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mercredi 19 février 2014

l'ONU appelle à la libération immédiate du journaliste Mustapha El Hasnaoui


Par Alkarama, 18 Février 2014


images 1Dans une décision récemment rendue publique, le Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations Unies a appelé à la libération immédiate de Mustapha El Hasnaoui, un journaliste et défenseur des droits de l'homme marocain de 34 ans condamné le 11 juillet 2013 par la Cour de Rabat à 4 ans de prison pour « terrorisme ». 
Les experts de l'ONU considèrent que sa détention est arbitraire « dans la mesure où elle se fonde sur le légitime exercice de ses droits humains à la liberté de pensée, d'opinion, d'expression et de religion, ainsi que ses activités de défense des personnes persécutées en raison de leurs pensées, idéologies ou opinions ».

L'Affaire El Hasnaoui
Dans le cadre de ses activités de journaliste et de militant des droits de l'homme, Mustapha El Hasnaoui a documenté et dénoncé de nombreux cas de violations de droits dans l'homme dans le pays, en particulier dans les milieux islamistes victimes d'une vaste campagne de répression à la suite des attentats de Casablanca de 2003.

Il été arrêté à l'aéroport de Casablanca le 11 mai 2013 après avoir été refoulé par les autorités turques à Istanbul où il s'était rendu pour effectuer un reportage sur les camps de réfugiés syriens. Libéré le même jour, il a été convoqué 5 jours plus tard au commissariat de Maarif à Casablanca par la police judiciaire.

A son arrivée, il a été immédiatement arrêté et placé en garde à vue sans qu'aucun motif légal ne lui soit notifié. Il a été interrogé pendant de longues heures sur ses activités de journaliste, ses convictions politiques, ainsi que sur ses activités de défenseur des droits de l'homme et ses contacts avec les familles de détenus accusés d'appartenir à la Salafiya Djihadiya (mouvement salafiste djihadiste)

Aucune accusation claire ne lui a été notifiée et aucun fait précis ne semblait lui être reproché, sinon son refus d'accepter les propositions réitérées de la police à les informer sur les activités des personnes proches des milieux salafistes.

La garde à vue de Mustapha El Hasnaoui a duré douze jours, la durée maximum prévue par la loi, sans aucun motif légal, ni aucune nécessité liée à une enquête, qui dans son cas a été réduite à un interrogatoire, sur les convictions politiques du prévenu. Au douzième jour de détention, un officier de la police judiciaire lui a assuré que la procédure était terminée, qu'aucun fait ne lui était finalement reproché et qu'il serait libéré après avoir signé le procès verbal d'audition lui assurant que ses déclarations avaient été fidèlement notées. Très affecté par sa longue détention en garde à vue et pressé par l'officier d'apposer son paraphe, il a finalement accepté de signer sans relire le contenu du document.

Il a donc été surpris de se voir présenter le même jour devant le procureur du Roi du tribunal de Salé le 27 mai 2013. Bien qu'aucun fait établi ne lui ait été imputé, le juge d'instruction a cependant, contre toute attente, décidé de l'inculper de « constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes dans le cadre d'une entreprise collective visant l'atteinte grave à l'ordre public par l'intimidation, la terreur ou la violence » et ordonné sa détention préventive à la prison de Salé.

Cette accusation est d'autant plus étonnante qu'aucune autre personne que Mustapha El Hasnaoui n'est citée ou poursuivie dans cette affaire de prétendue « bande criminelle » agissant dans le cadre « d'une entreprise collective » et qu'aucun fait précis punissable n'a été établi tant au cours de l'enquête de police que pendant l'instruction judiciaire.

Mustapha El Hasnaoui a ainsi été déféré devant la cour d'appel de Rabat le 11 juillet 2013. Lors de l'audience, il a nié avoir commis les faits qui lui ont été reprochés et a justifié ses relations avec les milieux salafistes par ses activités de défenseur des droits de l'homme et de journaliste préoccupé par cette thématique.Malgré ces explications, et sans qu'aucun élément matériel ne vienne étayer ou confirmer les charges pesant contre lui, il a été condamné à quatre ans de prison ferme.

Ce qu'en disent les experts de l'ONU
Le Groupe de travail sur la détention arbitraire considère que Mustapha El Hasnaoui est détenu arbitrairement, notamment en raison de l'exercice légitime de son droit à la liberté d'expression et pour avoir défendu les droits de personnes persécutées pour leurs opinions.

