Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est CPI. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CPI. Afficher tous les articles

jeudi 13 août 2015

Grâce à Anne Hidalgo, Paris capitale de l’apartheid israélien

C'est bien le drapeau israélien qui domine à "Tel Aviv Plage", pas celui de Tel Aviv. C'est bien - confirmation supplémentaire - une opération de blanchiment de la politique israélienne. Les badauds pris en otage. La belle idée de Paris plage tuée par la politique de Mme Hidalgo - et cela au profit d'une Force occupante ! Réaction pacifique. Attention aux pièges. Ils sont prêts à tout.
 *****
 Apartheid-sur-Seine

Youssef Boussoumah

« Un bébé palestinien brûlé vif par des colons israéliens et des milliers d’autres qui souffrent à Gaza et Anne Hidalgo propose Tel Aviv-Sur-Seine ? » Cette réflexion d’un internaute, reflète bien le dépit, voire la colère d’une bonne partie des habitants de ce pays depuis qu’a été annoncée dans le cadre de Paris-plage la tenue d’une opération Tel Aviv sur Seine jeudi 13 août prochain, une provocation d’un cynisme surréaliste .

En effet un an pratiquement après l’opération « Bordure protectrice », invasion de Gaza qui fit près de 2200 morts dont 550 enfants et des milliers de blessés essentiellement des civils, un an après ces gigantesques défilés où l’opinion de ce pays notamment la jeunesse s’exprima massivement contre cette nouvelle agression coloniale d’une puissance surarmée contre un peuple démuni, alors que Gaza en dépit de ses souffrances résiste au blocus israélien qui interdit tout retour à la vie, madame le maire de Paris, tout comme l’été dernier, son mentor, le 1er ministre matraqueur de la jeunesse Manuel Valls, persiste et s’enfonce elle aussi dans le déni de réalité. En effet, par son entêtement elle montre qu’elle ne comprend rien à l’exigence de dignité et le souci de la morale qui anime une grande partie de ce pays notamment la jeunesse des quartiers populaires qui refuse de cesser de s’indigner comme on veut le lui imposer et ainsi de se faire par son silence complice de criminels de guerre. Elle montre également qu’elle préfère le camp de la force brutale et de la loi du plus fort à celui de la raison et de la justice.
Signé en mai dernier entre Anne Hidalgo et son homologue le maire de Tel Aviv ce partenariat entre Paris et la capitale d’un État, dont la traduction devant la CPI se fait de jour en jour plus certaine, a de quoi scandaliser tous ceux qui refusent de reléguer au niveau d’un fait divers la mort de milliers de femmes et d’enfants innocents. 

jeudi 2 avril 2015

La Palestine est officiellement membre de la Cour pénale internationale

Khadija Ainani, Le 20 heures, 1/4/2015

 
La Palestine est devenue formellement mercredi membre de la Cour pénale internationale (CPI), avec l’intention d’y faire juger les dirigeants israéliens pour crimes de guerre ou crimes liés à l’occupation. 

 Une cérémonie à huis clos s’est déroulée au siège du tribunal à La Haye pour marquer cette adhésion, au cours de laquelle le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryad al-Malki, a reçu une copie symbolique du Statut de Rome, fondateur de la CPI. L’adhésion de la Palestine constitue un pas de plus dans la confrontation diplomatique et judiciaire engagée en 2014 par la direction palestinienne.C’est aussi une démarche aux conséquences incertaines: le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants israéliens semblent loin de comparaître un jour à La Haye.



jeudi 5 février 2015

Refuser l’impunité d’Israël, lui opposer le droit


Le gouvernement israélien refuse toute enquête internationale sur les crimes commis cet été à Gaza. Comme en 2009 lors de l’élaboration du rapport Goldstone après l’opération « plomb durci », il a refusé toute coopération avec la commission d’enquête internationale mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU scandaleusement baptisé par son porte-parole « Conseil des droits des terroristes », lui interdisant même l’entrée dans la bande de Gaza. 

