Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

jeudi 9 février 2017

Menaces et chantage ignoble de Rabat à l'encontre de l'UE

Le Jeune Indépendant, 6 février 2017
Hocine Adryen
L’annulation pour la zone du Sahara occidental de l’accord agricole entre l’Union européenne et le Maroc par le Tribunal de l’Union européenne a fait grincer des dents du côté de Rabat, qui use désormais de menaces et de chantages à l’encontre de l’UE.
« Si l’UE ne respecte pas l’accord agricole », Rabat menace d’une « reprise des flux migratoires ». Voilà où en est arrivé ce pays pour arriver à ses fins : la menace.

mercredi 8 février 2017

Sahara occidental : Discours de guerre marocain, exaspération sahraouie



Écrit par Sabrina Miloudi

Le dossier du Sahara occidental connaît d’ores et déjà un premier soubresaut au lendemain de la réintégration du Maroc à l’Union africaine.


Rabat, par la voix de son ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réaffirmé son intention de ne «jamais reconnaître» la République arabe sahraouie démocratique (RASD), au mépris des règlements et statuts de l’UA, particulièrement son Acte constitutif.

«Non seulement le Maroc ne reconnaît pas - et ne reconnaîtra jamais - cette entité fantoche, mais il redoublera d’efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaissent encore, fasse évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques», a affirmé M. Bourita dans un entretien publié hier par le site d’information le Desk. 

De Tanger à Calais: la marche vers la Dignité face à la militarisation des frontières





Bonjour,

L'Association Marocaine des Droits Humains-Paris/IDF,
L'Association des Travailleurs Maghrébins de France,
Le Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants,
Le Réseau des Universités Sans Frontières EHESS,
Solidaires Etudiant-e-s,

Vous invite à une:
 Projection/Débat

De Tanger à Calais: la marche vers la Dignité face à la militarisation des frontières 

Vendredi 17 février à l’EHESS
Amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail, 75006 Paris


18h-19h - Projection du film documentaire « Tanger, le rêve des brûleurs » de Laila Kilani

19h-20h30 - Débat avec la participation de :

Said Bouamama, sociologue et militant du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires
Héloïse Mary, présidente du Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants

Métro:
4: Saint-Placide ;
12:Notre-Dame des Champs

À Toulouse le film marocain de Hassan Benjelloun "Les Oubliés de l'Histoire"



L'association Karavan et la maison de quartier propose une soirée cine-débat avec le film marocain
de Hassan Benjelloun "Les Oubliés de l'Histoire".
En présence du réalisateur et du comédien Abderrahim Elmeniari.
Suivi d’un débat sur ce film qui raconte le drame de jeunes Marocain-e-s venu-e-s tenter leur chance à Bruxelles. Ils tombent dans des circuits de l’immigration clandestine, de la prostitution de la mafia, leur quotidien en devient un enfer. Piégés par le rêve,déçus par une société agressive, ils sefont exploiter jusqu’à la mort. Un récit mouvementé qui nous interpelle pour la défense des droits humains.

mardi 7 février 2017

Maroc Al Hoceima: une commémoration sous haute tension




Capture d'écran d'une vidéo des événements de Boukidan. © DR
Al Hoceima: une commémoration sous haute tension

De violents heurts ont éclaté le 5 février entre les forces de l'ordre et des manifestants qui voulaient commémorer le décès de Abdelkrim El Khattabi à Al Hoceima et Boukidan.

Al Hoceima est sous tension en ce début d'année. Alors que les forces de l’ordre ont dispersé, le 4 janvier, un sit-in en soutien à Mouhcine Fikri, grossiste de poisson mort broyé le 28 octobre par le mécanisme d'une benne à ordure alors qu'il contestait la saisie de son poisson, de nouveaux heurts ont éclaté le 5 février lors d’une manifestation de commémoration à la mémoire du résistant Abdelkrim El Khattabi, décédé le 6 février 1963.

Des incidents similaires ont été signalés dans le village voisin de Boukidan. Les forces de l’ordre ont "fait barrage aux manifestants de Boukidan" selon Houcine Lamrabet, militant associatif présent  à la manifestation. "Les manifestants ont été empêchés de se rendre à Al Hoceima et vers 15h les affrontements ont commencé", décrit la même source.

