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samedi 15 mars 2014

Blocage insolite à l’aéroport du Caire. Nous n’avons pu entrer dans la Bande de Gaza,


Un groupe de femmes pacifistes a été bloqué à l'aéroport du Caire par la sécurité égyptienne, du cinq au six mars. Elles voulaient se rendre à la bande de Gaza lors de la journée internationale de la Femme.


Ce groupe, composé de cent femmes venues d'Europe, du Maghreb, des États-Unis, avait répondu à l'appel au secours des Palestiniennes de la bande de Gaza. Elles voulaient les rejoindre lors de la journée internationale de la Femme, le huit mars. Elles leur avaient collecté des lampes torche à dynamo, car les coupures d'électricité dans cette enclave cloîtrée par Israël sont régulières.
 
Je voulais suivre cette mission pour rendre compte du quotidien des habitants de Gaza. J'avais demandé à Olivia Zemor, la coordinatrice, d'accompagner les participantes. Elle accepta. 
 
Le cinq mars, j'atterris à l’aéroport du Caire aux environs de vingt heures. J'arrive au contrôle des passeports, voyant une quarantaine de femmes bloquées par la sécurité égyptienne. Pourquoi ? Un problème de sécurité au Sinaï, me lancent les autorités. Et où est passée l'autre moitié du groupe ? Une partie est disséminée on ne sait où dans l'aéroport, une vingtaine a déjà passé la douane, une autre a été expulsée.
 
Mairead Corrigan, militante irlandaise, prix Nobel de la paix en 1976, a été expulsée martialement. La police égyptienne a brutalisé la militante américaine Médéa Benjamin, expulsée de même. Ayant un bras cassé et une épaule démunie, elle est dans une clinique à Istanbul. A l’heure actuelle, elle est revenue aux Etats-Unis.
 
Pourquoi cette violence ?  
Aucune réponse. Les autorités égyptiennes utilisent leur seule excuse : problème de sécurité au Sinaï. Elles ont également confisqué les passeports des femmes bloquées, alors qu'ils sont valables, et qu’aucune ne représente un danger. Deux mois auparavant, le gouvernement égyptien fut mis au courant de la mission. Les cent femmes lui avaient envoyé leurs noms et leurs numéros de passeport. Cette procédure servait à obtenir l'entrée au terminal de Rafah, ville frontière avec la bande de Gaza.
 
Le terminal de Rafah est fermé, nous apprend-on. Cela ne justifie nullement l'interdiction d'entrer au Caire, tandis que les autres voyageurs passent tranquillement.
 
« Nous comprenons qu’il est impossible d’aller à la bande de Gaza pour l’instant. Mais on ne nous dit guère pourquoi on nous refuse le Caire. » explique Olivia Zemor à un journaliste de l’Agence France Presse.
 
Je demande à nouveau à la sécurité pourquoi on nous interdit d'aller dans la capitale. Même excuse : problème de sécurité au Sinaï. Voilà de l’entêtement infondé…
 
Il y a un an, entre fin décembre et début janvier, cent vingt personnes avaient participé à une mission semblable, coordonnée également par l’association Europalestine. Ce groupe était entré à la bande de Gaza pendant cinq jours, approuvé par le régime du président égyptien de Mohamed Morsi.
 
À vingt-trois heures, la sécurité apporte des rafraîchissements à la quarantaine de femmes. Acte charitable avec une idée derrière la tête. Après la distribution, plusieurs hommes promettent aux femmes qu'une pièce confortable les attend, avec de la nourriture. Mais elles ne mordent guère à l'hameçon et restent au même endroit pour que les voyageurs sachent qu'elles sont bloquées sans raison valable, que leurs passeports sont confisqués et qu'elles militent contre le blocus imposé par Israël.
 
Bernard Regnauld-Fabre, Consul général de France au Caire, a voulu, selon lui, décoincer le blocage.
 