Le président de cette commission d’enquête, le Canadien William Schabas, professeur de droit international, attaqué par Israël pour ses supposées sympathies pour la population de Gaza, vient de démissionner pour « ne pas gêner la rédaction du rapport d’enquête, qui doit être publié en mars ». Israël avait violemment mis en cause son impartialité. Comme il l’avait fait précédemment pour le juge Goldstone ou la juriste française Christine Chanet auteur du rapport de mars 2013 sur l’impact de la colonisation sur les droits des Palestiniens.
Qu’Israël persiste dans son refus de toute enquête indépendante ne fait que traduire sa volonté de n’avoir jamais aucun compte à rendre et de préserver sa totale impunité. En l’absence de tout rappel à l’ordre, après une campagne de dénigrement de la Cour Pénale Internationale et la volonté affichée d’obtenir sa dissolution, Israël s’active ouvertement et en toute arrogance à « empêcher la publication de ce rapport ».
En s’abstenant en août dernier lors du vote de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU sur la création de la commission d’enquête internationale sur Gaza, en se taisant sur les obstacles mis par Israël à son travail sur le terrain, la France a pris la très lourde responsabilité d’affaiblir cette commission. Elle ne peut continuer sans risque à fermer les yeux sur ce mépris des lois internationales. Continuer à se taire, revient à décerner à Israël un brevet d’impunité permanente. C’est ouvrir la voie à de nouveaux crimes.
La France doit au contraire soutenir pleinement les travaux de la commission internationale d’enquête sur Gaza, exiger qu’elle puisse entrer à Gaza et exprimer sa confiance à son président, tout comme elle doit soutenir la démarche palestinienne auprès de la Cour pénale internationale.
Le Bureau national
Paris, le 04 février 2015
--

http://www.france-palestine.org/Refuser-l-impunite-d-Israel-lui-opposer-le-droit


Association France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79
Suivez l'AFPS sur www.france-palestine.org, Facebook et Twitter


mardi 20 janvier 2015

CPI : Qui a peur de rendre des comptes ?

La CPI n’étant habilitée à poursuivre que des personnes, on peut s’étonner que les USA souvent appelés la grande démocratie occidentale n’y adhère pas. Recèlerait-elle en son sein des criminels susceptibles d’être poursuivis par cette Cour Internationale ? Peut-on penser à guatanamo  ? En fait tous les pays coloniaux ont eu des dirigeants ou des personnels justiciables de cette Cour qui malheureusement n’existait pas à la grande époque coloniale (France, Angleterre, Belgique etc...). Quant à Israël il est tout à fait normal qu’elle n’y adhère pas car c’est peut-être actuellement le pays qui compte le plus de citoyens que cette Cour peut poursuivre. Cela ne peut qu’ajouter à la contradiction entre les professions de foi des pays occidentaux et leur mansuétude à l’égard d’Israël qui lui peut décrocher le titre de pays criminel sans aucun problème.


Qui a peur de rendre des comptes ?

Depuis l’acceptation par le secrétaire général des Nations unies de l’adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale (CPI) les réactions israéliennes et américaines traduisent inquiétude et fébrilité. Ces États qui ont toujours refusé d’adhérer à la CPI et de se soumettre à la juridiction internationale voient poindre une menace redoutable : la mise en cause de leur impunité.
Cette Cour n’est pas habilitée à poursuivre des États, mais des personnes. C’est donc la perspective de mise en cause, et à terme de condamnation judiciaire effective, de leurs principaux responsables politiques et militaires qui leur est insupportable.
Pour ce qui est d’Israël, il s’agit de pouvoir continuer, en toute quiétude, à coloniser à outrance et de préserver ce « droit permanent à l’agression » contre la population palestinienne qu’on a vu à l’œuvre à Gaza l’été dernier.
Chaque fois qu’un nouvel Etat rejoint la CPI, la France et les Etats européens saluent un nouveau pas vers l’universalité de cette juridiction. La France ne peut aujourd’hui garder le silence. Au nom des valeurs de justice auxquelles elle se réfère, elle doit au contraire oser marquer clairement son appui à la démarche palestinienne et s’opposer à toute mesure de rétorsion qu’elle soit israélienne ou américaine.
Ne rien faire pour s’opposer à cette entreprise américano-israélienne reviendrait à accréditer la thèse selon laquelle la justice internationale elle-même relèverait du « deux poids deux mesures », la CPI n’ayant à juger que des despotes et criminels africains. Cela contribuerait à ébranler la crédibilité de la CPI et à exonérer les criminels de tous bords.