Déclaration de Claude Mangin après son expulsion par les autorités marocaines

Résultat de recherche d'images pour "Claude Mangin Asfari expulsée" Déclaration de Claude Mangin après son expulsion par les autorités marocaines

Mélenchon et son hologramme sur les "nouvelles frontières de l'humanité"devant 18 000 spectateurs

 Jose Manuel Amaya Aldea.

En 1960, quand John Fitzgerald Kennedy est devenu le 35e président des Etats-Unis, il a proposé aux Américains dans un discours resté fameux, une « nouvelle frontière ». C'était la grande époque des Trente glorieuses, de la conquête spatiale, de la course au progrès. De cette époque, Jean-Luc Mélenchon, né en 1951, conserve un humanisme optimiste.
 Alors, celui qu'on aime caricaturer comme un homme en colère a voulu montrer pour son meeting de Lyon ce dimanche 5 février qu'il n'était pas qu'un indigné, et qu'il était capable de proposer un chemin aux Français face aux « défis du futur ». Son programme ne s'appelle-t-il pas « l'avenir en commun » ? Face à l'obscurantisme de Marine Le Pen, Mélenchon fait le pari « de la conscience, de l'éducation ». 

Dans toute la France, les délinquants solidaires.



Voir  site  en ligne à l’URL www.delinquantssolidaires.org !

Solidaires avec les migrants, 
donc délinquants !

Le site permet de retrouver tous les rassemblements répertoriés (mise à jour de samedi matin), de proposer aux internautes d’interpeller les ministres via Twitter, et bien sûr de lire le manifeste, voir les signataires ou télécharger les logos. Et aussi de signer le manifeste pour les organisations, de s’abonner à la lettre d’info du collectif, de signaler des cas.

Merci à toutes et à tous de le relayer dans vos réseaux, sur FB, Twitter, par email, dans les réunions et par voie d’affichage ou par fax s’il le faut.

À suivre dans les prochains jours, sur la page d’accueil du site, si Facebook nous l’autorise… une possibilité pour s’afficher délinquant solidaire sur sa photo de profil.

Un compte Twitter a été créé pour le collectif et relayer toutes les actions :

lundi 6 février 2017

Tizi N’Oucheg : Portrait d'un village économiquement et socialement responsable et autonome



