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jeudi 27 septembre 2012

Younes Derraz tabassé et dépouillé de son sac

Une image qui restera comme l'un des moments forts de la parodie de la Bey3a, à Rabat le mercredi 22 août 2012, face au parlement, lorsque des voyous à moitié policiers à moins qu'il ne s'agisse du contraire, s'en étaient pris à notre ami et militant Younes Derraz, pour lui dérober son sac après s'en être pris à tous ceux qui avaient eu le malheur d'exhiber un appareil de photo ou un téléphone portable !

  • Younes Derraz:
     J'aurais aimé être ce soir à Madrid ou à Athènes, j'aurais aimé être dans la foule, un humain humant l'hymne de la liberté, un humain transpirant, un humain aimant, un humain détestant l'injustice et la bêtise, j'aurais aimé être un grec furieux, ou un espagnol enragé, j'aurais aimé me fondre dans les autres, être un des autres, j'aurais aimé être humain avant tout, j'aurais aimé aimer et être aimé, j'aurais aimé être le sourire d'une charmante espagnole qui se révolte, j'aurais aimé être le regard d'un beau grec qui s'insurge, j'aurais aimé être une rencontre fortuite, délicate et éternelle entre deux êtres humains, j'aurais aimé être la lune qui éclaire la naissance d'un nouveau monde, j'aurais aimé être moi et les autres, avec les autres, dans les autres, pour les autres, j'aurais aimé ne pas avoir à dire : "j'aurais aimé" !
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    Younes Derraz Attention : mes amis reçoivent de moi un lien dans des messages privés et j'en reçois des tonnes également. Ne cliquez pas dessus, c'est un virus qui plante votre compte face.

samedi 25 août 2012

Maroc-Allégeance au roi : « Nous reviendrons l’année prochaine en plus grand nombre ».

[Interview d’un membre du M20]
Hamza Mahfoud s'est, lui aussi, fait tabasser par les forces de l'ordre (DR)
Au lendemain de la cérémonie d’allégeance au roi, célébrée mardi au Maroc, des dizaines de manifestants se sont données rendez-vous mercredi, devant le siège du Parlement, pour réclamer la suppression de cette pratique. Plusieurs des participants, dont des journalistes qui couvraient l’événement, ont été passés à tabac par les forces de l’ordre. Pour en savoir plus, nous avons contacté Hamza Mahfoud, journaliste et militant dans les rangs du Mouvement du 20 février, qui a, lui aussi, subi le même sort. 


Yabiladi.com : Vous avez participé mercredi, à Rabat, à la manifestation contre l’allégeance au roi. Racontez-nous comment tout cela a commencé. 

Hamza Mahfoud : Nous avons d’abord créé un événement sur Facebook qu’on a baptisé : « la Fête d'allégeance à la dignité et à la liberté ». Plus de 15 000 personnes ont reçu des invitations pour y partciiper. Finalement, plus de 1500 ont répondu favorablement à l’invitation. Ce ne sont que des estimations bien sûr, mais cela nous sert d’indicateur pour pouvoir mesurer le nombre de personnes qui seront réellement présentes le jour J.
De nombreuses activités artistiques étaient programmées pour cette « fête », du théâtre, de la poésie… L’annonce de l’événement faisait déjà beaucoup parler la presse étrangère. L’AFP et Reuters ont notamment relayé l’information qui a été par la suite reprise par de nombreux supports étrangers.
Que s’est-il passé par la suite ? 

H.M : Comme convenu, on est arrivés aux alentours de 17h50 sur le lieu où était prévu le rassemblement. Au départ, on était une dizaine, puis d’autres personnes nous ont rejoints ensuite. Il y avait principalement des militants, des membres du M20 et des journalistes étrangers venus couvrir l’événement. C’est alors qu’on a été surpris par l’intervention brutale des forces de l’ordre. Ils insultaient et tapaient toutes les personnes qui étaient à leur portée…. hommes, femmes, enfants, sans distinction. Ils voulaient à tout prix saisir tout ce qui est caméras, appareils photos, téléphones portables pour éviter la publication des photos démontrant les violences de la police.

Vous avez vous-même subi des agressions de la part des forces de l’ordre...
H.M : Oui effectivement, j’ai reçu plusieurs coups. On m’a même déchiré la chemise blanche que je portais ce jour-là. Le caïd de Rabat (ndlr : l’homme qui porte des lunettes noires sur la photo) est celui qui a été le plus violent à mon égard. Il m’a donné une gifle en pleine figure.

Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Mustapha El Khalfi a fait part de ses regrets à la direction de l’AFP, suite à l’agression de l’un de ses journalistes lors de la manifestation.  Les journalistes marocains, eux, n’ont pas eu droit à des excuses. Qu’est-ce que vous en pensez ?

H.M : El Khalfi ne s’excusera pas. En tout cas, on ne s’attend pas à recevoir des excuses de sa part. Les Marocains ne font pas partie des préoccupations du gouvernement. Mais là, n’est pas la question. En agissant de la sorte, on nous a confirmé le citoyen marocain n’a pas de valeur aux yeux du gouvernement. De plus, El Khalfi n’est pas le commanditaire de cette violente intervention policière. Il ne fait que présenter des justifications insensées. C’est le roi et son entourage proche qui gouverne en réalité.

Pourtant cela faisait un moment que l’on n’avait plus entendu parler de violences policières lors des manifestations. 

H.M : Peut-être, mais la répression n’a jamais cessé. Pas plus loin qu’il y a deux semaines deux militants du Mouvement du 20 février ont été placés derrière les barreaux pour avoir participé à un sit-in de soutien à d’autres manifestants arrêtés auparavant.

Qu’espériez-vous atteindre comme objectifs par l’organisation de cette manifestation ?

H.M : Cette cérémonie d'allégeance est pour nous le summum de l’humiliation. D’autant plus que les personnes qui y assistent nous représentent nous les citoyens, le peuple. Notre principal objectif à travers cette action était de réclamer la suppression de cette cérémonie qui renvoie une très mauvaise image de notre pays. Pour l’instant, nous avons réussi à susciter le débat et à lever les tabous qui entouraient cette pratique archaïque. Nous reviendrons l’année prochaine en plus grand nombre  et Mamfakinch. 
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Par Aziz Enhaili
Du Bled du Makhzenistan:

Maintenant que le Makhzen a commis la bourde de s'en prendre à des journalistes, dont le correspondant de l'AFP, M. Brouksy, il a aidé, à son corps défendant à ouvrir les yeux à plusieurs de ceux qui jusque-là en disaient (surtout) du bien. Même le Washington Post a ouvert les yeux... Tout cela se passant à l'ombre du refus grandissant de la population de ce cérémonial despotique et archaïque de la Beïa (allégeance).

Je vous parie que dans les jours à venir, peut-être la semaine prochaine ou au début de la rentrée de septembre, le Makhzen nous arrivera avec un autre ''Talsint''. Vous rappelez-vous ce cet éléphant blanc et de ce qui a suivi?? Tout cela pour détourner les regards de là où il faut et où ca fait mal, très mal...


lundi 30 juillet 2012

Ce que j’ai vu à Bernoussi

 العفاريت والتماسيح والمخلوقات التي لا يعرف أحد أين Par Larbi, 24/7/ 2012

 Sommes-nous en démocratie ? Non, nous sommes au Maroc.

 Faut-il vous le confesser comme si on confessait un horrible crime ? 

Hier j’étais dans la manifestation du mouvement 20 février dans le quartier Bernoussi à Casablanca. Certes le cœur n’y est plus depuis un moment, mais je me fais un devoir d’assister au moins une fois par mois à une manifestation du mouvement. Parce que contrairement à ce que dit ce clown triste et personnage insignifiant faisant office de chef de gouvernement, la demande de réformes politiques est toujours présente et il faut être sourd et aveugle pour l’ignorer. 

Parce que des militants du mouvement dorment toujours derrière les barreaux pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Et parce que le mouvement 20 février, c’est un peu la famille, on n’arrive pas à s’en séparer et il faudrait bien se retrouver de temps en temps pour ne pas laisser la flamme vaciller. 

 Dimanche soir donc, un impressionnant comité d’accueil composé de diverses unités policières était massé au point de départ et attendait les irréductibles du mouvement. A croire que les forces d’ordre n’ont rien d’autres à faire qu’intimider les manifestants. Dans la même journée à Derb Kebir des trafiquants de drogue ont semé la terreur et attaqué les policiers et il faut croire que ces derniers sont venus se rattraper auprès des manifestants. Forts avec les faibles, faibles avec les forts telle est leur ligne de conduite lâche et nauséabonde.