Les experts affirment qu'il a été victime de graves violations de ses droits fondamentaux et qu'il n'a pas bénéficié de procès équitable. Ils n'excluent pas que les mesures de persécution dont il a été victime soient liées aux contacts qu'il a établis avec des personnes liées au mouvement salafiste.

Le Groupe de travail ajoute : « les accusations formulées contre M. El Hasnaoui ne font référence à aucune activité violente et encore moins terroriste. Aucun acte de terrorisme ne [lui a] été imputé. Ses activités de défense des droits de l'homme, ainsi que ses activités comme intellectuel et journaliste semblant être parfaitement licites ».

Alkarama appelle les autorités marocaines à mettre en œuvre la décision du Groupe de travail des Nations Unies en libérant immédiatement Mustapha El Hasnaoui et en lui accordant une réparation adéquate pour le grave préjudice subi du fait de sa privation arbitraire de liberté.

mardi 5 mars 2013

Le rapporteur de l'ONU sur la torture "très inquiet" de la comparution de prisonniers sahraouis devant un tribunal militaire






Le rapporteur de l'ONU sur la torture, M. Juan Mendez, s'est dit "très inquiet" de la présentation, par les autorités marocaines, des prisonniers sahraouis de Gdeim Izik devant un tribunal militaire. 
Dans un rapport présenté au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, lors de sa session à Genève, le rapporteur de l'ONU a précisé "avoir reçu des témoignages affirmant que les prisonniers sahraouis ont subi des tortures, des sévices et des viols et que leur état de santé s'est dégradé en raison des conditions de détention". 
Il a indiqué que le procès avait été reporté à plusieurs reprises "sans qu'aucun motif ne soit donné", ajoutant que le tribunal "a rendu son verdict le 17 février en rejetant toutes les requêtes formulées pour que des enquêtes soient menées sur les cas de torture et de viol"
Le rapporteur onusien a en outre noté que le tribunal "n'a pas rendu de jugement écrit", se disant "très inquiet" du "refus du tribunal d'enquêter sur les tortures subies par les prisonniers sahraouis deux années durant". Pour M. Mendez, la comparution de civils devant un tribunal militaire est la preuve même que le procès est "inique" et "manque de transparence", d'où, a-t-il dit, "le refus d'enquêter sur les tortures et les sévices".
Au Sahara Occidental, “il y a de nombreuses preuves d'une utilisation excessive de la force. Chaque fois qu'il est question de sécurité nationale, il y a une tendance à utiliser la torture dans les interrogatoires”, avait-il souligné dans son rapport et il n'a pas manqué de citer les “nombreux cas de brutalités policières”, ainsi que l'importante présence policière et militaire au Sahara Occidental.

M. Mendez s'est rendu au Maroc et au Sahara Occidental au mois de septembre 2012.

mardi 2 octobre 2012

Abdelkader Belliraj raconté par sa femme


Par Rachida Belliraj, demainonline, 2/10/2012
Rachida Belliraj (Photo Demain)
Je m’appelle Rachida Belliraj, et je suis l’épouse d’Abdelkader Belliraj. Je suis actuellement au Maroc pour rendre visite à mon mari qui se trouve en prison.
Je suis la mère de trois enfants : Anas, Oussama, Yassine. Mon mari est détenu depuis presque cinq ans maintenant. Je vis avec mes enfants en Belgique, dans la ville de Gand, et nous vivons comme une famille séparée. C’est certainement très difficile pour les enfants.
Quand Abdelkader a quitté notre maison pour la dernière fois, le plus petit de nos fils avait trois ans et demi, aujourd’hui Yassine a huit ans. Mes autres enfants sont maintenant dans l’âge de l’adolescence.
C’est sûr, ce n’est pas facile sans leur père, ils ont besoin de lui, mais malheureusement, il n’est pas là, il est détenu ici, et on ne peut le voir qu’une seule fois par an, pendant les vacances scolaires et pour une durée d’un mois.