Le bureau national
Paris, le 19 janvier 2015
--
http://www.france-palestine.org/Qui-a-peur-de-rendre-des-comptesAssociation France Palestine Solidarité (AFPS)
21 ter Rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79
Fax. : 09 56 03 15 79
Suivez l'AFPS sur www.france-palestine.org, Facebook et Twitter

lundi 19 janvier 2015

Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale de l'ONU de 1965




TOUS POUR FAIRE FAIRE VALOIR ET APPLIQUER LES CONVENTIONS INTERNATIONALES DES DROITS HUMAINS
LES MASSACRES DE SABRA ET CHATILA SONTDES CRIMES CONTRE L HUMANITE


La loi n° 90-615 du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, dite loi Gayssot (du nom du député communiste Jean-Claude Gayssot) est une loi française.
La loi Gayssot innove par son article 9, qui qualifie de délit la contestation de l'existence des « crimes contre l'humanité, »
La France ayant ratifié la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale de l'ONU de 1965 SE TROUVE DONC DANS L’OBLIGATION DE FAIRE VALOIR CETTE LOI
Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis dont voici le premier alinéa :
« Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »

lundi 12 janvier 2015

Nous sommes indignés

Khadija Ainani
Khadija Ainani, 12/1/2015
Communiqué de presse

Des associations issues de l’Immigration signataires de l’ Appel « Solidarité Charlie Hebdo ».

Nous sommes indignés

Nous, associations issues de l’immigration et associations de solidarité, avons appris avec consternation la participation de hauts responsables de l’Etat d’Israël à la manifestation de solidarité avec les victimes de l'attentat meurtrier contre "Charlie Hebdo" qui aura lieu ce dimanche 11 janvier 2015 ;
Prenant pour prétexte le meurtre raciste et odieux de quatre otages de confession juive le 9 janvier – que nous condamnons avec toute notre énergie –, les responsables des crimes commis contre le peuple palestinien veulent aujourd’hui se draper d’une virginité anti-raciste, respectueuse des droits de l’Homme et de la liberté d’expression en venant manifester à Paris. Ils sont les mêmes qui assassinent des enfants à Gaza et dans les territoires occupés. Ils sont les mêmes qui ont assassiné le caricaturiste palestinien Naji Al Ali en 1987. Ils oublient que les caricaturistes de "Charlie Hebdo" assassinés ont toujours défendu le droit des Palestiniens à leur Etat.
Cette participation est cautionnée par le gouvernement français, qui les accueille et accepte de les faire participer à son cortège officiel.
Non, la lutte pour la liberté d’expression et de conscience et contre la barbarie ne peut être menée avec les ennemis de la liberté !
Non, les criminels de guerre n’ont pas leur place dans les cortèges de la dignité et de la solidarité. Leur place est devant les tribunaux internationaux.
Paris, le 11 janvier 2015.

mercredi 7 janvier 2015

Adhésion de la Palestine à la CPI confirmée !

Adhésion de la Palestine à la CPI confirmée !
Ban Ki-Moon a confirmé l'adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale. Cette adhésion sera active en avril prochain.

vendredi 2 janvier 2015

Les Palestiniens se tournent vers la CPI, colère d’Israël


C‘était une menace ancienne brandie par les Palestiniens : pouvoir poursuivre des responsables israéliens devant la justice internationale. Ce mercredi, Mahmoud Abbas a mis cette menace à exécution. Le président de l’Autorité palestinienne a en effet signé le statut de Rome , le document qui régit la Cour pénale internationale (CPI). Il souhaite ainsi que son pays adhère au Tribunal de La Haye, créé pour juger les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. 

“Je signe ici afin de demander l’adhésion à la Cour pénale internationale, a-t-il commenté. Nous souhaitons pouvoir engager des poursuites. Nous sommes victimes d’agressions. Notre territoire est en proie à une agression”, a estimé Mahmoud Abbas.
Israël a aussitôt dénoncé cette décision. Même réaction de la part des Etats-Unis, allié traditionnel de l’État hébreu.
L’adhésion à la CPI doit encore être entérinée dans les prochaines semaines.
Cette initiative intervient au lendemain du rejet d’une résolution palestinienne à l’ONU.

