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vendredi 16 octobre 2015
Des milliers de Sahraouis protestent contre San Leon Energy
mardi 28 octobre 2014
Pétrole au Maroc. Qui va en bénéficier ?
Demain avec Reuters
Genel et ses partenaires, Serica Energy et San Leon ont annoncé avoir découvert du pétrole à 3.000 mètres sous la mer dans un puits baptisé Sidi Moussa 1. « Nous
n’en sommes que dans les toutes premières étapes et d’autres
évaluations sont nécessaires concernant la présence d’hydrocarbures dans
cette zone », a tempéré Tony Craven Walker, directeur général de Serica.
Si la nouvelle se confirme, reste à savoir qui, dans les hautes
sphères de l’Etat, possède des participations dans ces deux sociétés.
Tout le monde se rappelle au Maroc l’affaire Talsint, une fumisterie pétrolière qui a permis de découvrir que le roi Mohamed VI, le beau-frère de Hicham El Alaoui et d’autres bien-nés,
tous déjà très riches, avaient obtenu de juteuses participations dans
l’entreprise qui allait transformer le Maroc en une monarchie golfière. Et qui s’est terminée en une immense déception doublée d’une bataille juridique que le Maroc a perdu aux Etats-Unis.
Demain avec Reuters
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lundi 18 août 2014
Les Sahraouis en 2018
Par APSO, 17/8/2014
Les Sahraouis en 2018
...une imagination politique
Nous sommes en
2018, les Sahraouis sont indépendants sur leur terre. Le Sahara Occidental
n’est plus la dernière colonie d’Afrique.
La joie des
retrouvailles entre les familles a tari les larmes de décennies de souffrances.
Le deuil des disparus peut se faire après les révélations par les autorités
marocaines de l’emplacement des charniers, et leurs fouilles minutieuses.
Les institutions
fantômes mises en place par le Maroc sur le territoire ont été remplacées. Les
nouvelles sont constituées a minima, les fonctions ajoutées à mesure de leurs
nécessités. La justice fait son travail avec impartialité. Les Sahraouis
emprisonnés par le Maroc sont rejugés. La prison noire est démolie, à sa place
une sculpture symbolise ce que les Sahraouis y ont subi de violence et cruauté.
Les jeunes
entrepreneurs sahraouis ont déplacé leurs activités depuis les campements, ils
améliorent les réseaux et
partenariats avec les entreprises sahraouies déjà implantées et qui ont pu se
développer les années précédentes.
Le peuple a
décidé de l’exception de la production sahraouie, les frontières sont fermées à
l’importation de tout ce qui se peut produire sur place. Les accords de pêche
proposés par la Russie et l’Europe ont été refusés. L’écosystème marin ayant
été ravagé par la surpêche et les pratiques interdites des années d’occupation,
la République sahraouie a déclaré sa ZEE fermée à toute pêche étrangère jusqu’à
nouvelles analyses prouvant des stocks excédentaires.
L’écologie au
sens sahraoui est au centre du fonctionnement de la société, la faune et la
flore décimée ont été réintroduites avec succès. Le peuple s’est prononcé pour
l’exclusivité de la consommation énergétique verte, produite dans le pays. Cela
fonctionne au niveau domestique comme au niveau économique et entrepreneurial.
Un tourisme éthique, l’apport d’aide en main d’œuvre solidaire s’est développé
…
De nombreux
Marocains sont remontés dans leur pays au nord. Ceux qui sont restés ont pris
la double nationalité Sahraouie-marocaine. Les anciens militaires marocains,
longtemps prisonniers du Polisario, ignorés et malmenés par le régime marocain
à leur retour, ont pour beaucoup trouvé une place dans la société sahraouie.
Une architecture
sahraouie est née, les habitats coloniaux abandonnés sont rasés. Les déchets
ciments et bétons sont un problème. Les équipes de recherche sur leur recyclage
ont trouvé des solutions, la mise en œuvre est lancée, il faut l’améliorer.
Des dépôts de
détritus et pollutions industrielles et chimiques à ciel ouvert découverts aux
alentours des villes ou déversés dans les oueds sont à l’étude pour une
dépollution complète et durable. Le problème est grave et a eu des conséquences
sur la santé qu’il faut traiter. C’est une discipline médicale nouvelle qu’il a
fallu introduire. D’autre part, le diabète, l’insuffisance rénale, les maladies
de Parkinson et Alzheimer font l’objet de politiques de santé publique, alliant
recherche, soin et prévention. Les soins psychologiques se développent et sont
accessibles à toute la population. Les années d’occupation et d’exil ont laissé
des traumatismes profonds.
Les fermes de
production agricoles de Dakhla, ex-propriétés du Roi, des entreprises françaises Idyl et Azura ont été
nationalisées et leur étendue réduite de 90%. Leur surface permet actuellement
une production adaptée aux besoins de la population du pays. La consommation
d’eau y a été optimisée, les produits chimiques bannis.
Les travailleurs
du phosphate à Boucraa ont retrouvé leurs postes, et les retraités leurs pensions.
Le nouveau directeur et les cadres ont décidé du renforcement des mesures de
protection des travailleurs, et commandité une étude d’impact sur les effets
environnementaux de l’extraction et acheminement dans sa forme coloniale.
La démolition du
mur et le déminage sont en cours. Les aménagements ont redonné à l’oued Saguia
El Hamra, et aux autres oueds le libre cours de leur écoulement et de leur
fonction.
Les militaires
sahraouis fidèles à leurs réputations de rudesse ont éliminé efficacement tous
trafics (carburant, cigarette, drogue, immigration clandestine) du Sahara
Occidental.