D’une façon générale la vie est devenue difficile sans Abdelkader. Et cette détention est incompréhensible, nous ne savons pas pourquoi on nous fait subir cette séparation.
Le dossier judiciaire avait déjà été traité avant l’arrivée du nouveau gouvernement d’Abdelilah Benkirane, et avant que Mustapha Ramid ne soit devenu ministre de la justice.
Mustapha Ramid
Ramid, avocat, était parmi ceux qui défendaient le dossier Belliraj, le dossier qu’on appelle ici « Les six politiques ». J’avais de l’espoir car Ramid est de ceux qui connaissent le mieux le dossier de mon mari, et une fois ministre de la justice, nous espérions vraiment qu’il allait régler cette situation intolérable.
On avait l’espoir qu’avec l’arrivée de ce nouveau gouvernement, et avec Ramid comme ministre de la justice, il allait y avoir une amélioration dans ce dossier.
Quand nous revoyons toutes les déclarations de Ramid du temps de la lutte pour la libération des « six politiques », et la manière dont il s’est dirigé à Mohamed El Marouani [NDLR : président du Mouvement pour la Oumma, l'un des "six politiques"] : « Attention à ne pas oublier le groupe qui reste en prison derrière toi. Il faut tout faire pour pour que le reste des détenus retrouve la liberté. » Ces propos, vous pouvez les retrouver sur Youtube.
C’est pour cela qu’on a été surpris, à notre arrivée au Maroc, d’entendre sa réaction face aux femmes des détenus et dire que le dossier Belliraj n’était pas sa priorité pour le moment. Il le consultera l’année prochaine, quand il aura du temps libre.
C’est sûr, on est désagréablement surpris.C’était une déception, on a été déçus.
On imaginait vraiment mieux, on était optimistes avec ce nouveau gouvernement. C’est vrai qu’au début nous étions contents. Mais aujourd’hui, nous sommes extrêmement déçus des déclarations de Ramid.
Quand j’ai visité Abdelkader Belliraj j’ai découvert un homme affaibli physiquement, car il avait entamé une grève de la faim pendant un mois, juste avant notre arrivée au Maroc. Du point de vue de sa corpulence, il a perdu pas mal de kilos. Mais Dieu merci, il y a eu l’intervention de Mme Khadija Rouissi. Elle a pu le voir en prison et le convaincre d’arrêter sa grève, ou du moins de la suspendre. J’étais contente lorsque je suis arrivée, car il ne faisait pas de grève.
En ce qui concerne ces cinq années de détention, est-ce qu’il y a eu un changement, une amélioration dans ce dossier ?
Tout d’abord, Abdelkader à été arrêté à Marrakech et non à l’aéroport comme nous l’avons entendre dans les médias et par la bouche du ministre de la justice.
Abdelkader a été enlevé dans un café et a disparu pendant un mois. Nous l’avons cherché partout : dans les commissariats, dans les hôpitaux, mais en vain !
C’est par les médias et par intermédiaire du ministre de l’intérieur que nous avons appris qu’Abdelkader avait été incarcéré.
Abdelkader Belliraj
Il a été enlevé, puis torturé. La famille a encaissé le coup, nous ne savions pas où était Abdelkader et le pourquoi de sa disparition. Du jour au lendemain, Abdelkader est devenu l’ennemi public n°1 au Maroc, et cette affaire, l’affaire du siècle.
Le ministre de l’intérieur a donné des informations aux médias avant même qu’Abdelkader ne soit présenté devant un juge. Une violation flagrante du secret de l’instruction. Puis quand une question lui a été posée sur ce détail, il a simplement répondu que ce n’était qu’un détail futile et sans importance.
Dans un véritable État de droit, c’est une violation flagrante des procédures judiciaires. Avant qu’Abdelkader ne soit présenté à la justice, avant toute enquête, des informations vraies et fausses paraissaient dans la presse.
Après un an de procès et plus d’une centaine de séances, Abdelkader a été condamné à vie en première instance, une peine qui a été confirmée en appel.
Dès ce moment, ma maison en Belgique est devenue la destination prisée des médias belges et marocains et parmi eux la deuxième chaîne de télévision publique marocaine, 2M. J’ai même été poursuivie par les médias en voiture lors de la conduite de mes enfants à l’école pour une déclaration.
Ils m’ont demandé une déclaration en face de l’école, devant tous les parents. J’ai refusé, c’était honteux, et ils ont continué… Un lynchage médiatique sans précédent. Vingt années de vie commune avec Abdelkader et je n’avais jamais rien vu rien de tel ou ressenti qui pouvait amener à la situation actuelle. Abdelkader qui a vécu quarante années en Belgique n’a aucune relation avec cette soit disant « affaire Belliraj »

samedi 26 novembre 2011

Scandaleux jugement expéditif et 15 ans de taule pour le belgo-marocain Ali Aarrass