La première fois, il trompette aux femmes : « Nous ferons le maximum pour vous aider. »
 
La deuxième : « Cela ne s’annonce pas bien du tout. Le mieux est de dire à vos amies que le groupe ne rentrera pas en Égypte. J’ai essayé, mais je ne puis faire autrement. Vous êtes sur des fichiers de sécurité qui interdisent l’entrée dans le pays. »
 
Il a ensuite lâché l'affaire, n’ayant trouvé aucune solution.
 
Quant à l’ambassade de Belgique, puisque parmi les participantes il y a sept belges ? Elle a noté leurs noms et n’a donné aucun retour.
 
Cependant, pourquoi une vingtaine de femmes ont-elles pu franchir la douane ? Mystère intact, même quelques jours après.
 
L’après-midi du lendemain, quelques hommes abordent Olivia Zemor :
 
- Madame, veuillez nous suivre, s’il vous plaît.
- Pourquoi ?
- Madame, venez, vous saurez.
- Je veux une explication !
- Nous avons à vous communiquer plusieurs nouvelles. Et monsieur l’Ambassadeur de France aimerait vous parler par téléphone.
- Vous voulez que je vous suive, et j’ignore si je serai revenue. Vous n’avez qu’à vous adresser à toutes les femmes. Vous leur devez des explications. Elles sont toutes concernées.
 
Les hommes insistent. Olivia Zemor accepte, à condition d’être accompagnée. Je me propose. Les hommes nous conduisent dans un bureau étroit où nous attendent douze hommes moelleusement assis. On me demande d’éteindre tout appareil. Un seul homme se prononce. Il refuse de se présenter et affirme qu’il est là pour aider. La fameuse raison gagne en rigidité :
 
- Madame Zemor, vous devez savoir que cette décision est souveraine. Cela veut dire qu’elle est incontestable. Il n’y a aucune autre explication.
- Monsieur, j’aimerais savoir pourquoi on nous refuse l’entrée au Caire.
- Je vous dis, vous n’aurez aucune autre explication.
- Monsieur, vous ne dites rien, mais je connais la réponse. Israël vous a ordonné ce blocage, car il refuse que nous allions à la bande de Gaza.
 
Le type lui passe un téléphone portable et lui demande d’appeler l’ambassadeur de France en Égypte. Olivia Zemor lui dit tout net ce qu’elle pense de l’aide de la diplomatie française. Mais la conversation est sans nouvelle favorable. Nous avons compris que les autorités égyptiennes veulent que toutes les femmes retournent d’où elles sont venues. Chose faite le soir même.
 
Un séjour à l’aéroport parmi des gardes de sécurité, quelques rafraîchissements offerts au premier jour, une raison louche maintes fois répétée… Charmante visite ! 
 
Source : Investig'Action 

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Chères amies, Chers amis,
Comme vous l’avez sans doute appris, le retentissement médiatique ayant été considérable, nous n’avons pu entrer dans la Bande de Gaza, où nous étions invitées par de nombreuses associations de femmes, à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme.
 Nous avons été bloquées, pour la plupart d’entre nous, à l’aéroport du Caire, par le gouvernement égyptien, qui a bassement relayé son homologue israélien, et ainsi montré au monde entier qu’il collaborait pleinement au blocus de Gaza.
La frontière entre l’Egypte et la Bande de Gaza est en effet hermétiquement fermée, et non pour des raisons de sécurité. En effet, comme viennent de l’écrire des jeunes de Gaza qui lancent à leur tour un appel au secours, de même que le PCHR (Centre Palestinien pour les Droits de l’Homme), le motif sécuritaire n’est qu’un prétexte, puisque la frontière égypto-israélienne de Taba, qui est celle où ont eu lieu récemment des attentats, n’a pas été fermée un seul jour !
Mais qu’a gagné la dictature militaire du général Sisi à nous bloquer au Caire ?
Une grande manifestation qui a duré quelque 48 h dans l’aéroport, au vu et au su de tous les passagers égyptiens et du personnel qui, au grand dam des exécuteurs de basses oeuvres, nous ont manifesté leur approbation et leurs encouragements, montrant qu’ils ne sont pas dupes de la propagande anti-palestinienne gouvernementale.
Les dizaines de femmes venues de différents pays ont transformé ce checkpoint en une véritable dénonciation publique et ridiculisé leurs geôliers à la face du monde, comme vous pouvez en juger par ces images :