CETPreviousNext

jeudi 14 août 2014

Maître Gilles Devers dénonce les pressions de Hollande et Cameron sur la Palestine pour retirer sa plainte à la CPI


Maître Gilles Devers dénonce les pressions de Hollande et Cameron sur la Palestine pour retirer sa plainte à la CPI


Discours de Maître Gilles Devers à Lyon hier:
 http://www.europalestine.com/spip.php?article973 EXTRAITS :
Les pays occidentaux, à commencer par la France et la Grande Bretagne, ont une attitude inadmissible vis à vis du peuple palestinien. Il est clair qu'actuellement il y a de très fortes pressions des gouvernements occidentaux, comme Cameron et Hollande qui sont en tête, pour dire à la Palestine: "Si vous signez il y aura des mesures de rétorsion".
C'est à dire qu'on s'apprête à sanctionner un peuple qui veut remettre son destin entre les mains de la Justice.
...
Il importe au plus haut degré que vous signiez et que vous fassiez signer cette pétition :
http://icc4israel.wesign.it/fr
...
Ces atteintes aux droits sont tellement violentes et tellement importantes qu'elles concernent la société humaine dans son entier.
Et donc notre devoir c'est de défendre nous aussi, pour ce qui nous concerne et pour nos enfants, une société dans laquelle la violence a été supprimée derrière la loi.

samedi 9 août 2014

Les crimes d’Israël devant la CPI :« Tôt ou tard, la CPI jugera les crimes de guerre commis à Gaza »


Par Gilles Devers, 9/8/2014

Gilles Devers est l'avocat qui a déposé la plainte de la Palestine à la Cour Pénale Internationale


Les crimes d’Israël devant la CPI : Nous sommes près du but ; ce qu’il reste à faire





J’écris ces lignes alors que les 1,8 millions d’habitants du territoire palestinien de Gaza vivent dans les plus grandes difficultés, et les plus grandes incertitudes. Le bilan provisoire est de 1800 morts et plus de 6 000 blessés graves, dont 85% de civils. L’électricité est là quelques heures par jour, l’eau manque, et le pays est en ruine. Les familles pleurent leurs morts. Venus s’occuper de tunnels, les soldats israéliens ont rayé de la carte des quartiers entiers et détruit des infrastructures essentielles à la population civile (hôpitaux, écoles, centrale électrique…). Rien de significatif ne se dégage sur le blocus de Gaza, qui est en lui-même un crime de guerre.
Alors, est-ce le moment de parler de la procédure quand l’idée d’un procès semble à des années lumières des besoins urgents d’un peuple qui demande seulement à vivre ?
Oui, c’est le moment. D’abord, car nos amis Palestiniens nous le demandent. Ensuite, parce que nous n’avons jamais été aussi près du but : combattre l’impunité d’Israël devant une juridiction internationale.Le ministre de la justice Saleem Al-Saqqa est clair : la procédure doit se poursuivre.

Justice for Palestine
I
Où en est-on ?
L’action juridique est un relais de la Résistance palestinienne, et elle ne s’arrêtera pas. Pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, la plainte engagée au nom du Ministre de la Justice de l’Etat de Palestine et du Procureur général de Gaza a été rejetée par la Procureure de la Cour pénale internationale. Mais ce n’est qu’une toute petite étape au regard de ce qui été fait et de ce qui sera fait. Notre détermination est intacte.
En synthèse ?
Voici en synthèse le bilan :
1/ La plainte déposée le 25 juillet 2014 a été classée par la Procureure. C’est une mesure, illégale sur la forme comme sur le fond, et qui, quoiqu’il en soit, n’a pas d’autorité de chose jugée;
2/ La motivation retenue par la Procureure est une aberration juridique, qui n’est partagée par aucun Professeur de droit ;
3/ L’unanimité des Professeurs de droit a dit que la Palestine peut donner compétence à la Cour pénale internationale par une déclaration de compétence (art ; 12.3) ;
4/ Du fait de cette plainte, s’est créé un consensus dans la classe politique palestinienne pour se décider à ratifier le Statut de la CPI, et c’est là une immense avancée, qui change tout ;
5/ La procédure engagée était parfaitement valable car elle comprenait une dénonciation de faits (Art. 15.1) et une déclaration confirmative de compétence (Art. 12.3) par le ministre de la justice ;
6/ La visite du Ministre palestinien des affaires étrangères, M. Al-Malki, au siège de la CPI le 5 aout 2014, reste un épisode regrettable car la plainte qui était en cours auparavant ne l’était plus après ;
7/Cette étape laissera inévitablement des traces, car il était très facile de contourner l’obstacle levé par la Procureure, mais les forces lancées sont telles que tôt ou tard, la CPI sera saisie du dossier des crimes commis en Palestine.
8/ Si la Procureure trouve un nouvel échappatoire pour rejeter la demande du peuple palestinien, elle aura porté un nouveau coup, cette fois fatal, à la CPI, qui est déjà au cœur de bien des critiques.
9/ Le mouvement Hamas, décrété terroriste en Europe, s’en remet à la justice, alors qu’Israël la refuse, et que les pays occidentaux tente de barrer la route à la Palestine. C’est tout un pan de propagande qui s’écroule sous nos yeux, et qui change toute la donne au Proche-Orient.
2
Quelle procédure a été engagée ?
Monsieur Saleem Al-Saqqa, Ministre de la Justice de Palestine et Monsieur Ismail Jabr,  Procureur Général de la Cour de Gaza ont, le 25 juillet 2014, déposé une plainte fondée sur l’article 15.1 du statut auprès de Madame Fatou Bensouda, Procureure près la Cour pénale internationale, concernant les crimes de guerre commis par l’armée israélienne en juin et juillet 2014 en Palestine, dans le contexte de l’opération militaire appelé « Bordure protectrice ».
La plainte visait les infractions suivantes, qui sont toutes des crimes de guerre définis par le statut de la CPI :
  • Homicide intentionnel
  • Attaques portées contre des civils
  • Attaques causant incidemment des pertes en vies humaines, des blessures et des dommages excessifs
  • Destruction et appropriation de biens
  • Crime de colonisation
  • Crime d’apartheid
  • Violation des règles du procès équitable