Par Amine Bouderaâ, demainonline, 25/11/2011
L'épouse d'Ali Aarrass

Rabat.- Ali Aarrass, un jeune belgo-marocain suspecté d’avoir entretenu des relations avec le mystérieux réseau d’Abdelkader Belliraj, a été condamné le jeudi 24 novembre à 15 ans d’emprisonnement ferme par le tribunal spécial chargé des affaires de terrorisme de Salé. Aarrass avait été arrêté en Espagne en 2008, et extradé au Maroc au nom des « bonnes relations » entretenues alors entre le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero et le Makhzen.

Les membres de sa famille ont toujours clamé son innocence et affirmé qu’il avait été, comme bien d’autres avant lui (voir à cet effet les centaines de témoignages vidéo qui circulent sur You Tube), victime des tortures pratiquées dans les geôles secrètes de la DST à Témara.

Selon les avocats d’Ali Aarrass, il s’agit d’une « parodie de justice » car le jeune belgo-marocain a été condamné « sur la base d’aveux extorqués sous la torture« .

Dans un communiqué les avocats belges d’Aarrass s’insurgent :

« Le procès s’est déroulé le 24 novembre devant trois magistrats (…) Malgré l’absence de tout élément de preuve objectif, notamment des déclarations de ses prétendus accusateurs, Ali Aarrass a été condamné à quinze ans d’emprisonnement sur la seule base de ses aveux obtenus sous la torture. Ne répondant à aucun des arguments juridiques et factuels soulevés par la défense au cours de plus de trois heures de plaidoiries et au travers de conclusions écrites, les magistrats ont pris leur décision en à peine plus d’une heure.

Plus choquant encore, alors que la réouverture de l’audience était prévue pour 16h, les magistrats ont prononcé la sentence en l’absence des avocats de la défense, de la famille d’Ali Aarrass et des nombreuses personnes venues le soutenir. Ali Aarrass s’est retrouvé seul face à ses juges pour entendre ce verdict inique. L’interprète n’avait même pas été appelé par la Cour. Ali Aarrass n’a donc pas compris le jugement qui a été prononcé. Ce sont ses avocats qui ont dû le lui expliquer dans les geôles du palais de justice »

Ses avocats rappellent que « les autorités marocaines ont refusé d’enquêter sur la plainte déposée par Ali Aarrass pour la torture qu’il a subie en garde-à-vue. Il y a pourtant des devoirs d’enquête élémentaires qui auraient dû être réalisés avant de pouvoir considérer qu’il n’y aurait pas matière à sanctionner : entendre Ali Aarrass de manière approfondie, le confronter avec tous les agents« .

Oui mais pour cela, chers maîtres, il faudrait que le Maroc soit une démocratie, ! Il ne l’est pas pour le moment.

Les défenseurs d’Ali Aarrass ont d’ores et déjà saisi le Comité des Nations Unies contre la Torture et le Comité des Droits de l’Homme.

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Un des commentaires  pour “Jugement expéditif et 15 ans de taule pour le belgo-marocain Ali Aarrass”
Citoyen
« Ali Aarrass, un jeune belgo-marocain [ il n'a jamais été marocain de sa vie, né à Melilla, donc en Espagne, et a grandi en Belgique où il a même fait son service militaire ! ] condamné… par le tribunal spécial chargé des affaires de terrorisme de Salé. » !
Dans aucune juridiction au monde, il n’existe des tribunaux spéciaux chargé des affaires de terrorisme !
C’est une pure invention des médias parisiens !
C’est un tribunal d’exception au service du Makhzen !
Cette info a failli passer inaperçue compte tenu de l’actualité chargée liée à cette mascarade électorale !

Condamner un innocent à cette lourde peine, cela veut dire que le Makhzen suprême a reçu le feu vert de ses complices-protecteurs pour faire peur à ses opposants dits « binationaux » qui le dénoncent vigoureusement… !

Le Makhzen croit faire de la dissuasion ! Au contraire, ce sont ses, ces injustices qui vont encore mieux accélérer sa chute !
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Parodie de justice jusqu’au bout :

Le Maroc condamne Ali AARRASS à quinze ans d’emprisonnement sur base d’aveux extorqués sous la torture !