Ce qu’il s’est
passé ?
Les évaluations
et constats étaient négatifs et pessimistes. La gestion des campements de
réfugiés jugée non satisfaisante.
Sur la
proposition de Echo, bailleur européen des crises d’urgences oubliées, la
distribution de l’aide alimentaire s’est simplifiée. Supprimant les
intermédiaires, le montant alloué aux familles est versé directement sur les
comptes des mères sahraouies. La qualité de l’alimentation s’est améliorée avec
la possibilité d’exigence sur les fournisseurs, un système collatéral de profit
a été démantelé.
Conséquence de
cette mesure, la création de la banque sahraouie a entraîné un profond
changement dans la société et modifié la perception de l’argent et du temps.
L’État
providence a été abandonné, les institutions refondues. Les citoyens ont
décrété une année d’« effort collectif pour la solution » et chacun a
fait sa part dans le monde entier. La grande confusion initiale des idées et
actions dans tous les domaines s’est progressivement organisée en une grande
force démocratique.
Dans le
territoire occupé du Sahara Occidental, de façon concomitante l’américain Kosmos Energy a trouvé du pétrole, la
Française Total aussi. Une ruée a suivi dans le désordre et les morts, un grand
choc pour la société sahraouie, mais aussi pour le peuple marocain voisin.
Les Sahraouis
ont refusé d’être satisfaits de chaque décision de l’Onu et rejeté tout nouveau
plan. Avant de démissionner, Christopher Ross, envoyé personnel du Secrétaire
Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental a réussi à imposer que
l’Onu place les revenus des ressources naturelles sous son administration. Le
processus en cours a accéléré la déliquescence du système économique marocain
basé sur les ressources volées, et coupé court aux arguments sécuritaires.
Alertée par une
épidémie grave et largement répandue géographiquement de cas d’empoisonnement
suite à la consommation de poissons et pélagiques étiquetés Maroc, l’Europe a
ouvert une enquête et bloqué 10 mille tonnes de produits de la mer provenant en
fait du Sahara Occidental, et pêchés par les Marocains et Espagnols. Les
analyses indépendantes révèlent des ruptures répétées de la chaîne du froid, -
ce que laissaient supposer la présence des bactéries Salmonelles et Listéria
monocytogènes -, mais aussi la présence de cadmium dans les sardines péchées
dans la zone nord du Sahara Occidental, entre les latitudes 27°1’N et 27°17’N,
correspondant aux alentours du port de El Aaiun et des usines de traitement du
Phosophate. Des cas plus isolés sont signalés en Russie dont les navires
étaient dans la zone en vertu d’un accord de pêche bilatéral avec le Maroc.
Sous la pression
des peuples européens, après 2 décès, l’accord de pêche UE-Maroc est dénoncé et
annulé. De façon cohérente, les accords agricole, ALEAC, de bon voisinage et le
statut avancé ont été suspendus par l’UE pour révision.
Parallèlement,
les Sahraouis dans un système de représentation élargie laissant une très grande
place aux jeunes s’étaient réunis, déterminés à rester ensemble jusqu’à avoir pris une décision allant
dans le sens d’une solution.
Puis, dans les
campements de réfugiés, ils ont préparé leurs bagages et sont partis à pied
pour passer le mur et rentrer. La joyeuse marche du retour, voitures civiles en
appui pour les anciens et enfants, a été accueillie en territoires occupés par
la même marche sahraouie de bienvenue, partie de toutes les villes des
territoires encore occupés. Les amis, quidam et représentants politiques les
accompagnaient, - Sahraouis du monde entier et solidaires -, pour la
récupération de facto du
territoire, sous les yeux des médias. Le peuple ainsi rassemblé a mis en place
le referendum et choisi l’indépendance.
C’est le Sahara
Occidental en 2018, une la solution a été trouvée pour préserver la paix.
Sinon, imagine…
Nous sommes en
2018.
La compagnie
américaine Kosmos Energy a trouvé du pétrole offshore du Sahara Occidental...
Lire la suite :
http://ap-so.blogspot.fr/2014/08/les-sahraouis-en-2018.html
version anglaise : http://ap-so.blogspot.fr/2012/08/sahrawis-in-2018.html
http://ap-so.blogspot.fr/2014/08/les-sahraouis-en-2018.html
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Libellés :
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mercredi 13 août 2014
L'occupation illégale du Sahara Occidental est possible grâce au pétrole qui provient de raffineries en Espagne
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Libellés :
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WSRW
lundi 11 août 2014
Forages au Sahara Occidental , protestations des Sahraouis contre le Maroc qui déploiera la première plate-forme pétrolière
Urgent
: Les Sahraouis protestent ! Le Sahara occidental est en grande partie
illégalement occupé par le Maroc. Le Maroc n'a aucun droit, ni la capacité ou
la base juridique permettant l'exploration pétrolière dans les eaux
côtières du Sahara occidental.