Résultat de recherche d'images pour "Tizi N’Oucheg : Portrait d'un village"Dans un village lointain, situé à 1 600 mètres d’altitude et 60km de Marrakech -centre urbain le plus proche-, on combat le manque d’infrastructure et de moyens par la détermination et la solidarité. A Tizi N’Oucheg, l’eau potable, le réseau d’assainissement ou encore la route provinciale n’étaient que des rêves avant 2011. Aujourd’hui, le village pense déjà à l’énergie solaire et éolienne. Portrait d’un village qui avance à pas sûrs vers son développement.
«Quand on veut, on peut». C’est, sans aucun doute, le slogan qui a été adopté en 2011 par les habitants de Tizi N’Oucheg, situé à 60km de Marrakech. Aujourd’hui, le village peut fièrement annoncer avoir réussi le pari lancé il y a quelques années : devenir économiquement et socialement responsable et autonome en comptant sur les habitants et quelques bienfaiteurs.
Comment est-ce possible ? C’est la question que nous avons posé à Rachid Mandili, président de l’Association pour le développement de Tizi N’Oucheg, qui est venu partager l’histoire et les ambitions de son village lors du Citizen Lab organisé vendredi 27 janvier 2017 par le collectif Les Citoyens.
«Cela a commencé avec la mise en place de l’association mais bien avant 2011, on avait constaté que le manque d’infrastructure et l’absence du développement poussent vers la migration. On s’est donc posé la question, lors de la première réunion de notre association pour savoir ce dont on avait besoin», nous confie Rachid.
16 projets réalisés en six ans
Résultat de recherche d'images pour "Tizi N’Oucheg : Portrait d'un village"Ce sont, en effet, pas moins de 30 projets qui ont été recensés lors de cette première rencontre. Des projets qui devront voir le jour, dans le cadre d’une «vision 2020», et qui sont en rapport avec l’eau potable, l’assainissement et une station d’épuration, l’infrastructure routière, une mosquée, l’agriculture,…bref, des projets de développement rural.
Aujourd’hui, nous sommes en 2017 et la liste des projets s’est élargie. «En 2011, nous n’avions pas encore pensé aux projets socioéconomiques, la construction des puits, l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne, le développement de la route qui nous relie à la route provinciale», nous explique le président de l’association.
«Notre vision est simple : Dans 8 ans, les 30 projets devront être mis en place et Dieu merci, nous sommes à 16 projets après six ans. Nous avons réalisé les grands-projets, comme l’eau, la route, l’assainissement, l’école, la mosquée. Si nous arriverons à mettre en place trois autres, la mise à niveau de l’ensemble des canaux d’irrigation du village, la mise à niveau de la route et peindre l’ensemble du douar, notre village deviendra un projet pilote.»
Autonomie, de la conception à la mise en place
Difficile pourtant d’imaginer qu’un village d’une région montagneuse puisse avoir son propre réseau de distribution d’eau et d’assainissement. Pourtant, le rêve des habitants de Tizi N’Oucheg est devenu une réalité. «Pour l’eau potable, nous avons une source dans la montagne alors que le village se trouve en bas. Entre la source et le village, ce sont presque 2 500 mètres de distance», nous explique ce représentant d’une population pleine d'ambitions. Grâce à un tuyau et des travaux, les hommes du village ont pu creuser puis raccorder la source à un château d’eau pour entreposer l'eau. «Après, à partir de ce château d’eau, nous avons construi des branchements pour diviser le village selon les zones hautes et les zones basses. Il n’y avait ni ingénieur ni spécialiste et ce n’était que notre propre conception», nous dit-il, très fière d’expliquer simplement un projet pourtant compliqué.
Quant à l’assainissement, les villageois -familiers des travaux de construction- ont profité de la pente. «Il s’agit d’un canal principal, qui entoure le village et qui alimenté par des petits canaux. Nous avons construit aussi une station d’épuration pour réutiliser cette eau usée vu que nous voulons l’exploiter dans l’agriculture pour la période d’été», poursuit notre interlocuteur.
Aucun financement public, les bienfaiteurs prennent le relai
Mais alors que l’éducation était l’une des principales préoccupations des habitants de ce douar, l’ensemble de Tizi N’Oucheg ont célébré, cette année, l’arrivée du premier étudiant issu du village à l’université. Une fierté pour les 600 habitants qui veulent voir leurs enfants diplômés. D’ailleurs, la réputation de Tizi N’Oucheg le précède. Les villages environnant veulent à leur tour experimenter ce «plan de développement rural». Actuellement, ce sont 50 villages voisins qui disposent, eux-aussi, de leurs visions et leurs projets pour les années à venir.
Mais maintenant que tous les autres villages veulent mettre en place des projets identiques, le nombre d’élèves et d’étudiants a sensiblement augmenté. Conséquence : l’internat d’Aghbalou, le centre le plus proche, est saturé. «Cette année, nous avons 10 élèves qui n’ont pas trouvé de place. Nous avons donc loué une maison pour les accueillir puisque tout le monde a droit à l’éducation, même ceux qui ont redoublé», fait savoir Rachid.
Naturellement, la question qui se pose à ce niveau est de savoir d’où provient l’argent pour financer tous ces projets. Probablement la contribution de l’Etat ? La réponse apportée par Rachid Mandili est tout aussi étonnante. «Pour l’argent, ce sont des bienfaiteurs, des visiteurs du douar, Ahmed Benabadji et sa famille qui ont beaucoup contribué, mais aussi l’auberge du Tizi N’Oucheg ainsi que les habitants du douar eux-mêmes», nous confie-t-il, amusé par notre réaction.
L’Etat marocain, via ses collectivités locales, n’a donc donné aucun dirham à ces villageois pour mettre en place ces projets. «Notre secret n’est autre que notre volonté de développer notre village et d’améliorer nos conditions de vie, nous-mêmes», nous affirme Rachid. Une réponse qui résume tout.
Yassine Benargane
Journaliste Yabiladi.com
Contacter l'auteur