Communiqué du Cabinet d'avocats Jus Cogens - 25/11/2011
Ce 24 novembre 2011, le procès d’Ali AARRASS s’est déroulé devant trois magistrats de la Cour d’appel de Rabat siégeant à Salé.

Malgré l’absence de tout élément de preuve objectif [1], notamment des déclarations de ses prétendus accusateurs, Ali AARRASS a été condamné à quinze ans d’emprisonnement sur la seule base de ses aveux obtenus sous la torture.

Ne répondant à aucun des arguments juridiques et factuels soulevés par la défense au cours de plus de trois heures de plaidoiries et au travers de conclusions écrites, les magistrats ont pris leur décision en à peine plus d’une heure.

Plus choquant encore, alors que la réouverture de l’audience était prévue pour 16h, les magistrats ont prononcé la sentence en l’absence des avocats de la défense, de la famille d’Ali AARRASS et des nombreuses personnes venues le soutenir. Ali AARRASS s’est retrouvé seul face à ses juges pour entendre ce verdict inique. L’interprète n’avait même pas été appelé par la Cour. Ali AARRASS n’a donc pas compris le jugement qui a été prononcé. Ce sont ses avocats qui ont dû le lui expliquer dans les geôles du palais de justice.

Le collectif de défense ne peut que constater qu’il s’agit d’une pression supplémentaire exercée sur Ali AARRASS. Après la torture et les conditions de détention extrêmement pénibles, Ali AARRASS étant placé en régime d’isolement sévère, cet évènement s’ajoute encore au fait qu’aucun entretien confidentiel n’est autorisé entre Ali et ses avocats.

Parallèlement à cette sordide condamnation, il faut rappeler que les autorités marocaines ont refusé d’enquêter sur la plainte déposée par Ali AARRASS pour la torture qu’il a subie en garde-à-vue. Il y a pourtant des devoirs d’enquête élémentaires qui auraient dû être réalisés avant de pouvoir considérer qu’il n’y aurait pas matière à sanctionner : entendre Ali AARRASS de manière approfondie, le confronter avec tous les agents s’étant « occupés » de lui pendant sa garde-à-vue, réaliser une expertise médicale, la comparer avec le dossier médical espagnol, … Le Maroc n’a rien fait !

Est-ce étonnant ? Pas vraiment. Ces même magistrats avaient statué dans l’affaire « Belliraj » et avaient condamnés les inculpés à des peines d’emprisonnement extrêmement lourdes, malgré les allégations persistantes de torture et les nombreuses violations du droit au procès équitable, constatées tant par les ONG [2] que par des observateurs officiels [3].

Honteusement pour le Maroc, ces juges persistent dans leur pratique contraire aux droits humains les plus fondamentaux. Ces magistrats avaient pourtant été désavoués par le roi Mohamed VI, qui a accordé la grâce à plusieurs personnes condamnées à vingt ans d’emprisonnement dans le dossier « Belliraj ».

Est-ce que la justice remplacera un jour l’injustice au Maroc ?

Quoi qu’il en soit, le combat continue pour Ali AARRASS, qui a d’ores et déjà saisi le Comité des Nations Unies contre la Torture et le Comité des Droits de l’Homme.
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[1] Le dossier marocain ne contient aucun devoir tel une perquisition chez Ali AARRASS, des écoutes téléphoniques, des analyse ADN, …

[2] Cf. notamment : Commission arabe des droits humains, « Rapport d’observation du procès des six détenus politiques au Maroc – Affaire Belliraj », 10/12/2009

[3] Tel le Consul belge, cf. Document paru sur Wikileaks de l’ambassade US de Rabat, sujet « Landmark terrorism case raises human rights »
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Le 23/11/2011 Le Matin (via La MAP) glorifiait le régime, spécialiste des procès truqués...
    "La Constitution ouvre des horizons nouveaux au Maroc, parce qu'elle le place au rang des premiers États démocratiques du Monde." ....   
Sans commentaire...(ndlr) 
et sans complexe..et sans peur du ridicule....  