L'ONU a déclaré que toute exploration pétrolière au Sahara occidental sera en violation du droit international. Le Maroc déploiera la première plate-forme pétrolière dans les territoires occupés. Le gréement est en train de tester Corée offshore. Dans quelques semaines, le bateau est prévu pour voyager de la Corée du Sud vers le Sahara occidental occupé, où aura lieu le premier forage dans ce territoire. (Traduit par Bing)
L'ONU a déclaré que toute exploration pétrolière au Sahara occidental sera en violation du droit international. Le Maroc déploiera la première plate-forme pétrolière dans les territoires occupés. Le gréement est en train de tester Corée offshore. Dans quelques semaines, le bateau est prévu pour voyager de la Corée du Sud vers le Sahara occidental occupé, où aura lieu le premier forage dans ce territoire. (Traduit par Bing)
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au large des côtes du SO.exploitation illégale,
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samedi 10 mai 2014
Que fait Total au Sahara occidental ?
par Olivier Petitjean, Observatoire des multinationales, 31 mars 2014
Au large du Sahara occidental - territoire conflictuel occupé par le Maroc
depuis près de quarante ans -, Total et d’autres firmes internationales
commencent à mener des activités de prospection pétrolière et gazière. Le tout
dans des conditions contestables du point de vue de la consultation des
populations locales et du partage équitable des bénéfices éventuels avec
celles-ci. Les militants sahraouis dénoncent depuis des années le rôle de
l’entreprise française dans ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de
la souveraineté de leur territoire. Total est désormais critiquée aussi par
certains investisseurs « éthiques », au premier rang desquels les fonds
norvégiens.
Le fonds souverain norvégien, quatrième actionnaire de Total avec un peu
plus de 2% des actions (pour une valeur d’environ 3 milliards d’euros), a annoncé qu’il allait se pencher sur les activités
de Total au Sahara occidental afin de vérifier leur conformité avec son code
éthique.
Total bénéficie d’une licence couvrant une zone offshore de plus de 100 000
kilomètres carrés (la surface du Portugal) au large du Sahara occidental, le
« bloc Anzarane ». Originellement octroyée en 2002 par le gouvernement marocain,
elle vient d’être renouvelée, pour des opérations de reconnaissance.
L’entreprise française souligne n’avoir pas encore, à ce jour, déposé de demande
de réalisation de forages exploratoires.
Selon les défenseurs des droits du peuple sahraoui - notamment l’ONG
Western Sahara Resources Watch (WSRW, « Veille sur les ressources naturelles du
Sahara occidental ») -, les licences octroyées à Total et à d’autres firmes
pétrolières et gazières sur le territoire sahraoui par le gouvernement marocain
sont illégales du point de vue du droit international.
Les affaires sont les affaires
Ils estiment même que Total contribue dans les faits, en collaborant avec
un « gouvernement d’occupation », à délégitimer la lutte pour
l’autodétermination du peuple sahraoui : « L’industrie pétrolière devient un
obstacle qui empêche de faire pression sur le Maroc pour qu’il accepte ce droit
[à l’autodétermination] », déclare ainsi Erik Hagen, président de
WSRW.
L’ONG a publié l’année dernière un rapport très critique sur le rôle de
Total au Sahara occidental, intitulé « Injustice totale ». « Total démontre un mépris
complet des principes fondamentaux de la responsabilité sociale des entreprises.
La compagnie refuse d’engager la moindre discussion sur les droits légitimes du
peuple du territoire occupé », déclarait alors Erik Hagen. Selon WRSW, Total
refuse de clarifier ses projets au Sahara occidental et se défausse de toute
responsabilité dans le conflit en arguant du fait qu’elle ne s’occupe pas de
politique.
En réponse à l’annonce du fonds souverain norvégien, Total a déclaré à Reuters que ses « activités offshore au Sahara
occidental, comme dans d’autres régions où [elle opère], sont en ligne avec le
droit et les standards internationaux applicables figurant dans [son] Code de
conduite, en particulier ceux liés aux droits humains ».
Comme le soulignait un récent article du Monde (à propos de
l’engagement de Total dans le pétrole de schiste russe en pleine crise
diplomatique sur l’Ukraine), « la politique de Total a toujours été de
poursuivre ses activités dans des pays critiqués tant qu’une interdiction
émanant du gouvernement français ou des Nations unies ne les interdisait pas,
comme ce fut le cas en Irak et en Iran ».
Désinvestissement
Le fonds souverain norvégien, qui gère un portefeuille de 600 milliards
d’euros, a mis en place un certain nombre de critères éthiques, qui l’ont
conduit dans le passé à se désinvestir de 63 entreprises au total -
principalement du fait de leur implication dans le secteur du tabac, des armes
nucléaires et des mines antipersonnel. Le fonds réfléchirait actuellement à une
extension de ses critères d’exclusion, pour y inclure les compagnies pétrolières
et gazières opérant dans des pays à fort risque de corruption, les firmes
impliquées dans des atteintes aux droits des travailleurs dans le secteur
textile, ou encore celles impliquées dans la surpêche ou la destruction des
forêts. Il pourrait même renoncer à investir dans les énergies fossiles
(un paradoxe dans la mesure où le fonds est issu des royalties pétrolières et
gazières norvégiennes).
Le fonds norvégien s’était déjà désinvesti en 2005 d’une autre firme
pétrolière alors active au Sahara occidental, Kerr-McGee En juin 2013, la firme
norvégienne d’assurance-vie KLP avait, de son côté, également annoncé son
désinvestissement de Total en raison de ses activités au Sahara occidental [1].
Une autre multinationale pétrolière bénéficie d’une licence d’exploration
au Sahara occidental octroyée par le gouvernement marocain : la ’junior’
américaine Kosmos Energy. Celle-ci est spécialisée dans les opérations de
prospection « pionnières », et s’est illustrée notamment dans la découverte et
l’exploitation du champ Jubilee, au large du Ghana [2]. Kosmo a déjà des activités de prospection avec BP
au Maroc au large d’Agadir et d’Essaouira, et a annoncé son intention d’entamer
des activités similaires en octobre dans la zone dite du Cap Boujdour, au large
du Sahara occidental.