Les Palestiniennes qui nous attendaient, nous ont dit à quel point elles étaient fières de notre résistance et de notre solidarité. Plus qu’un passage de quelques jours parmi elles, ce qu’elles attendent de nous, de nous tous, c’est que nous les aidions à ouvrir la grande prison dans laquelle elles se trouvent, que nous les aidions à ne pas dépendre de la charité d’institutions européennes ou autres, que nous les aidions à briser le silence sur la barbarie de ce camp de concentration du 21ème siècle, que nous les aidions à recouvrer la liberté.
Nous vous invitons donc tous à poursuivre la lutte pour cette libération avec elles, avec nous, par tous les moyens à notre disposition : la campagne de boycott contre l’occupant israélien, l’expression publique de notre indignation, nos voix pour les seuls candidats aux élections qui dénoncent l’existence de ce blocus et qui veillent à ce que les commerçants de leur municipalité ne vendent pas les produits illégaux exportés par l’occupant israélien.
Et nous pouvons également demander à tous les élus, à tous les partis, à toutes les associations qui disent « plus jamais ça » d’inviter officiellement des Palestiniennes de la bande de Gaza à venir nous rendre visite en France.
 
Si vous souhaitez en débattre avec nous, avec elles, 
nous vous invitons à une grande réunion
 le samedi 22 mars
 à partir de 17 H
 à la librairie Résistances
 à Paris.
 Au programme : une visioconférence avec des Femmes de Gaza, la projection de films sur notre blocage au Caire et sur notre campagne contre le blocus de Gaza, en présence de nombreuses femmes de la Coalition qui viendront témoigner.
Nous vous informons également que les dons recueillis avant notre départ, et devant être remis à des associations de femmes à Gaza, le seront rapidement. Nous vous tiendrons informés de leur utilisation précise et nous vous remercions à nouveau pour votre solidarité..
Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com

Cinquante Israéliens refusent de faire l'armée pour protester contre "l'occupation" des territoires palestiniens



Ils ont publié une lettre ouverte au Premier ministre Benjamin Netanyahu.






Ils ne cautionnent pas "l'occupation des territoires palestiniens".  Un groupe de 50 jeunes Israéliens a publié une lettre ouverte au Premier ministre Benjamin Netanyahu, expliquant qu'ils refusaient d'effectuer leur service militaire, obligatoire en Israël, sous peine de prison ferme.
"Notre opposition à l'occupation des territoires palestiniens par l'armée israélienne constitue la principale raison de notre refus de servir", indique la lettre, publiée samedi 8 mars, sur la page Facebook de l'organisation pacifiste d'extrême-gauche "Yesh Gvul" [il y a une limite, en hébreu].
Les signataires dénoncent "les violations des droits de l'Homme" en Cisjordanie, les "exécutions, la construction de colonies, les détentions administratives [de Palestiniens], la torture, les punitions collectives et une répartition injuste de l'eau et de l'électricité". Et d'expliciter : "Tout service militaire perpétue la situation actuelle, et de ce fait nous ne pouvons prendre part à un système qui se livre à de tels actes."


183 enfants palestiniens arrêtés par l’armée d'occupation israélienne en janvier

Images invisibles? Cliquez ici...





 Un nouveau rapport indique qu’à la date de fin janvier, 183 enfants palestiniens ont été arrêtés et détenus par les forces d’occupation israéliennes et par la police d’occupation. Ils ont été emprisonnés et poursuivis dans des tribunaux militaires israéliens[1]. Parmi ces 183 enfants, 20 sont âgés de 14 à 15 ans.
La section palestinienne de l’ONG  DCI-PS (Defence Children International – Défense Internationale des Enfants ») a ajouté dans son  Bulletin sur la détention que 75% des enfants détenus en 2013 avaient souffert de violences physiques au cours de leur arrestation et de leurs interrogatoires.  Lire l'article de Nora Barrows-Friedman, traduit en français sur le

site de l'Agence Média Palestine.

