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vendredi 17 juillet 2015

Travail des "petites bonnes" au Maroc: Nouveau visage de l'esclavage moderne


Publication:
CHILD WORK MOROCCO
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SOCIÉTÉ - Selon le "collectif pour l'éradication du travail des petites bonnes", entre 60.000 et 80.000 fillettes de 8 à 15 ans sont exploitées comme domestiques au Maroc. Une forme de traite humaine qui perdure dans ce pays demeuré très inégalitaire, et qui touche la majorité des pauvres. Comment on en est arrivé là? Et comment s'en sortir?
Appréhender un tel phénomène n'est pas chose aisée, mais l'on peut structurer les principaux déterminants autour de deux aspects: l'offre et la demande du travail domestique. Du côté de l'offre, le chômage (9,9% en 2014) et son corollaire la pauvreté (15% en 2014), conduisent les parents à devenir incapables de subvenir aux besoins de base de leurs enfants, ce qui les contraint à donner leurs petites filles à des familles plus aisées afin, d'une part, de se décharger du fardeau de subvenir à leurs besoins, et d'autre part, avoir un revenu supplémentaire, quoique modeste, pour être capable d'assumer la charge des autres enfants.
Étant le lot de familles nombreuses, les parents en position de faiblesse ne pourraient négocier des conditions dignes pour l'accueil de leurs filles, ce qui explique aussi que les familles d'accueil ont tendance à abuser de leur pouvoir, surtout devant le silence des petites filles. Celles-ci deviennent en quelque sorte le bouc émissaire de l'incapacité des parents à assumer leurs responsabilités.
La rareté des opportunités d'emploi et d'activités génératrices de revenu, rend le travail des petites filles dans les villes inéluctable. L'endettement des parents, se trouvant au pied du mur, les pousse à donner leurs filles sans se préoccuper des conditions de leur travail.

vendredi 20 mars 2015

Emission LCP : "Racisme : vers une fausse bonne loi ?"

Alain Jakubowicz invité de l'émission "PolitiqueS" sur LCP samedi 21 mars à 9h55 / rediffusion dimanche 22 mars à 13h

Le Président de la Licra débattra avec Robert Badinter (ancien Garde des Sceaux), Gilles Clavreul (Délégué interministériel pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme) et Henri Leclerc (Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme) sur le thème "Racisme : vers une fausse bonne loi ?"

dimanche 16 septembre 2012

Hypocrisie mortelle...

Par Abdellah Tourabi, Goud, 10/9/2012


Hypocrisie mortelle La photo est choquante et insupportable. Elle heurte, bouleverse et révolte. Mais, passés l'effroi, l'embarras et le choc, essayez de bien regarder cette photo, fixez-la et ne la quittez pas des yeux : vous verrez dans le corps de ce nourrisson plus qu'un fait divers, un crime et une image abominable et répugnante, vous y apercevrez surtout la lâcheté d'un pays, l'hypocrisie d'une société entière et une misère sociale sombre et violente. Le corps de cet enfant est un parchemin sur lequel on peut déchiffrer notre duplicité, notre intolérance et nos sentences morales, rigides et intransigeantes, qui poussent au désespoir et à la plus horrible violence qu’une mère, un être humain, peut s’affliger : se débarrasser de la chair de sa chair et la jeter à la poubelle.
 
De combien de photos comme celle-ci avons-nous besoin pour comprendre et admettre que nous vivons au Maroc dans la tartufferie la plus grotesque et la plus absurde? Combien faut-il de drames et d'horreurs  pour accepter la réalité  et oser la regarder en face?
 Quand est-ce qu'on va se rendre compte qu'une loi qui réglemente l'avortement est une nécessité humaine et sociale pour sortir, enfin, du mensonge et du déni de réalité?
Tout le monde sait que l'avortement est un fait, une réalité existante au Maroc: plus de 600 opérations sont réalisées quotidiennement dans la clandestinité et l'illégalité totale, selon les chiffres fournis par des médecins et des associations. Des milliers de femmes mettent leurs vies et santés en danger, en  préférant avorter dans des conditions périlleuses et insalubres, pour ne pas avoir à  subir la honte et l'opprobre de donner naissance à  un « Hrami », un enfant né en dehors du mariage. Les discours moralisateurs, les sermons hautains et arrogants, et les prêches déconnectés de la réalité, qui s'adressent à des anges asexués sans désir et sans pulsions charnelles, participent à cet aveuglement général qui frappe notre société. Dans un pays où les Marocains et les Marocaines se marient de plus en plus tard, par choix ou par contrainte, il est absurde et saugrenu de ne pas admettre que les gens ont des rapports sexuels libres et consentis, et que les femmes ont le droit de ne pas subir une grossesse qu'elles ne souhaitent pas et qu'elle ne peuvent pas assumer. Il est irresponsable de proposer comme unique solution et remède à cette situation, des appels à la chasteté et à la vertu, et des homélies sans effets et sans impact réel.
   