« Intérêts et aspirations du peuple sahraoui »
Colonie espagnole jusqu’en 1976, le Sahara occidental a été ensuite occupé
par le Maroc, qui en revendique la souveraineté. Des années de conflit s’en sont
suivies entre les forces armées marocaines et le Front Polisario
indépendantiste, soutenu par l’Algérie. Un cessez-le-feu a été imposé par les
Nations Unies en 1991, suite auquel devait se tenir un référendum
d’autodétermination. Lequel n’a jamais eu lieu, les deux parties étant en
désaccord sur le droit des colons marocains à y participer. Aucun autre pays ne
reconnaît à ce jour la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Suite à l’octroi par le Maroc en 2002 de licences de prospection
pétrolières au Sahara occidental, les Nations Unies ont publié un avis ambigu,
dit « Opinion Corell », qui reconnaît l’autorité administrative de fait du Maroc
et estime que les activités pétrolières ne seront légales que si elles ne
contreviennent pas « aux intérêts et aux aspirations du peuple du Sahara
occidental ».
Le Maroc et les compagnies pétrolières se sont empressés de mettre en avant
les « retombées économiques positives » du pétrole pour légitimer leurs actes.
Les autorités marocaines assurent souhaiter un « partage équitable des
bénéfices » avec les Sahraouis - même si pour l’instant ils soulignent surtout
la création d’emplois, sans qu’il soit question de retombées financières. En
renouvelant, au début de l’année, les licences de Total et de Kosmos, le
gouvernement du Maroc a aussi promis que « les populations locales et leurs
représentants seront consultés et associés », sans autre précision. Depuis
la publication de l’Opinion Corell en 2002, rien n’a jamais été fait en termes
de consultation formelle.
Les organisations sahraouis estiment que la population locale est opposée à
l’arrivée des multinationales pétrolières, et que les licences sont donc
illégales dans les termes mêmes de l’Opinion Corell. Cela n’a pas empêché le
Front Polisario d’accorder lui-même, en mars 2014, une licence de
prospection pétrolière et gazière à une firme britannique, Red Rio
Petroleum, dans un territoire sous son contrôle. Une licence qui inclut une
étude de faisabilité sur l’extraction de gaz de schiste par fracturation
hydraulique [3]...
En tout état de cause, le territoire du Sahara occidental reste occupé par
l’armée marocaine. Une grande partie de la population sahraouie vit en exil et
dans des camps de réfugiés. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la
torture a confirmé, dans un rapport de 2013, l’usage généralisé de la torture
et de la violence par les Marocains au Sahara occidental. Dans ces conditions,
peut-on considérer que les Sahraouis sont libres de donner ou non leur
consentement aux activités de Total et autres ?
Olivier Petitjean
Cet article a été mis à jour le 30 avril 2014 pour inclure les
informations sur la license de prospection pétrolière et gazière accordée par le
Front Polisario à Rio Red Petroleum.
—
Photo : Western Sahara Resources Watch
Photo : Western Sahara Resources Watch
[2] Les activités de Kosmos au Ghana sont au centre du
film documentaire Big Men. Les prochains rois du pétrole, de Rachel
Boynton, qui sort en salles aux États-Unis ce mois-ci et a obtenu plusieurs
prix, dont le Grand prix du Festival international du film d’environnement de
Paris 2014. Voir le site du film : http://bigmenthemovie.com/
[3] Red Rio Petroleum est une entreprise créée en 2013,
visiblement expressément pour obtenir cette licence (elle n’en a pas d’autres à
ce jour). Son directeur, Frederik E. Dekker, est un ancien dirigeant de Wessex
Exploration, une autre "start-up" pétrolière et gazière britannique aujourd’hui
au bord de la faillite après que ses licences au Royaume-Uni et en Guyana se
soient révélées très décevantes au regard des promesses faites aux
investisseurs.
Libellés :
pétrole,
Pillage des ressources,
SAHARA OCCIDENTAL صحراء غربية,
TOTAL
samedi 3 mai 2014
Que fait Total au Sahara occidental ?
Au large du Sahara occidental - territoire conflictuel occupé par le Maroc
depuis près de quarante ans -, Total et d’autres firmes internationales
commencent à mener des activités de prospection pétrolière et gazière. Le tout
dans des conditions contestables du point de vue de la consultation des
populations locales et du partage équitable des bénéfices éventuels avec
celles-ci. Les militants sahraouis dénoncent depuis des années le rôle de
l’entreprise française dans ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de
la souveraineté de leur territoire. Total est désormais critiquée aussi par
certains investisseurs « éthiques », au premier rang desquels les fonds
norvégiens.
Le fonds souverain norvégien, quatrième actionnaire de Total avec un peu
plus de 2% des actions (pour une valeur d’environ 3 milliards d’euros), a annoncé qu’il allait se pencher sur les activités
de Total au Sahara occidental afin de vérifier leur conformité avec son code
éthique.
Total bénéficie d’une licence couvrant une zone offshore de plus de 100 000
kilomètres carrés (la surface du Portugal) au large du Sahara occidental, le
« bloc Anzarane ». Originellement octroyée en 2002 par le gouvernement marocain,
elle vient d’être renouvelée, pour des opérations de reconnaissance.
L’entreprise française souligne n’avoir pas encore, à ce jour, déposé de demande
de réalisation de forages exploratoires.
Selon les défenseurs des droits du peuple sahraoui - notamment l’ONG
Western Sahara Resources Watch (WSRW, « Veille sur les ressources naturelles du
Sahara occidental ») -, les licences octroyées à Total et à d’autres firmes
pétrolières et gazières sur le territoire sahraoui par le gouvernement marocain
sont illégales du point de vue du droit international.