Titres des articles de Solidmar parus du 2/3 au 9/3/2014

Belles pages pour la journée internationale de la femme, mais aussi  des la tristesse, des dénonciations de violences, humiliations, régression. Une lueur d’espoir avec le débat diffusé par France Inter lors de l’étonnant festival des étonnants voyageurs...C’est dynamique, prometteur, et sans langue de bois: http://www.franceinter.fr/emission-les-femmes-toute-une-histoire-en-direct-du-festival-des-etonnants-voyageurs-a-rabat-les-fem. Etonnant vraiment !
La lettre à François Hollande fait du bruit. Zakaria Moumni y dénonce la torture qu’il a subie dans les “abattoirs de sa Majesté” où il a vu Hammouchi le torturer ! Silence radio à l’Elysée !
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Sénégal : Ndiaël privés de leurs terres

Par Peuples Solidaires, 14/3/2014

Ne laissons pas le champ libre à Senhuile-Sénéthanol !

Neuf mille personnes de trente-sept villages affectés, plus de vingt-six mille hectares de terres protégées accaparées : au Sénégal, l’entreprise Senhuile SA dépossède des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants de leur unique ressource pour vivre, leurs terres. Pas de prise en compte des droits des populations locales, un accaparement de terres honteux, une mise en péril directe de la sécurité alimentaire des habitant-e-s de la région de Ndiaël : la liste est longue ! 
Afin de défendre leurs droits, les communautés locales, qui s’opposent au projet depuis le début, ont créé le Collectif pour la défense de la réserve de Ndiaël.
 Les multiples protestations de Peuples Solidaires, des communautés et des sept partenaires de l’Appel Urgent (GRAIN, Re:Common, Oakland Institue, ActionAid Italie, ActionAid Sénégal, le CNCR et ENDA Pronat) auprès de l’entreprise Senhuile-Senethanol n’ont pas apporté de solutions satisfaisantes.
Aidez-nous à mettre un terme à ce projet scandaleux en signant cet Appel Urgent !
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Lettre à M. Tampieri, actionnaire principal de l’entreprise Senhuile SA :

J’ai été informé-e que vos opérations dans la région de Ndiaël au Sénégal affectent 37 villages et constituent un risque majeur pour la sécurité alimentaire de près de 9 000 habitant-e-s qui se voient privé-e-s d’un accès à leurs pâturages et aux sources d’eau et aux infrastructures sociales de base. Aussi, en solidarité avec les communautés de Ndiaël, je vous demande d’agir immédiatement afin que : 
- Senhuile SA cesse toute opération et se retire de la zone
- tout futur projet d’investissement fasse au préalable l’objet de consultations auprès du Collectif des 37 villages pour la défense de la réserve de Ndiaël. 
Je vous remercie par avance de votre action pour mettre fin à ce drame et vous prie d’agréer, Monsieur le directeur, l’expression de mes salutations distinguées.
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Pour en savoir plus et pour signer

Consulter le dossier complet sur notre site internet





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jeudi 13 mars 2014

La torture au Maroc, "une politique d’Etat" , d'après militants des droits de l’homme en France


Exemples de torture au Maroc
Paris,(SPS) 12/3/2014.-

 Des militants des droits de l’homme en France ont affirmé que "la torture au Maroc est une politique d’Etat" fustigeant le "silence" tant des intellectuels et des médias que des partis dominants en France, qui sacrifient leurs principes sur l’autel d’intérêts économiques avec Rabat.