Dans leur plainte, Monsieur Saleem Al-Saqqa, Ministre de la Justice de Palestine et Monsieur Ismail Jabr,  Procureur Général de la Cour de Gaza ont demandé à Mme la Procureur de saisir la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale pour qu’elle autorise l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis à Gaza.
Quatre jours plus tard, a été adressée au bureau du procureur la déclaration confirmative de compétence. C’est le schéma qui avait été suivi pour l’affaire Gbagbo. Nous avons donc respecté ce précédent.
La procédure était-elle régulière ?
Elle l’était parfaitement, et elle le reste.
Pour accepter un Traité, un Etat doit le signer et le faire ratifier par son parlement. La Palestine ne l’a hélas pas fait. La procédure que nous avons engagée a montré que c’était une posture intenable, et il y a désormais un consensus pour le faire, ce qui est un acquis considérable. Donc, c’est juste une question de temps, et bien sûr, le plus tôt sera le mieux.
Mais le statut prévoit un mode dérogatoire : un gouvernement peut donner compétence à la Cour par une simple déclaration. C’est ce qu’avait le ministre de la justice de Palestine en janvier 2009, et c’est ce que nous avons fait ce mois de juillet 2014, par une déclaration confirmative.
On dit que c’était voué à l’échec car c’était une démarche personnelle ?
Ceux qui disent cela parlent sans savoir. Ils n’ont pas lu les actes de la procédure, et n’ont pas cherché à me contacter. Je me contenterai de dire que la plainte et les mandats ont bien été signés au nom de l’Etat de Palestine, par les autorités compétentes en droit interne. Ces pièces sont désormais publiques.
On dit que le ministre de la justice n’avait pas compétence...
En janvier 2009, c’est le Ministre de la Justice qui avait saisi la CPI, et personne n’avait critiqué cela. En 2014, le Ministre palestinien de la justice en exercice  a saisi la CPI en sa qualité d’autorité gouvernementale. En 2014 comme en 2009, le ministre a agi en engageant le gouvernement. Je n’ai lu aucune déclaration officielle disant le contraire.
En novembre 2009, l’assemblée générale de l’ONU a demandé à chaque partie – Israël et la Palestine – de juger les crimes de Plomb Durci. C’est dire que l’AG ONU avait reconnu l’existence du pouvoir juridictionnel de la Palestine. Aussi, le Procureur général de Gaza, qui ne pouvait envisager un procès à Gaza, était parfaitement en droit de dénoncer les faits auprès de la CPI, ce qui est conforme au principe de complémentarité prévu par le Statut de Rome.
J’ai pu lire également que le Procureur général ne pouvait donner compétence à la Cour. Cette critique est à nouveau sans objet car deux actes ont été faits, conformément à la règle :
- une dénonciation des faits, signée par le ministre et le procureur ;
- une déclaration confirmative de compétence, signée par le ministre.
Tout est donc très clair.
La Palestine n’a pas ratifié le traité de la CPI. Et Israël non plus…
Le fait qu’Israël n’ait pas ratifié le statut n’est pas un problème car la compétence de la Cour est liée au lieu de commission des crimes. Depuis la déclaration de compétence de 2009, la compétence de la CPI est donc acquise pour les crimes commis sur le territoire de l’Etat de Palestine.
3
Le communiqué de rejet de la Procureure
La Procureure affirme dans un communiqué du 5 août que cette déclaration de 2009 ne serait plus valable car la Palestine a été reconnue comme Etat observateur non membre de l’ONU en novembre 2012. Elle est la seule à tenir ce type de raisonnement et ne l’explique pas.
C’est de plus un excès de pouvoir. Seule une décision de la Cour pourrait dire cette procédure nulle… mais la cour n’a jamais été saisie par la Procureure…