vendredi 17 juin 2011

Saddik Kabouri condamné à 30 mois de prison

Par Ali Fkir, 17/6/2011
Saddik ou Seddik KABBOURI:
- est né, a grandi et travaille (enseignant) à Bouarfa la résistante (Est du Maroc, province de Figuig)
- Cadre de l'AMDH
- Cadre syndical de la CDT
- Symbole des mouvements sociaux dans la région (coordinateur de la Tansikia contre la cherté de la vie...)
- militant du mouvement du 20 février (solidaire des jeunes et agissant sur le terrain)
....
vient d'être condamné (aujourd'hui 17 juin 2011) à deux ans et demi (30 mois) de prison ferme.
Il a été arbitrairement arrêté suite à un mouvement de protestation ( le 18 mai 2011) contre la répression dont furent victimes des jeunes diplômé-es enchômagé-es en lutte pacifique pour leurs légitimes revendications ( droit au travail sans discrimination aucune, sans "piston", sans "pots de vin", sans corruption...).
KABBOURI n'avait fait qu'exprimer CALMEMENT sa solidarité avec les victimes de l'arbitraire. Il n'avait fait que son devoir de militant de la défense des droits humains, son devoir de militant des causes sociales justes...
MOBILISONS NOUS POUR IMPOSER LA LIBÉRATION DE:
- KABBOURI, MILITANT SYNDICAL, MILITANT DES DROITS HUMAINS, MILITANT ASSOCIATIF...
- CHENNOU, MILITANT SYNDICAL, condamné à 2 ans et 6 mois de prison ferme
- Les 7 citoyens condamnés à 3 ans de prison ferme
- Le citoyen condamné à 2 ans 10 mois de prison
Toutes ces victimes de l'arbitraire (10) sont condamnées aujourd'hui à Bouarfa.Le procès inique a débuté le jeudi 16 juin 2011, les condamnations ont été annoncées le vendredi 17 juin à 7h du matin
LA SOLIDARITÉ NOUS INTERPELLE
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NOUS SOMMES TOUS KEBBOURI SEDDIK