Les affaires sont les affaires
Ils estiment même que Total contribue dans les faits, en collaborant avec
un « gouvernement d’occupation », à délégitimer la lutte pour
l’autodétermination du peuple sahraoui : « L’industrie pétrolière devient un
obstacle qui empêche de faire pression sur le Maroc pour qu’il accepte ce droit
[à l’autodétermination] », déclare ainsi Erik Hagen, président de
WSRW.
L’ONG a publié l’année dernière un rapport très critique sur le rôle de
Total au Sahara occidental, intitulé « Injustice totale ». « Total démontre un mépris
complet des principes fondamentaux de la responsabilité sociale des entreprises.
La compagnie refuse d’engager la moindre discussion sur les droits légitimes du
peuple du territoire occupé », déclarait alors Erik Hagen. Selon WRSW, Total
refuse de clarifier ses projets au Sahara occidental et se défausse de toute
responsabilité dans le conflit en arguant du fait qu’elle ne s’occupe pas de
politique.
En réponse à l’annonce du fonds souverain norvégien, Total a déclaré à Reuters que ses « activités offshore au Sahara
occidental, comme dans d’autres régions où [elle opère], sont en ligne avec le
droit et les standards internationaux applicables figurant dans [son] Code de
conduite, en particulier ceux liés aux droits humains ».
Comme le soulignait un récent article du Monde (à propos de
l’engagement de Total dans le pétrole de schiste russe en pleine crise
diplomatique sur l’Ukraine), « la politique de Total a toujours été de
poursuivre ses activités dans des pays critiqués tant qu’une interdiction
émanant du gouvernement français ou des Nations unies ne les interdisait pas,
comme ce fut le cas en Irak et en Iran ».
Désinvestissement
Le fonds souverain norvégien, qui gère un portefeuille de 600 milliards
d’euros, a mis en place un certain nombre de critères éthiques, qui l’ont
conduit dans le passé à se désinvestir de 63 entreprises au total -
principalement du fait de leur implication dans le secteur du tabac, des armes
nucléaires et des mines antipersonnel. Le fonds réfléchirait actuellement à une
extension de ses critères d’exclusion, pour y inclure les compagnies pétrolières
et gazières opérant dans des pays à fort risque de corruption, les firmes
impliquées dans des atteintes aux droits des travailleurs dans le secteur
textile, ou encore celles impliquées dans la surpêche ou la destruction des
forêts. Il pourrait même renoncer à investir dans les énergies fossiles
(un paradoxe dans la mesure où le fonds est issu des royalties pétrolières et
gazières norvégiennes).
Le fonds norvégien s’était déjà désinvesti en 2005 d’une autre firme
pétrolière alors active au Sahara occidental, Kerr-McGee En juin 2013, la firme
norvégienne d’assurance-vie KLP avait, de son côté, également annoncé son
désinvestissement de Total en raison de ses activités au Sahara occidental [1].
Une autre multinationale pétrolière bénéficie d’une licence d’exploration
au Sahara occidental octroyée par le gouvernement marocain : la ’junior’
américaine Kosmos Energy. Celle-ci est spécialisée dans les opérations de
prospection « pionnières », et s’est illustrée notamment dans la découverte et
l’exploitation du champ Jubilee, au large du Ghana [2]. Kosmo a déjà des activités de prospection avec BP
au Maroc au large d’Agadir et d’Essaouira, et a annoncé son intention d’entamer
des activités similaires en octobre dans la zone dite du Cap Boujdour, au large
du Sahara occidental.
« Intérêts et aspirations du peuple sahraoui »
Colonie espagnole jusqu’en 1976, le Sahara occidental a été ensuite occupé
par le Maroc, qui en revendique la souveraineté. Des années de conflit s’en sont
suivies entre les forces armées marocaines et le Front Polisario
indépendantiste, soutenu par l’Algérie. Un cessez-le-feu a été imposé par les
Nations Unies en 1991, suite auquel devait se tenir un référendum
d’autodétermination. Lequel n’a jamais eu lieu, les deux parties étant en
désaccord sur le droit des colons marocains à y participer. Aucun autre pays ne
reconnaît à ce jour la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Suite à l’octroi par le Maroc en 2002 de licences de prospection
pétrolières au Sahara occidental, les Nations Unies ont publié un avis ambigu,
dit « Opinion Corell », qui reconnaît l’autorité administrative de fait du Maroc
et estime que les activités pétrolières ne seront légales que si elles ne
contreviennent pas « aux intérêts et aux aspirations du peuple du Sahara
occidental ».
Le Maroc et les compagnies pétrolières se sont empressés de mettre en avant
les « retombées économiques positives » du pétrole pour légitimer leurs actes.
Les autorités marocaines assurent souhaiter un « partage équitable des
bénéfices » avec les Sahraouis - même si pour l’instant ils soulignent surtout
la création d’emplois, sans qu’il soit question de retombées financières. En
renouvelant, au début de l’année, les licences de Total et de Kosmos, le
gouvernement du Maroc a aussi promis que « les populations locales et leurs
représentants seront consultés et associés », sans autre précision. Depuis
la publication de l’Opinion Corell en 2002, rien n’a jamais été fait en termes
de consultation formelle.
Les organisations sahraouis estiment que la population locale est opposée à
l’arrivée des multinationales pétrolières, et que les licences sont donc
illégales dans les termes mêmes de l’Opinion Corell. Cela n’a pas empêché le
Front Polisario d’accorder lui-même, en mars 2014, une licence de
prospection pétrolière et gazière à une firme britannique, Red Rio
Petroleum, dans un territoire sous son contrôle. Une licence qui inclut une
étude de faisabilité sur l’extraction de gaz de schiste par fracturation
hydraulique [3]...