C’est tout le problème de l’action de la Palestine devant la Cour pénale internationale. Depuis le début de la procédure en 2009, le bureau du Procureur fait de la rétention en s’accaparant le pouvoir des juges. Or, c’est à eux – et à eux seuls – qu’il appartient de dire si la Cour est compétente, et donc de trancher la question de la validité de la déclaration de compétence du 22 janvier 2009.
L’analyse est certaine car elle se fonde sur un principe cardinal du droit du contentieux international. C’est le principe « kompetenz-kompetenz ». Seuls les juges – et non le Bureau du Procureur qui n’est que l’organe de poursuite de la Cour – ont le pouvoir de décider si la Cour est compétente pour juger les crimes commis à Gaza. Bien entendu, la plainte s’appuie sur ce principe fondamental et le Bureau du Procureur devra tôt ou tard se justifier devant la Cour et expliquer pourquoi il a délibérément décidé de l’ignorer.
Le Ministre palestinien des affaires étrangères, M. Al-Malki, venait de rencontrer la Procureure. Que s’est-il passé ?
Chacun espère que le Ministre palestinien des affaires étrangères expliquera ce qui s’est passé dans le bureau de la Procureure, car les questions sont lourdes… On ne peut pas rester dans le non-dit.
Pour dire que la Cour ne serait pas compétente, la Procureure explique que la déclaration de compétence de 2009, confirmée par le ministre de la justice en 2014, n’est plus valable car la Palestine est reconnue Etat observateur à l’ONU en 2012. Si c’est vraiment ça l’argumentaire, il suffisait de refaire une nouvelle déclaration de compétence au greffe de la Cour, qui aurai aurait rétroagi à 2002, et donc validait la procédure. Attendons des déclarations explicites, car à ce stade, c’est incompréhensible, et ce qui s’est passé est très choquant.
La décision de la procureure est-elle un obstacle définitif ?
Non. La Procureure a clairement excédé les pouvoirs que lui confère le Statut. Le bureau du Procureur est un organe de poursuite de la Cour, et ce n’est pas à lui de déterminer si la Cour est compétente. Comme je l’ai déjà expliqué plus haut, c’est une compétence de la Cour. Je pense qu’il y a eu de la précipitation. Il faut maintenant revenir au respect des textes.
Y a-t-il eu dialogue avec la Procureure ?
Non. Nous lui avons écrit à deux reprises pour obtenir un rendez-vous, et organiser le travail pour la bonne suite de cette plainte. Elle ne nous a pas répondu, ce qui finit d’enlever toute valeur à sa décision. Toute personne a droit à un procès équitable, c’est-dire à voir sa cause examinée dans la contraction des arguments. Ici, la procureure a refusé d’ouvrir le moindre débat alors que deux hautes autorités institutionnelles s’adressaient à elle. Ces autorités l’ont fait dans les plus grandes difficultés, c’est-à-dire pendant des bombardements qui les obligeaient à la clandestinité. Cet appel à la justice incarnait l’esprit de résistance à la violence. Leurs bureaux avaient été bombardés et les victimes tombaient chaque jour : pour la procureure, c’était un problème mineur. Cela montre, aux yeux du grand public, des dysfonctionnements majeurs dans ce que doit être la justice internationale.
Si elle continue comme ça, la CPI va devenir la Cour pénale de l’injustice, et elle périra. Elle est déjà très malade.
On dit que le Hamas s’opposerait à la procédure de crainte de faire l’objet de poursuites ?
C’est entièrement faux. De longue date, ces responsables politiques demandent que la CPI soit saisie. Ils assument pleinement la manière dont ils conduisent la Résistance armée pour la protection du peuple palestinien, un peuple qui fait face à l’occupation militaire et à un blocus illégal. Ils ne redoutent aucune enquête, et au contraire la demandent, car elle sera conduite dans le respect de la procédure internationale, et visera les deux parties au conflit.  Le vrai chiffre du bilan, c’est 85% de victimes civiles… C’est ça la marque du crime.