De cette photo suinte aussi une misère noire, une détresse et un désespoir qui nous informent sur l'ampleur des inégalités sociales au Maroc. Car même sur la question de l'avortement et de la contraception, ces sont les pauvres et les démunis qui payent le prix fort de leur chair et de leur humanité. Beaucoup d'entre nous ont jugé la femme qui a jeté son nourrisson à la poubelle, en y voyant une criminelle, une mère indigne, un monstre, car, selon ces juges implacables,  même les animaux ne tuent pas leurs petits et ne leur réservent pas un tel sort. Mais avait-elle d'autres choix et possibilités pour éviter cet acte violent? Les femmes aisées ou bénéficiant d'un revenu confortable peuvent éviter le cauchemar et le scandale de porter un enfant en dehors du mariage, en recourant à l'avortement chez un médecin. Mais pour cela, il faut débourser de 3000 à 5000 dirhams, et il faut surtout être suffisamment informée pour s'adresser à un praticien qui accepte de le faire. 
Mais dans nos quartiers populaires, nos bidonvilles, nos douars, combien de femmes peuvent trouver cette somme? Par quel réseau ou par quel miracle dénicheront-elles l'adresse d'un médecin qui consentira à les aider et les accompagner dans cet avortement? La misère, l'ignorance et la peur du regard inquisiteur d'une société impitoyable avec les faibles poussent souvent ces femmes à attendre, déployer mille ruses pour dissimuler leurs grossesses, et quand elles accouchent, il ne leur reste que la honte ou le crime, dont elles sont les auteurs et les victimes.  Même la pilule du lendemain, vendue au Maroc, après maintes tergiversations, reste inaccessible par son prix ( 94 dirhams) à beaucoup de femmes et demeure mal connue à cause d'une éducation sexuelle défectueuse et d'une culture faite d'interdits, de tabous et de silence. Si d'autres nourrissons sont jetés à la poubelle ou dans des ruelles sombres de nos villes, il ne faut pas lancer la pierre à leurs mères, car nous sommes tous coupables et complices par notre hypocrisie, notre aveuglement et notre médiocrité collective, qui privent ces femmes d'un autre choix que le crime

mercredi 9 février 2011

Non à un Guantanamo à la française !

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Non à un Guantanamo à la française !
Communiqué commun Cimade / LDH / SafParis, le 3/2/ 2011
La commission des lois du Sénat a adopté, le 19 janvier 2011, un amendement proposé par le gouvernement sur son propre projet de loi relatif à l’immigration. S’il était définitivement adopté par le Sénat, cet amendement permettrait de détenir certains étrangers plus de 18 mois, en centre de rétention administrative.
Ce dispositif pourrait s’appliquer aux personnes étrangères qui ont été condamnées pour terrorisme et sont frappées d’une interdiction du territoire français, ou font l’objet d’une mesure d’expulsion motivée par « un comportement lié à des activités à caractère terroriste pénalement constatées ».
Parfois, ces personnes ne peuvent pas être renvoyées dans leur pays par la France du fait des risques de persécutions auxquelles elles seraient exposées. Ces craintes sont souvent constatées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, par la Cour nationale du droit d’asile ou par la Cour européenne des droits de l’homme que les intéressés saisissent.
Il n’est pas acceptable que des personnes puissent être détenues pendant plus d’une année et demi sur simple décision administrative, et ce aux seuls motifs qu’elles seraient vaguement soupçonnées de terrorisme.
Cette disposition opère une confusion dangereuse entre rétention administrative et mode de surveillance des personnes, dans un contexte de criminalisation du statut des étrangers et créerait, si elle est adoptée, un « Guantanamo à la française ».
Nous appelons l’ensemble des sénateurs à veiller au respect des libertés fondamentales en refusant cet amendement, ainsi que l’ensemble des dispositions de ce projet de loi qui portent gravement atteinte aux droits des étrangers.
Signataires :
La Cimade
Ligue des Droits de l’Homme
Syndicat des Avocats de France