le retour évènementiel de la deuxième guerre mondiale à partir de 2014.

Demain le soleil se lèvera sur notre beau pays et sur le monde !