 La manifestation est arrivée à démarrer à la faveur d’un changement de point de départ de dernière minute, prenant les bataillons de force de l’ordre de court. Pendant une heure, on a volé quelques moments de manifestation qu’on savait précaire. Voici Hamza Haddi, jeune du mouvement, sorti de prison il y a à peine trois jours, qui reprenait déjà service et donnait le ton avec abnégation et courage. Pendant une heure on a un peu retrouvé le mouvement qui milite pour un idéal : la dignité et la justice pour tous. Et s’en tient à une ligne de conduite : les actions pacifiques.
 Avec détermination, quand beaucoup d’autres ont renoncé. Avec courage, quand beaucoup d’autres se sont réfugiés dans la lâcheté et le silence. Pour de nobles idéaux, quand beaucoup d’autres ont choisi la médiocrité et la servilité.

 Et soudain les chiens sont lâchés. On n’est jamais préparé à une attaque de police, c’est lâche et soudain une attaque de police, d’autant plus que cette dernière a accumulé une longue expérience répressive. Il y a eu les motards qui essayaient d’écraser des manifestants avec leurs engins rappelant des scènes horribles de chiens lâchés sans laisse. Il y a eu les matraques qui pleuvaient pour chasser les manifestants faisant plusieurs blessés. 

C’est toujours spécial quand des policiers marocains matraquent des manifestants, ils se mettent à la tâche avec ardeur et à bras le corps, comme s’ils avaient un compte personnel à régler avec chaque manifestant. Quelqu’un m’a dit un jour qu’on les laissait toute la journée, exprès, sans repas pour qu’au moment du passage à l’acte ils le fassent avec la rage des affamés. Je me demande si dimanche soir on n’a pas fait exprès de ne pas les laisser rompre le jeune du ramadan. 

 Il y a eu les violents coups de pieds, qui paradoxalement passaient pour un moindre mal. Il y a eu des passants et des vendeurs qui prenaient eux aussi des coups parce qu’ils se trouvaient, là, sur le chemin d’un policier en rage qui a besoin d’atteindre son quota de matraqués.

 Puis il y a ce moment, peu glorieux où l’on se déteste. Ce moment où face aux matraques on commence à courir et à fuir pour ne pas prendre un coup, pour ne pas être interpellé, pour ne pas donner l’occasion à un médiocre élément des forces de l’ordre, ne sachant parler qu’en injures, de nous faire humilier. Ce moment où l’on se déteste parce qu’on se dit, après coup, qu’on aurait pu rester regroupé, résistant aux coups, accueillant les matraques avec dignité. Il y a eu ce moment où on commence à faire le compte, à chercher qui manque à l’appel et à déduire qui a été interpellé et qui est en train d’être ramené en ce moment dans un obscure poste de la police, subir l’arbitraire de la justice. Ce moment où l’on s’appelle pour se rassurer, prendre des nouvelles des disparus, chercher des infos…. 

Il y a eu enfin ce moment où l’on regarde les passants, les yeux dans les yeux. Où l’on lit la peur dans leurs yeux, elle se lit très bien la peur dans le regard des gens, et l’on se dit que ceux-là ils ne sortiront jamais manifester après avoir assisté à cette leçon de la politique de la peur. Ainsi apprend-on aux foules à bien se tenir. Ce que j’ai vu à Bernoussi, je ne l’oublierai pas. Il se rajoutera ce que j’ai vu avant à Rabat, à Sbata, à divers moments et endroits pendant un an et demi de manifs.

 Ce que j’ai vu à Bernoussi est révoltant, triste et abject. Et quand on échappe de cette épreuve sans blessure dans le corps, on garde fondamentalement des blessures dans le cœur. Mon dieu, ça en fait des séquelles ! 

 Beaucoup de ceux qui étaient présents hier vous le diront : par une alchimie mystérieuse, et assez paradoxale, on sort de ce genre d’épreuves encore plus fort et encore plus déterminé. Alors oui, à la prochaine manifestation pacifique du mouvement 20 février je sortirai dans la rue sans haine et sans crainte. Et si on est encore réprimé, tant pis, on sortira la fois suivante. Quelque chose est définitivement cassée dans le pays et ce n’est pas la répression qui va la réparer. 

Ils sont sortis manifester pacifiquement, ils ont été jetés en prison
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Un Journaliste tabassé par la police lors de la manifestation du M20F Casa à Bernoussi

Conférence de presse du M20
http://youtu.be/qI9pVhI6Kq0

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