 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une meilleure utilisation de nos services. En savoir plus.X
Société Publié Il y a 3 heures

Tizi N’Oucheg : Portrait d'un village économiquement et socialement responsable et autonome

Dans un village lointain, situé à 1 600 mètres d’altitude et 60km de Marrakech -centre urbain le plus proche-, on combat le manque d’infrastructure et de moyens par la détermination et la solidarité. A Tizi N’Oucheg, l’eau potable, le réseau d’assainissement ou encore la route provinciale n’étaient que des rêves avant 2011. Aujourd’hui, le village pense déjà à l’énergie solaire et éolienne. Portrait d’un village qui avance à pas sûrs vers son développement.
«Quand on veut, on peut». C’est, sans aucun doute, le slogan qui a été adopté en 2011 par les habitants de Tizi N’Oucheg, situé à 60km de Marrakech. Aujourd’hui, le village peut fièrement annoncer avoir réussi le pari lancé il y a quelques années : devenir économiquement et socialement responsable et autonome en comptant sur les habitants et quelques bienfaiteurs.
Comment est-ce possible ? C’est la question que nous avons posé à Rachid Mandili, président de l’Association pour le développement de Tizi N’Oucheg, qui est venu partager l’histoire et les ambitions de son village lors du Citizen Lab organisé vendredi 27 janvier 2017 par le collectif Les Citoyens.
«Cela a commencé avec la mise en place de l’association mais bien avant 2011, on avait constaté que le manque d’infrastructure et l’absence du développement poussent vers la migration. On s’est donc posé la question, lors de la première réunion de notre association pour savoir ce dont on avait besoin», nous confie Rachid.
16 projets réalisés en six ans
Ce sont, en effet, pas moins de 30 projets qui ont été recensés lors de cette première rencontre. Des projets qui devront voir le jour, dans le cadre d’une «vision 2020», et qui sont en rapport avec l’eau potable, l’assainissement et une station d’épuration, l’infrastructure routière, une mosquée, l’agriculture,…bref, des projets de développement rural.