Sériant des cas jugés "concrets" de torture dans le royaume dont le plus récent est celui du champion du monde de Kick Boxing, Zakaria Moumni, qui a eu la "mauvaise" idée de réclamer des droits (l’application d’un décret royal donnant droit à une indemnité aux champions du monde marocains) avant d’être enlevé, emprisonné, torturé et enfin gracié, les militants marocains estiment que ces faits "mènent à penser que la pratique de la torture au Maroc, par son caractère systématique, est une politique d’Etat".
"Elle est un des maillons d’un système répressif ancré au cœur des mécanismes du pouvoir. Comme le reste des régimes despotiques, malgré une façade démocratique, le pouvoir en place dispose d’un vaste arsenal d’interventions pour contrer les mouvements sociaux et démocratiques qui combattent l’arbitraire policier, la corruption et les politiques anti sociales au service d’une logique de prédation internationale et locale menée et soutenue au plus haut niveau de l’appareil d’Etat", précisent-ils dans une déclaration conjointe parvenue lundi à l’APS.
Les auteurs du document, des militants du Mouvement du 20 février 2011, regrettent qu’en France tout comme au Maroc, intellectuels, médias et partis institutionnels dominants sont "totalement muets face à une situation pourtant connue".
"Sans doute, le rôle que joue le pouvoir marocain comme tête de pont et allié stratégique dans le maintien de la Françafrique, le poids des intérêts des entreprises du CAC 40, la défense de l’Europe forteresse y sont pour beaucoup", soutiennent-ils, estimant qu’il serait judicieux d’ouvrir une "enquête détaillée" sur les coopérations sécuritaires, qui, selon eux, "loin d’être seulement techniques, aboutissent à transférer un savoir-faire dans +la gestion des débordements sociaux+et à faire face, par tous les moyens, au risque d’un soulèvement populaire".
Pour eux, cette "complicité" va jusqu’au soutien affiché des initiatives royales pour leur donner un "label démocratique" avec l’aval de la communauté internationale."Au Maroc, on réprime, on torture, on assassine dans l’impunité totale", rappellent les militants des droits de l’homme marocains, affirmant ne pas pouvoir se résigner à cette situation et qu’il est "urgent que se développe un large mouvement de solidarité contre la pratique de la torture et la répression sous toutes ses formes au Maroc".
Cela représenterait, à leur sens, une condition pour "dessiner un avenir démocratique pour (le) peuple mais aussi pour une région où l’exigence d’un changement radical soit portée par des dynamiques progressistes".

L’impunité, maitre-mot
Entre-temps, les militants signataires de la déclaration relèvent que la pratique de la torture demeure "impunie" dans le royaume."L’impunité des tortionnaires, l’absence d’enquêtes indépendantes, la répétition fréquente d’actes de +peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant+ sans poursuite des responsables, le retour à l’enfermement carcéral, dans des conditions inhumaines, pour les voix dissidentes (comme en témoigne la longue liste des prisonniers politiques) appuieraient l’interprétation que l’Etat marocain a recours systématiquement à la torture", précisent-ils.
Et de rappeler qu’en 2000-2001, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait publié une liste des noms de responsables (certains toujours en poste), pour lesquels l’association dispose de présomptions sur leur implication dans les crimes d'enlèvements, d'assassinats, d'arrestations arbitraires et de torture.
Au terme de sa mission menée du 15 au 22 septembre 2012 au Maroc, le rapporteur spécial des Nations Unies, Juan Mendes, avait évoqué, dans un rapport rendu public, un "recours accru aux actes de torture et aux mauvais traitements lors de l'arrestation et pendant la détention", se disant "vivement préoccupé par plusieurs témoignages relatifs au recours à la torture et aux mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale".
Un constat d'ailleurs corroboré par le Conseil marocain des droits de l’homme qui, dans un rapport officiel publié en octobre 2012, concédait que les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du royaume. (SPS)

mercredi 12 mars 2014

La Cimade : Méditerranée : espace de mobilités et de turbulences


Journée de décryptage des enjeux actuels - Vendredi 4 avril 2014, de 9h à 17h Villa Méditerranée, Esplanade du J4, Marseille.
Ouverte à tou.te.s, entrée libre sur inscription.