2ANS ET DEMI FERME
POUR LE MILITANT SADDIK KABBOURI !!!
IL ETAIT PRESQUE 7H DU MAT
2ANS ET DEMI
EST LE VERDICT
CONTRE LUI
A LA FIN
D’ UNE MASCARADE
QU ON A APPELLE PROCÈS
UN PROCÈS QUI A DEBUTÉ
A 2H30 DU JEUDI 16
UN PROCÈS
QUI A VU
UN PRÉSIDENT DU TRIBUNAL
REFUSANT EN VRAC
ET VITE FAIT
TOUTES LES DEMANDES DES AVOCATS
D’ ABORD POUR LES VICES DE FORME....
UN PROCÈS CONTRE UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS
UN MILITANT
DONT LE SENS DE LA VIE MÊME
EST DE DÉFENDRE LES DROITS
DE LA POPULATION
D’ UNE VILLE
D’ UNE REGION
MARGINALISÉE
TRES MARGINALISÉE
SEDDIK LE COORDONATEUR DE LA COORDINATION CONTRE LA HAUSSE DES PRIX
A REUSSI/AVEC SES CAMARADES/
A FAIRE DE CETTE VILLE OUBLIÉE
UNE CITADELLE DE LA RESISTANCE....
SEDDIK ET SES CAMARADES
ONT REUSSI A FAIRE ENTENDRE
LA VOIX DES LAISSÉS POUR COMPTE
ILS ONT RÉUSSI
A MOBILISER TOUTE UNE VILLE
SOUVENEZ VOUS
LEUR LUTTE CONTRE LA HAUSSE DES PRIX DE L’ EAU
QU ILS ONT PU GAGNER
ET POUR LE MAKHZEN
C’ EST UN CRIME
OUI
C’EST UN CRIME
LA RÉSISTANCE EST UN CRIME
LA LUTTE EST UN CRIME
LA SOLIDARITÉ EST UN CRIME
ET ON NE PEUT
LAISSER CE GENRE D’ EXEMPLE
DE SYMBIOSE DE TOUTE UNE VILLE
S’ÉPANOUIR
C’EST UN TRES MAUVAIS EXEMPLE
OUI
ET S’ IL DEVENAIT CONTAGIEUX?????
SEDDIK ET SES CAMARADES
ONT DONNÉ L EXEMPLE
QUE L’ UNION POUR DES INTÉRÊTS COMMUS EST POSSIBLE
ET QUE C’ EST LE SEUL CHEMIN DE LA VICTOIRE
CONTRE L HOGRA
ALORS QUE FAIRE????
COMMENT SE VENGER
D’UN SYMBOLE
DE MILITANTISME CONCRET
SUR LE TERRAIN
RASSEMBLEUR?????
LE 18 MAI SOUVENEZ VOUS
DEUX CITOYENS ONT ESSAYÉ DE SE BRÛLER VIFS A BOUARFA
LA POPULATION ÉTAIT EN COLÈRE
LA RÉPRESSION FUT FÉROCE
IL Y A EU DES CONFONTATIONS
QUI ONT ABOUTI A L’ ARRESTATION DE 8 JEUNES
SADDIK EN TANT QUE DÉFENSEUR DES  DDH
EN TANT QUE MILITANT SUIVAIT LE DÉROULEMENT DU PROCÈS
À LA SORTIE DU TRIBUNAL
IL FUT ABORDÉ PAR DES CIVILS
QUI L’ONT EMMENÉ AU COMMISSARIAT
MOTIF/CE SERAIT LUI
QUI AURAIT INCITÉ
CES JEUNES À LA VIOLENCE...
ET PAF
ON LUI REFUSE LA LIBERTÉ PROVISOIRE
ET LE FEUILLETON COMICO DRAMATIQUE CONTINUE
JUSQU’À HIER
OÙ LE PRÉSIDENT DU TRIBUNAL
EST ALLÉ JUSQU’À INTERDIRE AUX "ACCUSÉS" DE S’ASSEOIR
TOUT LE LONG D’UN PROCÈS
QUI A DURÉ 17 H!!!!
EST CE QU’ILS CROIENT QU’AVEC ¦ÇA
ILS VONT ARRÊTER LA RÉSISTANCE????
EST CE QU’ LS CROIENT
QU’ EN S’ EN PRENANT À CE SYMBOLE
ILS OBLIGERONT
LES GENS DE BOUARFA À S’ AGENOUILLER???
LES GRÉVES
LES MARCHES
QUI ONT SUIVI
PROUVENT QUE NON
ET LA SOLIDARITÉ
AVEC CE MILITANT ET CES CAMARADES
QUI VA EN CROISSANT
PROUVE QUE NON
CETTE SOLIDARITÉ
QUE NOUS DEVONS ENTRETENIR
CAR LE VERDICT CONTRE SEDDIK
EST UN"SIGNE FORT"
COMME ILS AIMENT DIRE
UN SIGNE FORT
À CEUX QUI CROIENT
QUE LE CHEMIN DE LA DÉMOCRATIE
EST SANS EMBUCHES
CE VERDICT
LA VEILLE DE CE QU ‘ILS CRIENT
A COR ET CRI
RÉFORMES
DÉMOCRATIE
CHANGEMENT
CE VERDICT
QUI INTERPELLE TOUS LES MILTANT/ES
IL N YA QU UN SEUL CHEMIN
CELUI DE LA RÉSISTANCE
CONTRE L’ARBITRAIRE
CONTRE LE DESPOTISME
ALORS
SOYONS AU NIVEAU
SOYONS AU RENDEZ VOUS