En tout état de cause, le territoire du Sahara occidental reste occupé par
l’armée marocaine. Une grande partie de la population sahraouie vit en exil et
dans des camps de réfugiés. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la
torture a confirmé, dans un rapport de 2013, l’usage généralisé de la torture
et de la violence par les Marocains au Sahara occidental. Dans ces conditions,
peut-on considérer que les Sahraouis sont libres de donner ou non leur
consentement aux activités de Total et autres ?
Olivier Petitjean
Cet article a été mis à jour le 30 avril 2014 pour inclure les
informations sur la license de prospection pétrolière et gazière accordée par le
Front Polisario à Rio Red Petroleum.
—
Photo : Western Sahara Resources Watch
[2] Les activités de Kosmos au Ghana sont au centre du
film documentaire Big Men. Les prochains rois du pétrole, de Rachel
Boynton, qui sort en salles aux États-Unis ce mois-ci et a obtenu plusieurs
prix, dont le Grand prix du Festival international du film d’environnement de
Paris 2014. Voir le site du film : http://bigmenthemovie.com/
[3] Red Rio Petroleum est une entreprise créée en 2013,
visiblement expressément pour obtenir cette licence (elle n’en a pas d’autres à
ce jour). Son directeur, Frederik E. Dekker, est un ancien dirigeant de Wessex
Exploration, une autre "start-up" pétrolière et gazière britannique aujourd’hui
au bord de la faillite après que ses licences au Royaume-Uni et en Guyana se
soient révélées très décevantes au regard des promesses faites aux
investisseurs.
http://multinationales.org/Que-fait-Total-au-Sahara
Au large du Sahara occidental - territoire conflictuel occupé par le Maroc
depuis près de quarante ans -, Total et d’autres firmes internationales
commencent à mener des activités de prospection pétrolière et gazière. Le tout
dans des conditions contestables du point de vue de la consultation des
populations locales et du partage équitable des bénéfices éventuels avec
celles-ci. Les militants sahraouis dénoncent depuis des années le rôle de
l’entreprise française dans ce qu’ils considèrent comme une remise en cause de
la souveraineté de leur territoire. Total est désormais critiquée aussi par
certains investisseurs « éthiques », au premier rang desquels les fonds
norvégiens.
Le fonds souverain norvégien, quatrième actionnaire de Total avec un peu
plus de 2% des actions (pour une valeur d’environ 3 milliards d’euros), a annoncé qu’il allait se pencher sur les activités
de Total au Sahara occidental afin de vérifier leur conformité avec son code
éthique.
Total bénéficie d’une licence couvrant une zone offshore de plus de 100 000
kilomètres carrés (la surface du Portugal) au large du Sahara occidental, le
« bloc Anzarane ». Originellement octroyée en 2002 par le gouvernement marocain,
elle vient d’être renouvelée, pour des opérations de reconnaissance.
L’entreprise française souligne n’avoir pas encore, à ce jour, déposé de demande
de réalisation de forages exploratoires.
Selon les défenseurs des droits du peuple sahraoui - notamment l’ONG
Western Sahara Resources Watch (WSRW, « Veille sur les ressources naturelles du
Sahara occidental ») -, les licences octroyées à Total et à d’autres firmes
pétrolières et gazières sur le territoire sahraoui par le gouvernement marocain
sont illégales du point de vue du droit international.
Les affaires sont les affaires
Ils estiment même que Total contribue dans les faits, en collaborant avec
un « gouvernement d’occupation », à délégitimer la lutte pour
l’autodétermination du peuple sahraoui : « L’industrie pétrolière devient un
obstacle qui empêche de faire pression sur le Maroc pour qu’il accepte ce droit
[à l’autodétermination] », déclare ainsi Erik Hagen, président de
WSRW.
L’ONG a publié l’année dernière un rapport très critique sur le rôle de
Total au Sahara occidental, intitulé « Injustice totale ». « Total démontre un mépris
complet des principes fondamentaux de la responsabilité sociale des entreprises.
La compagnie refuse d’engager la moindre discussion sur les droits légitimes du
peuple du territoire occupé », déclarait alors Erik Hagen. Selon WRSW, Total
refuse de clarifier ses projets au Sahara occidental et se défausse de toute
responsabilité dans le conflit en arguant du fait qu’elle ne s’occupe pas de
politique.
En réponse à l’annonce du fonds souverain norvégien, Total a déclaré à Reuters que ses « activités offshore au Sahara
occidental, comme dans d’autres régions où [elle opère], sont en ligne avec le
droit et les standards internationaux applicables figurant dans [son] Code de
conduite, en particulier ceux liés aux droits humains ».
Comme le soulignait un récent article du Monde (à propos de
l’engagement de Total dans le pétrole de schiste russe en pleine crise
diplomatique sur l’Ukraine), « la politique de Total a toujours été de
poursuivre ses activités dans des pays critiqués tant qu’une interdiction
émanant du gouvernement français ou des Nations unies ne les interdisait pas,
comme ce fut le cas en Irak et en Iran ».
Désinvestissement
Le fonds souverain norvégien, qui gère un portefeuille de 600 milliards
d’euros, a mis en place un certain nombre de critères éthiques, qui l’ont
conduit dans le passé à se désinvestir de 63 entreprises au total -
principalement du fait de leur implication dans le secteur du tabac, des armes
nucléaires et des mines antipersonnel. Le fonds réfléchirait actuellement à une
extension de ses critères d’exclusion, pour y inclure les compagnies pétrolières
et gazières opérant dans des pays à fort risque de corruption, les firmes
impliquées dans des atteintes aux droits des travailleurs dans le secteur
textile, ou encore celles impliquées dans la surpêche ou la destruction des
forêts. Il pourrait même renoncer à investir dans les énergies fossiles
(un paradoxe dans la mesure où le fonds est issu des royalties pétrolières et
gazières norvégiennes).
