Edito. Les leçons d’Al Hoceïma
4/11/2016
Il y a un peu plus de cinq ans à Al Hoceïma, Jamal, Nabil, Jaouad, Sami et Imad sont retrouvés morts dans une agence bancaire.
Ils avaient entre 17 et 26 ans. A cette époque, la rue marocaine était
en ébullition, et un mouvement de contestation soufflait un vent de
révolte sur le royaume. Ces cinq cadavres calcinés, découverts le
lendemain du 20-Février 2011, ont vivement ému les habitants d’Al
Hoceïma. Dans la rue, occupée par les forces de l’ordre après les
débordements et la casse, l’injustice était dénoncée. Les familles des
victimes réclamaient la vérité. Ils l’attendent encore. Pire, beaucoup
d’informations sur la mort de leur fils, mari et frère leur ont été
distillées via les médias, jamais par une autorité soucieuse de leur
peine. Dans ce bout du Rif fier et combatif, la méfiance vis-à-vis du
Makhzen n’est pas nouvelle, elle est légitime.

