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samedi 11 février 2017

Maroc : trois mois après la mort de Mouhcine Fikri, le Rif ne décolère pas



La mort du vendeur de poisson d'Al Hoceima a provoqué une colère qui s’est, depuis, organisée autour de revendications socio-économiques

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Manifestations et sit-in n'ont pas cessé depuis le mois de novembre, d'abord au nom de la justice pour Mouhcine Fikri, puis pour protester contre la marginalisation du Rif (AFP)






AL HOCEIMA – Il aura fallu de nouveaux affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre pour qu’Al Hoceima, petite ville côtière du nord-est du Maroc, fasse à nouveau parler d’elle dans les médias.
Pourtant, depuis la mort de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson de 31 ans écrasé par une benne à ordures, cette région du Rif ne décolère pas. 
Depuis trois mois, des manifestations et des sit-in sont organisés dans la ville et les villages alentour.
Dimanche, alors que les habitants d’Al Hoceima voulaient commémorer l’anniversaire de la mort d’Abdelkrim el-Khattabi, icône de la région, figure militaire de la résistance contre l’occupation espagnole et française, et fondateur d’une éphémère République indépendante au début du XXe siècle, la situation a dégénéré.

mardi 7 février 2017

Maroc Al Hoceima: une commémoration sous haute tension




Capture d'écran d'une vidéo des événements de Boukidan. © DR
Al Hoceima: une commémoration sous haute tension

De violents heurts ont éclaté le 5 février entre les forces de l'ordre et des manifestants qui voulaient commémorer le décès de Abdelkrim El Khattabi à Al Hoceima et Boukidan.

Al Hoceima est sous tension en ce début d'année. Alors que les forces de l’ordre ont dispersé, le 4 janvier, un sit-in en soutien à Mouhcine Fikri, grossiste de poisson mort broyé le 28 octobre par le mécanisme d'une benne à ordure alors qu'il contestait la saisie de son poisson, de nouveaux heurts ont éclaté le 5 février lors d’une manifestation de commémoration à la mémoire du résistant Abdelkrim El Khattabi, décédé le 6 février 1963.

Des incidents similaires ont été signalés dans le village voisin de Boukidan. Les forces de l’ordre ont "fait barrage aux manifestants de Boukidan" selon Houcine Lamrabet, militant associatif présent  à la manifestation. "Les manifestants ont été empêchés de se rendre à Al Hoceima et vers 15h les affrontements ont commencé", décrit la même source.

mardi 8 novembre 2016

Maroc : pourquoi les manifestations pour Mouhcine Fikri ont réveillé l’esprit du 20 février




Alors que la Conférence des Nations unies sur le climat (COP22) s’ouvre ce lundi à Marrakech, une partie de la société civile tente de faire perdurer les manifestations qui ont suivi la mort du poissonnier, à leurs yeux un nouveau chapitre de la contestation née en 2011.

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 Des hommes en deuil portent le cercueil de Mouhcine Fikri à al-Hoceima (Reuters)


À Nador, Rabat, Casablanca, Agadir, Tétouan, Marrakech ou encore à l’étranger à l’appel de Marocains résidant à Paris ou Bruxelles : ces derniers jours, les manifestations ont débordé d’al- Hoceima, dans le Rif, où Mohcine Fikri, poissonnier, est mort broyé dans une benne à ordures.
À Rabat, 2 000 personnes se sont rassemblées ce dimanche à Bab al-Had, d’où partent généralement les manifestations, pour appeler à la fin de la hogra (l’humiliation, l’arbitraire) et à une réelle enquête sur les circonstances du décès de Fikri.

vendredi 4 novembre 2016

Les leçons d’Al Hoceïma



Edito. Les leçons d’Al Hoceïma

4/11/2016

Edito. Les leçons d’Al Hoceïma
Crédit : TelQuel

Il y a un peu plus de cinq ans à Al Hoceïma, Jamal, Nabil, Jaouad, Sami et Imad sont retrouvés morts dans une agence bancaire. Ils avaient entre 17 et 26 ans. A cette époque, la rue marocaine était en ébullition, et un mouvement de contestation soufflait un vent de révolte sur le royaume. Ces cinq cadavres calcinés, découverts le lendemain du 20-Février 2011, ont vivement ému les habitants d’Al Hoceïma. Dans la rue, occupée par les forces de l’ordre après les débordements et la casse, l’injustice était dénoncée. Les familles des victimes réclamaient la vérité. Ils l’attendent encore. Pire, beaucoup d’informations sur la mort de leur fils, mari et frère leur ont été distillées via les médias, jamais par une autorité soucieuse de leur peine. Dans ce bout du Rif fier et combatif, la méfiance vis-à-vis du Makhzen n’est pas nouvelle, elle est légitime.