Le fonds norvégien s’était déjà désinvesti en 2005 d’une autre firme
pétrolière alors active au Sahara occidental, Kerr-McGee En juin 2013, la firme
norvégienne d’assurance-vie KLP avait, de son côté, également annoncé son
désinvestissement de Total en raison de ses activités au Sahara occidental [1].
Une autre multinationale pétrolière bénéficie d’une licence d’exploration
au Sahara occidental octroyée par le gouvernement marocain : la ’junior’
américaine Kosmos Energy. Celle-ci est spécialisée dans les opérations de
prospection « pionnières », et s’est illustrée notamment dans la découverte et
l’exploitation du champ Jubilee, au large du Ghana [2]. Kosmo a déjà des activités de prospection avec BP
au Maroc au large d’Agadir et d’Essaouira, et a annoncé son intention d’entamer
des activités similaires en octobre dans la zone dite du Cap Boujdour, au large
du Sahara occidental.
« Intérêts et aspirations du peuple sahraoui »
Colonie espagnole jusqu’en 1976, le Sahara occidental a été ensuite occupé
par le Maroc, qui en revendique la souveraineté. Des années de conflit s’en sont
suivies entre les forces armées marocaines et le Front Polisario
indépendantiste, soutenu par l’Algérie. Un cessez-le-feu a été imposé par les
Nations Unies en 1991, suite auquel devait se tenir un référendum
d’autodétermination. Lequel n’a jamais eu lieu, les deux parties étant en
désaccord sur le droit des colons marocains à y participer. Aucun autre pays ne
reconnaît à ce jour la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
Suite à l’octroi par le Maroc en 2002 de licences de prospection
pétrolières au Sahara occidental, les Nations Unies ont publié un avis ambigu,
dit « Opinion Corell », qui reconnaît l’autorité administrative de fait du Maroc
et estime que les activités pétrolières ne seront légales que si elles ne
contreviennent pas « aux intérêts et aux aspirations du peuple du Sahara
occidental ».
Le Maroc et les compagnies pétrolières se sont empressés de mettre en avant
les « retombées économiques positives » du pétrole pour légitimer leurs actes.
Les autorités marocaines assurent souhaiter un « partage équitable des
bénéfices » avec les Sahraouis - même si pour l’instant ils soulignent surtout
la création d’emplois, sans qu’il soit question de retombées financières. En
renouvelant, au début de l’année, les licences de Total et de Kosmos, le
gouvernement du Maroc a aussi promis que « les populations locales et leurs
représentants seront consultés et associés », sans autre précision. Depuis
la publication de l’Opinion Corell en 2002, rien n’a jamais été fait en termes
de consultation formelle.
Les organisations sahraouis estiment que la population locale est opposée à
l’arrivée des multinationales pétrolières, et que les licences sont donc
illégales dans les termes mêmes de l’Opinion Corell. Cela n’a pas empêché le
Front Polisario d’accorder lui-même, en mars 2014, une licence de
prospection pétrolière et gazière à une firme britannique, Red Rio
Petroleum, dans un territoire sous son contrôle. Une licence qui inclut une
étude de faisabilité sur l’extraction de gaz de schiste par fracturation
hydraulique [3]...
En tout état de cause, le territoire du Sahara occidental reste occupé par
l’armée marocaine. Une grande partie de la population sahraouie vit en exil et
dans des camps de réfugiés. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la
torture a confirmé, dans un rapport de 2013, l’usage généralisé de la torture
et de la violence par les Marocains au Sahara occidental. Dans ces conditions,
peut-on considérer que les Sahraouis sont libres de donner ou non leur
consentement aux activités de Total et autres ?
Olivier Petitjean
Cet article a été mis à jour le 30 avril 2014 pour inclure les
informations sur la license de prospection pétrolière et gazière accordée par le
Front Polisario à Rio Red Petroleum.
—
Photo : Western Sahara Resources Watch
Photo : Western Sahara Resources Watch
[2] Les activités de Kosmos au Ghana sont au centre du
film documentaire Big Men. Les prochains rois du pétrole, de Rachel
Boynton, qui sort en salles aux États-Unis ce mois-ci et a obtenu plusieurs
prix, dont le Grand prix du Festival international du film d’environnement de
Paris 2014. Voir le site du film : http://bigmenthemovie.com/
[3] Red Rio Petroleum est une entreprise créée en 2013,
visiblement expressément pour obtenir cette licence (elle n’en a pas d’autres à
ce jour). Son directeur, Frederik E. Dekker, est un ancien dirigeant de Wessex
Exploration, une autre "start-up" pétrolière et gazière britannique aujourd’hui
au bord de la faillite après que ses licences au Royaume-Uni et en Guyana se
soient révélées très décevantes au regard des promesses faites aux
investisseurs.
http://multinationales.org/Que-fait-Total-au-Sahara
Libellés :
pétrole,
SAHARA OCCIDENTAL,
TOTAL
samedi 19 avril 2014
Conflit de ressources au Sahara occidental : aucun contrôle sur le pétrole et les tomates.
Par Reiner Wandler de Madrid,
(d'après une traduction de l'allemand)
La population du Sahara occidental occupé
par le Maroc doit contrôler de quelle manière leurs ressources sont vendues à des
sociétés étrangères.
La police chasse les manifestants à travers la ville de El Aaiún au Sahara occidental occupé par le Maroc. Une chasse suivie d'arrestations et de répression.