L’espace méditerranéen a toujours été un carrefour de mobilités et d’échanges au sein duquel se sont peu à peu érigés « des murs de séparation ». Des enjeux historiques, politiques, économiques et migratoires expliquent la complexité de cette « rupture » qui constitue une entrave à la circulation dans cet espace euro-méditerranéen.
La Cimade, en partenariat avec la Villa Méditerranée, l’institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO) et avec le soutien de la Fondation René Seydoux pour le monde méditerranéen, propose une journée de décryptage sur cet espace de mobilités et de turbulences.



Programme de la journée :

9h00-9h30 Accueil des participants
9h30-10h Ouverture de la journée avec allocutions de la Villa Méditerranée, l’iReMMO et la Cimade
10h00-13h00 Tables-rondes - Amphithéâtre

Modératrice : Chloé Fraisse-Bonnaud, Directrice-adjointe de l’iReMMO.

Table-ronde 1 (10h00 - 11h30) Eclairage historique, enjeux économiques et dimension post-révolution
Métamorphoses et usages de l’idée méditerranéenne
Jean-Robert Henry, Directeur de recherches émérite au CNRS, IREMAM, Aix-Marseille Université
Enjeux politiques et économiques des relations euro-méditerranéennes
Jacques Ould Aoudia, Chercheur-spécialiste en économie politique du développement
Tunisie : dimension post-révolution. Présentation historique du clivage modernistes/islamistes actuels et conséquences
Eric Gobe, Politologue, chercheur à l'Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman au CNRS, IREMAM et directeur scientifique et rédacteur en chef de la revue L'Année du Maghreb

Débat : 30 minutes
11h30-11h40         Pause

Table-ronde 2 (11h45 - 13h) Politiques migratoires et droits fondamentaux
Nouvelle politique migratoire au Maroc
Mehdi Alioua, Sociologue et Président du groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM)
Eclairage régional (Libye, Egypte, Tunisie) sur la situation des migrants et réfugiés et les actions menées par les acteurs des sociétés civiles
Geneviève Jacques, Présidente de La Cimade

Débat : 25 minutes
Bruno Ulmer, Réalisateur : Présentation du parcours d’exposition Plus loin que l’horizon sur les mobilités en Méditerranée
Les parcours d’exposition Plus loin que l’horizon et Echelles des temps peuvent se visiter librement pendant la pause déjeuner et jusqu’à 22h.

13h00-14h30 Déjeuner

14h30-17h00 Temps réservé à La Cimade - Amphithéâtre
Table-ronde (14h30-17h00)
Espace euro-méditerranéen : entre business sécuritaire et droit à la mobilité
Modérateur : Jean-Pierre Cavalié (La Cimade)
Comment l’outil technologique fait la politique
Claire Rodier,  Co-fondatrice du réseau Migreurop, auteur de l’ouvrage Xénophobie business. A quoi servent les contrôles migratoires ?
Libre circulation dans l’espace euro-méditerranéen : de l’idéal au politique
Antoine Pécoud, Professeur de sociologie à l’Université de Paris XIII, co-coordinateur de l’ouvrage Migrations sans frontières.






Imider : 18éme anniversaire du soulèvement de 1996. La population ne baisse pas les bras.



IMIDER : les manifestants  commémorent le 18éme anniversaire du soulèvement de 1996, et condamnent l'intervention violente des forces répressives à leur encontre le 10 Mars de la même année.


Les habitants de la commune rurale d’IMIDER sont sortis aujourd’hui  dans une marche de protestation en commémorant l'attaque brutale qu'a subie la population en sit-in le 10 Mars 1996, sans avoir à présent une   réponse  à une seule de leurs revendications qu'ils défendent, et qui sont presque les même revendiquées  durant les protestations du plus long Sit-in ouvert au Maroc depuis 2011.