Les puissances occidentales ne peuvent supporter cette démarche du Hamas – appeler à la justice internationale et au procès équitable –  car elle fait s’écrouler toute l’analyse du « Hamas terroriste islamiste ». Sur le plan technique, le Hamas invoque l’article 31.d du statut sur la légitime défense et l’état de nécessité. Mais sur le plan fondamental, le constat est simple : le Hamas en appelle à la CPI, alors qu’Israël la rejette. C’est là la base pour une vraie analyse… Qui redoute l’intervention du juge ? Pourquoi ?
 4
Que faire pour régulariser ? 
La procédure peut être régularisée par la remise au greffe de la Cour d'une déclaration de compétence fondée sur l’article 12.3 du statut. C’est un texte de trois lignes et une démarche simple, qui peut être faite par un simple fax. Cela donnerait immédiatement compétence à la Cour. Or, c’est urgent, car il faut constater maintenant les preuves des crimes, et donner un signal fort à Israël.
L’autre solution est la signature du traité, puis la ratification. Le consensus politique existe désormais, c’est un processus plus long. Aussi, il faut signer le traité et rependre cette déclaration de compétence, pour assurer la compétence rétroactive de la Cour à compter de 2002. Face à un argumentaire au niveau,  la Procureure devra revenir sur son analyse, qui ne tient pas en droit. Si elle bloque, il suffira d’une nouvelle déclaration, pour lever cet obstacle, et aller à l’essentiel : l’ouverture de l’enquête et la recherche des preuves.
On lit parfois que le combat est perdu d’avance car le droit international est l’outil des grandes puissances…
De fait, le bilan de la CPI n’est pas franchement glorieux…. Ceci dit, notre devoir n’est pas de nous lamenter, mais d’utiliser au mieux la connaissance juridique, d’être à l’avant-garde des procédures pour détruire patiemment, pièce après pièce, les remparts de l’injustice.
Pourtant le combat du peuple palestinien pour vivre sa souveraineté n’a jamais pu compter sur le droit international et l’ONU.
C’est exact. Depuis 1947, le Conseil de sécurité est le calvaire de la Palestine. Pendant des années, le droit international n’a été qu’un instrument de domination. C’était l’achèvement raffiné du rapport de force : d’abord, les tanks et l’aviation ; ensuite, la loi, qui était celle du plus fort. Le Conseil de sécurité est la représentation de ce droit des plus forts. Totalement non-représentatif du monde de 2014, phraseur et velléitaire, toxicomane au double standard. Il est en état de faillite, et la preuve de sa faillite a un nom : la Palestine.
Pourquoi cela changerait-il ?
On s’était aussi habitué à invoquer le droit international pour dénoncer l’injustice. Désormais, les temps changent. C’est difficile, pas toujours visible, mais le fait est incontestable : le droit international devient un outil que l’on peut retourner contre les puissants.
Cela se construit par étape, avec constance, initiative et lucidité. Et les petits coups tordus qui marquent les procédures, même s’ils font mal sur le moment, sont dérisoires au regard de la force qu’est l’appel à la justice.
5
Que peuvent faire les citoyens ?
Les pétitions sont très utiles. A ce jour, nous savons combattre les obstacles juridiques. Les freins qui restent sont politiques, et les politiques sont sensibles à la pression de l’opinion.
Il va falloir aussi engager des actions contre les dirigeants occidentaux, qui font pression sur la Palestine pour ne pas donner compétence à la Cour pénale internationale.  Les dirigeants palestiniens évoquent ces pressions, et chacun peut constater qu’il n’y a aucune déclaration de responsables politiques occidentaux pour soutenir l’action de la Palestine vers la justice internationale. Pour eux, le droit est un discours, mais leur politique est celle de l’oppression. C’est inacceptable de la part des Etats européens, qui sont tous membres de la CPI. Il faut donc lancer un mouvement pour interroger l’ensemble des responsables politiques et des parlementaires sur cette attitude, qui est scandaleuse.