Ces
scènes dominent la rue de la capitale de l'ancienne colonie espagnole
sur la côte nord-ouest de l'Afrique, en face des îles Canaries
actuellement. Il s'agit pour le gouvernement de
Rabat de s'approprier le pétrole du pays sahraoui pour le gouvernement de
Rabat, au prix des droits de forage.
Le dernier contrat - qui est responsable des manifestations actuelles- concerne la société américaine Kosmos Energy, pour octobre 2015, au large de la côte Atlantique.
Selon l'ex-Secrétaire des Nations Unies pour la question d'ordre juridique : « Lorsqu'est demandé et promu un contrat sans tenir compte des intérêts de la population du Sahara occidental, le droit international est violé », avait-il averti dès 2002. Néanmoins, le Maroc a attribué trois des quatre revendications aux sociétés étrangères.
L'un concerne le groupe énergétique Français Total, qui a renouvelé son contrat pour l'année 2001 seulement en février. Il pourrait lui coûter maintenant plus de 2 % de son capital social. Parce que détenir tant d'actions dans ces sociétés est une violation des droits humains. « Nous observons très étroitement les activités de Total au Sahara occidental », promet le Comité d'éthique du fonds norvégien.
Le capital est menacé d'abattement, et ce ne sera pas la première fois que les Norvégiens retirent du capital du Sahara occidental. En 2005, le Fonds a vendu son intérêt pour la compagnie pétrolière américaine Kerr McGee, juste là où aujourd'hui, Cosmos deviendra actif. (...) La raison : les deux mines de phosphate disponibles proviennent des mines de Bou Craa au Sahara occidental occupé.
« Pour le gouvernement de Rabat, la population du Sahara occidental n'a pas l'indépendance de vote, » s'est plaint Erik Hagen, Président du Western Sahara resource Watch (WSRW), une organisation non gouvernementale internationale, spécialisée dans les activités économiques de la puissance occupante. L'ONU tente depuis plus de 20 ans en vain d'organiser un référendum – à cause du refus du Maroc.
Les ressources minérales ne sont pas la seule question qui préoccupe le WSRW : le Maroc exploite également le terrain de la pêche au large de la côte du Sahara occidental, ainsi qu' avec l'Union européenne. Grâce à un accord de libre-échange avec Rabat a obtenu la vente des tomates du sud de la zone occupée dans les supermarchés européens. "Les immigrés du Maroc sont employés dans l'agriculture. Les Sahraouis sont, cependant, encore des chômeurs ", alors le WSRW.
Le bénéficiaire est l'Espagne, il en va de même pour l'industrie de la pêche, où plus de 100 000 Marocains ont trouvé un emploi. Un accord de pêche permet l'accès aux eaux "marocaines". (...)
Le dernier contrat - qui est responsable des manifestations actuelles- concerne la société américaine Kosmos Energy, pour octobre 2015, au large de la côte Atlantique.
Selon l'ex-Secrétaire des Nations Unies pour la question d'ordre juridique : « Lorsqu'est demandé et promu un contrat sans tenir compte des intérêts de la population du Sahara occidental, le droit international est violé », avait-il averti dès 2002. Néanmoins, le Maroc a attribué trois des quatre revendications aux sociétés étrangères.
L'un concerne le groupe énergétique Français Total, qui a renouvelé son contrat pour l'année 2001 seulement en février. Il pourrait lui coûter maintenant plus de 2 % de son capital social. Parce que détenir tant d'actions dans ces sociétés est une violation des droits humains. « Nous observons très étroitement les activités de Total au Sahara occidental », promet le Comité d'éthique du fonds norvégien.
Le capital est menacé d'abattement, et ce ne sera pas la première fois que les Norvégiens retirent du capital du Sahara occidental. En 2005, le Fonds a vendu son intérêt pour la compagnie pétrolière américaine Kerr McGee, juste là où aujourd'hui, Cosmos deviendra actif. (...) La raison : les deux mines de phosphate disponibles proviennent des mines de Bou Craa au Sahara occidental occupé.
« Pour le gouvernement de Rabat, la population du Sahara occidental n'a pas l'indépendance de vote, » s'est plaint Erik Hagen, Président du Western Sahara resource Watch (WSRW), une organisation non gouvernementale internationale, spécialisée dans les activités économiques de la puissance occupante. L'ONU tente depuis plus de 20 ans en vain d'organiser un référendum – à cause du refus du Maroc.
Les ressources minérales ne sont pas la seule question qui préoccupe le WSRW : le Maroc exploite également le terrain de la pêche au large de la côte du Sahara occidental, ainsi qu' avec l'Union européenne. Grâce à un accord de libre-échange avec Rabat a obtenu la vente des tomates du sud de la zone occupée dans les supermarchés européens. "Les immigrés du Maroc sont employés dans l'agriculture. Les Sahraouis sont, cependant, encore des chômeurs ", alors le WSRW.
Le bénéficiaire est l'Espagne, il en va de même pour l'industrie de la pêche, où plus de 100 000 Marocains ont trouvé un emploi. Un accord de pêche permet l'accès aux eaux "marocaines". (...)
Les Sahraouis considèrent que tant que le peuple de l'ancienne
colonie ne décide pas librement de leur avenir, la région continue
doit être sous la juridiction administrative de l'ancienne puissance
coloniale. Et ce n'est pas le Maroc, qui a vendu les ressources, mais
l'Espagne, qui est passé par les accords de l'UE en tant que forces
d'occupation dans le Sahara occidental.
http://www.Taz.de/ Ressourcenstreit-in-der-Westsah ara/! 137201 /.
http://www.Taz.de/
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samedi 15 mars 2014
Urgent ! Protester et diffuser ! Kosmos et Atwood : obstacles à la paix au Sahara Occidental
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