 En ce jour de l'année 1996, les forces de répression étaient intervenues violemment afin de rompre le sit-in implanté au voisinage de la route nationale N ° 10 au  pied du mont "ALBBAN". Après 45 jours de persévérance sous les défis d'un hiver froid, les manifestants ont subi les mauvais  traitements des forces publiques envers eux. Il y a eu  des arrestations et des blessures de gravité variable et le pillage des biens. Un militant a été tué à cause  des complications de la détention et de son  emprisonnementPar la suite, ils ont imposé une approche terroriste contre les villageois pour empêcher les rassemblements et la libre circulation dans les villages de la commune.

Ces événements tragiques sont témoins de la complicité des autorités du Makhzen avec les contrôleurs de la SMI, subversive de la richesse de la région et qui n'a jamais pensé au développement et à la survie des habitants riverains, en dépit de ce qui a été dit, déclaré et médiatisé .C'est un oubli de l'époque de l'effondrement et du travail sur un État de droit et de la loi ... tous ces slogans…la population ne les voit pas ,elle attend la disparition de la tyrannie, des pilleurs des richesses et de l’injustice, mais le sabotage de l’environnement et l'exclusion sont des  politiques actuelles de la SMI, protégée jusqu'à présent par les pouvoirs publics, le pouvoir judiciaire, …etc.


L’épopée d’IMIDER en 1996 est une étincelle allumée dans les cœurs des militants refusant le recul malgré la répression et l'intimidation, toujours la flamme de l'espoir est présente, le rattachement aux droits légitimes pillés est encore vivant, tatoué dans la mémoire collective du peuple d’Imider, ce qui a abouti à un sit-in héroïque depuis 2011, et continue à ce jour sur le mont Albban , encadré par le mouvement sur ​​la voie de 96 (MSV96),  qui a tiré son nom de la révolte glorieuse de 1996.

dimanche 9 mars 2014

Journée de la femme sans aucune galanterie à Elaaiun occupé

EM, Sahara Occidental occupé, 9/3/2014

Ce 8 mars 2014 à El Aaiun occupé, les femmes sahrouies ont tenté de manifester leur solidarité avec les femmes du monde entier et leur rejet de l'occupation du Sahara Occidental. La police marocaine ayant encerclé la place prévue pour la manifestation, 50 Sahraouis ont réussi à passer, alors que 200 manifestants ont été refoulés. L'appel à manifester était lancé pour 17h.

La police a dispersé violemment les manifestants regroupés chara Smara, ne laissant au groupe que quelques minutes d'expression.

Des journalistes informés de cette manifestation avaient pris place à des endroits stratégiques bien avant l'heure annoncée de l'événement, pour pouvoir rapporter en image les revendications.
A 16h, Lafkir Laghdaf de l'équipe Media, Khaled Rouhi photographe de groupe information Sahara Occidental,  et un troisième photographe dont le nom n'a pas été communiqué, ont été arrêtés  sur le toit d'un immeuble de l'avenue Smara. Les policiers semblaient être bien informés.
Les trois journalistes ont été transportés à bord d'une voiture de police vers la préfecture, et 7h après il n'y a aucune information sur leur sort.

L'arrestation de ces trois journalistes sahraouis suit de quelques semaines l'arrestation de quatre autres journalistes sahraouis d'une même équipe à un barrage de police à Sidi Ifni au sud du Maroc. Ceux ci ont été condamnés très rapidement en première instance à des peines allant de quatre à six mois de prison ferme.

La visite d'un agent de la police judiciaire du commissariat du Salé (nord de Rabat) au prisonnier politique Mohamed Tahlil, détenu avec le groupe "Gdaim Izik" semble entrer dans le même cadre de tentative d'empêcher le travail de témoignage et journalisme sur ce qui se passe au Sahara Occidental occupé. L'agent a en effet enquêté sur les accusations portées contre Mohamed Tahlil d'avoir attaqué cinq policiers à El Aaiun occupée en 2010. Selon Mohamed Tahlil, les questions cherchaient à incriminer l'activiste des droits de l'homme Hassanna Duihi dans la même affaire.



Ajout 9 mars : les journalistes ont été libérés, leur matériel confisqué