mercredi 21 juillet 2010

Emprisonné au Maroc, un Suisse crie à l’injustice

Par Valérie de Graffenried , Le Temps, 20/7/2010
La famille de Labbas Sbaï, citoyen marocain et suisse, dénonce sa détention arbitraire. Le chirurgien a accusé des notables de sa région de protéger des trafiquants. Le DFAE suit l’affaire. Mais le fait qu’il soit binational corse le dossierLa vie du docteur Labbas Sbaï ne ressemble pas vraiment à un long fleuve tranquille. Ce binational marocain et suisse a travaillé durant plusieurs années comme chirurgien en Suisse romande, puis est parti en 1996 développer une structure hôtelière à M’hamid Lghizlane, une oasis du Sahara marocain. Il se trouve aujourd’hui en prison à Ouarzazate pour avoir pointé du doigt une connivence entre des autorités de la région et des trafiquants. Sa famille dénonce une détention arbitraire. Et le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) assure suivre l’affaire de près.
Labbas Sbaï est en prison depuis le 13 juin dernier. Mais ses difficultés remontent à 2006. En février de cette année, il est condamné à six mois de prison ferme pour outrage à magistrat et désordre dans un lieu public. Au procès d’un de ses employés accusé par un nomade de la mort d’un âne, l’homme avait dénoncé des notables de la région, dont le procureur de la province de Zagora, pour avoir fermé les yeux sur les activités de la pègre du coin qui s’adonne à des trafics de chameaux, de cigarettes et de drogue à la frontière algéro-marocaine.
Une bande de nomades installée aux alentours de son bivouac importunait depuis plusieurs années les touristes et le personnel de son campement écologique. Fâché par l’inaction des autorités, Labbas Sbaï, décrit par les siens comme quelqu’un doté d’un tempérament de feu, a attiré l’attention du président du tribunal sur les «comportements mafieux» de ces «responsables corrompus».
«Digne des années de plomb»
Sa condamnation a provoqué une forte mobilisation dans la région. En Suisse aussi, des pétitions ont circulé. Son frère, Ali Sbaï, un physicien travaillant à Genève pour l’Union internationale des télécommunications (UIT), est outré. «Mon frère a été traité comme un criminel; il a été menotté et escorté par plusieurs voitures de police à Ouarzazate. On croyait être revenu à des scénarios dignes des années de plomb», dénonce-t-il. Après appel, la peine de Labbas Sbaï a été réduite de moitié. Finalement, la forte mobilisation aurait permis la libération du chirurgien le 10 mars 2006, dans des circonstances peu claires.
Aujourd’hui, Labbas Sbaï, marié à une Suissesse et père de deux enfants, est à nouveau en prison. «Pour purger le solde de peine», précise son frère, qui ne décolère pas. Il a été arrêté le 11 juin dans un hôtel de Casablanca. Le procureur de Zagora justifie cette arrestation par le fait qu’il n’a pas signé une demande de grâce au roi qui lui aurait été présentée le 10 mars 2006. Or Labbas Sbaï estime que c’est au procureur de s’excuser et pas à lui de signer un document qui, dans les faits, reviendrait à admettre son tort. Retour à la case prison donc.
«Il devrait théoriquement rester en prison jusqu’au 2 août. Mais, à en juger son arrestation arbitraire, nous craignons que sa détention se prolonge», commente Ali Sbaï. Il ajoute: «Même si mon frère, qui n’est rien d’autre qu’un prisonnier d’opinion, est libéré, il est important pour nous que les doléances de M’hamid soient prises au sérieux. Des villageois ont rassemblé les preuves à charge du procureur. Je transmettrai bientôt une lettre avec ces faits au roi.» Deux amies suisses du chirurgien ont, elles, adressé, le 25 juin, un «appel urgent» à Micheline Calmy-Rey. Elles se disent très inquiètes de l’état de santé de Labbas Sbaï, qu’elles décrivent comme quelqu’un dont l’«esprit critique et le franc-parler, ajoutés au fait qu’il est l’un des derniers descendants d’une importante tribu nomade, et donc considéré comme une forme d’autorité par les gens du désert, le rendent menaçant pour certaines personnes installées au pouvoir».
Pierre-Michel Quendoz, le chef suppléant de la Section de la protection consulaire du DFAE, leur a répondu le 2 juillet dernier. «C’est avec beaucoup d’engagement et de détermination que les différents intervenants suivent cette affaire de près», leur a-t-il écrit. Il ajoute toutefois que les représentations à l’étranger ne peuvent ni exercer des activités d’avocats, ni se prononcer sur l’innocence ou la culpabilité d’une personne. Et pas non plus s’immiscer dans des affaires juridiques courantes de leur pays hôte. «La protection consulaire est d’autant plus difficile à octroyer quand les intéressés sont des binationaux et que la nationalité du pays de détention est considérée prépondérante, comme cela est le cas dans l’affaire présente», ajoute-t-il.
Malgré cet obstacle, l’ambassade de Suisse à Rabat reste en contact téléphonique régulier avec les autorités compétentes sur place, Labbas Sbaï et ses proches. Vendredi, dans un mail adressé à une amie de Labbas Sbaï, la vice-consule de la mission suisse assure que «son état nous préoccupe effectivement beaucoup». Et fait savoir qu’un représentant de l’ambassade se déplacera «prochainement» à Ouarzazate pour lui rendre visite. Un village où la mobilisation est toujours importante: selon le journal Assabah, 250 policiers y ont été déployés la semaine dernière pour contenir les manifestants.
Arrêter de boire
Labbas Sbaï, lui, vient d’écrire à l’ambassadeur de Suisse. Il ne va pas bien. Ali Sbaï: «Il est à l’hôpital et mène toujours une grève de la faim. Il a fait savoir que s’il était à nouveau transféré en prison, où il partage une cellule avec une vingtaine de prisonniers de droit commun, il arrêterait de boire.»