Aujourd’hui, nous sommes en 2017 et la liste des projets s’est élargie. «En 2011, nous n’avions pas encore pensé aux projets socioéconomiques, la construction des puits, l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne, le développement de la route qui nous relie à la route provinciale», nous explique le président de l’association.
«Notre vision est simple : Dans 8 ans, les 30 projets devront être mis en place et Dieu merci, nous sommes à 16 projets après six ans. Nous avons réalisé les grands-projets, comme l’eau, la route, l’assainissement, l’école, la mosquée. Si nous arriverons à mettre en place trois autres, la mise à niveau de l’ensemble des canaux d’irrigation du village, la mise à niveau de la route et peindre l’ensemble du douar, notre village deviendra un projet pilote.»
Autonomie, de la conception à la mise en place
Difficile pourtant d’imaginer qu’un village d’une région montagneuse puisse avoir son propre réseau de distribution d’eau et d’assainissement. Pourtant, le rêve des habitants de Tizi N’Oucheg est devenu une réalité. «Pour l’eau potable, nous avons une source dans la montagne alors que le village se trouve en bas. Entre la source et le village, ce sont presque 2 500 mètres de distance», nous explique ce représentant d’une population pleine d'ambitions. Grâce à un tuyau et des travaux, les hommes du village ont pu creuser puis raccorder la source à un château d’eau pour entreposer l'eau. «Après, à partir de ce château d’eau, nous avons construi des branchements pour diviser le village selon les zones hautes et les zones basses. Il n’y avait ni ingénieur ni spécialiste et ce n’était que notre propre conception», nous dit-il, très fière d’expliquer simplement un projet pourtant compliqué.
Quant à l’assainissement, les villageois -familiers des travaux de construction- ont profité de la pente. «Il s’agit d’un canal principal, qui entoure le village et qui alimenté par des petits canaux. Nous avons construit aussi une station d’épuration pour réutiliser cette eau usée vu que nous voulons l’exploiter dans l’agriculture pour la période d’été», poursuit notre interlocuteur.
Aucun financement public, les bienfaiteurs prennent le relai
Mais alors que l’éducation était l’une des principales préoccupations des habitants de ce douar, l’ensemble de Tizi N’Oucheg ont célébré, cette année, l’arrivée du premier étudiant issu du village à l’université. Une fierté pour les 600 habitants qui veulent voir leurs enfants diplômés. D’ailleurs, la réputation de Tizi N’Oucheg le précède. Les villages environnant veulent à leur tour experimenter ce «plan de développement rural». Actuellement, ce sont 50 villages voisins qui disposent, eux-aussi, de leurs visions et leurs projets pour les années à venir.
Mais maintenant que tous les autres villages veulent mettre en place des projets identiques, le nombre d’élèves et d’étudiants a sensiblement augmenté. Conséquence : l’internat d’Aghbalou, le centre le plus proche, est saturé. «Cette année, nous avons 10 élèves qui n’ont pas trouvé de place. Nous avons donc loué une maison pour les accueillir puisque tout le monde a droit à l’éducation, même ceux qui ont redoublé», fait savoir Rachid.
Naturellement, la question qui se pose à ce niveau est de savoir d’où provient l’argent pour financer tous ces projets. Probablement la contribution de l’Etat ? La réponse apportée par Rachid Mandili est tout aussi étonnante. «Pour l’argent, ce sont des bienfaiteurs, des visiteurs du douar, Ahmed Benabadji et sa famille qui ont beaucoup contribué, mais aussi l’auberge du Tizi N’Oucheg ainsi que les habitants du douar eux-mêmes», nous confie-t-il, amusé par notre réaction.
L’Etat marocain, via ses collectivités locales, n’a donc donné aucun dirham à ces villageois pour mettre en place ces projets. «Notre secret n’est autre que notre volonté de développer notre village et d’améliorer nos conditions de vie, nous-mêmes», nous affirme Rachid. Une réponse qui résume tout.
Soyez le premier à donner votre avis...


...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/50505/tizi-n-oucheg-portrait-d-un-village.html






 
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour une meilleure utilisation de nos services. En savoir plus.X
Société Publié Il y a 3 heures

Tizi N’Oucheg : Portrait d'un village économiquement et socialement responsable et autonome

Dans un village lointain, situé à 1 600 mètres d’altitude et 60km de Marrakech -centre urbain le plus proche-, on combat le manque d’infrastructure et de moyens par la détermination et la solidarité. A Tizi N’Oucheg, l’eau potable, le réseau d’assainissement ou encore la route provinciale n’étaient que des rêves avant 2011. Aujourd’hui, le village pense déjà à l’énergie solaire et éolienne. Portrait d’un village qui avance à pas sûrs vers son développement.
«Quand on veut, on peut». C’est, sans aucun doute, le slogan qui a été adopté en 2011 par les habitants de Tizi N’Oucheg, situé à 60km de Marrakech. Aujourd’hui, le village peut fièrement annoncer avoir réussi le pari lancé il y a quelques années : devenir économiquement et socialement responsable et autonome en comptant sur les habitants et quelques bienfaiteurs.
Comment est-ce possible ? C’est la question que nous avons posé à Rachid Mandili, président de l’Association pour le développement de Tizi N’Oucheg, qui est venu partager l’histoire et les ambitions de son village lors du Citizen Lab organisé vendredi 27 janvier 2017 par le collectif Les Citoyens.
«Cela a commencé avec la mise en place de l’association mais bien avant 2011, on avait constaté que le manque d’infrastructure et l’absence du développement poussent vers la migration. On s’est donc posé la question, lors de la première réunion de notre association pour savoir ce dont on avait besoin», nous confie Rachid.
16 projets réalisés en six ans
Ce sont, en effet, pas moins de 30 projets qui ont été recensés lors de cette première rencontre. Des projets qui devront voir le jour, dans le cadre d’une «vision 2020», et qui sont en rapport avec l’eau potable, l’assainissement et une station d’épuration, l’infrastructure routière, une mosquée, l’agriculture,…bref, des projets de développement rural.

Aujourd’hui, nous sommes en 2017 et la liste des projets s’est élargie. «En 2011, nous n’avions pas encore pensé aux projets socioéconomiques, la construction des puits, l’exploitation de l’énergie solaire et éolienne, le développement de la route qui nous relie à la route provinciale», nous explique le président de l’association.
«Notre vision est simple : Dans 8 ans, les 30 projets devront être mis en place et Dieu merci, nous sommes à 16 projets après six ans. Nous avons réalisé les grands-projets, comme l’eau, la route, l’assainissement, l’école, la mosquée. Si nous arriverons à mettre en place trois autres, la mise à niveau de l’ensemble des canaux d’irrigation du village, la mise à niveau de la route et peindre l’ensemble du douar, notre village deviendra un projet pilote.»
Autonomie, de la conception à la mise en place
Difficile pourtant d’imaginer qu’un village d’une région montagneuse puisse avoir son propre réseau de distribution d’eau et d’assainissement. Pourtant, le rêve des habitants de Tizi N’Oucheg est devenu une réalité. «Pour l’eau potable, nous avons une source dans la montagne alors que le village se trouve en bas. Entre la source et le village, ce sont presque 2 500 mètres de distance», nous explique ce représentant d’une population pleine d'ambitions. Grâce à un tuyau et des travaux, les hommes du village ont pu creuser puis raccorder la source à un château d’eau pour entreposer l'eau. «Après, à partir de ce château d’eau, nous avons construi des branchements pour diviser le village selon les zones hautes et les zones basses. Il n’y avait ni ingénieur ni spécialiste et ce n’était que notre propre conception», nous dit-il, très fière d’expliquer simplement un projet pourtant compliqué.
Quant à l’assainissement, les villageois -familiers des travaux de construction- ont profité de la pente. «Il s’agit d’un canal principal, qui entoure le village et qui alimenté par des petits canaux. Nous avons construit aussi une station d’épuration pour réutiliser cette eau usée vu que nous voulons l’exploiter dans l’agriculture pour la période d’été», poursuit notre interlocuteur.
Aucun financement public, les bienfaiteurs prennent le relai
Mais alors que l’éducation était l’une des principales préoccupations des habitants de ce douar, l’ensemble de Tizi N’Oucheg ont célébré, cette année, l’arrivée du premier étudiant issu du village à l’université. Une fierté pour les 600 habitants qui veulent voir leurs enfants diplômés. D’ailleurs, la réputation de Tizi N’Oucheg le précède. Les villages environnant veulent à leur tour experimenter ce «plan de développement rural». Actuellement, ce sont 50 villages voisins qui disposent, eux-aussi, de leurs visions et leurs projets pour les années à venir.
Mais maintenant que tous les autres villages veulent mettre en place des projets identiques, le nombre d’élèves et d’étudiants a sensiblement augmenté. Conséquence : l’internat d’Aghbalou, le centre le plus proche, est saturé. «Cette année, nous avons 10 élèves qui n’ont pas trouvé de place. Nous avons donc loué une maison pour les accueillir puisque tout le monde a droit à l’éducation, même ceux qui ont redoublé», fait savoir Rachid.
Naturellement, la question qui se pose à ce niveau est de savoir d’où provient l’argent pour financer tous ces projets. Probablement la contribution de l’Etat ? La réponse apportée par Rachid Mandili est tout aussi étonnante. «Pour l’argent, ce sont des bienfaiteurs, des visiteurs du douar, Ahmed Benabadji et sa famille qui ont beaucoup contribué, mais aussi l’auberge du Tizi N’Oucheg ainsi que les habitants du douar eux-mêmes», nous confie-t-il, amusé par notre réaction.
L’Etat marocain, via ses collectivités locales, n’a donc donné aucun dirham à ces villageois pour mettre en place ces projets. «Notre secret n’est autre que notre volonté de développer notre village et d’améliorer nos conditions de vie, nous-mêmes», nous affirme Rachid. Une réponse qui résume tout.
Soyez le premier à donner votre avis...


...Suite : http://www.yabiladi.com/articles/details/50505/tizi-n-oucheg-portrait-d-un-village.html